ET VOUS, LE VOTRE ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 10 mai 2014. dans La une, Souvenirs, Histoire

ET VOUS,  LE VOTRE  ?

Quand Reflets paraît un 10 du mois de Mai, comment voulez-vous – pour les ancêtres, bien sûr, qu'on n'y pense pas !

On est d'accord ; il pleuvait des cordes, mais à part ça ? Vous étiez où, avec qui ?  avez-vous foulé le sol de cette Bastille de légende ?  vous avez pleuré ou chanté – rouspété ? mais, non ! bien sûre au moins de ça ! Vous étiez à fond dedans, ou, plus à l'écart, mais n'allez pas dire que ce moment là,  ne vous a fait «  ni chaud, ni froid », ou ne vous laisse aucun souvenir ! Quelque chose en nous du 10 Mai 81, pour singer Tenessee !!  Pour l'analyse, l'Histoire attendra et se mitonne ailleurs qu'ici ; du ressenti, des émotions, quelque chose qui vibre au plus profond de soi ; un « E »vènement à hauteur de nous tous !

Alors, Reflets vous ouvre ses commentaires ; quelques mots «  moi, je... » et les yeux de vos petits enfants de s'ouvrir : - tu y étais, papy, «  au 10 Mai » ? raconte !

J'étais beaucoup plus jeune, sans enfant, militante, déjà en Corrèze ;  un peu avant François, qui arrivera , juvénile et sans peur, pour défier le grand Jacques aux législatives qui suivront ! Épuisée, à la façon, j'imagine des grands bonheurs,  ce soir là.  Je me souviens, qu'un ami cher d'alors ( salut Christian !) avait briqué la hotte de sa cuisine toute l'après midi, dans l'attente des résultats – c'était un pessimiste... Un mari encore plus militant que moi, nous tenait d'heure en heure au téléphone – noir, fixe et archaïque : - on disait que... pas sûr ! La Fédé retient son souffle ; tu parles !!

Et puis, la tête d'Elkabbach, le déroulé du visage de Mitterrand sur l'écran ; pile 20 h. L'Histoire frappait à la porte ; le changement, c'était de toutes façons, ce soir-là. On a fêté ça dans le garage avec tous les voisins ; pétales de roses rouges partout venus de tous les jardins.

 Vous savez quoi ? J'y crois encore...

A propos de l'auteur

Martine L. Petauton

Martine L. Petauton

Rédactrice en chef

 

Professeur d'Histoire-Géographie

Auteure de publications régionales (Corrèze/Limousin)

 

Commentaires (4)

  • Gilberte Benayoun

    Gilberte Benayoun

    13 mai 2014 à 15:01 |
    Mon 10 mai 81 à moi : mille souvenirs de fête, de liesse immense dans les rues de Paris, roses à la main, cris de joie, puissants, émouvants : « on-a-ga-gnéééé !!! » sous la pluie battante de la Place de la Bastille, soudain abrités par cet air de Liberté, « un air qui semblait plus léger », sous nos parapluies (toutes couleurs confondues : les parapluies et les gens), et dans cette chorégraphie de « danse des parapluies », ma fille, qui n’avait que 10 ans (juchée sur les épaules de Philippe, un compagnon de « route ») qui chantait avec nous en chœur : « on-a-ga-gnéééé ! on-a-ga-gnéééé ! on-a-ga-gnéééé !!!! »
    Mais aussi inoubliable, spéciale dédicace à l’intention du Président élu, « Un homme, une rose à la main », cette chanson de Barbara :

    Regarde :
    Quelque chose a changé.
    L’air semble plus léger.
    C’est indéfinissable.

    Regarde :
    Sous ce ciel déchiré,
    Tout s’est ensoleillé.
    C’est indéfinissable.

    Un homme,
    Une rose à la main,
    A ouvert le chemin
    Vers un autre demain.

    Les enfants,
    Soleil au fond des yeux,
    Le suivent deux par deux,
    Le cœur en amoureux.

    Regarde :
    C’est fanfare et musique,
    Tintamarre et magique,
    Féerie féerique.

    Regarde :
    Moins chagrins, moins voûtés,
    Tous, ils semblent danser
    Leur vie recommencée.

    Regarde :
    On pourrait encore y croire.
    Il suffit de le vouloir
    Avant qu’il ne soit trop tard.

    Regarde :
    On en a tellement rêvé
    Que, sur les mur bétonnés,
    Poussent des fleurs de papier

    Et l’homme,
    Une rose à la main,
    Etoile à son destin,
    Continue son chemin.

    Seul,
    Il est devenu des milliers
    Qui marchent, émerveillés
    Dans la lumière éclatée.

    Regarde :
    On a envie de se parler,
    De s’aimer, de se toucher
    Et de tout recommencer.

    Regarde :
    Plantée dans la grisaille,
    Par-delà les murailles,
    C’est la fête retrouvée.

    Ce soir,
    Quelque chose a changé.
    L’air semble plus léger.
    C’est indéfinissable.

    Regarde :
    Au ciel de notre histoire,
    Une rose, à nos mémoires,
    Dessine le mot espoir… !

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    • Martine L

      Martine L

      13 mai 2014 à 18:20 |
      Merci Gilberte ; je savais que dans le tien, il y aurait Barbara ; nous, ici, on avait un copain-poète ; Jean Claude – guitare et voix chaude, qui a posé un soir de Mai, tard, dans une fête-citoyenne-camarades, une bien belle chanson pour l' « homme à la rose » ; je n'ai hélas plus rien en tête ! Mais on avait larmoyé tous, et senti à quel point, nos valeurs avaient besoin de ce «  tous ensemble » dont aujourd'hui ( on le remarquait avec un ami cher, il y a peu) on a perdu toutes traces. Peut-être est-ce cela qui a fait de cette Bastille-là, quelque chose de moins fort que l'autre. Comme si l'on présentait les difficultés à venir.

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    10 mai 2014 à 14:32 |
    Mon 10 Mai 81 ? 20 ans, né sous la Vème, croyant cette droite Vème république éternelle, indéboulonnable, ne se disant même pas de droite, mais tout simplement « raisonnable », le bon sens près de chez vous, quoi ! Je fus le seul et unique de ma famille à voter Mitterrand, et ce dès le premier tour. J’étais avant tout anti-Giscard, un peu excessivement d’ailleurs, son bilan – rétrospectivement – n’est pas si mauvais que ça…
    J’ai su le résultat dès 19.30. A voir la mine décomposée, verdâtre de J.P. Elkabbach. Il savait qu’il allait être « placardé ». Haine injuste (son nom fut sifflé à la Bastille) à l’encontre d’un journaliste, certes courtisan, mais de très grande qualité, un maître-interviewer, Larry King à la française. Mitterrand, fin connaisseur de la valeur des hommes, le sortira de sa traversée du désert, au point de le faire, dans les années 90, le témoin privilégié de ses « ultima verba ».
    Mais retour au 8 Mai 81. 20 heures. Surprise ! Contre toute attente, Mitterrand est élu. En fait, la courbe des sondages, qui donnaient VGE systématiquement gagnant, s’est inversée entre les deux tours. Mais personne, sauf les initiés, ne le sait. La surprise est totale. Mes parents, bonne bourgeoisie traditionnelle (père médecin, mère magistrat), se lamentent sur l’air d’Harpagon ("mon or ! Mon or "). Moi, je savoure l’inattendu, l’improbable, l’impossible : cette droite, inamovible comme la DC en Italie, vient d’être chassée. Mitterrand, avec qui j’ai des affinités personnelles, presque télépathiques, est président. Sursum corda!

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    • Martine L

      Martine L

      10 mai 2014 à 15:35 |
      Voilà un vrai ressenti ! excellent et jouissif à déguster ! merci ; ainsi, vous, ça s'est doublé visiblement d'un reste de crise d'adolescence ! félicitations ; vous soulignez ce qui doit être le fait de plus d'un : les dissensions - voire plus, des familles !! " être des Mitterrand" comme disait mon père, était - enfin !! comme une décoration, une médaille attendue de tout temps ( et, du coup, disait toujours mon père, le 11 Mai au matin , on avait l'impression que toute la France avait voté Mitterrand ! étrange...)

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