Psychologie

Le cerveau des artistes

Ecrit par Martine L. Petauton le 07 novembre 2015. dans La une, Psychologie, Arts graphiques, Santé, Musique

Le cerveau des artistes

« Maître cerveau sur son homme perché » Colloque de l’académie des sciences et lettres de Montpellier, 22 et 23  Octobre 2015

 

Foule à l’Institut de botanique, bordé, en cet automne lumineux comme peu, par les vénérables branches roussissantes des arbres centenaires du Jardin des Plantes. Plus bel endroit de Montpellier ; faut-il le dire !

Le colloque si joliment intitulé « Maître cerveau sur son homme perché », organisé par l’Académie des sciences et lettres de Montpellier, offrait – c’est le mot – à tout un chacun, et en termes compréhensibles, un voyage unique et dépaysant : le cerveau, ses dernières découvertes, éclairé de ses imageries, toutes plus ébahissantes les unes que les autres, de ce que nous disent maintenant les Neurosciences, époustouflantes, s’il en est. Pêle-mêle, on y put écouter Catherine Dolto sur « le cerveau et la vie prénatale », s’interroger sur « le cerveau en ébullition de l’adolescent », voir en quoi on peut « agir sur la fonction cérébrale », ou frapper à la porte de « la neurochirurgie éveillée »… Et tant encore. Sachant – bonheur pas mince – que les intervenants, pour savants et pointus qu’ils aient été dans leur domaine, avaient tous cette qualité rare : savoir communiquer et passionner leur auditoire. Lequel, sage et silencieux comme au concert ou à l’église, prenait des notes. Moment suspendu du bonheur d’apprendre gratuitement…

C’est du « cerveau artiste » que j’ai eu envie de vous parler. Toute une après-midi d’une grande richesse. Organisé comme un concert ( et du reste animé en son milieu par le Duo à cordes en sol majeur violon /violoncelle de Mozart ),  la séquence nous donna d’abord les clés de « cerveau et littérature » (par Etienne Cuénant), amenant – sélection attendue – Dostoïevski, ses 440 crises d’épilepsie déclenchées par le surmenage et l’alcool, ses addictions au jeu, son goût pour la toute puissance exaltante ; ses personnages toujours en bipolarité ; envers/endroit ; bien/mal. « L’idiot » – épilepsie magnifique, s’opposant aux « Frères Karamazov », épilepsie maléfique. Proust, ensuite, sa mauvaise santé redondante, son hypocondrie, la répercussion de la maladie – et surtout de sa représentation – dans son œuvre. Il paraîtrait qu’on puisse lire Proust « médicalement » comme « Madame Bovary ». Et puis, bien sûr, Nietzsche, le psychotique, à épisodes (rapprochés) délirants. Point commun entre ces trois exemples : la perception de l’urgence de l’œuvre à bâtir ; une certaine façon de muscler la partie « créative » du cerveau pour dépasser la maladie. De l’espoir en fait, pour ces terribles maladies psychiques, qu’on connaît. La créativité est la carte gagnante de certaines pathologies handicapantes. Formidable message. Pour la bipolarité, par exemple, dont l’image de l’IRM projette – sidérés, nous sommes – sur l’écran coloré, cet excès de vitesse d’arrivée des émotions, face à un autre endroit du cerveau correspondant au frein sur leur contrôle, qui, là est trop faible ; ceci avant l’interprétation des émotions elles mêmes. Tout n’est-il pas ici dit ?

Petite synthèse sur le mariage « pour tous »

Ecrit par Daniel Sibony le 15 mars 2013. dans La une, Psychologie, France, Politique

Petite synthèse sur le mariage « pour tous »

I/ Analyse

1. Problème de mots et de vérité

La loi du mariage « pour tous » a des effets intéressants sur l’acte de nommer, sur le sens des mots, donc aussi sur le mouvement de la vérité. Le texte de loi supprime les mots mari et femme, remplacés par « époux » et les mots « père » et « mère » remplacés par parents, pour nommer les deux membres d’un couple homosexuel, d’hommes ou de femmes, du point de vue de leurs liens, et au regard de leurs enfants.

En apparence, cela ne pose pas de gros problème. Dans leur intimité, ils ne vont pas s’appeler « cher conjoint », l’homme pourra appeler son époux « ma petite femme », la femme appeler son épouse « mon chéri », cela fait partie de leurs fantasmes. C’est du point de vue du tiers, à commencer par l’enfant, que les choses vont se déployer ; d’autant plus que la loi met en place l’adoption. (Les enfants actuels de ces familles seront adoptés chacun par le ou la partenaire du père ou de la mère. Mais déjà, en changeant le sens du mot mariage, on pointe la présomption de filiation, avec pour parents deux homosexuels.)

Donc, à table, l’enfant ne va pas dire : « Parent, passe-moi le pain s’il te plaît », il y a des chances qu’il dise papa à l’autre homme qui voudra l’être « à part entière » de par la loi ; ou qu’il lui dise maman s’il est un peu efféminé ou qu’il se pose comme mère ; et des chances qu’il dise père ou papa à celle des deux femmes qui se posera comme virile ; ne faisant là qu’honorer le fantasme des parents, comme les enfants le font souvent. La loi aura posé le cadre pour cela. Mais cela, est-ce un mensonge ? Non, dit la loi implicitement, puisque la vérité, c’est la loi qui la définit. Le sens du mot mariage étant changé, les deux hommes ou les deux femmes sont des époux et des parents, le reste, on n’a pas à s’en occuper, c’est la vie privée des gens. Et c’est exact. La loi se lave les mains de la réalité qu’elle introduit dans l’intimité de ces familles, sur la manière dont l’enfant appellera l’autre parent. Elle ne s’est intéressée qu’à sa manière à elle de nommer ces deux êtres. Dans la vie réelle, chacun d’eux, très sincèrement, se posera comme père (en étant femme) ou comme mère (en étant homme) ; sachant qu’aucune loi ne peut exiger que dans une famille on dise la vérité. D’autant que, encore une fois, c’est elle qui vient la refonder.

(Best of 2012) PHILOSOPHIE PSYCHOLOGIE: L'invention du bonheur

Ecrit par Jean-François Vincent le 22 décembre 2012. dans La une, Psychologie, Société

(Best of 2012) PHILOSOPHIE PSYCHOLOGIE: L'invention du bonheur

 

Le bonheur n’a pas toujours existé. Je ne parle pas du sentiment lui-même, lequel a pu être empiriquement ressenti n’importe où et à n’importe quelle époque ; non je vise cette rage compulsive de nos contemporains à se trouver « épanouis », « bien dans leur peau », comblés de toutes les manières possibles ; je pense à cet acharnement à pourchasser – tel Javert Jean Valjean ! – frustrations, incomplétude, bref toutes les formes d’inassouvissement qui viendraient flétrir ce cher petit moi qui nous habite.

 

Ce bonheur-là est d’apparition récente, deux siècles tout au plus. Le terme grec, imparfaitement traduit par « heureux », eudaimonios, désigne littéralement le fait d’être possédé par un agathos daimon, un bon génie. La plupart des philosophes, Platon et Aristote, en particulier, incluront sous ce terme, par extension, la pratique des vertus en vue du souverain bien. Même les épicuriens d’alors (rien à voir avec Onfray !) définissent l’eudaimonie comme une ataraxia, une absence de trouble de l’âme, une parfaite tranquillité.

La joie

Ecrit par Luc Sénécal le 08 décembre 2012. dans La une, Psychologie

La joie

Cet état d’esprit, est-il le produit ou le résultat d’une hormone quelconque ou est-ce une vertu spirituelle fondée sur une espérance transcendantale ?

Oui et non. Restons simple. Il y a des personnes qui ont une facilité tout à fait remarquable à rester dans une attitude positive quelles que soient les situations dans lesquelles elles se trouvent.

Ces personnes-là dispensent de la joie et j’irai même dire participent à une forme de bonheur, ne serait-ce que de les rencontrer au hasard de notre parcours dans la vie. Que ce soit une question d’hormone. Probablement. Que ce soit l’influence de la lune. Pourquoi pas. Que ce soit dans leurs gênes. On peut le croire. Que ce soit une vertu. Certainement. Qu’elle soit fondée sur un concept philosophique. Dans ce cas, je ne le pense pas. Il n’y a pas de concept à la base de ce que l’on est à la naissance. Ce serait plus dans la personnalité de ce genre de personnage.

Je suis libre, je peux parler ?

le 13 octobre 2012. dans La une, Psychologie, Vie spirituelle

Je suis libre, je peux parler ?

Et bien non, Monsieur, à vrai dire ! S’il y a bien une chose dont on doit se persuader, c’est qu’on a toutes les libertés, sauf celle-ci, quoi qu’il arrive, ou alors, il faut parler sans témoins, de tu à toi, sans se faire remarquer, et encore… Non, quand je fais le tour de mes fantasmes les plus orduriers, je m’aperçois qu’on touche à l’incommunicable. Cette constatation anodine, que vous pouvez sans peine faire pour vous-même, nous amène à une considération peu ordinaire ni orthodoxe : imaginez-vous le fumier sur lequel repose la couche diaprée de nos plus beaux sentiments, de nos plus pures intentions !

La perfection

Ecrit par Thierry Ledru le 29 septembre 2012. dans La une, Psychologie, Vie spirituelle

La perfection

« La perfection caractérise un être ou un objet idéal c’est-à-dire qui réunit toutes les qualités et n’a pas de défaut ».

« La perfection désigne aussi l’état d’accomplissement moral et spirituel auquel l’être humain serait destiné : un état de liberté totale et de félicité absolue auquel l’homme ne pourrait accéder que par un travail constant sur sa pensée, ses paroles et ses comportements ».

wikipédia

Qu'est-ce que la Vie ?

Ecrit par Luc Sénécal le 29 septembre 2012. dans Philosophie, La une, Psychologie, Vie spirituelle

Qu'est-ce que la Vie ?

La Vie c’est la mort. C’est un court passage à l’échelle du temps et de l’espace, plus court pour certaines espèces, relativement plus long pour d’autres. Mais la Vie sur cette planète, c’est la planète elle-même. Toutes les expressions du vivant sont une projection de la planète. Expressions diversifiées qu’elle peut produire selon le contexte des milieux qui la caractérisent.

Or il est une règle du vivant indispensable pour en assurer la durée, celle de la prédation. Et qui dit prédation dit prédateurs et victimes de la prédation. Ce, quelle qu’en soit l’échelle. Sauf que l’évolution de la Vie a permis l’apparition d’une espèce pourvue de capacités intellectuelles qui lui permet de mesurer en amont et en aval ses actes, leurs causes et leurs conséquences. L’homme. Car l’Homme, vous le savez, est pourvu d’intelligence. Ou du moins d’une intelligence plus évoluée que le reste du règne animal.

Pour en mesurer toutes ses capacités, je vous propose un exemple. Celui d’un débat qui a eu lieu à un moment X donné sur l’échelle de l’existence de cette espèce remarquable :

Pas de liberté sans solitude

le 14 juillet 2012. dans La une, Psychologie, Société

Pas de liberté sans solitude

 

Tout le monde connaît cette petite énigme, où il s’agit de réaliser quatre triangles équilatéraux avec simplement six allumettes ; la solution consiste à sortir du plan du papier et à exploiter la troisième dimension de l’espace, pour disposer les allumettes selon un tétraèdre régulier. Alors, on peut naturellement penser que tout ce qui nous semble impossible à réaliser dans notre réalité concrète habituelle, peut l’être dans une réalité augmentée d’une ou plusieurs dimensions, auxquelles on ne songe pas au premier abord. Nous sommes mortels ? Qu’à cela ne tienne, nous aurons la vie éternelle dans un éventuel paradis, ou bien nous nous réincarnerons en fleur ou en hibou. Ici, bien sûr, la dimension supplémentaire est symbolique ou imaginaire, qualifiez-là comme vous voulez, mais elle permet tout de même de répondre à la question posée.

On voit ainsi clairement le lien étroit existant entre liberté et créativité, qui semblent aller de paire, comme les bœufs d’un attelage de jadis. Qui veut créer doit prendre des libertés, sans quoi il reste un copiste ou un plagiaire, et qui veut être libre se doit aussi peut-être quelque part de faire quelque chose de sa liberté, pour lui donner un sens.

L'invention du bonheur

Ecrit par Jean-François Vincent le 30 juin 2012. dans La une, Psychologie, Société

L'invention du bonheur

 

Le bonheur n’a pas toujours existé. Je ne parle pas du sentiment lui-même, lequel a pu être empiriquement ressenti n’importe où et à n’importe quelle époque ; non je vise cette rage compulsive de nos contemporains à se trouver « épanouis », « bien dans leur peau », comblés de toutes les manières possibles ; je pense à cet acharnement à pourchasser – tel Javert Jean Valjean ! – frustrations, incomplétude, bref toutes les formes d’inassouvissement qui viendraient flétrir ce cher petit moi qui nous habite.

 

Ce bonheur-là est d’apparition récente, deux siècles tout au plus. Le terme grec, imparfaitement traduit par « heureux », eudaimonios, désigne littéralement le fait d’être possédé par un agathos daimon, un bon génie. La plupart des philosophes, Platon et Aristote, en particulier, incluront sous ce terme, par extension, la pratique des vertus en vue du souverain bien. Même les épicuriens d’alors (rien à voir avec Onfray !) définissent l’eudaimonie comme une ataraxia, une absence de trouble de l’âme, une parfaite tranquillité.

une lutte inutile

Ecrit par Thierry Ledru le 16 juin 2012. dans La une, Psychologie, Société

une lutte inutile

 

Ne pas être dans le déni de la dualité, ni dans la quête immodérée d’un dépassement de l’individualité. La mise en confrontation des oppositions crée une dépense d’énergie qui entrave la complète absorption de la Vie. Comme si en se mettant à table, on désirait manger les plats et en même temps on ne pouvait s’empêcher de craindre l’empoisonnement avec des aliments dont on ne connaît pas l’origine exacte.

Dès lors qu’on entame une lutte interne, on crée un désir, un espoir, une intention : gagner.

Et aussitôt, l’observation des conditions de vie et des implications du Soi n’est plus possible. Un lutteur, au cœur d’un combat, ne passe pas son temps à s’observer, il agit et s’investit totalement dans le combat qu’il mène. Il observe par contre les mouvements de son adversaire et s’adapte afin de le contrer. Il n’est donc plus intégralement en lui mais dans une dimension extérieure qui influence ce qui se passe en lui. Le combat ne peut pas être favorable à une introspection parce qu’il impose une adaptation aux évènements. Le lutteur est sous la dépendance des flux extérieurs et même si cette adaptation lui permet d’affiner la connaissance qu’il a de ses qualités et l’exploitation de son potentiel, cette évolution est marquée par une intention précise : c’est toujours celle de gagner.

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