30 ans après ...

Ecrit par Léon-Marc Levy le 20 juin 2011. dans Philosophie, La une, Psychologie

30 ans après ...


Ça commémore, ça comme est mort.

J’ai hésité à intituler cette chronique « Jacques là quand ? », en un calembour digne de l’almanach Vermot, ou, pour être d’emblée dans le propos, digne de Jacques Lacan. Pour vous donner quelque idée de la passion de Lacan pour le calembour, je ne citerai que l’intitulé de deux de ses derniers séminaires de l’ancienne fac de droit : « Les non-dupes errent », et « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile a mourre ». Dans le cas du second, nous sommes encore un certain nombre à nous demander comment le « déconstruire » (ça joue sur Unbewusste = inconscient chez Freud) ! C’est que parfois, ce goût du maître pour le jeu de mots nous mettait sacrément dans l’embarras ! Un souvenir précis : Lacan dit, lors d’une rencontre, « De préférer, somme toute, à la trique la bonace ». On prend des notes frénétiquement. « Eh ! Comment tu écris bonace ? 2 ss ou c ? » « bonasse » (simple, sans malice, peu d’esprit) ou « bonace » (mer calme, par exemple dans un port) ? Un autre : Le séminaire de 75-76 s’intitulait le « Sinthome ». On a passé l’année à se demander, chaque fois qu’il prononçait le mot, s’il s’agissait du sinthome ou du symptôme.

Allez. En commençant comme ça je me prends de front les orfraies qui crient que Lacan est un charlatan ! C’est que les dernières années de l’enseignement de Lacan, disons, 1974-1980, pèsent lourd dans l’image et dans la perception que peuvent s’en faire les non-initiés. Ce sont les années où, porté par le fantasme d’un discours psychanalytique posé comme incontestable, Lacan rêve, jusqu’à l’absurde, de « mathématiser » l’inconscient. Devant un public au début ébahi, je veux dire nous, les élèves qui le suivions depuis 68, voilà notre « redécouvreur de Freud » emberlificoté dans les « nœuds borroméens », les « bandes de Moebius », les « tores », les « mathèmes » et autres joyeusetés plus ou moins ésotériques, au moins pour la grande majorité des auditeurs essentiellement philosophes et littéraires de formation !

Enfin quoi, on va rue St-Jacques pour entendre le maître de la psychanalyse française, patron de notre « Ecole Freudienne de Paris », nous parler d’inconscient et on se retrouve devant des schémas bizarres, illisibles, que Lacan, inlassablement, refait et efface, refait et efface ! Le tout ponctué de borborygmes indéchiffrables dans le micro ! Il y a de quoi déconcerter.

Mais voilà. Une fois débarrassés de cette série d’images fixes que les anti freudiens ont largement exploitée pour déconsidérer Lacan, l’œuvre est là. Aujourd’hui incontestable (ce qui ne veut pas dire incontestée !), incontournable (ce qui veut dire incontournée !), essentielle (ce qui veut dire fondatrice !).

« Lacan c’est difficile à comprendre ». Qui n’a entendu cette remarque au moins une fois ? J’y réponds toujours, « moins que Freud » ! Eh oui ! A ceux qui croient qu’il faut avoir lu Freud pour comprendre (un peu) Lacan, je dis sans hésiter qu’il faut avoir lu Lacan pour comprendre (un peu) Freud ! Et ce n’est pas par simple goût du paradoxe ! Les concepts freudiens sont pétris de la pensée et du lexique du XIXème siècle : conscience, psyché, sujet, ego. En droite ligne des philosophes (Kant, Brentano), des poètes et écrivains romantiques (Goethe), des neurologues et psychiatres (Charcot, Bernheim, Janet) du courant « hystérie/hypnose ». Les écrits de Freud, en particulier les premiers (voir les « Stüden über Hysterie » avec Breuer), sont « psychologisants » en diable. C’est là le malentendu freudien qui va faciliter le dévoiement de sa pensée, en particulier par l’école « comportementaliste » américaine. Le caractère radical, inouï, révolutionnaire, du concept d’inconscient va se dire dans les mots de la psychologie du XIXème et du coup, passer, aux yeux d’un grand nombre, pour un simple apport nouveau aux strates de la réflexion sur la psyché humaine.

On peut dire que le travail de Lacan a commencé par un immense agacement devant les « sottises » qui pouvaient se dire au nom de Freud. Par une grande colère devant l’aseptisation de l’éruption volcanique qu’est la rupture freudienne.

Première « sottise », le Moi, dans une acception qui en faisait une sorte d’évidence : « Moi, Je ». L’évidence en question, bien des poètes même l’avaient déjà mise en cause : on se rappelle le « Je est un autre » de Rimbaud. Bien des penseurs aussi : le « cogito » de Descartes fait surgir de l’autre dans le « sum » (Heidegger en a fait une lecture définitive). L’inconscient, depuis Freud bien sûr, « déconstruit » radicalement le concept de moi en le clivant : une partie de moi est dans l’autre. « L’inconscient c’est le discours de l’Autre » dit Lacan. Du coup, le « sujet » humain, qui a fait les choux gras des psychologues de toujours, n’est plus. Ou plutôt il est, mais barré (Lacan l’écrit S barré). Mal barré non ?

Deuxième « sottise », corollaire de la première : l’Inconscient freudien a été « naturellement » installé, par ses successeurs, dans la psyché, c’est-à-dire dans une instance incertaine, dont on ne connaît pas la matière (au sens propre). « Tout ce qui n’est pas fondé sur la matière est une escroquerie » (Séminaire. 14 décembre 1976) nous disait Lacan. Définitivement, Lacan installe l’inconscient là où Freud l’avait réellement mis : le parlant, la langue (ou lalangue, en un seul mot, pour distinguer du simple véhicule de communication). « L’inconscient est structuré comme un langage ». On pourrait ajouter à « comme », dans le langage. Encore une fois, Lacan n’invente pas Freud ! Il le sort de la gangue de charabia « subjectif » et « psy » dans laquelle on le noyait.

Troisième « sottise » : le désir. En gros la « sottise » dit : l’humain est fait de désirs. Il les satisfait grosso modo, il va bien. Il ne les satisfait pas grosso modo, il va mal. C’est simple la vie ! Ben non. Freud l’avait évidemment pointé en un concept, encore une fois, très XIXème, d’« objet pulsionnel ». Lacan arrache complètement l’objet du « désir » au champ du sujet et en fait « l’objet a » (prononcer objet petit a). « L’objet a n’est aucun être. C’est ce que suppose de vide une demande » (Séminaire XX. P.114). On trouvera la source de l’invention de l’« objet a » par J. Lacan dans ce passage de S. Freud : « Lorsque l’objet originaire d’une motion de désir s’est perdu à la suite d’un refoulement, il est fréquemment représenté par une série infinie d’objets substitutifs, dont aucun ne suffit pleinement. Voilà qui nous expliquerait l’inconstance dans le choix d’objet, la “faim d’excitation”, qui caractérise si fréquemment la vie amoureuse des adultes ». (S. Freud, « über Neurotische Erkrankungstypen ». En français in « Névrose, Psychose et Perversion », PUF, 1974). C’est là le nœud essentiel : le désir n’a pas d’objet parce qu’il n’a pas (vraiment) de sujet. Par suite, il ne peut, par définition, être satisfait ! Vous imaginez la révolution dans un univers où le « jouir sans entrave » était depuis au moins le début du XXème plus ou moins dans tous les esprits. Et en particulier chez nous, soixante-huitards, ébahis devant le discours du maître.

Bon j’arrête là. Je n’ai pas la prétention d’exposer Lacan en une chronique. A l’impossible nul n’est tenu. Je voulais juste dire, sur 3 points fondateurs de son apport, que Lacan est un des plus grands penseurs français du XXème siècle et, surtout, que ce qu’il dit est clair, comme de l’eau de roche. Une des raisons de son supposé « hermétisme » est le soin qu’il porte à ne pas être (trop vite) compris. Une autre raison est, sûrement, le plaisir de bon nombre de ses « élèves » à le rendre bien plus compliqué qu’il n’est en vérité (je ne peux qu’espérer ne pas en faire partie, en tout cas j’ai essayé !). S’il y a « charlatanisme », il est à chercher du côté de ces obscurs universitaires de psychologie et autres mondains jargonnant qui « lacanisent » à tour de cours et de discours sans même savoir eux-mêmes ce qu’ils disent, au grand dam d’étudiants éberlués ou de gogos épatés ! Il est clair que cette tribu a gravement nui au rayonnement des travaux de Lacan et le plus absurde est qu’elle perdure encore aujourd’hui dans les salons qui se piquent de « penser » et jusque sur les pages de « FaceBook » ! C’est vous dire la profondeur de la réflexion ! Enfin, tant que « Reflets du Temps » reste à l’abri de la maladie !…

Notre cher Daniel SIBONY dit sagement : « J’ai essayé de n’être ni lacanien, ni antilacanien mais d’intégrer le meilleur du lacanisme : la lecture de Freud et de m’éloigner du pire : le langage des sectes ». Tout est dit.


Lacan vaut, de toutes façons, la peine de l’effort : les clés de Freud y sont ! Rien que ça : lire enfin Freud ! Surtout qu’il est, depuis le 1er janvier 2010, dans le domaine public et qu’on aura sûrement, enfin, des éditions de l’œuvre d’une autre tenue en termes de traduction !

Je ne voulais pas attendre le 9 septembre 2011 pour dire deux mots de Jacques Lacan. En septembre, tout le monde en parlera.

Eh oui, 30 ans déjà…


Léon-Marc Levy

A propos de l'auteur

Léon-Marc Levy

Léon-Marc Levy

 

Modérateur

Professeur agrégé de Lettres Modernes

Maîtrise de philosophie

Directeur du magazine "La Cause Littéraire"

Rédacteur en Chef du "920-Revue.fr"

Animateur de "Thème et Texte"

 

Commentaires (21)

  • elisabeth

    elisabeth

    09 septembre 2011 à 21:49 |
    au fonds je suis une lacanienne qui s'ignore ...
    Je me suis davantage penchée du côté de Sylvia ex Madame Bataille
    Bel exposé, quel talent !

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  • Virginie Holtzer

    Virginie Holtzer

    11 août 2011 à 11:50 |
    "Ce n'est pas nous qui jouons avec les mots, ce sont les mots qui se jouent de nous" disait Claude Nougaro. Le calembour c'est accepter la dérision, l'illusoire, le transitoire et - peut-être - la fatalité. C'est un ballet entre recul, protection et offensive. Un défi aussi... Je pense que Lacan m'a tapée (dans l'oeil).

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  • jocelyne

    jocelyne

    22 juin 2011 à 15:40 |
    Avec virtuosité et une once de "noce t'algie" vous racontez Lacan. Avec talent, il a imposé ses théories à une époque en pleine effervescence intellectuelle.
    Peut- on dire aujourd'hui que Lacan est le prolongement de Jung, de Freud et de Groddeck ?
    Merci LML.

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  • Isabelle Blavet

    Isabelle Blavet

    22 juin 2011 à 12:51 |
    Contrairement à ce que prétendait Freud, la psychanalyse n'est pas une science (cf. le théorème de Gödel). Mais une habileté - telle celle des chiromanciennes - pour "lire dans l'âme" du pauvre patient, faible psychiquement... donc manipulable à merci. Ces rapports de force sont courants et les analystes (aussi honnêtes soient-ils) bénéficient à plein de l'effet de mode. En fait, ce sont les confesseurs d'aujourd'hui, la psychanalyse étant, à mon avis, assimilable une croyance.

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  • Pauline Vitry

    Pauline Vitry

    22 juin 2011 à 00:29 |
    Une des raisons de son supposé « hermétisme » est le soin qu’il porte
    à ne pas être (trop vite) compris.
    Mais peut-être faudrait-il ajouter que les séminaires tenus par Lacan étaient destinés à des analystes praticiens ou en formation, donc familiers de Freud, et à quelques “amateurs” avertis, Sollers par exemple, parfaitement capables de s’accommoder de l’apparent “gongorisme”du maître. “Le style, c’est l’homme … à qui l’on s’adresse”, prenait-il soin de préciser.
    Sinon, belle présentation ! A lire vite, avant que Michel Onfray ne publie sa prochaine et probable délacanisation ! :-)

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  • Christian Massé

    Christian Massé

    22 juin 2011 à 00:22 |
    Et la forclusion du nom du père....Une clé pour comprendre le fonctionnement des psychoses, la seule - ou presque, sans "déformer" le mot presque...Merci M. Lévy de cet "homme-mage" à M. Lacan...Dans l'amphi de Ste Anne, il fumait comme un pompier une clope cassée en deux...Souvenir souvenir : sans ne rien toucher à ce mot-là !

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  • Luce Caggini

    Luce Caggini

    21 juin 2011 à 14:28 |
    I wish I could say something about Lacan
    unfortunately , no way !!!

    ... Vais plancher !

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  • Jean Le Mosellan

    Jean Le Mosellan

    21 juin 2011 à 13:23 |
    Passionnant article sur Lacan,qui s’ouvre sur sa passion du calembour. Le calembour n’est que la manifestation extrême de la passion du langage. Cela se voit notamment en poésie. Avec Lacan,on a l’impression que la psychanalyse s’installe en littérature. Lui-même était psychiatre à un moment où la psychanalyse était le parent pauvre de la psychiatrie,elle-même parent pauvre de la médecine. Donc Lacan s’installe en force en littérature,tout au moins confie-t-il,tout comme Freud, l’analyse aux analystes profanes,c'est-à-dire non psychiatres de formation. Son prestige est bien plus grand chez les écrivains et les philosophes que les psychiatres pour lesquels la psychanalyse reste un parent pauvre.

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  • A. G-C.

    A. G-C.

    21 juin 2011 à 13:19 |
    .. Et aussi lire Lacan avec Bernard Baas, "Le désir pur" (parcours philosophique dans les parages de Jacques Lacan), éd. Peeters, Louvain : lumineux !

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  • Marine Pelle

    Marine Pelle

    21 juin 2011 à 12:59 |
    Un mot de plus après votre texte qui tombe au poil :
    qu’on en finisse une bonne fois pour toute de la confusion psychologie / psychanalyse ; pas plus de rapport entre elles qu’entre l’explication de texte et le texte lui-même.
    Et puis la psychologie ça ne sert qu'à apprendre à grimper aux arbres non ? :-)

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    • Emile Eymard

      Emile Eymard

      21 juin 2011 à 15:05 |
      J'ai tendance à penser que la psychanalyse, qu'elle soit de l'école de Freud ou de Lacan, ressort de la non-assistance à personne en danger.

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      • Jean Le Mosellan

        Jean Le Mosellan

        23 juin 2011 à 10:12 |
        Sans doute que le non n’est-il pas à sa vraie place dans la majorité des cas. Faudrait-il lire alors, (la même question se pose à propos du trouble lui-même),la phrase autrement : assistance à personne non-en danger,mais seulement en recherche de confort. Le danger existe effectivement en cas d’analyse profane face à une affection psychiatrique,en phase de début par exemple,ou de rémission. On comprend,suivant la nature du trouble,que le malade soit en danger pour lui-même et pour autrui. Dans ce cas le non est malheureusement à sa place. La bonne lecture du symptôme s’imposerait,et elle dépend des connaissances psychiatriques de l’analyste.

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      • Marine Pelle

        Marine Pelle

        21 juin 2011 à 16:41 |
        Eh bien pour rester dans le même ton au lance-pierre, moi j'ai plus que tendance à penser que la sottise est une agression qui met les personnes en danger !

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  • Eric Thuillier

    Eric Thuillier

    21 juin 2011 à 06:35 |
    Quand j’ai lu « ça comme est mort » ça m’a fait un choc. Je l’aime bien ça comme depuis que mes enfants me l’ont fait connaître. Ca comme de toutes les parties, la ballade elle était ça comme, ce Lacan il était ça comme, le lac en montagne il était ça comme . Un beau lac entouré de tant de vaches qu’il est rempli de lait noir comme de l’encre. De l’encre, tenez vous bien à la cantine, qui écrit sur la vie. Avec ce lait on marque les vies de l’univers si ténu comme un ver. Un jeu de mot tiré par l’épi, mais on est ça comme à la campagne, jamais trop blond.

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  • Emile Eymard

    Emile Eymard

    21 juin 2011 à 01:20 |
    Pour rester dans son humour du calembour, une phrase culte de Lacan pourrait être :
    “Mais est-ce qu'’il ne se pourrait pas que le langage ait d’'autres effets que de mener les gens par le bout du nez à se reproduire encore, en corps à corps et en corps incarné.”

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    • Jean Le Mosellan

      Jean Le Mosellan

      21 juin 2011 à 18:12 |
      Vous avez raison. Le tout c’est de le dire à cor et à cri. C’est loin d’être une question de con texte, juste de cri tic. Au besoin il faudra vous lancer à corps perdu. Mais jamais à votre corps défendant. Faites du corps à corps si vous voulez,quoique le résultat puisse être de reconnaître votre propre corps,puis de marcher,ça s’est vu,derrière votre cor billard. Quant aux cors,la marche vous y expose. Naturellement. Consolez-vous,ça fait moins mal qu’un seul ongle incarné.

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      • Emile Eymard

        Emile Eymard

        22 juin 2011 à 14:39 |
        Bravo Cher Jean ! J'aime le son du cor le soir au fond des bois.

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  • Abba

    Abba

    21 juin 2011 à 01:17 |
    "borborygmes" correspond, de fait, au risque fascinant et inquiétant de l'analyse et de son attrait. On reste souvent béatement admiratif et sidéré par la parole, le dire, sans mesurer la puissance du non-dit silencieux ou à décrypter. Lacan, Derrida, Deleuze ... appartiennent à ce choix ou réalité de la France : française par la langue, gallicane par ses replis. Il reste qu'il ne s'agit pas d'une gymnastique qui fascine ou répulse. Il y va de la "santé de l'âme et du corps" et de la guérison des êtres ! Merci !

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  • Pierre Windecker

    Pierre Windecker

    20 juin 2011 à 22:25 |
    Merci, Léon-Marc, de dire (comme souvent dans tes chroniques)juste ce qu'il faut dire, et pile au bon moment: je veux dire en faisant tomber la combinaison qui ajuste le propos et le moment. Le moment, c'est qu'il n'y a plus de place pour le culte, le rejet et les ambivalences. Lacan est devenue une oeuvre, tout simplement, et il reste à faire (beaucoup) pour qu'on s'en aperçoive!

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    • Léon-Marc Levy

      Léon-Marc Levy

      21 juin 2011 à 18:21 |
      Quelle belle surprise cher Pierre ! Bienvenue sur RDT, avec l'espoir ardent d'y lire bientôt quelques billets de votre plume. J'en serais ravi - et nos lecteurs ! -
      A bientôt ?

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    20 juin 2011 à 18:52 |
    J’ai – enfin ! – compris pourquoi je ne comprenais pas Lacan, alors que j’avais l’impression, je dis bien : j’avais l’impression de comprendre facilement Freud. Celui-ci, comme vous le décrivez si bien, a été « récupéré » par les tenants des catégories de la psychologie XIXème, celle d’un William James ou d’un Alain : le Moi, la psyché, l’opposition sujet/objet, catégories familières mais qui dénaturent la pensée freudienne. La déconstruction du « faux » Freud, la mise à jour du « vrai », de l’authentique, est donc l’enjeu du lacanisme. Cher LML, votre texte est brillantissime ; et, croyez-moi, je suis avare de ce genre de compliments.

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