Religions

Soignez vos ennemis

Ecrit par Daniel Sibony le 24 décembre 2010. dans Psychologie, La une, Religions

Soignez vos ennemis



L'appel à "aimer ses ennemis" est une de ces nombreuses et fécondes provocations de l'homme Jésus des Evangiles ; provocation ou surenchère dont la vie témoigne qu'elle n'est pas très applicable. Et si vraiment vous arrivez à aimer votre ennemi, en tant qu'ennemi, c'est que vous l'avez surmonté, surplombé, enveloppé, que vous vous êtes mis très au-dessus de lui. Trop. En fait, c'est très agressif d'aimer son ennemi, et de le voir, du haut de votre amour, s'agiter dans sa haine. Et puis, cela reviendrait à supprimer de la langue le mot "ennemi", puisqu'un ennemi signifierait quelqu'un qu'on aime…

Fête des lumières. Hanouccah

Ecrit par Daniel Sibony le 06 décembre 2010. dans Psychologie, La une, Religions

Fête des lumières. Hanouccah


Hanoucah. L'idée de cette fête, c'est qu'en libérant le Temple, les Hasmonéens ont trouvé un peu d'huile qui a duré plus que prévu. L'huile qu'ils ont trouvée a permis plus de lumière… Or, en un sens, il y a toujours plus de lumière, à condition de voir, et pas seulement de prévoir. Quand on ne fait que prévoir, on met l'avenir dans le passé; quand on essaie de voir, on lance une lumière sur l'inconnu, on cherche, on voit plus loin.

Hanouccah. Le mot veut dire inauguration. Il contient aussi la racine de l'éducation (hanokh, hinoukh); et de l'acte inaugural. Ici c'est l'acte où il y a eu plus-de-lumière que prévu. C'est un exemple de l'acte qui crée un peu plus de lumière (une bougie de plus par jour...), et qui prétend révéler un peu plus d'être. Outre le sens évident: faire partie du peuple qui veut marquer cela.

Le rite abrahamique : du mythe à la réalité

Ecrit par Anna Othman le 24 novembre 2010. dans Ecrits, La une, Religions

Le rite abrahamique : du mythe à la réalité

A la croisée des mondes, j'ouvre cette page en cette période où le rite abrahamique m'éclaire, m'illumine et me transcende. Mythe ou réalité ? Longtemps cette question m'a traversée. Longtemps j'ai cru en l'Homme comme être de conscience, revenir au lieu de sa naissance. Cette naissance où la lucidité de l'unicité a fait de lui un être de raison. Ne s'est- il pas entendu dire: "Ne raisonnez-vous donc pas ?".

Cette lucidité lui a permis de grandir et de s'éloigner de ces divinités qui faisaient de lui un être soumis plus à son ignorance qu’à Celui sans qui la vie n'aurait aucun sens. Qu’en  est-il de ce choix d'un homme qui d'une rage extrême a brisé les chaînes en détruisant les statues qui l’entouraient ?

Abraham, cet homme qui par la force de son caractère,  a  su s'opposer à son père en le mettant face à son hypocrisie, à son polythéisme intéressé, à ce commerce de l'âme et à ses égarements ...

Paradis judéo-chrétien et utopie socialiste

Ecrit par Jean-François Vincent le 19 novembre 2010. dans La une, Religions, Histoire

Paradis judéo-chrétien et utopie socialiste

La révélation juive puis chrétienne révolutionna  la notion de temps : à un temps circulaire, cyclique, elle substitua un temps linéaire, un temps pourvu d’un commencement absolu, d’un déroulement non pas infini mais indéfini, et d’une fin : la fin des temps. La création ex nihilo, à partir de rien, est aussi une création du temps. A un disciple qui lui demande ce que faisait Dieu avant la création du monde, saint Augustin répond (Confessions, XIII,15) : « il ne pouvait y avoir d’avant, là où il n’y avait point de temps ».

La ronde rassurante des âges d’or sans cesse  ré-inaugurés par les saturnales, les ludi saeculares et les cérémonies festives accompagnant l’investiture de chaque nouvel empereur – renovatio temporum, gages elles-mêmes de la renovatio imperii garantissant la Roma aeterna – cède la place à l’horreur d’un terme ultime, définitif, irrémédiable, porteur, en même temps, de l’espoir que les délices qui suivront, seront, à la différence des paradis périodiques mais éphémères de jadis, permanents et durables.

A propos du film "Des hommes et des dieux"

Ecrit par Jean-François Vincent le 01 octobre 2010. dans La une, Religions, Cinéma

A propos du film

Ecclesia  patiens

 

Le film de Xavier Beauvois est une immersion dans la vie monastique contemporaine.

Deux remarques liminaires.

Pourquoi avoir choisi CETTE communauté au sort tragique, alors qu’il en existe bien d’autres, non moins saintes, faisant preuve de non moins d’abnégation ? Il semble qu’en occident, la sainteté soit inséparable du martyr, ou, à tout le moins, de la tragédie… A quand un film sur un saint Séraphim de Sarov, un des plus grands saints russes, mort paisiblement, en prière dans sa cellule ?

Pourquoi le Mal ? La réponse des Sages d'Israël

Ecrit par Jean-François Vincent le 24 septembre 2010. dans La une, Religions

Pourquoi le Mal ? La réponse des Sages d'Israël

Dans le Judaïsme, la Chute du troisième chapitre de la Genèse n’est pas le fons et origo de tout mal ; celui-ci s’inscrit bien plutôt dans les profondeurs de l’être humain, dans une dualité originelle, celle des deux penchants (yetzer), elle-même reflet du caractère duel de la Création. Yetzer vient du verbe yytser qui signifie former, façonner, imaginer, également planifier. Et Berechit rabba (9, 2-5) de décliner tout ce que Dieu, dans l’acte créateur, cliva en deux : «  Va-Yytser (forma) : deux formations, une pour l’homme, l’autre pour la femme. Deux formations, l’une pour l’en-bas, l’autre pour l’en-haut. Deux formations, formation en ce monde-ci et formation dans le monde à venir. Deux formations, deux penchants, le penchant au bien (yetzer ha tob) et le penchant au mal (yetzer ha ra).

Les références vétérotestamentaires au yetzer ha ra sont multiples ; citons seulement la première, celle de Gen 6,5 : « Dieu vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que chaque imagination (yetzer) de son cœur était continuellement mauvaise ».

Juste un mot (54)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 20 septembre 2010. dans La une, Religions

Juste un mot (54)

Le Pape vient d'effectuer un voyage de quatre jours en " Terre Ceinte ", entendez, le Royaume-Uni. Une visite placée sous le double signe de la repentance - les stigmates de la pédophilie - et de l'ouverture ... Le Vatican espère beaucoup de ce déplacement, onéreux à bien des égards. C'est finalement le gouvernement britannique qui en réglera la moitié, mais cela ne suffira pas à couvrir tous les frais.

Ce sont les fidèles eux-mêmes qui ont dû s'acquitter d'un droit d'entrée pour pouvoir assister aux deux grand-messes - Glasgow et Birmingham - et à la veillée londonienne ... Business is business ! Au cours de ces cérémonies, des voix, à la fois sacrées et profanes, se sont élevées pour célébrer la venue du Saint-Père ... Alléluia ! Alléluia !

Surtout, passons sous silence toute cette bimbeloterie papale, qui a fait la joie des uns et des autres et rempli les caisses ! Au bout du compte, mission accomplie, donc ... Une fois de plus, la " société du spectacle " l'aura emporté, sans le moindre état d'âme.

Philosophy and faith (English)

Ecrit par Gary Gutting le 15 septembre 2010. dans La une, Religions

Philosophy and faith (English)

One of my jobs as a teacher of bright, mostly Catholic undergraduates is to get them thinking about why they hold their religious beliefs.  It’s easy enough to spark discussion about the problem of evil (“Can you really read the newspaper everyday and continue to believe in an all-perfect God?”) or about the diversity of religious beliefs (“If you’d been born in Saudi Arabia, don’t you think you’d be a Muslim?”).  Inevitably, however, the discussion starts to fizzle when someone raises a hand and says (sometimes ardently, sometimes smugly) “But aren’t you forgetting about faith?”

That seems to be enough for most students.  The trump card has been played, and they — or at least the many who find religion more a comfort than a burden — happily remember that believing means never having to explain why.

Un 09/11 sans fin : surveiller le Croissant ou les avions ?

Ecrit par Kamel Daoud le 03 septembre 2010. dans Monde, La une, Religions

Un 09/11 sans fin : surveiller le Croissant ou les avions ?

Le 11 septembre. Oui, il faut en parler. Un jour, le fils d'un riche saoudien, spécialiste de la promotion immobilière et la construction des mosquées, découvre Dieu en croyant que Dieu lui parle. Des années après, il envoie quatre avions sur des cibles américaines. Il s'appelle Ben Laden. Au même moment, pendant que le monde dort, le fils d'un autre riche, lui aussi né dans un Etat pétrolier, découvre Dieu en croyant que Dieu lui parle à lui. Des années après, il devient président et envoie toute une armée prendre un pays (l'Irak) et pendre son président. Les deux se ressemblent et c'est Saddam qui sera pendu.

Des années après, un imam américain new-yorkais veut construire une mosquée dans un pays démocratique, mais trop près d'un trou creusé par un avion envoyé par Ben Laden, lui-même frère jumeau d'un Américain du nom de Bush. Peut-on construire une église près d'un trou creusé par une bombe occidentale par exemple ? Oui dans certains pays qui savent que la religion n'est pas une nationalité mais un univers. Probablement non dans d'autres pays qui croient qu'Allah leur appartient et pas le contraire. Tout est dans cette épreuve de l'humain et du sens de la démocratie.

La Trinité chrétienne à la lumière de l'égyptologie

Ecrit par Jean-François Vincent le 27 août 2010. dans La une, Religions

La Trinité chrétienne à la lumière de l'égyptologie

Rien n’est plus inextricable que la théologie trinitaire….Et plus incompréhensible tant pour les non-chrétiens que pour les chrétiens eux-mêmes !

Le Coran (s 5,72), implacable, décrète : « quiconque donne des associés à Dieu, oui, Dieu lui interdit le paradis ; et son refuge est dans le feu ». La fameuse équation 1 = 3 écartèle l’esprit humain et menace le monothéisme : soit, en effet, on privilégie le 1 et l’on tombe dans l’essentialisme (cf .la célèbre « définition » de Dieu selon saint Thomas d’Aquin, actus purus essendi, L’Etre en acte) les personnes devenant évanescentes ; soit on privilégie le 3 et l’on tombe dans le trithéisme (péché « mignon » des pères grecs et, d’une manière générale, de l’Eglise d’orient dont j’ai l’honneur de faire partie).

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