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Écrit par Super Utilisateur. Publié dans Non catégorisé

  • In memoriam Pierre Mauroy

    In memoriam Pierre Mauroy

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 15 juin 2013, dans France - La une - Actualité - Politique

    Le gros Quinquin nous a quittés… Ancien de la SFIO dont il apporta les restes sur les fonts baptismaux du PS, au congrès d’Epinay, pour former le courant B – mais à l’opposé du mollétisme – il garda toujours un sens non marxiste des réalités qui lui fit combattre, avec Jacques Delors, lors de l’année cruciale que fut 1983, les fameux « visiteurs du soir » (dont faisait partie Bérégovoy, le futur parangon de la rigueur des années 90), lesquels conseillaient à Mitterrand l’autarcie et la sortie du SME (serpent monétaire européen, ancêtre de l’euro). C’est ce même réalisme qui le fit s’allier à Michel Rocard contre Mitterrand et le CERES marxisant de Chevènement lors du trop célèbre congrès de Metz, en 1979.

  • Reflets de la semaine (159)

    Reflets de la semaine (159)

    Ecrit par Claude Gisselbrecht, le 15 juin 2013, dans La une - Actualité

    Depuis la sortie, entre autres, de Philadelphia, il y a tout juste 20 ans, l’homosexualité s’est projetée à plusieurs reprises sur grand écran, dans des films comme Le secret de Brokeback Mountain (2006), Harvey Milk (2009), A single man (2010), ou Week-end (2012). Cette année, à Cannes, elle a littéralement capturé la lumière, avec La vie d’Adèle, palme d’or, et deux autres longs métrages, Ma vie avec Liberace et L’inconnu du lac… Peu à peu, elle est sortie du bois, à cause d’une présence plus « combative » des intéressé(e)s et d’une prise de conscience collective orchestrée par les médias. Mais une minorité, quelle qu’elle soit, peut-elle dicter sa loi et diviser autant, comme en France, à propos du mariage pour tous ? A coup sûr, d’autres minorités se réveilleront à leur tour pour défendre leurs droits, envers et contre tous. Mais je crains fort que ces levées de boucliers ne divisent plus qu’elles ne fédèrent. Et ce n’est pas parce que les luttes, présentes et à venir, figurent en bonne place dans les programmes électoraux, tous bords confondus, qu’elles régleront tous les problèmes, au nom de la démocratie, dont Albert Camus disait que « ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité ». Le « vivre ensemble », en effet, repose avant tout sur la tolérance, de part et d’autre, car, sans ce « combustible » essentiel, la société court le risque de se déliter !

  • Apaixonada…

    Apaixonada…

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 15 juin 2013, dans La une - Education - Voyages

    Amoureuse… de quelqu’un ; ce serait si banal, et puis, ça ne vous regarderait pas, alors je n’en parlerais pas ici ! Mais d’un pays ! tout un pays, les gens, l’histoire et la culture, et même, sa cuisine…

    Tout petit. Un Finistère européen ; il habite l’océan, et Césaria a chanté sa « saudade » dans les brumes du Capo Verde. Il est tout cousu d’ailleurs… Quand il parle, c’est un vin – un très grand. Couleur pamprée des berges du Douro, saveur râpeuse et douce à la fois. En bouche… une langue faite pour les mots tendres et les histoires au bord des feux de sarments, préparant les sardines. L’hiver, il y fait froid ; la Méditerranée est trop loin. Est-ce parce que la mer est glaciale, parfois, même au cœur de l’été, que les couleurs pètent partout, de la plus simple façade, aux barques des estuaires et aux azulejos anciens décorant les plus beaux cloîtres du monde ?

    Portugal ! Ce beau nom, couleur de départ. Tous. Ceux qui, jadis, ont montré le chemin des grandes caravelles ; ceux de l’exil des maçons et des peintres, il y a moins longtemps. Ceux, qui, chez moi, m’ont dit fièrement : « Da Cunha, je viens de Porto ; ma famille est de Guimaraes »…

    Nous, en Limousin, on en avait des toits de lauze qui prenaient l’eau ! et tant de vieilles pierres à remonter, qu’ils se sont installés, de cousin arrivé en beau-frère arrivant… Dans nos classes, des chapelets d’enfants de là-bas, qui, peu à peu, ont pris l’accent d’ici (entre gens de départ, on se comprenait, eux, et nos anciens, paysans partis jadis à Paris…). Un principal de mon collège, eut l’idée (il y en a qui en ont !) de « monter » un horaire d’histoire et géographie du Portugal, pour ces petits – entre deux cultures. Richesse d’une double identité culturelle ; séduisant ! Emballée, je me jetai alors dans un tacot qui me rendit folle « amante » d’un pays qui m’était alors inconnu. Intellectuellement, j’en étais pourtant familière, via mes études, les livres, mais ça ne dévoile pas l’intimité du bonhomme, ça !

  • Aux frontières de l’Europe, Paolo Rumiz

    Aux frontières de l’Europe, Paolo Rumiz

    Ecrit par Bernard Pechon-Pignero, le 15 juin 2013, dans La une - Voyages - Littérature

    L’extrême nord de l’Europe où commence ce livre est en Norvège, bien au-delà du cercle polaire arctique. C’est de ce bout du monde, en 2008, dans la lumière des jours d’été qui se suivent sans nuit mais pas toujours sans tempêtes de neige, que Paolo Rumiz prend la route, bientôt rejoint par Monika, une photographe d’origine polonaise qui parle le russe et toutes les langues spontanées de l’amitié.

    Celui qui est considéré comme le plus grand écrivain-voyageur italien s’est muni d’un bâton de marche et d’un sac à dos lesté de quelques carnets, d’une brosse à dents et du minimum d’accessoires expérimentés comme indispensables. Né il y a un peu plus de soixante ans à Trieste, ville à la croisée des civilisations et des religions européennes et que l’histoire a asservie tour à tour à plusieurs empires, Rumiz s’interroge sur les frontières : celles qui séparent l’Europe de l’Asie, celles qui relient l’histoire aux légendes et celles qu’il est si malaisé de tracer entre nos doutes et nos certitudes. Mais pour lui, s’interroger signifie voyager, regarder, écouter, se laisser envahir par la splendeur du monde, éprouver la bonté des hommes, dût-il constater la sauvagerie de la civilisation.

    De Mourmansk à Odessa, de la mer Blanche à la mer Noire, des lacs de Carélie aux montagnes des Carpates, sous couleur d’illustrer quelques révélations géographiques ou géopolitiques : que l’Europe est verticale, que ses limites fluctuent dans le temps et dans les consciences, que c’est une entité qui échappe à toute définition, Paolo Rumiz, Pavel Petrovitch selon qu’il se sent occidental ou oriental, nous convie à partager ses réflexions de citoyen d’un monde qu’il connaît sous toutes ses coutures. Celles qui assemblent ce patchwork de provinces, d’ethnies et de religions que l’on appelle Europe ne sont pas les dernières qu’il explore. Ses réflexions sont celles d’un homme profondément généreux, aussi soucieux de mettre son immense culture à la portée de ses lecteurs qu’il est avide d’établir des relations authentiques avec tous ceux qui veulent bien lui sourire, et ils sont nombreux à lui ouvrir leur porte et leur cœur, au cours de sa déambulation erratique du nord au sud.

  • L’absurde en Algérie

    L’absurde en Algérie

    Ecrit par Tawfiq Belfadel, le 15 juin 2013, dans Monde - La une - Politique

    Un Algérien se lève de son matelas plein de dos-d’âne. Il n’a pas une chambre à lui mais il vit avec une tribu dans un appartement mutilé par l’humidité et la canicule, et où il y a plus d’antennes paraboliques que de pièces. Il partage la chambre avec quatre ou cinq frères, voire plus, et il n’a donc que quelques morceaux de carrelage pour dormir et se masturber. Avant d’aller à la salle de bains, il se repose puis caresse avec les deux mains son ventre. Un jour, un ami sans sens d’amitié lui a dit : « mon pote pour réussir dans la vie, faut avoir un grand ventre ». Il a réussi, grâce aux pâtes, à la bière, et au sommeil exagéré, à faire grandir un peu son ventre. Il en est fier, mais il rêve d’avoir une belle taille comme Berlusconi.

    Dans la salle de bains, il passe environ une heure non parce qu’il est narcissique, mais parce qu’il se déteste. Le miroir lui renvoie une image en noir et blanc d’un visage morne et vieilli par la jeunesse. Même les robinets se moquent de lui : et le robinet bleu et l’autre rouge font couler la même eau, ni chaude, ni froide, ni tiède. Il revient dans « leur » chambre. Il porte un tee-shirt rayé comme celui que porte Arnaud Montebourg dans une publicité. Il l’a acheté ? Non. Il l’a emprunté à un ami, fils de marin qui pêche sur la mer et prêche sur la terre. Il porte aussi son jean déchiré et gommé et commence à faire dresser ses cheveux avec du gel de son frère. Le résultat est énorme : sa coiffure n’est pas aussi belle que celle de Johnny Hallyday ou celle de l’inspecteur Naana joué par Ramzy dans le film Hallal police d’Etat. Ses cheveux ressemblent à un balai renversé, dressé vers le ciel. En somme, une coiffure sans nationalité. Il ne fait pas de prière : il est « fâché » avec Dieu qui ne lui a pas « donné » une voiture  ou une arche. Il scotche dans son bras une montre qui ne fonctionne plus depuis la mort de Mohammed Dib et dont les aiguilles tournent en sens inverse. Il descend vers une cafétéria où ses amis l’attendent. En sortant, il se pose cette question existentielle : « que va me donner aujourd’hui l’Algérie ? ».

  • Artistes au détour du fil : Arsenic et belles dentelles

    Artistes au détour du fil : Arsenic et belles dentelles

    Ecrit par Sabine Vaillant, le 15 juin 2013, dans La une - Arts graphiques

    Alors que les rayons du soleil se font attendre, Arsenic et belles dentelles met en lumière quatorze artistes sur le thème du Fil dans l’Art contemporain, à l’espace culturel de Pierrefitte-sur-Seine, du 25 mai au 29 juin 2013.

    Ces artistes jouent avec talent du fil et du textile et s’appuient sur la texture molle, les réactions à l’air, à la gravité, ou le hasard de la matière. Tout en s’éloignant de la finalité initiale du textile, leurs œuvres deviennent dessins, sculptures, photographies, vidéos ou installations. Quatre thématiques ont été retenues par Musexpo, commissaire de l’exposition.

    De la protection à l’entrave, le fil se mue en écrins et cocons proches de la protection originelle rassurante que pourraient offrir les Plaids Houses de Laure Tixier. Dela Vanité, Retour du Mexique d’Aurélie Mathigot, aux crânes colorés, tout de fils crochetés, surgit un questionnement sur la matière textile qui nous enveloppe de la vie jusqu’à la mort. Chiharu Shiota cisèle avec le fil un cocon sculptural autour des objets de son univers pour retenir leur côté éphémère angoissant, State of Being (Weeaving Loom). Plus loin, la vidéo Réconcilier de Laurence Nicola entraîne le spectateur vers la fragilité du corps.

  • Tous, accroupis ils attendent dans un bagne, la mort

    Tous, accroupis ils attendent dans un bagne, la mort

    Ecrit par Khalid EL Morabethi, le 15 juin 2013, dans La une - Ecrits

    A quoi je pense ?

    À cette innocence

    Qui portait un jour le bracelet de sa grand-mère ; la joie

    Elle est morte, près de sa mère ; la foi

    Cette innocence

    Son sourire, ses yeux

    Sa faiblesse et ses prières pour Dieu

    Les quatre murs de sa chambre et leur unique histoire

    Ce lit et l’homme loup, au-dessus, au fond du noir

    Sa robe grise, ce miroir et cette silencieuse horloge

    Cette innocence, elle chantait

    Sa voix faisait souffrir les anges

  • Meet the artist

    Meet the artist

    Ecrit par Luce Caggini, le 15 juin 2013, dans La une - Ecrits

    Quel est le cheminement de l’Artiste ?

    Comment se profile une vie d’Artiste ?

    Footing dans les salles de musée ?

    Fascination pour les couleurs ?

    L’apprentissage du dessin ?

    Une éducation savante ?

    À ce jour, je suis encline à dire non, j’ai sûrement tort car je prends le problème par le bout. Le mien.

    Mais je ne prétends pas à la rationalité, donc je dirai qu’un échange muet avec une toile serait une marque d’amour, un lien pour la vie, un contrat à vie, sans rupture d’affrontement.

    Il m’est arrivé de regarder un tableau et ne jamais l’oublier, mais retourner le consulter pour le questionner, repartir enrichie autant par lui que par mes interrogations.

    Il m’est aussi très souvent arrivé de me sentir repoussée par une toile et m’y accrocher pour creuser son repoussant mystère.

    Est-ce à dire qu’un artiste est en déficit d’un sens pragmatique de la vie ?

  • L’homme de Marmara, Olivier Bass

    L’homme de Marmara, Olivier Bass

    Ecrit par Christelle Mafille, le 15 juin 2013, dans La une - Littérature

    Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un roman et de son auteur.

    J’ai rencontré Olivier Bass au Salon du Livre d’Alençon. Nous étions l’un et l’autre conviés pour présenter nos romans (c’est lui qui a gagné !).

    Outre le fait qu’Olivier est un auteur comme je les aime, à savoir humble et passionné, son roman est un vrai bijou.

    Une histoire de bateaux, normal me direz-vous, Olivier est marin. Une intrigue vraiment bien menée, un mystère comme je les aime. Qui est cet homme, rescapé, repêché devrais-je dire ?

    Et le dépaysement, toujours.

    Enfin, l’univers des bateaux qui m’appelle depuis toujours. On entend les machines, les bruits des pas sur le pont, les rires des marins, leurs gueulantes aussi.

    Des marins loin des leurs. Loin de leur terre, loin de leur mère.

    Merci Olivier pour ce voyage.

    Je vous livre la quatrième de couverture :

  • Séminaire de Daniel Sibony Année 2012-2013

    Séminaire de Daniel Sibony Année 2012-2013

    Ecrit par Daniel Sibony, le 15 juin 2013, dans La une

    Psychanalyse éthique

    Le Séminaire de Daniel Sibony a pour titre Dictionnaire vivant

     

    Chaque séance, une séquence de dix notions sera travaillée en fonction de l’expérience clinique et des apports de la théorie

     

    9ème séance du cycle : Autour de la littérature

     

    Deuil, imaginaire, inceste, interprétation, justesse, roman, plaisir, réel, sujet, vécu (ainsi que « texture » déjà évoqué.)

     

    Ce dernier séminaire se terminera par un « tour de chant »

     

    Adjoindre aux bibliographies standard :

    De l’identité à l’existence(Odile Jacob)

    Entre dire et faire, penser la technique (Grasset)

    Le jeu et la passe, identité et théâtre (Seuil)

    L’Autre incastrable, psychanalyse-écritures (Seuil)

    Perversions, dialogues sur des folies « actuelles » (Seuil)

    Avec Shakespeare

  • De quoi le « Printemps » Français est-il le nom ?

    De quoi le « Printemps » Français est-il le nom ?

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 08 juin 2013, dans France - La une - Actualité - Politique

    Dans son « manifeste », le site du Printemps Français proclame : « le Printemps Français est né ce soir du 24 mars sur les Champs-Elysées au milieu des chants et des lacrymogènes ». Derrière ce sigle, on trouve des anciens du GUD (Groupe Union Défense qui terrorisait la fac d’Assas dans les années 70) ou des membres du Bloc Identitaire, organisation d’extrême-droite protectrice des Français « de souche », mais aussi et surtout une femme, Béatrice Bourges, proche des catholiques traditionnalistes et qui s’est séparée de la très médiatique Frigide Barjot et de son mouvement, la « Manif pour tous », jugé trop mou.

    Béatrice Bourges, l’égérie du Printemps Français, avait déjà commis un livre, en 2008, L’homoparentalité en question, à une époque où Sarkozy envisageait la création d’un « contrat d’union civile », ersatz de mariage pour les homosexuels. Dans ce livre, rien d’outrancier, rien d’extrémiste : juste un questionnement sur le besoin de connaître ses origines, besoin légitime, au nom duquel cependant Bourges condamne non seulement l’adoption par des couples homosexuels, mais aussi l’adoption par des femmes célibataires, et encore la PMA avec donneur anonyme de sperme… Surtout elle invoque – sottovoce – LE principal argument des anti-mariage : la nature, « l’enfant a besoin de savoir qu’il est issu d’un homme, son père, qui a aimé une femme, sa mère, et s’est uni à elle ».

  • Toulouse

    Toulouse

    Ecrit par Sabine Aussenac, le 08 juin 2013, dans Souvenirs - La une - Ecrits

    Longtemps, je t’ai rêvée.

    Perdue au fond des terres arides du Cantal, enlisée dans la lave stratifiée des volcans, je te cherchais, palais de briques roses, sur le fil ténu de ma mémoire.

    Je fixais tes vertiges, placardant de grandes affiches de la basilique St-Sernin sur les murs gris de mon appartement clermontois, m’enivrant de tes lumières, orpheline de tes mondes colorés, de tes petits marchés, de tes pincées de tuiles… La ligne bleutée des Pyrénées, se dessinant les soirs d’été tout au loin, m’était appel et mirage. J’avais soif de toi.

    Me manquaient la douceur de tes ocres toscans, le parfum des tilleuls et des lilas des soirs de mai ; me manquaient ta croix occitane et tes ruelles chargées d’histoire, tes bleus pasteliers et tes joutes hérétiques, tes éblouissements multicolores, de tes violettes timides au sang de tes briques. Toi la fière, la rebelle, capitale debout d’une Occitanie qui se rêvait libre…

    Sans toi, je n’étais rien. J’avais faim de tes petits matins gourmands et tendres, lorsque tu t’éveillais, mi-Reine des Pyrénées, mi-village gascon, faim des claquements des persiennes et du café brûlant dans les tasses vert et or du Florida. J’avais faim de ta faconde, des effluves de cassoulet aux marchés aux gras. Mes lieux de vie me semblaient orthorexiques et glacés. J’avais froid sans tes ardeurs méditerranéennes, lorsque ton soleil d’enfer dardait la brique et que seules tes églises offraient des oasis de fraîcheur.

  • L’orphelin

    L’orphelin

    Ecrit par Khalid EL Morabethi, le 08 juin 2013, dans La une - Ecrits

    Fermez la porte, cria-t-il.

    Silence s’il vous plaît, fermez les fenêtres, baissez les rideaux. Partez, je ne veux plus voir personne.

    Non, je ne veux pas sortir, ajouta-t-il en colère.

    Je ne veux pas partir plus loin pour oublier. Tout simplement je veux rester ici à côté de ces murs fidèles. Savez-vous qui je suis ? Je suis celui dont l’âme, dès la naissance, était aussi pure que l’or, celui dont le cœur débordait d’amour. Je suis ce clown, ce comique qui passait son temps à écrire des blagues pour faire rire les gens. Je suis celui qui aimait la vie pour laquelle son cœur battait aussi fort. Je suis un orphelin.

    Fermez la porte. Partez. Je veux juste dormir, rester seul dans ce noir. Je suis une erreur. Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi je vis ? Qui sont mes parents ? Où sont-ils ? Pourquoi suis-je né ? Pourquoi ?

    Voyez-vous ce mal, ce vampire ? Regardez-le, il étouffe le bien. Pourquoi vous ne faites rien ? Vous souriez. Pourquoi ? Car la vie est belle ?

    Allez-vous en ! Je suis juste un élément, une vie qui regarde dans le même, je suis un vivant. Je suis une photo, un tableau dessiné par un artiste mort, un artiste qui voulait sortir juste sa colère. Je suis une illusion, un faux visage, un sourire masqué, un faux pas. Tout est faux et rien n’est vrai. Je suis un innocent.

    Combien me reste-t-il de temps pour vivre ? Pas beaucoup.

  • Le latin, parce que vous le valez bien ! 2/2

    Le latin, parce que vous le valez bien ! 2/2

    Ecrit par Sandrine Campese, le 08 juin 2013, dans La une - Humour - Linguistique

    Souvenez-vous, dans un précédent billet, je faisais l’inventaire des marques aux noms latins ou dérivés du latin. Et Dieu sait si elles étaient nombreuses ! Pour autant, il ne faudrait pas tomber dans l’excès inverse et croire que toutes les marques finissant en -us ou en -ex sont d’origine latine ! Il était donc indispensable de dresser la liste de ces faux-amis, c’est-à-dire ces mots qui ont tout l’air d’être latins, mais qui ne sont pas latins…

    9h30 – Le réveil de Caroline sonne (elle est en RTT aujourd’hui). Une fois levée, elle se prend les pieds dans les LEGO (contraction du danois leg godt, « joue bien » [1]) de son fils qui jonchent le tapis.

    10h30 – Après avoir pris son petit déjeuner, Caroline fait la vaisselle à l’aide de son éponge SPONTEX (contraction de spongieux et textile), puis fait tourner une machine avec OMO (acronyme anglais de Old Mother Owl, « vieille maman chouette ») [2].

    11h45 – Caroline a la flemme de préparer le repas. Ce sera des bâtonnets de poisson FINDUS (contraction du suédois Frukt-Industrin, société de conserves de fruits et légumes) pour tout le monde !

    15h – Après déjeuner, Caroline s’habille, met saROLEX (anagramme partiel d’horlogerie exquise) et chausse ses escarpins ERAM (composé des deux premières lettres inversées de René et Marie, prénoms du fondateur et de son épouse) [3].

  • Le progrès est-il dans l’oubli d’un « détail » ?

    Le progrès est-il dans l’oubli d’un « détail » ?

    Ecrit par Jean Gabard, le 08 juin 2013, dans La une - Actualité - Société

    Les partisans du mariage et de l’adoption pour tous se rangeraient dans le camp de la démocratie et du progrès et feraient des opposants, des traditionnalistes et des réactionnaires. Il y a pourtant parmi les opposants des personnes qui ne sont ni catholiques, ni même chrétiennes, ni même croyantes, ni conservatrices, ni de droite et encore moins d’extrême-droite… Alors, où est le progrès ?

    Prôner le mariage et l’adoption pour tous suppose que l’on croit l’homme et la femme, le père et la mère, identiques et donc que l’un peut remplacer l’autre. Croire à cette égalité c’est être persuadé que la « théorie du genre » est une vérité scientifique qui ne souffre aucune contestation.

    La « théorie du genre » a constitué une avancée lorsqu’elle est apparue pour contester les théories naturalistes qui justifiaient les hiérarchies et les discriminations sexistes. Cette contestation reste toujours valable mais ce qui l’est moins est le fait de confondre l’égalité en droits, légitime en démocratie, avec le droit à l’égalité, utopique et peu souhaitable. Parce que la différence des sexes a permis aux hommes de la société patriarcale d’inférioriser la femme pour imposer leur type de société, il faudrait non seulement changer le type de société (ce qui est en partie fait dans le monde occidental), mais supprimer la différence des sexes. Le progrès consisterait à prendre l’inverse de ce que l’on condamne et à opposer aux inégalités injustes, une égalité totale. Il pouvait être en effet utile, pour être plus efficace, d’avoir un discours radical pour balayer ce qui est devenu inacceptable. Cette réaction adolescente est tout à fait compréhensible et elle était peut-être même nécessaire. Mais doit-elle durer pour autant ? N’est-ce pas devenir conservateur que de se complaire dans cette révolte et refuser, après la crise d’adolescence, de devenir adulte ?