Education

Faire de l’histoire avec… un roman

Ecrit par Martine L. Petauton le 20 avril 2013. dans La une, Education, Littérature

Editions Belin jeunesse, à partir de 12 ans

Faire de l’histoire avec… un roman

L’ami de Magellan, Didier Bazy

 

Faire de l’Histoire, avec un livre d’Histoire, ses images, ses petits bouts de textes traduits pour nos petites têtes de 5ème. Mais, faire de l’Histoire avec, en plus, autre chose, un roman, par exemple, en compagnie de son écrivain et de sa formidable imagination, celle qui justement, plie le récit des faits aux odeurs, saveurs, couleurs et émotions de ce passé-là. Un ancien temps qui va dire « je », et qui, du coup, emportera tellement mieux, vers l’Histoire, les imaginaires si bouillants de ces débuts de Premier cycle de collège.

J’ai, pendant de longues années, pratiqué l’exercice, dans mes classes, souvent en interdisciplinarité, avec un rare bonheur… passant, selon l’heure et les caprices des programmes, de Germinal à La vie d’un simple, des Dieux ont soif, à Thibault, le petit chevalier limousin, quand – les temps étaient parfois si durs – mes minots, de cette classe-là, ne pouvaient pas – sûr – se caler dans la cervelle plus des 70 pages, écrites gros, du petit opus. Mais qu’importait ! La démarche était au bout la même, et, partout, elle aboutissait : le héros tenait son rôle de compagnon – on avait ses préférences et ses affects ; le récit touchait au plus près du quotidien, via la description, arme de poing du romancier. On partait avec ces personnages fictifs dans le creux d’un siècle, on croisait de « vrais personnages historiques », disaient fièrement mes petits ; on touchait une époque du doigt, avec émotion, vecteur essentiel de tout apprentissage. On sortait du livre d’Histoire, pour mieux y revenir…

Enseigner la shoah…

le 13 avril 2013. dans La une, Education, Histoire

« Le bourreau tue toujours deux fois ; la seconde fois, par l’oubli » (Elie Wiesel).

Enseigner la shoah…

Propos à la fois désolés et alarmés, d’une jeune collègue, en poste en banlieue lyonnaise. Ancienne stagiaire dans mes classes d’histoire, fine et investie. « La semaine passée, un petit groupe, rigolard, de 3èmes – ni les meilleurs, ni les plus fins, seulement des élèves ordinaires ! – a volontairement fermé le livre pendant le cours sur la Shoah. J’en ai pleuré… ». Elle poursuivait : « qu’est-ce que je fais ? », car, le conseiller pédagogique, en « service après-vente », ne s’arrête pas à 2 ans, comme pour la première machine à laver venue… Évidemment, ne pas céder, jamais ! en un tel domaine. Trouver des parades et surtout, éviter la contagion de postures rebelles bien autant que culturelles ; mettre en place des stratégies, collectives (c’est l’affaire de tout le champ éducatif) ; en faire une affaire « d’école » ! passer, c’est in-négociable, mais intelligemment. La Shoah appartient aux obligations de programme… mais au fait, depuis quand ? Et l’enseignante d’Histoire que je fus si longtemps, de filer l’enquête…

Et, bien, même si on a l’impression qu’« elle » a toujours été là, ce n’est qu’un ressenti, comprenant comme tel, nos désirs, notre émotionnel. La Shoah, depuis la fin de la guerre, n’a pas toujours été enseignée, pas tout le temps de la même façon ; il y a eu – il y a encore – autour du sujet, de brûlants débats (un des derniers, souvenons-nous, celui du petit juif « adoptable » par chaque enfant de Primaire !).

Mon début de lycée, en tant qu’élève (partie collège) correspond aux années 62/63. 17 ans après la guerre ; on découvrait les camps dans le « Nuit et brouillard » chanté par Ferrat, chanson culte qui se doit d’être remise dans le contexte de 63, elle aussi. On écoutait, en même temps, Salut les copains…

Passerelles

Ecrit par Sabine Vaillant le 02 mars 2013. dans La une, Education, Musique

Passerelles

L’atelier passerelles crû 2012-2013 rassemble presque 60 élèves du conservatoire de Vincennes, de 11 à 19 ans, tous musiciens de second ou troisième cycle. Leur but ? Découvrir des répertoires non abordés en orchestre ou formation de chambre et ouvrir des pistes de travail différent… Vaste programme ! Le retour sur expérience se conclut par un concert public en fin de semestre.

L’orchestre est particulier, annonce Pierre Bluteau, l’initiateur de cet atelier. Ce ne sont pas tant ses musiciens mais l’inventaire… En ce soir glacial et lumineux de février, éclairé par un quartier de Lune généreux : trois violons, un alto, un violoncelle, deux contrebasses, six flûtes traversières, un hautbois, un saxophone, une trompette, six guitares, quatre harpes, pas moins de cinq pianistes et deux percussionnistes, invitent à embarquer sur les passerelles.

Pierre Bluteau, légèrement en retrait, la guitare sous le bras, en guise de baguette, donne simplement le rythme à l’orchestre qui démarre en toute confiance. Magique ! Souriant, il accompagne, porte ses musiciens, soutient de sa guitare un groupe puis un autre. Les notes de Ins’t she lovely de Stevie Wonder envahissent l’espace, les instruments se répondent. La musique ouvre des connexions dans le cerveau des auditeurs tandis que concentrés les musiciens tiennent les rythmes.

Cher Père Noël,

Ecrit par Christelle Mafille le 05 janvier 2013. dans La une, France, Education

Cher Père Noël,

Ceci est ma lettre. Je ne sais pas si j’ai toujours été sage, mais bon, j’ai fait de mon mieux !

Alors, tu as peut-être remarqué : je ne suis plus vraiment une gamine. Et alors ? On peut toujours rêver…

Et puis d’abord, toi et moi, on a un point commun (non, pas la barbe) : les gamins. Sauf que toi, tu bosses une fois par an. Le reste du temps, ce sont les lutins qui se tapent tout le boulot. Au Pays des Nuages, Rue des Merveilles, tout est bonbons, joujoux (x ou s ?? ah… la réforme de l’orthographe…), guimauve…

Chez moi, ce n’est pas vraiment pareil.

Pourtant, ce boulot, moi, j’y croyais. Un peu comme une mission, une « vocation ». J’avais envie de travailler avec des enfants, les aider à grandir, à devenir « citoyen ». Les amener à s’interroger, à s’émerveiller, à se révolter quelques fois, mais de manière efficace. Leur faire découvrir le bonheur de la lecture et de l’écriture aussi. Peut-être les aider à trouver en eux un jeune écrivain qui s’ignore, ou un futur lecteur passionné.

(Best of 2012) EDUCATION: L'anti-didactique à l'oeuvre ?

Ecrit par Pierre Windecker le 22 décembre 2012. dans La une, Actualité, Education, Société

(Best of 2012) EDUCATION: L'anti-didactique à l'oeuvre ?

Que ceci soit dit d’abord : j’adore le Jardin des Plantes du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. L’enfance – la mienne, celle des mes enfants et celle de mes petits-enfants – m’y ramène sans cesse, guidant les jambes et réveillant les émotions. J’aime cette longue esplanade qui s’ouvre comme les fleurs dont elle est constellée, ces allées d’arbres rêveuses et à demi cachées, ces serres où la végétation explose, ces bâtiments recelant un passé parfois en coma dépassé, si bien ramené à la vie par l’imagination de Tardi. J’ai aimé toutes les affiches créées par le Muséum. Je n’aborde jamais une exposition abritée dans ses locaux – qu’il s’agisse de la vie dans les abysses ou des fresques de la route de la soie - sans éprouver d’avance la douceur d’une jouissance assurée. L’humeur étant celle-là, les préjugés sont, forcément, toujours favorables.

C’est au point qu’il m’a fallu visiter avec mes petits-enfants deux expositions destinées principalement aux enfants pour comprendre. Après l’exposition A l’Ombre des dinosaures, peut-être avais-je éprouvé une petite déception, mais sans chercher à m’interroger davantage sur ses motifs. Mais en sortant d’Au Fil des araignées, c’est tombé comme une évidence, simple, carrée, indiscutable, excessive aussi sans doute, mais seulement dans sa formulation littérale : si on faisait comme ça à l’école, il n’y a pas photo, les enfants n’apprendraient rien. Ce serait presque comme si l’on fermait boutique.

Le premier livre...

Ecrit par Martine L. Petauton le 10 novembre 2012. dans Souvenirs, La une, Education, Culture, Notre monde, Littérature

Le premier livre...

Belle recension, la semaine passée, dans Reflets du Temps : Le dernier lapon d’Olivier Truc. Parfums de glace, lumière si particulière à la banquise ; silences bourdonnants des grandes solitudes de début, ou de fin du monde…

« Madeleine », pour moi, d’un coup ! Projetée quelques temps en arrière – enfin, si peu !

Cinq ans, à peine ; cheveux coupés de frais, au bol, grosse frange, à la garçonne (ma mère avait osé sacrifier les boucles longues de sa fille, au nom, inavoué, de quelque féminisme tempêtant en elle). La campagne bourbonnaise ; village perché surplombant les gorges du haut Cher ; brumes assurées dès la Toussaint passée. L’école, en haut du bourg ; deux « maisons d’école » ; celle des petits, et, accolée à la mairie, celle des grands. Je me souviens d’avoir vu passer un curieux équipage, parfois : les « bonnets d’âne » coiffés d’un simulacre de papier, allant lentement de l’une à l’autre école, comme dans l’Ancien Régime, les femmes adultères et autres voleurs, attachés sur les ânes…

Un enseignement alternatif : les écoles Steiner Waldorf

Ecrit par Jean-François Vincent le 27 octobre 2012. dans La une, Education, Culture, Société

Un enseignement alternatif : les écoles Steiner Waldorf

Mon fils est scolarisé dans une école Steiner. Ce fut le choix de ma femme, et je ne m’y suis pas opposé, malgré certaines réticences initiales.

Rudolf Steiner était, en effet, un mystique, membre de la société théosophique – fondée par Blavatsky, la célèbre ésotériste – qu’il quitta pour créer son propre mouvement, plus « chrétien » que celui de Blavatsky : l’anthroposophie. Steiner prétendait avoir accès à des mondes supérieurs, accessibles, disait-il, à tous par la méditation. C’est ainsi qu’il découvrit la lutte entre des êtres de lumières (les anges) avec les forces des ténèbres – les « lucifériens » et les « ahrimaniens » – joyeux mélange de judéo-christianisme et de mazdéisme (Ahriman, en effet, dans la religion mazdéenne, est l’éternel opposant au dieu lumineux, Ahura Mazda). Bref, un syncrétisme qui donna naissance à une « Eglise », nommée la Communauté des Chrétiens.

C’est ce bric à brac spirituel qui fit, un temps, classer l’anthroposophie parmi les sectes. En fait, les doctrines ésotériques de Steiner ne sont pas enseignées aux enfants ; même les enseignants ne les connaissent pas toutes. Aucun endoctrinement ni aucun embrigadement ne retiennent parents ou élèves captifs : chacun est libre de venir et de s’en aller.

"Sciences de l'Educ", on continue ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 octobre 2012. dans France, La une, Actualité, Education, Culture, Politique

Ainsi, les classes sont en ordre de marche ; on doit commencer à bien connaître les petits, leurs travers, leurs fragilités. Les premiers devoirs sur table sont tombés, et – entre 1 et 2 – les conseils de mi trimestre pointent le bout du nez. « Machin, en français, ça donne quoi ? »… D’habitude, c’est le plein moment, où – télé, journaux – déboule le fameux et toujours jeune débat ; celui qui agace les dents, fait rire ou pleurer, c’est selon : Que nous mitonnent cette année, les Sciences de l’Education ? Serpent de mer de toutes discussions – vives – autour des cafetières des salles des profs. Et, généralement – est-ce aussi le froid automnal ? sont dressés, dans le même temps, les premiers bûchers, avec, en guise de Jeanne D’Arc, le plus souvent, un certain Philippe Meirieu ; le tenant du rôle !

Il faut dire que la personnalité ombrageuse du monsieur, ses postures d’électron libre, une tendance – dont la réserve peut passer pour hautaine – à se replier dans le pré carré de l’expert, ne sont pas de nature à construire l’animal complaisamment médiatique, si recherché de nos jours. Chercheur-enseignant (et, oui, il fréquenta les élèves de près, allant jusqu’à se risquer à tâter du public d’un lycée professionnel ! Chapeau, définitivement, P Meirieu ! Tant de donneurs de leçons ne peuvent en dire autant).

Agressions sur les profs

Ecrit par Thierry Ledru le 13 octobre 2012. dans France, La une, Actualité, Education, Culture, Politique

02 octobre 2012

Agressions sur les profs

On ne les compte plus depuis le début de l’année, mais qu’en est-il envers les élèves ?…

Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu’ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciation sur un devoir d’Anglais : « Qu’est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur ? »

Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l’année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d’apprendre, ses faiblesses n’étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, en un mois de classe, l’image qu’il a de lui, c’est celle d’un « nul ».

Tous les jours, en France, des enfants sont « poignardés » par des professeurs qui n’ont aucune conscience du mal qu’ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d’avoir la moindre compassion, d’éprouver le moindre amour.

Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.

Qui se pose la question de ce que vivent les enfants ?

Recension : Atelier d'écriture ? Le tour de la question en 90 points, de Françoise Neveu

Ecrit par Cikuru Batumike le 22 septembre 2012. dans La une, Education, Culture

Lire pour comprendre

Recension : Atelier d'écriture ? Le tour de la question en 90 points, de Françoise Neveu

Depuis 1996, l’ébéniste, poète et ethnologue française, Françoise Neveu enseigne son savoir-faire en matière d’écriture. Elle mène, pour des groupes restreints, des workshops d’écriture créative à Paris. L’essai Atelier d’écriture ? Le tour de la question en 90 points, publié aux éditions l’Harmattan, Paris, est le fruit de son expérience de travail et de ses recherches.

L’expression atelier d’écriture fait généralementait penser à des techniques qui permettent aux amoureux des lettres de mieux s’entraîner à l’écriture pour en maîtriser les rouages, et finalement produire un texte. D’aucuns, auteurs de romans, récits, nouvelles, théâtres, contes et autres poésies, ont recouru et recourent à un atelier d’écriture pour acquérir des éléments théoriques propres à renforcer la naissance d’une œuvre.

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