Politique

France : la social-démocratie impossible… ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 18 mai 2013. dans La une, France, Actualité, Politique

France : la social-démocratie impossible… ?

Actuellement, à propos de la Présidence de François Hollande et du Gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le terme « social-démocrate » est utilisé à tort et à travers dans les médias. Rappelons d’abord qu’à l’origine, l’expression « social-démocratie » (notamment en Allemagne) correspondit à des partis socialistes de type marxiste (le SPD n’abandonna cette référence qu’en 1959, au congrès de Bad Godesberg). Aujourd’hui, deux notions se trouvent confondues : celle de social-démocratie (recherchant une troisième voie entre le libéralisme et le socialisme marxiste) et celle de social-libéralisme (essayant de définir une troisième voie entre libéralisme et social-démocratie). Or, pendant longtemps, le socialisme français voulut continuer à être idéologiquement vraiment « social-démocrate », alors que la plupart des autres partis équivalents en Europe évoluèrent en direction du social-libéralisme, sous l’influence du Blairisme. Voilà donc posée la grande question : l’Exécutif français actuel veut-il – peut-il, pratiquer une politique social-démocrate ou social-libérale ?

Le modèle social-démocrate traditionnel fut fondé sur « l’Etat-Providence » (le « Welfare State » britannique), ou (de manière plus modérée) sur le « capitalisme rhénan » et la « cogestion » du type SPD en Allemagne, sans oublier les pays scandinaves.

Pour qu’une social-démocratie puisse fonctionner, il fallait une croissance économique forte (ou au moins convenable), des syndicats puissants acceptant de négocier avec le patronat sans passer immédiatement par la grève, un patronat qui ait une culture de dialogue véritable, un parti (ou des partis) politique(s) de gauche travaillant en liaison avec les syndicats de travailleurs et ayant renoncé à un verbiage correspondant à une sorte de « surmoi révolutionnaire ». Reconnaissons que beaucoup de ces points, soit n’existent plus, soit n’ont jamais fonctionné ainsi, dans notre pays.

Azerty et le pneu crevé

Ecrit par Kamel Daoud le 18 mai 2013. dans Monde, La une, Politique

Azerty et le pneu crevé

Une panne d’idée, c’est quand vous n’avez pas envie de réfléchir à la place du monde. Vous êtes sur un trottoir, et le pays est sur sa route. Ou l’inverse. C’est une sorte de cessez-le-feu : vous n’interrogez personne, ne demandez après personne et n’attendez personne. C’est une sorte d’égalité insonore avec la création : elle tourne autour d’elle-même et vous lui tournez le dos, à moitié ou aux trois quart. Votre première préoccupation n’en est même pas une : vous respirez et vous rangez vos convictions qui vous servent de carburant en général : vous ne voulez pas vous sentir lié, ni responsable, ni ligoté par la cause et l’effet. Rien. C’est votre univers sous l’aisselle, face à l’univers qui vous enjambe. Vous ne ressentez rien, pas même votre prénom dans vos chaussures, vous respirez et vous continuez à respirer sans idée préconçue. La panne d’idée est un moment rare d’équilibre et d’insensibilité : une sorte de nationalité de poteaux, sans fil. Le reste du pays offre pourtant de l’humour : pendant que l’on soigne les féodaux en Europe, il y a grève de la santé en Algérie. C’est une piste. Pendant que l’on enquête doucement et lentement gracieusement sur Sonatrach, on met rapidement en prison un chanteur de Raï à Oran pour mauvaise rime contre le DGSN. On peut aussi creuser l’idée et la cervelle de Louiza Hannoun : cette étrange dame qui va finir prophétesse à force de voir des complots partout. Ou parler de Soltani et des 40 Islamistes et leurs fourberies dans les jarres où on les a enfermés. Il y a des sujets quand on regarde et écoute. Sauf que cela ne sert à rien quand le cœur est déchaussé. Donc Rien ce matin algérien. Rien d’intéressant : on dirait que l’on doit écrire la même chronique sur le même pays pendant la même heure. Rien d’innovant : des émeutes, des augmentations, des rumeurs, des maladies, des indignations et des scandales et des dénonciations.

La souffrance et le chantier…

Ecrit par Martine L. Petauton le 11 mai 2013. dans La une, France, Actualité, Politique

La souffrance et le chantier…

Quand il a commencé, ce chantier – tout était à relever ou à faire, il pleuvait au mois de Mai de l’an passé… en Mai joli, on fait, paraît-il, « ce qu’il nous plaît » ; on l’a fait…

Il y avait des Bastilles à prendre. On le savait ; on le redoutait un peu, mais, bon ! On a remonté d’un cran, le sac sur l’épaule, et, en avant pour la traversée de la Crise, avec la Gauche – toujours, mieux qu’avec la Droite ; un slogan simple, sympa, réconfortant, comme le sourire de Bedos…

Un certain – Danton au très petit pied –, n’avait-il pas prédit qu’on élisait là un « capitaine de pédalo »… lequel, malgré la tempête incessante et tournante – un coup ici, un coup là-bas, et, encore un, plutôt bas, par là, pour la route – n’a, pour l’instant, toujours pas coulé… Faut, des fois, se méfier des « petits » qui n’ont pas l’air…

Dès Mai dernier, c’est vrai, la fête manquait de feux d’artifice ; le cœur n’y était qu’à moitié, pour tant de ces électeurs, déjà pas mal « ailleurs », n’ayant plus en poche grand-chose en termes de crédit à faire aux politiques, et à l’État. On sentait à la « messe » de La Bastille, qui voulait singer l’autre, la vraie, comme un parfum de ces anniversaires qu’on salue avec des cotillons auxquels on ne croit plus. Mais, baste ! La Gauche était là ; n’avait qu’à… N’avait qu’à quoi ? Redistribuer, tout de suite, pardi, à l’ancienne !!! et, plus vite que ça, disait-on à Hollande, dont le pied était encore sur la dernière marche du perron de l’Élysée… Peut-être que, dans les fanfares de la Campagne, l’oreille n’avait pas capté, quand le candidat du « changement » avait pourtant dit, fermement, que les réformes de structures passeraient avant l’aménagement des dons et avantages. Comme en grammaire, ou en Histoire, il y avait dans l’affaire des temps à respecter…

Le coup monté, Carole Barjon et Bruno Jeudy

Ecrit par Fabrice Del Dingo le 11 mai 2013. dans La une, France, Politique, Littérature

Éditions Plon, 212 pages, avril 2013, 14 €

Le coup monté, Carole Barjon et Bruno Jeudy

Copé, le maire de Meaux qui est dépourvu de la moindre éthique et qui ignore le sens des mots scrupules ou honnêteté a mis la main sur l’UMP avec l’appui de quelques comparses aussi intègres que lui. Carole Barjon et Bruno Jeudy, co-auteurs du Coup monté, en dressent un tableau accablant.

Copé sait qu’il est minoritaire dans son propre camp et qu’il ne peut être élu qu’en bourrant les urnes et en ne comptabilisant pas toutes les voix de son rival haï.

Il va donc organiser un système de fraude généralisée : procurations massives pour des pro-Copé, annulation des scrutins de certains bureaux ayant voté majoritairement pour Fillon, voire carrément non-comptabilisation des votes comme dans trois départements d’outre-mer.

Tout est verrouillé : passée de l’ombre à la lumière, la Cocoé est essentiellement composée de partisans de Copé – les mauvaises langues l’appellent la cocopé – et l’usurpateur annonce sa victoire alors que la moitié des résultats n’ont pas encore été communiqués à la commission !

Comment les Dalton ont flingué Lucky Fillon avec l’aide en sous-main de ma Dalton Sarkozy. Tout cela fait un peu froid dans le dos : les amis et les partisans de Copé sont des individus peu fréquentables qui méprisent la démocratie. Ils sont à l’image de Jérôme Lavrilleux qui aime bien faire le sale boulot et se salir les mains en les plongeant dans le cambouis : on n’est pas impunément fils de garagiste, voire d’Eric Césari qui a appris les bases de l’honnêteté avec Charles Pasqua ; ou encore de Michèle Tabarot qui a la silhouette de Marine Le Pen, la chevelure de Marine Le Pen, la distinction de Marine Le Pen et les idées de Copé.

Fin de l’Occident, naissance du monde, Hervé Kempf

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 04 mai 2013. dans Monde, La une, Politique, Société

Le Seuil, janvier 2013, 155 pages, 15 €

Fin de l’Occident, naissance du monde, Hervé Kempf

La terre du trou

Il est des livres qu’on ne regrette pas d’avoir lus tout en déplorant qu’ils aient dû être écrits. C’est hélas le cas de plus en plus fréquent d’essais portant sur cette société capitaliste dont les Français, en cela plus lucides ou plus alarmistes que tout autre peuple au monde, voient, avec un incurable sentiment de déréliction, les excès annoncer un déclin catastrophique.

Hervé Kempf est un journaliste engagé dont les ouvrages sont traduits dans de nombreuses langues et plusieurs fois primés. Il couvre au journal Le Monde le domaine environnemental. Autant dire qu’il n’a pas que des amis. D’autant que ses réflexions sur l’écologie l’ont précédemment amené à dénoncer les oligarchies qui dirigent le monde désormais improprement qualifié de démocratique. Dans ce nouveau livre dont on ne peut recommander la lecture sans prévenir qu’elle vous réserve peu de raisons de vous réjouir, l’auteur explique de façon difficilement contestable que l’espoir d’une mondialisation du niveau de vie occidental est tout simplement une utopie. Après que l’humanité s’est heurtée pendant des millénaires au mur des ressources énergétiques, elle a soudain fait un bond prodigieux grâce à quelques progrès techniques favorisés par la découverte du charbon en Angleterre et du coton en Amérique. Je résume, bien sûr.

La mauvaise leçon du professeur Guéant…

Ecrit par Martine L. Petauton le 04 mai 2013. dans La une, France, Actualité, Politique

La mauvaise leçon du professeur Guéant…

C’est qu’il m’inspire, ce petit homme au menton levé, au sourire chiche, à l’œil prompt à la critique – façon paternel en bout de table dans une famille bourgeoise, à midi carillonnant d’un dimanche provincial… Monsieur Guéant, dit aussi « le cardinal », tant il fut l’ombre de son maître Nicolas… l’ancien ministre de l’intérieur, l’ancien chef craint de la police, l’ancien monsieur « je sais tout »,  « je vais vous donner la ligne, et prière que pas une tête… ». Il nous avait déjà captés, à Reflets du Temps - souvenez-vous, nostalgique du  temps  « béni des colonies », quand il expliquait – sans rire, que la Civilisation blanche et occidentale, quand même…

Le problème, quand on veut parler en « professeur », à l’ancienne, du bout de sa règle, c’est qu’il faut éviter que la leçon soit au bout donnée par l’élève… Or, là, en ce moment !! « pôvre » de lui !

Faut-il résumer la chose, ou, les médias vous ont-ils distillé l’info, mieux qu’en pays de bon cognac, prenant leur temps, goutte à goutte, humant « ce cru 2013 » de la fabrique de détestation de la gent politique ?

Le bonhomme, visité par l’enquête-financement libyen de la campagne de Sarko, dut ouvrir ses livres de compte (ignorés, l’a-t-on mesuré, par la hargne habituelle des services fiscaux)… On entre, il semblerait, tout droit dans un conte : j’hésite, l’ogre ? le panier du Chaperon ? Las ! pile, au milieu de la feuille, romantique, sur laquelle défilent les souuus… à la Devos ; 500.000 euros ; pas grand-chose, c’est vrai, au vu des danses de finances dans les paradis des uns et des autres, mais… Quoi, qu’est-ce ? Ne sait plus, le professeur Guéant ! Peut-être, deux tableaux – maîtres hollandais, quand même, qu’il aurait vendus à… A-t-il paru piteux ? un zeste de moment, le ministre – regard haut – quand il a « reconnu », eh bien, que les factures, savait plus où elles étaient… Délit de non-déclaration fiscale, pour le moins ! « menteur ou tricheur », susurre ici ou là, sa collègue Bachelot, qui n’a pas sa langue dans sa poche… Tiens, Guéant, comme « l’autre », il y a peu, dont il a – en plus – « constipé », la morgue à toute épreuve.

Ces provocations qui viennent grignoter l’état

Ecrit par Luc Sénécal le 04 mai 2013. dans La une, France, Politique, Société

Ces provocations qui viennent grignoter l’état

Il est dans la population actuelle des minorités agissantes, utilisant la provocation avec une certaine délectation. Car dans la population française se retrouvent des gens qui ont souffert certainement d’un certain dédain pour ne pas dire dégoût, qui au travers des humiliations et autres vexations, ont vu se jouer des drames intimes et très personnels. Ce, face à une société qui a manqué quelque peu, si on peut dire, d’ouverture d’esprit sinon de cœur certes mais surtout d’intelligence. Il y en a d’autres qui ont souffert dans leurs convictions, leurs idées, leurs coutumes, ne serait-ce qu’en raison de la prépondérance d’autres convictions, d’idées et de coutumes. Des éléments cependant fondateurs, ne l’oublions pas. Et c’est là l’un des aspects de notre problématique.

Pourtant la France s’enorgueillit de principes comme « la liberté, l’égalité et la fraternité ». Soyons francs, voilà un enthousiasme issu de bouleversements fondamentaux, qui se retrouve face au quotidien, bien difficile à proroger. Parce que place à l’enthousiasme vite révolu, il faut vivre en communautés. Cependant, ce que l’on appelle la « démocratie » doit venir en aide à ces minorités en leur apportant des droits et des reconnaissances, qu’elles appellent de toutes leurs forces. Oui, mais comment ? D’où un autre aspect qui n’en n’est pas le moindre.

Reconnaissons tout d’abord qu’il y a un phénomène constant dans l’évolution des tendances quelles qu’elles soient. A savoir le balancement du pendule. Trop d’un côté, s’il doit repartir de l’autre, il est incapable de se stabiliser de manière équilibrée et il s’en va tout aussitôt beaucoup trop loin de l’autre.

C’est ainsi que, se sachant enfin quelque peu reconnues, ne serait-ce qu’en termes de droits mais mieux encore, admises pour ce qu’elles sont et ce qu’elles promotionnent, ces minorités agissantes en viennent par des petites ou par de plus grandes provocations à scléroser une partie de la population dans un refus de principe. Ne serait-ce que par agacement puis par colère quand l’évidence du ras-le-bol n’est pas prise en compte. Et ainsi se crée un fossé que nul parmi nos élus, sauf erreur, n’est capable de prendre en compte.

La rue peut-elle défaire la loi ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 27 avril 2013. dans La une, France, Actualité, Politique

La rue peut-elle défaire la loi ?

Le débat autour du mariage pour tous est en train de devenir institutionnel. Les organisateurs des « manifs pour tous » affirment continuer le combat même après le vote définitif de la loi. Et d’invoquer les précédents historiques de projets de loi (1984, fusion des enseignements public et privé en un service public unifié ; 1986, loi Devaquet sur l’orientation universitaire), voire de lois déjà promulguées (1994, le contrat d’insertion professionnelle de Balladur ; 2006, le contrat première embauche de Villepin) retirés ou abrogés. En 2003, sur un tout autre sujet, une énième réforme des retraites, le quotidien Lutte Ouvrière publiait un article au titre révélateur : « le droit de la rue de faire la loi ». Argumentation très simple : la démocratie représentative n’est pas véritablement démocratique « elle (la rue) doit et peut faire la loi, sans avoir à subir la loi d’une minorité de politiciens, élus il y un an et pour quatre ans encore ».

Ainsi donc une loi proposée par un gouvernement légitime à un parlement légitime ne serait malgré tout pas légitime parce que la rue la rejette. La notion même de représentation deviendrait donc attentatoire à la souveraineté populaire, la rue étant elle-même la figure métonymique du peuple : pars pro toto. Sophisme évidemment fallacieux, si ce n’est factieux. Les étudiants – minoritaires – qui bloquaient par la force les universités, en 1994 et 2006 – sous prétexte que des « AG », auxquelles participaient seulement les plus motivés, en avaient décidé ainsi – parlaient indûment au nom d’une majorité qu’ils empêchaient de travailler. Les antis mariage pour tous expriment, à coup sûr, un sentiment partagé par beaucoup ; mais ils ne possèdent en eux-mêmes aucune légitimité. La partie ne peut décider pour le tout qu’en vertu d’un mandat. La rue est – par principe – illégitime.

TAUBIRA-LA REPUBLIQUE

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 avril 2013. dans La une, France, Actualité, Politique

TAUBIRA-LA REPUBLIQUE

Petite ; 3 pommes à la fois acides et sucrées grimpées l’une sur l’autre ; définitivement ferme et solide, ne vacillant, ni ne pliant sous aucun orage, comme on rêve que soit la République. Capable d’incroyables colères, mâtinées du plus savant – et maîtrisé – outil de séduction qui soit… voilà Taubira, la République incarnée. Celle qui porte nos exigences de citoyens. Celle dont on est fiers ! Qu’on aime, il faut bien le dire…

Heureux de l’avoir dans notre bateau, dès Mai 2012 ; ça oui ! La députée de Guyane, remuante sur tous les fronts, portant haut sa tête de femme libre, assumant son passé – années 70 – d’indépendantiste, ralliée au faisable (elle sait mieux que personne regarder le réel sans quitter le sac à dos de l’idéal). Du boulot, elle en a fait là-bas, à Cayenne, où à chaque élection, on lui renouvelle son bail, à Christiane-la rouspéteuse, celle qui, jamais, n’a eu froid aux yeux… On aime à l’imaginer ainsi, gamine, dans sa classe, brillante, évidemment, dans la cour, batailleuse et rieuse à la fois, même avec les garçons, surtout les grands, regardés depuis sa petite taille, avec un petit quelque chose de l’œil de Danny face à son CRS…

La république est déjà passée par ses compétences et ses convictions – les deux C de Taubira – lors de « sa » loi, en 2001 : « seront considérés comme crimes contre l’humanité, la Traite Négrière et son train d’Esclavages », et – souvenons-nous alors – des batailles drues à l’Assemblée, et déjà, de la haute teneur intellectuelle de son sac argumentaire, de son sérieux émaillé d’une gouaille de belle tenue. Déjà, « du Taubira », se levant, empoignant le micro – cette force qui en impose –, femme debout s’il en est, face à l’Hémicycle, les yeux dans les yeux, en remontrant à l’Opposition : « messieurs les députés… » tellement mieux que l’autre… comme une revanche.

Marianne, pleure ? Ou La « res-publica » en danger

Ecrit par Bénédicte Fichten le 27 avril 2013. dans La une, France, Ecrits, Politique

Marianne, pleure ? Ou La « res-publica » en danger

Avant de commencer cet article pour rendre hommage au dernier pamphlet de mon ami Charles, qui m’a offert ce volume prêt à sortir dans les bacs, le copiant ainsi lui-même, voici mon préambule. Je lis : « Celles et ceux qui trouveront trois fautes dans cet ouvrage se verront offrir un verre de vin de noix ou une coupe de champagne (…) lors d’un prochain salon du livre ». Comme j’en ai trouvé plus d’une, d’avance je me réjouis donc de partager, avec sa douce et le pseudo-nommé Duchêne, un véritable « Canard » aux « Escales hivernales » de Lille 2013.

En attendant, à regarder la très belle couv, il semble que les « drôles de dames » ne soient pas au rendez-vous de ce nouveau « Charlie chapeau ». Et, sans vouloir parler morse (référence à l’inélégante comparaison animalière qui transforme Laurence Parisot en « otarie contente de ses facéties » (p.173)), aucun « (tango) bravo » non plus – loin s’en faut – n’est décerné à notre actuel Président « François III ».

Il est vrai que le genre pamphlétaire ne survit que dans la critique (encore que je rapprocherais davantage ces textes de la satire) et que ce début de quinquennat avait quelques chances de passer au crible de la lorgnette. Si le titre m’évoque Vanessa Paradis et son « soldat » (Aux, aux armes, je t’aime bien ; aux, aux larmes citoyen), d’après mon bon ami Charles, notre Marianne nationale et la « Respublica » en ce début de printemps ne pleureraient pas de joie : « Le peuple de gauche est déçu et il verse des larmes de colère », nous écrit-il dès la page 10. Je ne sais pas : je suis de gauche et observe. « Il faut laisser du temps au temps » (p.37). Certes, « l’étendard de la lutte des classes, celui de la France qui n’aime pas la réussite et l’argent » est levé, mais « les gouvernements successifs, en particulier le dernier, sont(-ils vraiment) autistes à la colère du peuple » (p.11) ? « L’Europe » serait « la caution des chefs de gouvernement sans audace » : « A quoi sert l’Europe, et à quoi sert l’Euro ? » (p.15), s’interroge-t-il.

[12 3 4 5  >>