Actualité

France-Allemagne, 50 ans de mariage

Ecrit par Martine L. Petauton le 26 janvier 2013. dans Monde, La une, France, Actualité

Revue de l’IFRI, hiver 12/13, 20 €

France-Allemagne, 50 ans de mariage

Noces d’or pour le couple franco-allemand, et, comme il se doit, commémorations festives à Berlin, ces jours-ci. Perchés, décontractés sur de hauts tabourets – en larrons supposés – face à de jeunes étudiants bi-langue, tendance ARTE, président et chancelière échangeaient de doux propos n’engageant pas à grand-chose, comme dans les vieux couples de chez Brel.

On est évidemment, actuellement, bombardé de rappels sur ce Traité de l’Élysée, du 22 Janvier 1963, qui n’avait, pour beaucoup d’entre nous, pas le statut d’un 14 Juillet. C’est bien là que réside l’utilité d’une revue, comme celle de l’IFRI : donner le sens, marquer les chemins d’une réflexion plus en avant, dans le bousculement des images et le convenu des propos, sur un tel événement.

4 solides articles se partagent la tâche. Chaque fois – belle habitude dans la revue –, une problématique de premier plan, déclinée, architecturée de façon à accompagner le lecteur.

Reflets de la semaine (142)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 26 janvier 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (142)

La roue tourne pour Lance Armstrong… L’autre jour, il est passé aux aveux sur une chaîne américaine. Lui qui, si souvent, « en croquait » ou « salait la soupe », s’est, pendant de longues années, montré peu disert sur ses pratiques frauduleuses. Dans Mythologies, Roland Barthes écrivait : « Doper le coureur est aussi criminel, aussi sacrilège que de vouloir imiter Dieu ». J’ignore si le « Boss » avait l’intention de « voler à Dieu le privilège de l’étincelle » – Barthes, toujours –, mais à force de vouloir survoler les épreuves, il a perdu les pédales et fini par chuter lourdement. Déchu de ses sept « victoires » dans le Tour de France et radié à vie du cyclisme professionnel, il a également pris ses distances avec sa fondation, Livestrong » ! Au sein du peloton, il a longtemps imposé la loi du silence, grâce à une organisation bien huilée, fonctionnant « en roue libre »… Finalement, derrière ses confessions, se cache peut-être un message subliminal, qui dit la mise en danger d’un sport populaire, au sens noble, et l’agonie d’un « champion », âpre au gain et rattrapé par un sursaut de « bonne conscience », qui, une nouvelle fois, pourrait le rendre suspect par certains côtés !

 

Reflets de la semaine (141)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 18 janvier 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (141)

L’autre jour, le Moyen-Orient s’est réveillé sous une épaisse couche de neige… Syrie, Liban, Cisjordanie, Israël… Sur une vidéo, on a vu le président Shimon Peres fouler le sol ouaté et s’exclamer, lyrique : « Jérusalem a bien des couleurs / Le matin, au lever du soleil, elle est dorée / Le soir, au coucher, elle a des reflets bleus / Mais quand elle est blanche, ce qui est rare, elle si belle, si unifiée / Quoi qu’il lui arrive, Jérusalem est une bénédiction / Cette fois, c’est une bénédiction blanche… » Quel plus beau message de paix que cette « bénédiction blanche » ! Toutefois, l’histoire ne dit pas s’il fut possible d’apercevoir la blanche colombe au milieu de ce manteau neigeux… Peut-être qu’après la fonte, est apparu le rameau d’olivier qu’elle tenait dans son bec !

 

En Italie, actuellement, trois volcans sont en éruption : l’Etna, le Stromboli… et le « Berlusconi » ! En effet, le « Cavaliere », qui « pète le feu », ne cesse de progresser dans les intentions de vote aux prochaines élections législatives. Quelle hargne ! Quelle santé ! Malgré ses problèmes personnels et ses nombreux démêlés avec la justice, il ose, encore et toujours, et continue de faire son numéro, notamment à la télévision… Forza Italia !

L'âme slave

Ecrit par Sabine Aussenac le 11 janvier 2013. dans La une, France, Actualité, Cinéma

L'âme slave

« J’ai aimé mon pays chaque jour un peu plus… On y parlait de grandes réformes, d’une solidarité qui donnerait une chance de bonheur égale à tous… Ces mots qui font rêver sont sur vos lèvres, mais dans vos cœurs ils n’ont pas d’écho… »

C’est Lénine, qui promène sa vielle maman dans une troïka.

Ils passent devant une magnifique datcha, puis devant plusieurs isbas autour desquelles s’activent des dizaines de moujiks.

La vielle « baba » est émerveillée. Et pendant ce temps Vladimir Ilitch explique à sa maman que tout cela, à présent, leur appartient.

Et la vieille dame de s’écrier :

– Mais mon chéri, et… et si les Rouges revenaient ?

Reflets de la semaine (140)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 11 janvier 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (140)

Vladimir Poutine, 4ème président de la Fédération de Russie, vient d’accorder la citoyenneté russe au camarade Gérard Depardieu. Promesse tenue, donc. Dans un téléfilm franco-russe, réalisé par Josée Dayan, et diffusé pour la première fois le 25 décembre 2011, « Gégé » interprétait le rôle de Raspoutine, ce moine errant qui jouissait d’une grande influence à la cour de Nicolas II. Celui qui se faisait appeler staretz, terme désignant le « père supérieur » d’un monastère orthodoxe, était plus un aventurier qu’un « saint homme » ! Ceci pouvant expliquer cela, l’anagramme de staretz, à un « t » près, est « ersatz », qui désigne un produit de substitution, un succédané… Au final, j’ignore si ce remake des Compères aura le même succès que le film de Francis Veber, sorti sur les écrans en 1983, mais il est amusant de rappeler que, l’année suivante, Gérard Depardieu réalisait et interprétait Le Tartuffe, ce faux dévot, cet imposteur, immortalisé par Molière !

 

Le transhumain (2)

Ecrit par Patrick Chavardès le 11 janvier 2013. dans La une, Ecrits, Actualité

Le transhumain (2)

Tout va mal aujourd’hui : il y a des siècles que je n’ai pas vu un panneau. Ni ruisseau, ni troupeau, ni hameau ! Quel désert ! Serait-on Mardi gras que cela ne m’étonnerait guère. Je donnerais cher pour une couenne de lard maigre mais cela ne pousse pas sur les arbres.

Décidément, rien de pire que les souvenirs. Cela vous attaque toujours par derrière et par surprise. Surtout quand on est seul. Tout à coup, on entend une voix. On prête l’oreille. On ne voit rien. On était pourtant bien calme. On marchait somnolent vers les feux du couchant. On ne pensait même pas à l’avenir. On avait trouvé son rythme, on allait d’un pas léger dans l’air embaumé du soir. Brusquement, telle la foudre, ça vous arrive sans prévenir. On entend cette voix. Pourtant personne ! Vous clignez des yeux. C’est bien lui ! C’est notre homme ! Il vous apparaît tel qu’en lui-même, à travers des ronds de fumée, le nez au milieu de la figure. On ne peut changer de trottoir. Il n’y a pas de trottoir. Il est là, devant vous, derrière vous avec tout son attirail pour rouler des cigarettes, son célibat et sa machine à coudre. Pourtant, au poulailler on avait bien raté son coup. Un jour de carême, en plus ! On ne les compte plus. On fait bon cœur contre mauvaise fortune.

Billet fou : Mort et résurrection de l'artiste

Ecrit par Luce Caggini le 11 janvier 2013. dans La une, Ecrits, Actualité

Billet fou : Mort et résurrection de l'artiste

Nous sommes tous monarisés dans une soupe de mensonges plus ou moins savants, mais mon goût pour l’argent est tellement dominé par mon goût pour la célébrité que je donnerais vie et art d’être morte en vie pour jouer sur les deux tableaux, sonnant du clairon et battant du tambour pour ne pas perdre un seul mot de ma montée au ciel avec la garantie de ma conduite d’animal de concert de trompette de la Renommée.

Avec mon ami Frédéric Nietzsche, on a décidé de ne jamais réaliser le rare et généreux mariage des trois oranges tellement séduisant et tellement menteur que ni artiste ni joueur de flûte ne pourrait bénir le jeu de ses marginales conjugaisons.

Donc mon amitié pour les monarques du ciel est de connaître et reconnaître « le gai savoir » en goûtant la même douceur que le ciel singapourien.

Marier money et artiste, c’est monétiser le goût de l’art de la magie des faux soleils sans prendre le soin de les analyser et de les marginaliser au seuil de la cité des nomades du grand désert de la Mongolie.

Les deux flamants

Ecrit par Martine L. Petauton le 05 janvier 2013. dans La une, Ecrits, Actualité, Notre monde, Voyages

Les deux flamants

C’est autour de Noël, qu’ils viennent en petits groupes murmurants – pas dérangeants, c’est vrai, auprès de mon étang – celui qui clapote au pied de la cathédrale de Maguelone ; celle qui, aux belles heures de l’été cigalant, résonne de la viole de Gambe de Jordi.

Ils ont leurs zooms, ou leurs yeux, c’est selon, et me regardent presque amoureusement. Quant à moi, pas un regard pour eux ; je minaude, je renverse la tête, je fais froufrouter mes plumes blanches, celles du dessous, mon bec à peigne cancane a capella, mezzo voce : mon œil rond tout jaune convoite une petite femelle juste pour moi, à deux battements d’ailes. Je suis un flamant rose des lagunes languedociennes, beau comme un tracé de Magritte, profilé dans le flouté de ce soleil d’hiver. J’ai de la classe ; je le sais, et j’entame ma première parade nuptiale.

Le transhumain (1)

Ecrit par Patrick Chavardès le 05 janvier 2013. dans La une, Ecrits, Actualité

Le transhumain (1)

Je n’existe pas. Il y a longtemps que je le sais. On me l’a assez dit ! Je ne suis rien, d’accord. N’empêche que je suis. Mon nom ne vous dit rien ? Tant mieux ! Vous ne sauriez le retenir. Un nom de noblesse éternelle, universelle et pourtant le plus commun de tous les noms de la terre et du ciel. Un nom trop commun pour être vrai. Un nom tellement banal que je l’oublie moi-même le plus souvent. D’ailleurs, je voyage sans papiers.

Je voyage sans carte ni boussole. Je ne reste jamais très longtemps quelque part. Je dessine des cercles sur la terre. Je tourne en rond. Du moins, c’est ce que je crois, mais j’ai déjà fait des carrés. Ou plutôt des rectangles. Enfin, des figures approximatives… En chemin, je me sens libre. Mon bagage n’est pas lourd, je vole de temps en temps un œuf dans un poulailler et aussitôt je ralentis le pas pour leur laisser le temps de me rattraper. Cela permet quelquefois d’engager une conversation. Si cela tourne au vinaigre, je me sauve, mais je leur laisse le temps d’entendre quelques bons mots de cercle-carré ou de quelque chose de ce genre qu’ils n’ont pas appris à l’école. Et puis, un œuf n’est pas un bœuf et que ferais-je d’un bœuf à moi tout seul ? Donc je vais mon chemin bien tranquillement, sans m’attarder. Je ne cueille pas les fleurs, je n’attrape pas les papillons, ni aucune autre espèce du genre animal.

Dans les bras d'un homme

Ecrit par Laurence Pythoud Grimaldi le 05 janvier 2013. dans La une, Ecrits, Actualité

Dans les bras d'un homme

Ce sapin de Noël était le premier de sa nouvelle vie. Jusque-là, l’arbre sacré des forêts s’était adapté à toutes les époques de son existence, depuis l’enfance jusqu’à la solitude ; en passant par le couple et la famille, changeant de format et d’apprêt selon les circonstances. Mais cette année voyait chez elle l’avènement à l’envers d’un petit sapin aux couleurs d’enfance et d’abandon, rose et blanc. Il lui plaisait, comme il était rassurant ; accueillant son retour en image vivante de ce qui n’était plus, mais de ce qui avait été durant tant de belles années et au plus haut : la douceur, la joie, le partage, le don. Cette mélancolie.

Cependant, ce soir-là, sans que rien ne le laissât présager, à peine rentrée chez elle, dans cette grande maison délaissée, elle sentit une montée de larmes irrépressible et s’effondra en pleurs au simple souvenir d’une boule de Noël, très ancienne. Elle était d’un vert extraordinaire, chargée en pigments émeraude comme une eau dense, mais vibrante incandescence, intense joyau factice ; au-dessus, comme s’il avait neigé, une tombée floconneuse d’un rose pourpre la coiffait d’une coulée de gemmes virant au glacé.

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