Actualité

Reflets de la semaine (131)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 27 octobre 2012. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (131)

L’Amérique s’apprête à élire son futur président. Dans la plupart des sondages, les deux candidats sont au coude à coude, avec un léger avantage, cependant, pour l’actuel locataire de la Maison Blanche. Apparemment, rien n’est joué, et tout est encore possible, à l’instar du « rêve américain » ! « I have a dream », s’écriait Martin Luther King, ce 28 août 1963, sur les marches du Lincoln Memorial, à Washington, dans un discours qui dénonçait haut et fort la ségrégation raciale et célébrait la paix ! 44 ans après sa mort, un certain Barack Obama devenait le 44ème « President of the United States of America »… 44 ? C’est le nombre de fois où le mot « tribulations » est employé dans la Bible. Faut-il y voir un signe ?

 

D’Amérique, nous parviennent des nouvelles peu réjouissantes concernant le cyclisme. Lance Armstrong, en effet, vient de chuter lourdement… A son tour, sa « petite entreprise » va connaître la crise ! Des années durant, il avait fait de la « triche » son fonds de commerce, n’hésitant pas à employer les grands moyens… A « champion » déchu, public déçu ! Sportivement, il n’est plus que l’ombre de lui-même, et les sept Tours qu’il a « remportés » ont rejoint le magasin de – mauvais – souvenirs. La plupart des sponsors l’ont laissé tomber, pas la justice, qui prévoit suites et poursuites. Ici, le « rêve américain » s’est peu à peu transformé en cauchemar ! Petit clin d’œil, en passant : le tracé de la 100ème édition du Tour de France vient tout juste d’être divulgué. Il partira de l’Ile de Beauté, ce qui provoquera sans doute une explosion de joie parmi les auto…chtones !

La gastro de l'automne : Angot et sa semaine de vacances

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 octobre 2012. dans La une, Actualité, Culture, Littérature

Une semaine de vacances, Christine Angot, Flammarion, 100 pages, 14 €. Avec l'autorisation de « la cause littéraire »

La gastro de l'automne : Angot et sa semaine de vacances

Je viens de lire Une semaine de vacances de la Dame Angot ; cela ne m’a pas pris une semaine, une toute petite pincée d’heures courtes, mais je dois reconnaître qu’une fois démarré ce train, on n’en descend pas ! Quand – enfin – on met le pied à terre, c’est comme à la sortie de ces grands 8 des fêtes foraines : on a mal au cœur ; ça oui ! Sensation des plus agréables, genre gastro de rentrée ! Et, en ce qui me concerne, si j’en sors en plus, secouée, c’est, dans un mélange de déception amère et d’impression de se « faire avoir ». 14 euros pour une prétendue « œuvre de littérature » dont le bénéfice, et littéraire, et psychologique, m’échappe à grands coups d’ailes peu ragoûtantes.

Ça, le must littéraire de la rentrée ? Le presque déjà Goncourt ? Le « meilleur Angot » ? j’en passe, et je passe… Tout le monde en parle : « as-tu lu le Angot ? Non, mais je sais ce que ça raconte ». On peut arrêter là ! Tout est dit. Tête de gondole en vue, rafle massive au rayon rentrée littéraire ; scandale déployé avec la jouissance qu’il faut dans les magazines, surtout ceux où, d’habitude, on ne trouve pas de rubrique littérature. Bravo, l’opération commerciale, tant mieux pour l’éditeur et le compte bancaire de la dame.

Extinction des feux

Ecrit par Johann Lefebvre le 27 octobre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité

Extinction des feux

Ils se cadenassent. Pour se fracasser. Derrière des volets, des portes, des clôtures, des roulements de confiture, des rengaines télévisuelles, des fenêtres détruites, de l’amour en gage, du désir souvenu, de la haine apprise. Sous les travers de porc, le feu de la chaumière. Elles sont belles parfois, les chaumières, elles s’exultent souvent, les chaumières. Elles parlent des langues multiples. Multiples. Leurs parfums sont tout aussi nombreux, leurs couleurs aussi. Le vent d’ailleurs qu’elles ramènent, d’ailleurs quand même, elles l’ont autour d’elles, comme une enveloppe invisible, qui sourit d’être le vigilant sur cette peau de rêve. Cette peau de rêve, cette exquise langueur à dévaler de la main, à l’avaler avec l’œil, à s’étourdir au pied de ses tours, à faire des tours autour de tout son corps, au tour du monde, sans le monde autour.

Ils se cadenassent pour mieux se fracasser, avec des écrans qui les cassent, quels que soient les langues, le soleil et la pluie. Je me souviens déjà qu’un jour au crépuscule, dans cette ville presque fantôme aux arômes perdus au coin des rues, tournant au rond-point, j’ignorais où j’étais. On ne sait pas grand-chose puisqu’ils se cadenassent, mais l’on devine en toute comparaison avec la voisine Léontine et quelques autres, des épines douloureuses, des épines pour l’apparence et l’existence ; mais quoi encore ?

Inventaire (6)

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 27 octobre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité

Inventaire (6)

Mais Véronique n’était pas d’un tempérament à ruminer longtemps ces sombres pensées. Elle cherchait à voir de préférence le bon côté des choses. Son ami avait un petit boulot pas trop fatigant, honorablement rétribué et qui lui permettait de découvrir un monde sur lequel il n’avait jusqu’alors que des préjugés. Si dépenser une partie de son salaire dans l’épicerie fine de la ville ou chez le caviste lui permettait de panser les blessures de son amour-propre, il n’y avait qu’à s’en réjouir. En ce qui la concernait, elle aurait été malvenue de se plaindre que d’excellents repas en amicale compagnie, ou d’autres d’un niveau gastronomique encore perfectible mais en amoureux, lui fussent régulièrement servis après ses rudes journées de médecin. Eût-elle été parfaitement honnête avec elle-même, quelque plaisir qu’elle éprouvât à être seule avec ce compagnon dont elle ne se lassait jamais de constater combien il correspondait physiquement à son idéal masculin, elle aurait dû admettre qu’en matière de conversation, les dîners chez Daphné rompaient opportunément la monotonie des soirées en tête-à-tête avec son amant attentionné mais taciturne.

Ma 100ème !!

Ecrit par Martine L. Petauton le 20 octobre 2012. dans La une, Média/Web, Actualité

Ma 100ème !!

Yep, yep ! comme on lit dans FB, voilà le temps venu de ma 100ème chronique dans « Reflets du temps ». Une sorte de petit record, ma foi, pour moi, qui, du plus profond de mon enfance, n’ai jamais engrangé le moindre et minuscule trophée côté sport !

Vous rendez-vous compte ! 100 fois « Truc bidule » par Martine L Petauton, avec l’image, la mise en ligne – top, made in RDT, le « lus » et son déroulé chiffré à la fin, et tout le tintouin de la cuisine – c’en est une ! de la  chroniqueuse, bosseuse et obstinée, fidèle au poste - pas chaque semaine (je ne m’appelle, ni Luce C, ni Claude G), mais souvent quand même.

Elles se mélangent, chahutent – joyeux charivari de foire, les chroniques-MLP ; elles habitent un peu tout l’immeuble ! Politique, mais aussi, société, sans compter les recettes, les souvenirs de l’enfance bourbonnaise, et le sport côté foot. Mes expo préférées sont au Musée Fabre de Montpellier ; ça ne vous aura pas échappé. Quels recoins n’ont-elles pas fréquentés ? Le moi-moi, pas trop ; mes chagrins, pas vraiment ; le vin, non, je laisse à celui qui… mais, par contre, que ne vous ai-je pas dit de la prof que j’étais, de mes collégiens, du souci de l’avenir de l’école ! Vous savez tous que je suis d’un pays de châtaignes et de cèpes, de Président aussi, du reste ; que mon cœur penche nettement à gauche, il me semble que ça, je vous l’ai dit quelquefois…

"- Alors ça fait quoi d'être publiée ?"

Ecrit par Christelle Angano le 20 octobre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité, Culture

Oui, c’est une bonne question. Au fait, ça fait quoi ?

Plein de sensations qui se bousculent, joie, fierté, trouille aussi, apaisement, certainement.

C’est « impressionnant ». On a réussi à franchir une étape. Comme un rêve qui se concrétise.

De la fierté, un peu quand même aussi. Quelque part, un éditeur a décidé de vous faire confiance et de vous accompagner. Ce n’est pas rien. Parce que, il faut bien le dire, avant qu’il y en ait un qui dise oui, il y en a quelques uns qui ont dit non. Et pas toujours en des termes très respectueux. Mais ça, c’est une autre affaire.

Pour celui-là, qui vous a quand même un peu blessée, c’est un peu comme une revanche. Même si, d’accord, l’esprit revanchard…

Bon, mais quand même !

La tête qui tourne un peu, tant qu’elle ne grossit pas… Il faut bien savourer son plaisir.

La hâte de voir son livre en librairie. L’envie même, un peu saugrenue, de le commander soi-même, à la FNAC ou ailleurs « juste pour voir ». Ben quoi, on peut bien se faire plaisir non !

Amphores

Ecrit par Luce Caggini le 20 octobre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité, Culture, Histoire

Amphores

Terre des hommes au sein des eaux.

La foi t’arrive un jour sur le coin de la figure.

C’est un temps.

L’exil et le reste enfantent un art bricolé de mots en couleurs, de géométries non identifiées.

L’insaisissable saisi par une artiste de la vie qui joue la vie, en somme.

Créé effacé, ce monde à l’envers, image magie, gone with the wind.

Murs détruits, gommage des histoires des familles déchirées. Comme si chacun obéissait à un autre soi-même laissant à nos cœurs effondrés la trace de nos routes suivies ensemble.

Mes parents, laissez-moi vous rencontrer ne serait-ce qu’en rêve pour que le bonheur m’effleure, une fois encore dans un éblouissement de mers et de soleils. De mes parents je ne parlerai jamais assez et jamais assez bien.

Les images inestimables figées de mon père, au milieu de la route entre La Senia et Oran, ses grands bras levés : c’est l’ultime vision que je garde de lui.

Inventaire (5)

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 20 octobre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité

Inventaire (5)

Les règles de ce jeu le dépassaient. Ce qu’il trouvait beau pouvait ne rien valoir sinon pour Daphné ou au contraire être estimé à ce qui lui semblait une fortune. Ce qui lui paraissait laid ou insignifiant pouvait être évalué au prix d’une voiture ou au moins d’un scooter comme celui qu’il rêvait de s’acheter dès qu’il aurait retrouvé du travail. Et puis il y avait aussi les belles pièces sous-estimées et les horreurs bénéficiant d’un effet momentané de mode. Son apprentissage n’était pas facilité par la présence incongrue dans ce musée de ces souvenirs exotiques des tantes voyageuses, que Daphné gardait avec la même dévotion que les plus précieuses œuvres d’art mais dont elle lui enseignait qu’ils étaient généralement considérés comme hideux et qu’aucun amateur d’art qui se respecte ne les tolérerait dans ses collections. Cette charité envers des objets sans valeur, des parias voués au mépris des connaisseurs et aux moqueries des esthètes lui rendait Daphné plus sympathique. Celle-ci n’avait pas tout à fait tort quand elle avait dit à Véronique que son ami ne l’aimait pas beaucoup. Il ne s’agissait pas uniquement de timidité mais d’une prévention qu’il avait d’abord nourrie envers une aristocrate qui affichait sans scrupules d’ostensibles signes de richesse. Laurent, peu enclin à renier son origine modeste, ne cachait pas son hostilité envers l’ennemi de classe, le capitaliste oisif dont Daphné était une incarnation particulièrement visible. Mais la façon dont elle défendait ces déshérités de l’art, ces objets d’artisanat, ces médiocres copies faites à l’intention du peuple, lui conférait une humanité qu’il n’avait pas soupçonnée de prime abord mais qu’il vérifiait par d’autres traits généreux que l’on ne peut observer qu’au contact fréquent des êtres pudiques.

Lola ma muse (3)

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 20 octobre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité

Lola ma muse (3)

Mon retour au célibat m’avait permis de renouer avec mon enfance, quand je m’enfermais dans ma chambre et me contentais de regarder le plafond en savourant presque ce temps perdu pour rien. Le plaisir de s’écouter rêver et de vagabonder en pensée a un petit goût salé-sucré d’interdit, particulièrement dans une société où il est de bon ton de se montrer gagnant et efficace, et de surcroît consommateur et consommable !

Ainsi Lola était l’île dont je revenais avec un peu de sable, elle me découvrait la voie à suivre, me révélait à un autre moi-même qui ne demandait qu’à éclore et grandir. Muse et mentor à son insu, elle m’aidait à godiller dans les sinuosités de l’existence sans perdre de vue la direction choisie. Avec elle, j’avais l’impression de tenir la lune dans ma main, de caresser les courbes de la vie. Je savais que je ne posséderai jamais son corps et c’était bien comme cela ; je la possédais encore mieux, sans souffrance, sans cette peur qui vous ligote à l’être aimé et vous met martel en tête parce que tout ce que l’on possède est perdu d’avance et voué au passé. Comme aurait probablement dit Robert, on tâche de bien remplir son verre, on le boit, et voilà, il n’y a plus qu’à passer le relais à quelqu’un d’autre.

God save the Gers ! (5 février 2010)

Ecrit par Sabine Aussenac le 20 octobre 2012. dans France, Ecrits, La une, Actualité, Politique

God save the Gers ! (5 février 2010)

Pensez-vous qu’il faille absolument participer à des émissions de télé réalité pour connaître des sensations fortes ? Croyez-vous encore qu’il faille voyager aux antipodes pour connaître les émotions d’un voyage à bord de ces « trains pas comme les autres » ? Que nenni !!! La ligne de chemin de fer entre Toulouse et Auch est bien la plus vétuste de France, la plus ancienne, celle qui semble avoir été construite par les pionniers du Rail, à l’époque du grand Far West… Il y a quelques années y circulait encore la Micheline rouge et blanche de nos enfances, et l’on pouvait imaginer le souffle chaud de la « bête humaine » et des charbons rougeoyants de la « loc » poussée par un Gabin triomphant…

Après quelques années d’hésitation, les élus ont enfin daigné signer un pacte de solidarité avec la vie du rail, et nous, modestes usagers, imaginions donc que les 80 kilomètres séparant nos cités gasconnes se feraient non pas en deux heures, mais en une heure et quelque, comme par exemple le trajet entre Toulouse et les métropoles tarnaises.

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