Actualité

Reflets de la semaine (151)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 13 avril 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (151)

Prix Nobel de littérature en 1971, Pablo Neruda, celui qui est « Né pour naître », s’est éteint en 1973, tout juste après le coup d’Etat de Pinochet. On vient de procéder à l’exhumation de ses restes pour connaître la vérité sur sa mort, qui, selon plusieurs sources, ne serait en aucune façon naturelle… Comme le chantait Gilbert Bécaud, « Quand il est mort, le poète / On enterra son étoile (…) / Dans un grand champ de blé / Et c’est pour ça que l’on trouve (…) / Dans ce grand champ, des bleuets »… Rappelons que le drapeau chilien est composé de deux bandes horizontales, l’une blanche, l’autre rouge, avec, dans le coin gauche, une étoile blanche dans un carré bleu… Comme un cœur qui continue de battre à l’unisson !

 

La « Dame de Fer » s’en est allée, à son tour… Tantôt crainte, tantôt adulée, elle n’aura laissé personne indifférent. Ce « surnom » lui avait été attribué en 1976 par une autre étoile, rouge, celle-là, « L’Etoile rouge », organe de l’armée soviétique ! Cela dit, la seule femme Premier ministre du Royaume-Uni restera sans doute associée à la « révolution conservatrice », qui garantit au pays une certaine prospérité, malgré de nombreuses réticences, çà et là. N’en déplaise à Renaud, lequel, dans sa chanson, « Miss Maggie », rendait un vibrant hommage aux femmes, à toutes les femmes, « A part peut-être – ou bien sûr – Madame Thatcher » ! Notons qu’Elizabeth-II assistera aux obsèques : la « Reine de cœur » et la « Dame de fer », ou « de pique », si vous préférez, pour un dernier face-à-face !

Reflets de la semaine (150)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 06 avril 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (150)

Selon l’Agence française de lutte contre le dopage, ce sont les joueurs de rugby, ces « marqueurs d’essais », qui seraient les plus gros consommateurs de produits dopants. Dans ses Essais, déjà, Montaigne écrivait : « Le profit de l’un est le dommage de l’autre »… Il est fort probable que cette citation ne s’adressait pas directement au milieu sportif, mais elle résume assez bien ce qu’il s’y passe actuellement. Parmi les autres disciplines incriminées, le football, qui occuperait la deuxième marche du podium, et l’athlétisme, la troisième, le cyclisme n’arrivant qu’en 6ème position ! S’agissant de l’Ovalie, la surprise est tout de même de taille ! Aujourd’hui, quel que soit le sport en question, on est en droit de s’interroger sur les performances  – « perf’ormances » ? – des uns et des autres, qui occupent le terrain depuis des lustres et continuent de faire la une des journaux et magazines.

Au fond de nous-mêmes, nous savons bien que les « acteurs » de ce théâtre d’ombres ne sont pas seuls en cause, tant l’hypocrisie est partout, et les intérêts en jeu, énormes ! Au final, si toutes les parties en présence ne prennent pas suffisamment conscience des dérives du sport-spectacle, alors les notions d’effort et de dépassement de soi deviendront caduques, et l’on pourra se dire, plagiant Rabelais : « Sport sans conscience n’est que ruine du corps »… Toutefois, le célèbre médecin-écrivain avait, en son temps, fait l’éloge du « Pantagruelion », autrement dit, le chanvre !

Reflets de la semaine (149)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 30 mars 2013. dans La une, Politique, Actualité

Reflets de la semaine (149)

Manifestement, redevenir un citoyen « normal », après avoir exercé les plus hautes fonctions de l’Etat, comporte des risques énormes, notamment sur le plan judiciaire. Pour mémoire, citons Jacques Chirac, mis en examen pour détournements de fonds publics en 2007, prise illégale d’intérêts en 2009, et, finalement, condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. Quand tombe l’immunité, comme les masques, le roi est nu ! A son tour, Nicolas Sarkozy vient d’être mis en examen pour « abus de faiblesse » dans le dossier Bettencourt. « Les chiens aboient, la caravane passe », aimaient-ils sans doute se répéter l’un et l’autre, au cours de leurs campagnes respectives et dans l’exercice du pouvoir…

Aujourd’hui, à l’UMP, on pousse des cris d’orfraie, en évoquant un « acte politique », voire un complot ! C’est comme si le candidat à la magistrature suprême, appartenant au camp adverse, se faisait surprendre en galante compagnie dans une suite d’un grand hôtel, dans le seul but de lui nuire ! Jusqu’à preuve du contraire, la justice de notre pays est indépendante : laissons-lui faire son travail et accordons-lui notre confiance.

Ce qui est beaucoup plus grave, à mon sens, c’est l’image déplorable qu’ont renvoyée et renvoient encore certains dirigeants, qui dissocient allégrement morale et politique, alors que ces deux notions sont complémentaires et devraient constituer une force de progrès. A ce stade, souvenons-nous de ce que disait Malraux : « On ne fait pas de la politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans ! »

Le réseau juif européen pour Israël et pour la paix Jewish European network for Israel & for peace

Ecrit par JCall le 30 mars 2013. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Le réseau juif européen pour Israël et pour la paix Jewish European network for Israel & for peace

Cette semaine, en français et en anglais, un article de David Chemla à propos de la visite d’Obama en Israël

This week, in French and in English, David Chemla looks at Obama’s visit in Israel

 

1) En français / in French :

 

La thérapie du docteur Obama par David Chemla

 

A écouter ou lire ici les premières réactions au discours prononcé devant des représentants de la jeunesse israélienne à Jérusalem, on constate à quel point nos commentateurs « spécialistes » de ce vieux conflit comprennent mal cette société israélienne. Obama, lui, l’a comprise.

 

Certes, la position exprimée lors de cette première visite en Israël en tant que président des Etats-Unis n’est pas révolutionnaire, il n’a fait que répéter la position traditionnelle de toutes les administrations américaines depuis pratiquement 1967 : Les Etats Unis sont et resteront l’allié éternel d’Israël parce que cette alliance repose avant tout, au-delà des intérêts communs, sur des mêmes valeurs ancrées dans le message biblique à la racine de ces deux démocraties.

L’urgence de l’éthique…

Ecrit par Martine L. Petauton le 23 mars 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

L’urgence de l’éthique…

Un dictionnaire – disons un vieux Larousse, sorti d’on ne sait quel grenier, avec sa couverture orange brouillée, et ses pages cornées. Voilà peut-être l’instrument indépassable qu’il faudrait, dans les turbulences actuelles où tangue notre navire gouvernemental…

Ça ne prend pas beaucoup de temps ; quelques feuillets à ouvrir, à : M, comme morale, P, comme probité, le C, de communication, et, bien sûr : le E, d’éthique. L’économie – bon, on sait ! Les nécessités sociétales, de patience, on s’armera ; mais, le « bien élevé » des valeurs qu’on est censé porter dans le sac à dos, ça ! ni tolérance, ni attente, ni, surtout, indulgence ! C’est tout de suite et tout le temps. Inégociable.

« L’affaire » Jérôme Cahuzac revient faire son tour, en ce printemps entrant, après tellement d’hiver, qu’on aurait tous mérité qu’elle passe son chemin… mais, elle toque à la porte ; insiste, posée au bas des escaliers, par le char, ni discret, ni toujours pertinent, de ces « langues » de Mediapart.

Notons qu’on en est, certes, aux faits supposés, aux accusations non prouvées. La présomption d’innocence fait l’honneur du Droit français,  mais cela va déjà, bien au-delà de la rumeur, et cela fait, déjà, très mal !

Ainsi, ce compte en Suisse, qui serait parti en villégiature à Singapour, aurait – forts soupçons – dans un coin de page, le nom du ministre, de ses entreprises, de ses proches ? C’était il y a longtemps – mais la chronologie là, n’a aucune importance ; une époque où l’homme, retiré du champ politique, s’était reconverti, avec l’énergie qu’on lui connaît, dans un commerce médical, sur fond d’intérêts croisés, entre laboratoires et bonne bourgeoisie.

La propriété : violence ou droit de l’homme ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 23 mars 2013. dans Auteurs, Actualité, Littérature

La propriété : violence ou droit de l’homme ?

En 1849, en Allemagne, parut une caricature du grand romaniste Theodor Mommsen, professeur de droit romain à l’université de Leipzig, lui faisant dire : « dominium est furtum », reprise en version latine de la célèbre phrase de Proudhon, dans son ouvrage publié en 1840, « qu’est-ce que la propriété ? ». Réponse de Proudhon : « la propriété, c’est le vol ». La latinisation de la phrase et le choix de Mommsen comme porte-parole imaginaire de Proudhon ne sont pas innocents : les étudiants de Leipzig, en effet, dans le climat postrévolutionnaire de l’après 1848, se souvenaient qu’en droit romain, la propriété, ce n’est pas tant le vol que la violence…

Rien que le mot – dominium – donne le la. La propriété est une domination, celle du dominus, le seigneur et maître qui règne en autocrate sur son domaine, la domus, la maisonnée et tout ce qui s’y affère.

Cette domination est un pouvoir, potestas, qu’on appelle aussi manus, la main. Une main à la fois protectrice et asservissante : le dominus, le propriétaire, a la haute main sur tout ce qui se trouve chez lui, personnes et biens. Acquérir un bien immeuble ou un esclave, c’est littéralement le prendre en main par un acte solennel, la mancipatio, où l’acquéreur met physiquement la main sur son acquisition. Originellement, la revendication d’un bien, en cas de contestation par un tiers, débouchait sur un combat dont le juge était l’arbitre. Rien que les éléments constitutifs du dominium dénotent la violence : l’usus, l’usage de la chose (ou de l’esclave), le fructus, la jouissance des fruits de la chose et surtout l’abusus. Oui, la propriété est par essence « abusive » dans la mesure où le propriétaire peut le plus légalement du monde « abuser » d’elle, c’est-à-dire la vendre ou la détruire. Le dominus, paterfamilias tout puissant, a, en effet, le droit de vie et de mort sur ses esclaves et même ses enfants, ius vitae necisque ; il a aussi le droit de tuer sa femme ou plutôt de l’occire, ius occidiendi, en cas d’adultère.

Dollar et du cochon

Ecrit par Fabrice Del Dingo le 23 mars 2013. dans La une, Actualité, Littérature

Dollar et du cochon

Le voilà donc le livre dont tout le monde parle sans l’avoir lu. Mme Iacub, pour payer ses impôts, a décidé de raconter son amourette avec un porc.

Un porc qu’elle ne nomme jamais mais qu’on reconnaît sans peine : un homme riche puissant, inculte, gros et laid et qui ne jouit que quand il met sa langue tout au fond de l’oreille de Mme Iacub : il a une langue à la Rocco Siffredi. Ou quand il la démaquille en gobant son mascara. La gastronomie à la portée des caniches.

Un cochon qu’elle distingue de l’homme qu’il y a en lui, à moins que ce ne soit le contraire : l’homme est nul mais le cochon est sublime. Elle méprise l’homme mais aime le cochon.

Le but, aujourd’hui, n’est plus d’enrichir la littérature mais de faire ce qu’on qualifie de ce mot ridicule de « buzz ». Dès lors que l’écriture n’a plus pour objectif la recherche du beau mais la recherche du bruit, qu’elle n’a plus pour but la quête du Graal mais la quête du gras, on peut craindre le pire dans ce qui n’est plus qu’une course au pognon.

Le livre de Mme Iacub n’a aucun intérêt en soi et si le personnage principal mâle n’était pas ce protagoniste adipeux qu’elle décrit et qu’elle ne nomme jamais, personne ne l’aurait acheté. Elle a d’ailleurs si peu confiance en son talent descriptif qu’elle a dû craindre qu’on ne le reconnaisse pas et qu’elle a laissé un hebdomadaire révéler son nom.

La neige…

Ecrit par Luc Sénécal le 15 mars 2013. dans La une, Actualité, Société

La neige…

La neige est dans le paysage une petite féerie. Mais sur les routes, cela peut vite tourner au cauchemar.

Les montagnards sont toujours sidérés de voir que « pour quelques flocons », comme ils disent, en plaine, la circulation se retrouve facilement bloquée.

Mais ce ne sont pas quelques flocons qui tombent actuellement sur le nord de la France. C’est une véritable tempête de neige pour laquelle ni les usagers ni les autorités sont bien préparés. Cette fois-ci d’ailleurs, on ne pourra prétendre de ne pas avoir été prévenu. Seulement prendre en compte les difficultés et les contraintes qui ne sont pas habituelles n’est pas dans les usages. Aller voir dans l’est du pays, dans le Jura, les Vosges, la Savoie, ou même plus au sud dans les Alpes ou les Pyrénées, comment ils se préparent à affronter les rigueurs de l’hiver, ne vient pas à l’idée en amont. Prendre les précautions en terme de structures et d’infrastructures est certes pensé et préparé avant l’hiver mais pas au niveau de ce que les éléments naturels peuvent faire quand ils se déchaînent. Alors c’est la surprise. Ce sont des centaines de gens qui sont bloqués. Certains dans des conditions très précaires. Ce sont les solutions d’urgence qui sont appliquées au mieux et encore quand c’est possible.

Les usagers eux-mêmes, que ce soient les automobilistes qui veulent à tout prix rentrer chez eux ou qui n’ont pas tenu compte des avertissements et ont cru qu’ils pourraient passer au travers, que ce soient les chauffeurs routiers ou les professionnels de la route, contraints eux de prendre la route en raison de leur emploi, tout ce beau monde n’a pas l’expérience ni même l’habitude d’affronter des conditions climatiques de ce genre (un bémol toutefois pour les routiers s’ils parcourent des itinéraires qui sortent de leur département et voyagent sur de longues distances). On pourrait conseiller de préparer ces usagers au travers de stages pour leur faire connaître la façon d’aborder ces fameuses conditions climatiques.

Reflets de la semaine (147)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 15 mars 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (147)

Le « Comandante » sera finalement embaumé, comme le furent, excusez du peu, Lénine et Mao. Egyptiens et Incas, entre autres, étaient passés maîtres dans l’art de la momification, réservée, rappelons-le, aux monarques et aux hauts dignitaires du royaume… Hugo Chavez endossera donc l’habit du « nouvel immortel » et fera ainsi perdurer le culte de la personnalité, pour bons et loyaux services rendus à ses concitoyens, surtout les plus démunis. Mais, lorsqu’on y regarde de plus près, le bilan du président, après un peu plus de 14 années de règne, est somme toute assez mitigé, et la violence et la corruption, toujours souveraines. Vu d’Europe, ce fossé entre la réalité et l’érection de la « Statue du Commandeur » ferait plutôt penser à une superproduction où les coups d’Etat – et d’éclat – se succéderaient à la vitesse grand V… Comme Venezuela !

 

Les Femen, « révolutionnaires professionnelles », comme elles le prétendent, se servent de leur plastique, souvent avantageuse, pour lutter contre le patriarcat, symbolisé, notamment, par les régimes dictatoriaux, la prostitution et l’ingérence de l’Eglise dans la vie des femmes. Récemment, on s’en souvient, elles ont envahi Notre-Dame, provoquant un véritable séisme parmi les fidèles et le personnel politique. Parti d’Ukraine, le mouvement, loin de faire l’unanimité, même chez les féministes, a peu à peu gagné la France et s’est étendu à d’autres pays… Trop « voyantes », trop « crazy », les Femen, certes, attirent le regard, à grand renfort de « calicorps », mais le côté « spectacle » de leurs interventions nuit à leur crédibilité. Et ce n’est pas en accumulant les « coups médiatiques », parfois obscènes, que la cause qu’elles défendent, à savoir l’égalité femmes-hommes, trouvera un écho favorable. Comme il avait raison, Talleyrand, lorsqu’il disait que « Tout ce qui est excessif est insignifiant » ! Comme chacun sait, la solution est avant tout politique et aura pour conséquence un changement sociétal qui s’inscrira dans la durée et le respect mutuel.

Les grandes vacances

Ecrit par Sabine Aussenac le 09 mars 2013. dans Souvenirs, La une, Actualité

Les grandes vacances

C’est d’abord cette perspective d’infini. Ce goût de la liberté. Cette antichambre du paradis.

Souvenez-vous. Nous vidions les encriers pleins d’encre violette, recevions nos prix, promettions de nous écrire une carte.

Et puis nous rentrions, nos semelles de vents pleines de rêves, en sandalettes et robes d’été, pour affronter ces deux mois de liberté.

Les grandes vacances. Cette particularité française, aussi indispensable à la vie de la nation que la baguette ou le droit de grève. Les grandes vacances, celles qui d’un coup d’un seul amènent les Ch’tis jusqu’à Narbonne et font monter la Corrèze à Paris. Ces deux mois-là nous permettaient de vivre notre enfance. Jamais, jamais je n’oublierai la douceur de ces étés interminables. Chez moi, fille d’enseignant, ils avaient mille couleurs.

Le petit jardinet d’Albi et ses pommiers abritait la balançoire, le sureau et nos jeux innocents. L’impitoyable soleil estival jaunissait la pelouse et faisait mûrir les pommes, tandis que papa nous amenait à la piscine municipale.

Mais surtout, nous allions aux « Rochers ». Notre maison de campagne, celle que mes parents avaient achetée pour une bouchée de pain dans les années soixante, et où passaient les cousins et amis, au gré de longues soirées emplies de grillons et de fêtes. Il me faudrait mille ans pour raconter les orties et les mûres, les bâtons frappant l’herbe sèche des sentiers et le clapotis du ruisseau.

<<  5 6 7 8 9 [1011 12 13 14  >>