Actualité

Rouge

Ecrit par Lilou le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Rouge

C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases… Oui et par ces temps qui lassent on se mettrait presque la tripe à l’air à se demander pourquoi les Socialistes hésitent toujours entre le rouge et le rose. L’histoire n’est pas nouvelle, elle pourrait même être belle mais on ne reviendra pas sur le congrès de Tours de 1920 qui déjà confirmait que dans cette famille-là, l’amertume à la Borgia se conjuguerait dorénavant à tous les temps de la création… tout en préférant principalement ceux qui servent les minuscules intérêts. Les temps que traverse le PS d’aujourd’hui ramènent au temps médiéval de ses aspirations sociales et de ses choix directionnels. La nouveauté si je puis dire, c’est qu’en plus que de ne pas savoir compter quelques bataillons clairsemés de votants courageux, ce PS-là assume totalement ses élucubrations visant à déconstruire avec application le vieux contrat social donnant à la valeur du travail le rôle de mamelle de l’insertion dans la Nation.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour un programme construit avant tout dans l’objet d’attirer le chaland dans un délire plus rougeoyant que jamais et qui continue d’user jusqu’à la couenne les idées rances des fuyards de 1920.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces quarterons d’opportunistes misant des carrières entières sur un cheval de bon galop plutôt que de construire un projet de course à long terme dusse-t-il l’être dans l’ambiance feutrée des très faibles comités sentant la sueur plutôt que dans les grands messes cathodiques à vent dans le dos. Le socle ne manque pas pourtant, l’histoire de la gauche de gouvernement nous l’enseigne tous les jours dans nos droits et nos valeurs. Mais ses idées meurent plus fermées que jamais dans les anathèmes en 150 caractères. Qu’adviendra-t-il très bientôt quand ce Giscard de gauche pourra compter dans sa besace parlementaire les ralliements de ceux qui aujourd’hui sont rouges de plaisir mais qui demain seront verts de rage d’aller lui demander la charge, au sens monarchique du terme, bottes en caoutchouc aux pieds et sourires de circonstance sur les photos, de défendre le contraire de ce que jour après jour ils pérorent sous les gelées de janvier derrière Benoit Hamon ?

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour tous ceux qui dès le 6 mai 2012 savaient que le quinquennat qui arrivait sur la pointe des pieds (et les pistons du scooter) serait avant tout celui de François le mal aimé. A la Concorde ce soir-là, pendant que le vaincu s’apprêtait à ne jamais quitter la politique devenue spectacle, de petits cortèges rougis d’ambition se demandaient comment ils pourraient faire de leurs ministères et autres prébendes surdorées les chambres d’écho de leurs rancœurs de mauvais augure. Se jouait alors bien plus que la mise en place d’une politique hésitante et surtout née du glissement glauque du Sofitel de New York… Se jouaient déjà les affres de la Primaire actuelle qui n’a de belle que le sourire de Léa Salamé. Ne nous y trompons pas… Hollande était déjà perdu, trop de couteaux s’aiguisaient sur les flonflons de la victoire de celui ayant tous les attributs de l’enfant pas vraiment désiré et sur le tard venu…

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces héritiers flamboyants des arrière-cours florentines ayant confondu la loyauté envers le sens commun et le contrat de gouvernement avec les étincelles de leurs commisérations médiatiques offrant 15 secondes de gloriole plus phalliques qu’aimantes. Que de crimes et châtiments avons-nous entendu pendant ces années, pas si perdues que cela du reste, afin d’enfoncer des clous sur le cercueil des ambitions gouvernementales de 2012 condamnées avant que d’avoir vécu.

Pénélope et François sont dans le bateau mais plus pour longtemps…

Ecrit par Mélisande le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Pénélope et François sont dans le bateau mais plus pour longtemps…

« Quand on voit ce qu’on voit, disait Coluche, et quand on sait ce qu’on sait, on a raison de penser ce qu’on pense… ». Oui, François Fillon par exemple prend la parole, mais on pourrait se dire de quel droit lui comme tous ces députés, dont certains sont mis en examen comme Balkany par exemple, sont encore dans les rangs de l’Assemblée ?… Guéant et ses 10.000 euros en plus par mois, non déclarés… Condamné à un an ferme, mais il ne va même pas être affronté à la réalité de la prison… On rêve… Ceux qui arrachent une chemise, volent une chaise dans une banque, risquent la prison par contre, et ferme… Ah ! Ça ira, ça ira !!

C’est-à-dire qu’il n’y a aucune limite : non seulement ils ne représentent plus du tout le peuple, ils s’en servent pour s’enrichir et flouer la parole politique, éthique, notion de service volant en éclats glauques sur les murs de notre histoire, mais en plus, ils sont toujours là. François et Pénélope, leur manoir de quelques 16 pièces dans la Sarthe, résidence secondaire, façon Ancien Régime… Et nous le peuple ??

Prenons mes amis et moi par exemple, ici en Ardèche : entre 800 et 1000 euros de retraite. Pas d’aide de la CAF. Pigiste, psychothérapeute, esthéticienne, ayant cotisé, ou plutôt ayant été dépouillés par l’URSSAF, pas possible de se payer les prothèses dentaires, ni même de prendre une mutuelle… Un loyer de 190 euros pour moi, qui suis considérée comme « profession intellectuelle supérieure… ». Alors, il y a tous les copains, les jeunes aussi, les étrangers comme on dit, loin du sens spirituel du terme : ceux qui arrivent, poursuivis par la guerre, et dont on ne veut pas… François dans ton manoir sur les 15 chambres, une ou deux pour des familles syriennes ? Allez encore un effort…

Le peuple est sans doute naïf, enfantin, mais ce qui est sûr c’est que ça commence à faire beaucoup ! Je propose comme examen politique que l’on mette Fillon au RSA pendant un an, on verra s’il ne change pas de programme politique. Je propose qu’on envoie Balkany et son épouse vivre dans une aire où l’on parque les Roms, pendant un an, qu’on les mette dans la rue avec 400 euros par mois… Je propose que l’on préfère l’expérience de l’altérité plutôt qu’un programme politique.

De quel droit cette parole ? On leur retire le droit de l’ouvrir en notre nom.

Mais ce qu’il y a d’incompréhensible, c’est que tout le monde défende son ego, son pré carré, son petit moi : ceux qui s’imaginent qu’ils pensent et courent les plateaux de TV, ceux qui excluent, ceux qui détestent, les hystériques (Yann Moix qui fait son fonds de commerce de petit émasculé en étant violent verbalement contre les femmes), les grands malades auxquels on propose des patins pour rentrer sur les plateaux de TV et déverser leur pathologie exhibitionniste, leur violence, conchier, salir, mépriser, être dans une médiocrité crasse telle, que c’en est humiliant pour tous ceux qui vivent encore dans la dignité. Il n’y a plus aucun souci de service de sens du devoir, et du don, dans les discours mensongers des politiques. Un ou deux journalistes font encore leur travail comme des guerriers, parce qu’il faut quand même être un samouraï pour continuer : François Ruffin, Elise Lucet, Edwy Plenel… Le Canard, merci à lui, le Volatile…

Alors qu’est-ce qu’on attend pour mettre dehors ces faussaires ? Ah oui ! « Nuit Debout » c’était pas mal, mais pas organisé, « spontex », genre pas habilité par les institutionnels ceux qui s’arrogent le droit de parler… Juste une respiration, un cri, des musiciens qui viennent à trois cents, c’est pas mal ça quand même non ? La musique !!! Voilà une parole qui parle d’elle-même.

Réfléchissons camarade, quelle place laissons-nous à l’Autre ? Dans quelle mesure sommes-nous prêts à nous effacer pour laisser être l’autre ? En face et en nous. Il faut instituer : Matin debout, jour debout, nuit debout, ne plus jamais se coucher devant tant de vulgarité… Hasta la victoria siempre.

Le renoncement de l’homme d’État

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 décembre 2016. dans La une, France, Politique, Actualité

Le renoncement de l’homme d’État

Éditorial

 

C’est fait. L’homme d’État a tranché – avec ce qu’il fallait de courage – évidemment – d’intelligence politique, pour le bien de tous – assurément – le sens aigu du collectif face à l’Ego et aux arrangements de coulisse – particulièrement. Cet homme a montré – simplement – ce soir qu’il est de gauche et socialiste – et, clairement, pour ceux qui en doutaient ou en doutent.

Son renoncement est de gauche ; il la porte, avec ses plus belles valeurs, et il l’honore ; il a aussi (mais je ne suis pas sûre que la modestie de F. Hollande le verrait ainsi) quelque chose d’antique, à la Stoïcienne. Il y a eu en ce moment – sens historique du terme – plus que de l’honnêteté et de la sincérité ; une volonté, un soin pour dire que le travail avait été fait le mieux et le plus citoyennement possible, quelquefois raté, assez souvent mal expliqué. Du Hollande, sérieux, compétent, accrocheur – mais, si ! responsable, voilà ce qu’ a donné à voir, ce soir, un grand président. Ce que je l’ai toujours connu être, ce qu’il est. Ainsi de la litanie du bilan ou plutôt, reddition de comptes sur l’Agora, à l’Athénienne, point par point ; façons de l’homme public qui n’entend pas fuir ou se dissimuler dans l’ombre des défaites annoncées. Enfin, paroles fortes pour dire – obligatoirement – ce qu’il nous faudra demain d’unité, de vigilance, de courage, et de force.

Visage grave, presque austère ; voix, sourde et monocorde, parfois voilée, fléchissant – mais à peine – l’exercice est pénible mais il sera conduit… Économie des gestes et des mimiques, qu’on a tant vu ailleurs. Absence de théâtre… ces mots, comme confiés au passage : les rituels, les ors du pouvoir qui ne l’ont pas impressionné… la charge qu’il a remplie – chaque jour depuis ce Mai ancien – portant – et quels poids ! et de quelle façon ! et s’imposant – naturellement – de porter jusqu’au Mai qui vient. Remettant – sobrement, en fils de Delors – le témoin, veille des Primaires de la Gauche socialiste, à celui qui demain, s’avancera sur la piste, pour le même combat avec d’autres armes.

Émotion, à tout le moins chagrin, pour ainsi dire intime ; mais de la reconnaissance – énormément – et la conviction qu’il nous faut gagner. Que tous, nous soyons donc en ordre de bataille !

 

1er Décembre au soir

Moi, citoyenne, je…

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 décembre 2016. dans La une, France, Politique, Actualité

Moi, citoyenne, je…

Ne voterai pas – second tour de Mai, s’entend – pour Lui, président Fillon, premier du nom, et probablement, premier du genre.

Je n’adouberai pas – l’homme, peu me chaut, je peux à l’évidence le respecter – mais le programme ! le positionnement, et pire, la philosophie politique !

Quelque chose qui oscille entre vieux et divers morceaux d’un Crumble de droite radicale, aspergé du Vichysme de nos mémoires. Relisons si besoin un déjà ancien, mais bien vif encore, Robert Paxton (Le régime de Vichy). Il n’y a pas eu dans ce temps « français » de 40 à 44 que l’antisémitisme honni et la collaboration active, il y a eu la peau de la république étrillée avec des sapes constantes et souterraines contre le sens du collectif et du tous, validant le petit paysan propriétaire et individualiste contre l’ouvrier, le curé contre l’enseignant ; régime clivant, en tout et avant tout, huchant à la cantonade que la défaite était dans l’essence de la République, celle du Front Populaire, évidemment, dans le manque d’effort et de travail, de sacrifice notoirement, considérant à longueur de discours du Maréchal qu’une « certaine France » avait été tellement négligée, qu’il fallait bien au final lui rendre justice… C’est un peu, ces temps-ci, comme avec certaines chansons : on a l’impression d’avoir entendu ça quelque part, et on mâche la musique du refrain la journée entière, en sourdine obsédante !

Personne, pour autant, sauf au coin de posts FB rapides et cogneurs, dont c’est la fonction, de tweets muselés par leurs X caractères, n’a posé quelque part un article de fond sur un copié-collé Pétain/Fillon, et c’est heureux, mais… qu’en historien ou analyste sérieux, la ressemblance puisse venir à l’esprit, cela ne semble pas non plus aberrant. Nous n’avons jamais vu, étalé et hissé sur la haute marche du podium, de façon assumée et décomplexée, un tel ensemble réactionnaire (= ne l’oublions pas, « vouloir revenir en arrière »). Dans les mœurs et mentalités (les tenants de la Manif pour Tous sont aux anges depuis le week-end). Dans l’affichage de la « foi de leur intime » sur la place publique, brandissant haut le Catholicisme le plus à droite, frisant l’intégrisme – France, nation chrétienne et tous les accessoires. Dans cette course sus aux services publics de tous poils, détricotant sous les hourrah les solidarités du modèle social français – non, celui du triste sire, Hollande, mais – jugez ! – de tout ce qui a été accumulé depuis, au bas mot, la Libération…

Des mots, diront certains, des promesses de campagne à destination de son camp en énorme et insatiable besoin de revanche… Affadissement en vue, eau dans le vin en devenir ? J’ai bien peur que non.

Plus que Fillon, lui-même, ses conseillers, les politiques du parti Des  Républicains qui vibrionnent dans son sillage, il y a les électeurs, ceux de   dimanche, ceux de demain. Nous ne sommes plus dans une époque où un mot pourrait en cacher un autre ! Ce qui est dit, doit être fait, ou du moins tenté, sauf à risquer la mort subite du politique. Voyez notre « mon ennemi c’est la finance »… l’électeur guette le politique, regard méfiant, main tendue du quémandeur. Fillon aura intérêt à servir sa soupe, sinon, gare !

François Fillon et l’Histoire

Ecrit par Gilles Legroux le 03 décembre 2016. dans La une, Education, Actualité, Société

François Fillon et l’Histoire

Les contre-vérités proférées par M. Fillon sur les programmes d’histoire et les attaques frontales contre son enseignement suscitent dans la communauté des professeurs d’histoire-géographie de vives réactions. D’autant plus qu’elles ont été clairement exprimées devant des millions de téléspectateurs. Nous sommes nombreux à considérer cela comme des propos offensants qui dénaturent ce qu’est notre métier. Cet aspect constitue la face « culturelle » du programme d’essence réactionnaire de M. Fillon. Le programme économique et social est l’autre face d’un projet politique qui a somme toute une cohérence idéologique forte.

Parcourons les mesures-phares, dont chacun d’entre nous est libre de penser ce qu’il veut : abolition des 35 heures, abolition de l’ISF, hausse de la TVA de 2 points, baisse massive du nombre de fonctionnaires, réduction du droit des chômeurs, simplification du droit du travail, recul de l’âge de la retraite à 65 ans etc… Tout homme politique qui vise les sommets de l’Etat est animé d’un puissant imaginaire. M. Fillon se voit sans doute déjà en nouveau Reagan ou en fils spirituel de Margaret Thatcher, version 2016. Mais M. Fillon n’étant ni américain, ni britannique, son imaginaire a bien dû puiser quelque chose dans notre bonne vieille terre de France. D’autant que dans notre pays, avec l’empreinte du gaullisme, le libéralisme économique « à l’anglo-saxonne » n’a jamais été un courant de pensée dominant à droite. Mes réflexes professionnels et mon (mauvais) esprit historien me poussant à mettre les choses en perspective, je me suis posé la question suivante : qu’y a-t-il derrière le libéralisme « moderne et adapté aux réalités de la mondialisation » de M. Fillon ? Autrement dit, j’ai essayé de voir quelles peuvent être les valeurs culturelles des droites françaises qui constituent le socle de ce programme ?

D’abord l’expression d’un remords qui taraude une bonne partie de la droite depuis l’élection de Jacques Chirac en 1995 puis 2002 : celle de pas avoir « su faire les réformes nécessaires » et surtout de ne pas avoir été capable de crever l’abcès des 35 heures. Dans l’esprit de nombreux électeurs de droite, peut-être, seul un vrai chef ayant le sens de l’Etat, celui de l’Histoire, l’autorité et le courage nécessaires, peut conduire le navire dans la tempête jusqu’au port du « Renouveau » et résister aux lames puissantes de la contestation sociale que ne manquerait pas de déclencher l’application d’un tel programme… C’est l’image que F. Fillon cherche à donner de lui-même. Il y a là de quoi séduire un électorat à la recherche d’un « homme providentiel » et orphelin du lointain (?) général de Gaulle.

Un champ de ruines

Ecrit par Jean-François Vincent le 26 novembre 2016. dans La une, France, Politique, Actualité

Un champ de ruines

« Règlement de comptes à OK primaire », titrait récemment le Huffington-Post. Nous n’en sommes pas si loin. Sarko gît déjà à terre, plombé par toutes les affaires qu’il traîne comme autant de casseroles. Fillon, le 28 août dernier, dans un meeting, en rajouta une louche à l’endroit de son ancien patron, laissant son staff sans voix : « il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable. Qui imagine de Gaulle mis en examen ? ».

Un ultime – mais décisif – coup de grâce lui fut donné par les électeurs du camp adverse. « Les gens de gauche qui sont allés aux urnes pour s’assurer que le vilain petit canard ne pourrait plus voler, peuvent se satisfaire du résultat », écrivait Laurent Joffrin dans son édito du 21 novembre. Et c’est juste ! Je suis du lot. D’aucuns affirment que Fillon leur doit, au moins en partie, son score si inattendu ; d’ailleurs le taux de participation dans les départements traditionnellement de gauche le confirme. Un exemple : 68.655 votants en Haute-Garonne.

L’ancien chef de l’état avait tenté une dernière manœuvre en accablant François Bayrou, soutien de Juppé – qui en 2012 appelait à voter Hollande. Las ! « Notre opération a trop bien marché, concluait une éminence sarkoziste. On a fait le boulot pour Fillon ».

Papi Juppé, quant à lui, sort groggy d’un premier tour qui préfigure une défaite au deuxième. En dépit du tee-shirt optimiste – la « super–pêche » – qu’il distribuait généreusement lors des réunions de sa campagne, il n’a jamais pu se départir de l’indicible fadeur qui exsudait de sa personne pendant les débats télévisés. Prudent, sûr de ses chances (sans doute trop), il jouait la montre, avec bonhommie, attendant que la victoire tombe à ses pieds, tel un fruit mûr. A l’instar de Sarkozy, son espérance présidentielle – sauf demain un renversement de situation fort improbable – s’en est allée. En 2022, il aura 76 ans…

Reste, bien sûr, celui qui a toutes les chances de devenir le 9è président de la Vème république, l’année prochaine : François Fillon. La trahison lui sied à merveille. Après s’être rallié à Sarkozy contre Chirac en 2005, parce que ce dernier lui préférait Dominique de Villepin pour succéder à Raffarin au poste de premier ministre, après le référendum perdu sur la constitution européenne, il a creusé la tombe de celui qui le nomma à cette fonction tant désirée, en critiquant vertement un bilan – ou un non-bilan – dont il était lui-même comptable, ayant été aux affaires pendant cinq ans.

Droite ; mes condoléances…

Ecrit par Martine L. Petauton le 26 novembre 2016. dans La une, France, Politique, Actualité

Droite ; mes condoléances…

Simple comme faire un  billet aux lendemains de la Primaire de Droite ; saison 1, certes, mais que va nous apprendre de plus la saison 2 de dimanche en huit ?

Je n’ai évidemment pas sorti mon parapluie hier, pour aller mettre mon nez de Gauche dans les affaires de la Droite, et le garderai itou au chaud le week-end prochain. Chacun chez soi et les vaches – je ne sais – mais en tous cas, le temps politique pré-présidentiel sera bien gardé.

Au soir de cette nuit, aux longs couteaux mal dissimulés – les yeux de Dati, un régal ! – un constat cerné comme Institutions en Ve République : la France de droite ne veut plus du président mal élevé, ne veut pas du centre de cet autre – pouah ! Mais veut assumer sa droite décomplexée, tant dans l’économie – haut les cœurs, Thatcher ! – que dans les mentalités : hardi les anti-mariage pour tous et ce qui est autour. A peine l'homme de la Sarthe élu, les drapeaux bruyants de «  Sens commun » ont retrouvé le pavé ; ce sera certainement difficile de les néantiser dans une éventuelle présidence Fillon ; qu'on garde bien l'info sous le chapeau...

Résumer doit pouvoir être un exercice ici à la portée de chacun : Il était une fois, en ce pays de France dirigé par les diables sociaux démocrates en folie, une famille politique, la Droite de gouvernement. Commencèrent au début, comme il se doit après les défaites douloureuses, par se déchirer – un film d’épouvante ; du Copé, du Fillon, à la manœuvre. Observèrent ensuite le retour de leur chef de meute déchu, reprenant avec bel appétit le manche du Parti sous les applaudissements énamourés de ses fans. Du Sarkozy-énergie-envie ; un pléonasme. Virent il y a bien deux pleines années, au tournant de la A10 (celle qui vient de Bordeaux), arriver de son pas de sénateur chaloupé et doux comme  démocratie en Ve République, Juppé, un Alain que des foudres pas toujours bienveillantes, ainsi qu’un séjour au pays des grandes neiges écolos, avaient carrément sorti de son « Droit dans mes bottes » d’antan. N’entendirent pas, ces derniers jours, visiblement, Fillon le silencieux, le ruminant, tapi dans le bocage d’une Sarthe humide et froide comme le veut cet hiver 2016 entrant. Celui qu’en avait enduré à n’y pas croire, sous les sarcasmes et plus que ça de son Sarko de président. 5 ans de mal au dos, autant dire, de plein le dos. Un modèle psychosomatique, à lui tout seul, ce François-là. Un bosseur méthodique à moins que légèrement maniaque, un catholique affiché en couleurs, un conservateur qui fait sa pelote, laissant dire pour autant un peu partout que sa clique à lui, c’était le Gaullisme social, via Séguin, feu son mentor, comme on laisserait sur le menu ce magret de canard, que, non, on ne sert plus ce midi… Depuis hier au soir, l’interrogation nous taraude : Philippe Séguin (et le respect qu’on lui doit) aurait-il voté Fillon ?? Ah ! Condoléances…

Faire

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 26 novembre 2016. dans La une, Actualité, Littérature

Faire

Notre ami et rédacteur, Bernard Pechon Pignero, avait dans ses cartons cette recension du livre de François Fillon. Il nous a semblé, à lui comme à nous, que le moment imposait cette publication. On aura compris que ce texte, longuement muri en cave, n’a pas été posé dans la fureur du moment politico-médiatique qu’on traverse. C’est bien là qu’est son intérêt…

 

Le livre de François Fillon, Faire, se présente comme un habile mélange d’autobiographie, de profession de foi politique et de programme électoral qui ne doit son originalité qu’à la personnalité de son auteur. Ce n’est pas dans ce genre de livre que l’on s’attend à trouver un programme de gouvernement précis et chiffré. Il serait prématuré pour le candidat déclaré d’abattre ses cartes deux ans avant l’échéance. Tout au plus aurons-nous des déclarations d’intention à travers lesquelles peut se dessiner un profil humain intéressant ou au contraire se cacher, derrière le paravent de vertueuses résolutions, une ambition personnelle qui ne justifie pas la lecture de trois cents pages et encore moins, in fine, un bulletin de vote au nom de l’auteur. On ne peut évidemment pas éviter les quelques pages introductives, d’un lyrisme convenu, qui sont à ce genre de livres ce que les formules de politesse sont aux lettres protocolaires. On les parcourt d’un regard distrait en sachant d’avance ce qu’elles contiennent. Bien que les concepts et, plus encore, les mots qui les expriment soient galvaudés de longue date par la langue de bois politique, on serait choqué de ne pas les y trouver. Là n’est pas l’essentiel.

François Fillon a d’abord l’autorité et la légitimité d’un homme politique qui a exercé un nombre impressionnant de mandats électoraux et de charges ministérielles diverses qui lui permettent de revendiquer légitimement une compétence qu’aucun de ses rivaux ne peut égaler ni même approcher. Il a, de plus, à son actif une éducation, une culture et une sensibilité qui font de lui un homme immédiatement sympathique. Sans doute l’est-il également à long terme pour ses proches. Il a su mener un parcours exemplaire dans ce monde politique impitoyable envers les idéalistes et les naïfs que sont parfois les démocrates sincères, sans être éclaboussé par les scandales publics ou privés qui n’épargnent aucun parti et que la rumeur, attisée par les médias, s’ingénie à envenimer. Il garde, après une quarantaine d’années de bons et loyaux services, l’image d’un homme intègre, discret, calme et mesuré, mais sachant défendre ses choix avec conviction. Il n’a pas l’auréole du martyr d’un Alain Juppé ni les années de purgatoire qui en sont le coût, ce qui lui donne sur cet autre ancien premier ministre l’avantage d’une relative jeunesse.

Enfin, François Fillon peut faire état d’une connaissance approfondie aussi bien du terrain social et économique français, dont il a étudié de près les évolutions depuis des décennies, que de la politique internationale dont ses fonctions ministérielles lui ont permis d’observer les arcanes jusque dans les plus hautes sphères et dont il parle avec une liberté de ton et un bon sens inattendus chez un éventuel futur président de la République. En particulier, j’ai été agréablement surpris par la façon dont il juge les politiques américaines et allemandes sans se croire obligé de recourir aux circonlocutions diplomatiques du type « nos amis américains » ou « nos amis d’outre-Rhin ». Pour bien des raisons, il réunit donc à l’évidence les qualités rares qui le désignent comme un candidat plus que crédible à la fonction qu’il brigue. Saura-t-il faire valoir ces avantages personnels, cette longue expérience chez un homme encore jeune, cette probité authentique comme les qualités d’un véritable homme d’état ? Il est vrai que l’histoire récente a prouvé que cette dimension n’était plus requise pour exercer en France la magistrature suprême.

The Donald et La Marine ; comparaison fait-il raison ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 19 novembre 2016. dans Monde, La une, France, Politique, Actualité

The Donald et La Marine ; comparaison fait-il raison ?

Depuis ce jour où l’Amérique, blottie dans ses sondages et dans la suffisance de ses habitudes, a basculé dans quelque chose, dont, chacun de par le vaste monde cherche désespérément le nom, de jour en jour. Depuis, on est au moins sûr que la trouille des grandes invasions – barbares et inconnues pour le moins – diffuse, gagne à la manière des antiques pestes. Quelqu’un chez nous, à Reflets, ne disait-il pas : – c’est pour quand, notre Trumpette à nous ?

L’équation avait été posée bien avant les résultats : en France on agitait le FN et Marine ; idem partout en Europe où la gens populiste en déguisements divers bruissait dans l’ombre des urnes à venir. Les States avaient naturellement ce produit en magasin – une forme d’automatisme propre à l’époque. Le refrain était le même partout : les Populistes arrivent ! La vague nauséabonde déferle ! Depuis le mardi noir américain, les basses ont pris une sacrée ampleur dans le concert... Vrai, évidemment, que le poids du tout en tout d’un Trump sur le podium aux USA, demeurant la première puissance mondiale, notamment, dans les imaginaires de tous, a barre sur un FN annoncé à 30% au premier tour du printemps 17 en France, sur la quasi victoire imminente des pires en Autriche, l’échec sur le fil en Hongrie, le Brexit et ses pulsions folio-économiques ; j’en passe, sans oublier les vagues froides en Scandinavie, Allemagne et le toutim. Ce n’est pas à Reflets du temps, où peu de semaines échappent à un article avertisseur en la matière, que nous vous dirons le contraire… Il y a des parallèles nombreux et récurrents qui s’installent à plus ou moins bas bruit – les « dormants » n’étant pas les moins dangereux.

Ne serait-ce que dans ce franchissement des digues, que peaufine, plus que signe, l’animal roux d’outre Atlantique. Parce qu’enfin – là, on a d’évidentes comparaisons – l’électeur, et son à présent sérieux collègue, l’abstentionniste, beuglait plus qu’il ne passait à l’acte, dans nos années pré-Trump, pré-FN au pinacle. Il poussait d’an en an, davantage et de plus en plus près de la ligne d’arrivée, avec sur son dos ses rancœurs, ses frustrations, ses peurs, bien entendu. Frileux, il craignait par-dessus tout l’extérieur, siège de ses plus prégnantes angoisses. Il poussait, mais – on avait pris l’habitude d’avoir dans l’oreille le bruit du freinage – au dernier moment il n’allait pas plus loin, regagnait ses pénates hostiles en bougonnant, et, parfois, donnait en grognassant le bout de la main à ceux du camp de « la raison », autant dire du réel. Front Républicain chez nous, et ailleurs, Raison/Clinton au pays de l’Oncle Tom (un beau slogan qu’on aurait dû tester). Mais les digues ont cédé, comme avec le Brexit, on a voulu voir le bruit que ça fait quand on renverse la table. Qu’est-ce-qu’on fait après, qu’est-ce-qu’on-fait de ça ? Refrain un brin austère et redondant qu’on entend à présent. Et qui ne fait ni sens, ni programme.

« Les » populismes – plus que « le » populisme –, le problème c’est qu’ils floutent sous la focale, dès qu’on les zoome un peu, alors que dans le regard initial, ils ont l’air de se ressembler tous. Passé le moment des gueulantes, des peurs surtout pas vérifiées, des défilés des laissés pour compte, des vieux métiers qui meurent, du bruit de l’industrie qui s’est fait la malle, et du silence de mort des campagnes en chagrin… passé ce temps du renverser-la table-on-va-bien-voir, tout ce qui se compare donc, dont la grille marche au poil ; quand on mire de plus près, ça change et pas qu' un brin. Justement parce que ces mouvements populistes ne font jamais dans la dentelle, que leur côté protestataire tient bon au lavage, qu’ils brassent trop large et que la déception à venir est comprise dans le package de départ… j’en oublie, forcément.

I can’t breathe

Ecrit par Ricker Winsor le 19 novembre 2016. dans Monde, La une, Ecrits, Politique, Actualité

I can’t breathe

I feel like I can’t breathe, drowned by the tsunami that just befell my country and the whole world. All of a sudden everything is up for grabs, including a woman’s right to choose, steps to combat climate change, NATO alliances, trade agreements, immigration, just about everything. But I won’t talk about all that ; so much has been said and is known by the reading public. Over the last eighteen months the brightest writers and thinkers had intellectually tied up Trump and thrown into the scrap heap of history. They were all wrong.

What has been thrown out is an approach to life that is egalitarian, compassionate, and respectful, an ethos based on the humanitarian ideals of a liberal democracy. Not too long ago all political combatants could be found in the shelter of that umbrella no matter what their differences. No more.

This debacle has been characterized as a « revolt against the elites » but it is more like revenge against « those who think they are better than us », those who worked to improve their minds through education and got ahead using their brains. It comes out of deep anger and resentment and a serious sense of inferiority. How else could the populace turn their backs on Trump’s blatant disrespect for : women, Muslims, Mexicans, and those who prepare and do their homework (e.g. Hillary and the debates). Our new leader thinks it is ok to grab women « by the pussy ». « When you are a star you can do anything you want » he said. He laughs at the disabled and, well, no need for me to go through the long list. What kind of message does this send to young people trying to grow up ? « Nice guys finish last » is what it says ; it is ok to bully anyone to put yourself forward, to win the race.

I get invited to certain occasions at the American Consulate here in Surabaya, East Java, Indonesia, the second biggest city. And today I was invited to witness the final day of the election. I prepared myself to answer questions about how I felt, never for a minute believing that Trump could win. I prepared my thoughts like this : « I am honestly disgusted that a man like Trump could actually have gotten this far in the election process. That fact itself discredits America and debases, if not annihilates, the idea of American exceptionalism ».

Now what do I do ? Our new chief has a majority in the House of Representatives and in the Senate. Checks and balances are minimal. He also won decisively, very decisively. All of the bruhaha about every woman in America standing against him, the surge of Latinos voting, the blacks and minorities being involved and taking a stand, never happened. A lot of them voted for Trump.

It is important to say something about Hillary Clinton beyond how she has been portrayed and the consequent vague or not so vague opinion of her. Even those who are dismayed by the existence of Trump often expressed dislike or suspicion about Mrs. Clinton. Based on what ? Nothing, only lies and bullshit. She is of my generation, the idealists, the ones who dreamed of « open borders », of everyone « getting along », of equal opportunity and service. Her whole life has been dedicated to that. I witnessed it all, and not from so far away because of university connections. She is one of « us » the sixties generation that fought for civil rights, for women’s rights, for Vista, for the Peace Corps, for inner city programs. We fought against that ill-considered debacle, war in Viet Nam. And yet, through a steady campaign that would make Joseph Goebbels smile from hell, where he no doubt dwells, the « no nothings » polluted the spring until they created « Crooked Hillary ».

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