Actualité

Macron et la colonisation

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 25 février 2017. dans La une, Actualité, Histoire

Macron et la colonisation

Dans le contexte global de la campagne des élections présidentielles d’avril-mai 2017, les propos tenus par Emmanuel Macron lors d’une visite de président de la République française potentiel possible ont suscité – à tort ou à raison – un tollé dans certains milieux précis ; ainsi, les rapatriés d’Algérie, les harkis, le Front National, et au niveau de la droite classique, même si les attaques de celle-ci (justifiées ou non) n’ont pas eu la portée qu’elles auraient eues si la campagne électorale de son candidat François Fillon était audible, en raison du Pénélopegate et du Fillongate. Je ne reviendrai pas ici sur le contenu précis des déclarations d’Emmanuel Macron. Ce que je vais tenter de faire, comme professeur d’Histoire, ayant enseigné essentiellement la période contemporaine au sens large – et surtout celle du XXe siècle – c’est de démêler, par rapport à des mémoires brûlantes, concernant la Colonisation en général et la Guerre d’Algérie en particulier, ce qu’il y avait, dans ce qu’a dit Emmanuel Macron, ce que l’on pouvait trouver de juste historiquement, mais également en quoi il força le trait au niveau des termes qu’il employa pour qualifier la question coloniale. Je ne prendrai bien évidemment que l’exemple de l’Algérie.

Je vais donc commencer par montrer l’importance – dans leurs aspects justes historiquement – des déclarations d’Emmanuel Macron. En mettant en cause les responsabilités historiques de la France par rapport à la Colonisation, et avant tout la Guerre d’Algérie, il a permis (du moins espérons-le) de contribuer à mettre notre pays face à une période assez sombre de son passé. Il est incontestable qu’il y eut de nombreux crimes commis notamment par l’armée française sans oublier d’autres formes d’abus extrêmement graves. D’abord, dès les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, en ce qui concerne l’Algérie, alors que de très nombreux « français musulmans » demandaient des réformes profondes (après avoir combattu pour défendre « la mère patrie »), ce furent les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata (dans le Constantinois), en 1945, perpétrés par l’armée et les forces de l’ordre françaises. Les indépendantistes algériens avaient organisé, pour le 8 mai 1945 (fin de la guerre), afin de fêter la victoire des Alliés sur les puissances de l’Axe, un défilé, pendant lequel des revendications très fortes furent lancées. La situation dégénéra jusqu’au 28 mai et, même s’il y eut des morts parmi la partie de la population de type européenne (environ une centaine), on compta – selon certains historiens – entre 3.000 et 8.000 victimes au sein des algériens ; d’autres chercheurs évoquent des chiffres beaucoup plus importants, situés entre 20.000 et 30.000. Il y eut aussi d’autres massacres, notamment dans le Constantinois, du 20 au 26 août 1955 : à la suite d’attaques de 300 combattants de l’ALN (Armée de Libération Nationale) sur des postes de police et de gendarmerie (d’ailleurs assez infructueuses) les autorités françaises répliquèrent d’une manière disproportionnée, en bombardant, par l’intermédiaire de l’aviation, des populations algériennes entièrement innocentes, faisant ainsi entre 3.000 et 8.000 morts.

Mimoum… Macron et Mimouna : Les trois « M »+1

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 25 février 2017. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Mimoum… Macron et Mimouna : Les trois « M »+1

Dans une déclaration à la presse nationale et internationale, lors de sa visite récemment à Alger, Emmanuel Macron qualifie officieusement les crimes du colonialisme français en Algérie comme « actes de barbarie » intolérables sous des gants en soie et en fer, avant d’assommer la salle de conférence de l’Hôtel Aletti à Alger par cette multi-déclaration à double sens…

Citation : Macron – « La France a importé la déclaration universelle des droits de l’Homme en Algérie, mais elle a oublié de la lire ».

Je tiens à signaler dans tout cela que je ne suis ni politologue ni élu à la présidentielle. Je suis qu’un humble digne prénom classique, traditionnel, qui s’ajoute à Mimoun, ce dernier qui veut dire en langage courant algérien : présage ou chance.

Une voix de l’autre rive s’éveille. Elle s’échauffe tel un joueur remplaçant dans une compétition de Rugby : lance dans un cri strident, qualifiant cette déclaration « d’indigne ».

La polémique n’est pas du tout là, tant elle est ailleurs et autrement.

Dans le mythique et la mémoire populaire orale algérienne, notre patrimoine honore et qualifie Mimouna comme étant héros de la naïveté et la sérénité, voire la candeur. Sa traduction en français : Mon Seigneur me connaît et moi je digne à mon Seigneur et je le connais ». Avec cette répétition styliste simple, je traduis cette phrase de Mimouna adressée à son Seigneur et le nôtre.

Mimouna « la naïve » ; cette servante spirituelle, en outre, n’a jamais pratiqué la politique ni la démagogie… Elle faisait toutes ses pierres à base de cette simple phrase, telle une marmite à une seule « sauce » qui se répète à chaque « cuisson » ainsi que son ablution.

Chez les vieux illettrés chez nous aussi, on entend souvent ce mot « macro » qui se répète à chaque fois, signifiant chez eux : malin… or, sa signification et utilisation désignent autre chose.

En somme : Mimoum, Mimouna et mon imaginaire qualifient tout mon bavardage sus cité par un autre « bavardage » voire un soulèvement de sable et d’herbes par des lièvres et qui s’appelle tout simplement selon leur échelle compréhensive, méditative, « campagne électorale », soit ici, ou dans l’autre rive de ce bassin méditerranéen.

Ces 3 « M »+moi, porteurs de turbans, ne connaissent ni « Groupe des huit » ni groupe des sept… ou en abréviation : G8 et G7.

Point à la ligne.

Après les primaires de la gauche

Ecrit par Pierre Windecker le 04 février 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

(et petite parenthèse sur le système électoral français)

Après les primaires de la gauche

Ainsi, Hamon prend dans l’enthousiasme et assume avec témérité le risque de trois éventualités.

Ou bien il ne parvient pas à faire l’union avec Jadot et Mélenchon, et il ne réussit qu’à mettre en danger la candidature de Macron, c’est-à-dire à favoriser celle de Fillon. Ou bien il obtient d’eux cette alliance, et il peut bien arriver alors qu’il devance Fillon et se trouve en face de Le Pen au deuxième tour. Là, ce sont à nouveau deux possibilités. La première, qu’on n’a évidemment pas le droit d’exclure dans cette configuration, est qu’il perde, et que le FN parvienne au pouvoir, se renforçant au passage d’une partie de la droite. La deuxième est qu’il gagne et entreprenne d’appliquer un programme qui aura recueilli au mieux 30% des voix au premier tour. On a vu avec Chirac II, Sarkozy et Hollande (et on pourrait bien voir la même chose avec Fillon) à quelle déroute cela mène, sinon en tout temps, du moins dans le moment politique où nous sommes.

Pour résumer les choses avec une brutale simplicité, Hamon envisage sérieusement d’œuvrer à la victoire de Fillon, à celle de Le Pen, ou encore à un désastre pour lui-même si d’aventure il parvenait à gouverner.

 Quant à Jadot et Mélenchon, ils ne semblent pas se précipiter pour chercher un accord avec Hamon. Pour l’heure, ils font donc comme s’ils avaient choisi Fillon.

(Parenthèse. Ce qu’il faut se demander, c’est pourquoi les « politiques » (et leurs sympathisants) se comportent ainsi comme des enfants capricieux. [Parenthèse dans la parenthèse. Les noms propres, ici, désignent en fait des élans collectifs, des mouvements de sympathie. « Hamon » c’est évidement Hamon, ses soutiens et tous ses électeurs de la primaire, etc. Dans ce qui suit, je continuerai de faire comme s’il n’y avait que les têtes d’affiche : ce sera plus simple, et il sera facile de transposer l’analyse à tous les noms qui pourraient figurer aussi en petits caractères sur l’affiche, c’est-à-dire à tous les sympathisants, à des gens comme nous tous.] Retour à la première parenthèse. Si les politiques (ne parlons plus de leurs sympathisants) se comportent comme des enfants capricieux, il n’est pas vraisemblable que cela ne tienne qu’à eux : ce sont les institutions qui ont opéré leur sélection naturelle et les ont poussés à se formater selon un certain schéma. On ne doit donc pas se cacher à quel point le système électoral pèse sur le fonctionnement et le « positionnement » des partis les uns par rapport aux autres, forçant certaines alliances, en excluant d’autres, et, pour cela, poussant tantôt à maximiser les « petites différences » (Hollande), tantôt à chercher au contraire à produire réellement les écarts les plus « clivants » (Sarkozy, Fillon, Montebourg, Hamon). Dans ce jeu, il ne s’agit au fond que secondairement de s’assurer ce qu’on pourrait appeler des rentes de circonscription, même si l’on ne doit pas occulter cette dimension. Il s’agit d’abord, tout simplement, de savoir comment gagner de l’audibilité (et de cette « visibilité » qui va avec), comment assurer à sa parole les espaces, les occasions, la force et l’autorité dont elle a besoin, en bref comment pouvoir occuper des tribunes, car il n’y a pas de politique sans cela. Mais, medium is message, ce sont ces tribunes, ou plutôt la manière dont elles doivent être conquises et conservées, qui imposent à ces paroles leur adresse et leur forme, et finalement, à travers elles, une part de leur contenu. Et, toujours medium is message, cela tend à faire de ces paroles, au lieu de vrais mots d’ordre qui pourraient décider d’un ordre du jour effectif, avant tout de simples messages chargés de porter le témoignage identitaire (pour ne pas dire narcissique) des appartenances et des filiations partisanes. Je ne développe pas : les institutions françaises ne paraissent pas très bonnes. Il faudrait regarder un peu à côté. D’autres pays en ont sans doute de meilleures. Fin de la parenthèse).

Revenons aux primaires : et Valls ? Lui aussi se serait trouvé face aux mêmes dangers électoraux. Il lui aurait donc fallu, en choisissant le meilleur moment, se rallier à Macron s’il voulait éviter Fillon.

Le chemin de croix du candidat Fillon

Ecrit par Gilles Legroux le 04 février 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Le chemin de croix du candidat Fillon

Décidément, cette campagne présidentielle ne ressemble à aucune autre ! Depuis novembre, elle n’a cessé de nous réserver son lot de surprises, par la victoire aux primaires de la droite et de la gauche de deux candidats que l’on n’attendait pas, et auparavant, en décembre, par l’allocution du Président de la République annonçant qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat. Et voici que le « penelopegate » déclenché par l’article du Canard enchaîné du 25 janvier 2017 rebat à nouveau les cartes ! Voici que le navire de la droite dont l’amiral Fillon tenait solidement la barre, convaincu de l’amener à bon port sur une mer tranquille, voici que, d’un simple coup de bec dans sa coque, le navire, pris dans la tempête politico-médiatique, prend l’eau, se met à tanguer et devient tout à coup incontrôlable. Je vais analyser ci-dessous pourquoi cette affaire choque des millions de français et quelles peuvent en être les conséquences sur la campagne du candidat Fillon, et donc le destin de la France pour les années à venir.

Les faits étant connus de tous, il est inutile de les rappeler. Nous concédons à Madame Fillon le droit à la présomption d’innocence et écartons d’emblée l’hypothèse du délit d’emploi fictif, car c’est à la justice de le dire. Le fait d’employer un membre de sa famille comme assistant(e) parlementaire n’est pas illégal, mais heurte les millions de français à la recherche d’un emploi ou ceux, plus nombreux, qui ont un proche confronté à la réalité du chômage de masse. L’importance des rémunérations révulse quand on sait que beaucoup doivent se contenter de salaires payés au smic ou, pire encore, sont contraints d’accepter des contrats précaires et à temps partiel. La situation de Mme Fillon est perçue comme un privilège, une prébende. Dans un pays qui a fait la Révolution pour les abolir et qui a la passion de l’égalité, à défaut d’être égalitaire, l’effet est désastreux pour le candidat Fillon. Celui-ci crie à la calomnie (pourquoi alors, ne porte-t-il plainte contre le Canard enchaîné pour défendre son honneur ?). Peut-être est-il sincère et pense-t-il que les rémunérations perçues par sa tendre et chère épouse sont « normales ». Cette ligne de défense est dévastatrice – pour lui et pour la démocratie, ce qui est plus grave – car elle contribue à diffuser l’idée qu’à emploi et compétences équivalents, il y aurait des rémunérations « normales » pour « ceux d’en haut » et d’autres, beaucoup plus faibles, dont « ceux d’en bas » devraient juste pouvoir et devoir se contenter…

Le penelopegate aura des conséquences inévitables, mais dont il est impossible de prévoir l’ampleur sur la campagne électorale et par conséquent sur le destin du pays. M. Fillon a construit son succès lors des primaires de novembre en se forgeant, par un travail opiniâtre, une image de candidat de l’ordre moral. J’entends par là, outre les valeurs familiales traditionnelles, la défense des vertus du travail, de l’effort, du sacrifice, de l’économie. C’est cette image qui lui a permis de fédérer les diverses familles qui composent la droite française et de l’emporter sur ses concurrents*. Un seul article de presse aura suffi à détruire cette image patiemment construite : l’homme des valeurs apparaît tout à coup comme ce qu’il est, un châtelain de la Sarthe… Les ténors de la « Fillonie » tentent tant bien que mal, et plutôt maladroitement, d’éteindre l’incendie. En rappelant que la pratique dénoncée est courante, aussi bien chez les parlementaires de droite que de gauche. Mais les fautes morales des uns n’absolvent pas celles des autres, surtout lorsqu’on s’est présenté comme une sorte de « Monsieur Propre »… ! Quel impact cette affaire aura-t-elle sur les électeurs qui soutenaient le candidat Fillon ? Il est trop tôt pour le dire. Celle-ci, pour de nombreux électeurs de droite, s’apparente à une « crise de foi »… Sans doute « ceux qui ont la foi du charbonnier » continueront à soutenir leur champion. D’autres, chez qui le doute s’est insinué, seront indulgents envers « ce pauvre pêcheur » ; d’autres encore – combien ? – cesseront de fréquenter la « chapelle » pour aller voir ailleurs…

Camarade, mon camarade, quelle(s) gauche(s) vois-tu venir ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Camarade, mon camarade, quelle(s) gauche(s) vois-tu venir ?

… Mais, venir ou pas ? Singulier ou pluriel ? Réponse cinglante à l’un de mes récents billets, « Primaires de la gauche, l’ombre de Tours » ? ou grand large sur tout autre chose ? Vie ou mort, au fond… et chacun de s’interroger au soir glacial du dimanche passé, à moins que pour certains – j’en connais – le mouchoir s’imposa pour éponger les larmes – lames sans doute, aussi – de cet Epinay de notre jeunesse qui disparaît, avec ce bruit si particulier des cadavres qu’on noie.

Celui – le challenger, qui fait face ce 29 de Janvier à ce qu’il est convenu de nommer : un ballotage défavorable – qui avait dit, un temps, l’œil dur, qu’il y avait des gauches, deux, irréconciliables, avait « pythisé » la chose dans l’axe, ignorant qu’il en serait la première victime. On se croit roi indéboulonnable dans les hauteurs du pouvoir ; d’autre(s) que notre Manuel l’ont expérimenté si récemment, dans le fracas – jeu de mauvais gamins, peut-être – des « dégage » colériques, que nous vivons, tous, toutes options politiques confondues, et tous espaces géographiques mélangés.

Les cartes posées sur la table auprès de l’urne de dimanche sont à l’évidence on ne peut plus simples ; celle du tangible et des possibles, pas forcément rose pétant ; celle – loin, là-bas – dont tant d’entre nous ne voient pas nettement de quel horizon il s’agit ; ce temps rêvé d’un autre socialisme qui mettra 50 ans à prendre forme, ce franc (trop) idéal opposé au franc (trop) réel de l’autre. Et l'idée de nous traverser que cet Hollande parti loin dans ses déserts de l'autre hémisphère, était peut-être, avec sa synthèse en bandoulière, le pont qu'il aurait fallu, mais, bon... Deux temps complètement différents, qui, pour le moment, s’écartèlent ; une gauche qui ne marche pas sur ses deux jambes, un climat pré-guerre de religions qui sent son XVIème siècle, attendant, dans l’ombre des fourreaux, sa Saint Barthélémy. Le temps de tout, sauf celui d’un rassemblement. Truisme. Les plans pour le reconstruire alors que coule le Titanic...

On comprend cependant d’où viennent ces rivières dont le cours risque d’être long – temps quasi géologique – avant de rejoindre le même océan : celle qui veut inventer autre chose et du fort et du grand ! Pardi ! sortie qu’elle est toute cabossée de la « punition » et des contraintes du quinquennat. Frondeuse, pas autre chose, montrant loin vers l’horizon « sfumatisé » je ne sais quels lendemains qui chanteront un clairement autre mode de vie, de consommation, de rapport au monde… et tout ne fait pas se moquer dans ces discours et ces dossiers, ma foi, bien préparés, d’un Hamon inspiré. Mais, pour qui ce futur ? Ni pour moi et ma génération – nous ne verrons rien de tout ça passer de la page au réel. Ni, j’en ai peur, pour ces jeunes en jachère, en perdition, en déshérence, que le rêve envahit ; utopie décidément rime chaque fois que fougue se présente avec socialisme – du revenu universel versé dans la gamelle de tous, sans conditions de ressources, celui – pas si mineur que ça – du cannabis sorti de la pénalisation ; foin de la santé. Et qu’on ne nous abreuve pas du cas de la Finlande, qui – très petit pays homogène – expérimente sous le titre de l’universel le revenu d’existence décent de Valls, non étendu à l’ensemble de la population, par ailleurs.

Alors, me direz-vous, Manuel Valls et son expérience, sa stature, le bruit de ses bottes, et son regard de surveillant général ? Manuel et ses couleurs déjà ringardisées...  Eh bien oui, et sans barguigner, sans exagéré enthousiasme non plus, pour rester encore un peu en une sorte de socialisme du possible et du réel – une miette, un pan de bouée, avant le grand plongeon dans toutes les aventures à venir, les Fillon, les Le Pen – demain, pas dans 30 ans. Et même dans celle, portée par le fumeux Macron, ses badges et ses pin’s rutilants, son interface vieille comme la politique, entre ceux-ci et ceux-là ; sa marmite au un peu de tout. Peut-être – on le sait – faudra-t-il un jour prochain expertiser sa besace, à celui-là, mais, pour lors, le choix est chiche entre «  ceux qui partent courir l'aventure » désignés par notre Blum au congrès de Tours, et continuer le chemin – je dirais, le travail - protéger ce qui reste, deux ou trois cailloux – neufs, évidemment – en poche. Les temps sont trop à l’orage pour qu’on parte non couverts.

 Alors oui, Manuel. Parce que, tout bêtement, c’est raisonnable, et que les autres voies ici et là me semblent sans issue. La gauche et la raison, mais le regard haut ;  une problématique ancienne comme cet « aller à l’idéal pour construire le réel » de quelqu’un, il y a longtemps, hier, demain, en fait, comme il se doit, toujours…

Rouge

Ecrit par Lilou le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Rouge

C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases… Oui et par ces temps qui lassent on se mettrait presque la tripe à l’air à se demander pourquoi les Socialistes hésitent toujours entre le rouge et le rose. L’histoire n’est pas nouvelle, elle pourrait même être belle mais on ne reviendra pas sur le congrès de Tours de 1920 qui déjà confirmait que dans cette famille-là, l’amertume à la Borgia se conjuguerait dorénavant à tous les temps de la création… tout en préférant principalement ceux qui servent les minuscules intérêts. Les temps que traverse le PS d’aujourd’hui ramènent au temps médiéval de ses aspirations sociales et de ses choix directionnels. La nouveauté si je puis dire, c’est qu’en plus que de ne pas savoir compter quelques bataillons clairsemés de votants courageux, ce PS-là assume totalement ses élucubrations visant à déconstruire avec application le vieux contrat social donnant à la valeur du travail le rôle de mamelle de l’insertion dans la Nation.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour un programme construit avant tout dans l’objet d’attirer le chaland dans un délire plus rougeoyant que jamais et qui continue d’user jusqu’à la couenne les idées rances des fuyards de 1920.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces quarterons d’opportunistes misant des carrières entières sur un cheval de bon galop plutôt que de construire un projet de course à long terme dusse-t-il l’être dans l’ambiance feutrée des très faibles comités sentant la sueur plutôt que dans les grands messes cathodiques à vent dans le dos. Le socle ne manque pas pourtant, l’histoire de la gauche de gouvernement nous l’enseigne tous les jours dans nos droits et nos valeurs. Mais ses idées meurent plus fermées que jamais dans les anathèmes en 150 caractères. Qu’adviendra-t-il très bientôt quand ce Giscard de gauche pourra compter dans sa besace parlementaire les ralliements de ceux qui aujourd’hui sont rouges de plaisir mais qui demain seront verts de rage d’aller lui demander la charge, au sens monarchique du terme, bottes en caoutchouc aux pieds et sourires de circonstance sur les photos, de défendre le contraire de ce que jour après jour ils pérorent sous les gelées de janvier derrière Benoit Hamon ?

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour tous ceux qui dès le 6 mai 2012 savaient que le quinquennat qui arrivait sur la pointe des pieds (et les pistons du scooter) serait avant tout celui de François le mal aimé. A la Concorde ce soir-là, pendant que le vaincu s’apprêtait à ne jamais quitter la politique devenue spectacle, de petits cortèges rougis d’ambition se demandaient comment ils pourraient faire de leurs ministères et autres prébendes surdorées les chambres d’écho de leurs rancœurs de mauvais augure. Se jouait alors bien plus que la mise en place d’une politique hésitante et surtout née du glissement glauque du Sofitel de New York… Se jouaient déjà les affres de la Primaire actuelle qui n’a de belle que le sourire de Léa Salamé. Ne nous y trompons pas… Hollande était déjà perdu, trop de couteaux s’aiguisaient sur les flonflons de la victoire de celui ayant tous les attributs de l’enfant pas vraiment désiré et sur le tard venu…

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces héritiers flamboyants des arrière-cours florentines ayant confondu la loyauté envers le sens commun et le contrat de gouvernement avec les étincelles de leurs commisérations médiatiques offrant 15 secondes de gloriole plus phalliques qu’aimantes. Que de crimes et châtiments avons-nous entendu pendant ces années, pas si perdues que cela du reste, afin d’enfoncer des clous sur le cercueil des ambitions gouvernementales de 2012 condamnées avant que d’avoir vécu.

Pénélope et François sont dans le bateau mais plus pour longtemps…

Ecrit par Mélisande le 28 janvier 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Pénélope et François sont dans le bateau mais plus pour longtemps…

« Quand on voit ce qu’on voit, disait Coluche, et quand on sait ce qu’on sait, on a raison de penser ce qu’on pense… ». Oui, François Fillon par exemple prend la parole, mais on pourrait se dire de quel droit lui comme tous ces députés, dont certains sont mis en examen comme Balkany par exemple, sont encore dans les rangs de l’Assemblée ?… Guéant et ses 10.000 euros en plus par mois, non déclarés… Condamné à un an ferme, mais il ne va même pas être affronté à la réalité de la prison… On rêve… Ceux qui arrachent une chemise, volent une chaise dans une banque, risquent la prison par contre, et ferme… Ah ! Ça ira, ça ira !!

C’est-à-dire qu’il n’y a aucune limite : non seulement ils ne représentent plus du tout le peuple, ils s’en servent pour s’enrichir et flouer la parole politique, éthique, notion de service volant en éclats glauques sur les murs de notre histoire, mais en plus, ils sont toujours là. François et Pénélope, leur manoir de quelques 16 pièces dans la Sarthe, résidence secondaire, façon Ancien Régime… Et nous le peuple ??

Prenons mes amis et moi par exemple, ici en Ardèche : entre 800 et 1000 euros de retraite. Pas d’aide de la CAF. Pigiste, psychothérapeute, esthéticienne, ayant cotisé, ou plutôt ayant été dépouillés par l’URSSAF, pas possible de se payer les prothèses dentaires, ni même de prendre une mutuelle… Un loyer de 190 euros pour moi, qui suis considérée comme « profession intellectuelle supérieure… ». Alors, il y a tous les copains, les jeunes aussi, les étrangers comme on dit, loin du sens spirituel du terme : ceux qui arrivent, poursuivis par la guerre, et dont on ne veut pas… François dans ton manoir sur les 15 chambres, une ou deux pour des familles syriennes ? Allez encore un effort…

Le peuple est sans doute naïf, enfantin, mais ce qui est sûr c’est que ça commence à faire beaucoup ! Je propose comme examen politique que l’on mette Fillon au RSA pendant un an, on verra s’il ne change pas de programme politique. Je propose qu’on envoie Balkany et son épouse vivre dans une aire où l’on parque les Roms, pendant un an, qu’on les mette dans la rue avec 400 euros par mois… Je propose que l’on préfère l’expérience de l’altérité plutôt qu’un programme politique.

De quel droit cette parole ? On leur retire le droit de l’ouvrir en notre nom.

Mais ce qu’il y a d’incompréhensible, c’est que tout le monde défende son ego, son pré carré, son petit moi : ceux qui s’imaginent qu’ils pensent et courent les plateaux de TV, ceux qui excluent, ceux qui détestent, les hystériques (Yann Moix qui fait son fonds de commerce de petit émasculé en étant violent verbalement contre les femmes), les grands malades auxquels on propose des patins pour rentrer sur les plateaux de TV et déverser leur pathologie exhibitionniste, leur violence, conchier, salir, mépriser, être dans une médiocrité crasse telle, que c’en est humiliant pour tous ceux qui vivent encore dans la dignité. Il n’y a plus aucun souci de service de sens du devoir, et du don, dans les discours mensongers des politiques. Un ou deux journalistes font encore leur travail comme des guerriers, parce qu’il faut quand même être un samouraï pour continuer : François Ruffin, Elise Lucet, Edwy Plenel… Le Canard, merci à lui, le Volatile…

Alors qu’est-ce qu’on attend pour mettre dehors ces faussaires ? Ah oui ! « Nuit Debout » c’était pas mal, mais pas organisé, « spontex », genre pas habilité par les institutionnels ceux qui s’arrogent le droit de parler… Juste une respiration, un cri, des musiciens qui viennent à trois cents, c’est pas mal ça quand même non ? La musique !!! Voilà une parole qui parle d’elle-même.

Réfléchissons camarade, quelle place laissons-nous à l’Autre ? Dans quelle mesure sommes-nous prêts à nous effacer pour laisser être l’autre ? En face et en nous. Il faut instituer : Matin debout, jour debout, nuit debout, ne plus jamais se coucher devant tant de vulgarité… Hasta la victoria siempre.

Le renoncement de l’homme d’État

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 décembre 2016. dans La une, France, Politique, Actualité

Le renoncement de l’homme d’État

Éditorial

 

C’est fait. L’homme d’État a tranché – avec ce qu’il fallait de courage – évidemment – d’intelligence politique, pour le bien de tous – assurément – le sens aigu du collectif face à l’Ego et aux arrangements de coulisse – particulièrement. Cet homme a montré – simplement – ce soir qu’il est de gauche et socialiste – et, clairement, pour ceux qui en doutaient ou en doutent.

Son renoncement est de gauche ; il la porte, avec ses plus belles valeurs, et il l’honore ; il a aussi (mais je ne suis pas sûre que la modestie de F. Hollande le verrait ainsi) quelque chose d’antique, à la Stoïcienne. Il y a eu en ce moment – sens historique du terme – plus que de l’honnêteté et de la sincérité ; une volonté, un soin pour dire que le travail avait été fait le mieux et le plus citoyennement possible, quelquefois raté, assez souvent mal expliqué. Du Hollande, sérieux, compétent, accrocheur – mais, si ! responsable, voilà ce qu’ a donné à voir, ce soir, un grand président. Ce que je l’ai toujours connu être, ce qu’il est. Ainsi de la litanie du bilan ou plutôt, reddition de comptes sur l’Agora, à l’Athénienne, point par point ; façons de l’homme public qui n’entend pas fuir ou se dissimuler dans l’ombre des défaites annoncées. Enfin, paroles fortes pour dire – obligatoirement – ce qu’il nous faudra demain d’unité, de vigilance, de courage, et de force.

Visage grave, presque austère ; voix, sourde et monocorde, parfois voilée, fléchissant – mais à peine – l’exercice est pénible mais il sera conduit… Économie des gestes et des mimiques, qu’on a tant vu ailleurs. Absence de théâtre… ces mots, comme confiés au passage : les rituels, les ors du pouvoir qui ne l’ont pas impressionné… la charge qu’il a remplie – chaque jour depuis ce Mai ancien – portant – et quels poids ! et de quelle façon ! et s’imposant – naturellement – de porter jusqu’au Mai qui vient. Remettant – sobrement, en fils de Delors – le témoin, veille des Primaires de la Gauche socialiste, à celui qui demain, s’avancera sur la piste, pour le même combat avec d’autres armes.

Émotion, à tout le moins chagrin, pour ainsi dire intime ; mais de la reconnaissance – énormément – et la conviction qu’il nous faut gagner. Que tous, nous soyons donc en ordre de bataille !

 

1er Décembre au soir

Moi, citoyenne, je…

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 décembre 2016. dans La une, France, Politique, Actualité

Moi, citoyenne, je…

Ne voterai pas – second tour de Mai, s’entend – pour Lui, président Fillon, premier du nom, et probablement, premier du genre.

Je n’adouberai pas – l’homme, peu me chaut, je peux à l’évidence le respecter – mais le programme ! le positionnement, et pire, la philosophie politique !

Quelque chose qui oscille entre vieux et divers morceaux d’un Crumble de droite radicale, aspergé du Vichysme de nos mémoires. Relisons si besoin un déjà ancien, mais bien vif encore, Robert Paxton (Le régime de Vichy). Il n’y a pas eu dans ce temps « français » de 40 à 44 que l’antisémitisme honni et la collaboration active, il y a eu la peau de la république étrillée avec des sapes constantes et souterraines contre le sens du collectif et du tous, validant le petit paysan propriétaire et individualiste contre l’ouvrier, le curé contre l’enseignant ; régime clivant, en tout et avant tout, huchant à la cantonade que la défaite était dans l’essence de la République, celle du Front Populaire, évidemment, dans le manque d’effort et de travail, de sacrifice notoirement, considérant à longueur de discours du Maréchal qu’une « certaine France » avait été tellement négligée, qu’il fallait bien au final lui rendre justice… C’est un peu, ces temps-ci, comme avec certaines chansons : on a l’impression d’avoir entendu ça quelque part, et on mâche la musique du refrain la journée entière, en sourdine obsédante !

Personne, pour autant, sauf au coin de posts FB rapides et cogneurs, dont c’est la fonction, de tweets muselés par leurs X caractères, n’a posé quelque part un article de fond sur un copié-collé Pétain/Fillon, et c’est heureux, mais… qu’en historien ou analyste sérieux, la ressemblance puisse venir à l’esprit, cela ne semble pas non plus aberrant. Nous n’avons jamais vu, étalé et hissé sur la haute marche du podium, de façon assumée et décomplexée, un tel ensemble réactionnaire (= ne l’oublions pas, « vouloir revenir en arrière »). Dans les mœurs et mentalités (les tenants de la Manif pour Tous sont aux anges depuis le week-end). Dans l’affichage de la « foi de leur intime » sur la place publique, brandissant haut le Catholicisme le plus à droite, frisant l’intégrisme – France, nation chrétienne et tous les accessoires. Dans cette course sus aux services publics de tous poils, détricotant sous les hourrah les solidarités du modèle social français – non, celui du triste sire, Hollande, mais – jugez ! – de tout ce qui a été accumulé depuis, au bas mot, la Libération…

Des mots, diront certains, des promesses de campagne à destination de son camp en énorme et insatiable besoin de revanche… Affadissement en vue, eau dans le vin en devenir ? J’ai bien peur que non.

Plus que Fillon, lui-même, ses conseillers, les politiques du parti Des  Républicains qui vibrionnent dans son sillage, il y a les électeurs, ceux de   dimanche, ceux de demain. Nous ne sommes plus dans une époque où un mot pourrait en cacher un autre ! Ce qui est dit, doit être fait, ou du moins tenté, sauf à risquer la mort subite du politique. Voyez notre « mon ennemi c’est la finance »… l’électeur guette le politique, regard méfiant, main tendue du quémandeur. Fillon aura intérêt à servir sa soupe, sinon, gare !

François Fillon et l’Histoire

Ecrit par Gilles Legroux le 03 décembre 2016. dans La une, Education, Actualité, Société

François Fillon et l’Histoire

Les contre-vérités proférées par M. Fillon sur les programmes d’histoire et les attaques frontales contre son enseignement suscitent dans la communauté des professeurs d’histoire-géographie de vives réactions. D’autant plus qu’elles ont été clairement exprimées devant des millions de téléspectateurs. Nous sommes nombreux à considérer cela comme des propos offensants qui dénaturent ce qu’est notre métier. Cet aspect constitue la face « culturelle » du programme d’essence réactionnaire de M. Fillon. Le programme économique et social est l’autre face d’un projet politique qui a somme toute une cohérence idéologique forte.

Parcourons les mesures-phares, dont chacun d’entre nous est libre de penser ce qu’il veut : abolition des 35 heures, abolition de l’ISF, hausse de la TVA de 2 points, baisse massive du nombre de fonctionnaires, réduction du droit des chômeurs, simplification du droit du travail, recul de l’âge de la retraite à 65 ans etc… Tout homme politique qui vise les sommets de l’Etat est animé d’un puissant imaginaire. M. Fillon se voit sans doute déjà en nouveau Reagan ou en fils spirituel de Margaret Thatcher, version 2016. Mais M. Fillon n’étant ni américain, ni britannique, son imaginaire a bien dû puiser quelque chose dans notre bonne vieille terre de France. D’autant que dans notre pays, avec l’empreinte du gaullisme, le libéralisme économique « à l’anglo-saxonne » n’a jamais été un courant de pensée dominant à droite. Mes réflexes professionnels et mon (mauvais) esprit historien me poussant à mettre les choses en perspective, je me suis posé la question suivante : qu’y a-t-il derrière le libéralisme « moderne et adapté aux réalités de la mondialisation » de M. Fillon ? Autrement dit, j’ai essayé de voir quelles peuvent être les valeurs culturelles des droites françaises qui constituent le socle de ce programme ?

D’abord l’expression d’un remords qui taraude une bonne partie de la droite depuis l’élection de Jacques Chirac en 1995 puis 2002 : celle de pas avoir « su faire les réformes nécessaires » et surtout de ne pas avoir été capable de crever l’abcès des 35 heures. Dans l’esprit de nombreux électeurs de droite, peut-être, seul un vrai chef ayant le sens de l’Etat, celui de l’Histoire, l’autorité et le courage nécessaires, peut conduire le navire dans la tempête jusqu’au port du « Renouveau » et résister aux lames puissantes de la contestation sociale que ne manquerait pas de déclencher l’application d’un tel programme… C’est l’image que F. Fillon cherche à donner de lui-même. Il y a là de quoi séduire un électorat à la recherche d’un « homme providentiel » et orphelin du lointain (?) général de Gaulle.

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