Actualité

Risques…

Ecrit par Martine L. Petauton le 04 avril 2015. dans La une, Actualité, Santé, Société

Risques…

On l’a compris avec l’affaire – sa médiatisation, mais pas que – de l’A320 : on veut vivre dans une société sans risques, maîtrisée, disons, à 90%. Les attaques qui se présentent, imprévues, forcément – attentats, accidents où nous ne sommes pas aux commandes, nous !! quand même – deviennent insupportables. Et, dans d’autres domaines, quand il nous faut (faudrait) peser le rapport bénéfices/risques, on sait que le mot « risque » passe à la trappe de nos conscients inconscientisés. Et vite.

Alors là, ça a pris un tour particulièrement bruyant, malmenant, sans que grand monde (plus de techniciens que d’observateurs de nos façons mentales de fonctionner dans les X débats sur la chose ces temps derniers et ce, même passé le « jour du copilote ») ne soit là pour entendre et faire entendre ce qui est le maître-mot : une vie collective sans risques n’existe pas. Sans compter celui-là, non moins important : on vit en société, donc - faudrait-il dire, hélas - on dépend des autres, des avions qu’ils construisent, vérifient, de ceux qu’ils conduisent…

 Quoique, là, ça coince quand même un brin – au moins au premier regard.

Vous êtes – je suis, et pas qu’un peu – bouleversé par ce qui semble s'annoncer comme la cause première, sinon la seule : ce n'est plus la machine toujours un peu étrangère à nous, qu'on devrait condamner, c'est d'un homme dont il s'agirait. D'un homme ? Enfin, c'est vite dit ! Plutôt , de ces monstres rampants en bordure de nos imaginaires, puisqu'il y a du dérangement mental dans l'équation. C'est déjà difficile, pour le tout venant, de penser un crash, sa violence inouïe, sa façon de rayer la vie à la vitesse du son, mais, là, il faut enregistrer quelque chose qui ressemble à une volonté ; un passage à l'acte. Notre rapport au risque est quasi menacé d'éclatement.

Psychose ? certainement pas tout le temps, plutôt schizophrénie dysthymique ? celle qui arrive par crises et repart se terrer des années durant ; celle qu’on sait soigner, surveiller, si c’est fait en milieu psychiatrique, avec traitement réglé ; celle dont, au bout, on ne sait pas tout, selon ce mental, ou l’autre. Celle qui au mieux entrera en rémission, plutôt qu’en guérison... C’est plus compliqué qu’un moteur d’avion, un mental ! Aucune posture déterminée – même avec l’arsenal toujours plus performant de la chimiothérapie. De l’à-peu-près. Loin de toutes les certitudes, ce champ de la médecine : « peu ou prou, le patient nous échappe toujours un peu ; il masque, on se trompe… » me dit à l’instant une connaissance, médecin de la chose. On le sait – faits divers à l’appui – on a peur, évidemment ; certains en viendrait à regretter les anciens bûchers de sorciers. Chaque fois, on se tourne vers ces spécialistes qui, c’est vrai, communiquent peu, bossent et réussissent – totalement, jamais. Un fémur à réparer ! j’en rêve ! me dit la dame…

Nos projections abyssales...

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 mars 2015. dans La une, Actualité, Société

Nos projections abyssales...

Alors, nous aussi, on va parler de l’avion. Parler ? avant que de se taire, aujourd'hui, jeudi 26, par exemple… Jusqu'alors, c'était causer, bruire, frémir, un peu comme dans les manèges, qu'il fallait dire. Quoi de mieux qu'une «  cata » bien télégénique pour rassembler la foule voyeuse...

Qu’est-ce qui explique qu’en boucle, depuis ce matin-là, ce 10h56 à la pendule de l’aéroport de Barcelone, défilent les mêmes images, mêmes interventions d’experts, mêmes immuables et terrifiques plongées sur la faille là-bas, où vibrent ces blancs confettis, d’un infime insolent, digne de l’enfer de Dante : ce qui reste de l’A320 et de ses 150 passagers. Est-ce que c’est la peur ultime – on n’est rien ! – et la frayeur de cette fin-là qui fait que l’évènement-monstre, si cher à nos univers tellement médiatisés, puisse une fois de plus en naître… alors que nous traverse, du coup, l’idée que décidément rien ne meurt tout à fait ; tout se transforme. Même là, même ça.

Un crash ; un accident d’avion – le moyen de transport à l’heure qu’il est, le plus sûr. Depuis 1997, le nombre moyen des accidents est en net déclin. 33 millions de vols en 2014, 1 crash mortel en commercial, tous les 4 millions. Les chiffres de l’A320, fleuron à juste titre d’Airbus, que certains journalistes courageux et honnêtes essaient de distiller ça et là, sont spectaculaires en la matière… Fi ! Cet avion tombe, tous tombent, tous tomberont, et, surtout, le mien, demain ! Tous les jours, de par le monde, il y a des avions qui démarrent mal, arrivent mal, ou décrochent ; on en parle aux infos, vite fait, même quand, en Afrique, il y a une pincée d’années, toute une équipe jeune et irremplaçable, nationale de foot, celle de Zambie, est rayée d’un coup d’ailes brisées… Mais c’est loin, c’est en pays « des sud », sans technique, ni personnel à la hauteur probablement ; savoir si de simples gorilles ne tenaient pas le manche, ce coup-là ? L’ailleurs alimente forcément moins nos projections, qu’ici – Europe, entre Barcelone et Düsseldorf, où tout le monde – ou ses gamins a minima – a posé ses françaises fesses, un jour… victimes toutes, blanches, européennes, de mon milieu, du vôtre, de ceux, qui, pas précaires encore, ont une connaissance intime, pas forcément fréquente, de l’aéroport, l’enregistrement, l’embarquement, les places hyper-mini, et le décollage – vous avez peur, vous ? La reprise des babillages, arrivés à 10000 (– vous pouvez décrocher votre ceinture…). Proximité chère au journal du bon Pernaut : et si c’était moi ? Projection première – entendons mi-fantasme mi-rêve, de haute teneur en milieu humain. Cette projection-là, ce happage de l’imaginaire plus ou moins fugace, qui d’entre nous tous peut lever le menton, en disant : pas moi ! Mais il y a les autres projections, toutes les autres. Celles qui sont plus tordues, qui laisseront plus de traces. Toutes celles qui galopent, grandissent, prospèrent en ordre dispersé depuis ce matin-là. A commencer par ces sujets ou l’entier de ces débats sur le prétendu techniquement sûr de ces super avions type A320. La frousse ne peut que vous saisir, en entendant ces « anciens commandants de bord » – ce qu’ils sont nombreux ! – vous raconter (mode : je ne le dis qu’à vous !) comment au début, dans le cockpit bourré d’électronique, ils avaient pédalé dans la choucroute, fait quasi essai-erreur, avant de fréquenter convenablement « la merveilleuse machine »… Un ange passe : l’animateur du débat demande, comme discrètement, l’âge du commandant de bord de l’avion tombé dans les Alpes ; et vous, vous méditez sur votre machine à laver, qui, vrai, est beaucoup plus en panne depuis les nouveaux modèles électroniques, sans toutefois se crasher totalement au fond de votre salle de bain. La conclusion s’impose (et va s’encastrer dans plus d’un cerveau) : la machine remplaçant l’homme, c’est pratique et si peu fatiguant (à écouter BFM, j’ai comme l’impression que conduire un Airbus, c’est facile !), mais rien ne vaut la main de l’homme ; vieux comme tous les débats pseudo-philosophiques depuis les années 1830.

Nos chers départements

Ecrit par Sabine Aussenac le 27 mars 2015. dans La une, France, Politique, Actualité

Nos chers départements

Nous guettions les voitures du haut du muret de pierres sèches, lorsqu’elles foulaient le thym et les herbes folles du sentier, serpentant jusqu’à notre toit du monde tarnais. Lorsqu’elles tournaient, au coin de la source, ce sont les plaques que nous regardions en premier, tout en écoutant les joyeux coups de klaxon. Le 56 annonçait les cousins de Bordeaux, le chat Titus et des semaines de rires et chatouilles, de confidences et de promenades ; le 31, c’était une plaque rare, celle des cousins de Vacquiers, les quatre frères farceurs qui nous tiraient les tresses et nous poursuivaient jusqu’au ruisseau ; un été, j’en vins à guetter le 08, car nous avions repris contact avec ces amis des Ardennes, où mon père était un temps allé civiliser le Nordiste, et j’avoue que les beaux yeux de Franck me semblaient couleur de Meuse : je savais que nous évoquerions la Place Ducale, nos enfances et Rimbaud…

Nos départements. Nos chers départements. Ceux dont nous apprenions, les doigts pleins d’encre violette, la liste interminable que nous n’utilisions qu’assis, sans ceinture, dans la 404 qui nous menait vers les plages, l’été, ou vers l’autre côté de moi, là-haut, en terre rhénane… Je les revois, les jeux de nos enfances sans Gameboy, ni IPod, ni smartphone, quand seuls les paysages et les voitures croisées ou dépassées égayaient nos trajets : il y avait le 11, qui nous faisait passer la Montagne Noire et nous offrait, à peine dépassée Labastide-Rouairoux, le concert des cigales et cette belle odeur de garrigue… Et puis le 34, tellement festif, tellement estival, l’apercevoir au dos d’une DS nous amenait d’un coup d’un seul à sentir la brûlure du sable sous nos pieds nus, il nous guidait vers Sète, vers sa digue et son cimetière marin… En « montant » vers l’outre-Rhin, on en croisait, des 75, et l’immanquable « Parisien, tête de chien » résonnait dans la Peugeot, tandis que notre père nous reparlait de ses années à l’ENSET de Saint-Cloud et que notre mère nous racontait l’année où elle avait été fille au pair chez Piem.

Plus tard, j’ai grandi. Sans passer jamais mon permis, mais je sillonnais notre belle région en vélo, et rêvais, là aussi, en voyant passer les 12 qui fleuraient bon le Roquefort, les 46 aussi éblouissants que le Quercy Blanc, les 09 aux allures de névés et de torrents… Parce que les départements, et leurs fameux numéros, pour moi qui détestais les maths, c’était le repère de cette France que j’aimais tant, joli découpage aussi précieux que les dentelles de l’Histoire, aussi logique et attachant que les spécialités qui faisaient et font toujours leurs renommée… Pensez-donc, à Toulouse, ma chère ville rose, impossible de trouver un « poumpet » (prononcer « poummpètt »), ce délicieux étouffe-chrétiens au parfum inimitable, pourtant fabriqué à quelques encablures du Capitole… Vous ne pourrez pas non plus acheter de Melsat, ce boudin blanc tarnais, pourtant si apprécié passé Revel ou Lavaur… C’est que si nos régions ont du talent, comme dit la Réclame, nos départements en ont encore plus, chaque commune recelant en ses recoins la véritable couleur de la France… Et c’est aussi de cela qu’il sera question dimanche, lorsque vous irez, bien sûr, voter !

Elections ? Quelles élections ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 21 mars 2015. dans La une, France, Politique, Actualité

Elections ? Quelles élections ?

Phrase d’un simple « sans culotte » en 1793, lors de la réunion de sa section populaire : « On entre dans un lieu où il faut penser en homme et se conduire en républicain… ».NB : c'était un temps où on cherchait à donner du sens au mot  « politique »

 

On voterait donc demain ? C’est ce que j’entends – pas fort, c’est vrai. Pour qui, pour quoi ? C’est une autre affaire. Ce qu’on sait, qui bruisse partout, comme insupportable bourdonnement de la mouche en passe de vous saper votre sieste, c’est : 1) – il y aura des élections, et à la fin, c’est le FN qui gagnera ; 2) – la gauche va se prendre la pâtée du siècle (c’est pas déjà fait, ça ? Ce sera pire, on vous dit). Quand on connaît d’avance le résultat du match, seuls quelques égarés – sourds peut–être, décapsulent une bière devant l’écran…

On est supposé se prononcer demain, et « l’autre », comme disent les minots, pour élire des troupées de gens ayant charge des départements, pour quelques années quand même. Cantonales ? Pas tout à fait ; Départementales – nouveau nom ; probablement, enfin certainement. Élire ; soit, dit le péquin de base en posant sa casquette, oui, mais – dirait en sciences de l’Educ notre bon Meyrieux – comment ? Puis, comment ça marche ? Et – semble presque s’excuser l’impétrant-citoyen – en vue de quoi ?

Que de quoi !! s’énervent les législateurs ! Pourtant, simple – peu ou pas expliqué, vrai ; confusions à tous les étages ; encore vrai – mais faut-il avoir réussi le grand oral de la chère ENA pour saisir que nous élisons (tous et toutes, d’un coup ! attention pas de zones de paresse cette fois) nos conseillers généraux, en voie de changer de noms, devant siéger dans des conseils généraux dont l’existence à venir est – disons, pour faire simple – aléatoire, afin qu’ils gèrent nos départements sur siège éjectable (insistait encore, il y a peu, notre Manuel national : « les départements ont vocation à disparaître »…).

Bon, cours de yoga : respirons un bon coup.

Programmes de ces étranges terres qui ont du coup beaucoup à voir avec les sables mouvants ? Du flou ça et là ; forcément. Quid par exemple des « compétences » des départements ? Collèges ? (cela a varié entre maintien et passage à la région), cantines ? Routes, mais lesquelles ? On vous affirme qu’on « y travaille » dans le cadre de la réforme des compétences des territoires, en plein chantier – mais – on s’en frotte les yeux – ne vote-t-on pas demain ? Pstt ! Yoga ! respirons. Mais, retour au pays des sables mouvants du Mont Saint Michel, quand on pèse la motivation d’un électeur déjà rare en bureau de vote ! On entend les dégâts de Marseille à Lille ! A-t-on dans les hautes sphères pensantes qui conseillent nos gouvernants pesé l’équilibre bénéfice-risque, autrement qu’au retour d’une énorme beuverie ?? « bon sang, mais c’est bien sûr ! », et Bourrel d’enlever sa pipe : le Front National en haut de l’affiche ! Croyez-vous ?

Vous me direz, pour autant, on a les binômes… La duplette 1 homme/1 femme ; changez de cavalier(ère). Nous élisons non, un, ou une, mais un et une ; et ceci, en scrutin binominal à deux tours (une  rareté dans le monde) ; yes, madame ; ça peut au moins faire frétiller le croupion nationaliste des dames frontistes ! On en a ri – c’est déjà ça – en compulsant justement les listes du Front National, ayant dû (pôvres !) aller pécher des crevettes quasi centenaires, qui – elles l’assurent – n’ont pas compris ce qu’elles ont signé. Mais, à part ça (je m’en ouvrais sur un ton excédé, ce tantôt, avec une proche amie savante en tout), cette façon de poser la femelle – automatiquement – en bordure de son bonhomme politique a de quoi agacer. Comme un parfum de Moyen-Âge, type : a-t-elle vraiment le même cerveau ? Or, il semblerait que ma façon d’envisager l’attelage manquait, m’expliqua l’amie, de profondeur de vue ; fallait y voir une manière de passer en force, pour, une fois dans la place, investir (et savoir le faire) le vrai pouvoir… autant dire des Ulyssettes, vengeant les antiques Juppéettes. Vu comme ça, n’est-ce pas la seule ou pas loin bonne nouvelle de ces élections ? Allez, je change le titre : « quelles élections ? celles de la prise de pouvoir des femmes »… en avant les binômes, et chaussons nos lunettes de restes de suffragettes ; c’est qu’il ne faut pas se gourer, ici, à Montpellier, entre les listes de Gauche rivales et démultipliées. Encore un petit coup de pouce, du reste, à la vilaine bébête qui monte ou à cette abstention – ici 55 à 60% s’annoncent, de tous ceux, mécontents, ou n’y comprenant goutte, qui iront au Petit Travers entamer la bronzette.

La vraie question, au bout, en regardant cet « évènement-élections » type-cherchez l'erreur, ou bien débusquez l'intrus, serait sans doute : pourquoi avoir laissé ces dates-là, et ne pas avoir repoussé ces urnes de printemps à l'hiver, avec les Régionales ? Histoire d'en avoir fini avec le chantier réforme des territoires et d'ouvrir la porte sur un vrai programme. Certes, comme on dit dans les vieux grimoires, c'eût été alléchant ; las, notre démocratie et nos institutions ne permettent pas – et c'est heureux – de toucher aux structures, comme de simples Lego. Or, la date des élections est une structure, en habits de conjoncture.

Mais, quoi ! La démocratie, faut souffrir quelquefois ! «  Pour que ma voix porte, je vote ! » affiche ma chère Gazette, cette semaine. Et nos doigts de citoyens un brin,  fatigués, de se croiser... 

L’œil de Claude : de l'éclipse à la mort de la Calypso

le 21 mars 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude : de l'éclipse à la mort de la Calypso

« Celui qui a inventé le bateau a aussi inventé le naufrage », disait Lao Tseu… A force de nous mener en bateau, nos politiques, à bâbord surtout, risquent de faire naufrage aux prochaines élections départementales, où de grosses vagues bleu marine sont attendues… Une sorte de « marée du siècle », revue et corrigée !

 

Dans les cieux, la Lune a fait de l’ombre au Soleil… Finalement, tout est rentré dans l’ordre… A présent, place au printemps, synonyme de « plein soleil », de renouveau !

 

Cousteau, Calypso, Concarneau… En trois mots, voici résumée l’odyssée du navire océanographique du « Pacha » au bonnet rouge, accessoire vestimentaire devenu, il y a peu, le symbole d’une Bretagne tempétueuse. Cela va faire huit ans maintenant que la Calypso, abandonnée de tous, croupit dans un hangar, à Concarneau, dans le Finistère, autrement dit, là où finit la terre… Condamnée à l’oubli, elle ne reprendra sans doute plus jamais la mer !

Quelle triste fin pour cet ancien dragueur de mines qui, des décennies durant, a emmené équipage et téléspectateurs sur et sous les océans du monde entier et sera finalement vendu aux enchères, comme une vulgaire pièce de collection ! Souvenez-vous, Calypso, la nymphe, était parvenue à garder Ulysse auprès d’elle pendant sept longues années, sur les dix qu’avait duré son voyage de Troie à Ithaque !

Une histoire de gros sous, à l’origine de cette décision, nous vole une fois de plus une part importante de notre patrimoine affectif. Le bateau amiral transformé en « vaisseau fantôme » rejoindra certainement Le Monde du silence, film réalisé en 1956 par le Commandant Cousteau et Louis Malle, et Palme d’or au Festival de Cannes !

L’agonie est-elle vivable ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 14 mars 2015. dans La une, Actualité, Société

L’agonie est-elle vivable ?

Au moment où, à l’assemblée nationale, s’échangent, au sujet du projet de loi sur la « fin de vie », des arguments de droit : droit au respect absolu de la vie, d’un côté, droit non moins absolu à disposer de celle-ci, de l’autre, il n’est pas inutile d’en revenir aux faits, lesquels dépassent largement le problème posé par l’euthanasie dite « active » (l’administration d’une substance létale, par opposition au simple arrêt des traitements, euthanasie dite « passive, déjà prévue par la loi Léonetti d’avril 2005).

La véritable question se formule ainsi : dans nos sociétés modernes, l’agonie est-elle vivable ? L’agonie, ce compte à rebours vers la mort, qui se déclenche, de manière souvent brutale, dans n’importe quelle pathologie avancée.

Pour les familles, la réponse est : non ! Impossible de « gérer » cette situation, de supporter les accidents aigus qui surviennent au décours de cette phase : hémorragies, asphyxie, douleurs paroxystiques, convulsions, etc… l’entourage s’affole, ne sait que faire, imagine qu’il y a peut-être (sûrement ?) quelque chose à faire. D’où une occultation de l’agonie, dont la prise en charge est déléguée (reléguée ?) à la médecine. On hospitalise juste pour mourir, sans autre objet que de soulager les proches, de les libérer à la fois d’un fardeau et d’une responsabilité : impossible désormais de mourir chez soi. Mon propre père, médecin et pourtant résolu à finir à son domicile, fut malgré tout emmené par la SAMU, au moment où sa maladie de Parkinson l’empêchait de parler et de s’alimenter. « Vous comprenez, madame, dit doctement l’urgentiste à ma mère, il peut avoir des crises d’étouffement… ».

Et quid de l’intéressé lui-même, du mourant ? Là les choses se compliquent. Certains supportent ce que d’autres ne supportent pas. L’exigence de ne pas avoir mal est maintenant prise en compte dans les services de soins palliatifs et même par les généralistes en ville, lesquels ne lésinent pas sur la morphine. Mais cela suffit-il ? Une des avancées considérables du projet actuellement discuté est l’arrêt de toute manœuvre invasive visant simplement à la survie et non plus uniquement à la guérison : alimentation, hydratation. Cette dernière, en particulier, suppose la mise en place d’une sonde gastrique : un petit tuyau introduit dans l’orifice nasal et qui descend jusque dans l’estomac. Pratique courante, classée « palliative » et décidée sans l’accord du patient. Vivable ou pas vivable ?

L’œil de Claude : de l'inadmissible au soleil pour demain

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 14 mars 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude : de l'inadmissible au soleil pour demain

Ils ont osé

« Ils » ont osé, osé s’attaquer à des joyaux du patrimoine irakien… Adieu, ville fortifiée de Hatra, fondée il y a plus de 2000 ans ! Adieu, cité antique de Nimroud, construite au XIIIe siècle ! Adieu, musée et bibliothèque de Mossoul ! Adieu, mausolée Nabi Younès, citadelle de Tal Afar et site archéologique de Khorsabad, l’une des capitales de l’ancien Empire assyrien !

De nouveau, des actes insensés, lourds de conséquences, qui mettent en lumière – expression malheureuse – l’obscurantisme le plus crasse… Crasse, masses et bulldozers !

Il est difficile, parfois, de mettre des mots sur la bêtise humaine, sur l’irréparable… Alors, place au recueillement !

Solar impulse 2

Voler, bien sûr, mais uniquement grâce au Soleil, ce « bienfaiteur de l’humanité ». Pourtant, on le sait bien, l’astre du jour avait fait preuve d’une incroyable cruauté envers Icare… Aujourd’hui, des milliers de cellules solaires, capables de faire tourner quatre moteurs électriques, ont remplacé la cire, fatale au héros de la mythologie grecque !

Solar Impulse 2 s’est donc envolé d’Abou Dhabi, pour un tour du monde en 12 étapes, en mettant d’abord le cap sur l’Inde et la Chine, comme dans Le Tour du monde en 80 jours. Souvenez-vous, les premières escales avaient pour nom Bombay, Calcutta et Hong Kong… Pour cette nouvelle aventure, l’aéronef de 72 m d’envergure, qui devrait parcourir quelque 35.000 km, fera sans doute oublier le chemin de fer et le paquebot, chers à Jules Verne !

L’élégant oiseau, piloté à tour de rôle par Bertrand Piccard, qui, en 1999, passa Trois semaines en ballon autour du globe, et André Borschberg, ancien pilote de chasse, fera certainement sensation pendant les cinq mois que durera le voyage. Objet de curiosité et de toutes les attentions, surtout de la part des « suiveurs », il brillera parmi ses « congénères » et révolutionnera peut-être le transport aérien du futur, en ouvrant, çà et là, de nouveaux horizons… Ce genre d’exploit, qu’on qualifierait volontiers de « solaire », réveillera sûrement en nous nos rêves les plus fous… Bon vent !

Mossoul XXIe siècle ; mon cri

Ecrit par Luce Caggini le 07 mars 2015. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Mossoul XXIe siècle ; mon cri

Art ?

Esprit d’unicité avec la matière ?

Le mérite du mérite est la question due au doute. Je me poserai jusqu’à la fin cette question, la dernière porte franchie, je saurai, peut-être.

Eh bien en quelques coups de pioches et de marteaux piqueurs, quelques énergumènes échappés d’un monde infernal, sortis des dessous de la terre ont rapidement et brutalement répondu à ma question. Il m’arrivait de penser à une alchimie bienheureuse entre le temps et les pierres, à des accordailles immuables, une substitution ou mieux un héritage qui me liait quel que soit l’endroit où je serais dans le monde à une patrie reçue en cadeau de noces, un abri de la médiocrité.

« L’enseignement académique de la beauté est faux. L’art n’est pas l’application d’un canon de beauté, mais ce que l’instinct et le cerveau peuvent concevoir indépendamment du canon ».

A Mossoul ces jours derniers ce sont les pierres qui ont manqué de raison et d’instinct car elles qui furent paroles et sueurs méditations et fleurs célestes, vidées de leur lymphe elles perdaient leur sang pendant que des vandales arriérés, bourreaux, aveugles inassimilables assassinaient, sans le savoir, leur Dieu.

Le 8 mars, pour une journée de la paix entre les femmes et les hommes en France

Ecrit par Jean Gabard le 07 mars 2015. dans La une, Actualité, Société

Le 8 mars, pour une journée de la paix entre les femmes et les hommes en France

Contre une guerre des sexes entre de « gentilles » femmes « victimes » et de « méchants » hommes « dominants ». Non 25% n’est pas l’écart de salaire F/H pour le même temps de travail pour le même emploi pour les mêmes qualifications… ! (ne serait-ce pas plus opportun de s’indigner des salaires de 500 fois le salaire minimum ?).

Non les femmes ne sont pas les seules à être victimes des violences conjugales ! Non ce n’est pas en déniant les différences F/H que l’on améliore le « vivre ensemble ».

Egalité hommes/femmes : une revendication sexiste !!!

L’égalité hommes/femmes semble tellement évidente dans des pays qui se veulent démocratiques, qu’être encore obligé de la revendiquer procure un sentiment de honte. Qui oserait s’opposer à ce qui apparaît comme la plus élémentaire des justices ?… Et pourtant, il se pourrait que ce mot d’ordre partant d’une très belle intention ne soit pas seulement un malentendu, mais cache un nouveau sexisme ! Les inégalités créées par des discriminations sexistes, au cours de notre histoire ou encore aujourd’hui, rebutent le citoyen d’un pays moderne. Elles sont les traces d’une époque que nous souhaiterions révolue. Nous n’en voulons plus ! La culpabilité qu’elles engendrent encore chez tout démocrate a cependant tendance à nous aveugler et à faire rimer nos réactions, où la passion n’est pas absente, avec précipitation et confusion. Le caractère exaspérant de certaines distorsions rend en effet tout manque de parité totalement injuste et ce ne sont plus simplement les lois et les comportements sexistes que nous condamnons mais toute différence. Parce que les plus grands abus étaient souvent justifiés par la nature, toute inégalité dans les résultats ou dans les comportements devient aujourd’hui la conséquence du sexisme de l’homme dominant. Celle-ci devient alors inacceptable et toute personne éprise de progrès et de démocratie se doit de la combattre s’il ne veut pas être traité de « macho » et réactionnaire.

Il y a effectivement de très nombreuses injustices à éradiquer et il est vrai que de nombreuses inégalités dans les comportements et les résultats peuvent venir d’une construction sociale et de discriminations sexistes. Ce n’est cependant pas toujours le cas, même si les conclusions des Etudes de genre que nous avons souvent intégrées et qui se veulent scientifiques veulent nous le faire croire (ce que l’on appelle à tort la « Théorie du genre » n’est en fait qu’un postulat).

L’œil de Claude : antisémitisme, fraudes financières et, série TV

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 07 mars 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude : antisémitisme, fraudes financières et, série TV

Boulevard du Palais

Parmi les séries policières françaises, il en est une qui, selon moi, dépasse toutes les autres et résonne comme une bonne adresse, Boulevard du Palais,sur France2. Chaque intrigue réunit outre les seconds rôles, toujours crédibles, un quatuor d’excellents comédiens que sont Anne Richard dans le rôle du juge Lintz, Olivier Saladin dans celui du médecin légiste, Philippe Ambrosini le fidèle lieutenant de son supérieur hiérarchique, le commandant Gabriel Rovère alias Jean-François Balmer.

Ce dernier réussit à chaque fois une époustouflante composition, celle d’un flic marqué par son passé, qui noie sa désespérance dans un torrent d’eau-de-vie qu’il savoure par fiole interposée ou dans un grand verre, en compagnie de ses amis les plus proches, à savoir Dimeglio, l’adjoint au caractère bien trempé, et le docteur Pluvinage, poète à ses heures, déclamant des vers ou les siens propres à un public plutôt hermétique. C’est l’occasion rêvée d’évoquer l’enquête en cours ou, plus sérieusement, de refaire le monde en s’appuyant sur une philosophie de comptoir !

La tendre amitié qui lie Madame la juge et le policier imbibé d’alcool sert également de fil conducteur à la série. Deux êtres inséparables qui avancent souvent en titubant, jusqu’à la fin.

Une série où la plupart du temps la dimension humaine prend le dessus, sans nuire à l’énigme pour autant, grâce à un judicieux équilibre !

 

De l’obscurantisme

A Sarre-Union, le cimetière juif a été profané par une bande de mineurs dont l’irresponsabilité, sans creuser très profond, saute aux yeux. Mélange de désœuvrement et d’inculture qui constituent un véritable danger pour la collectivité ! Pas d’inscriptions vengeresses, pas de revendications précises, juste un geste gratuit, stupide.

La communauté juive est sous le choc et craint pour son avenir, ce qui est parfaitement compréhensible !

Hélas, l’antisémitisme continue de se propager un peu partout, comme une traînée de poudre. Il y a forcément péril en la demeure, et le Président de la République qui, pour l’occasion, s’est rendu en Alsace, a eu raison d’insister sur l’importance de l’éducation à tous les niveaux, principalement au sein des familles et à l’école. Le travail de Titan qui attend les éducateurs, au sens large, doit bien sûr se faire en amont, faute de quoi les irresponsables de tous bords l’emporteront sur l’intelligence et le savoir.

Laissons à Goethe le dernier mot : Le véritable obscurantisme ne consiste pas à s’opposer à la propagation des idées vraies, claires et utiles, mais à en répandre de fausses !

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