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Les raisons d’une défaite

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 05 avril 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Les raisons d’une défaite

Les résultats des municipales qui viennent d’avoir lieu en France ont infligé incontestablement une grande défaite au PS. Comme tous les observateurs de la vie politique de notre pays l’ont signalé, il s’est agi avant tout d’un record historique pour l’abstention. Celle-ci a été différentielle, c’est-à-dire qu’elle toucha essentiellement une partie de l’électorat traditionnellement acquis à la gauche. D’où la victoire de l’UMP (la « vague bleue » annoncée a bien eu lieu) et la percée (d’ailleurs assez relative) du FN. Je vais tenter ici, par une courte synthèse, d’analyser les causes de cette défaite de la gauche de gouvernement.

Il y a d’abord la crise que nous traversons, et qui n’est pas qu’économique. Celle-ci a joué en effet un grand rôle dans le vote sanction subi par l’exécutif français. En ce qui concerne l’économie, alors que le Président de la République François Hollande espérait une croissance de l’ordre de 1,5% l’an (ce que les « experts » avaient annoncé comme probable), pour 2013, nous avons tourné aux alentours de 0,2% ; loin du compte, donc, pour obtenir un début de baisse du chômage (avec accompagnement, grâce aux mesures prises : contrats de génération, emplois aidés, etc.). Il y eut aussi le poids de la montée des autres aspects de la « crise de civilisation » (Edgar Morin) que traverse notre vieux système démocratique : une crise à la fois politique, morale, et culturelle, avec la désunion des gauches, une meilleure connaissance des Français en ce qui concerne la corruption (ce qui est en soi, d’une manière paradoxale, un progrès de la démocratie… !), et le développement de l’indifférence citoyenne. Celle-ci s’ajoutant à la colère des catégories populaires du peuple de gauche.

Il y a ensuite tout ce qui n’a pas été compris, ou accepté, ou mal perçu, dans l’action gouvernementale. Avant tout, l’évolution « sociale-libérale » de la politique économique de l’exécutif (politique de « l’offre », traditionnellement classée à droite, vue comme des « cadeaux » faits aux chefs d’entreprise, en remplacement de celle de la « demande », de type keynésien). Ajoutons le déficit de communication et les couacs gouvernementaux, générant un sentiment d’absence – au moins relative – « d’autorité ». Ce qui pose le problème de la personne même de François Hollande : « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? », se sont dit un certain nombre de français… ! D’où la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre, le 31 mars.

Une autre politique

Ecrit par Jean-François Vincent le 05 avril 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Une autre politique

Le désastre annoncé s’est produit. On compare souvent la défaite actuelle du PS à celle – historique ! – de la droite aux municipales de 1977. Mais comparaison n’est pas raison. En 1977, la gauche, encore unie sous l’égide du Programme Commun (la rupture n’interviendra qu’en 1978), était une force montante, dans le sillage de la quasi-victoire de 1974, où Mitterrand avait atteint les 49%.

Aujourd’hui c’est un parti exsangue, au leader discrédité (Copé), sans idées ni présidentiable décent, qui s’offre le luxe d’une « vague bleue », alors que l’opinion ne le plébiscite nullement… Cette victoire par défaut d’une UMP au petit bras souligne encore l’abîme dans lequel s’est jeté le Parti Socialiste.

La clef du scrutin de dimanche dernier est économique et non politique. Surfer sur la déferlante nationalo-identitaire, comme le fit Valls, n’a en rien limité les dégâts : le Front National triomphe dans une France devenue, en profondeur, raciste et xénophobe. Ce n’est pas sur ce terrain que l’ennemi a investi et pour longtemps qu’il faut se battre, mais sur un autre, celui de l’économie.

Au-delà des revendications « lepénoïdes », que veut l’électorat ? De l’emploi et du pouvoir d’achat. Empêtré dans le TSGC, le traité de stabilité budgétaire européen, le gouvernement se résout à faire encore et encore de nouvelles économies (50 milliards, dit-on) afin de satisfaire à la règle d’or (déficit public ne dépassant pas 3% du PIB). D’où une politique monétaro-déflationniste qui étrangle la consommation des ménages sans même faire diminuer le chômage, qui s’accroît. Certes, la France n’est pas les États-Unis, qui peuvent, même en état de banqueroute, s’offrir le luxe de narguer ses débiteurs. Il faut trouver à emprunter ou « créer » de la monnaie. Mais, pour être politiquement acceptable, les réformes structurelles (assurance maladie, vieillesse, etc…) doivent s’accompagner d’un véritable mieux vivre, au risque de creuser la dette.

Il convient donc de dénoncer le TSGC, d’accepter un déficit supérieur aux 3% règlementaires, de satisfaire aux besoins d’une population, corsetée depuis si longtemps par la vulgate de la pensée économique dominante. Crise européenne ? Sortie de l’euro ? C’est ce que clament, menaçants, les tenants de l’orthodoxie. En fait, aucun pays, pas même l’Allemagne, n’a intérêt à expulser la France. Ce genre de menace se réduit à une simple intimidation. L’objectif d’assainissement des finances de l’état doit demeurer ; mais il faut l’accompagner de mesures destinées à soulager la souffrance sociale. La priorité politique, elle est là.

Sa parole, à elle... et la meute.

Ecrit par Martine L. Petauton le 15 mars 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Sa parole, à elle... et la meute.

Droite, au Grand Journal de Canal, et tout en rose, le regard – mieux que fier, propre à nous donner de la fierté à tous ; Taubira - La justice en colère...

On sait le contenu du feuilleton qui a vibrionné, presque carillonné, d'un bout à l'autre de la semaine. Petit potin médiatique à l'aulne de ce qui finira – si l'on n'y prend garde, par remplacer la vie politique. Chiendent de chaque jour, en voie d'étouffer les salades...

 Des écoutes téléphoniques – conversations entre notre ancien président et son avocat. Sujets – excusez du peu - les  grandes affaires qui - casseroles tintinnabulantes - suivent – normal, un certain  Sarkozy, redevenu  citoyen, et donc,  justiciable, comme vous et moi. Car ce n'était pas de rendez-vous-golf, dont il s'agissait, et la procédure est légale. Élégante, non, mais  la loi se doit-elle d'être élégante... Agréable, pour les avocats, bien sûr que non ! Mais, les textes sont indiscutables. Pas de gangsters en vue, la loi ! « dura lex, sed lex ». Et, d'émission d'experts en JT, a couru toute la semaine, la classique bataille/rengaine des avocats opposés aux juges. Que dit la loi sur ces écoutes ? Qui a permis quoi ?  Qu'est-ce qu'on apprend de ces «  amoureuses conversations » ? Premier round. Pan sur le coin du bec de la Droite et de son grand chef revenu. Second round : Qui savait qu'on écoutait ?  Depuis quand ? Et la Droite de penser voir la faille ( canyon du  Verdon, pour le moins !) : cette insupportable Gauche au pouvoir, savait et ne veut pas en convenir ! Autant dire, le couteau entre leurs pauvres incisives, ils couraient au massacre de Sarkozy-l'en-devenir-terrible-bouteur-de-socialisme-hors-les-murs-du-pays-exsangue.  Meurtre avec préméditation. Dutroux, en presque pire... Dans le rôle des méchants : le sursitaire Ayrault, à la voix encore puissante, le Saint-Just de Valls, tueur de Dieudonné, et de la libertééé d'expression, et... la passionnaria des bananes, la chouchoute de tout bon citoyen de Droite ; le diable  : Christiane Taubira.

 La meute a commencé mezzo-voce, par l'œil frisant l'orgasme, d'un Copé, minaudant que mensonge, la vilaine Gauche chantait à nouveau. Il en  pleurait presque ; derrière, silencieux comme un juré de peine de mort, le rideau sinistre mené par Eric Ciotti, qui, en matière de justice, en connait un bout.

Le sentiment d’humiliation des peuples

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 15 mars 2014. dans La une, Actualité, Histoire

Le sentiment d’humiliation des peuples

Dans cette chronique, et à partir de l’actualité ukrainienne, puisque indirectement cette question touche à un certain sentiment d’humiliation du peuple russe (après l’effondrement de l’URSS et de ses pays satellites, au début des années 1990), je vais tenter de prendre, dans l’Histoire contemporaine, quelques exemples de ce sentiment – réel ou ressenti – d’humiliation. Je me limiterai à trois exemples : celui des Allemands après la Première Guerre mondiale (qui joua un rôle important dans l’arrivée d’Hitler au pouvoir), puis des peuples de culture musulmane, au sud et à l’est de la Méditerranée, surtout arabes (au moins depuis le XIXe siècle), et enfin tout ce qui concerne le peuple russe, et qui se trouve actuellement au premier plan des préoccupations internationales – avec la crise ukrainienne.

Il semble plus qu’évident que le plus fort sentiment d’humiliation – entre ces trois exemples –, et qui eut des conséquences terribles, concerne le peuple allemand après la Première Guerre mondiale. En effet, nous savons le rôle que joua, aux yeux de celui-là, le fameux « Diktat » (« Dictature ») du Traité de Versailles, qui fut un traumatisme considérable ! Au lieu d’aider la jeune République allemande de Weimar (née en 1918-1919), la trop célèbre « Chambre bleu horizon » française imposa des conditions draconiennes, au niveau territorial, financier, et même moral, au peuple vaincu !

L’article 231 de ce traité ne stipulait-il pas que l’Allemagne avait l’entière « responsabilité » dans le déclenchement de ce qu’avait été la guerre… ?! Alors qu’il aurait fallu aider les républicains allemands à mettre en place d’une manière solide – et pour longtemps – leur nouveau régime, on les étrangla, par exemple lors de l’occupation de Ruhr (entre 1923 et 1925), contribuant ainsi à la phase d’hyperinflation que connut le pays, ce trauma qui pèse encore aujourd’hui (en partie) sur les conceptions économiques monétaires de l’Allemagne… ! Rappelez-vous de ces travailleurs allemands – et encore, les salariés n’étaient pas les plus touchés par ce phénomène – allant chercher, chaque jour, leur salaire, avec une brouette, étant donné le nombre de billets nécessaires ! Le mark n’avait plus aucune valeur… ! On comprend que, dans ces conditions, Hitler et son parti (le NSDAP, ou parti nazi) surent jouer de tout cela. De plus, la « Grande Dépression », commencée en 1929 aux États-Unis, remit un second coup sur la tête de cette pauvre République de Weimar, qu’il aurait fallu aider à ce moment-là, alors qu’elle entraîna le coup de grâce, avec l’arrivée au pouvoir des nazis en janvier 1933.

L'insupportable d'un Buisson...

Ecrit par Martine L. Petauton le 08 mars 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

L'insupportable d'un Buisson...

L'insupportable, dans l'affaire Buisson qui tambourine à la porte d'une UMP-petite mine, en cette fin d'hiver, est-ce vraiment l'éclairage de ce sinistre personnage ? Pile mon contemporain, du reste, à quelques mois près – itinéraire intellectuel et politique à l'autre bout du mien. Buisson, le gars élevé dans l'amour de Maurras,  anticommuniste viscéral, qui refusa au lycée, de respecter une minute de silence en mémoire de victimes de l'OAS, sur laquelle plus tard, il écrivit son mémoire de maîtrise, sous la houlette d'un Raoul Girardet ( « le mouvement Algérie Française »), qui doit valoir son pesant.

 Personnage peu fréquent dans les amphis d'Histoire – ceux de son acabit, étaient plutôt en Droit -  qui, à peine arrivé en fac, fit le coup de poing contre le Mouvement du 22 Mars. J'en demeure songeuse ; un autre 68 !! Étonnant, ces trajectoires ;  jeune intello historien,  pro-OAS, Vichy au cœur ; « parachutiste!! » disait Maxime. Ca se peut donc ?  

L'insupportable, est-ce encore son itinéraire d'homme ? Très peu d'enseignement ( on imagine la perte pour les minots, notamment des quartiers difficiles, ou ceux du Nord où je commençais ma carrière !) ; du journalisme d'opinion, bien cassant, glauque, méchant à n'y pas croire ; de la haine en pages : «  Minute », qu'il dirigea un temps, avant  de bifurquer vers  des domaines plus calmes, comme «  Valeurs actuelles », et de devenir – pas toujours à visage découvert, un homme de média - TV, notamment. Mais,  de là, encore,  à diriger la chaîne Histoire !! comme une erreur noire reconduite par ricochets...

Incongrus ou parfaitement logiques après cette genèse, ses engagements politiques ?  Il aurait pu – dû, gagner les rangs, un peu trop, pour son goût, clairsemés, de l'extrême droite, remontant peu à peu les marches de la notoriété, dans les années 80/90. Mais l'homme – ça se sentirait presque en l'observant – les mimiques, la démarche, préfère être, un qui influence, plutôt qu'un qui marche avec.  Les arrière-scènes, les bars, resto, où on peut convaincre dans l'ombre, voilà son univers. Et, il s'y adonnera avec succès, d'un De Villiers, dont il conduira la campagne en 1995, autour de ces idées de souverainisme où il nage encore si bien aujourd'hui, jusqu'à N. Sarkosy qui l'approcha ( ou le contraire ?) dans ces années-là. Pot de soupe à tout mécontentement, un peu, où mijotait déjà le Populisme. Convaincre Sarkosy, s'en faire entendre, en exiger du respect, au tournant de sa campagne en gloire de 2007, n'était pas de la compétence du premier venu... est-ce ce projet, ce modèle, de syncrétisme des pensées de Droite – du FN au RPR, au PR ; ce goût des dénominateurs communs faciles à vendre, convoitables, qui a séduit Sarkosy ?   Peut-être. Cette magie du «  tous ensemble... », à droite aussi  ?

Femmes… quelques-unes des miennes…

Ecrit par Martine L. Petauton le 08 mars 2014. dans La une, Actualité, Société

Femmes… quelques-unes des miennes…

Non, ce n’est pas pour cette journée – des animaux, du miel-bio... des femmes. Journée des hommes, quand ? Je prépare ma gerbe ?

Horripilant « posé » sur le calendrier, comme pour s’en débarrasser, une fois l’an, pour repartir, armés – mieux peut-être – vers le mépris, l’utilisation, l’instrumentalisation, le rire gras, les coups bas, ou les coups tout court… On sait… Étrange son de commémoration, comme si le peuple des femmes était mort ! Non, ce n’est pas pour le 8 Mars, mais c’est quand même cette date qui s’affiche ce jour sur notre Reflets… Donc !

 Quelques-unes… les mêmes que toi ? Et, toi, qui dis : pourquoi a-t-elle oublié celle-ci ? Je n’oublie rien, je laisse venir… des prénoms en vrac, comme autant de pétales – rouges souvent – divaguant, surnageant, survivant, toujours.

Antoinette, particulièrement cette année… la constance de son combat presque institutionnel, vieillissant avec nous, mais d’abord, chez moi, Simone : un «Deuxième sexe  », dans ma bibliothèque, livre corné, souligné, presque abimé depuis ce 68, où il m’accompagna – viatique de chaque souffle… Simone, l’autre, et pour la contraception, et, surtout, pour la femme/conscience revenue d’Auschwitz… et j’en vois encore une autre, là-bas, celle d’Yves – yeux clairs de Casque d’or malgré la vie et les ravages.

Danielle, celle des camps, qui aurait pu entrer avec Germaine et Geneviève, au Panthéon dont je vous parlais la semaine dernière… l'autre Danielle, la militante,  celle de François, image vivante et claire des valeurs portées.

Quelque part, cette Olympe, qui voulut en ces temps de libération de l’homme, une Déclaration des Droits de la Femme, qu’on salue, pour le courage, mais en devinant que ce chemin de sexes séparés, comme espèces ennemies, ne mènerait pas loin…

Les 4 choix de F. Hollande

Ecrit par Martine L. Petauton le 01 mars 2014. dans La une, Actualité, Histoire

Les 4 choix de F. Hollande

Ils sont 4, ces mousquetaires de la mémoire, tous pour un, accrochés aux valeurs les plus hautes : la Résistance et les droits de l’homme…

Tous, ils ont vogué au plus fort des tempêtes sous le drapeau du chef, Charles de Gaulle, disant – et, on n’y revenait pas : « Résister, c’est savoir dire non ! ». Tous, absolues images – modèles, plus qu’icônes immobiles – pour servir au façonnement des petites têtes des écoles, ouvrant les yeux sur les valeurs. Des dieux, ces 4-là ? Vous n’y songez pas ! Des hommes et des femmes portant haut ce nom d’« humanité ». Celle qui chante le courage et le front fier. Celle qui ressemble à chacun, en idéal, et, qui du coup, nous donne à penser : ils l’ont fait ! On peut donc essayer, vouloir…

Deux hommes : Jean Zay, Pierre Brossolette. Deux femmes : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz.

Prérogative – magnifique outil – de la Présidence de la République, que de dire : ceux-là sont dignes d’entrer au Panthéon ; ils « sont » la France ; ils « sont » la République !

Mais, le choix, mais le tri ! Celui-là, et pas celui-ci ! Celle-ci plutôt que celle-là ! Un pesage d’orfèvre, où chaque once de « pourquoi lui » ajoute ou retranche les points qui, au bout, accouchent de l’élu.

On vous aura reconnu, monsieur le Président, derrière votre balance : l’Histoire, la Résistance, mais aussi l’intellectualité, et la liberté. Le goût et le besoin d’honorer la politique… le chemin, donc – François Mitterrand aurait apprécié. Et puis, bien sûr, la parité ! où, au Panthéon, elle murmure encore bas.

Sans doute, vous aura-t-il fallu battre d’autres cartes, avant de les abattre, celles-ci, sur notre table démocratique. On les devine : donner un portrait de la Résistance, sans laisser dans l’ombre trop de visages ; sans commettre d’erreur – d’oubli, fatals à l’équilibre de ce qu’elle fût ; faire ce devoir d’Histoire, en pensant à aujourd’hui, et, notamment aux forces politiques de votre majorité et bien sûr de l’opposition – démocratique, s’entend. Les Gaullistes, oui, lesquels ? les Socialistes ou radicaux, qui ? Les Communistes – fort contingent de résistants ; qui prendre dans le lot des méritants ? Pourquoi Jean Zay, et pas Georges Mandel ? ou Léon Blum ? ou Marx Dormoy ? et… côté femmes, pourquoi laisser à la porte une Lucie Aubrac, une Marie-Claude Vaillant-Couturier, ou une Danielle Casanova… Dans ce ballet des ombres, le courage, la vaillance et le marquage de route ne manquent certes pas, et je suppose – vous connaissant – que chaque nom « reposé » a dû vous coûter !!

Quand les peuples se lèvent...

Ecrit par Martine L. Petauton le 22 février 2014. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Quand les peuples se lèvent...

...Et, que du coup, se lèvent aussi l'émotionnel, et son doux cortège de compassionnel. Nous,  unanimes dans l'effroi, après l'avoir été dans le partage d'enthousiasmes, tout autant d'un seul bloc ! Un pour eux tous, et de ne pas y regarder de si près dans le pot où mijote telle ou telle révolution.

 Il est question de nous – pas sur les barricades, mais devant nos TV, dans le meilleur des cas, un vague journal en mains. Nous sommes ces jours-ci, ailleurs que dans le froid de Kiev ; nous ne sommes que des « citoyens-regardeurs ». Sachons ce que nous sommes, modestes et peu activés pour lors.  Trop tôt pour le recul ; l'analyse commence juste à se mettre en place ( les évènements d'Ukraine, dont les images frappent à notre porte, chaque JT que je ne sais qui fait, n'ont d'âge – face active du moins, que d'à peine 2 mois).

  Nous – notamment, Européens et Américains forcément moins bruyants – c'est où, l'Ukraine ? avons le nez sur la mitraille et sur ce nez, la poudre qui va avec. On n' y voit pas très clair ; c'est par où, la vérité ? Et le côté « définitivement  juste » ? ( les «  gentils », disait quelqu'un dans FB, il y a une pincée d'heures, avec un rien de brutalité, mais aussi la pertinence qu'il faut !),  va-t-on signer de suite et devant notaire, son identité ? Sera-t-elle validée, cette pseudo vérité, par les semaines qui vont suivre, et par l'Histoire, après ? Méfions nous toujours, cette Histoire, de la fabriquer trop tôt, de l'écrire, fumante. Méfions nous de ces élans – un peu toujours les mêmes – et viva Khomeiny ! Et en avant, toute et que pas un ne manque pour soutenir Lech Walesa … quelqu'un le signalait du reste via FB, là, aussi - «  faut voir comment il a tourné ! ». oui, parce que tout ça «  tourne », et souvent, vite. Loin de moi, pour autant, l'idée de dire : silence, et attendons la suite !  Nous nous positionnons, ici et maintenant, sur ces faits ou ces autres ; avoir en tête que la vérité sortant du puits ne mange pas de ce pain là, est, si nous sommes vaguement citoyens, vital.

Car – me direz-vous, ne rien dire ! aucun hourra ! Aucun encouragement – de la voix et de la plume, et même, modestement, par un like-FB,  pour ces peuples qui se lèvent – mélangés, c'est certain, mais dont la force, les cris, le sang ( encore un mot très «  facebooké » ces heures dernières) nous happent, nous interpellent, nous font pleurer, prier, que sais-je !

Grave pollution à la Bastille

Ecrit par Johann Lefebvre le 01 février 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Grave pollution à la Bastille

« Les gens faibles sont les troupes légères de l’armée des méchants.

Ils font plus de mal que l’armée même : ils infestent et ils ravagent ».

Chamfort

 

« Grave pollution à la Bastille : la chaussée a été souillée par du fumier épandu sous la pluie, la police a comptabilisé 17000 étrons ».

C’est ainsi que je commentais, dimanche 26 janvier 2014, sur Twitter, la manifestation intitulée « Jour de colère » qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes, place de la Bastille, à Paris. Composée de multiples mouvements collectifs et d’individualités relativement variées, nous pouvions cependant y déceler un socle commun, assez répandu en France, mais qui était là porté à son paroxysme, sous des slogans et des bannières nauséabonds. Typiquement, nous avions sous les yeux une xénophobie, à prendre strictement sous son sens étymologique : la peur de l’autre, de ce qui est étranger, différent de soi. A cela s’ajoute une bonne couche maussade alimentée par une compulsion comparative. L’art du français moyen consiste à regarder comment ça se passe chez l’autre, chez son voisin, y déceler des avantages, des vertus ou des privilèges que lui n’a pas à sa disposition. Ça excite sa jalousie naturelle, puis ça l’exacerbe, il se plaint de ne pas bénéficier des mêmes faveurs. Il se plaint, toujours reluquant chez son prochain pour constater que ce dernier n’a pas nécessairement les mêmes difficultés, et pire, qu’il s’en sort beaucoup mieux… Par un étrange processus psychologique, il va alors considérer cette différence comme un défaut. Il va même en faire d’abord le défaut propre à son voisin (la paille dans l’œil du voisin, la poutre dans le sien…), alors qu’à l’origine c’était bien une qualité ou un avantage qu’il reluquait – pour le déplorer. Et ce défaut, qu’il va constater un peu partout, il va ensuite en faire un défaut général, étendu à la société entière.

Vous avez compris. Reste à trouver les responsables d’un tel état de faits intolérable, car cet abruti jaloux va prendre, au sein de la société mais également au sein du moindre groupe social auquel il appartient, toutes les différences pour des inégalités, obligatoirement produites par un groupe ou des intérêts spécifiques.

Dies Irae ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 01 février 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Dies Irae ?

Le titre même de la manifestation signe le contexte confessionnel dans lequel elle a été conçue. Béatrice Bourges, la figure de proue du « Printemps français », nom choisi par analogie aux « Printemps arabes », avait clairement laissé entendre qu’ils n’en resteraient pas là : le combat continuerait.

Il continue avec un objectif ouvertement « révolutionnaire » : chasser Hollande. Le leitmotiv, pour ne pas dire l’unique slogan, se résume en ceci : « Hollande dégage ! ». En guise de justifications, se bousculent toute une série de thèmes, comme le « matraquage fiscal », la défense de la famille (promue par les anti-loi Taubira), voire même de l’identité française (Bloc identitaire) ; même les « bonnets rouges » et Dieudonné apportent leur caution et leur soutien.

Ce remake du poujadisme (« sortez les sortants » hurlaient les affidés de l’Union de défense des commerçants et des artisans, dont Jean-Marie le Pen, qui fut élu, pour la première fois, aux élections législatives de 1956) obéit à la logique institutionnelle : le centre du pouvoir – de la IVème à la Vème république – s’est déplacé de l’assemblée nationale à l’Elysée : il n’y a donc plus qu’UN sortant à sortir : le président, et de quelle manière ! Les formules exécratoires de cette liturgie médiévale des défunts trahissent presque une volonté de maudire : « maledictis, confutatis, flammis acribus addictis », « Que soient confondus les damnés, voués aux âcres flammes ».

Les portes de l’enfer s’ouvrent donc devant François Hollande… Cela fait penser aux prières de malédiction prononcées par le rav Yossef Ovadia à l’encontre d’Ariel Sharon, chef du mouvement ultra-orthodoxe Shas, peu après l’évacuation de Gaza par les Israéliens : « Dieu le frappera une seule fois et il mourra. Il dormira et ne se réveillera jamais ». Quelque temps plus tard, Sharon tombait dans le coma, pour ne jamais en sortir…

Gageons que, pour sauver son âme, Hollande récitera avec ferveur la suite du poème : « voca me cum benedictis », « Appelle-moi parmi les bénis ».

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