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« 50 nuances de haine »

Ecrit par Kamel Daoud le 20 décembre 2014. dans Monde, La une, Religions, Actualité, Politique

« 50 nuances de haine »

Actu/urgence : Notre ami Kamel Daoud est victime d’une fatwa majeure, le menaçant de mort, par le fait d’une mouvance salafiste algérienne. Solidarité avec K. Daoud, et indignation devant de telles pratiques obscurantistes !

La rédaction de Reflets du temps

 

Question fascinante : d’où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l’histoire et dans leur mémoire dès que quelqu’un pense autrement qu’eux ? La peur d’être dans l’erreur les poussant donc à imposer l’unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l’Autre ? De toute une histoire d’échecs, de frustrations, d’amour sans issue ? De la chute de Grenade ? De la colonisation ? Labyrinthe.

Mais c’est étrange : ceux qui défendent l’islam comme pensée unique le font souvent avec haine et violence. Ceux qui se sentent et se proclament Arabes de souche ont cette tendance à en faire un fanatisme plutôt qu’une identité heureuse ou un choix de racine capable de récoltes. Ceux qui vous parlent de constantes nationales, de nationalisme et de religion sont souvent agressifs, violents, haineux, ternes, infréquentables et myopes : ils ne voient le monde que comme attaques, complots, manipulations et ruses de l’Occident. Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l’Afrique où l’on meurt quand cela ne les concerne pas : Dieu a créé l’Occident et eux comme couple du monde, le reste c’est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L’abbé Pierre n’est pas un emploi de musulman ?

Laissons de côté. Gardons l’œil sur la mécanique : de quoi est-elle le sens ? Pourquoi l’identité est morbidité ? Pourquoi la mémoire est un hurlement pas un conte paisible ? Pourquoi la foi est méfiance ? Mais que défendent ces gens-là qui vous attaquent chaque fois que vous pensez différemment votre nationalité, votre présent ou vos convictions religieuses ? Pourquoi réagissent-ils comme des propriétaires bafoués, des maquereaux ? Pourquoi se sentent-ils menacés autant par la voix des autres ? Etrange. C’est que le fanatique n’est même pas capable de voir ce qu’il a sous les yeux : un pays faible, un monde « arabe » pauvre et ruiné, une religion réduite à des rites et des fatwas nécrophages après avoir accouché, autrefois, d’Ibn Arabi, et un culte de l’identité qui ressemble à de la jaunisse.

Opinion - Le Noël des personnels et autres crèches…

Ecrit par Sabine Aussenac le 13 décembre 2014. dans La une, France, Religions, Actualité, Politique, Société

Opinion - Le Noël des personnels et autres crèches…

Lorsque j’étais enfant, papa m’emmenait toujours au « Noël des personnels » de son lycée. Je possède encore cette photo où, inquiète, je lève les yeux vers un Père Noël qui visiblement m’impressionnait énormément. Mais je me souviens aussi des cadeaux au pied de l’immense sapin installé dans le hall, tout comme j’ai en mémoire les classes décorées d’étoiles de notre école primaire, et les beaux bricolages de mes enfants lorsqu’ils étaient en maternelle.

Et les crèches… Ma grand-mère française me prenant par la main pour me montrer les joues roses de l’enfançon couché devant l’église, et mon père, il y a quelques années encore, emmenant mes enfants en voiture faire le tour des crèches illuminant la petite ville paisiblement blottie dans les senteurs de Noël… D’aussi loin que je me souvienne, un immense sapin a aussi toujours dominé les places des nombreuses villes dans lesquelles j’ai habité : La Place Ducale de Charleville, le Vigan à Albi, la Place du Capitole dans ma Ville Rose, la place de Jaude à Clermont-Ferrand… Orné d’une étoile guidant les enfants vers leurs rêves, il veillait sur cette atmosphère souvent, c’est incontestable, trop commerciale, rappelant aux petits et aux grands l’origine sacrée de cette fête millénaire…

Ça, c’était avant.

Avant que des femmes ne viennent voiler nos libertés occidentales de leurs niquabs grillageant le soleil, avant que des petites filles de sixième ne refusent d’aller à la piscine sous prétexte que les garçons de leur classe iraient aussi, avant que la religion ne devienne un enjeu sociétal et n’obsède nos gouvernants, et, je le conçois, à juste titre, car je suis la première à m’inquiéter des multiples dérives qu’implique l’islamisation à outrance de nos sociétés, entre les cantines hallal et le petit guide du patient musulman, entre l’exportation du conflit judéo-palestinien et les souffrances extrêmes des jeunes filles issues de l’immigration, soumises à des mariages forcées, à l’interdiction de la jupe, etc, etc. Mais mon propos en ce deuxième Avent n’est PAS de hurler avec les loups du FN, non, je voudrais simplement mettre en garde le Législateur.

Car lorsque j’entends toutes ces polémiques autour des crèches qui n’auraient plus leur place dans l’espace public, je m’inquiète. Tout comme je ris sous cape en voyant fleurir, aux quatre coins de l’Hexagone, des manifestations autour de la Nativité qui, elles, ne semblent pourtant déranger personne…

L’œil de Claude : En noir et blanc... le mélange des genres

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 13 décembre 2014. dans La une, Actualité

L’œil de Claude : En noir et blanc... le mélange des genres

Ils s’appelaient Michael Brown, Eric Garner, Tamir Rice, et portaient, comme une étoile jaune, la même couleur de peau. Non armés, ils avaient été pris pour cible par des policiers blancs qui, pour la plupart, ont bénéficié de non-lieux !

Malgré la gravité des événements et leur impact sur les populations concernées, peut-on évoquer ici le retour de certains vieux démons de l’Amérique profonde et l’apparition d’une nouvelle forme de « haine raciale » ? Dans un pays qui, à deux reprises, a voté pour une présidence noire, et dont le ministre de la Justice est lui-même un homme de couleur, cela me semble exagéré, même si une réforme des instances policières s’avère nécessaire… Bien sûr, çà et là, subsistent des îlots de résistance, prêts à (re)mettre le feu aux poudres, mais cela relève plutôt du domaine de la politique et de l’un de ses corollaires, le mécontentement social !

Le 10 décembre 1964, il y a tout juste 50 ans, Martin Luther King, qui s’est battu toute sa vie durant pour les droits civiques des Noirs, obtenait, à 35 ans, le Prix Nobel de la Paix. 45 ans plus tard – le 9 octobre 2009 –, Barack Obama recevait la même distinction… Le 4 avril 1968, le « bon pasteur » fut assassiné à Memphis, trois ans après Malcolm X… Ce serait tout de même injuste, voire inimaginable, que ces deux grandes figures de la lutte pour les droits de l’homme soient mortes pour rien, comme tant d’autres militants de la cause noire !

 

Mélange des genres

 

Pouvoir législatif, pouvoir exécutif, pouvoir ou autorité judiciaire… Depuis quelque temps déjà, on a l’impression que la séparation des pouvoirs a rejoint le magasin des antiquités, tant « L’Esprit des Lois » s’est mis en congé de la République !

Personne n’a oublié que l’ex-chef de l’Etat, qui vient d’être élu à la présidence de l’UMP, est loin d’en avoir fini avec la justice, véritable épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Qu’à cela ne tienne ! Pour le moment, ignorant superbement le glaive et la balance, il appelle de ses vœux un nouveau parti où régnerait « l’entente cordiale »… Tout sourire, et la démarche assurée, il s’est mis à consulter tous azimuts, en gardant, bien sûr, l’œil rivé sur la primaire de 2016 et l’élection présidentielle, l’année suivante !

Désireux avant tout de se refaire une santé, sur les plans personnel et politique, il a, pour solde de tout compte, versé un gros chèque à l’UMP, équivalant aux pénalités que le parti avait d’abord versées à sa place, lorsque furent rejetés ses comptes de campagne en 2012… Geste théâtral ou signe précurseur d’un changement profond ? Difficile de répondre… En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’avec Nicolas Sarkozy, le « transformisme » a encore de beaux jours devant lui !

Comment poser des limites aux enfants ?

Ecrit par Jean Gabard le 29 novembre 2014. dans La une, Actualité, Société

Conférence-débat organisée par l’APAAM IDF avec Jean Gabard

Comment poser des limites aux enfants ?

le samedi 22 novembre 2014 à 14 h à Paris 15ème

Maison des Associations du 15e, 22 rue de la Saïda, 75015 Paris

 

Autorité ? Limites ? Sanctions ?…

Que nous soyons parents, grands-parents, éducateurs, enseignants, assistants maternels ou simples citoyens… nous sommes parfois confrontés à des enfants difficiles à gérer !

Nous savons pourtant qu’il n’est plus « interdit d’interdire » comme dans les années 1970 et qu’il faut poser des limites aux enfants.

Nous avons aussi appris que nos enfants étaient des personnes, qu’il convenait de les respecter et de savoir leur parler pour qu’ils obéissent.

Il nous reste cependant un point important à régler pour pouvoir être davantage entendus en leur fixant les limites : bien nous positionner (à une place acceptable par eux) pour jouer pleinement nos fonctions d’éducateur.

Un point essentiel mais délicat !

En effet, parler de la place des « pères » et des « mères » fait encore trop penser aux rôles traditionnels attribués aux hommes et aux femmes par la société patriarcale traditionnelle que nous rejetons à juste titre pour son autoritarisme et son sexisme.

Alors, sans être réactionnaire et sans entrer dans des polémiques stériles, comment peut-on poser des limites pour qu’elles soient intégrées par les enfants (petits ou grands) qui ont tant besoin de repères pour se structurer et devenir des adultes responsables ?

C’est à cette question que nous pouvons tenter d’apporter, si ce n’est des réponses, des éléments de réflexion.

L’œil de Claude : des mensonges et de l'espace

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 22 novembre 2014. dans La une, Sciences, Politique, Actualité

L’œil de Claude : des mensonges et de l'espace

Le 9 novembre 1970, le Général de Gaulle, fondateur de la Ve République, nous quittait, laissant nombre de ses successeurs dans l’expectative, en raison notamment d’une vision étriquée voire étonnée de la politique. Avec les conséquences que l’on sait.

 

Vingt ans plus tard, le 9 novembre 1989, tombait le Mur de Berlin, qui marquait la fin de la guerre froide et le retour de la liberté… Pour la petite histoire, ce jour-là, Alain Juppé, alors secrétaire général du RPR, et Nicolas Sarkozy, auraient assisté ensemble à la chute du « Mur de la honte », mais, très vite, le doute s’installait quant à la véracité des dates.

 

Cerise sur le gâteau : François Fillon confirmait la version de l’ancien président de la République, déclarant qu’il avait bel et bien croisé les deux hommes à cette date, entre la Porte de Brandebourg et Check Point Charlie !

 

Où l’on se dit que le manque de transparence, pour ne pas dire le mensonge, continue de sévir dans les plus hautes sphères du pouvoir, au nez et à la barbe des citoyens, qui, le plus souvent, ne pensent qu’à se venger, surtout au moment des élections… Aujourd’hui, on retrouve le « trio infernal », prêt à affronter la primaire de l’UMP prévue le 29 novembre prochain. Avec, peut-être, un nouveau « mensonge » à la clé, impliquant François Fillon et l’actuel secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet, à qui l’ancien Premier ministre aurait demandé un « petit service » au sujet de l’ex-chef de l’Etat… Finalement, on constate que dans notre beau pays de France les décideurs, de quelque bord qu’ils soient, ne cessent de « se claquemurer », garants d’un immobilisme suicidaire et fossoyeurs de la politique, au sens noble !

 

Le robot Philae vient d’entrer en hibernation, après avoir envoyé quelques photos exceptionnelles et foré le sol de la comète « Tchouri »… Le monde entier a salué cet exploit, qui a permis de redorer le blason de l’Europe, dont les étoiles, soudain, se sont mises à briller d’un éclat particulier !

Tulle : du plaçou et de la bienveillance…

Ecrit par Martine L. Petauton le 15 novembre 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Tulle :  du plaçou et de la  bienveillance…

… A moins que ce ne soit du Service Public... Elle tenait pourtant son affaire, la petite journaliste, et ne comptait pas lâcher le manche : comparés chiffres et critères, Guingamp pouvait prétendre à récupérer en ses murs son Tribunal de Grande Instance ; par contre, c’était niet pour Tulle. Or, voilà pas – comme on dit en Corrèze – que la ville du Président voit revenir de Brive, où l’avait exilé feu Sarko, en 2010, le tribunal, son personnel, ses dossiers. Mazette ; du 2 et quelques millions d’Euros – beaucoup au titre de remise en fonctionnement d’un bâtiment qui n’était pas neuf – pris directement dans la poche du contribuable (notre poche) ! Elle en a presque la respiration coupée, la brunette, et on entend comme en voix off, de l’autre côté de notre écran TV, siffler de contentement le sourire du commanditaire ; Pujadas, bien sûr.
Vrai – on s’en souvient – que la valse des tribunaux, qui, comme autres hôpitaux, avait ému le monde des justiciables et de leurs magistrats, avocats et toutim en robes noires, en un temps pas si loin, où le président Sarkozy – respectueux, lui, du moindre denier de l’État – réaménageait un peu tout, à coups de balais colériques et de chiffons à avaler la plus petite poussière dépensière. Faudrait aller divorcer ailleurs, ou débattre sous d’autres cieux des limites séculaires de mes champs ? Ben, quoi ! disait alors le menton bonapartiste du Nicolas : on ne fait pas de nouveau Code Civil sans casser quelques tribunaux !
Si important que ça, ce presque fait divers ? qu’on affichât – quand même, avec les assassins de tous poils – dans cet « œil du 20h », rubrique que Maître David vous invite à regarder toutes affaires vespérales cessantes, avec la concentration qui sied au fondamental, au cœur d’info. Bref, on se tait, et on écoute… En Irak, ça bombarde, Fillon a le feu à ses bourgeoises fesses, il pleut à n’en plus finir dans les Alpes maritimes, mais… chut ! Tulle en Corrèze vient de récupérer son TGI. Affaire d’état – pour le moins.
Forme, habituelle : encore un pan dans la binette de F. Hollande ; une page à ajouter dans le Hollande-Bashing, ce sport réputé et notoire aux quatre coins de la planète – ah, oui, la France, c’est là où chacun s’essaye, à son niveau, à dégommer la marionnette présidentielle ! par tous les temps, et sous toutes les coutures : une chasse, un exercice bien français. Labellisé.

Deuil public

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 15 novembre 2014. dans Souvenirs, La une, Actualité

Deuil public

La mort d’Abdelwahab Meddeb et celle de Manitas de Plata, le même jour, pour moi, ça fait beaucoup ! Pas pour tout le monde, bien sûr, parce que l’un, à quatre-vingt-treize ans était un peu oublié et l’autre, n’était malheureusement pas aussi médiatique que certains barbus sanguinaires.
Je me souviens d’avoir écouté en pension sur mon petit transistor clandestin, le 11 octobre 1963, les émissions consacrées à Cocteau et celles en hommage à Edith Piaf, morts tous deux le même jour. Je ne savais pas si je devais être deux fois triste ou si, dans le fond, ce n’était pas une bonne chose de grouper les mauvaises nouvelles pour ne pleurer qu’une fois. Piaf laissait tout de même des disques, comme le fabuleux guitariste flamenco et Cocteau une œuvre artistique et morale comme le grand intellectuel qu’était Abdelwahab Meddeb. Avec cinquante ans de plus, je ne sais toujours pas ce que la disparition de grandes et belles figures publiques signifie pour le commun des mortels qui les a admirées. Est-ce que la notion de deuil public signifie quelque chose de plus ou de moins que celle de deuil privé ? Savoir que cinquante ans après, Cocteau et Piaf existent toujours pour des millions de gens alors que ma grand-mère, morte l’année suivante, ne vit plus que dans le souvenir d’une dizaine de personnes encore vivantes qui l’ont connue, est-ce là une consolation ou, au contraire, matière à s’étonner davantage de la magnifique absurdité de la condition humaine ? Je n’en sais rien.
Manitas avait l’âge d’aller gratter sa guitare chez Saint-Pierre. Et puis sa vie n’était plus très belle. Lui qui avait vendu des dizaines de millions de disques, qui avait flambé dans des voitures de luxe et dilapidé des fortunes avec des jolies filles, n’avait plus maintenant qu’une petite vie étriquée de grand vieillard ruiné. Je l’avais approché du temps de sa splendeur, dans les années quatre-vingt, un soir, où, par je ne sais quelle faveur spéciale, nous avions été autorisés à prolonger une soirée dans l’auberge de Camargue que son clan avait réquisitionnée pour la nuit, après le pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer. Quand sa bande a investi les lieux – une trentaine d’hommes plus noirs que la nuit et quelques femmes d’une beauté provocante – devant les mines patibulaires des gitans, les dîneurs de l’auberge se sont éclipsés. Le patron a dû négocier l’autorisation pour notre tablée de rester discrètement un moment. A-t-il fait valoir que nous étions des juges ou s’en est-il bien gardé ? Quand Manitas a fait son entrée, après que quelques jeunes guitaristes et danseuses eurent chauffé l’ambiance, nous avions fait la preuve de notre silencieuse fraternité. Nous avons même eu la faveur d’un sourire bienveillant de l’homme aux petites mains d’argent. Ensuite, il a pris sa guitare, les femmes ont dansé, les hommes ont frappé des mains et ont chanté et j’ai su que je vivais une des plus belles nuits de ma vie.

Racines d’actu : Les guerres justes ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 04 octobre 2014. dans La une, Actualité, Histoire

Racines d’actu : Les guerres justes ?

Attention ! Que l’on ne se méprenne pas sur le titre de ma chronique. Aucune guerre – par définition – n’est « propre », ne serait-ce qu’en fonction des victimes civiles innocentes qu’elle occasionne. Cela dit, les événements récents liés à l’action de la coalition internationale, incluant à la fois des pays occidentaux et arabes, contre le groupe djihadiste Daesh (en Irak et en Syrie), vient de remettre sous les feux de l’actualité la notion de « guerre juste ». Nous allons en profiter pour donner quelques exemples historiques concernant le XXe siècle et les débuts de notre XXIe. J’ajoute qu’il est bien évident que cet article ne fera qu’effleurer les exemples évoqués – ce qui est la règle de base pour nos Racines d’actu. Enfin, je vais bien sûr respecter la chronologie, en partant du début du siècle dernier.

Quelques rappels historiques préalables avant de passer au XXe siècle. La doctrine de la « guerre juste », qui ne peut accepter un conflit armé que lorsqu’il apparaît comme moralement acceptable et proportionnée, se trouve dans le Mahâbhârata indou, chez Cicéron, et surtout au cœur de la pensée d’auteurs chrétiens tels que Augustin d’Hippone, Thomas d’Aquin ou encore Francisco de Vitoria. Si l’on prend l’exemple de Thomas d’Aquin, trois conditions essentielles étaient émises : que la guerre ne puisse être que le fait de la puissance publique (sinon, elle apparaissait comme un crime condamnable), que la cause soit juste (ce qui n’est pas simple à définir) et que l’intention de guerre ne soit entachée par aucune pensée cachée, le but étant de faire triompher le « bien commun ».

Il est clair qu’alors que la Grande Guerre de 14-18 fut une boucherie « injuste » provoquée par la montée de l’ultranationalisme en Europe, la lutte contre le nazisme, le fascisme et le militarisme japonais peut être considérée – du point de vue des démocraties et de la défense des droits de l’homme et des libertés – comme une « guerre juste » ; et ceci malgré l’existence de « crimes de guerre » par les Alliés (tels que le bombardement de la ville de Dresde ou le lancement des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki). D’une autre façon, les guerres de libération nationale menées par les peuples colonisés (Indochine, Indes, Algérie, Vietnam) peuvent être classées dans la même catégorie. Depuis 1947-1948, le sionisme progressiste des origines, luttant contre le colonialisme britannique, apparaît aussi comme un conflit (politique et terroriste) « juste ». Et il en va de même aujourd’hui, bien évidemment, en ce qui concerne la question palestinienne (même si, lors de la dernière affaire de la Bande de Gaza, c’est le Hamas qui ouvrit les hostilités contre l’État israélien). Un autre exemple de « guerre juste » – qui obtint d’ailleurs l’aval de la « communauté internationale » – fut la Première Guerre du Golfe (en 1990-1991, sous Bush père), qui empêcha (c’était la première fois que cela se produisait depuis 1945 !) qu’un État (l’Irak du dictateur baasiste Saddam Hussein) tentât d’en annexer un autre (le Koweit) !

Une fable pour les Le Pen ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 04 octobre 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Une fable pour les Le Pen ?

Trop beau ! Un fabliau à faire pâlir le grand Jean… Il était une fois, au château de Montretout (logis, comme on sait, de la nichée Le Pen), un drame à vous faire dresser les poils – c’est peu dire ! Un « mauvais jour » ou peut-être une nuit (sans lune), le Doberman de l’ancêtre Jean-Marie, l’ancien borgne, s’en prit à la chatte Bengalie de Fifille la grande – la Marine. Le petit félin – las ! – fut occis… Reniflements de tout un chacun, digne des meilleures de « Trente millions d’amis » de naguère… A mi-chemin entre La Fontaine et Perrault (parfums de c’te pauvre chaperon face au loup aux dents ; et… bruits des alentours de la maisonnette de l’ogre où cheminent les Poucets), la fable éclate un peu partout et régale son monde.

Faut dire que l’affiche est goûteuse ! entre le Doberman dont la traçabilité ne fait aucun doute sur ses origines germaniques façon nazi, la petite chatte au pedigree ronflant, qu’a pas dû coûter trois petits sous, on est dans une aristocratie musclée où ces braves prolos du Nord, convoités par Marine, risquent de ne pas retrouver leurs petits. Fort intéressant, du reste, le choix des p'tites bêtes chez ces «  gens-là, monsieur » : en dehors du molosse – psychanalyse à la portée de Maternelles débutantes – genre, associez les images ; le chat, lui aussi a son sens visible, puisque ces Bengalis sont des bonsaï de léopards !! 

C’est tellement clair et signifiant – dirait notre ami Sibony, auquel on voudrait mander d’urgence un diagnostic avisé – qu’on a illico envie de creuser l’affaire (oserais-je dire : chercher le loup).

D’extrême-Droite cette famille, et d’extrême-Droite son fonctionnement. Fascinant comme un vieux manuel de Freud, ce Juif honni. L’équipe est rassemblée fusionnellement sous le même toit. La liberté intime de chacun étant pour sûr incongrue. Sorte de maison-bloc pour famille souche, rejetant loin, dans le peuple vil, ces déviances que sont les familles nucléaires. Pyramidale, son organisation. Vivre loin du patriarche et de son conseil avisé, pertinent et inamovible pour les siècles des siècles (Amen ! Bien sûr) est inimaginable. Un peu à la manière de ces tableaux de Greuze (« Le fils repenti » par exemple) au XVIIIème siècle finissant, où pas un orteil de fils ou – pire – de bru, ne bougeait sous ces chapes de plomb.

On aura remarqué – chez les Le Pen et tant d’autres adeptes du modèle – que ça fonctionne plutôt bien, silencieusement, à l’interne – tant, justement, que c’est contenu ! Mais que dès que par malheur, une faille se fait jour, c'est l'inondation assurée... Liens, quelquefois des plus glauques, tissés sur l’argent, les petits arrangements entre amis, le sexe (souvenir, souvenir de la Première Dame de Jean-Marie dans le Play Boy du jour), les mariages entre soi (qui, dans cette engeance, est parvenu à des épousailles hors FN ? À part une des filles ayant convolé Mégrétiste, et, depuis, répudiée hors du nid). Mais, las, la vieillesse et la mort existant aussi dans ces milieux – terrible égalitarisme quasi communisant –, il est un moment où le chef de famille doit anticiper sa succession… Et le Père Le Pen, de désigner sa Grande (une femme ! Il doit en rire encore) et de tuer au passage le Lyonnais maléfique (NB : Bruno Gollnisch). La femme étant ce qu’on sait dans les imaginaires d’extrême-droite, l’équation était claire : moi-par toi, moi-derrière toi. Last, but non least, faut-il reconvoquer le vol de la fille en bleu marine hors du Montretout natal… et les cris du père, et les rires de la blonde. Sont-ils ennemis ? Cette blague ! sont-ils complices ? Cette blague-bis…

Nous sommes tous des Hervé Gourdel

Ecrit par Sabine Aussenac le 28 septembre 2014. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Nous sommes tous des Hervé Gourdel

J'ai demandé à la Rédaction de Reflets du temps de retirer mon texte mis en ligne cette semaine. Ceci, pour des raisons personnelles impérieuses qui ont à voir avec le climat actuel. Que mes lecteurs veuillent bien me comprendre.

 

« Et la peur... » 

 

La Rédaction de RDT

 

 Leur nourriture. Elle les habille, du noir des turbans ; elle est désagréablement piquante, comme les barbes. Elle glapit en un arabe qu'on imagine si  peu littéraire.

  Daesch fait un bruit de tonnerre !  « celui qui écrase » ; ses faits et gestes ressassés en boucle sordide et lassante sur les Facebook – outil de propagande, bien médiocre, si sommaire,  à tout-va...  Bateleur infernal de foire noire. Peur ? Bien sûr ! Comment pourrait-il en être autrement ?

  Peur. Elle s'insinue, brutale – et, pour cause ! Violente et bruyante de JT en manchette des journaux, gagne les petites pages FB de toi, de lui ; espace dit « amical » cachant des pièges de serpents... on a peur de ce que post celui-là, véhément, celui-ci, plus précis, presque glacial... et le mécanisme se met à turbiner : et si, on s'en prenait à ? et si...  Et, d'un coup, ça devient insupportable, immensément insupportable comme le harcèlement, comme la stigmatisation... ça s'arrête où, la chose ? 

On a un soir, écrit avec ses mots à soi, ce qu'on pensait de l’innommable du moment... et, eux, ces microscopiques agités s'abritant sous la sinistre bannière – sous courageux pseudo – ont semé comme gaz toxique au soir des batailles, la peur, partout... objectif atteint ? démission ? 

Pas sûr  ! recul stratégique, attendant les immensités des troupes fraîches de secours, en marche. Les entendez-vous ? elles arrivent ! parlant – elles – l'arabe presque littéraire venu du Moyen âge, de Grenade peut-être, ou bien de Cordoue... une langue fine et subtile faite pour l'art ou la médecine, tendant le manuscrit au juif lettré et au chrétien en recherche... roulant tous les galets de Méditerranée faiseuse de civilisation... elle ! Et la peur, soudain, de pâlir quelque peu ; floutage de fond d'écran.

 

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