Actualité

Dans « Borgen »… Dans « Hollande »…

Ecrit par Martine L. Petauton le 01 février 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Dans « Borgen »… Dans « Hollande »…

« Borgen, une femme au pouvoir », série danoise – remarquable à tous points de vue, proposée il y a peu par Arte. Vous connaissez ?

Leader décidée, compétente, mais en rien surnaturelle ni surdouée, d’un Parti Centriste, parvenue – parti charnière oblige – dans les hautes sphères du pouvoir, jusqu’au poste de Premier ministre, Borgen (magnifique interprétation de Brigitte Nyborg) – on l’appelle comme ça, comme chez nous on y va d’un Hollande ou d’un Sarkozy, foin de la politesse institutionnelle – va d’épisode en épisode se frotter aux difficultés, sans doute plus qu’aux délices, de la déclinaison du verbe gouverner… Gouverner, mais pas que ! Elle fait aussi dans le « aimer », « cuisiner », « écouter les gamins ». Bref, là-bas, et forte résonance sur ce qui nous titille actuellement, le Premier ministre a une vie privée, qui ne la ramène pas à tout bout de champ, et qui se fond presque naturellement avec son bureau de ministre… le « normal », tout comme l’anticyclone, serait-il remonté vers le Nord ?

Parce que, dans la série qui brouille nos ondes à nous, « à’c’t’heure », ma pov’dame, c’est pas pareil ! Dans « Hollande, un homme au pouvoir », on finirait par ne plus voir ou entendre qu’une vie privée versaillaise à souhait – ballet des favorites, et répudiation au menu. Cela, on en sera tous d’accord, amplifié – au niveau de l’odeur – par les Tartuffes (« cachez-moi ce sein de Gayet que je ne saurais voir ») et hypocrites de tout poil – média et voyeurs mélangés.

Aux antipodes, notre Borgen et son fonctionnement scandinave à bas-bruit, où – faut-il le rappeler – l’endroit du pouvoir est un ensemble de bureaux, qu’on rejoint, quasi anonymes, le matin, la serviette de lourds dossiers sous le bras. Après le « boulot », qu’on a visiblement bien conscience d’exercer pour un temps seulement, on peut rentrer à la chaumine, tourner la salade, crier un brin après le gamin et son carnet scolaire en berne… mais – on s’en serait douté – avoir un peu de mal à entendre (même pas à écouter) le mari – ce Philip, qui, pour permettre l’épanouissement politique de sa dame de fer, a mis sur pause sa propre carrière professionnelle… d’où, du tirage dans le couple, et – je ne sais plus à quel épisode – une rupture, des cris et des larmes, qui nous scotchent par le vrai, pile comme ça, qui s’en dégagent, et cohabitent remarquablement et au centimètre près, avec les soucis politiques du moment. Et de se dire, que chez nous, François (et son cap scandinave, encensé dans Reflets du Temps) l’a voulu, et, patatras, l’a pas fait ; en tous cas, pas complètement, et, là, ça se voit tellement qu’on ne voit plus que ça !

François et François Ne pas confondre un Paris-Rome et le chemin de Damas

Ecrit par Luce Caggini le 01 février 2014. dans La une, Ecrits, France, Politique, Actualité

François et François Ne pas confondre un Paris-Rome et le chemin de Damas

Si certains ont cru qu’une visite papale pouvait changer l’ordre des choses, ils font fausse route.

Ne pas confondre Paris-Rome et le chemin de Damas.

On ne troque pas impunément une robe de bure fut-elle en soie brodée contre un complet veston républicain avec cravate mais sans collier, la laisse sur le pavé.

Il n’en fut pas de toutes les visites présidentielles sur le même mode. A chacun ses mérites et sa cour, les décennies s’occupent du reste.

Au commencement il y eut Charles de Gaulle. Grande noblesse oblige, trompettes de Jéricho pour un chef catholique apostolique et romain. Gendarmes, gardes républicains, gardes suisses, tapis rouge dans la cour intérieure du Palais, grand cordon de la légion d’honneur sur le grand homme, « successeur des rois de France » « ordre suprême du Christ » en bandoulière – le plus illustre de ses fils !!!

Ciel ! Et Toi là-haut que dis-tu ?

La plus haute distribution pontificale – succès assuré pour les portes du Paradis.

Aperçu d’Yvonne en état de grâce juste avant de condamner un certain Bastien Thierry à la peine de mort entre la poire et le fromage !!

Et d’un !

Et de deux

L’antisémitisme black

Ecrit par Jean-François Vincent le 25 janvier 2014. dans Monde, La une, Actualité, Politique, Société

L’antisémitisme black

Dieudonné inaugure-t-il un antagonisme – nouveau en France – entre juifs et noirs ? On espère que non bien sûr ; mais il existe des signes inquiétants. Malgré une condamnation officielle des propos ouvertement antisémites de l’« humoriste », le CRAN (conseil représentatif des associations noires) critique vertement Manuel Valls, accusé de partialité envers la communauté juive, et préférant lutter contre l’antisémitisme plutôt que contre la « négrophobie » : « Manuel Valls, qui fait de cette campagne concernant Dieudonné une affaire personnelle, semble aujourd’hui organiser une véritable chasse à l’homme, qui ne fait que renforcer le climat de racisme, d’antisémitisme et de négrophobie dans notre pays », a indiqué Louis-Georges Tin, le président du CRAN. « Tant que Manuel Valls continuera dans sa politique du deux poids-deux mesures, il sera objectivement le pompier pyromane qui amplifie de fait la violence qu’il prétend combattre », a conclu Guy Samuel Nyoumsi, vice-président du CRAN. On n’est pas loin de la rhétorique « dieudonnesque » sur le fameux « lobby » et son influence irrésistible dans les médias et les milieux politiques… Ira-t-on jusqu’à une situation à l’américaine ?

La judéophobie spécifiquement noire (distincte donc de l’antisémitisme « ordinaire », qui a sévi là-bas comme en Europe, même si ce fut de manière moins virulente) a, outre-Atlantique, une histoire ancienne. Au départ, les uns et les autres étaient alliés dans une organisation intitulée (son nom même ferait frémir certaines âmes « républicaines » en France) : « National Association for the Advancement of Coloured People » (NAACP), « association nationale pour la promotion des gens de couleur », fondée en 1909 par des juifs allemands. Son idée était, en fait, d’unir les minorités ethniques, susceptibles d’être victimes de discrimination. Mais, dès les années 20, les juifs, n’étant pas considérés comme des « coloured people », mais comme se situant davantage du côté des WASP (white anglo-saxon protestants), une détestation alors se fit jour, emmenée par un pronazi, Marcus Gavey. Celui-ci fonda l’UNIA (United Negro Improvement Association), ouvertement anti-blanche, et exaltant la « supériorité » afro-américaine. Parmi les blancs « inférieurs », les juifs étaient les plus honnis : on les accusait de monopoliser les commerces au détriment des noirs, d’où un appel de Gavey à boycotter les magasins juifs. Gavey se reconnaissait par ailleurs dans l’hitlérisme montant en Allemagne. Dans un journal sympathisant, The Blackman, il écrivit : « Hitler’s ways could make the negro the man he ought to be », « agir à la manière d’Hitler pourrait faire du noir l’homme qu’il devrait être ». Cruelle ironie si l’on pense au mépris absolu dans lequel Hitler tenait les noirs, lesquels occupaient le tout dernier échelon de sa hiérarchie raciale, au point qu’il quitta, en fureur, le stade olympique de Berlin, en 1936, lorsque Jesse Owens, américain de couleur, gagna une épreuve d’athlétisme. Marcus Gavey fut ultimement traîné en justice et condamné pour ses excès. Il sombra dans l’oubli dans les années 40.

Antisionisme, antijudaïsme, antisémitisme

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 25 janvier 2014. dans Monde, La une, Actualité, Politique, Histoire

Antisionisme, antijudaïsme, antisémitisme

C’est en tant qu’historien que je vais tenter de m’exprimer dans cette chronique, à propos d’une question à la fois fort ancienne et d’une actualité brûlante. En effet, de nos jours, où de nombreux repères culturels et historiques sont souvent soit ignorés, soit confondus, les notions d’antisionisme, d’antijudaïsme, et d’antisémitisme, restent – de plus en plus – utilisées l’une pour l’autre, alors qu’il ne s’agit absolument pas de la même chose ; cela même si, notamment chez une certaine extrême-gauche (pas toute, certes !), il y a eu incontestablement, depuis au moins une bonne trentaine d’années, un glissement progressif de l’antisionisme vers l’antisémitisme. Pour essayer de bien cerner tout cela, il convient de remonter – en ce qui concerne l’histoire contemporaine – à la fin du XIXe siècle, puis, après la « Shoah », à la (re)création d’un État juif en Palestine, précisément durant les années 1947-1948, juste après (et en conséquence de) la Seconde Guerre mondiale. Nous devrons même aller plus loin encore dans le temps, au cœur de l’Antiquité, pour l’antijudaïsme chrétien, bien antérieur à celui, toujours actuel, d’un nombre très important de musulmans.

Expliquons d’abord rapidement dans quel contexte naquit le sionisme. C’est Théodore Herzl, journaliste et écrivain austro-hongrois, ayant vécu entre 1860 et 1904, qui, horrifié par l’Affaire Dreyfus en France (entre 1894 et 1906), et alors qu’il était très hostile à l’idée de reconstruire un État juif pour les représentants de son peuple, finit par en devenir un des principaux théoriciens. Dans ses écrits, journaux, puis livres (notamment « Der Judenstaat », ou « L’État des Juifs »), il considéra désormais comme nécessaire de revenir sur la terre des ancêtres en Palestine (les Hébreux), afin de disposer « d’un abri permanent pour le peuple juif ». Au passage, rappelons que l’Empire turc, dit « ottoman », dominait alors de très nombreux peuples arabes – dont les Palestiniens actuels. Le sionisme des origines voulait donc tout simplement une recréation d’un État juif, selon les critères de ce que les historiens français spécialistes des questions d’identité appellent un « nationalisme d’existence », assez comparable – fait assez troublant, notons-le – à celui des Palestiniens d’aujourd’hui… Rien d’agressif, aucune idée de conquête, à cette époque-là !…

Principe de précaution et jurisprudence

Ecrit par Jean-François Vincent le 11 janvier 2014. dans Racisme, xénophobie, La une, France, Politique, Actualité

Principe de précaution et jurisprudence

L’arrêt du Conseil d’Etat concernant Dieudonné constitue une avancée juridique « révolutionnaire ». En effet, les magistrats de la plus haute juridiction administrative disposent que « le risque sérieux que soient de nouveau portées de graves atteintes au respect des valeurs et principes, notamment de dignité de la personne humaine, consacrés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et par la tradition républicaine » justifie l’interdiction des spectacles de Dieudonné.

Ils ajoutent ainsi à ce qu’on appelle le « bloc de constitutionnalité » – c’est-à-dire la déclaration de 1789 (qui ne parle que d’égalité « en dignité ») et le préambule de la constitution de 1946 – la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, qui définit ceux-ci comme « la reconnaissance inaliénable de la dignité humaine ». La notion même de « dignité de la personne » fait son entrée en droit français !!

Autre entrée spectaculaire : le principe de précaution. Les fameux « troubles à l’ordre public » visaient les troubles avérés à l’ordre public, et non le simple risque de trouble à l’ordre public. Or, dans l’arrêt, on voit apparaître le concept de « risque sérieux ». La sanction – une grande première – est donc préventive, en application du principe de précaution. Ce qui est acceptable en droit administratif ne le serait cependant pas en droit pénal : comment, en effet, punir « préventivement » ou par « précaution » un multirécidiviste, dont la probabilité de récidive est élevée ? Le droit pénal repose sur la matérialité des faits : ceux-ci doivent être réels et non simplement virtuels.

Par contre la « dignité de la personne humaine », comme élément de droit, pourrait être utile en droit de la famille, pour tout ce qui concerne la maltraitance, aussi bien des enfants que des conjoints.

Reste le célèbre principe de précaution ; jusqu’où peut-on aller pour éliminer le risque dans une société de liberté ? Le droit à prendre des risques fait aussi partie des libertés fondamentales, mais à la seule condition qu’il ne porte pas préjudice à autrui.

2014, l’année du sirtaki et du monde magique des animaux malades de la presse

Ecrit par Luce Caggini le 11 janvier 2014. dans La une, Actualité

2014, l’année du sirtaki et du monde magique des animaux malades de la presse

Menons une enquête sur les hommes de Neandertal et donnons la parole au Général Aussaresses, le prince des bonobos.

Mes amours et mes inénarrables années algériennes vont paraître merveilleuses à mes amis les bonobos, qui, usant du petit bout de cervelle qui les sépare de nous, se préparent à entendre, tels les amateurs de musique ancienne rare, le magnifique « Peacatem me quotidie » de Carlo Gesualdo.

A ma grande consternation, même le nomade du ciel, le grand condor des Andes, ne put amener à leur destination urgente au Palais de Florence les belles amoureuses de Botticelli pendant que nous menions l’enquête sur le monde des voleurs d’art des années quarante.

Dans moins de cinquante cinq années le Général Aussaresses aura joué un autre rôle moins animalier, agenouillé devant un museau de musicien portant un anneau fait de mie de pain et d’urine de singe.

Petit à petit mon vague pari de naguère, c’est-à-dire montrez-moi vos mains et je vous dirai quel est votre paramètre de souris ou de petit macaque, se précisait.

Mais dans les cas de mes données de connaissances des sciences humaines et animales, unies à celles de « mon ami le lion », je donnais à mes manuscrits le parti artistique et musical d’un mariage de raison et d’amour éliminant de façon radicale les faux-culs, les êtres privés d’humanité, les esclaves des sous, les assoiffés de pouvoir, les sanguinaires de la morale, les monarques de toutes les vérités et les mous des discours de paix.

Maintenant même monarques et mousquetaires du vingt-et-unième siècle ne peuvent unir les nuits et les jours sans mettre le mot amour à la sauce moutarde, mais rien, jamais ne rendra la mort aussi animale que les vomisseurs de haine heureux de mettre leur nom en long et en large sur les murs de la ville du mouroir des Français des années quarante.

Gare au retour de boomerang

Ecrit par Luc Sénécal le 11 janvier 2014. dans La une, Actualité

Gare au retour de boomerang

Comme vous le savez, l’être humain se considère comme l’espèce la plus intelligente de la création. Capable d’anticiper ses actions, d’en déterminer les causes, d’en prévoir les conséquences, il pense même s’être détaché du monde animal et contrôler ainsi tout son environnement.

Comme nous l’avons constaté, on est loin du compte. Prenons un exemple. Un seul parmi tous ceux qui se présentent. Prenons ce qui se passe de nos jours avec le rhinocéros de Sumatra. Cette sous-espèce est en voie de quasi extinction. Pourquoi ? Parce que des êtres humains ont décidé de transformer leur habitat de façon telle qu’il ne leur est plus possible de se reproduire.

Des plantations destinées à recueillir cette fameuse huile de palme, qui fait le bonheur d’une industrie alimentaire pour ne citer qu’elle, nécessitent des engrais pour favoriser la production. Mais on a découvert qu’il est très probable que ces engrais aient une influence néfaste sur le système reproducteur de ces rhinocéros. Des recherches sont en cours, pour parvenir à déterminer lesquels, malgré des oppositions dont on devine l’origine.

D’un autre côté, conscient de cette disparition inéluctable et prochaine, d’autres êtres humains s’emploient à capturer en pleine jungle des spécimens dont certains en fait, sont sauvés, car gravement handicapés par des pièges de braconnier. Hélas, on s’aperçoit que les spermes recueillis ne sont pas bons et que les femelles ne produisent plus d’ovocytes. Alors on recueille tout ce qu’on peut prélever sur l’animal y compris son ADN. Ainsi en pleine jungle par 37° de température extérieure, on prélève, on analyse et ensuite on enfourne dans des citernes d’azote liquide à moins 174°. Ce, avant de les expédier dans un laboratoire européen où ils seront à nouveau traités.

Que déduire de l’ensemble de ces comportements dans cet exemple qui n’est qu’un exemple parmi bien d’autres ?

L’être humain est certes capable d’appréhender parfaitement ses actions, de créer par son génie, de transformer son habitat, et outre celui-ci, de transformer tout un territoire pour ses besoins. Ce faisant, en mettant en place des projets remarquables selon des plans et des procédures soigneusement étudiés avec des moyens considérables, il occulte involontairement d’autres paramètres. Aucune étude ne va jusqu’à prendre en compte des paramètres concernant le vivant, tant végétal qu’animal, du terrain concerné.

Tous les voyageurs, aujourd’hui, sont en deuil

Ecrit par Sébastien Ambit le 07 décembre 2013. dans La une, Actualité

Tous les voyageurs, aujourd’hui, sont en deuil

Qu’il me soit permis ici de revenir sur ce 13 février 2011 au stade national de Soweto. Il devait être 21h passées de quelques instants. Plus bas, le concert U2 donnait son premier concert africain, son concert pour cette terre de géants où l’intolérable l’a si souvent disputé aux grandes falaises de Capetown et aux dentelles de pierre du Drakensberg. Le stade de Soweto était plein comme un œuf, et ruisselait du bouillonnement des genres et des peuples d’Afrique du Sud.

U2 habitué à faire monter sur scène tout et n’importe qui, c’est sûr, va faire monter Mandela. A la fin de « One », le stade s’éteint, la caldera entre en fusion, plus de 100.000 personnes espèrent voir l’icône comme on halète à la promesse du jugement dernier. L’attente et l’espérance se lisent sur chaque visage. Les écrans au dessus de la gigantesque scène se rallument, il fait 50 degrés dans les tribunes et ça monte, ca grimpe… Et puis la voix de Mandela se fait entendre, le stade chavire, entre en fusion, les 104.956 sherpas gravissent la montagne pieds nus…

C’est son discours célébrant sa sortie du bagne et prononcé ici même en février 1990 qui est repris dans la langue de la liberté retrouvée. Nous sommes heureux, grands, petits, blancs, noirs, idiots ou intellectuels, nous ne sommes qu’un, « one ». Même U2, pourtant habitué à faire de ses foules des pénitents sur le chemin de Saint-Jacques reste assis par ce visage souriant malgré la haine de 27 années passées dans les prisons de l’Apartheid.

Ce qui a suivi ensuite m’échappe un peu, je sais simplement que venant de ma droite un gigantesque Zoulou m’a serré dans ses bras pendant que ce peuple en sourires d’amour entamait dans une ferveur unique les premières mesures de « Nkosi Sikeleli Afrika ». Le temps était chaud, le ciel était couvert d’étoiles et la rainbow nation communiait à ce sourire venant du si profond de l’âme.

Aujourd’hui tous les voyageurs sont en deuil. Qu’il fait du bien d’aller voir ailleurs si on y est, qu’il fait du bien d’aller tâter de la mémoire de l’Apartheid de plus près pour mieux comprendre nos discours à nous remplis d’à peu près sur nos communautarismes, nos peurs et nos Roms. Mon pays me fait mal, célébrant à l’unisson aujourd’hui la mort de cet homme, son enseignement sur la tolérance, son amour entre les peuples, mais qui reviendra demain à ses certitudes électoralistes et à ses petits meurtres entre amis. Politicards sans mémoire, sans vergogne et sans destin, je vous emmerde.

François, gardez-vous à gauche, François, gardez-vous à droite !

Ecrit par Martine L. Petauton le 23 novembre 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

François, gardez-vous à gauche, François, gardez-vous à droite !

C’était, souvenez-vous dans le bourbier de Poitiers – an 1356 – d’une guerre de cent ans où le vent tournait mauvais et où, notre Jean Le Bon, aux prises avec le terrible Prince noir, se démenait sous les cris du cadet, Philippe le hardi : « père, gardez-vous à gauche ; père gardez-vous à droite ! ». Las, le Français devrait bientôt, prisonnier, gagner cette Angleterre, d’où il regarderait vers « le pays de France » un peu avant Charles d’Orléans… Il y avait déjà, en ce temps-là, comme un parfum de feu à la chaumine.

Ne dit-on pas « la guerre », pour l’exécutif ces jours-ci ? Ou bien « la faillite », « la défaite »… métaphores euphorisantes à souhait. Si j’étais dans un film américain, je dirais que cette saison II du « Hollande bashing » est plutôt plus violente que le premier ; trop d’effets spéciaux, moins finassé sur le fond. Sous couvert de débâcle annoncée à grands cris médiatiques, certains – sûr – verraient bien le premier de nous tous tomber lourdement de son cheval, et, vlan, catché par une dissolution, déjà – paraît-il – « tranchée par les Français », disparaître au fond de quelque médiévale oubliette.

Rêve fumeux d’UMP râlants en populistes manifestants, baignant dans un fond de sauce où nagent quelques Front de Gauche sortis hardiment du logis ; tout ça touillé – faut-il le dire – par la longue fourchette du diable blond.

Ceci dit, dur, le passage ; personne n’en disconvient. Bast, comme on aurait dit, pile en 1356, et un peu autour, les faits sont là, alimentés, fantasmés, ou bien tangibles : il y a péril au château. L’exécutif prend l’eau.

Nouvelle salve de dépôts de bilans, sur un tissu industriel déjà pas mal troué. Fronde anti-fiscale (qui, à plus d’un titre, ressemble à la bien nommée du siècle XVII) – tout le monde, vent de folie, semble délégitimer l’impôt, tout soudain, envoyant par-dessus les moulins les bonnets, rouges ou d’autres couleurs. Démonstration de force de tous les corporatismes, à coups de hennissements de cheval de centre équestre, là, de klaxons de routiers, ici. Avant-goût d’un Chili en partance pour son coup d’état ?  Constatation, pour autant, incontournable : du monde dans les rues et chemins, et, dedans, du populaire.

 Croassements d’usage au gouvernement, où passe la rumeur sempiternelle du remaniement et du « qui part, qui change, qui entre »… Enfin, sur fond de déclassement de notre A le troisième (dont on a perdu le sens exact depuis des lunes), linceul noir des sondages, qui… mettent quasi à terre la cote du président « qui, jamais, sous la Vème… ». Quand on vous dit que le cheval est au bord de la chute ! Et qu’on entend – distinctement – grincer la porte de l’oubliette…

Ce crumble aux vieux restes de tout…

Ecrit par Danielle Alloix le 16 novembre 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

Ce crumble aux vieux restes de tout…

Certes, pas des foules, mais quand même !! Beuglant dans un étrange concert d’antis, ce 11 Novembre à Paris, dérangeant – tous tabous renversés – les manifestations consacrées à la mémoire et aux victimes des guerres, de toutes « nos » guerres, donnant l’image brouillée qui va faire tâche dans les yeux des minots qui regardent ou qui écoutent l’instit…

Brouillé, c’est trop peu dire, et direct, sur FB, un L.M. Levy posta sur le soir, juste ce qu’il fallait de mots coupants, propres à déchaîner les clics : que « fachos et bonnets rouges s’acoquinaient ce jour ; que donc, porter un bonnet rouge ne protégeait pas d’être facho, ni d’être imbécile… », et les like ou les « je conteste votre honneur » de fuser, comme il sied dans FB.

Brouillé, donc, le sens des dates, des devoirs et des mémoires.  Salmigondis d’Histoire. Siffler le Président ce jour, et là, n’est-ce pas aussi siffler la République ? Brouillade définitive avec le qui est qui, dans la marmite des protestataires, crumble aux vieux restes de tout.

Bonnets rouges se disant bretonnants – immédiatement désignés comme impurs par de « vrais » bonnets restés au pays. Incongrus, ces bonnets, volant au-dessus de la «  petite » équipe surchauffée ; on s'attendait, comme dans une fin de cauchemar, sur le matin, juste sur le point d'ouvrir l'œil et de souffler – ouf, qu'est ce que j'ai rêvé là ! à voir surgir les hampes rouges et, à entendre l'Internationale... Détournement des symboles et des images de « révolte » ? Probable, on a vu ça ailleurs.

Bonnets rouges, mais de l’Ancien Régime. A ne pas confondre avec ceux – bonnets phrygiens – venus du fond de l’Antiquité des esclaves affranchis, de la Grande Révolution ; du 93 cher à notre Victor. 1675, cœur de Bretagne et révolte sur fond de taxes – l’impôt, sa réalité, son fantasme a toujours animé les émeutes d’avant 89. La Révolution s’est bâtie, via les cahiers de doléance, sur la plainte des paysans bouffés par l’impôt, que le Tiers État portait seul. La révolte fiscale est le sceau de bien des révolutions. Tout un peuple, manants  -encadrés par quelques  notables qui n’avaient pas digéré ce lointain 1532  , acte de naissance de la province française, s’élevait, bonnet rouge sur tête, contre des taxes annoncées sur les actes notariés, le tabac, et la vaisselle d’étain (autant dire, pas forcément produits de première nécessité). Révolte lourdement réprimée, cependant, par pendaisons et mises aux galères, par l’armée du Roi. En Cévennes, les Camisards ; ici, les Bonnets. Temps, dans les campagnes, de ces jacqueries brouillonnes et courageuses – un leader, quelques fourches ; fréquentes, mais – notons-le – toujours vaincues.

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