Actualité

Racines d’actu : Les guerres justes ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 04 octobre 2014. dans La une, Actualité, Histoire

Racines d’actu : Les guerres justes ?

Attention ! Que l’on ne se méprenne pas sur le titre de ma chronique. Aucune guerre – par définition – n’est « propre », ne serait-ce qu’en fonction des victimes civiles innocentes qu’elle occasionne. Cela dit, les événements récents liés à l’action de la coalition internationale, incluant à la fois des pays occidentaux et arabes, contre le groupe djihadiste Daesh (en Irak et en Syrie), vient de remettre sous les feux de l’actualité la notion de « guerre juste ». Nous allons en profiter pour donner quelques exemples historiques concernant le XXe siècle et les débuts de notre XXIe. J’ajoute qu’il est bien évident que cet article ne fera qu’effleurer les exemples évoqués – ce qui est la règle de base pour nos Racines d’actu. Enfin, je vais bien sûr respecter la chronologie, en partant du début du siècle dernier.

Quelques rappels historiques préalables avant de passer au XXe siècle. La doctrine de la « guerre juste », qui ne peut accepter un conflit armé que lorsqu’il apparaît comme moralement acceptable et proportionnée, se trouve dans le Mahâbhârata indou, chez Cicéron, et surtout au cœur de la pensée d’auteurs chrétiens tels que Augustin d’Hippone, Thomas d’Aquin ou encore Francisco de Vitoria. Si l’on prend l’exemple de Thomas d’Aquin, trois conditions essentielles étaient émises : que la guerre ne puisse être que le fait de la puissance publique (sinon, elle apparaissait comme un crime condamnable), que la cause soit juste (ce qui n’est pas simple à définir) et que l’intention de guerre ne soit entachée par aucune pensée cachée, le but étant de faire triompher le « bien commun ».

Il est clair qu’alors que la Grande Guerre de 14-18 fut une boucherie « injuste » provoquée par la montée de l’ultranationalisme en Europe, la lutte contre le nazisme, le fascisme et le militarisme japonais peut être considérée – du point de vue des démocraties et de la défense des droits de l’homme et des libertés – comme une « guerre juste » ; et ceci malgré l’existence de « crimes de guerre » par les Alliés (tels que le bombardement de la ville de Dresde ou le lancement des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki). D’une autre façon, les guerres de libération nationale menées par les peuples colonisés (Indochine, Indes, Algérie, Vietnam) peuvent être classées dans la même catégorie. Depuis 1947-1948, le sionisme progressiste des origines, luttant contre le colonialisme britannique, apparaît aussi comme un conflit (politique et terroriste) « juste ». Et il en va de même aujourd’hui, bien évidemment, en ce qui concerne la question palestinienne (même si, lors de la dernière affaire de la Bande de Gaza, c’est le Hamas qui ouvrit les hostilités contre l’État israélien). Un autre exemple de « guerre juste » – qui obtint d’ailleurs l’aval de la « communauté internationale » – fut la Première Guerre du Golfe (en 1990-1991, sous Bush père), qui empêcha (c’était la première fois que cela se produisait depuis 1945 !) qu’un État (l’Irak du dictateur baasiste Saddam Hussein) tentât d’en annexer un autre (le Koweit) !

Une fable pour les Le Pen ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 04 octobre 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Une fable pour les Le Pen ?

Trop beau ! Un fabliau à faire pâlir le grand Jean… Il était une fois, au château de Montretout (logis, comme on sait, de la nichée Le Pen), un drame à vous faire dresser les poils – c’est peu dire ! Un « mauvais jour » ou peut-être une nuit (sans lune), le Doberman de l’ancêtre Jean-Marie, l’ancien borgne, s’en prit à la chatte Bengalie de Fifille la grande – la Marine. Le petit félin – las ! – fut occis… Reniflements de tout un chacun, digne des meilleures de « Trente millions d’amis » de naguère… A mi-chemin entre La Fontaine et Perrault (parfums de c’te pauvre chaperon face au loup aux dents ; et… bruits des alentours de la maisonnette de l’ogre où cheminent les Poucets), la fable éclate un peu partout et régale son monde.

Faut dire que l’affiche est goûteuse ! entre le Doberman dont la traçabilité ne fait aucun doute sur ses origines germaniques façon nazi, la petite chatte au pedigree ronflant, qu’a pas dû coûter trois petits sous, on est dans une aristocratie musclée où ces braves prolos du Nord, convoités par Marine, risquent de ne pas retrouver leurs petits. Fort intéressant, du reste, le choix des p'tites bêtes chez ces «  gens-là, monsieur » : en dehors du molosse – psychanalyse à la portée de Maternelles débutantes – genre, associez les images ; le chat, lui aussi a son sens visible, puisque ces Bengalis sont des bonsaï de léopards !! 

C’est tellement clair et signifiant – dirait notre ami Sibony, auquel on voudrait mander d’urgence un diagnostic avisé – qu’on a illico envie de creuser l’affaire (oserais-je dire : chercher le loup).

D’extrême-Droite cette famille, et d’extrême-Droite son fonctionnement. Fascinant comme un vieux manuel de Freud, ce Juif honni. L’équipe est rassemblée fusionnellement sous le même toit. La liberté intime de chacun étant pour sûr incongrue. Sorte de maison-bloc pour famille souche, rejetant loin, dans le peuple vil, ces déviances que sont les familles nucléaires. Pyramidale, son organisation. Vivre loin du patriarche et de son conseil avisé, pertinent et inamovible pour les siècles des siècles (Amen ! Bien sûr) est inimaginable. Un peu à la manière de ces tableaux de Greuze (« Le fils repenti » par exemple) au XVIIIème siècle finissant, où pas un orteil de fils ou – pire – de bru, ne bougeait sous ces chapes de plomb.

On aura remarqué – chez les Le Pen et tant d’autres adeptes du modèle – que ça fonctionne plutôt bien, silencieusement, à l’interne – tant, justement, que c’est contenu ! Mais que dès que par malheur, une faille se fait jour, c'est l'inondation assurée... Liens, quelquefois des plus glauques, tissés sur l’argent, les petits arrangements entre amis, le sexe (souvenir, souvenir de la Première Dame de Jean-Marie dans le Play Boy du jour), les mariages entre soi (qui, dans cette engeance, est parvenu à des épousailles hors FN ? À part une des filles ayant convolé Mégrétiste, et, depuis, répudiée hors du nid). Mais, las, la vieillesse et la mort existant aussi dans ces milieux – terrible égalitarisme quasi communisant –, il est un moment où le chef de famille doit anticiper sa succession… Et le Père Le Pen, de désigner sa Grande (une femme ! Il doit en rire encore) et de tuer au passage le Lyonnais maléfique (NB : Bruno Gollnisch). La femme étant ce qu’on sait dans les imaginaires d’extrême-droite, l’équation était claire : moi-par toi, moi-derrière toi. Last, but non least, faut-il reconvoquer le vol de la fille en bleu marine hors du Montretout natal… et les cris du père, et les rires de la blonde. Sont-ils ennemis ? Cette blague ! sont-ils complices ? Cette blague-bis…

Nous sommes tous des Hervé Gourdel

Ecrit par Sabine Aussenac le 28 septembre 2014. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Nous sommes tous des Hervé Gourdel

J'ai demandé à la Rédaction de Reflets du temps de retirer mon texte mis en ligne cette semaine. Ceci, pour des raisons personnelles impérieuses qui ont à voir avec le climat actuel. Que mes lecteurs veuillent bien me comprendre.

 

« Et la peur... » 

 

La Rédaction de RDT

 

 Leur nourriture. Elle les habille, du noir des turbans ; elle est désagréablement piquante, comme les barbes. Elle glapit en un arabe qu'on imagine si  peu littéraire.

  Daesch fait un bruit de tonnerre !  « celui qui écrase » ; ses faits et gestes ressassés en boucle sordide et lassante sur les Facebook – outil de propagande, bien médiocre, si sommaire,  à tout-va...  Bateleur infernal de foire noire. Peur ? Bien sûr ! Comment pourrait-il en être autrement ?

  Peur. Elle s'insinue, brutale – et, pour cause ! Violente et bruyante de JT en manchette des journaux, gagne les petites pages FB de toi, de lui ; espace dit « amical » cachant des pièges de serpents... on a peur de ce que post celui-là, véhément, celui-ci, plus précis, presque glacial... et le mécanisme se met à turbiner : et si, on s'en prenait à ? et si...  Et, d'un coup, ça devient insupportable, immensément insupportable comme le harcèlement, comme la stigmatisation... ça s'arrête où, la chose ? 

On a un soir, écrit avec ses mots à soi, ce qu'on pensait de l’innommable du moment... et, eux, ces microscopiques agités s'abritant sous la sinistre bannière – sous courageux pseudo – ont semé comme gaz toxique au soir des batailles, la peur, partout... objectif atteint ? démission ? 

Pas sûr  ! recul stratégique, attendant les immensités des troupes fraîches de secours, en marche. Les entendez-vous ? elles arrivent ! parlant – elles – l'arabe presque littéraire venu du Moyen âge, de Grenade peut-être, ou bien de Cordoue... une langue fine et subtile faite pour l'art ou la médecine, tendant le manuscrit au juif lettré et au chrétien en recherche... roulant tous les galets de Méditerranée faiseuse de civilisation... elle ! Et la peur, soudain, de pâlir quelque peu ; floutage de fond d'écran.

 

JCALL Le réseau juif européen pour Israël et pour la paix

Ecrit par JCall le 27 septembre 2014. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Assassinat d’Hervé Gourdel : les djihadistes ne nous diviseront pas

JCALL Le réseau juif européen pour Israël et pour la paix

Suite au meurtre abominable de notre compatriote Hervé Gourdel par des djihadistes algériens, et aux fermes condamnations de cet assassinat barbare par les musulmans de France, La Paix Maintenant et JCall France appellent au rassemblement organisé par SOS Racisme, ce dimanche 28 septembre à 14h30, Place de la République à Paris.

Ce 24 septembre, Hervé Gourdel a été assassiné par des criminels se revendiquant de l’Etat islamique, groupe terroriste à la terminologie usurpée. Homme simple et ouvert, Hervé Gourdel a eu le malheur de rencontrer la route des bandits sanguinaires dont le moteur et la stratégie doivent être dénoncés sans ambiguïté.

Leur moteur, c’est la recherche d’une pureté dont ils auraient les clés et qui, comme toute logique de pureté, se traduit par l’élimination sans fin des membres de sociétés qu’il s’agit de purifier par le sang. Chrétiens d’Irak, Juifs, Occidentaux, blancs, chiites, sunnites modérés, sunnites insuffisamment intégristes, sunnites trop peu jihadistes… Les cibles se multiplient sans fin et les crimes se perpétuent sans terme.

Leur stratégie, c’est celle qui consiste à rendre les ponts et les dialogues impossibles entre les peuples et les civilisations. Que cherchent en effet à signifier ces assassins à travers leurs actes macabres à la mise en scène funeste ? Ceci : « Regardez, Occidentaux, comment nous sommes, nous les musulmans ». Qu’attendent-ils en retour ? Que lesdits Occidentaux se disent : « Voici comment sont les musulmans. Nous devons nous en protéger en les frappant collectivement ». Le terrorisme n’est ainsi pas uniquement une intimidation mais une gigantesque entreprise de séparation haineuse et d’incommunicabilité guerrière.

Aujourd’hui endeuillée, notre nation pourrait voir – cela a d’ailleurs déjà commencé – se mettre en mouvement les racistes qui trouvent dans ces actes la justification de leurs pensées abjectes. Mais il faut le dire, nos paroles fussent-elles alors recouvertes par les cris de celles et de ceux qui ne veulent pas entendre : les musulmans ne sont pas collectivement responsables des méfaits de ceux qui se réclament de l’Islam pour répandre la mort. Breivik n’est pas la quintessence du Norvégien. Milosevic n’est pas la substantifique moelle du Serbe. Le djihadiste n’est pas l’ontologie du musulman.

Se laisser aller à ce penchant serait une erreur de perspective, une trahison et une aberration.

Une erreur de perspective car ce serait ne pas voir que les premières victimes du djihadisme sont les musulmans. Ne voit-on d’ailleurs pas ce que cet assassinat d’Hervé Gourdel a produit comme résurgence des années 1990 dans une Algérie encore meurtrie par les crimes des intégristes ?

Le rêve de Najat…

Ecrit par Martine L. Petauton le 06 septembre 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

Le rêve de Najat…

Cette rentrée, la haine rôde… Hollande au bout de tous les fusils ; le petit surdoué ministre des finances qui touche, en même temps que son portefeuille, un sacré paquet ; la – toujours un peu bécasse – Valérie, qui confond, à l’ancienne, en harengère, ses états d’âme parfaitement légitimes de femme bafouée, avec la République et un Président en exercice…

Et maintenant Najat !

Belkacem-Vallaud ; 36 ans ; pas bien grande, mais si droite ; 3 fois ministre sans compter les porte-parolat ; des yeux qui n’ont jamais froid et une voix policée, pas agressive pour deux sous, mais ne lâchant pas, disant – ne l’avez-vous pas encore compris – sa fierté à cette jeunesse-là, de servir – loyale comme peu – et la république et un socialisme aux couleurs de toutes les embellies. Najat, quand on la regarde, on en chanterait presque : une « Jeune garde » à elle toute seule…

On a été fiers d’elle, quand il y a deux pas, François Hollande l’a honorée du titre de ministre de l’Éducation Nationale ; première femme dans ce poste ; on entend le grand Jules en sourire ! Contents, on était – comme elle, et son sourire franc et frais – lors du premier Conseil des ministres de ce « Valls deux » qui avait fait couler de l’encre et pas mal de larmes à Gauche ; je crois me souvenir. On ne se méfie jamais assez – à Gauche, notamment – la mémoire marque le pas devant les hourra ! Baste ! À quoi sert donc l’Histoire ?

Car, embusqués, ils demeurent, les ultra-conservateurs à bandeaux dans le carré des femmes du XVIème, à familles nombreuses épuisées de catéchisme à l’ancienne… A-t-on oublié leurs cris et rage pour huer le mariage gay et le tuttim… Sortis du sinistre bois, engraissés par leurs chiffres des Européennes, les adeptes de la fille en bleu-marine, jamais lassés d’une bonne manif. Accroupi, tout ça, sur un « Minute » qui existe visiblement encore, et qui ressort ce qui peut salir, semer le doute, laisser des traces ; en un mot : puer…

C’est que – alerte il y a – je peux difficilement écrire « rouge » ! dans le pays de Saint-Louis : nos têtes blondes (les brunes, on s’en fiche) sont dans les mains – madame ! – d’une « musulmane », issue droit du Rif marocain, et – non, mais, écoutez-moi ça ! – venue en France dans le sac de chantier d’un père ouvrier du bâtiment. Du « pur immigré », donc, à en avoir froid dans la collerette en fourrure… Et toutes nos bourgeoises un brin asthmatiques depuis que la Gauche… de s’offrir une lampée de Ventoline.

JCALL Le réseau juif européen pour Israël et pour la paix

Ecrit par JCall le 06 septembre 2014. dans Monde, La une, Politique, Actualité

JCALL Le réseau juif européen pour Israël et pour la paix

1) Confiscation de 400 ha en Cisjordanie : un obstacle supplémentaire à la paix

JCall, le réseau juif européen pour Israël et pour la paix, condamne fermement la récente initiative israélienne visant à confisquer 400 hectares de terres situées en Cisjordanie dans le secteur de Bethléem, en réaction au meurtre des trois jeunes Israéliens, en juin dernier. Aussi horrible qu’ait été cet assassinat, il ne saurait justifier qu’un État de droit se livre à une forme de « représailles collectives » qui ne peuvent, en outre, qu’affaiblir l’Autorité palestinienne et son président Mahmoud Abbas, partenaires incontournables pour parvenir à un accord politique.

À l’issue de l’opération « Bordure protectrice » à Gaza, le message envoyé est en effet limpide : avec le Hamas, on négocie, avec l’Autorité palestinienne on étend la colonisation !

JCall considère que seule une reprise des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne, avec la volonté d’aboutir, en vue de réaliser une solution basée sur le principe « deux peuples/deux États », est de nature à mettre un terme à l’engrenage de la violence.

JCall soutient tous ceux qui, en Israël, s’opposent à cette décision provocatrice qui ne manquera pas d’entacher l’image d’Israël, lequel encourt le risque de se voir confronté, comme l’a récemment souligné Tsipi Livni, à une « intifada diplomatique » d’une rare intensité.

 

Lire ce texte sur le site de JCall :

http://fr.jcall.eu/communiques/confiscation-de-400-ha-en-cisjordanie-un-obstacle-supplementaire-a-la-paix

 

2) Rencontre :

Après un été particulièrement chaud et fertile en événements qui nous ont interpellés, émus, ébranlés parfois… il nous a semblé nécessaire de reprendre nos activités au plus vite. C’est pourquoi nous vous invitons à une rencontre, que nous organisons conjointement avec nos amis de La Paix Maintenant, mardi 16 septembre à 20h30 au Cercle Bernard Lazare à Paris, 10, rue Saint Claude (M° St Sébastien-Froissart). Antoine Sfeir* nous présentera son analyse de « l’après Gaza ».

 

Entrée gratuite pour nos adhérents à jour de leur cotisation, PAF de 5 € pour les autres.

La solitude du capitaine Smith

Ecrit par Jean-François Vincent le 30 août 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

La solitude du capitaine Smith

Qui peut savoir à quoi pensait le capitaine Smith, sur la passerelle du Titanic, au soir du 14 avril 1912, face à l’iceberg, signalé par la vigie ? Incapable de changer son cap pour éviter la collision fatale ?… Il devait sans nul doute se sentir bien seul…

François Hollande doit, en ce moment, éprouver un sentiment un peu du même genre : seul ! La gauche de gauche l’a lâché dès le début, pas de surprise. La majorité – réduite au PS et aux verts – vient de s’effriter, une première fois, avec le livre incendiaire de Cécile Duflot, De l’intérieur, dans lequel celle-ci accuse – ni plus, ni moins – le Président d’avoir fait « disparaître » la gauche. Et maintenant ce sont les « frondeurs » du gouvernement, Montebourg et Hamon, qui s’en vont, soutenus par une grosse centaine de députés. Alors, entêté Hollande ? Pris d’une fascination morbide pour sa défaite annoncée de 2017 ? Un peu comme le lieutenant-colonel Custer, avant le désastre de Little Bighorn (1876), répondant aux réserves de ses officiers sur le bien-fondé de sa stratégie : « I don’t question a Custer’s decision ! »

Les choses sont moins simples. Et si Hollande avait raison ? Et si la cure d’austérité amenait un mieux économique ? Et si la croissance était, en fin de compte, au rendez-vous ? La convalescence de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, qui, par contrecoup, sont parvenus, grâce au tourisme, à tirer du fond de l’abysse où il était tombé un pays comme l’Espagne, semblerait l’indiquer…

Mais, encore une fois, il s’agit d’un pari sur la macroéconomie. Si l’on estime que la crise est derrière nous, que la reprise se fait jour et que l’inflation menace, alors Hollande n’est pas entêté, mais courageux. Si, au contraire, l’on pense que la purge (à peine six ans) n’a pas été suffisante, que les économies locomotives de la croissance mondiale (les Etats-Unis et la Chine) montrent des signes d’essoufflement, bref, que la déflation, et non l’inflation, constitue le véritable péril ; alors, oui, Hollande est notre capitaine Smith ou notre Lieutenant-Colonel Custer.

La colère incarnée…

Ecrit par Martine L. Petauton le 30 août 2014. dans La une, France, Politique, Actualité

La colère incarnée…

Le ton est cassant et ne laisse aucune chance, ni à lui, ni à moi : « nul, il est nul, ton Hollande ! ». 26 Août au soir, et l’ami de toujours – de gauche, bien sûr – raccroche. Silence de fin d’un monde. La crise politique – une encore, une plus bruyante – vient de tourner le bout du chemin dans le fracas des tôles. On s’y attendait – parfois le scénario habitait notre café du matin devant l’infernale moulinette à broyer de la Gauche d’un France Info – mais quand même ! Quel film catastrophe ! Certes, le copain n’est pas tout seul ; ça beugle comme dans une étable encerclée par les flammes ; mon pauvre PS (je n’adhère plus depuis des lunes, mais quand passe la guillotine, je le sens encore de ma famille) en reste coi… en dehors des 41 frondeurs, qu’ont rejoint 2 ou 3 ministres à présent classés « frondeurs catégorie 1 » dans ce match, et… plus grave encore, des Mouvements de Jeunesse Socialistes déchaînés, et des sympathisants déboussolés.

On se croirait dans un camping, après un gros orage. On compte les tentes à terre et on relève dans un bruit sinistre les caravanes renversées ; le « bon peuple » renifle : – on n’aurait pas cru ! On va rentrer, c’est fini, les vacances ! « Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons/ La pâle mort mêlait les sombres bataillons/ »… mais un Victor Hugo n’est plus là, pour narrer Waterloo. Seulement Pujadas…

Autour des sinistres tables d’experts clôturant chaque catastrophe nationale politique, sur le plateau TV, mi-cirque, mi-théâtre antique ; extases visibles et gênantes ; sourires retenus, ou larmes non moins ; regards sombres mais dignes… Les noms fusent : raclée ? hallali ? pâtée classique – une encore… gifle et fusillade occupent les imaginaires ; on entend le bruit des balles. Expliquer ? à gauche, on tente : impatience, toujours ?? sortie des atermoiements, alignement, enfin, sur une cohérence. Colère ! gronde la Droite. Avec raison. Forcément ; les faits, la résonance des faits. L’impatience est sortie de son lit, a dû lâcher quelque part le Jean-Luc, lui-même fort encoléré.

Et c’est – chacun l’a remarqué – une nuit des longs couteaux – pas même ; de chasse, plutôt, à l’ancienne ; bonne partie à la Picarde, ou à la Gascogne. Bouc-émissaires recherchés, car la colère doit s’incarner, et il lui faut trouver la cible au bout de son fusil.

Et c’est, lui, d’abord ; le président. Normal – aurait-il-dit. Les institutions de la Vème, présidentielles, l’alignent en mire éclairée, dès que ça tourne mal. Trop, pas assez. Selon l’heure, ce fut, ce sera : trop « derrière tout » ; sa position, ses préférences. Sa personnalité !! Pas assez (là, n’en jetez plus, la cour…) autoritaire – ce sourire, cette bouille engageante, n’est craint de personne, d’ailleurs voyez Merkel… pas assez tranchant, et le tutti. Refrain… pas toujours juste, carrément anti-historique parfois, subjectif ! à l’évidence – délit de « sale gueule » à sa manière… comme un disque rayé, comme un refrain, presqu’un mantra pour une nouvelle religion : tous contre Hollande.

Deux « moments » géopolitiques de l’été : Ukraine, Kurdistan(s)

Ecrit par Martine L. Petauton le 23 août 2014. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Revue de Politique étrangère de l’IFRI, été 2014, 23 €

Deux « moments » géopolitiques de l’été : Ukraine, Kurdistan(s)

En géopolitique, il est des temps où, tel état, telle zone, revient en boucle dans nos infos, plus « fortissimo », plus dangereux, ou, au contraire, plus « allègro » : ils sont les « moments géopolitiques ». Ni allègres – hélas – particulièrement sonores, voire tonitruants, sont les moments de cet été finissant, partageant la vedette avec le Moyen-Orient : Ukraine – encore –, Kurdistan(s), à nouveau. Voilà les deux dossiers majeurs de la revue PE/IFRI, de l’été 2014. Comme d’usage, riches, nourris, à la pointe, mais, en plus, percutants sur ces sujets, abordés par des faces originales et bienvenues n’enlevant rien à la qualité du savoir proposé.

Bien que rédigé avant les graves évènements qui agitent la scène Irakienne ces dernières semaines, le copieux dossier sur les Kurdistans propose un éclairage des plus précieux sur ce qui se joue actuellement. Ces entités « s’approchant de structures étatiques », sans parvenir à « un espace politique unique », tout en se manifestant comme langue, culture, usages et armée (autant dire, civilisation), se partagent des « morceaux » que l’Histoire croisée avec les faits les plus contemporains a posés en Irak, en Syrie et en Turquie – l’Iran étant un peu laissé en dehors de cette étude. 4 articles solides se divisent le thème, articulé souvent autour des frontières et des dynamiques (ainsi, évidemment, que des obstacles) de ces « pseudo-Etats ». « Éternels oubliés de l’Histoire, les Kurdes s’imposent partout sur les cartes régionales, mais pas comme on l’attendait ». Leur quête d’autonomie au sein des États « hébergeurs » se fait de plus en plus entendre, facilitée par la géopolitique tourmentée des régions concernées, et validée par un rôle visible et très actif – via, par exemple, la reprise de service des armées Peshmergas, au point que les revendications visant à un État propre apparaissent comme une hypothèse de travail recevable.

Trois modèles de Kurdistans sont repérés : celui d’Irak, son statut fédéral, ses 100.000 soldats, sa gestion propre du domaine énergétique… marche vers un statut étatique, freiné ou avantagé par la guerre actuelle ? Mais, avec aussi, des frontières « introuvables » et incertaines, nous dit la revue PE. Le « Rojava » Syrien largement autonome, immergé peu ou prou dans la terrible guerre civile syrienne – affrontant les intégristes Al-Qaïda, sous la conduite du parti Kurde PYD, prolongement du PKK Turc. Ici, comme en Irak, les Kurdes sont acteurs sur le terrain de la suite de leur propre histoire. Enfin, en Turquie (entre 15 et 20% de Kurdes) où les municipalités Kurdes constituent de « réels contre-pouvoirs ». Ayant fait du chemin depuis la décennie particulièrement violente, pour eux, des années 80, le mouvement Kurde Turc en est à l’heure du « processus de paix », et peut légitimement jouer dans les évènements irakiens actuels un rôle extérieur important, gardant un œil sur les intérêts kurdes en gestation. Au cœur de l’évolution : l’AKP Turc souhaitant unir Kurdes et Turcs, en une même nation, un parti qui devra choisir électoralement entre la frange nationaliste de son électorat et la poursuite du rapprochement avec les « Kurdes d’ailleurs ». Problème de taille : où arrêter l’« enveloppe kurde » de son programme ??

Reflets des arts : Hommage à Robin Williams

Ecrit par Luc Sénécal le 16 août 2014. dans La une, Actualité, Cinéma

Reflets des arts : Hommage à Robin Williams

Il y a avait chez lui quelque chose de décalé, un humour qui nous touchait, car il nous ramenait vers un trésor perdu quelque part au fond de nous-même.

Il y avait chez lui comme une enfance qui lui permettait de jouer de la rigidité de nos valeurs. Sans les remettre fondamentalement en question, puisqu’un enfant va à la découverte avant de se constituer des bases, il en explorait les arcanes, sortant du cadre, allant dans la forêt de son imaginaire foisonnant. Il se permettait de nous présenter un miroir dans lequel nous retrouvions ce que nous avions été, plein de ressources, plein de rires, plein d’avenir.

Il n’était jamais sérieux mais sérieusement drôle, car derrière la façade de son comique, s’y tenait bien tenace une furieuse tendance à prendre en dérision tout et son contraire, notre monde de certitudes et toutes ses invraisemblances. Comme une douche rafraîchissante et bienvenue dans la chaleur humide du monde que nous percevons.

Il faisait exploser par le cœur et par l’humour notre raison qu’il embarquait de bon gré vers une multiplicité d’impossibles. Comme un lierre qui s’agrippe sur le mur de nos vérités, sur le cloisonnement soigneusement élaboré de nos différences, il décorait notre maison du charme fou d’un feuillage que la moindre bise faisait vibrer, tel un rire qui nous venait du fond du ventre et parfois même, pouvait nous faire mal.

Il nous replaçait comme des personnages de cire dans son monde improbable et nous donnait une vie que jamais nous n’aurions eu l’audace de supposer. De ses jeux de situations se moquant de cette humanité qui se sclérose en des attitudes empreintes de sévérité qu’il avait beau jeu de retourner pour en achever le ridicule, il nous redonnait par un coup de jeunesse incroyable, de quoi vivre et espérer du meilleur de nous-même.

A mon avis, quelque part dans son existence, Robin Williams avait rencontré très probablement le « Petit Prince » d’Antoine de Sainte Exupéry.

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