Actualité

Syrie ; la carte française

Ecrit par Martine L. Petauton le 10 octobre 2015. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Syrie ; la carte française

Et Daech de nuire encore et encore, pile sous le feu des média. Palmyre et son arc de triomphe, ces heures-ci, par exemple ; ils en ont mesuré le spectaculaire depuis longtemps, pensent que ces « Antiquités » ont le pouvoir, plus que tout, de nous remuer. Ils savent, ces gens-là, comment « nous parler ». Nous terroriser, évidemment, aussi, menaçant (jour après jour, dit le Quai) la main sur la grenade. Daech, le digne fils – plus moderne, plus armé, plus réel dans nos imaginaires au final, par son travail de construction d’un État quelque part sur les cartes – d’Al-Qaïda, une vraie et constante Grande Peur de l’Occident à lui seul.

Alors, lutter contre Daech, chez nous – vigilance orange de chaque matin, c’est clair – là-bas, sur le terrain militaire (au sol ? ou plus haut), se coltiner à ces hommes en noir, juchés, toutes bannières-suie déployées, sur leurs pick-up, leurs chars et… leurs missiles. L’enfer des tympans de notre Moyen-Age, revenu. La guerre incontournable.

Un affrontement qui ne devra pas être ce temps long, presque suspendu, interrogeant sur son efficacité ou sa contre-productivité, de la présence occidentale en Afghanistan, qui ne devra pas bavarder à l’infini, sur le contenu et l’amplitude de X coalitions, avant que de se noyer dans la vaste mer des procédures, des façons, et des limites ! Ah, les limites…

Là, on est dans l’urgence. D’agir. Ce qui, hélas, ne protège pas des précipitations ni des mauvais chemins. Pour ne rien dire des voies sans issues.

Agir, mais avec qui ? Si l’on veut bien de mémoire consentir le courage et la détermination qu’il a fallu à F. Hollande, un jour d’hiver passé, pour – quasi seul contre tous – faire donner ses troupes au Mali, pour protéger le sol sahélien, certes, mais bien autant les rues de nos villes de la nouvelle Peste brune. Si votre mémoire est encore assez vive pour ranimer le souvenir – un été, cette fois, pas si loin – de la ferme volonté de la diplomatie française d’aller voir de près cet État Islamique alors à ses débuts, que jamais Hollande – avec quelle justesse symbolique – n’a nommé autrement que Daech. L’Amérique se disait prête ; Obama recula (pas banal) mais l’honnêteté exige qu’on se souvînt que son Congrès en est le premier responsable. Depuis, de mouvantes coalitions – passant presque au panier dans les média – s’agitent sur le sol Irakien – le sol quasi natal des Djihadistes Sunnites. Gênant, probablement, les ambitions de Daech, mais, pourrissant aussi dans le marigot d’un Irak en proie à ses démons d’origine : l’éclatement en marche, à l’ombre des conflits inter-groupaux, notamment inter-religieux. Seulement, réellement ? confronté à l’opposition héroïque des Kurdes, Daech, on le sait, depuis, s’approprie des pans entiers de l’État Syrien, que sa guerre civile interminable fragilise à n’en plus finir.

Aussi, carrefour géopolitique de première importance que les évènements actuels ; cartes rebattues. Comment fabriquer la « bonne » coalition, suffisamment cohérente et forte pour abattre – ici, au moins, ici, pour commencer – les hordes noires ? C’est alors, dira peut-être l’Histoire, que l’Occident pût découvrir une carte majeure ; l’entrée dans la danse de la Russie de Poutine. Cette « puissance faible » dont ma recension de la revue de politique étrangère de l’IFRI, début Septembre, vous a tenu informés. Une Russie bien décidée à revenir bruyamment dans le jeu international du Moyen-Orient – son lieu d’accès, après la Crimée, l’Ukraine, aux mers chaudes – à se faire voir et mesurer comme une grande puissance nouveau-style, qui a nom Russie, et qui veut ouvrir boutique, à son compte, loin de tous les souvenirs de L’Union Soviétique. Dans ses valises, une autre carte, bien gênante, on en conviendra, qui s’appelle Bachar El-Assad ; pas moins. Le deal est net : pas de coalitions sans le boucher de Damas, ses quelques 250.000 morts en bandoulière… Bouche bée, les diplomaties occidentales mesurent, mégotent, observant celui-là, qui, depuis tant d’années, combat l’ennemi Daech au-dedans de chez lui, se donnant – l’air matois – la vêture du pourfendeur du pire, du choléra face à la peste, du choix de Staline contre Hitler (rappelé de sa voix douce par « notre » Hubert Védrine, qu’on a connu plus inspiré). S’allier ? (pour un temps) avec ce diable camouflé dans ses costumes à l’occidentale, parlant anglais comme les livres de ses études, contre ces diables en djellaba, hirsutes, éructant un langage de tribu barbare. Étranger, au sens romain ; celui dont je ne connais rien… Accepter celui qui nous ferait moins peur. Et, pour cela, se voiler la face sur les crimes contre l’humanité ou pas loin, de la carte gênante. D’autant – et, là, ce n’est pas mince – que l’Iran, enfin revenue dans le concert des Nations, Chiite, à grand bruit, pourrait être de la partie. L’Iran, la grande puissance régionale…

Va te coucher, Nadine !!

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 octobre 2015. dans La une, France, Politique, Actualité

Va te coucher, Nadine !!

« Allez ! Va te coucher ! », comme me disait mon père, excédé, quand l’ado que j’étais, lui en faisait voir, au point que toute discussion devenait inutile. Alors, le dire à Nadine Morano, ces jours-ci, pourrait sembler la seule solution. Fin de la chronique, en somme ?

Regardons de plus près, quand même : la « douce » Morano à l’abri de sa crinière de fausse blonde, de sa gouaille qu’elle voudrait légendaire, a dégainé sur, justement, le plateau TV d’On n’est pas couché, en ces termes alléchants : « et, ben, quoi, on habite un pays aux racines judéo-chrétiennes, un pays de race blanche ; ben, quoi ? ». Et pan dans la face chafouine de Ménard le Biterrois, qui, pourtant, ces derniers temps, s’en est donné du mal pour relooker son image de facho de terroir ; et vlan, dans celle de la Marinette fourbissant ses coutelas en vue des régionales… C’est que la Nadine,  elle a – on le sait – pas la langue de fer (blanc) dans sa poche…

Nadine Morano, une fille de l’Est, comme le chante Patricia ; une fille du peuple, aussi. Et, ça, c’est respectable, parce que pas si fréquent dans sa boutique « Républicaine », souvent bon chic-bon XVIème. Touchante, par son itinéraire personnel – courageux, incontestablement – par sa façon d’enfoncer les portes, de n’avoir pas froid aux yeux, de sauter sur le ring, pour dire « sa » République, sa morale citoyenne, à elle. Vulgaire ? Pas tant que ça ; j’en connais dans son camp, des huppées qui le sont plus. C’est du reste cette énergie culottée qui fait que – jusqu’à ce jour – Sarkozy la soutenait, avec une belle fidélité – on l’espère pour elle, et bien plus pour lui – à moins que le bon nez politique, simplement, pour débusquer les gens utiles ? vous savez, ces cartes qu’on garde prudemment sous le coude, genre « une agitée pour la soif de voix bien à droite ». Car, la dame était efficace, en parlant cette langue devenue précieuse et à la mode : la populiste raciste, juste ce qu’il faut, pour émoustiller l’électeur (qui n’est pas de gauche, non de non, parce qu’à droite ; et Dieu sait s’il en reste). Cette façon – vous diriez populaire, vous ? – d’haranguer, de chauffer les meetings, avec la voix qu’il faut, cette sonorité adaptée, pour dire « tout haut… », pour flatter ces bas instincts qui sont en (presque) nous tous. Et, en plus, à la rigolade, aux propos de comptoir, gras, si nécessaires. Nadine, la tricoteuse de Sarko. Parce qu’évidemment, il la fallait. Juste à la charnière Droite extrême / Extrême Droite ; à portée de voie (de voix aussi) de Marine. La ramasseuse de quelques électeurs en fuite. Comme une sous-marque, capable (elle vient de le prouver une fois de plus) d’assurer le rôle. Dans la rubrique – loucher vers les valeurs et le discours de l’Extrême Droite est une nécessité vitale – la Morano, manière d’une Diva en son genre, tient la partition plancher des vaches, qu’ailleurs, dans les nuées prétendument intellectuelles, occupa en son temps l’infâme Buisson.

Alors, le chef des Républicains, tous tics et dents dehors, qui siffle la fin de la partie ? Sarkozy qui lâche son aboyeuse, comme si de tels propos – a-t-il martelé – ne « définissaient pas les valeurs défendues par son Parti ». Et, le verdict, pas mince, de tomber sur la tête blonde de la dame : pas d’investiture pour la liste aux Régionales. Pan. « Je le dézinguerai » se répand partout la méchante… On n’ose dire, dans ce pays aux « racines chrétiennes », un ange passe…

Mais, quoi ! Flirter de trop près avec le FN, serait peut-être devenu inutile ? L’électeur tenté ira de toutes façons directement à l’original qui a le vent en poupe. Le silence des Juppéistes, et autres Centres bordiers, en dit long sur l’urgence de ne pas leur laisser le monopole de la morale citoyenne et le toutim ? Sarkozy en partance pour les Primaires doit – plus que nécessaire – donner à son nom, à son camp, une ligne plus claire et plus lisible, moins louvoyante. Même s’il faut « liquider » au passage quelques gains à venir dans des Régionales, qui de toutes façons seront gagnées, tout mis bout à bout, par la Droite. Donc, le dérapage, bien assumé (dans sa région, elle va devoir parler seule, et il restera dans une Lorraine encore bien naufragée quelques oreilles favorables) de Morano est une occasion – encore une – de peaufiner le produit Républicain, de lui donner une ossature plus marquée. L’élue de l’Est a-t-elle bramé sa bavure de sa seule initiative, ou « couverte » par sa hiérarchie, demeurant, au final, la vraie question.

A Gauche, et dans le pays républicain, pour autant – le Parlement, debout, saluant la députée de l’Ile de la Réunion au micro, et Valls lui décernant, avec le panache qui le caractérise, ce « Vous êtes, aujourd’hui, notre Marianne, Madame » – coule la seule parole politique qui vaille.

Ouvrir, fermer ; le pari de l’Europe de demain

Ecrit par Martine L. Petauton le 19 septembre 2015. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Ouvrir, fermer ; le pari de l’Europe de demain

Notre rédactrice Mélisande le disait la semaine dernière : derrière l’affaire des réfugiés/migrants, se profile simplement l’humanité ou son contraire. Une fois de plus, une fois encore.

S’ouvrir au monde, à ce qui se passe ailleurs ; ouvrir l’œil, autrement qu’à travers le ronron soporifique de reportages – fussent-ils de belle qualité – de la TV. Tendre la main à la poignée de ces persécutés ; pas guère plus (« 300.000 migrants en Europe, cette année, soit moins de 0,5% de la population européenne ; 61500 demandeurs d’asile en France, soit 0,1% de sa population » me dit Michel Crespy, dans la Gazette de Montpellier, qui fait bien plus que nous donner les résultats de l’Euro de Basket, à l’Arena). Car, c’est un fait et des chiffres : les Invasions Barbares, c’était bel et bien au Vème siècle de notre ère. S’ouvrir à des réfugiés Syriens, persécutés, en majorité musulmans (les préférés de Daech, quant aux mauvais traitements, ne l’oublions pas) ; des gens, qui fuient la peur, la mort des leurs, et, qui se jettent dans les bateaux, ou sur des itinéraires aux détours invraisemblables, uniquement parce que vivre dans leurs quartiers ou villages bien aimés, n’est plus possible. Où l’on voit que venir, tels des corbeaux de légende, « nous » voler travail, et droits sociaux ne tient, pour lors, guère l’analyse. Réfugiés, dit-on doctement ça et là, pas Migrants. Délicate répartition en boîtes… Hommes et femmes – enfants aux yeux ronds de fatigue, de déroute, mais aussi d’appétit de découverte. Humanité en marche, en tous cas. En regardant ces groupes hétéroclites mais débordant de l’urgence de vie, passant les frontières européennes, l’autre soir au 20h ; leur mise, leurs bardas, ma grand-mère – qui en avait accueilli en son temps – m’aurait dit : les Espagnols ! ceux qui fuyaient la mort de Franco et de ses phalanges ; de simples gens, des politiques, aussi en deuil de leur république et du Frente popular. Comment ne pas y penser ?

Alors, chez nous, ces municipalités, ces simples citoyens, ces décisions gouvernementales, régionales, institutionnelles de tous horizons, qui lèvent tout simplement la main et disent : – on en prend ! On ne peut qu’adhérer. L’Europe bouge – et Merkel donne l’exemple, certes, mais la France tient son rang ; avec honneur. S’ouvrir, comme la réponse naturelle aux Droits de l’Homme (mais cela fait un bail que c’est de saison et sur le même sujet). Alors, d’où surgit ce déclic ? Si l’on veut bien ne pas mettre en avant la mort – une idée en boucle plus qu’une image saturante – du tout petit Syrien et ses baskets, sortant d’une Égée noire. L’enfant de tous. L’idée s’est-elle imposée que, quoi qu’on fasse, ou veuille, les frontières sont définitivement poreuses, que les gens passent, et passeront ; donc, il faut gérer. Nous habitons le monde, et de moins en moins un pays, une région ! A moins, qu’on ait fini par sentir, que malgré les plaintes et les inconforts, il reste une Europe riche – encore assez, pour tendre la main, sans risquer la mort par famine. Et – pas mince argument – à plus long terme la démographie a fini par se faire entendre : face aux besoins d’une Europe vieillissante, sinon déjà très âgée de ci, de là – Allemagne en tête, des bras jeunes, costauds, des têtes bien faites, ne « déferlent » pas ; ils viennent aider, relayer, donc à termes enrichir.

Le legs d’Egée-Mère

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 12 septembre 2015. dans Monde, La une, Ecrits, Politique, Actualité

Le legs d’Egée-Mère

Seules les écumes ô Egée (1) mer !!

O ; seules, les offrandes d’Egée-Mère !!

O ; seul soupirant angélique ; gémissait ton âme

ange Alène Kourdi (2) métissé sous un drame !!

seules, les vagues tripotaient tes cheveux noirs !!

dorlotaient tes soupirs : essuyaient ton bavoir…

ô bébé-ange… seules les vagues ornaient ton tablier

ô bébé-ange, seul ton sort servait de bouclier !!

ô Bébé-ange, seul le destin honorait ton festin !!

Entre mer-terre et ce monde crétin !!

ô petit Alène… dors sous l’afflux de mes larmes !!

Sauf, moi qui attache les lacets de tes souliers !!

Sauf moi qui abrite tes comptines et tes fées !!

ô petit Alène, sauf moi qui assiste ton fait !!

ô petit-Alène !! serre-moi entre tes bras !!

seul moi et ciel qui lavent ton Saint Drap

par nos larmes, par nos émois !!

Mon cœur ouvrait les bras, je n’étais plus barbare…

Ecrit par Mélisande le 12 septembre 2015. dans La une, Ecrits, Actualité

Mon cœur ouvrait les bras, je n’étais plus barbare…

Qu’y a-t-il dans le cœur de l’homme ? Un petit être bien conforme, qui se cache, qui dissimule sa vraie nature divine. Il la dissimule tant et si bien, que l’on ne voit apparaître de lui que le petit tyran esclave d’un dominant si envié, qu’il n’aspire secrètement et en toutes circonstances, qu’à devenir lui. Mais où est l’amour dont il fait parfois preuve ? Il est comme le diable, il prend des allures pour séduire mais il est loin du rivage de l’être, il a du mal l’amour en l’homme, il a du mal le divin en l’homme…

Regardez ce qui se passe en ce moment avec ces hommes qui fuient la mort et la destruction, ils ont parfois des nourrissons dans les bras ! Avez-vous remarqué le message : ce sont des gens qu’il faut accueillir avec amour et reconnaissance, parce qu’ils ont, eux, opté pour la vie. Il y a parfois une caméra qui s’attarde sur le visage angélique d’un petit porté par des parents exténués, au bout du rouleau : son petit visage serein et rose exprime une forme de confiance absolue, celle de ses parents : ce sont des messagers de paix d’amour et de vie. Il faut les accueillir avec révérence et leur offrir le meilleur : notre amour sincère. Ce sont eux qui vont nous faire évoluer : ils arrivent sourire aux lèvres, prêts à mourir ci-devant. Ils apportent vie espoir clarté dans des contrées qu’ils investissent positivement sur un plan imaginaire, contrées qui se doivent de revenir à la compassion et à l’amour. Oui l’Allemagne se rachète d’une barbarie inédite au 20° siècle, elle se rachète mais le rachat de l’âme, la rédemption sont des pierres sur le chemin de l’amour et de la vérité. Madame Merkel est une femme et une mère, sans doute a-t-elle été bouleversée par quelque chose, dans son être profond, derrière ses fonctions politiques… Qu’elle ouvre un chemin nouveau, notamment aux Français si ingrats ! Nous sommes devenus fermés, égocentriques, nous sourions avec difficulté et outre nos proches, rien ne semble retenir notre intérêt notre attention. Nos maisons, nos villages sentent le rance et la mort, nous crevons tous dans notre matérialisme et une hypocrisie qui nous rendent laids, affreusement laids. Nos propos sont au bord de l’évanouissement de toute intelligence et nos flux d’information flattent la pulsion de meurtre qui ne demande en nous, qu’à s’exprimer en toute impunité : regardez cette journaliste hongroise qui s’en donne à cœur joie en faisant tomber ces réfugiés, par un croche-pied, ceux qui fuient la police, enfants dans les bras… Ceux qui leur font des croche-pieds, qui les rejettent avec un sadisme diabolique, ceux-là devront payer : plusieurs vies d’exil, de souffrance par rejet et non reconnaissance les attendent. Oui bien sûr que l’époque du nazisme outre qu’elle s’est dévoilée historiquement et réalisée concrètement, est cendres sous le feu vif de la haine dans le cœur de l’homme, qui ne demande qu’à revenir !

Aux rouspéteurs de La Rochelle…

Ecrit par Martine L. Petauton le 05 septembre 2015. dans La une, France, Politique, Actualité

Aux rouspéteurs de La Rochelle…

J’ai eu un collègue, un cher collègue, qui ne cessait de dire – au moins était-il franc – Le PS, moi, je ne l’aime finalement que quand il est dans l’opposition. Donc, musique protestataire au programme pour cette génération de vieux Soixante-Huitards, veillant avec un soin de chanoines sur nos Saintes écritures. Je hochais la tête – déjà, pas d'accord, mais... avec quand même un caillou dans la godasse avec laquelle on arpentait les chemins socialistes depuis si longtemps. Parce que, disons, en parlant le politiquement correct, des « adaptations, des souplesses… des changements de pied » aussi, pas mal, c’était notre quotidien de militants. Chemin de roses et de poings (on a souvent tendance à oublier le poing, l’épine aussi, du reste).

Au début, dans les glorieuses du PS en majesté – années 70/80, où ça ne désemplissait pas dans les meetings, le militant identifié PS a eu des temps faciles et si doux : la société avait un plein panier de revendications tous azimuts, et le Parti du « changer la vie », cher à J.J. Goldman, allait apporter les bonnes réponses. Et, on en avait pour tout, ou presque, des réponses, des changements radicaux, des modèles différents, qui n’avaient aucun mal à correspondre – lego coloré rouge/rose foncé – avec nos valeurs ; celles du grand Jaurès, de Blum, son Front Popu, et son embellie jaillissante.

« Dans ce temps là, madame », l’argent ne manquait pas encore, et être socialiste, c’était redistribuer ; la grammaire existait toujours droite dans ses « Internationale » qu’on entonnait de ci, de là. La voix de Mitterrand qui savait, ô combien, parler Histoire et emporter les foules, chantait – pas d’autre mot – ce Socialisme aux couleurs d’ici, qui n’avait pas tranché entre Marxisme moderne et souple, et Social-Démocratie (un mot qu’on gardait un peu, caché, en fond de panier, au cas…). Le « grand frère PC » qu’avait déjà du plomb dans l’aile, regardait – inquiet, peut-être, inquiet, sans doute – ce petit agité, auquel il allait bien falloir, dans peu, refiler un bout du manche. La crise d’adolescence colorait nos fêtes de la rose, où venait en voisin Jacques Delors, avec sous le bras un gamin qui promettait ; François Hollande, mignon comme un cœur… Dans ma salle des profs, quand sonnait l’heure de la cafetière, et qu’un brin de politique nous servait de biscuit, le – alors, Martine, le PS… était alors avenant – une rose, voyez-vous, à n’y pas croire !

Les années Mitterrand – une génération, vrai – leur corne d’abondance et de belles valeurs, plus copieuses – s’en souvient-on, que le Front Populaire et la Libération se heurtèrent de plein fouet, dès le « tournant de la rigueur », à la réalité d’un monde, vaste, et, il faut bien le dire, assez peu socialiste. Dès le second septennat – Hollande a été élu député de Corrèze, en 1988 – la rose développa pas mal d’épines, ou bien on nous la renvoyait trop souvent par la figure ; les deux, probablement… mon député tâtait de la température : « – ça dit quoi dans ta salle des profs, sur ce projet/école ? – je rase les murs… ». Déjà, le mot « redistribuer » cognait aux entournures ; on retombait sur un sol – dur, on allait voir, tellement pire ! Les années Jospin furent plus faciles à digérer – croissance et quelques riches idées phares à l’appui. Le ton avait changé, pourtant ; on parlait « raisonnable », genre : on peut pas tout faire d’un coup. Puis… 2002 – François défilait en nous distribuant des brins de muguet ; on avait su, par lui, bien avant l’inondation par les médias, la dissolution de l’Assemblée, qui le mettait en état de sidération avancée. Je revois nettement son visage, et le temps qu’il avait mis à me dire ce qu’il en pensait, lui. Quelque chose de chaud, toutefois, dans ce remake de Février 34, toutes gauches rassemblées. Quand menacent les fascismes, la Gauche sait exister. On mesurait. Ouf ! Et, Chirac à 80%, qu’on arrosât, chez moi, au cidre, pas au champagne, évidemment ; l’inutilité de ce barouf-là ; ces choses de la vie, qu’il fallut bien faire en son temps, et qu’on ne peut regretter qu’une fois passée l’Histoire… Et puis, la suite Hollandienne. Ce qu’il a tenté, ce qu’il a raté, ce qu’il essaye de faire. Ce qu’il a réussi. La transformation du « mollasson » en homme d’état – ou ça y ressemble fort – on connaît.

Reflets des malheurs des temps

Ecrit par La Rédaction le 29 août 2015. dans La une, Actualité

Reflets des malheurs des temps

 La « Mal – heure », la mauvaise. Temps honni de cette fin de Guerre de Cent ans, où passaient les redoutés  routiers, suiveurs de gens de guerre et buveurs de sang, et où pas une branche sur les chemins n'évitait son écorché, se décomposant au soleil sans chaleur, de ces temps, où «  Seigneur, protégez-nous de la guerre, de la peste et de la famine » était ânonné par des enfants en haillons, dont si peu verraient l'horizon de leurs vingt ans... Mais croyez-vous qu'il faille convoquer ces siècles anciens, pour toucher du doigt le malheur des temps ? Quand, coup sur coup, en 48 H,  des « malheureux » - sens plein du mot - en sonnant aux portes de chez nous, ont rencontré la pire des morts.  Ils venaient de ce Moyen Orient en guerre – la Syrie, pour le camion d'Autriche ( plus de 71 cadavres de jeunes et d'enfants, se décomposant au fond du camion des passeurs-routiers-buveurs de sang...) l'Afrique sans doute du Nord Est, crevant sous des sécheresses qui sont leur unique climat , pour cet énième bateau, larguant ses proies au fond de la Grande Bleue cimetière... malheurs des migrants des chemins, irriguant encore et encore, leurs pans d'Histoire, hélas universelle.   Tournant les yeux – tous , et avec quelle constance, vers nous, Europe-Eden, Europe-Eldorado, fantasmée si largement, mais encore assez riche, et capable – en sachant faire, en s'organisant, et peut-être aussi en ces périodes de crise , en voulant – de porter  encore cette misère d'un monde, qu'elle a – pourquoi faudrait-il l'oublier, en partie contribué à tricoter...

 

«  Frères humains qui après nous vivez

    N'ayez les cuers contre nous endurciz

    ---------------------------------------------

   La pluye nous a debuez et lavez

   Et le soleil dessechez et noircis :

   Pies, corbeaux nous ont les yeux cavez »

 

François Villon

L’infamie BDS

Ecrit par Jean-François Vincent le 15 août 2015. dans Monde, La une, France, Politique, Actualité

L’infamie BDS

Opinion

 

Jusqu’à présent BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) n’était qu’une petite officine nauséabonde de lobbyistes organisant avec un soin pervers l’antisémitisme de gauche sous prétexte d’antisionisme. Son site, BDS.Org, pourchasse tout ce qui est israélien, universitaires et films compris, stigmatisant – évidemment ! – l’initiative de la maire de Paris d’associer Tel Aviv à Paris Plage (« collaboration » lit-on sur sa page web). Le problème, c’est que ce radicalisme anti-israélien et hypocritement anti -juif (ils ont leurs Juifs alibi, de même que le Front National, auquel ils ressemblent sur bien des points, a ses maghrébins alibi) n’est plus cantonné à la frange des activistes extrémistes : il pollue les médias « respectables ».

Ainsi Libération n’a pas hésité à publier un article commis par un membre du NPA (ex Ligue Communiste Révolutionnaire) parlant – à propos de Paris Plage – de « blanchiement des crimes d’Israël ». Israël donc = Afrique du sud = apartheid = crimes contre l’humanité = pourquoi pas Allemagne nazie. Tout ce qui est israélien devient suspect, voire pestiféré.

Il faut ici le rappeler avec force : l’antisionisme est le plus sûr chemin vers l’antisémitisme. Le rejet, voire la criminalisation de l’alyah, le retour à Eretz Israël – c’est-à-dire le sionisme dans son essence – est une condamnation de l’état hébreu dans son principe et, par ricochet, de tous ceux qui se solidarisent avec lui, autrement dit de l’immense majorité des communautés juives de par le monde. La distinction entre ce qui est à l’ouest de la ligne verte (ligne d’armistice de 1949, mensongèrement qualifiée de « frontière internationale de 1967 »), où il serait licite de s’installer, et ce qui se trouve à l’est de cette ligne (la Cisjordanie) où toute installation juive serait criminelle, est un sophisme. La véritable question est : les Juifs du monde entier ont-ils le droit – oui ou non ? – d’émigrer en terre sainte ? Répondre non équivaut à présenter la création d’Israël comme une catastrophe, le « nakba ». C’est ce que font tous les antisionistes.

A partir de là, à partir du moment où l’on considère qu’Israël dans son ensemble – et pas seulement le gouvernement Netanyahou – est un état voyou, voleur de terres et assassin, tous les Juifs se transforment en cinquième colonne, en complices, en un mot, en « collabos ». Telle est bien la teneur des tweets antisémites qui explosent actuellement. Exemple, un certain Cartier, le 9 août : « il est intéressant de constater que les pro-sionistes ont reçu leurs consignes du CRIF, ce lobby qui donne des ordres à la France, laquelle obéit ».

Sous couvert de dénonciation des exactions de Netanyahou, une judéophobie de bon aloi se développe en toute impunité. Qu’on ne s’étonne pas alors que le nombre d’alyoth monte en flèche, chiffre prévisionnel pour 2015 : 10.000. BDS fait fuir les Juifs.

 

L’œil de Claude

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 15 août 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude

L’espace Fillon

Grâce à François Fillon, le débat politique a pris enfin de la hauteur et gagné en causticité… Récemment, sur France Info, il évoquait le record de longévité dans l’espace du cosmonaute russe Gennady Padalka, qui a déjà passé plus de 800 jours à bord de la Station spatiale internationale, en précisant que, pour en arriver là, il fallait « ne pas être trop grand, mais très sportif ». Cette « sortie » faisait immanquablement songer à Nicolas Sarkozy, à qui l’ancien Premier ministre, décidément en verve, a souhaité le même séjour prolongé dans l’espace, au moins jusqu’en 2017 !

A droite, tous les candidats « s’entraînent » avec plus ou moins d’assiduité en vue de la primaire, d’abord, de la présidentielle, ensuite, en veillant bien à ne pas laisser s’installer trop tôt un « vide sidérant », source d’échec, à coup sûr… De son côté, le président des Républicains a fait le choix de se lancer prématurément dans l’aventure, se présentant à chaque meeting comme l’homme de la situation, mais qui, en réalité, a du mal à atteindre son « apogée » ! Ce qui est certain, c’est qu’ils croient tous en leur bonne étoile, qu’elle soit filante ou brillante, géante ou naine… Comprenne qui voudra !

 

Descendance

Ainsi donc, notre bonne vieille Terre aurait une « sœur jumelle » ou, si vous préférez, une « cousine éloignée », voire très éloignée, à quelque 1400 années-lumière… Depuis la nuit des temps, Kepler-452b a toujours cru en sa bonne étoile, qu’elle n’a d’ailleurs jamais quittée des yeux !

Des exoplanètes, on en connaît déjà plus d’un millier, mais celle-ci a la particularité de ressembler « comme deux gouttes d’eau » à la planète bleue. Une possible « zone habitable » nous la rendrait plus proche encore, mais il faut savoir qu’un vaisseau spatial, lancé depuis la Terre, mettrait environ 25 millions d’années pour l’atteindre… De quoi réviser la notion d’espace-temps !

Albert Einstein, à l’origine de la « théorie de la relativité », et pour qui l’imagination fut toujours plus importante que le savoir, disait : « La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le côté mystérieux de la vie ! »… Message reçu ?

«Cette décapitation Un défi civilisationnel »

Ecrit par Luce Caggini le 04 juillet 2015. dans La une, France, Religions, Politique, Actualité

«Cette décapitation Un défi civilisationnel »

Y a-t-il un pas, entre foudroyant conflit de conduite insurrectionnelle et mutation vers un acte barbare ?

Et quel est le nom de ce pas ?

Entre l’acte ignoble d’un membre d’une organisation dépendante d’un empire voué à la destruction, et la magistrale inanité d’une culture muette brisée par la compréhension d’un péril sans couleur, immergé dans une communauté sommeillant dans le sein d’une République pétrie de saines, centenaires et romanesques visions de la mémorable mugissante « Liberté chérie » ?

Dans ce pays où être juif ou arabe ou bien ni juif ni arabe mais citoyen est devenu un pendant de détonation, même un tableau de Francis Bacon est marginal dans le miroir d’un jeu de cartes des horreurs où monstruosité et sang donnent un reflet des mammifères de la civilisation du 21è siècle puant des canalisations des eaux usées d’une foi musulmane indigne du Prophète.

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