Actualité

Le legs d’Egée-Mère

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 12 septembre 2015. dans Monde, La une, Ecrits, Politique, Actualité

Le legs d’Egée-Mère

Seules les écumes ô Egée (1) mer !!

O ; seules, les offrandes d’Egée-Mère !!

O ; seul soupirant angélique ; gémissait ton âme

ange Alène Kourdi (2) métissé sous un drame !!

seules, les vagues tripotaient tes cheveux noirs !!

dorlotaient tes soupirs : essuyaient ton bavoir…

ô bébé-ange… seules les vagues ornaient ton tablier

ô bébé-ange, seul ton sort servait de bouclier !!

ô Bébé-ange, seul le destin honorait ton festin !!

Entre mer-terre et ce monde crétin !!

ô petit Alène… dors sous l’afflux de mes larmes !!

Sauf, moi qui attache les lacets de tes souliers !!

Sauf moi qui abrite tes comptines et tes fées !!

ô petit Alène, sauf moi qui assiste ton fait !!

ô petit-Alène !! serre-moi entre tes bras !!

seul moi et ciel qui lavent ton Saint Drap

par nos larmes, par nos émois !!

Mon cœur ouvrait les bras, je n’étais plus barbare…

Ecrit par Mélisande le 12 septembre 2015. dans La une, Ecrits, Actualité

Mon cœur ouvrait les bras, je n’étais plus barbare…

Qu’y a-t-il dans le cœur de l’homme ? Un petit être bien conforme, qui se cache, qui dissimule sa vraie nature divine. Il la dissimule tant et si bien, que l’on ne voit apparaître de lui que le petit tyran esclave d’un dominant si envié, qu’il n’aspire secrètement et en toutes circonstances, qu’à devenir lui. Mais où est l’amour dont il fait parfois preuve ? Il est comme le diable, il prend des allures pour séduire mais il est loin du rivage de l’être, il a du mal l’amour en l’homme, il a du mal le divin en l’homme…

Regardez ce qui se passe en ce moment avec ces hommes qui fuient la mort et la destruction, ils ont parfois des nourrissons dans les bras ! Avez-vous remarqué le message : ce sont des gens qu’il faut accueillir avec amour et reconnaissance, parce qu’ils ont, eux, opté pour la vie. Il y a parfois une caméra qui s’attarde sur le visage angélique d’un petit porté par des parents exténués, au bout du rouleau : son petit visage serein et rose exprime une forme de confiance absolue, celle de ses parents : ce sont des messagers de paix d’amour et de vie. Il faut les accueillir avec révérence et leur offrir le meilleur : notre amour sincère. Ce sont eux qui vont nous faire évoluer : ils arrivent sourire aux lèvres, prêts à mourir ci-devant. Ils apportent vie espoir clarté dans des contrées qu’ils investissent positivement sur un plan imaginaire, contrées qui se doivent de revenir à la compassion et à l’amour. Oui l’Allemagne se rachète d’une barbarie inédite au 20° siècle, elle se rachète mais le rachat de l’âme, la rédemption sont des pierres sur le chemin de l’amour et de la vérité. Madame Merkel est une femme et une mère, sans doute a-t-elle été bouleversée par quelque chose, dans son être profond, derrière ses fonctions politiques… Qu’elle ouvre un chemin nouveau, notamment aux Français si ingrats ! Nous sommes devenus fermés, égocentriques, nous sourions avec difficulté et outre nos proches, rien ne semble retenir notre intérêt notre attention. Nos maisons, nos villages sentent le rance et la mort, nous crevons tous dans notre matérialisme et une hypocrisie qui nous rendent laids, affreusement laids. Nos propos sont au bord de l’évanouissement de toute intelligence et nos flux d’information flattent la pulsion de meurtre qui ne demande en nous, qu’à s’exprimer en toute impunité : regardez cette journaliste hongroise qui s’en donne à cœur joie en faisant tomber ces réfugiés, par un croche-pied, ceux qui fuient la police, enfants dans les bras… Ceux qui leur font des croche-pieds, qui les rejettent avec un sadisme diabolique, ceux-là devront payer : plusieurs vies d’exil, de souffrance par rejet et non reconnaissance les attendent. Oui bien sûr que l’époque du nazisme outre qu’elle s’est dévoilée historiquement et réalisée concrètement, est cendres sous le feu vif de la haine dans le cœur de l’homme, qui ne demande qu’à revenir !

Aux rouspéteurs de La Rochelle…

Ecrit par Martine L. Petauton le 05 septembre 2015. dans La une, France, Politique, Actualité

Aux rouspéteurs de La Rochelle…

J’ai eu un collègue, un cher collègue, qui ne cessait de dire – au moins était-il franc – Le PS, moi, je ne l’aime finalement que quand il est dans l’opposition. Donc, musique protestataire au programme pour cette génération de vieux Soixante-Huitards, veillant avec un soin de chanoines sur nos Saintes écritures. Je hochais la tête – déjà, pas d'accord, mais... avec quand même un caillou dans la godasse avec laquelle on arpentait les chemins socialistes depuis si longtemps. Parce que, disons, en parlant le politiquement correct, des « adaptations, des souplesses… des changements de pied » aussi, pas mal, c’était notre quotidien de militants. Chemin de roses et de poings (on a souvent tendance à oublier le poing, l’épine aussi, du reste).

Au début, dans les glorieuses du PS en majesté – années 70/80, où ça ne désemplissait pas dans les meetings, le militant identifié PS a eu des temps faciles et si doux : la société avait un plein panier de revendications tous azimuts, et le Parti du « changer la vie », cher à J.J. Goldman, allait apporter les bonnes réponses. Et, on en avait pour tout, ou presque, des réponses, des changements radicaux, des modèles différents, qui n’avaient aucun mal à correspondre – lego coloré rouge/rose foncé – avec nos valeurs ; celles du grand Jaurès, de Blum, son Front Popu, et son embellie jaillissante.

« Dans ce temps là, madame », l’argent ne manquait pas encore, et être socialiste, c’était redistribuer ; la grammaire existait toujours droite dans ses « Internationale » qu’on entonnait de ci, de là. La voix de Mitterrand qui savait, ô combien, parler Histoire et emporter les foules, chantait – pas d’autre mot – ce Socialisme aux couleurs d’ici, qui n’avait pas tranché entre Marxisme moderne et souple, et Social-Démocratie (un mot qu’on gardait un peu, caché, en fond de panier, au cas…). Le « grand frère PC » qu’avait déjà du plomb dans l’aile, regardait – inquiet, peut-être, inquiet, sans doute – ce petit agité, auquel il allait bien falloir, dans peu, refiler un bout du manche. La crise d’adolescence colorait nos fêtes de la rose, où venait en voisin Jacques Delors, avec sous le bras un gamin qui promettait ; François Hollande, mignon comme un cœur… Dans ma salle des profs, quand sonnait l’heure de la cafetière, et qu’un brin de politique nous servait de biscuit, le – alors, Martine, le PS… était alors avenant – une rose, voyez-vous, à n’y pas croire !

Les années Mitterrand – une génération, vrai – leur corne d’abondance et de belles valeurs, plus copieuses – s’en souvient-on, que le Front Populaire et la Libération se heurtèrent de plein fouet, dès le « tournant de la rigueur », à la réalité d’un monde, vaste, et, il faut bien le dire, assez peu socialiste. Dès le second septennat – Hollande a été élu député de Corrèze, en 1988 – la rose développa pas mal d’épines, ou bien on nous la renvoyait trop souvent par la figure ; les deux, probablement… mon député tâtait de la température : « – ça dit quoi dans ta salle des profs, sur ce projet/école ? – je rase les murs… ». Déjà, le mot « redistribuer » cognait aux entournures ; on retombait sur un sol – dur, on allait voir, tellement pire ! Les années Jospin furent plus faciles à digérer – croissance et quelques riches idées phares à l’appui. Le ton avait changé, pourtant ; on parlait « raisonnable », genre : on peut pas tout faire d’un coup. Puis… 2002 – François défilait en nous distribuant des brins de muguet ; on avait su, par lui, bien avant l’inondation par les médias, la dissolution de l’Assemblée, qui le mettait en état de sidération avancée. Je revois nettement son visage, et le temps qu’il avait mis à me dire ce qu’il en pensait, lui. Quelque chose de chaud, toutefois, dans ce remake de Février 34, toutes gauches rassemblées. Quand menacent les fascismes, la Gauche sait exister. On mesurait. Ouf ! Et, Chirac à 80%, qu’on arrosât, chez moi, au cidre, pas au champagne, évidemment ; l’inutilité de ce barouf-là ; ces choses de la vie, qu’il fallut bien faire en son temps, et qu’on ne peut regretter qu’une fois passée l’Histoire… Et puis, la suite Hollandienne. Ce qu’il a tenté, ce qu’il a raté, ce qu’il essaye de faire. Ce qu’il a réussi. La transformation du « mollasson » en homme d’état – ou ça y ressemble fort – on connaît.

Reflets des malheurs des temps

Ecrit par La Rédaction le 29 août 2015. dans La une, Actualité

Reflets des malheurs des temps

 La « Mal – heure », la mauvaise. Temps honni de cette fin de Guerre de Cent ans, où passaient les redoutés  routiers, suiveurs de gens de guerre et buveurs de sang, et où pas une branche sur les chemins n'évitait son écorché, se décomposant au soleil sans chaleur, de ces temps, où «  Seigneur, protégez-nous de la guerre, de la peste et de la famine » était ânonné par des enfants en haillons, dont si peu verraient l'horizon de leurs vingt ans... Mais croyez-vous qu'il faille convoquer ces siècles anciens, pour toucher du doigt le malheur des temps ? Quand, coup sur coup, en 48 H,  des « malheureux » - sens plein du mot - en sonnant aux portes de chez nous, ont rencontré la pire des morts.  Ils venaient de ce Moyen Orient en guerre – la Syrie, pour le camion d'Autriche ( plus de 71 cadavres de jeunes et d'enfants, se décomposant au fond du camion des passeurs-routiers-buveurs de sang...) l'Afrique sans doute du Nord Est, crevant sous des sécheresses qui sont leur unique climat , pour cet énième bateau, larguant ses proies au fond de la Grande Bleue cimetière... malheurs des migrants des chemins, irriguant encore et encore, leurs pans d'Histoire, hélas universelle.   Tournant les yeux – tous , et avec quelle constance, vers nous, Europe-Eden, Europe-Eldorado, fantasmée si largement, mais encore assez riche, et capable – en sachant faire, en s'organisant, et peut-être aussi en ces périodes de crise , en voulant – de porter  encore cette misère d'un monde, qu'elle a – pourquoi faudrait-il l'oublier, en partie contribué à tricoter...

 

«  Frères humains qui après nous vivez

    N'ayez les cuers contre nous endurciz

    ---------------------------------------------

   La pluye nous a debuez et lavez

   Et le soleil dessechez et noircis :

   Pies, corbeaux nous ont les yeux cavez »

 

François Villon

L’infamie BDS

Ecrit par Jean-François Vincent le 15 août 2015. dans Monde, La une, France, Politique, Actualité

L’infamie BDS

Opinion

 

Jusqu’à présent BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) n’était qu’une petite officine nauséabonde de lobbyistes organisant avec un soin pervers l’antisémitisme de gauche sous prétexte d’antisionisme. Son site, BDS.Org, pourchasse tout ce qui est israélien, universitaires et films compris, stigmatisant – évidemment ! – l’initiative de la maire de Paris d’associer Tel Aviv à Paris Plage (« collaboration » lit-on sur sa page web). Le problème, c’est que ce radicalisme anti-israélien et hypocritement anti -juif (ils ont leurs Juifs alibi, de même que le Front National, auquel ils ressemblent sur bien des points, a ses maghrébins alibi) n’est plus cantonné à la frange des activistes extrémistes : il pollue les médias « respectables ».

Ainsi Libération n’a pas hésité à publier un article commis par un membre du NPA (ex Ligue Communiste Révolutionnaire) parlant – à propos de Paris Plage – de « blanchiement des crimes d’Israël ». Israël donc = Afrique du sud = apartheid = crimes contre l’humanité = pourquoi pas Allemagne nazie. Tout ce qui est israélien devient suspect, voire pestiféré.

Il faut ici le rappeler avec force : l’antisionisme est le plus sûr chemin vers l’antisémitisme. Le rejet, voire la criminalisation de l’alyah, le retour à Eretz Israël – c’est-à-dire le sionisme dans son essence – est une condamnation de l’état hébreu dans son principe et, par ricochet, de tous ceux qui se solidarisent avec lui, autrement dit de l’immense majorité des communautés juives de par le monde. La distinction entre ce qui est à l’ouest de la ligne verte (ligne d’armistice de 1949, mensongèrement qualifiée de « frontière internationale de 1967 »), où il serait licite de s’installer, et ce qui se trouve à l’est de cette ligne (la Cisjordanie) où toute installation juive serait criminelle, est un sophisme. La véritable question est : les Juifs du monde entier ont-ils le droit – oui ou non ? – d’émigrer en terre sainte ? Répondre non équivaut à présenter la création d’Israël comme une catastrophe, le « nakba ». C’est ce que font tous les antisionistes.

A partir de là, à partir du moment où l’on considère qu’Israël dans son ensemble – et pas seulement le gouvernement Netanyahou – est un état voyou, voleur de terres et assassin, tous les Juifs se transforment en cinquième colonne, en complices, en un mot, en « collabos ». Telle est bien la teneur des tweets antisémites qui explosent actuellement. Exemple, un certain Cartier, le 9 août : « il est intéressant de constater que les pro-sionistes ont reçu leurs consignes du CRIF, ce lobby qui donne des ordres à la France, laquelle obéit ».

Sous couvert de dénonciation des exactions de Netanyahou, une judéophobie de bon aloi se développe en toute impunité. Qu’on ne s’étonne pas alors que le nombre d’alyoth monte en flèche, chiffre prévisionnel pour 2015 : 10.000. BDS fait fuir les Juifs.

 

L’œil de Claude

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 15 août 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude

L’espace Fillon

Grâce à François Fillon, le débat politique a pris enfin de la hauteur et gagné en causticité… Récemment, sur France Info, il évoquait le record de longévité dans l’espace du cosmonaute russe Gennady Padalka, qui a déjà passé plus de 800 jours à bord de la Station spatiale internationale, en précisant que, pour en arriver là, il fallait « ne pas être trop grand, mais très sportif ». Cette « sortie » faisait immanquablement songer à Nicolas Sarkozy, à qui l’ancien Premier ministre, décidément en verve, a souhaité le même séjour prolongé dans l’espace, au moins jusqu’en 2017 !

A droite, tous les candidats « s’entraînent » avec plus ou moins d’assiduité en vue de la primaire, d’abord, de la présidentielle, ensuite, en veillant bien à ne pas laisser s’installer trop tôt un « vide sidérant », source d’échec, à coup sûr… De son côté, le président des Républicains a fait le choix de se lancer prématurément dans l’aventure, se présentant à chaque meeting comme l’homme de la situation, mais qui, en réalité, a du mal à atteindre son « apogée » ! Ce qui est certain, c’est qu’ils croient tous en leur bonne étoile, qu’elle soit filante ou brillante, géante ou naine… Comprenne qui voudra !

 

Descendance

Ainsi donc, notre bonne vieille Terre aurait une « sœur jumelle » ou, si vous préférez, une « cousine éloignée », voire très éloignée, à quelque 1400 années-lumière… Depuis la nuit des temps, Kepler-452b a toujours cru en sa bonne étoile, qu’elle n’a d’ailleurs jamais quittée des yeux !

Des exoplanètes, on en connaît déjà plus d’un millier, mais celle-ci a la particularité de ressembler « comme deux gouttes d’eau » à la planète bleue. Une possible « zone habitable » nous la rendrait plus proche encore, mais il faut savoir qu’un vaisseau spatial, lancé depuis la Terre, mettrait environ 25 millions d’années pour l’atteindre… De quoi réviser la notion d’espace-temps !

Albert Einstein, à l’origine de la « théorie de la relativité », et pour qui l’imagination fut toujours plus importante que le savoir, disait : « La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le côté mystérieux de la vie ! »… Message reçu ?

«Cette décapitation Un défi civilisationnel »

Ecrit par Luce Caggini le 04 juillet 2015. dans La une, France, Religions, Politique, Actualité

«Cette décapitation Un défi civilisationnel »

Y a-t-il un pas, entre foudroyant conflit de conduite insurrectionnelle et mutation vers un acte barbare ?

Et quel est le nom de ce pas ?

Entre l’acte ignoble d’un membre d’une organisation dépendante d’un empire voué à la destruction, et la magistrale inanité d’une culture muette brisée par la compréhension d’un péril sans couleur, immergé dans une communauté sommeillant dans le sein d’une République pétrie de saines, centenaires et romanesques visions de la mémorable mugissante « Liberté chérie » ?

Dans ce pays où être juif ou arabe ou bien ni juif ni arabe mais citoyen est devenu un pendant de détonation, même un tableau de Francis Bacon est marginal dans le miroir d’un jeu de cartes des horreurs où monstruosité et sang donnent un reflet des mammifères de la civilisation du 21è siècle puant des canalisations des eaux usées d’une foi musulmane indigne du Prophète.

L’œil de Claude: Canicul’air

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 04 juillet 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude:  Canicul’air

D’ordinaire, les marronniers fleurissent en mai-juin… Mais qui aurait pu croire qu’en juillet-août, leur floraison allait se poursuivre dans les journaux, au même titre que les départs en vacances et les conseils de Bison Futé ?

Coup de chaud, donc, sur tout le pays, avec son cortège de températures élevées, voire très élevées, conséquence du dérèglement climatique, déjà bien avancé… Aux extrêmes, par exemple, la glace continue de fondre, plus vite que dans un verre !

Dans l’urgence, mise en place du plan canicule, avec, dans les médias, un chassé-croisé de météorologistes et de médecins, entre autres. Pluie de précautions, car il faut à tout prix calmer le jeu et rassurer les populations !

Laissons le dernier mot à Francis Jammes : « Il est midi. La canicule tombe des ormeaux bleus et noirs où éclate le cri d’une cigale »…

Bel été à tous !

L'Islamisme et Pavlov

Ecrit par Jean-François Vincent le 27 juin 2015. dans Monde, La une, Religions, Actualité, Politique

L'Islamisme et Pavlov

Isère, Tunisie, Koweït. Amalgame. D’un côté, des structures organisées, de l’autre, un bonhomme seul ; d’un côté, des armes de guerre (kalachnikovs, grenades), de l’autre, un couteau ; d’un côté (au moins pour le Koweït,) revendication de Daech, l’ « Etat islamique », de l’autre, rien du tout. La classe politique (de droite comme de gauche) à tout intérêt à subsumer ces évènements sous un vocable unique : attentat terroriste – et, peut-être a-t-elle raison : le terrorisme, catégorie particulière, se voit limité à des milieux bien précis et circonscrits; l’amalgame rassure – la réalité, elle, est plus inquiétante.

Yassin Sahli était un simple employé de la société Air Products. Il a décapité son patron. Le grand guignol islamiste n’a ici qu’une fonction décorative. Epouvantable, mais, au fond, inessentielle mise en scène. Là se situe le danger le plus grave : un vulgaire conflit du travail se voit ripoliné en djihad. A quand une querelle de voisinage se terminant en bain de sang « islamiste ». A quand un collégien immolé au nom d’Allah, pour histoire de billes ou de rivalité amoureuse ?...

Le savant russe Ivan Petrovitch Pavlov avait mis en exergue, au début du siècle dernier, le conditionnement du réflexe, lequel sous certaines conditions, devient automatique. Le conditionnement salafiste pourrait produire un type de comportement stéréotypé : face à une crise dans la sphère privée, la sortie – stratégie de fuite, plutôt que véritable solution – réside dans le crime au nom de Dieu. Mort héroïque, règlement de compte sublimé en sacrifice martyriel (Yassin Sahli a tenté, en vain, de se suicider, en précipitant sa voiture contre des bonbonnes de gaz).

Un mimétisme barbare pourrait ainsi ensanglanter la vie quotidienne, en transformant les vicissitudes personnelles en tremplin pour la sanctification. La force de Daech ou d’Al Qu’Aïda est d’avoir proposé une solution non seulement collective (instaurer partout la Charia, la loi transcendante) mais également individuelle : vous êtes mal dans votre peau, ça ne va pas au travail, votre petite amie vous a plaqué ? Qu’importe ! Dieu vous soutient ; votre vengeance ne sera pas uniquement de votre fait : Deus ex machina, vous serez l’instrument d’une rétribution divine, punissant de la sorte l’injustice commise à votre endroit par des infidèles…

Il est donc à craindre que se multiplient les Yassin Sahli pour des pas grand choses ou des presque rien. Ou comment de pauvres hères trouveraient, par la même, le moyen de magnifier leur propre petitesse en message de l’au-delà : des « pov’types » directement métamorphosés en Malak al-Maut, l’ange de la mort dans le Coran…

De métastases isolées, le terrorisme deviendrait alors un cancer généralisé de la société…

Racines d’actu : Les « affaires » Jean Zay

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 27 juin 2015. dans La une, Actualité, Histoire

Racines d’actu : Les « affaires » Jean Zay

On se souvient que tout récemment les cendres de Jean Zay ont été transférées au Panthéon. La décision fut prise par François Hollande le 21 février 2014 et la cérémonie eut lieu le 27 mai. On se rappelle aussi de la polémique lancée à cette occasion par l’extrême-droite française – concernant le soi-disant « antipatriotisme » de ce grand ministre radical-socialiste de la fin de la IIIe République ! Enfin, nous ne sommes actuellement qu’à une semaine de la commémoration du terrible assassinat dont il fut la victime en ce jour horrible du 20 juin 1944… Je vais donc revenir ici sur les différents aspects des « affaires » Jean Zay, et avant tout, bien sûr, en ce qui concerne le contexte et les méthodes employées pour l’assassiner lâchement… !

La première affaire est celle de la polémique déchaînée par l’extrême-droite contre celui – avocat et homme politique de gauche – qui fut l’ancien ministre visionnaire de l’Éducation nationale du Front Populaire (et même au-delà, jusqu’en septembre 1939) et député du Loiret. Un peu comme pour Roger Salengro (accusé de « désertion face à l’ennemi » pendant la Guerre de 14), Jean Zay eut à subir une campagne de dénigrement concernant son « pacifisme antipatriotique » ; tout cela parce qu’il avait rédigé dans sa jeunesse un poème (Le drapeau) ayant une teneur hostile à ce qu’avait été « la Grande Guerre ». Deux points importants à ce sujet : fut-il le seul à avoir été ainsi traumatisé par cette « boucherie nationaliste » ? Fut-il le seul à avoir des réactions « pacifistes » ? Doit-on considérer le « pacifisme » de cette époque-là comme une trahison « antipatriote » ou bien plutôt simplement comme une réaction normale par rapport à ce qui s’était passé dans les tranchées ?! De toute façon, c’est tout de même fort d’entendre les héritiers de ceux qui acceptèrent de se coucher devant Hitler et de collaborer avec l’Allemagne nazie accuser cet homme d’antipatriotisme, lui qui, justement, fut – par la suite – un anti-munichois notoire ! La vérité, c’est que ce que l’extrême-droite française de l’époque (et encore de nos jours, dans ses strates archéologiques) reprochait à Jean Zay, c’était d’être « un juif » ; donc, pas vraiment « Français »… ! D’ailleurs, il fut victime par la suite d’une très violente campagne antisémite, dans ces moments où les nationalistes faisaient leurs choux gras de « l’idéologie antisémite » ! De nombreux leaders d’extrême-droite s’étaient ainsi lancés contre lui.

Pour la seconde affaire, c’est-à-dire celle des conditions et la façon dont Jean Zay fut éliminé, le récit qui doit être fait apparaît comme plutôt terrifiant ! Ce sont en effet des miliciens au service des basses besognes du régime de Vichy (« L’État Français de Pétain »), et en liaison directe avec des hommes de Joseph Darnand, qui le massacrèrent au lieu-dit Les Malavaux, dans la faille du Puy du diable à Molles (dans l’Allier). Les assassins traitèrent son corps (avec des grenades et en jetant sa dépouille dans une crevasse… !) d’une manière ignominieuse, tellement chargée de haine… ! Ce n’est que vers la fin du mois de septembre 1946 que son corps fut retrouvé et enterré, sur ordre de la municipalité de Cusset (près de Vichy)… Jean Zay avait été mis en prison militaire près de Clermont-Ferrand, dès août 1940, sur ordre du régime de Vichy, avec une accélération scandaleuse de la campagne antisémite qu’il avait déjà commencé de subir auparavant (comme cela a déjà été dit). Philippe Henriot, le trop célèbre ministre de l’information des vichystes, réclama très tôt la condamnation à mort du « juif Jean Zay », comme juif, franc-maçon, anti-munichois, anti-hitlérien et ministre du Front Populaire… A propos des accusations « d’antipatriotisme », le 5 juillet 1945 la cour d’appel de Riom (ville située près de Clermont-Ferrand) réexamina les faits reprochés au sous-lieutenant Jean Zay, et constata qu’à aucun moment il ne s’était soustrait à l’autorité militaire, et que « les poursuites intentées contre /lui/ ne peuvent s’expliquer que par le désir qu’a eu le gouvernement /de Vichy/ d’atteindre un parlementaire dont les opinions politiques lui étaient opposées et qu’il importait de discréditer en raison de la haute autorité attachée à sa personnalité ». Elle annula donc le jugement du 4 octobre 1940, Jean Zay étant alors pleinement réhabilité à titre posthume.

 

Jean Zay, un républicain, François Marlin, Infimes Éditions, 2015, 208 pages

Jean Zay, le ministre assassiné 1904-1944, Antoine Prost et Pascal Ory, Tallandier, 2015, 160 pages

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