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Principe de précaution et jurisprudence

Ecrit par Jean-François Vincent le 11 janvier 2014. dans Racisme, xénophobie, La une, France, Politique, Actualité

Principe de précaution et jurisprudence

L’arrêt du Conseil d’Etat concernant Dieudonné constitue une avancée juridique « révolutionnaire ». En effet, les magistrats de la plus haute juridiction administrative disposent que « le risque sérieux que soient de nouveau portées de graves atteintes au respect des valeurs et principes, notamment de dignité de la personne humaine, consacrés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et par la tradition républicaine » justifie l’interdiction des spectacles de Dieudonné.

Ils ajoutent ainsi à ce qu’on appelle le « bloc de constitutionnalité » – c’est-à-dire la déclaration de 1789 (qui ne parle que d’égalité « en dignité ») et le préambule de la constitution de 1946 – la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, qui définit ceux-ci comme « la reconnaissance inaliénable de la dignité humaine ». La notion même de « dignité de la personne » fait son entrée en droit français !!

Autre entrée spectaculaire : le principe de précaution. Les fameux « troubles à l’ordre public » visaient les troubles avérés à l’ordre public, et non le simple risque de trouble à l’ordre public. Or, dans l’arrêt, on voit apparaître le concept de « risque sérieux ». La sanction – une grande première – est donc préventive, en application du principe de précaution. Ce qui est acceptable en droit administratif ne le serait cependant pas en droit pénal : comment, en effet, punir « préventivement » ou par « précaution » un multirécidiviste, dont la probabilité de récidive est élevée ? Le droit pénal repose sur la matérialité des faits : ceux-ci doivent être réels et non simplement virtuels.

Par contre la « dignité de la personne humaine », comme élément de droit, pourrait être utile en droit de la famille, pour tout ce qui concerne la maltraitance, aussi bien des enfants que des conjoints.

Reste le célèbre principe de précaution ; jusqu’où peut-on aller pour éliminer le risque dans une société de liberté ? Le droit à prendre des risques fait aussi partie des libertés fondamentales, mais à la seule condition qu’il ne porte pas préjudice à autrui.

2014, l’année du sirtaki et du monde magique des animaux malades de la presse

Ecrit par Luce Caggini le 11 janvier 2014. dans La une, Actualité

2014, l’année du sirtaki et du monde magique des animaux malades de la presse

Menons une enquête sur les hommes de Neandertal et donnons la parole au Général Aussaresses, le prince des bonobos.

Mes amours et mes inénarrables années algériennes vont paraître merveilleuses à mes amis les bonobos, qui, usant du petit bout de cervelle qui les sépare de nous, se préparent à entendre, tels les amateurs de musique ancienne rare, le magnifique « Peacatem me quotidie » de Carlo Gesualdo.

A ma grande consternation, même le nomade du ciel, le grand condor des Andes, ne put amener à leur destination urgente au Palais de Florence les belles amoureuses de Botticelli pendant que nous menions l’enquête sur le monde des voleurs d’art des années quarante.

Dans moins de cinquante cinq années le Général Aussaresses aura joué un autre rôle moins animalier, agenouillé devant un museau de musicien portant un anneau fait de mie de pain et d’urine de singe.

Petit à petit mon vague pari de naguère, c’est-à-dire montrez-moi vos mains et je vous dirai quel est votre paramètre de souris ou de petit macaque, se précisait.

Mais dans les cas de mes données de connaissances des sciences humaines et animales, unies à celles de « mon ami le lion », je donnais à mes manuscrits le parti artistique et musical d’un mariage de raison et d’amour éliminant de façon radicale les faux-culs, les êtres privés d’humanité, les esclaves des sous, les assoiffés de pouvoir, les sanguinaires de la morale, les monarques de toutes les vérités et les mous des discours de paix.

Maintenant même monarques et mousquetaires du vingt-et-unième siècle ne peuvent unir les nuits et les jours sans mettre le mot amour à la sauce moutarde, mais rien, jamais ne rendra la mort aussi animale que les vomisseurs de haine heureux de mettre leur nom en long et en large sur les murs de la ville du mouroir des Français des années quarante.

Gare au retour de boomerang

Ecrit par Luc Sénécal le 11 janvier 2014. dans La une, Actualité

Gare au retour de boomerang

Comme vous le savez, l’être humain se considère comme l’espèce la plus intelligente de la création. Capable d’anticiper ses actions, d’en déterminer les causes, d’en prévoir les conséquences, il pense même s’être détaché du monde animal et contrôler ainsi tout son environnement.

Comme nous l’avons constaté, on est loin du compte. Prenons un exemple. Un seul parmi tous ceux qui se présentent. Prenons ce qui se passe de nos jours avec le rhinocéros de Sumatra. Cette sous-espèce est en voie de quasi extinction. Pourquoi ? Parce que des êtres humains ont décidé de transformer leur habitat de façon telle qu’il ne leur est plus possible de se reproduire.

Des plantations destinées à recueillir cette fameuse huile de palme, qui fait le bonheur d’une industrie alimentaire pour ne citer qu’elle, nécessitent des engrais pour favoriser la production. Mais on a découvert qu’il est très probable que ces engrais aient une influence néfaste sur le système reproducteur de ces rhinocéros. Des recherches sont en cours, pour parvenir à déterminer lesquels, malgré des oppositions dont on devine l’origine.

D’un autre côté, conscient de cette disparition inéluctable et prochaine, d’autres êtres humains s’emploient à capturer en pleine jungle des spécimens dont certains en fait, sont sauvés, car gravement handicapés par des pièges de braconnier. Hélas, on s’aperçoit que les spermes recueillis ne sont pas bons et que les femelles ne produisent plus d’ovocytes. Alors on recueille tout ce qu’on peut prélever sur l’animal y compris son ADN. Ainsi en pleine jungle par 37° de température extérieure, on prélève, on analyse et ensuite on enfourne dans des citernes d’azote liquide à moins 174°. Ce, avant de les expédier dans un laboratoire européen où ils seront à nouveau traités.

Que déduire de l’ensemble de ces comportements dans cet exemple qui n’est qu’un exemple parmi bien d’autres ?

L’être humain est certes capable d’appréhender parfaitement ses actions, de créer par son génie, de transformer son habitat, et outre celui-ci, de transformer tout un territoire pour ses besoins. Ce faisant, en mettant en place des projets remarquables selon des plans et des procédures soigneusement étudiés avec des moyens considérables, il occulte involontairement d’autres paramètres. Aucune étude ne va jusqu’à prendre en compte des paramètres concernant le vivant, tant végétal qu’animal, du terrain concerné.

Tous les voyageurs, aujourd’hui, sont en deuil

Ecrit par Sébastien Ambit le 07 décembre 2013. dans La une, Actualité

Tous les voyageurs, aujourd’hui, sont en deuil

Qu’il me soit permis ici de revenir sur ce 13 février 2011 au stade national de Soweto. Il devait être 21h passées de quelques instants. Plus bas, le concert U2 donnait son premier concert africain, son concert pour cette terre de géants où l’intolérable l’a si souvent disputé aux grandes falaises de Capetown et aux dentelles de pierre du Drakensberg. Le stade de Soweto était plein comme un œuf, et ruisselait du bouillonnement des genres et des peuples d’Afrique du Sud.

U2 habitué à faire monter sur scène tout et n’importe qui, c’est sûr, va faire monter Mandela. A la fin de « One », le stade s’éteint, la caldera entre en fusion, plus de 100.000 personnes espèrent voir l’icône comme on halète à la promesse du jugement dernier. L’attente et l’espérance se lisent sur chaque visage. Les écrans au dessus de la gigantesque scène se rallument, il fait 50 degrés dans les tribunes et ça monte, ca grimpe… Et puis la voix de Mandela se fait entendre, le stade chavire, entre en fusion, les 104.956 sherpas gravissent la montagne pieds nus…

C’est son discours célébrant sa sortie du bagne et prononcé ici même en février 1990 qui est repris dans la langue de la liberté retrouvée. Nous sommes heureux, grands, petits, blancs, noirs, idiots ou intellectuels, nous ne sommes qu’un, « one ». Même U2, pourtant habitué à faire de ses foules des pénitents sur le chemin de Saint-Jacques reste assis par ce visage souriant malgré la haine de 27 années passées dans les prisons de l’Apartheid.

Ce qui a suivi ensuite m’échappe un peu, je sais simplement que venant de ma droite un gigantesque Zoulou m’a serré dans ses bras pendant que ce peuple en sourires d’amour entamait dans une ferveur unique les premières mesures de « Nkosi Sikeleli Afrika ». Le temps était chaud, le ciel était couvert d’étoiles et la rainbow nation communiait à ce sourire venant du si profond de l’âme.

Aujourd’hui tous les voyageurs sont en deuil. Qu’il fait du bien d’aller voir ailleurs si on y est, qu’il fait du bien d’aller tâter de la mémoire de l’Apartheid de plus près pour mieux comprendre nos discours à nous remplis d’à peu près sur nos communautarismes, nos peurs et nos Roms. Mon pays me fait mal, célébrant à l’unisson aujourd’hui la mort de cet homme, son enseignement sur la tolérance, son amour entre les peuples, mais qui reviendra demain à ses certitudes électoralistes et à ses petits meurtres entre amis. Politicards sans mémoire, sans vergogne et sans destin, je vous emmerde.

François, gardez-vous à gauche, François, gardez-vous à droite !

Ecrit par Martine L. Petauton le 23 novembre 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

François, gardez-vous à gauche, François, gardez-vous à droite !

C’était, souvenez-vous dans le bourbier de Poitiers – an 1356 – d’une guerre de cent ans où le vent tournait mauvais et où, notre Jean Le Bon, aux prises avec le terrible Prince noir, se démenait sous les cris du cadet, Philippe le hardi : « père, gardez-vous à gauche ; père gardez-vous à droite ! ». Las, le Français devrait bientôt, prisonnier, gagner cette Angleterre, d’où il regarderait vers « le pays de France » un peu avant Charles d’Orléans… Il y avait déjà, en ce temps-là, comme un parfum de feu à la chaumine.

Ne dit-on pas « la guerre », pour l’exécutif ces jours-ci ? Ou bien « la faillite », « la défaite »… métaphores euphorisantes à souhait. Si j’étais dans un film américain, je dirais que cette saison II du « Hollande bashing » est plutôt plus violente que le premier ; trop d’effets spéciaux, moins finassé sur le fond. Sous couvert de débâcle annoncée à grands cris médiatiques, certains – sûr – verraient bien le premier de nous tous tomber lourdement de son cheval, et, vlan, catché par une dissolution, déjà – paraît-il – « tranchée par les Français », disparaître au fond de quelque médiévale oubliette.

Rêve fumeux d’UMP râlants en populistes manifestants, baignant dans un fond de sauce où nagent quelques Front de Gauche sortis hardiment du logis ; tout ça touillé – faut-il le dire – par la longue fourchette du diable blond.

Ceci dit, dur, le passage ; personne n’en disconvient. Bast, comme on aurait dit, pile en 1356, et un peu autour, les faits sont là, alimentés, fantasmés, ou bien tangibles : il y a péril au château. L’exécutif prend l’eau.

Nouvelle salve de dépôts de bilans, sur un tissu industriel déjà pas mal troué. Fronde anti-fiscale (qui, à plus d’un titre, ressemble à la bien nommée du siècle XVII) – tout le monde, vent de folie, semble délégitimer l’impôt, tout soudain, envoyant par-dessus les moulins les bonnets, rouges ou d’autres couleurs. Démonstration de force de tous les corporatismes, à coups de hennissements de cheval de centre équestre, là, de klaxons de routiers, ici. Avant-goût d’un Chili en partance pour son coup d’état ?  Constatation, pour autant, incontournable : du monde dans les rues et chemins, et, dedans, du populaire.

 Croassements d’usage au gouvernement, où passe la rumeur sempiternelle du remaniement et du « qui part, qui change, qui entre »… Enfin, sur fond de déclassement de notre A le troisième (dont on a perdu le sens exact depuis des lunes), linceul noir des sondages, qui… mettent quasi à terre la cote du président « qui, jamais, sous la Vème… ». Quand on vous dit que le cheval est au bord de la chute ! Et qu’on entend – distinctement – grincer la porte de l’oubliette…

Ce crumble aux vieux restes de tout…

Ecrit par Danielle Alloix le 16 novembre 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

Ce crumble aux vieux restes de tout…

Certes, pas des foules, mais quand même !! Beuglant dans un étrange concert d’antis, ce 11 Novembre à Paris, dérangeant – tous tabous renversés – les manifestations consacrées à la mémoire et aux victimes des guerres, de toutes « nos » guerres, donnant l’image brouillée qui va faire tâche dans les yeux des minots qui regardent ou qui écoutent l’instit…

Brouillé, c’est trop peu dire, et direct, sur FB, un L.M. Levy posta sur le soir, juste ce qu’il fallait de mots coupants, propres à déchaîner les clics : que « fachos et bonnets rouges s’acoquinaient ce jour ; que donc, porter un bonnet rouge ne protégeait pas d’être facho, ni d’être imbécile… », et les like ou les « je conteste votre honneur » de fuser, comme il sied dans FB.

Brouillé, donc, le sens des dates, des devoirs et des mémoires.  Salmigondis d’Histoire. Siffler le Président ce jour, et là, n’est-ce pas aussi siffler la République ? Brouillade définitive avec le qui est qui, dans la marmite des protestataires, crumble aux vieux restes de tout.

Bonnets rouges se disant bretonnants – immédiatement désignés comme impurs par de « vrais » bonnets restés au pays. Incongrus, ces bonnets, volant au-dessus de la «  petite » équipe surchauffée ; on s'attendait, comme dans une fin de cauchemar, sur le matin, juste sur le point d'ouvrir l'œil et de souffler – ouf, qu'est ce que j'ai rêvé là ! à voir surgir les hampes rouges et, à entendre l'Internationale... Détournement des symboles et des images de « révolte » ? Probable, on a vu ça ailleurs.

Bonnets rouges, mais de l’Ancien Régime. A ne pas confondre avec ceux – bonnets phrygiens – venus du fond de l’Antiquité des esclaves affranchis, de la Grande Révolution ; du 93 cher à notre Victor. 1675, cœur de Bretagne et révolte sur fond de taxes – l’impôt, sa réalité, son fantasme a toujours animé les émeutes d’avant 89. La Révolution s’est bâtie, via les cahiers de doléance, sur la plainte des paysans bouffés par l’impôt, que le Tiers État portait seul. La révolte fiscale est le sceau de bien des révolutions. Tout un peuple, manants  -encadrés par quelques  notables qui n’avaient pas digéré ce lointain 1532  , acte de naissance de la province française, s’élevait, bonnet rouge sur tête, contre des taxes annoncées sur les actes notariés, le tabac, et la vaisselle d’étain (autant dire, pas forcément produits de première nécessité). Révolte lourdement réprimée, cependant, par pendaisons et mises aux galères, par l’armée du Roi. En Cévennes, les Camisards ; ici, les Bonnets. Temps, dans les campagnes, de ces jacqueries brouillonnes et courageuses – un leader, quelques fourches ; fréquentes, mais – notons-le – toujours vaincues.

Malaise

Ecrit par Christelle Mafille le 16 novembre 2013. dans La une, Actualité, Société, Littérature

Malaise

Je ne comprends pas…

Je ne comprends pas et même, je ne veux surtout pas comprendre.

Comment est-il possible que l’on décerne un prix, une récompense quelle qu’elle soit (en l’occurrence : le prix Renaudot essai) à un auteur qui s’auto-déclare pédophile ?

Voici ce que cet auteur (G. Matzneff) écrivait dans Les moins de seize ansen 1974 (et je choisis un extrait « soft ») :

« Ce qui me captive, c’est moins un sexe déterminé que l’extrême jeunesse, celle qui s’étend de la dixième à la seizième année et qui me semble être – bien plus que ce que l’on entend d’ordinaire par cette formule – le véritable troisième sexe. Seize ans n’est toutefois pas un chiffre fatidique pour les femmes qui restent souvent désirables au-delà de cet âge (…). En revanche, je ne m’imagine pas ayant une relation sensuelle avec un garçon qui aurait franchi le cap de sa dix-septième année (…). Appelez-moi bisexuel ou, comme disaient les Anciens, ambidextre, je n’y vois pas d’inconvénient. Mais franchement je ne crois pas l’être. À mes yeux l’extrême jeunesse forme à soi seule un sexe particulier, unique ».

La vraie question que je pose, que je me pose, est : peut-on décerner une récompense à ce genre d’individu, aussi talentueux soit-il ?

Mon pays des Lumières, aux portes de la nuit...

Ecrit par Sabine Aussenac le 09 novembre 2013. dans La une, France, Actualité, Politique, Société

Mon pays des Lumières, aux portes de la nuit...

Elle s’appelait Jehanne.

Une blonde, toute douce.

Je m’en souviens comme si c’était hier, c’était une de mes premières élèves, en ma première année de prof (non, nous n’avions pas d’IUFM, nous non plus. On m’avait dit « tiens, la clef du placard, le magnéto – à bandes, help !! –, les craies, et bon courage !!! »).

Très vite, le bruit a couru. La pauvrette, elle en rougissait. A son approche, les voix passaient en sourdine, on la regardait en chuchotant. On discutait de son cas en salle des profs…

– Il paraît que son père est CRS.

– Oui, je l’ai rencontré à la réunion, un beauf à la Cabu.

– La pauvre gamine, elle avait un prénom prédestiné…

Ses camarades la défendaient.

– C’est pas sa faute, Madame, si elle a pas fait son travail. Vous savez bien, c’est pas facile, pour elle.

Car devinez quoi ? Le père de Jehanne… votait Le Pen.

Je vous parle d’un temps où la vie était douce, où voter FN vous stigmatisait comme aux premiers jours du SIDA, où les moustachus du Front rejoignaient les moustachus à la Freddy Mercury dans un difficile outing ; d’un temps où l’on vous regardait avec horreur et compassion, partagé entre le chagrin et la pitié. Personne, non, personne n’aurait osé revendiquer en public son appartenance au parti de JMLP, hors réunions de famille avinées et/ou soirées entre anciens de l’OAS. L’information circulait sous le manteau, alimentée par la rumeur. Voter FN, c’était vraiment la fin du monde, c’était comme avouer qu’on était fils de collabo.

Alain Finkielkraut – Vous me la chantez ? Où est-il mon moulin de la Place Blanche ?

Ecrit par Luce Caggini le 02 novembre 2013. dans La une, Média/Web, Actualité, Société

Alain Finkielkraut – Vous me la chantez ? Où est-il mon moulin de la Place Blanche ?

Je n’aurais jamais été capable d’écrire cette analyse savante, habile et séduisante d’Eric Aeschimann dans le NouvelObs que j’ai lu attentivement, même deux fois tant est restreinte ma capacité à aborder le doigté d’un texte.

Hier soir, tard, après les insipides Drucker et Bruel, j’ai été suspendue aux lèvres d’Alain Finkielkraut, cet homme qui « ne veut blesser personne », au sourire charmeur sensible à l’humour :

« – Avez-vous mal vieilli, lui demande Laurent Ruquier qui pour une fois ne s’est pas trop mal débrouillé.

– Un vieux con, ça s’est entendu très fort !! »

Ce mec-là est séduisant quoi qu’on en dise.

D’autre part :

« – Si le monde n’avait pas de frontières, on ne pourrait fuir nulle part »…

Pour la nomade que je suis, c’est un langage qui n’a pas de sens, mais je suis à des années lumières du discours de Finkielkraut, même les frontières invisibles je les marginalise.

Puis il cite Montesquieu, Fustel de Coulanges, Péguy, Barrès, moi qui ai brillamment fini mes chères études à 16 ans, je suis épatée sachant que le khâgneux pourrait en citer mille autres et toujours aussi facilement, mais ce n’est pas un cuistre, lui !

Ses mains parlent, je suis émue de voir ce bel homme si nerveux : « je n’ai jamais cessé d’être le juif que je suis, je paye ma dette », c’est le « cri ». Douloureux ? Peut-être.

L’une chante, l’autre pas

Ecrit par Sabine Aussenac le 26 octobre 2013. dans La une, France, Actualité, Politique, Société

L’une chante, l’autre pas

OPINION

 

C’est curieux comme elles se ressemblent. Non seulement elles ont presque le même âge, mais on retrouve aussi quelques similitudes au niveau des traits du visage, de la teinte des cheveux, noirs de jais, de la taille…

Toutes les deux voulaient aller à l’école. Toutes les deux en ont été empêchées.

Mais ne vous méprenez pas, chers amis idolâtres, non, je ne vais pas, surtout pas vous servir un parallèle en forme de panégyrique autour de deux « icônes » actuelles.

Non, non et non : Leonarda n’est pas Malala ! Et j’aimerais infiniment que cesse rapidement cette idolâtrie autour d’une adolescente somme toute vraiment ordinaire…

Certes, elle et sa famille ont été raccompagnées hors de nos frontières, et, dans son cas précis, cela s’est maladroitement passé dans le cadre à présent « sanctuarisé » de l’école. Certes, cette adolescente était « intégrée », puisque scolarisée (vous aurez comme moi noté cependant le nombre de ses absences…), et l’argument phare que nous sert la soupe médiatique, autour des manifestations de ces lycéens affamés de révolte, serait son retour au bercail de l’Éducation Nationale.

Mais il convient quand même de raison garder : avant de faire de cette enfant notre nouvelle Marianne, avant de l’ériger en passionaria des cours d’école et d’en stigmatiser une république qui, soudain, semble presque Vichyssoise, il conviendrait de séparer le bon grain de l’ivraie et de revenir à la réalité.

Malala, j’en appelle à toi pour ouvrir les yeux de mes concitoyens sur la réalité d’un monde où, oui, souvent, les enfants, à 99% des filles, sont privés du droit fondamental à l’éducation. Ce combat, ton combat, Malala, ne devrait pas être souillé, vilipendé, manipulé par des thèses simplistes et des combats douteux.

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