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Ecrit par JCall le 21 février 2015. dans Monde, La une, Politique, Actualité

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Attentats de Copenhague : tristesse et colère

Sinistre bilan pour ce week-end. Copenhague d’abord, où deux attentats meurtriers ont visé les mêmes symboles qu’à Paris le mois dernier : une réunion organisée pour défendre la liberté d’expression, et une synagogue. Puis l’Alsace, où un cimetière juif a été profané.

JCall exprime sa profonde émotion et son indignation face à ces actes barbares qui endeuillent de nouvelles familles et tient à assurer celles-ci de sa totale solidarité.

Encore une fois sont visés, ensemble, la démocratie et les Juifs. Nous savons, par notre longue histoire, que ceux qui s’attaquent à la démocratie n’épargneront pas les Juifs, et que toute agression à l’encontre des Juifs met la démocratie en péril. Comme l’a écrit Goethe « Les Juifs sont le thermomètre du degré d’humanité de l’humanité ».

Nous saluons la mobilisation des dirigeants européens contre l’antisémitisme et nous trouvons pour le moins mal venues les déclarations du premier ministre israélien appelant les Juifs d’Europe à émigrer en Israël suite à ces attentats.

Seul un rassemblement autour des valeurs de la démocratie pourra constituer un rempart face aux idéologies de haine prônées par les terroristes islamistes de Copenhague et de Paris.

 

Voici le lien de l’article en français sur JCall.eu :

http://fr.jcall.eu/communiques/attentats-de-copenhague-tristesse-et-colere

et en anglais :

http://en.jcall.eu/press-releases/copenhagen-attacks-sadness-and-anger

 

JCall, le réseau juif européen pour Israël et pour la paix, est une initiative de citoyens juifs européens favorables à la solution « 2 Etats pour 2 Peuples ».

Profondément attachés à l’existence et à la sécurité d’Israël, ils voient dans la poursuite de l’occupation en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem-Est une menace pour l’identité de cet Etat.

Ils sont à l’origine de l’Appel à la Raison lancé au Parlement Européen le 3 mai 2010 et signé depuis par près de 8000 personnes dont Daniel Cohn-Bendit, Alain Finkielkraut, Bernard Henri Lévy, (…).

Voir le texte de l’appel et nos informations sur notre site :

http://www.jcall.eu

JCall France – Web : http://www.jcall.eu - Facebook : page « JCall » – Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Nota : nouvelle adresse postale à compter de 2013 : JCall Europe, 281 boulevard Raspail, 75014 Paris (France)

Opinion : Les veuvages des dogmes

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 21 février 2015. dans La une, Ecrits, Actualité

Opinion : Les veuvages des dogmes

Simuler les ères dogmatiques consécutives au long des « pensées » spirales, boiteuses c’est simplement octroyer la cécité mentale, morale à une mesure « spirituelle » doctrinale innocente, idéaliste quelle que soit sa tendance, plutôt c’est mystifier l’Âme doctrinale mise en otage voire en « gage », c’est étrangler la vivacité d’un dogme intangible voire dogmatisme incontestable en lui-même : cartésien, chrétien, orthodoxe, ou judaïsme rabbinique, judaïsme karaïte, ou tout simplement le judaïsme reformé, musulman ou rationnel. Peu importe.

La polémique n’est pas là du tout (je la nie formellement) comme je peux m’abstenir de son contexte rationnel ou irréel. Je peux aller même plus loin : ignorer sa véracité, ses querelles au fil des ères, soit par conviction, complaisance ou à défaut par ses fausses interprétations quant à sa complémentarité morale, spirituelle ou autres visions. Car toute pensée est un art dogmatique, spirituel à mon avis. Sans remettre au garde à vue ces courants suscités ou leur résurgence parue en relief au fil des champs spirituels. Le champ de cette manœuvre, voire ce contexte reste toujours aberrant.

Au-delà de ce phénomène, le radicalisme dans ses différentes divergences tente toujours de couper et il coupera sans doute tout souffle doctrinal et risque de s’absenter devant diverses sensations vis-à-vis d’un esprit, d’une âme tortueuse, hors sa créations et sa créativité pensive positive et son contexte ultime, absolu.

Hélas, nous vivons actuellement un veuvage dogmatique. Devant ce fait dramatique, tragique, aberrant il me semble que nous sommes appelés quoi qu’il en soit malgré que chacun de nous est enveloppé dans sa patrie, sa tendance, à parler à basse voix car tout est éphémère dans cette bas vie.

Un chœur, parfumé, amer, ou salé, peu importe, est une quiétude, un bonheur, dans une valse partagée entre tant de tendances, et que chacun a sa part de galette ; et que chacun danse à sa manière !!!

Propager le bonheur constructif demeure notre père collectif adoptif, notre souhait, notre souci élevé hélas par une veuve doctrine stérile.

Allaitons ensemble notre bonheur partagé, notre devoir péremptoire pour mieux vivre dans une planète adorable, admirable.

Sachez bien que je suis ni prêche dans un Temple, ni chef d’orchestre dans une valse ou dans un chœur, ni un passionné de cruauté, je suis qu’un simple, modeste « troubadour » sollicitant une paix une tolérance égarées dans ce monde.

Poutine veut-il la guerre ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 14 février 2015. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Poutine veut-il la guerre ?

La question ukrainienne pose depuis pas mal de temps déjà une question angoissante : le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, veut-il la guerre ? D’abord, avec le soutien qu’il apporte aux séparatistes russophones ukrainiens ; ensuite par une éventuelle annexion qu’il pourrait vouloir faire (au moins pour une partie du territoire de l’Ukraine) ; et enfin (par voie de conséquence), en fonction des considérables risques que son attitude risquerait d’entraîner, de guerre (à terme) avec l’Occident !

Cette interrogation est tellement forte qu’une réunion présentée comme celle « de la dernière chance » se tient actuellement à Minsk (en Biélorussie) ; une réunion pendant laquelle François Hollande, Angela Merkel, Petro Porochenko (président ukrainien depuis 2014) et Vladimir Poutine vont tenter une négociation diplomatique. Cela dit, il est évident que le dirigeant russe semble, depuis longtemps, se situer dans une logique d’affrontement du type « bras de fer » avec les Européens et  les Américains… !

On sait que Poutine mène depuis des mois et des mois des actions en Ukraine, en aidant, par l’armement et au niveau logistique, les séparatistes de la partie orientale de ce pays à s’opposer au gouvernement légitime – dont Porochenko est le principal représentant ; il est même évident que des soldats russes sont intervenus directement (du type forces spéciales) – ce qui est moins qu’un secret de polichinelle !

Mais alors, pourquoi cette attitude et quels sont ses objectifs ? Rappelons-nous que le président de la Fédération de Russie avait déjà mis la main – par une annexion pure et simple – sur la Crimée, avec deux arguments géopolitiques : d’abord, la présence de nombreux russophones dans cette région et ensuite en rapport avec l’obsession qu’ont toujours eue les responsables russes (au moins depuis la tsarine Catherine II) d’accéder aux « mers chaudes » (la Mer Égée et le reste de la Méditerranée), par l’intermédiaire d’un contrôle total sur des bases maritimes en Mer Noire (Sébastopol en tout premier lieu). Ce qui est certain, c’est que Poutine a utilisé, pour la Crimée, et continue d’utiliser en ce qui concerne la partie orientale de l’Ukraine, l’argument de la présence de russophones (qu’il faudrait, en l’occurrence « libérer » de la tutelle du gouvernement siégeant à Kiev).

Tout le problème réside dans le fait de savoir jusqu’où le président russe est prêt à aller. Et, à ce niveau, deux cas de figure se présentent. Soit il considérera, en fonction de l’importance des interdépendances économiques dans le monde « globalisé » actuel, qu’il faut pousser ses avantages au maximum, mais sans aller trop loin, car cela pourrait coûter très cher économiquement à son pays. Soit, au contraire, il engagera une sorte de fuite en avant politique de type nationaliste, en considérant que la Russie ayant actuellement des problèmes économiques importants (avec notamment les grandes difficultés du Rouble) la seule carte valable lui restant serait la mobilisation générale de son peuple pour un grand mouvement « libératoire » de tous les russophones présents hors de la Fédération de Russie et qui faisaient partie de l’ancienne URSS… A ce niveau, la grande question qui se pose est probablement celle de la nature profonde du régime russe poutinien. Je dirais qu’il s’agit – dans la forme – d’un mélange de « néo-stalinisme » (sans communisme, bien sûr) et de « néo-tsarisme » ; c’est-à-dire d’un système pas vraiment totalitaire, mais très autoritaire (ce qui n’est pas rassurant du tout pour les responsables ukrainiens et les dirigeants occidentaux !). Cela dit, il ne faudrait pas voir ce régime comme étant uniquement centré sur un homme (à l’image d’une sorte de « bonapartisme autoritaire » russien). En effet, un certain nombre de spécialistes ont pu constater que Vladimir Poutine se trouvait situé actuellement – au niveau de ces questions de politique extérieure – entre des « faucons » et des « colombes », au sein de la nouvelle « nomenklatura » de sa nation fédérale. Il semble globalement que, pris entre les « politiques » (plutôt « faucons ») et les « économiques » (généralement « colombes »), il tente de se placer dans une position de synthèse – assez difficile à gérer pour lui (?).

L’œil de Claude : de Swissleaks à l 'anniversaire de Sarkozy...

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 14 février 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude : de Swissleaks à l 'anniversaire de Sarkozy...

HSBC… BG, si l’on en croit la liste des principaux bénéficiaires d’une gigantesque évasion fiscale, entre 2005 et 2007 : politiciens, grands patrons, artistes, sportifs de haut niveau, etc. Sa filiale suisse, située à Genève, aurait ainsi permis le transfert de plus de 180 milliards d’euros vers ce qu’on appelle, avec un zeste de pudeur mal placée, des « paradis fiscaux » !

« SwissLeaks », un scandale financier de plus à l’échelle planétaire… D’autres chiffres, encore plus éloquents, concernent une autre forme de « commerce extérieur », le bien nommé, dans le cas qui nous occupe : en effet, l’année écoulée a vu l’excédent du commerce extérieur de l’Allemagne dépasser les 200 milliards d’euros, ce qui représente une hausse de plus de 11% par rapport à 2013 ! Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, le déficit du commerce extérieur de la France a atteint, au même moment, les 54 milliards d’euros… Ajoutons que, pour 2015, notre principal partenaire mise sur une progression de 3,7% de ses exportations, un taux de chômage aux alentours de 6,6%, et, surtout, un équilibre budgétaire qui doit en faire rêver plus d’un au sein de l’UE !

 

Pour son 60è anniversaire, le 28 janvier, Nicolas Sarkozy avait convié, entre autres, le président qatari du PSG, dont il est un fervent supporteur. Rien d’étonnant à cela, car, comme chacun sait, l’ex-président de la République a toujours entretenu d’excellentes relations avec le Qatar… Pas plus tard que le 6 décembre dernier – jour de la Saint-Nicolas –, il était l’invité de marque de la Quatar National Bank !

Le 27 février 2013, il participait au Global Financial Markets Forum, à Abou Dhabi… Lundi 2 février 2015, il retrouvait l’émirat pour y prononcer une conférence, juste après la défaite de l’UMP à l’élection législative partielle, dans la 4è circonscription du Doubs, et les tergiversations qui ont suivi et déclenché une véritable tempête au sein du parti.

A n’en pas douter, cet épisode laissera des traces, car l’ancien chef de l’Etat a finalement échoué dans sa tentative de rassemblement à tous les étages… Décidément, le « Sarkozy nouveau » a de plus en plus de mal à convaincre, comme on a déjà pu s’en rendre compte à maintes reprises !

A vrai dire, ses vieux démons ne l’ont pas vraiment quitté, principalement celui de l’enrichissement personnel. Tout laisse à penser qu’il n’a pas encore su choisir entre « faire du fric » et « faire de la politique », au sens noble… A force de « s’absenter » ainsi, il perd peu à peu de sa crédibilité, devenant sa propre caricature, et apparaît, chaque jour un peu plus, comme un « poids » pour lui-même et son parti !

L’effet de billard de Syriza

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 07 février 2015. dans Monde, La une, Politique, Actualité

L’effet de billard de Syriza

Depuis la victoire du groupement de partis et de mouvements politiques de la gauche radicale en Grèce, avec Syriza, un certain nombre d’observateurs, de journalistes et de politologues ont insisté sur la possibilité d’un « effet de dominos » en Europe, contribuant à faire bouger les lignes par rapport à la conception actuelle de la politique économique et sociale menée sur notre continent (au niveau des 28 pays membres de l’Union Européenne).

Parmi ces spécialistes, il y en avait qui prophétisaient une « contagion » en Europe du sud, notamment pour l’Espagne avec Podemos, et pourquoi pas en France autour du Front de Gauche qui pourrait se rapprocher d’une partie des « frondeurs » du Parti Socialiste et des tendances les plus dures parmi les écologistes (avec surtout Cécile Duflot).

Eh bien, je ne vais pas me situer ici sur ce seul terrain, car « l’effet de billard » concerne au moins autant la social-démocratie européenne – notamment en France – que ce que nous appelons dans notre pays « la gauche de la gauche ».

Commençons donc par le plus entendu ou lu (ce qui fut le plus relevé, notamment par l’univers journalistique). Syriza peut-il avoir « un effet » en Europe du sud ? Et dans quels pays ? On sait qu’en dehors même de la Grèce, des pays tels que l’Espagne et le Portugal sont touchés par les conséquences de la politique déflationniste et d’austérité imposée par l’Allemagne d’Angela Merkel, les autres gouvernements conservateurs et libéraux (largement majoritaires parmi les 28 pays membres de l’Union Européenne), et la troïka (Fonds Monétaire International, Banque Centrale Européenne et Commission de Bruxelles) ; tout ceci ayant déjà provoqué de très fortes réactions politiques et sociales – surtout en Espagne ! Insistons du coup sur le cas espagnol. On sait, après ce qu’avait été l’essor de la construction immobilière, l’effondrement que provoqua l’équivalent de la crise des subprimes américaines il y a quelques années ! La gauche classique espagnole étant laminée (l’ancien Parti Socialiste Ouvrier Espagnol), et la droite étant revenue au pouvoir depuis 2011 (avec le gouvernement de Mariano Rajoy, de type libéral-conservateur), quel est actuellement le niveau de la montée de Podemos et en quoi consiste cette force ? Ce parti politique, qui a le vent en poupe (au moins par le biais de grandes manifestations), né en janvier 2014, et qui signifie « Nous pouvons », a comme leader Pablo Iglesias Turrion. Il se caractérise essentiellement par deux axes au niveau de son programme : la remise en cause assez large du Traité de Lisbonne (au niveau européen) et une vision économique et sociale de type néo-keynésienne (sur le plan national) ; soit des rapports assez évidents avec ce qui caractérise Syriza en Grèce. Cela dit, il est certain que pour que les lignes bougent en Europe, grâce à ces deux gauches de la gauche – Syriza et Podemos –, il faudrait d’abord que ce dernier gagne les élections et qu’ensuite des débuts très nets de réussites apparaissent, particulièrement au niveau social, grâce à une évolution de la politique européenne (et, ceci, tant en Espagne, qu’en Grèce – effet évaluateur alors possible).

L’œil de Claude : chats, réformes et Sénat...

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 07 février 2015. dans La une, France, Politique, Actualité

L’œil de Claude : chats, réformes et Sénat...

Les animaux sont finalement parvenus à prendre leur revanche sur les humains… Les députés, dans leur immense majorité, viennent de voter l’alignement du Code civil sur les Codes pénal et rural, faisant d’eux des êtres vivants doués de sensibilité !

Rappelons que jusqu’ici on les considérait comme des biens meubles… Allez donc demander à celles et ceux qui possèdent des animaux de compagnie s’il leur est venu une seule fois l’idée de ne voir en eux que des potiches ! Très souvent, les liens qu’ils ont tissés avec leur animal préféré sont si forts que rien ni personne ne pourraient les distendre !

Cette complicité de chaque instant démontre, si besoin était, la capacité de l’animal à comprendre sa maîtresse ou son maître, et réciproquement… Puisse la page, sur laquelle figurait Les animaux malades de l’homme – que Jean de La Fontaine me pardonne –, se tourner définitivement, lui qui disait : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes » !

 

Notre pays fera bientôt figure d’exception dans l’UE… En retard dans de nombreux domaines, il peine à trouver le bon rythme s’agissant des réformes, pourtant indispensables, et se perd dans des conjectures sans fin !

Quotidiennement resurgissent, çà et là, les problèmes récurrents, propres à la France. Parmi eux, le corporatisme à tous les étages, qui l’empêche d’avancer et d’atteindre une certaine maturité, économique et politique, surtout !

Sur le plan syndical, par exemple, l’unité et l’efficacité sont devenus des mots vides de sens… Des actions éparses, la plupart du temps, qui n’aboutissent que très rarement, résultat d’une impréparation notoire et d’un manque de réalisme évident !

Sur le plan politique, c’est le chacun pour soi qui triomphe, si l’on peut dire… Là aussi, ce ne sont que bulles partisanes, qui, le plus souvent, bloquent la machine et éclatent au grand jour !

L’un des remèdes à ces maux qui nous rongent, consisterait à adopter et généraliser une politique du compromis, seule capable de faire bouger les choses et de privilégier le vivre-ensemble… Si l’on n’y parvenait pas, à plus ou moins longue échéance, la France ferait cavalier seul, pour le pire… et le pire !

 

« Touche pas à mon Sénat ! » s’est écrié son président, Gérard Larcher, qui, récemment, a décoché une flèche au président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, favorable à la suppression de la chambre haute… Finalement, simple querelle d’ego ou ébauche d’une réforme en profondeur ?

L’œil de Claude : Après les attentats

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 31 janvier 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude : Après les attentats

Après les attentats et les incidents survenus a posteriori dans de nombreux établissements scolaires, la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a présenté un certain nombre de mesures censées redonner du sens à la notion de laïcité.

Dès la rentrée prochaine, il sera fait une large place, entre autres, aux règles de civilité et de politesse et à l’enseignement moral et civique, dans le but de former de futurs citoyens responsables, soucieux des valeurs de la République… Sans vouloir paraître rabat-joie, cela vous a tout de même un goût de « réchauffé » !

Où l’on semble redécouvrir les « fondamentaux » de l’école républicaine sur fond de drapeau tricolore et d’hymne national… Mais sera-ce suffisant pour que l’institution retrouve de sa superbe ? Quoi qu’on dise, avant de faire appel à mille enseignants aguerris, formés à la laïcité et secondés par une « réserve citoyenne », il faudra qu’en amont les familles s’investissent davantage et fassent de l’instruction civique – au sens large – leur credo, le maître n’étant qu’un « relayeur » privilégié… Avant l’Education nationale, l’éducation tout court !

Globalement, et sans verser dans un angélisme réducteur, l’école de la République a su inculquer à bon nombre de jeunes gens les « bases citoyennes » qui leur ont permis de se construire et d’accepter l’autre tel qu’il est… Les événements tragiques de ces dernières semaines ont sans doute accéléré le rythme des réformes, mais demandons-nous si l’Ecole, « en chantier » depuis des lustres, aurait été capable, indépendamment de tout cela, d’améliorer son quotidien !

 

E comme Eglise, E comme Ecole

Avec un taux de fécondité de 1,99 enfant par femme, la France est l’un des pays les plus féconds d’Europe… Sans commune mesure avec les Philippines, par exemple, où les familles (très) nombreuses sont légion !

De retour de Manille, le pape François a déclaré en substance que le chrétien ne devait pas « faire des enfants en série »… Pour appuyer ses dires, il s’est même fendu d’une comparaison osée, fidèle à son franc-parler : « Certains croient que, pour être de bons catholiques, on doit être comme des lapins ! ».

Progressiste convaincu, et réformiste dans l’âme, il veut à tout prix « dépoussiérer » l’Eglise, prisonnière de ses dogmes et d’un mode de fonctionnement par trop sclérosant, qui, la plupart du temps, l’empêchent d’aller de l’avant, au grand dam de ceux qui la servent… Mais revenons un instant à ses propos volontairement imagés, à travers lesquels il a voulu, une nouvelle fois, mettre l’accent sur les problèmes liés à la natalité et à la contraception, dont l’acuité demeure intacte au sein même de la communauté catholique… Une manière originale – une de plus – de faire bouger les consciences !

Etre (Charlie) ou ne pas (l’)être ?

Ecrit par Kamel Daoud le 24 janvier 2015. dans Monde, La une, France, Politique, Actualité

Etre (Charlie) ou ne pas (l’)être ?

Etre Charlie ou ne pas l’être. C’est la question. Elle fracture désormais Nord/sud, Algérie/France, Occident/Couchant, morts et vifs, compassion et banalisation. Topographie du cas algérien : l’être ou ne pas l’être ? C’est selon, quand on lit, écoute, voit ou discute. Etre Charlie s’appuie sur la compassion et le choc : on ne tue pas des dessinateurs au nom de Dieu ou de son Prophète. La vie est donnée par ce Dieu, elle ne peut être ôtée que par lui, selon les tablettes anciennes.

Etre Charlie c’est être avec la vie, la liberté, l’humanité et la raison. Tu dessineras, mais tu ne tueras point. On a déjà vécu cela chez nous, en nous, avec nous-mêmes. Il ne s’agit pas de Français ou d’autres mais de la vie qui n’a pas de nationalité, seulement un droit et une flamme et une couronne. Beaucoup d’Algériens l’ont vécu ainsi. Ils sont Charlie parce que Charlie est aussi la vie.

Et « je ne suis pas Charlie » ? A cause des malentendus, de la haine en soi, ou de l’aigreur ou de la colère ou du manque de conscience ou de l’abus de différences. Les deux premières raisons sont sales, on ne va pas en parler. Reste la troisième : des Algériens ont sorti par exemple des arguments légers : nous avions été seuls à l’époque de notre guerre. Faux : les journalistes du monde se sont solidarisés avec les journalistes algériens à cette époque. Il ne faut pas mentir, ni confondre Mitterrand avec les solidarités du monde.

D’autres parlent de Palestine. Oui, absolument. Les solidarités ne doivent pas être sélectives. On l’est avec la vie ôtée et la douleur restée, partout. Mais curieusement le refus de la solidarité sélective ne conduit par certains à la solidarité totale mais à la désolidarisation calculée. Paradoxe : je ne suis pas Charlie car Charlie n’est pas la Palestine puis la Palestine n’est pas Charlie et donc je ne fais rien pour les deux au nom de l’un. Question alors : la Palestine demande-t-elle que l’on se désolidarise avec le reste du monde au nom de la solidarité avec la Palestine ? Non, j’en suis sûr.

« Je ne suis pas Charlie » évoque aussi la religion. Laquelle ? Pas l’islam, mais la sienne, celle de ses colères : inhumaine. Selon les tablettes anciennes, l’islam est la religion de tous. Charlie compris ou pas ? Qui décide ? Si je ne suis pas Charlie, cela donne-t-il droit exclusif d’être Mohammed ? Si je ne représente pas Charlie cela autorise-t-il à se présenter comme représentant exclusif de Mohammed ? Non. Mohammed aurait-il voulu la peau de Charlie ou son sourire ? La religion est le lien avec Dieu, pas l’entrave avec le reste des hommes. Tuer n’est pas créer. Et dessiner n’est pas tuer. Si on veut partager cette religion avec le reste de l’humanité, il ne faut pas commencer par tuer pour ensuite discuter car on ne peut dialoguer avec un cadavre. Charlie a le droit de dessiner.

L’œil de Claude : Incrustation

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 24 janvier 2015. dans La une, France, Politique, Actualité

L’œil de Claude : Incrustation

Dimanche 11 janvier, lors de la marche républicaine, Nicolas Sarkozy a quelque peu bousculé le protocole et réussi à se faufiler au premier rang, celui des chefs d’Etat et de gouvernement en exercice. Etre ou ne pas être sur la photo, tel fut sans doute son principal dilemme, lui qui, on le sait, n’a de cesse de se repositionner dans l’arène politique !

Malgré le recueillement et l’unité affichée, il n’a pu s’empêcher d’apparaître comme une personnalité « de premier rang », avec la complicité à peine voilée de Carla… Fort heureusement, tous deux furent recadrés juste avant la minute de silence !

Chassez le naturel, il revient au galop… L’ex-président de la République s’est souvent inspiré de ce proverbe pour asseoir sa légitimité, mais il devrait savoir qu’une photo ou une caricature en disent peut-être plus long qu’un discours !

 

Sous l’angle du CSA

Il y a peu, le CSA convoquait télévisions et radios pour évoquer la couverture des attentats, réunion au cours de laquelle on a surtout pratiqué « l’art de la conversation »… Télévisions trop « présentes », radios trop « bavardes »… Ce sont là quelques-uns des reproches qui leur furent adressés, car elles risquaient à tout moment de mettre leurs équipes en danger et de gêner le travail des forces de l’ordre !

Cette « connivence », parfois surprenante, en a choqué plus d’un, étant donné que certaines informations divulguées sur les antennes auraient pu intéresser les terroristes et, par voie de conséquence, aggraver la situation… Une manière d’appréhender le réel, spécifique aux chaînes « tout info », mais « reprise » également par d’autres chaînes, privées ou publiques !

Au nom du droit à l’information, dont il faudrait repenser les limites, les médias prennent de plus en plus de risques et font songer à ce qui se passe notamment aux Etats-Unis, où l’on ne lésine pas sur les moyens pour faire de l’audience… Certains faits divers ressemblent même à des « scènes scénarisées », dont l’issue semble « écrite à l’avance »… Un comble !

A Paris, Montrouge et Porte de Vincennes, le téléspectateur lambda eut lui aussi parfois l’impression d’assister à un « film d’action » qui passait en boucle, avec plans d’ensemble, plans moyens et gros plans… En définitive, une prédilection pour le « cinéma-scoop », où, hélas, trop d’infos tuent l’info !

Nous n'oublierons jamais...

Ecrit par La Rédaction le 17 janvier 2015. dans La une, Actualité

Nous n'oublierons jamais...

L'évidence est là , nous n'oublions pas ; nous n'oublierons jamais, et le drame, et la République debout, et ce qui reste de ciel noir... nos mémoires, nos écritures, nos paroles échangées et celles qu'on garde en soi. L'oubli, depuis ce début Janvier n'est plus un mot usuel. A moins qu'il ne l'ait trop été ; avant.

Nous avons beaucoup publié la semaine passée, sur «  les évènements ». Un magazine – fût-il modeste, comme le nôtre, se sent investi, dans un tel cas, de quelque chose d'unique, après ce moment de sidération, où rien ne peut s'écrire...

  Beaucoup d'entre nos rédacteurs, et aussi des nouveaux, nous ont proposé des textes – souvent, d'ailleurs des poèmes, comme si ce genre si proche du chant, ou de la prière, était ce qui semblait naturellement adapté à son ressenti.

 Merci à eux tous, d'avoir honoré, ainsi Reflets, pour lors, d'un temps si dur.

 Mais, nous ne publierons plus – ou si peu – ces retours sur l’Événement lui-même ; nous ne voulons plus publier face à l'avenir, que les analyses ou les prospectives. Que chacun veuille bien le comprendre.

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