Actualité

Nos condoléances sélectives et nos inhumanités musulmanes.

Ecrit par Kamel Daoud le 16 décembre 2012. dans La une, Actualité

Nos condoléances sélectives et nos inhumanités musulmanes.

Le matin, avant-hier, l’info : un massacre à Newtown, aux USA. Un jeune homme massacre 20 enfants et six adultes dans une école primaire au Connecticut. C’est horrible, mais c’est loin, ailleurs, dans l’Autre monde, sans nous : les condoléances algériennes sont à peine audibles. Sinon inexistantes.

Cela se passe ainsi, dans le monde dit arabe, quand on tue trente chrétiens au Nigeria ou deux cents païens. Rien. On ne sent pas l’obligation de la compassion, ni le devoir de la solidarité par l’émotion. Cela a toujours frappé le chroniqueur cette « humanité » sélective : le pire vice des religions et des identités : ne sentir la douleur que celle des siens et voir celle des autres comme un spectacle ou une punition du ciel. Puis aller crier au racisme et à un Occident sans valeurs si l’Occident ne s’émeut pas de la mort d’une dizaine de musulmans quelque part. A un texte sur la pensée unique pro-palestinienne et l’obligation de voir et subir le problème palestinien selon l’orthodoxie, un internaute a même répondu au chroniqueur que « le Tibet ne nous importe pas ». Car ils ne sont pas arabes ni musulmans.

Reflets de la semaine (137)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 15 décembre 2012. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (137)

Quel hurluberlu, ce Berlusconi, qui a fait part de son intention de se présenter aux élections législatives de 2013 ! Et dire que tout le monde pensait qu’il en avait fini avec la politique ! C’était mal connaître le Cavaliere, toujours droit dans ses bottes ! Sauf que, pour l’occasion, c’est toute la botte italienne qui est en émoi ! Mario Monti, l’actuel président du Conseil, est sur le départ, alors que Le Caïman – film de Nanni Moretti, sorti en 2006, juste avant les élections parlementaires, et qui raconte l’histoire de Silvio B. – s’apprête à « dévorer » tout ce qui bouge… D’ores et déjà, la suite promet d’être ubuesque !

La vraie gauche... dit Paulette...

Ecrit par Martine L. Petauton le 08 décembre 2012. dans La une, France, Actualité, Politique

La vraie gauche... dit Paulette...

« L’invisible, l’illusion du réel » – essai de Clément Rosset, éditions de Minuit, 2012 – « c’est ce qu’on ne voit pas, mais qu’on finit par croire voir ; à force d’en tenir l’existence pour certaine ».

 

C’était peut-être ce ciel mi-gris, mi-encore bleu tiède, sous les ormeaux à peine dorés de cet automne ; mais j’ai trouvé Paulette, à ma dernière visite, un peu ralentie et comme fanée. Elle sautait pourtant toujours comme une gamine, dont elle avait conservé l’habitude des chaussettes, ma cousine délicieuse comme pomme en fruitier ; et son rire était encore si frais ! Mais quelque chose se voilait ; ses 85 ans grinçaient un poil ; cela inquiétait ses enfants. Notre Paulette freinait dans les virages, avait du mal à commencer la journée, s’interrogeait : « on est quel jour ? ». Basculait à cœur veux-tu dans son lointain passé : « si tu savais, les bals chez la Lucienne ! pour y aller, on sautait par la fenêtre, chez ton père ! » me disait-elle, hilare, tandis que je corrigeais doucement : « non, mon grand-père ! ». Le temps perdait son vol, comme chez tant d’autres anciens, et la gorge nous serrait brusquement, en voyant son regard se flouter…

JCALL

Ecrit par JCall le 08 décembre 2012. dans Monde, La une, Actualité, Politique

JCALL

Reflets du Temps relaie 2 appels JCALL à la fois : celui concernant l’arrivée à l’ONU de la Palestine, comme état, et celui, contestant les mesures israéliennes en termes d’implantation de colonies. Que cela permette d’engager un utile débat dans notre magazine.

La rédaction

Reflets de la semaine (136)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 08 décembre 2012. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (136)

Audrey Pulvar sans Arnaud Montebourg… La fin d’une belle histoire d’amour ! Comme ministre du Redressement productif, il a été, jusqu’ici, moins heureux dans ses choix et ses propos : citons, pêle-mêle, ses démêlés avec Peugeot, ses prises de position à propos des marques coréennes et du nucléaire, les leçons données à l’Allemagne sur l’urgence d’une augmentation des salaires, et, surtout, son engagement, « très personnel », sur l’avenir du site de Florange. En déclarant que le géant de l’acier n’avait plus sa place sur notre territoire, l’homme à la marinière avait suscité pas mal de réactions, on s’en souvient !

Sous la sublime dictature du livre

Ecrit par Etty Macaire le 08 décembre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité, Culture, Littérature

Sous la sublime dictature du livre

C’était un rêve. Un cauchemar peut-être. Sans sueur froide. Sans tremblement.

Je rêvais d’un pays tombé sous la dictature du livre. Un pays coincé quelque part dans les profondeurs de mon esprit fantaisiste : La République Dictatoriale du Livre.

Dans ce pays curieux, à tous les niveaux, la lecture relève d’un devoir citoyen, d’une obligation béatifiée. Aucun concours ne se dénoue sans l’inévitable phase de compte-rendu de lecture.

Le président dictateur mit sur pieds « une brigade de contrôle de lecture » (Bcl), dont la noble tâche est de veiller à ce que l’obligation de la lecture soit exécutée et effective. Souventes fois, la Bcl se tient sur les routes, arrête les cars… Et malheur au passager qui ne lit pas sur son siège !

Le Temps (2)

Ecrit par Johann Lefebvre le 08 décembre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité

Le Temps (2)

Elle habitait sur Bourdon. Au petit carrefour où dix ans plus tôt, je participai à une rixe, les ennemis étant les acolytes Lanos et Bernard qui avaient été convaincus de vol de poules ; ils avaient assommé le garde-champêtre qui s’était mis en planque et les attendait, dissimulé derrière le long taillis du père Le Clerc, paravent végétal qui redescend jusqu’au château. Il faisait nuit, il avait voulu s’avancer pour mieux voir et les surprendre mais en se décalant il avait brisé du bois sec. Le bruit avait alerté les deux compères qui restés calmes quelques minutes, invisibles, avaient ensuite discrètement, en silence, fait marche arrière, contournant la zone où ils avaient entendu le bruit, et revenant par le côté opposé, en embuscade, étaient tombés à bras raccourcis sur le garde.

Quertin et moi, nous sortions juste de chez Bouhance et nous avons vu l’agression. Nous avons entrepris de protéger et défendre le citoyen Capet (ce n’est pas une blague), notre garde-champêtre, car Lanos et Bernard étaient connus pour être extrêmement violents et capables de meurtre.

Billet fou Jean-Jacques Rousseau, le Roi des empochades en relation avec une artiste de peu de génie

Ecrit par Luce Caggini le 08 décembre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité, Arts graphiques

Billet fou Jean-Jacques Rousseau, le Roi des empochades en relation avec une artiste de peu de génie

Un géant des empochades en nombre a été nommé Roi des faiseurs de manipulations chez les gens de la Cité Interdite : Le Monde des Arts.

Ma chère lumière de poche

Rien de plus anti-marginal que moi.

Avec mon jargon de nomade visionnaire nommant les artistes vers de terre, ma nourriture a été beauté, nudité et anatomie des femmes.

Ma passion pour les herbes m’a conduit à mener une vie de gondolier parmi les géraniums et les bleuets. Mon arme de combat pour aider les artistes à ne pas être anonymes comme Marie et Christ, c’est de mettre mes bras en croix et mourir de plaisir en étant artiste et philosophe à la fois. Mon art de mener un mort à la vie et un âne à la mort a été de ânonner pendant un essai de philosophie des montagnes de vérité à chaque ami de passage à Ermenonville. Même mes armées de blogueurs me jugent comme un vieux mariole qui a engagé tout un groupe de jeunes et versé dans leurs âmes un filet de vinaigre pareil à une goutte de miel alors que mourant de faim et de soif, me contentant de vivre en chameau du désert, je donnais dans la compassion et la vérité de ma petite entreprise de fleurs séchées.

Le beau désenchantement (1)

Ecrit par Laurence Pythoud Grimaldi le 08 décembre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité

Le beau désenchantement (1)

« Apprends-moi ! » l’avait-il implorée avec son regard désarmé, cet homme qui semblait l’aimer, comme si c’était la première fois. L’amour cueille l’âme à son enfance, à chaque fois. Ce n’est pas que l’on recommence à zéro mais, amnésique, à la pureté.

Sur son canapé, en odalisque sage, on dirait qu’elle attend quelqu’un, ou son souvenir. Celui de cet après-midi de printemps où ils avaient fait l’amour pour la première fois. « Qu’est-ce qui nous arrive ? » avait-il murmuré. Elle, le savait déjà, si lui l’ignorait toujours.

Et aujourd’hui, figé sous la cendre, au plus beau de son histoire, leur amour ne savait mourir pour n’avoir pas assez vécu. Paupières mi-closes, elle se convainquait qu’il n’avait sans doute même pas éclos en lui. Éclos, oui, en son cœur, mais étouffé dans sa tête. Et c’était la tête, chez lui, qui commandait.

Soleil 1

Ecrit par Gérard Leyzieux le 08 décembre 2012. dans La une, Ecrits, Actualité

Soleil 1

Solitude des ailes bleues

Sur l’azur de l’oseille feu

Il pleut sur la journée fée

Et sous les parapluies luisants

L’arc en ciel de tes yeux croise

Les regards éperdus des passants fauves

Il est midi sur le bruit des ans enfuis

Il est parti au loin du lieu

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