Actualité

Reflets de la semaine (162)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 06 juillet 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (162)

Et, pendant ce temps-là, Jean Lassalle marchait… Ceint de son écharpe tricolore, le sympathique député des Pyrénées-Atlantiques, qui s’était déjà distingué en poussant la chansonnette à l’Assemblée nationale pour mieux se faire entendre, a pris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre de ses concitoyens et de leurs innombrables inquiétudes. Pas banale, en effet, la démarche de celui qui, issu d’une famille de bergers transhumants, fut lui-même berger ! Animé par une volonté sans bornes, il a voulu, par le biais de cette « longue marche », redéfinir la fonction de l’élu, dont l’une des priorités est d’être à l’écoute des doléances de ses administrés. Chaque jour et sans surprise, il s’est rendu compte de l’énorme fossé séparant les habitants de ce pays, souvent décontenancés, voire désespérés, et les politiques en place. Constat accablant, qui, par bien des côtés, plombe le bon fonctionnement de la démocratie… François Bayrou, son « mentor », est même allé jusqu’à le comparer à Gandhi, qui disait : « Tout ce que tu feras sera dérisoire, mais il est essentiel que tu le fasses ! ». « L’apôtre Jean », de toute évidence, a bien reçu le message !

 

Lundi 1er juillet, Bernard Tapie était l’invité du 20 heures de France 2, interrogé par David Pujadas. L’entretien a vite tourné à l’aigre-doux, chacun campant sur ses positions. Combatif, comme à son habitude, le « mis en examen » a parlé de « complot » et s’est fourvoyé dans des explications qui n’ont pas toujours été très claires, c’est le moins qu’on puisse dire ! Attaquant souvent de front le présentateur, quelque peu déstabilisé, par moments, il a une nouvelle fois excellé dans le rôle de « l’homme sans peur et sans reproche », victime des médias et des hommes de loi. A ce stade, on est en droit de se demander si le « bateleur » en question a encore une conscience… Vous et moi, hélas, connaissons la réponse !

Homo Invictus…

Ecrit par Martine L. Petauton le 29 juin 2013. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Homo Invictus…

« Aussi étroit soit le chemin

Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme

Je suis le maître de mon destin

Et capitaine de mon âme ».

« Invictus », de William Ernest Henley

 

Il l’a raconté souvent, avec son sourire, prêt à escalader la Montagne de La Table, le capitaine ; c’est ce bout de poème qu’il s’est récité comme un drôle de mantra, tout au long des 25 années d’emprisonnement. Magnifique ode à la Résistance, à la liberté aussi, au point que dans ma classe de collégiens on avait ces vers affichés au mur, pour quand on doutait, pour tous les fléchissements et découragements des ados. C’était l’année du très beau film de Clint Eastwood (Invictus, 2009) et, dans notre région très rugby, Mandela et sa haute conscience, c’était beau comme marquer enfin l’essai du match…

Quand j’écris ces lignes, Mandela, le chêne qu’on voulait  indéracinable ; celui, comme une lumière à la fois douce et forte, que chacun avait fini par reconnaître de par le monde, est au bout du chemin. On dit que c’est la fin, à supposer que d’un tel homme, on puisse un jour l’imaginer… Étrange posture, du reste, d’écrire en ce moment suspendu, sur ce grand vent qui prend le large…

Reflets de la semaine (161)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 29 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (161)

Toutes les révolutions ont leurs héros, leurs « figures de proue »… Robespierre, Danton, et bien d’autres, pour la Révolution française… Geismar, Sauvageot et Cohn-Bendit, pour Mai 68, mais c’est Caroline de Bendern, une parfaite inconnue, qui est devenue, bien malgré elle, « l’icône de 68 », juchée sur les épaules de son compagnon, en train de brandir le drapeau du Vietnam ! Il est vrai que la plupart des « révolutionnaires » souhaitent, consciemment ou non, donner une forme de légitimité à leur mouvement de protestation, par le biais d’une « héroïne » ou d’un « héros », choisis parmi la foule anonyme, tentant ainsi de « sublimer » leur action pour la postérité. En Turquie, par exemple, on a vu surgir « la femme en rouge », puis « l’homme, debout et immobile » – le comble, pour cet artiste, chorégraphe de son état –, et, plus récemment encore, circulait sur les réseaux sociaux, véritables fers de lance des révolutions modernes, une « copie » de La Liberté guidant le peuple, d’Eugène Delacroix, sous les traits d’une jeune femme rebelle, dans sa robe bleue à bretelles, flanquée du drapeau turc. Tout un symbole ! Sans doute vous souvenez-vous aussi de cet étudiant chinois en chemise blanche, qui, en 1989, tentait de « stopper » à lui seul une colonne de chars sur la place Tian’anmen, ou, plus près de nous, du suicide de Mohamed Bouazizi, ce vendeur de fruits et légumes tunisien, à l’origine du printemps arabe, qui allait se propager comme une traînée de poudre… Le Brésil, où la révolte gronde, se choisira-t-il à son tour une ou plusieurs « icônes » ? Car mettre un visage sur un soulèvement populaire, au sens noble du terme, pourrait apparaître – l’image, toujours l’image – comme une étape décisive sur le chemin de la démocratie !

Les laboratoires Turcs ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 21 juin 2013. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Les laboratoires Turcs ?

Depuis peu de temps, la Turquie de l’AKP (Parti de la Justice et du Développement – islamo-conservateur) du Premier Ministre Recep Tayyip Erdogan se trouve sur le devant de la scène de l’actualité. En effet, des manifestations ont éclaté au Parc Taksim Gezi d’Istambul dès la fin mai 2013. N’étant que quelques dizaines au départ, les manifestants ont vu leur nombre se multiplier jusqu’à devenir une menace pour le pouvoir et même le régime en place. Face à ce mouvement, les autorités hésitent entre réprimer et tenter plus ou moins de calmer le jeu. Mais, au-delà de cette question, si ces manifestations représentaient l’aube d’une sorte de laboratoire turc, et lequel… ? Ce n’est pas la première fois que la Turquie apparaît ainsi comme un « laboratoire », dans l’histoire contemporaine, depuis les années 1920…

C’est effectivement au lendemain de la Première guerre mondiale que la Turquie devint le siège d’une sorte de révolution, sous l’impulsion de Mustapha Kemal « Atatürk ». Comme on le sait, ce dernier décida de rompre avec la période ottomane et de réformer radicalement son pays. Très influencé par les grands principes de la Révolution française de 1789, il instaura notamment la laïcité dès 1922, proclama la République et donna le droit de vote aux femmes ; ceci, bien avant la France, et dans un pays musulman ! Il fut le Président de cette jeune République jusqu’à sa mort en 1938.

Par la suite – et ceci était vrai depuis les débuts de la « révolution kémaliste » –, l’armée, qui effectua d’ailleurs plusieurs coups d’état entre 1960 et 1980, se considéra toujours comme la gardienne des acquis des réformes de la période de Mustapha Kémal, et avant tout de la laïcité. C’est dans ce contexte qu’il faut situer la période du second « laboratoire » : celui de la Turquie de l’AKP. C’est en 2002 que les islamistes modérés du Parti de la Justice et du Développement arrivèrent au pouvoir, après avoir remporté les élections (de même pour celles de 2007 et de 2011) – tout en étant surveillés de près par l’armée. On put espérer alors en la naissance d’un parti nouveau en pays d’islam, qui combinerait une sorte d’islamisme modéré et un conservatisme du type de celui de la démocratie chrétienne allemande – par exemple. Soit une force islamo-conservatrice, qui rejetterait l’extrémisme. Il y avait trois éléments : le maintien des principes de la laïcité, un développement du respect des droits de l’homme et une négociation (entamée en 2005) devant aboutir, à terme, à l’adhésion du pays à l’Union Européenne. Erdogan devait être l’homme de cette évolution.

Hallyday, une passion française…

Ecrit par Martine L. Petauton le 21 juin 2013. dans La une, Actualité, Musique

Hallyday, une passion française…

Il ruisselait, sous des éclairages qui auraient tué plus d’un jeune, au milieu d’un son – impeccable, mais pas fait pour « nos » âges, et le sien… Hallyday, en concert. Pile 70 ans. Seigneur !

On se dit : et si on regardait un peu, en « souvenirs, souvenirs » de nos 15 ans, là-bas, à l’autre bout de l’Histoire, quand on avait des franges Beatles, collées de laque, un début de mini – le genre Cacharel, le lycée – de filles –, tous les jours, en 4ème, ou autour… Les 45 tours (les 33, quand on avait les sous) étaient colorés-pétants, comme les vieux films américains. On sortait à peine de nos poupées, pour embarquer dans la foire aux idoles. Le beau blond cranté du cheveu, habitait mon troupeau. Qu’est-ce qu’on lui trouvait, à Johnny ? Quelle question ! Qu’il était beau. Voyons ! pile comme il fallait pour notre âge de homard boutonneux attendant la mue (les photos qui défilaient au concert, d’ailleurs, le confirment), qu’il chantait – trop fort, disaient nos parents –, et qu’on en parlait sans fin avec les copines, collectionnant les « posters » de « Salut les cop ». Et puis, le temps aidant, on a bifurqué vers d’autres choix culturels, comme on dit dans Libé. Musique classique, ici, Rolling Stones, là. On a vibré ailleurs : Brel, Ferrat, et Goldman. Bref, on est parti, et on souriait avec condescendance attristée quand un sujet au J.T. nous montrait quelque pitre déguisé à pas d’âge, qui suivait encore le chapiteau de Johnny. Pourtant, un reste d’honnêteté intellectuelle nous faisait reconnaître qu’il valait tous les rites de passage générationnels, le Jean-Philippe ; on ne pouvait que s’insurger devant la marionnette des Guignols « ah que… », déplorable machine à démolir. Hallyday, un imbécile ? Avec la carrière qu’il faisait ! On sentait l’erreur. Tous les sociologues vous le diront : c’est pas un chanteur, c’est un lien social, un marqueur traversant les générations et le siècle ; un curieux trait d’union de Sylvie à Nathalie (avait mis ses lunettes dans les tribunes), jusqu’à la gamine Laetitia, toute en jeune blondeur de savonnette. C’est pas un simple chanteur, mais c’est peut-être bien un modèle de saltimbanque qui sait faire ses tours, un artiste, finalement.

Reflets de la semaine (160)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 21 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (160)

A bord de son maxi-trimaran, Francis Joyon vient de réaliser un exploit de taille, en traversant seul l’Atlantique Nord, de New York au cap Lizard, en 5 jours 2 heures et 56 minutes. En 2008, après avoir bouclé un tour du monde à la voile en solitaire, en 57 jours 13 heures et des poussières d’embruns, il est entré dans le club très fermé des « grands navigateurs » pour qui les océans constituent une « seconde patrie » ! Détenteur de plusieurs autres records, le skipper a plutôt le triomphe modeste, ce qui le rend encore plus « invincible » et plus proche de nous… Une belle histoire de mer, comme on les aime, dont le héros a su mélanger, de manière subtile, ce qui relève de l’humain, avec ses doutes et ses éclairs de génie, et l’aide non négligeable de la haute technologie… Bravo, l’artiste !

 

Autre forme d’évasion, l’évasion fiscale… Le G8, presque unanimement, a décidé de lutter contre ce fléau qui gangrène l’économie mondiale. Dont acte. Mais, on le sait bien, la tâche ne sera pas aisée, parce que la seule bonne volonté des dirigeants ne suffira pas à enrayer le mal. Pour ce qui est de la Syrie, M. Poutine a purement et simplement campé sur ses positions, en décidant, entre autres, de livrer des missiles anti-aériens au régime en place… Le pays se meurt, « à grand feu » et à sang, dans une indifférence quasi générale. En définitive, il est à craindre que la communauté internationale ne l’abandonne à son destin tragique !

In memoriam Pierre Mauroy

Ecrit par Jean-François Vincent le 14 juin 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

In memoriam Pierre Mauroy

Le gros Quinquin nous a quittés… Ancien de la SFIO dont il apporta les restes sur les fonts baptismaux du PS, au congrès d’Epinay, pour former le courant B – mais à l’opposé du mollétisme – il garda toujours un sens non marxiste des réalités qui lui fit combattre, avec Jacques Delors, lors de l’année cruciale que fut 1983, les fameux « visiteurs du soir » (dont faisait partie Bérégovoy, le futur parangon de la rigueur des années 90), lesquels conseillaient à Mitterrand l’autarcie et la sortie du SME (serpent monétaire européen, ancêtre de l’euro). C’est ce même réalisme qui le fit s’allier à Michel Rocard contre Mitterrand et le CERES marxisant de Chevènement lors du trop célèbre congrès de Metz, en 1979.

Reflets de la semaine (159)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 14 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (159)

Depuis la sortie, entre autres, de Philadelphia, il y a tout juste 20 ans, l’homosexualité s’est projetée à plusieurs reprises sur grand écran, dans des films comme Le secret de Brokeback Mountain (2006), Harvey Milk (2009), A single man (2010), ou Week-end (2012). Cette année, à Cannes, elle a littéralement capturé la lumière, avec La vie d’Adèle, palme d’or, et deux autres longs métrages, Ma vie avec Liberace et L’inconnu du lac… Peu à peu, elle est sortie du bois, à cause d’une présence plus « combative » des intéressé(e)s et d’une prise de conscience collective orchestrée par les médias. Mais une minorité, quelle qu’elle soit, peut-elle dicter sa loi et diviser autant, comme en France, à propos du mariage pour tous ? A coup sûr, d’autres minorités se réveilleront à leur tour pour défendre leurs droits, envers et contre tous. Mais je crains fort que ces levées de boucliers ne divisent plus qu’elles ne fédèrent. Et ce n’est pas parce que les luttes, présentes et à venir, figurent en bonne place dans les programmes électoraux, tous bords confondus, qu’elles régleront tous les problèmes, au nom de la démocratie, dont Albert Camus disait que « ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité ». Le « vivre ensemble », en effet, repose avant tout sur la tolérance, de part et d’autre, car, sans ce « combustible » essentiel, la société court le risque de se déliter !

De quoi le « Printemps » Français est-il le nom ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 08 juin 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

De quoi le « Printemps » Français est-il le nom ?

Dans son « manifeste », le site du Printemps Français proclame : « le Printemps Français est né ce soir du 24 mars sur les Champs-Elysées au milieu des chants et des lacrymogènes ». Derrière ce sigle, on trouve des anciens du GUD (Groupe Union Défense qui terrorisait la fac d’Assas dans les années 70) ou des membres du Bloc Identitaire, organisation d’extrême-droite protectrice des Français « de souche », mais aussi et surtout une femme, Béatrice Bourges, proche des catholiques traditionnalistes et qui s’est séparée de la très médiatique Frigide Barjot et de son mouvement, la « Manif pour tous », jugé trop mou.

Béatrice Bourges, l’égérie du Printemps Français, avait déjà commis un livre, en 2008, L’homoparentalité en question, à une époque où Sarkozy envisageait la création d’un « contrat d’union civile », ersatz de mariage pour les homosexuels. Dans ce livre, rien d’outrancier, rien d’extrémiste : juste un questionnement sur le besoin de connaître ses origines, besoin légitime, au nom duquel cependant Bourges condamne non seulement l’adoption par des couples homosexuels, mais aussi l’adoption par des femmes célibataires, et encore la PMA avec donneur anonyme de sperme… Surtout elle invoque – sottovoce – LE principal argument des anti-mariage : la nature, « l’enfant a besoin de savoir qu’il est issu d’un homme, son père, qui a aimé une femme, sa mère, et s’est uni à elle ».

Le progrès est-il dans l’oubli d’un « détail » ?

Ecrit par Jean Gabard le 08 juin 2013. dans La une, Actualité, Société

Le progrès est-il dans l’oubli d’un « détail » ?

Les partisans du mariage et de l’adoption pour tous se rangeraient dans le camp de la démocratie et du progrès et feraient des opposants, des traditionnalistes et des réactionnaires. Il y a pourtant parmi les opposants des personnes qui ne sont ni catholiques, ni même chrétiennes, ni même croyantes, ni conservatrices, ni de droite et encore moins d’extrême-droite… Alors, où est le progrès ?

Prôner le mariage et l’adoption pour tous suppose que l’on croit l’homme et la femme, le père et la mère, identiques et donc que l’un peut remplacer l’autre. Croire à cette égalité c’est être persuadé que la « théorie du genre » est une vérité scientifique qui ne souffre aucune contestation.

La « théorie du genre » a constitué une avancée lorsqu’elle est apparue pour contester les théories naturalistes qui justifiaient les hiérarchies et les discriminations sexistes. Cette contestation reste toujours valable mais ce qui l’est moins est le fait de confondre l’égalité en droits, légitime en démocratie, avec le droit à l’égalité, utopique et peu souhaitable. Parce que la différence des sexes a permis aux hommes de la société patriarcale d’inférioriser la femme pour imposer leur type de société, il faudrait non seulement changer le type de société (ce qui est en partie fait dans le monde occidental), mais supprimer la différence des sexes. Le progrès consisterait à prendre l’inverse de ce que l’on condamne et à opposer aux inégalités injustes, une égalité totale. Il pouvait être en effet utile, pour être plus efficace, d’avoir un discours radical pour balayer ce qui est devenu inacceptable. Cette réaction adolescente est tout à fait compréhensible et elle était peut-être même nécessaire. Mais doit-elle durer pour autant ? N’est-ce pas devenir conservateur que de se complaire dans cette révolte et refuser, après la crise d’adolescence, de devenir adulte ?

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