Actualité

La volonté de la France

Ecrit par Luc Sénécal le 17 janvier 2015. dans La une, Actualité

La volonté de la France

La volonté de la France est d’être une et solidaire. Devant des actes de barbarie elle se lève et se tient debout face à la sauvagerie et à l’imbécilité rétrograde de celles et ceux qui prônent un djihad qui n’a rien à voir avec la religion qu’ils ou elles revendiquent. Aussi maintenant qu’elle a manifesté sa volonté, il convient de tirer les leçons du deuil profond dans lequel elle est entrée entière et unie.

Pour ce faire, plusieurs axes de réflexion sont à définir. Car ce sont les causes de cette situation qu’il convient de déterminer. Toutes les causes, que ce soit des manques à caractère politique, social ou individuel, comme celles venant par le manque de cohérence dans ses relations extérieures. Donc on peut se poser des questions comme :

– Pourquoi et comment des jeunes gens nés en France, de nationalité française, éduqués dans notre pays peuvent en venir à de telles extrémités ?

– Pourquoi l’éducation de ces jeunes gens a failli à ce point. Ce, en faisant bien attention à ne pas faire d’amalgame avec « l’éducation nationale » qui ne devrait pas avoir ce rôle, car essentiellement dévolue, elle à l’enseignement (changer déjà ce titre devrait apporter un meilleur éclairage).

– Pourquoi existe-t-il une marginalisation de ces jeunes de la part des adultes, tant à titre individuel que de la part des regroupements associatifs. Question corollaire, comment ces jeunes utilisent cette marginalisation comme justification de leurs actes illégaux ?

– Pourquoi nos politiques de quelques partis qu’ils soient, n’ont pas pris en compte cette minorité très active dans notre jeunesse, à part des effets d’annonces peu suivis et inefficaces. Ce, en laissant sur le terrain des fonctionnaires en face à face presque désavoués dans leur rôle car ignorés par ce qui semblait être alors de l’indifférence.

– Pourquoi avoir laissé s’installer ce prosélytisme musulman non seulement dans les mosquées mais aussi dans les milieux carcéraux et dans les regroupements de jeunes sans activité, sans emploi, laissés à eux-mêmes ?

– Enfin, pourquoi une petite partie de la population se réfugie derrière un refus de principe pour aborder cette problématique et encourage les amalgames de toutes sortes pour espérer se protéger par le déni, sa peur ou sa propre haine.

Le piège

Ecrit par Martine L. Petauton le 10 janvier 2015. dans La une, France, Actualité, Politique, Société

Le piège

Les faits. Ce 7 Janvier de malheur absolu et 10 ans avant, les caricatures de Mahomet (certaines, des danoises d’origine) relayées avec un courage bien rare par les « une » de Charlie Hebdo.

Le séisme. Touchant (à ce point, c’est l’unique réconfort), toutes ces foules françaises mélangées, rebondissant dans les dires justes, de presque tous bords, des Politiques, hiérarchies religieuses et autres grandes voix intellectuelles.

Mais maintenant, le piège, la tenaille, ses dents de fer, se refermant si l’on n’y prend garde sur une société, telle qu’elle est aujourd’hui, dans l’état – pas brillant – où une armada multifactorielle l’a mise ; et depuis longtemps. Le piège qui les ferait gagner – double bingo – eux, ces démons des temps modernes. Gagner, et pour si longtemps. « On a tué Charlie », hurlaient-ils, et si s’ajoutait : « on a éclaté la société, la République ! ». Parce que chez nous, se tenir les coudes devant l’adversité, négocier le temps du vent mauvais, croyez-vous que ce soit de saison ? De même que, repérer – et savoir s’y tenir – les lignes, non de fracture, mais de points communs, être dans l’ensemble et non dans le moi, face aux autres, franchement, avez-vous souvenirs que ce soit là, le portrait de la société française, des banlieues aux rues chic, en baguenaudant sur les chemins de campagne. « Ma France » aurait chanté l’autre, n’a plus beaucoup de traits d’union… Elle n’est plus que clivages aboutis ou en gestation, déchirements, chagrins et contrariétés tels que seule la chasse au bouc-émissaire la soulage. En tous cas, on dirait ! Et, là, on ne manque de rien, ni de personne : assistés, émigrés, marginaux de tous poils, font l’affaire des ires bruyantes à tous les étages, et – morceau de choix – les Musulmans, madame ! les Arabes, c’est bien pareil, ma chère ! tenant haut le rôle anciennement dévolu aux Juifs, dans cette partition de malheur. Clivage, du reste, encore, que seraient ces positionnements faussement bonhommes et généreux, qui se tourneraient vers nos concitoyens de confession musulmane, en leur demandant de « donner l’exemple », autant dire de répondre des « leurs » ?? de devoir, finalement, présenter plus de preuves de citoyenneté que le Français Lambda ?

Alors, si l’on croise les Événements actuels avec cette grille particulièrement tolérante et apte au vivre ensemble, convenez qu’il y a péril en la demeure… et que c’est effrayant ; la vague, la plus grosse à l’horizon de la plage, dans l’Océan Indien de l’hiver 2004. Le piège est là, tendu, silencieux, derrière la fusillade, presque autant menaçant, presque aussi mortifère, achevant nos amis de Charlie et les policiers, d’un coup de grâce implacable, et pour longtemps, puisque là, c’est le tissu républicain tout entier qui peut en ressortir troué à mort.

Mourir pour la libre parole ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 10 janvier 2015. dans Monde, La une, France, Politique, Actualité

Mourir pour la libre parole ?

Il faut bien distinguer deux choses dans ce drame : la barbarie terroriste et la censure par intimidation.

La barbarie ? Que dire ? Sinon que deux figures (sans parler des autres) qui ont rythmé ma jeunesse par leurs dessins nous ont été enlevées : Wolinski et Cabu. La mort de Cabu me touche particulièrement. Dans mon enfance et mon adolescence, je lisais Pilote et les aventures du grand Duduche (c’est-à-dire lui-même !). C’était un homme d’une extrême gentillesse et déjà durement frappé par le destin (un fils mort du sida).

Mais au-delà de l’horreur et du deuil – ferments d’une inévitable poussée islamophobe – la question posée est celle de la liberté d’expression non pas seulement formelle (garantie par la loi) mais réelle. Je n’aime pas le blasphème et trouvais les caricatures parues dans Charlie Hebdo d’un goût douteux. Mais c’était un acte de courage, le courage de dire ce que l’on pense. C’est ce courage que les barbares entendent intimider par leurs crimes et leurs menaces. Menaces tout sauf en l’air, on vient de le voir. Bien des journalistes et écrivains – musulmans ou non – furent et sont toujours frappés par une fatwa qui les condamne à mort. Ils se trouvent de la sorte confrontés à un dilemme : se taire pour sauver leur peau ou continuer à s’exprimer au péril de leur vie…ce qu’ils font généralement.

  Comme Cabu, demain peut-être, ils mourront. Comme eux, Cabu, en tout cas, n’a pas eu peur… la peur, justement : là git le piège diabolique de l’attentat de mercredi. Combien de Cabu y aura-t-il demain ? Qui acceptera de se sacrifier pour des idées, fussent-elles justes ? Personne n’a vocation au martyr. Salman Rushdie lui-même n’a plus rien écrit de « dangereux » après les Versets sataniques… défiler pour la liberté, c’est bien, c’est consensuel, tout le monde applaudit. Mais qui portera le fer – par la dérision ou la réflexion – contre les barbus sanguinaires et leurs idées ?

Le risque, c’est que les barbares ne réussissent dans leur tentative de censure : qui osera caricaturer Mahomet désormais ? Qui osera défier une idéologie meurtrière et mortifère ? L’autocensure serait la pire des victoires pour les assassins et la pire des défaites pour la démocratie.

Pour Charlie et les cerfs volants…

Ecrit par Lilou le 10 janvier 2015. dans La une, Actualité

Pour Charlie et les cerfs volants…

Vous avez sali mon beau pays avec vos trous de balles et je vous emmerde. Vous avez tenté d’assassiner ce que je suis et je vous méprise. Je vous dis « vous » parce que vous êtes plusieurs, mais vous ne méritez rien d’autre qu’un hasardeux et hypothétique pronom « impersonnel » dont vous ne comprendrez jamais le sens, même le plus éloigné, puisque décervelés vous êtes et sous-merdes vous resterez même dans les livres que le vent de l’histoire n’emportera jamais.

Finissons là les anathèmes, on n’a jamais fait rentrer autre chose dans des trous de balles que des suppositoires, et si on pouvait tuer des ânes avec des figues molles, ça se saurait. Vous avez fait pleurer ma fille, et à mon tout petit univers à moi ça me suffit pour dire que vous m’êtes insupportables de faire pleurer des petites filles qui ne comprennent pas pourquoi vous n’aimez pas les cerfs volants.

Je ne suis pas certain que vous compreniez bien les enjeux que vous avez tenté d’assassiner hier avec vos armes lourdes et vos idées courtes. Vous ne savez du monde qui vous entoure que ce que votre fermeture d’esprit (ne peut-on d’ailleurs pas plutôt parler de muscle subliminal ?) vous dicte et vous conduit à faire. Vous êtes d’une banalité affligeante et votre vie est à l’image du reste de vos jours : minérale. Comprenez-vous ce que nous nous acharnons (avec discrétion ces dernières années) à défendre chaque jour et que l’on nomme notre liberté ? Je vous rappelle que ceux qui vous ont conduits jusqu’à ces impasses dénient à la moitié des Hommes de cette terre le droit d’être soignés et éduqués, je vous rappelle que votre lecture approximative et honteusement mensongère des textes sacrés vous conduit à cacher cette moitié merveilleuse des Hommes derrière des grilles et des habits qui, s’ils n’étaient pas colorés, ressembleraient à des pions sur un échiquier barbare. Je vous rappelle enfin que perdus dans les méandres (ouille, mot difficile) d’une vie de ratés, vous avez choisi d’exister de la plus cruelle des manières et en ce sens, en imitant des millions de destins perdus depuis la nuit des temps dans les affres (re-ouille, autre mot difficile) des totalitarismes qui creusent leurs sillons sur la misère humaine et sur votre souffle à pénible haleine. Ah ça oui, je vous emmerde de ne pas avoir lu Voltaire, Montesquieu et d’avoir ignoré dans vos déshérences les croyances que procurent les lectures attentives de Monsieur Glouton, Monsieur Tatillon, Madame Beauté ou Madame Tintamarre.

Je suis Charlie ou l’Invincible été

Ecrit par Sabine Aussenac le 10 janvier 2015. dans La une, Actualité

Je suis Charlie ou l’Invincible été

Il paraît que demain Notre-Dame sonnera le glas pour eux. Et que le Pape François lui-même aurait condamné l’attentat…

Le Pape, le glas !! Imaginez la tête de Wolinski et Cabu en voyant ça !! Avec la dernière Une de Charlie-Hebdo montrant l’accouchement très peu glamour de la Vierge…

Pas plus tard qu’avant-hier, fiston et moi avions repéré un attroupement de jeunes des Quartiers devant une colonne Morris. Ils riaient très fort, montraient un dessin, et, intrigués, nous sommes donc allés voir l’objet de leur hilarité : la Une de Charlie ! Visiblement, cette attaque-là ne « les » dérangeait pas…

Comme j’eusse aimé en voir, des amis des Quartiers, au Capitole, ce soir… Si tous les kébabs de Toulouse avaient fermé pour venir témoigner leur solidarité… Si tous les gamins de nos cités étaient « descendus en ville »…

Heureusement nous étions déjà très, très nombreux. Superbe slogan que celui que Charlie vient de publier sur les réseaux sociaux : « 12 morts, 66 millions de blessés ». Oui, le pays tout entier s’est relevé, au lieu de s’agenouiller devant la barbarie. Les gens se sont parlé, spontanément, au-delà même des milliers de relais et de partages sur les réseaux sociaux. Ce petit garçon qui m’a interrogée en déchiffrant ma pancarte « Je suis Charlie » dans le bus, à qui j’ai expliqué que des Méchants avaient tué des Gentils et que j’allais soutenir les Gentils ; ce jeune Manouche qui a attendu une heure devant la caméra de France 3, espérant passer aux infos, tout en m’expliquant les différences entre Roms et Manouches, prétendant être le cousin de Kenji machin et en avouant avoir peur d’une guerre ; des « contacts » Facebook ou Tweeter, que je n’avais jamais rencontrés « in real life », et qui m’ont reconnue…

Je me demandais, en entendant la foule frapper dans les mains lorsque des journalistes ont accroché une bannière au balcon de la Mairie, en découvrant ensuite, aux infos, les immenses rassemblements dans les autres villes, si les choses auraient été différentes si, après les atrocités innommables commises par Merah en 2012, le pays tout entier avait réagi avec une telle ampleur. Car je n’oublie pas que notre Ville Rose a déjà vu, hélas, des hommes et des enfants tués à bout portant par un barbare, et que nous sommes particulièrement sensibles à cette répétition de l’Histoire… Peut-être a-t-il fait défaut, cet élan de solidarité, après les attentats de Toulouse et Montauban, lorsque certains ont stigmatisé la « Communauté » en faisant de maladroits amalgames entre sionisme et judaïsme, en banalisant ces attaques qui pourtant, déjà, avaient frappé la République au cœur…

« L'oeil de Claude : de Merkel à Chancel »

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 10 janvier 2015. dans Monde, La une, Politique, Actualité, Culture

« L'oeil de Claude : de Merkel à Chancel »

Angela Merkel

 

Elue pour la 8ème fois à la tête de la CDU, avec 96,72% des voix, Angela Merkel, surnommée « Mutti » par ses compatriotes, a sans doute l’intention de se présenter une quatrième fois aux élections générales de 2017… Rien de comparable, on l’aura compris, avec la situation dans laquelle se trouve François Hollande, qui, lui aussi, espère se faire réélire la même année !

Là s’arrête la comparaison. Malgré d’évidentes difficultés internes – inégalités sociales, insuffisance de l’investissement public, refonte de la politique énergétique, etc. –, la chancelière pourra s’appuyer sur un budget 2015 à l’équilibre, ce qui n’était plus arrivé depuis 1969 ! A faire pâlir l’exécutif français, embourbé dans ses difficultés et ses contradictions, et, surtout, politiquement instable !

Si Mme Merkel a pris la liberté de « tancer » la France, comme une maîtresse exigeante, principalement au sujet des réformes urgentes à mettre en œuvre, c’est parce qu’elle doute de notre capacité à rebondir et se montre très inquiète quant à l’avenir du « couple » et de l’Union… « Mère Courage », avant tout, elle a toujours fait preuve d’un réalisme politique à toute épreuve et continue sur sa lancée, en ne confondant pas forcément « rigueur » et « rigidité »… Si seulement nos dirigeants actuels pouvaient s’en inspirer un tant soit peu, sans tomber dans le piège d’une victimisation stérile !

 

Jacques Chancel

 

Au tableau « Nature morte à l’échiquier », signé Lubin Baugin, peintre du XVIIe siècle, pourrait faire écho ce plagiat – qu’il me pardonne – « Nature morte au Grand Echiquier »… A quelques jours de Noël, s’est éteint Jacques Chancel, transformant les nombreux fans de son émission phare en orphelins inconsolables de la télévision de qualité !

Plus de trois heures de direct, un grand orchestre, des artistes prestigieux, un maître de cérémonie, toujours à l’écoute et d’une immense culture… Tous ces ingrédients réunis faisaient de ce rendez-vous un moment rare, où émotions de toutes sortes et intelligence se côtoyaient à longueur d’antenne !

Fatwa meurtrière

Ecrit par Tawfiq Belfadel le 03 janvier 2015. dans Monde, La une, Religions, Actualité, Politique

Fatwa meurtrière

Un père, une maman, et deux fils. Voilà ma famille. Mon père reçoit une prime de militant alors que, selon les témoignages, il n’a jamais fait la guerre. Ma mère est analphabète au front tatoué. Tabassée souvent par mon géniteur, elle a fini par prendre les gifles pour une bénédiction. Mon frère est islamiste et imam. Il n’y a que moi qui écris de gauche à droite, parlant une langue qu’ils prennent pour une musique et un signe de féminité. Mon frère ne m’a jamais parlé ou regardé dans les yeux. Il est le feu, je suis la glace. Mes parents l’aiment beaucoup parce qu’il leur jure que leur place est dans le Paradis. Il leur dessine ainsi des rivières infinies et des châteaux lumineux. Un jour, j’ai trouvé ma chambre en grand désordre : livres et manuscrits brulés, portraits arrachés des murs, et cette phrase accrochée à la porte : « Tu dois mourir ». Je n’ai rien dit. Le vendredi, il fait une fatwa pour me tuer. Fatwa meurtrière. Après la fin de son prêche, il entre dans ma chambre, un couteau dans la main, et le nom d’Allah au bout de la langue. Gardant mon sang froid, je le prie pour une discussion à bâtons rompus. Il accepte difficilement :

Salamalec mon frère islamiste. Nous avons tous deux les pieds sur l’Algérie mais un grand gouffre nous sépare. Tu te dis arabo-musulman. Je suis Algérien : mon identité est une mosaïque embellie par d’innombrables appartenances que je n’arrive même pas à distinguer et que je revendique toutes. L’histoire de l’Algérie ne commence pas avec le débarquement des troupes françaises sur Sidi-Ferruch ou l’arrivée des Ottomans, mais des siècles avant la fabrication de la parabole. Seul le nom que tu portes et que tu rêves de léguer à ta progéniture revêt toute une grande histoire imprégnée de multiples appartenances. Ce n’est pas parce que le Coran est écrit en arabe que l’islam et l’arabité sont synonymes : quitte tes chaussures et sillonne la terre comme Ibn Battuta, Ibn Khaldoun, Ibn Arabi, l’Emir Abdelkader, et tu verras que même ailleurs il y a des musulmans écrivant de gauche à droite, qu’on ne peut pas voir le monde d’un minaret.

Tu me prends pour un mécréant parce que tu ne me vois pas dans les premières lignes dans la mosquée. Parce que je parle une langue que tu ne comprends pas, la confondant avec le visage de la colonisation. Parce que tu vois un essaim de femmes me chérir et demander mon autographe. Parce que tu me vois à la télévision française. Tu théorises ainsi ton hypothèse surréaliste : « Il dénude l’Algérie pour être gâté par la France ». Ton ennemi n’est pas l’Occident mais des Algériens comme nous tous, ayant transformé la vie en uniforme, et la religion en caserne. Tu me prends pour un libertin, un débauché : tu m’avais vu boire ou baiser ? Ne fais pas semblant d’ignorer qu’en islam, le moindre doute est un pêché. Tu veux que je sois ta photocopie alors que j’ai appris à être libre sans me perdre. La réalité est subjective, et personne ne détient la vérité. Le Prophète a transmis l’islam ni par le sabre ni par la menace du verbe, mais par l’exemple. N’est-il pas dit dans le Coran « vous avez votre religion et j’ai la mienne » ? Tu commences à trembler et tu te dis comment ce francophone connaît tant de choses sur l’islam et sait mieux parler que moi.

« 50 nuances de haine »

Ecrit par Kamel Daoud le 20 décembre 2014. dans Monde, La une, Religions, Actualité, Politique

« 50 nuances de haine »

Actu/urgence : Notre ami Kamel Daoud est victime d’une fatwa majeure, le menaçant de mort, par le fait d’une mouvance salafiste algérienne. Solidarité avec K. Daoud, et indignation devant de telles pratiques obscurantistes !

La rédaction de Reflets du temps

 

Question fascinante : d’où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l’histoire et dans leur mémoire dès que quelqu’un pense autrement qu’eux ? La peur d’être dans l’erreur les poussant donc à imposer l’unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l’Autre ? De toute une histoire d’échecs, de frustrations, d’amour sans issue ? De la chute de Grenade ? De la colonisation ? Labyrinthe.

Mais c’est étrange : ceux qui défendent l’islam comme pensée unique le font souvent avec haine et violence. Ceux qui se sentent et se proclament Arabes de souche ont cette tendance à en faire un fanatisme plutôt qu’une identité heureuse ou un choix de racine capable de récoltes. Ceux qui vous parlent de constantes nationales, de nationalisme et de religion sont souvent agressifs, violents, haineux, ternes, infréquentables et myopes : ils ne voient le monde que comme attaques, complots, manipulations et ruses de l’Occident. Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l’Afrique où l’on meurt quand cela ne les concerne pas : Dieu a créé l’Occident et eux comme couple du monde, le reste c’est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L’abbé Pierre n’est pas un emploi de musulman ?

Laissons de côté. Gardons l’œil sur la mécanique : de quoi est-elle le sens ? Pourquoi l’identité est morbidité ? Pourquoi la mémoire est un hurlement pas un conte paisible ? Pourquoi la foi est méfiance ? Mais que défendent ces gens-là qui vous attaquent chaque fois que vous pensez différemment votre nationalité, votre présent ou vos convictions religieuses ? Pourquoi réagissent-ils comme des propriétaires bafoués, des maquereaux ? Pourquoi se sentent-ils menacés autant par la voix des autres ? Etrange. C’est que le fanatique n’est même pas capable de voir ce qu’il a sous les yeux : un pays faible, un monde « arabe » pauvre et ruiné, une religion réduite à des rites et des fatwas nécrophages après avoir accouché, autrefois, d’Ibn Arabi, et un culte de l’identité qui ressemble à de la jaunisse.

Opinion - Le Noël des personnels et autres crèches…

Ecrit par Sabine Aussenac le 13 décembre 2014. dans La une, France, Religions, Actualité, Politique, Société

Opinion - Le Noël des personnels et autres crèches…

Lorsque j’étais enfant, papa m’emmenait toujours au « Noël des personnels » de son lycée. Je possède encore cette photo où, inquiète, je lève les yeux vers un Père Noël qui visiblement m’impressionnait énormément. Mais je me souviens aussi des cadeaux au pied de l’immense sapin installé dans le hall, tout comme j’ai en mémoire les classes décorées d’étoiles de notre école primaire, et les beaux bricolages de mes enfants lorsqu’ils étaient en maternelle.

Et les crèches… Ma grand-mère française me prenant par la main pour me montrer les joues roses de l’enfançon couché devant l’église, et mon père, il y a quelques années encore, emmenant mes enfants en voiture faire le tour des crèches illuminant la petite ville paisiblement blottie dans les senteurs de Noël… D’aussi loin que je me souvienne, un immense sapin a aussi toujours dominé les places des nombreuses villes dans lesquelles j’ai habité : La Place Ducale de Charleville, le Vigan à Albi, la Place du Capitole dans ma Ville Rose, la place de Jaude à Clermont-Ferrand… Orné d’une étoile guidant les enfants vers leurs rêves, il veillait sur cette atmosphère souvent, c’est incontestable, trop commerciale, rappelant aux petits et aux grands l’origine sacrée de cette fête millénaire…

Ça, c’était avant.

Avant que des femmes ne viennent voiler nos libertés occidentales de leurs niquabs grillageant le soleil, avant que des petites filles de sixième ne refusent d’aller à la piscine sous prétexte que les garçons de leur classe iraient aussi, avant que la religion ne devienne un enjeu sociétal et n’obsède nos gouvernants, et, je le conçois, à juste titre, car je suis la première à m’inquiéter des multiples dérives qu’implique l’islamisation à outrance de nos sociétés, entre les cantines hallal et le petit guide du patient musulman, entre l’exportation du conflit judéo-palestinien et les souffrances extrêmes des jeunes filles issues de l’immigration, soumises à des mariages forcées, à l’interdiction de la jupe, etc, etc. Mais mon propos en ce deuxième Avent n’est PAS de hurler avec les loups du FN, non, je voudrais simplement mettre en garde le Législateur.

Car lorsque j’entends toutes ces polémiques autour des crèches qui n’auraient plus leur place dans l’espace public, je m’inquiète. Tout comme je ris sous cape en voyant fleurir, aux quatre coins de l’Hexagone, des manifestations autour de la Nativité qui, elles, ne semblent pourtant déranger personne…

L’œil de Claude : En noir et blanc... le mélange des genres

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 13 décembre 2014. dans La une, Actualité

L’œil de Claude : En noir et blanc... le mélange des genres

Ils s’appelaient Michael Brown, Eric Garner, Tamir Rice, et portaient, comme une étoile jaune, la même couleur de peau. Non armés, ils avaient été pris pour cible par des policiers blancs qui, pour la plupart, ont bénéficié de non-lieux !

Malgré la gravité des événements et leur impact sur les populations concernées, peut-on évoquer ici le retour de certains vieux démons de l’Amérique profonde et l’apparition d’une nouvelle forme de « haine raciale » ? Dans un pays qui, à deux reprises, a voté pour une présidence noire, et dont le ministre de la Justice est lui-même un homme de couleur, cela me semble exagéré, même si une réforme des instances policières s’avère nécessaire… Bien sûr, çà et là, subsistent des îlots de résistance, prêts à (re)mettre le feu aux poudres, mais cela relève plutôt du domaine de la politique et de l’un de ses corollaires, le mécontentement social !

Le 10 décembre 1964, il y a tout juste 50 ans, Martin Luther King, qui s’est battu toute sa vie durant pour les droits civiques des Noirs, obtenait, à 35 ans, le Prix Nobel de la Paix. 45 ans plus tard – le 9 octobre 2009 –, Barack Obama recevait la même distinction… Le 4 avril 1968, le « bon pasteur » fut assassiné à Memphis, trois ans après Malcolm X… Ce serait tout de même injuste, voire inimaginable, que ces deux grandes figures de la lutte pour les droits de l’homme soient mortes pour rien, comme tant d’autres militants de la cause noire !

 

Mélange des genres

 

Pouvoir législatif, pouvoir exécutif, pouvoir ou autorité judiciaire… Depuis quelque temps déjà, on a l’impression que la séparation des pouvoirs a rejoint le magasin des antiquités, tant « L’Esprit des Lois » s’est mis en congé de la République !

Personne n’a oublié que l’ex-chef de l’Etat, qui vient d’être élu à la présidence de l’UMP, est loin d’en avoir fini avec la justice, véritable épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Qu’à cela ne tienne ! Pour le moment, ignorant superbement le glaive et la balance, il appelle de ses vœux un nouveau parti où régnerait « l’entente cordiale »… Tout sourire, et la démarche assurée, il s’est mis à consulter tous azimuts, en gardant, bien sûr, l’œil rivé sur la primaire de 2016 et l’élection présidentielle, l’année suivante !

Désireux avant tout de se refaire une santé, sur les plans personnel et politique, il a, pour solde de tout compte, versé un gros chèque à l’UMP, équivalant aux pénalités que le parti avait d’abord versées à sa place, lorsque furent rejetés ses comptes de campagne en 2012… Geste théâtral ou signe précurseur d’un changement profond ? Difficile de répondre… En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’avec Nicolas Sarkozy, le « transformisme » a encore de beaux jours devant lui !

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