Actualité

L’infamie BDS

Ecrit par Jean-François Vincent le 15 août 2015. dans Monde, La une, France, Politique, Actualité

L’infamie BDS

Opinion

 

Jusqu’à présent BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) n’était qu’une petite officine nauséabonde de lobbyistes organisant avec un soin pervers l’antisémitisme de gauche sous prétexte d’antisionisme. Son site, BDS.Org, pourchasse tout ce qui est israélien, universitaires et films compris, stigmatisant – évidemment ! – l’initiative de la maire de Paris d’associer Tel Aviv à Paris Plage (« collaboration » lit-on sur sa page web). Le problème, c’est que ce radicalisme anti-israélien et hypocritement anti -juif (ils ont leurs Juifs alibi, de même que le Front National, auquel ils ressemblent sur bien des points, a ses maghrébins alibi) n’est plus cantonné à la frange des activistes extrémistes : il pollue les médias « respectables ».

Ainsi Libération n’a pas hésité à publier un article commis par un membre du NPA (ex Ligue Communiste Révolutionnaire) parlant – à propos de Paris Plage – de « blanchiement des crimes d’Israël ». Israël donc = Afrique du sud = apartheid = crimes contre l’humanité = pourquoi pas Allemagne nazie. Tout ce qui est israélien devient suspect, voire pestiféré.

Il faut ici le rappeler avec force : l’antisionisme est le plus sûr chemin vers l’antisémitisme. Le rejet, voire la criminalisation de l’alyah, le retour à Eretz Israël – c’est-à-dire le sionisme dans son essence – est une condamnation de l’état hébreu dans son principe et, par ricochet, de tous ceux qui se solidarisent avec lui, autrement dit de l’immense majorité des communautés juives de par le monde. La distinction entre ce qui est à l’ouest de la ligne verte (ligne d’armistice de 1949, mensongèrement qualifiée de « frontière internationale de 1967 »), où il serait licite de s’installer, et ce qui se trouve à l’est de cette ligne (la Cisjordanie) où toute installation juive serait criminelle, est un sophisme. La véritable question est : les Juifs du monde entier ont-ils le droit – oui ou non ? – d’émigrer en terre sainte ? Répondre non équivaut à présenter la création d’Israël comme une catastrophe, le « nakba ». C’est ce que font tous les antisionistes.

A partir de là, à partir du moment où l’on considère qu’Israël dans son ensemble – et pas seulement le gouvernement Netanyahou – est un état voyou, voleur de terres et assassin, tous les Juifs se transforment en cinquième colonne, en complices, en un mot, en « collabos ». Telle est bien la teneur des tweets antisémites qui explosent actuellement. Exemple, un certain Cartier, le 9 août : « il est intéressant de constater que les pro-sionistes ont reçu leurs consignes du CRIF, ce lobby qui donne des ordres à la France, laquelle obéit ».

Sous couvert de dénonciation des exactions de Netanyahou, une judéophobie de bon aloi se développe en toute impunité. Qu’on ne s’étonne pas alors que le nombre d’alyoth monte en flèche, chiffre prévisionnel pour 2015 : 10.000. BDS fait fuir les Juifs.

 

L’œil de Claude

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 15 août 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude

L’espace Fillon

Grâce à François Fillon, le débat politique a pris enfin de la hauteur et gagné en causticité… Récemment, sur France Info, il évoquait le record de longévité dans l’espace du cosmonaute russe Gennady Padalka, qui a déjà passé plus de 800 jours à bord de la Station spatiale internationale, en précisant que, pour en arriver là, il fallait « ne pas être trop grand, mais très sportif ». Cette « sortie » faisait immanquablement songer à Nicolas Sarkozy, à qui l’ancien Premier ministre, décidément en verve, a souhaité le même séjour prolongé dans l’espace, au moins jusqu’en 2017 !

A droite, tous les candidats « s’entraînent » avec plus ou moins d’assiduité en vue de la primaire, d’abord, de la présidentielle, ensuite, en veillant bien à ne pas laisser s’installer trop tôt un « vide sidérant », source d’échec, à coup sûr… De son côté, le président des Républicains a fait le choix de se lancer prématurément dans l’aventure, se présentant à chaque meeting comme l’homme de la situation, mais qui, en réalité, a du mal à atteindre son « apogée » ! Ce qui est certain, c’est qu’ils croient tous en leur bonne étoile, qu’elle soit filante ou brillante, géante ou naine… Comprenne qui voudra !

 

Descendance

Ainsi donc, notre bonne vieille Terre aurait une « sœur jumelle » ou, si vous préférez, une « cousine éloignée », voire très éloignée, à quelque 1400 années-lumière… Depuis la nuit des temps, Kepler-452b a toujours cru en sa bonne étoile, qu’elle n’a d’ailleurs jamais quittée des yeux !

Des exoplanètes, on en connaît déjà plus d’un millier, mais celle-ci a la particularité de ressembler « comme deux gouttes d’eau » à la planète bleue. Une possible « zone habitable » nous la rendrait plus proche encore, mais il faut savoir qu’un vaisseau spatial, lancé depuis la Terre, mettrait environ 25 millions d’années pour l’atteindre… De quoi réviser la notion d’espace-temps !

Albert Einstein, à l’origine de la « théorie de la relativité », et pour qui l’imagination fut toujours plus importante que le savoir, disait : « La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le côté mystérieux de la vie ! »… Message reçu ?

«Cette décapitation Un défi civilisationnel »

Ecrit par Luce Caggini le 04 juillet 2015. dans La une, France, Religions, Politique, Actualité

«Cette décapitation Un défi civilisationnel »

Y a-t-il un pas, entre foudroyant conflit de conduite insurrectionnelle et mutation vers un acte barbare ?

Et quel est le nom de ce pas ?

Entre l’acte ignoble d’un membre d’une organisation dépendante d’un empire voué à la destruction, et la magistrale inanité d’une culture muette brisée par la compréhension d’un péril sans couleur, immergé dans une communauté sommeillant dans le sein d’une République pétrie de saines, centenaires et romanesques visions de la mémorable mugissante « Liberté chérie » ?

Dans ce pays où être juif ou arabe ou bien ni juif ni arabe mais citoyen est devenu un pendant de détonation, même un tableau de Francis Bacon est marginal dans le miroir d’un jeu de cartes des horreurs où monstruosité et sang donnent un reflet des mammifères de la civilisation du 21è siècle puant des canalisations des eaux usées d’une foi musulmane indigne du Prophète.

L’œil de Claude: Canicul’air

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 04 juillet 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude:  Canicul’air

D’ordinaire, les marronniers fleurissent en mai-juin… Mais qui aurait pu croire qu’en juillet-août, leur floraison allait se poursuivre dans les journaux, au même titre que les départs en vacances et les conseils de Bison Futé ?

Coup de chaud, donc, sur tout le pays, avec son cortège de températures élevées, voire très élevées, conséquence du dérèglement climatique, déjà bien avancé… Aux extrêmes, par exemple, la glace continue de fondre, plus vite que dans un verre !

Dans l’urgence, mise en place du plan canicule, avec, dans les médias, un chassé-croisé de météorologistes et de médecins, entre autres. Pluie de précautions, car il faut à tout prix calmer le jeu et rassurer les populations !

Laissons le dernier mot à Francis Jammes : « Il est midi. La canicule tombe des ormeaux bleus et noirs où éclate le cri d’une cigale »…

Bel été à tous !

L'Islamisme et Pavlov

Ecrit par Jean-François Vincent le 27 juin 2015. dans Monde, La une, Religions, Actualité, Politique

L'Islamisme et Pavlov

Isère, Tunisie, Koweït. Amalgame. D’un côté, des structures organisées, de l’autre, un bonhomme seul ; d’un côté, des armes de guerre (kalachnikovs, grenades), de l’autre, un couteau ; d’un côté (au moins pour le Koweït,) revendication de Daech, l’ « Etat islamique », de l’autre, rien du tout. La classe politique (de droite comme de gauche) à tout intérêt à subsumer ces évènements sous un vocable unique : attentat terroriste – et, peut-être a-t-elle raison : le terrorisme, catégorie particulière, se voit limité à des milieux bien précis et circonscrits; l’amalgame rassure – la réalité, elle, est plus inquiétante.

Yassin Sahli était un simple employé de la société Air Products. Il a décapité son patron. Le grand guignol islamiste n’a ici qu’une fonction décorative. Epouvantable, mais, au fond, inessentielle mise en scène. Là se situe le danger le plus grave : un vulgaire conflit du travail se voit ripoliné en djihad. A quand une querelle de voisinage se terminant en bain de sang « islamiste ». A quand un collégien immolé au nom d’Allah, pour histoire de billes ou de rivalité amoureuse ?...

Le savant russe Ivan Petrovitch Pavlov avait mis en exergue, au début du siècle dernier, le conditionnement du réflexe, lequel sous certaines conditions, devient automatique. Le conditionnement salafiste pourrait produire un type de comportement stéréotypé : face à une crise dans la sphère privée, la sortie – stratégie de fuite, plutôt que véritable solution – réside dans le crime au nom de Dieu. Mort héroïque, règlement de compte sublimé en sacrifice martyriel (Yassin Sahli a tenté, en vain, de se suicider, en précipitant sa voiture contre des bonbonnes de gaz).

Un mimétisme barbare pourrait ainsi ensanglanter la vie quotidienne, en transformant les vicissitudes personnelles en tremplin pour la sanctification. La force de Daech ou d’Al Qu’Aïda est d’avoir proposé une solution non seulement collective (instaurer partout la Charia, la loi transcendante) mais également individuelle : vous êtes mal dans votre peau, ça ne va pas au travail, votre petite amie vous a plaqué ? Qu’importe ! Dieu vous soutient ; votre vengeance ne sera pas uniquement de votre fait : Deus ex machina, vous serez l’instrument d’une rétribution divine, punissant de la sorte l’injustice commise à votre endroit par des infidèles…

Il est donc à craindre que se multiplient les Yassin Sahli pour des pas grand choses ou des presque rien. Ou comment de pauvres hères trouveraient, par la même, le moyen de magnifier leur propre petitesse en message de l’au-delà : des « pov’types » directement métamorphosés en Malak al-Maut, l’ange de la mort dans le Coran…

De métastases isolées, le terrorisme deviendrait alors un cancer généralisé de la société…

Racines d’actu : Les « affaires » Jean Zay

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 27 juin 2015. dans La une, Actualité, Histoire

Racines d’actu : Les « affaires » Jean Zay

On se souvient que tout récemment les cendres de Jean Zay ont été transférées au Panthéon. La décision fut prise par François Hollande le 21 février 2014 et la cérémonie eut lieu le 27 mai. On se rappelle aussi de la polémique lancée à cette occasion par l’extrême-droite française – concernant le soi-disant « antipatriotisme » de ce grand ministre radical-socialiste de la fin de la IIIe République ! Enfin, nous ne sommes actuellement qu’à une semaine de la commémoration du terrible assassinat dont il fut la victime en ce jour horrible du 20 juin 1944… Je vais donc revenir ici sur les différents aspects des « affaires » Jean Zay, et avant tout, bien sûr, en ce qui concerne le contexte et les méthodes employées pour l’assassiner lâchement… !

La première affaire est celle de la polémique déchaînée par l’extrême-droite contre celui – avocat et homme politique de gauche – qui fut l’ancien ministre visionnaire de l’Éducation nationale du Front Populaire (et même au-delà, jusqu’en septembre 1939) et député du Loiret. Un peu comme pour Roger Salengro (accusé de « désertion face à l’ennemi » pendant la Guerre de 14), Jean Zay eut à subir une campagne de dénigrement concernant son « pacifisme antipatriotique » ; tout cela parce qu’il avait rédigé dans sa jeunesse un poème (Le drapeau) ayant une teneur hostile à ce qu’avait été « la Grande Guerre ». Deux points importants à ce sujet : fut-il le seul à avoir été ainsi traumatisé par cette « boucherie nationaliste » ? Fut-il le seul à avoir des réactions « pacifistes » ? Doit-on considérer le « pacifisme » de cette époque-là comme une trahison « antipatriote » ou bien plutôt simplement comme une réaction normale par rapport à ce qui s’était passé dans les tranchées ?! De toute façon, c’est tout de même fort d’entendre les héritiers de ceux qui acceptèrent de se coucher devant Hitler et de collaborer avec l’Allemagne nazie accuser cet homme d’antipatriotisme, lui qui, justement, fut – par la suite – un anti-munichois notoire ! La vérité, c’est que ce que l’extrême-droite française de l’époque (et encore de nos jours, dans ses strates archéologiques) reprochait à Jean Zay, c’était d’être « un juif » ; donc, pas vraiment « Français »… ! D’ailleurs, il fut victime par la suite d’une très violente campagne antisémite, dans ces moments où les nationalistes faisaient leurs choux gras de « l’idéologie antisémite » ! De nombreux leaders d’extrême-droite s’étaient ainsi lancés contre lui.

Pour la seconde affaire, c’est-à-dire celle des conditions et la façon dont Jean Zay fut éliminé, le récit qui doit être fait apparaît comme plutôt terrifiant ! Ce sont en effet des miliciens au service des basses besognes du régime de Vichy (« L’État Français de Pétain »), et en liaison directe avec des hommes de Joseph Darnand, qui le massacrèrent au lieu-dit Les Malavaux, dans la faille du Puy du diable à Molles (dans l’Allier). Les assassins traitèrent son corps (avec des grenades et en jetant sa dépouille dans une crevasse… !) d’une manière ignominieuse, tellement chargée de haine… ! Ce n’est que vers la fin du mois de septembre 1946 que son corps fut retrouvé et enterré, sur ordre de la municipalité de Cusset (près de Vichy)… Jean Zay avait été mis en prison militaire près de Clermont-Ferrand, dès août 1940, sur ordre du régime de Vichy, avec une accélération scandaleuse de la campagne antisémite qu’il avait déjà commencé de subir auparavant (comme cela a déjà été dit). Philippe Henriot, le trop célèbre ministre de l’information des vichystes, réclama très tôt la condamnation à mort du « juif Jean Zay », comme juif, franc-maçon, anti-munichois, anti-hitlérien et ministre du Front Populaire… A propos des accusations « d’antipatriotisme », le 5 juillet 1945 la cour d’appel de Riom (ville située près de Clermont-Ferrand) réexamina les faits reprochés au sous-lieutenant Jean Zay, et constata qu’à aucun moment il ne s’était soustrait à l’autorité militaire, et que « les poursuites intentées contre /lui/ ne peuvent s’expliquer que par le désir qu’a eu le gouvernement /de Vichy/ d’atteindre un parlementaire dont les opinions politiques lui étaient opposées et qu’il importait de discréditer en raison de la haute autorité attachée à sa personnalité ». Elle annula donc le jugement du 4 octobre 1940, Jean Zay étant alors pleinement réhabilité à titre posthume.

 

Jean Zay, un républicain, François Marlin, Infimes Éditions, 2015, 208 pages

Jean Zay, le ministre assassiné 1904-1944, Antoine Prost et Pascal Ory, Tallandier, 2015, 160 pages

L’œil de Claude: DSK, le retour ? Migrants façon Sarko.

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 27 juin 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude:  DSK, le retour ? Migrants façon Sarko.

DSK...

Plus les affaires se multiplient en haut lieu, plus on se dit que faire de la politique exige une morgue à toute épreuve, capable d’occulter la morale la plus élémentaire !

Récemment, DSK a signé son retour sur Twitter d’un tonitruant « Jack is back », annonçant clairement la couleur… Sorte de « Jolly Jumper » de la politique, il s’est remis en selle pour de nouvelles aventures, mais ce n’est pas ce que vous croyez !

Il y soigne surtout son image d’économiste de renommée mondiale, allant même jusqu’à « s’allier », dans un souci de crédibilité notoire, à deux anciens Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz et Paul Krugman… Comme tant d’autres « revenants », DSK ou l’art de se refaire une santé, de se racheter une vertu !

 

Histoires d’eau, ou les Migrants façon Sarko

Le 18 juin dernier, Nicolas Sarkozy, dans un discours, comparait l’arrivée en masse de migrants en Europe à « une grosse fuite d’eau », propos dont la dimension poétique n’avait échappé à personne… Double commémoration, ce jour-là : celle du bicentenaire de la bataille de Waterloo et celle de l’Appel du général de Gaulle depuis la Grande-Bretagne. Des « signes d’eau » en pagaille, lorsqu’on y regarde de plus près !

Presque au même moment se déroulait l’épreuve anticipée de français, en métropole et aux Antilles, où l’on proposait aux lycéens des séries ES/S quatre extraits de textes signés Joachim Du Bellay, José-Maria de Heredia, Charles Baudelaire et Blaise Cendrars. On leur demandait, entre autres, de répondre à la question suivante : « Selon vous, que veulent exprimer les poètes à travers l’évocation de la mer ? » ; s’agissant de l’ancien président de la République, un élément de réponse nous était déjà parvenu à ce moment-là !

Dans son poème, Comme le marinier, Joachim Du Bellay, s’adressant à « son cher Morel », s’écrie : « Et vois ton Du Bellay à la merci du vent / Assis au gouvernail dans une nef percée ». Quant à José-Maria de Heredia, il écrit ceci dans Les Conquérants : « De Palos de Moguer, routiers et capitaines / Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal ». Tout cela n’est pas sans rappeler les « flux migratoires » actuels, symbolisés par les « bateaux ivres » qui sillonnent, nombreux, la Méditerranée et manquent très souvent les rives convoitées !

« L’œil de Claude » : de drôles de Tee-shirts et un premier ministre aimant -trop- le foot ?

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 20 juin 2015. dans La une, France, Politique, Actualité

« L’œil de Claude » : de drôles de Tee-shirts et un premier ministre aimant -trop- le foot ?

Partis pris… la main dans le sac !

En France, les partis politiques sont devenus des enseignes comme les autres… Opérations marketing à tous les étages, dans le but, plus ou moins avoué, de renflouer les caisses. Et parmi les nombreux gadgets proposés à la vente, les t-shirts figurent en bonne place !

Récemment, on apprenait que les principaux partis, LR, PS, EELV, UDI, s’approvisionnaient au Bangladesh, dont les trois-quarts des exportations viennent justement de l’industrie textile. Quelle belle unanimité, mais quel revers pour le « made in France », défendu avec panache, on s’en souvient, par le ministre du Redressement productif lui-même, qui n’avait pas hésité à arborer une seyante marinière fabriquée du côté de Quimper !

A noter que le FN continue de faire bande à part, ayant choisi le Maroc comme « fournisseur officiel ». Plutôt contraire à son éthique, mais, lorsqu’il y a péril en la demeure, tous les coups sont permis, n’est-ce pas ?

Et si l’avenir de la politique ne tenait qu’à un fil, capable de tisser de nouveaux liens, voire des alliances, propices au bon fonctionnement de la démocratie ? Pour le moment, nombreux sont les partis qui souffrent de désaffection chronique et assurent un « service minimum », fuyant le débat et l’autocritique. A plus ou moins long terme, ils risquent, hélas, de se couvrir d’un linceul !

 

Valls aux commandes

Lors du congrès du Parti socialiste, la « bataille de Poitiers » n’a finalement pas eu lieu, unité oblige. Même si elle n’était que de façade, elle est apparue comme une évidence aux yeux des militants, surtout pendant le discours prophétique et fédérateur de Manuel Valls, qu’il a conclu par un Vive la République, vive la France ! digne d’un présidentiable !

Samedi, empruntant la voie des airs, il s’est rendu à Berlin pour assister à la finale de la Ligue des champions, opposant la Juventus de Turin au Barça. Né à Barcelone, le Premier ministre, du haut de la tribune officielle, était venu soutenir « son » équipe, qui l’a emporté à l’issue d’un match très disputé. Hélas, aussitôt après la rencontre, des voix se sont élevées pour le désigner à la vindicte publique, l’accusant d’avoir fait l’aller-retour aux frais de la princesse !

Pourtant, c’est bien connu, on se sent parfois pousser des ailes lorsqu’on est chef de gouvernement… Pompidou et Chirac avaient fini par goûter à la magistrature suprême, Barre, Balladur et Jospin en ont rêvé, Fillon et Juppé continuent d’y songer… Loin de « jouer les filles de l’air », nombreux sont ceux qui ne pensent qu’à ça, en vérité !

« L' Après Charlie de Caroline Fourest »

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 juin 2015. dans La une, France, Actualité, Politique, Littérature

« L' Après Charlie de Caroline Fourest »

On ne connaît qu’elle, Caroline, sur les plateaux TV aux débats animés, ou en billets coupants là, ou ici. Quand il s’agit de libertés – féminines, mais pas que – sa voix se pose, droite, et bien malin celui, celle, qui l’arrêtera. Dans mon coin, on dirait qu’elle est teigneuse et ne lâche rien, une fois les dents mises. Quelque chose de l' « incorruptible », la dame, et toujours avec le sourire, faussement angélique…

Son dernier opus Éloge du blasphème est comme un assemblage de chroniques. Comme un ramassé de ses divers coups de gueule. Ne pas attendre du littéraire, mais du citoyen de belle eau, oui.

« De quoi parlions-nous le matin de l’attentat. Je ne sais plus. Au téléphone, j’entends juste : Charb est mort ». Elle a travaillé à Charlie Hebdo, connu le ban et l’arrière-ban de la boutique, était là juste après. A tout vécu de ces jours si particuliers. Le coup de poing, depuis, à l’estomac, s’entend à chaque ligne écrite. On sent qu’écrire, parallèlement à dire, lui a semblé le seul chemin à prendre, pour leur rendre hommage, pour se projeter demain, pour – évident – sortir, elle, du cauchemar. Son « Eloge du blasphème » est la tête qu’on tient hors de l’eau.

On lit, ça et là, que ça grincerait chez ceux que son discours sans concessions florales, dérange. On comprend vite. Et il y en a – journaliste, intellectuel, politique, religieux – de ceux qui trouvent, au fond, que « c’est bien malheureux, tout ça, mais faut faire attention avec les provocations ; un peu comme après un viol, lorsqu’on réconforte la victime tout en lui faisant remarquer que sa jupe était trop courte », de ceux qui cherchent la « bonne » distance après Janvier le 11, jour du « Tous Charlie » ; ceux qui confondent, dans une pseudo-rondeur se voulant intello original, un sain esprit critique avec une grande rasade de lâcheté peu ragoûtante. Parce que CQFD, Dame Fourest tricoterait, comme d'autres les chaussettes, figurez-vous, de l'Islamophobie !  C'est vrai que  là, quelle que soit la cabane – des banlieues, musulmane, de Gauche, de Droite dite civilisée – le fusil de Dame Fourest décanille… c’en est un vrai plaisir, mais, mieux – journaliste, quand même la Caroline – il désigne : toi, là, toi, ici, et c’est d’une formidable efficacité. Fourest s’habille en procureur, défendant « toutes les victimes du fanatisme et du terrorisme où qu’il frappe ». Vraies informations qu’on s’empresse d’engranger.

Panthéon, piège à cons ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 06 juin 2015. dans La une, Actualité

Panthéon, piège à cons ?

Le panthéon, à Rome, est le seul monument de l’antiquité païenne à avoir échappé à la rage « idoloclaste » du Christianisme triomphant : dédié à tous les dieux, il l’était aussi à celui d’Abraham, Isaac et de Jacob…

Nos « dieux » à nous sont moins glorieux. Mirabeau – le tout premier « panthéonisé » – révolutionnaire, vénal, débauché et corrompu (une gravure allégorique de novembre 1792 le représente enfermé dans l’armoire en fer où sont entreposées les pièces à conviction de la trahison royale. Au centre de la scène, le squelette de Mirabeau tient la bourse, symbole de sa corruption) inaugura le projet : mort le 2 avril 1791, ce fut le 4 avril de cette même année que l’Assemblée Nationale décida par décret que « l’église sainte Geneviève (dont la construction avait été ordonnée par Louis XV en remerciement d’une dysenterie guérie) servirait de nécropole aux personnalités qui contribuèrent à la grandeur de la France ».

Sainte Geneviève demeura – par intermittence – une église jusqu’à ce que le décret du 26 mai 1885, à l’occasion des funérailles de Victor Hugo, proclame avec solennité que le lieu désormais serait dédié aux « grands hommes ayant mérité la reconnaissance nationale ». Fournissant par là même également l’occasion de panégyriques au lyrisme ampoulé, dont le chef d’œuvre restera sans nul doute pour l’éternité le discours d’André Malraux, en 1964, prononcé à l’occasion du transfert du corps de Jean Moulin : « C’est la marche funèbre des cendres que voici. A côté de celles de Carnot avec les soldats de l’an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu’elles reposent avec leur long cortège d’ombres défigurées. Aujourd’hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu auras approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France ».

Mais que se cache-t-il derrière ces si pompeuses pompes funèbres ? La « panthéonisation » est le stade ultime du clonage républicain des institutions ecclésiastiques. Qu’on en juge : 1792, instauration de l’état civil, destiné à « doubler » les registres paroissiaux ; dans la foulée, apparition du mariage civil « célébré », comme il se doit à la mairie, pour damner le pion à celui célébré à l’église. 1794, création du « baptême républicain », farce tombée en désuétude mais qui subsiste toujours aujourd’hui dans les textes (article 398 du code Civil).

La panthéonisation constitue ainsi le pendant laïc de la canonisation : aux saints de Dieu s’opposent les saints de la République. Preuve, s’il en était, que le jacobino-républicanisme va au-delà de la sphère politique, pour s’installer, en toute sérénité, dans celle du religieux. La République est un culte, avec ses rites d’initiation, ses rites de passage (le mariage), son au-delà sacramentel et mis en scène à grand renfort de médiatisation.

On retrouve ici le sens originel du mot religio, relier, faire du lien. Et, en effet, ces grand-messes que sont les « panthéonisations » prétendent ressouder, rassembler les foules indifférentes ou rebelles. Mais qui y croit vraiment ? Cicéron, à la fin de la res publica romaine, écrivait que « deux augures ne peuvent officier l’un devant l’autre sans rire ». Bien pauvre opium du peuple, dirait Marx. Ou pour reprendre un slogan soixante-huitard : panthéon, piège à cons !

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