Actualité

La mauvaise leçon du professeur Guéant…

Ecrit par Martine L. Petauton le 04 mai 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

La mauvaise leçon du professeur Guéant…

C’est qu’il m’inspire, ce petit homme au menton levé, au sourire chiche, à l’œil prompt à la critique – façon paternel en bout de table dans une famille bourgeoise, à midi carillonnant d’un dimanche provincial… Monsieur Guéant, dit aussi « le cardinal », tant il fut l’ombre de son maître Nicolas… l’ancien ministre de l’intérieur, l’ancien chef craint de la police, l’ancien monsieur « je sais tout »,  « je vais vous donner la ligne, et prière que pas une tête… ». Il nous avait déjà captés, à Reflets du Temps - souvenez-vous, nostalgique du  temps  « béni des colonies », quand il expliquait – sans rire, que la Civilisation blanche et occidentale, quand même…

Le problème, quand on veut parler en « professeur », à l’ancienne, du bout de sa règle, c’est qu’il faut éviter que la leçon soit au bout donnée par l’élève… Or, là, en ce moment !! « pôvre » de lui !

Faut-il résumer la chose, ou, les médias vous ont-ils distillé l’info, mieux qu’en pays de bon cognac, prenant leur temps, goutte à goutte, humant « ce cru 2013 » de la fabrique de détestation de la gent politique ?

Le bonhomme, visité par l’enquête-financement libyen de la campagne de Sarko, dut ouvrir ses livres de compte (ignorés, l’a-t-on mesuré, par la hargne habituelle des services fiscaux)… On entre, il semblerait, tout droit dans un conte : j’hésite, l’ogre ? le panier du Chaperon ? Las ! pile, au milieu de la feuille, romantique, sur laquelle défilent les souuus… à la Devos ; 500.000 euros ; pas grand-chose, c’est vrai, au vu des danses de finances dans les paradis des uns et des autres, mais… Quoi, qu’est-ce ? Ne sait plus, le professeur Guéant ! Peut-être, deux tableaux – maîtres hollandais, quand même, qu’il aurait vendus à… A-t-il paru piteux ? un zeste de moment, le ministre – regard haut – quand il a « reconnu », eh bien, que les factures, savait plus où elles étaient… Délit de non-déclaration fiscale, pour le moins ! « menteur ou tricheur », susurre ici ou là, sa collègue Bachelot, qui n’a pas sa langue dans sa poche… Tiens, Guéant, comme « l’autre », il y a peu, dont il a – en plus – « constipé », la morgue à toute épreuve.

Etre père aujourd’hui ?

Ecrit par Jean Gabard le 04 mai 2013. dans La une, Actualité, Société

Jean Gabard, auteur de Le féminisme et ses dérives - Rendre un père à l’enfant-roi, Les Editions de Paris, novembre 2011

Etre père aujourd’hui ?

Dans la société patriarcale traditionnelle le père était le chef de la famille. Son rôle apparemment déterminé et indiscutable a été remis en cause radicalement par la « révolte contre le père » des années 1960. Un nouveau père est né. Après un demi-siècle d’expériences diverses, pourtant, nombreux sont ceux qui s’interrogent encore sur la nouvelle place à donner à ce père dans la famille…

Pendant des millénaires et pratiquement dans l’ensemble des sociétés, alors même que le géniteur restait « incertus », le statut de père était connu et reconnu. L’homme identifié comme tel savait parfaitement le comportement qu’il devait adopter. Il lui suffisait d’appliquer ce qui lui avait été appris par ses parents et qui se transmettait de générations en générations. Les rôles de chacun étaient fixés et les règles nécessaires à la survie du groupe ne souffraient aucune discussion.

Avec la contestation de son autorité dite d’origine divine, la société toute entière a été transformée. L’autorité paternelle devenue insupportable a disparu au profit de l’autorité parentale : une autorité exercée par les pères et les mères dans l’intérêt de l’enfant ayant acquis des droits. Si cette définition paraît claire, il est cependant encore nécessaire de préciser ce que les mots père et mère contiennent et comment cette autorité peut fonctionner dans des rapports démocratiques.

Le mot père qui semble si simple revêt pourtant une grande complexité. Il y a en effet dans le mot père trois dimensions différentes.

Le père désigne tout d’abord le géniteur qui fut longtemps incertain. Des règles strictes étaient imposées aux épouses pour éviter autant que possible les doutes.

Reflets de la semaine (153)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 04 mai 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (153)

En 2011, Nicolas Sarkozy et Carla se sont montrés particulièrement généreux envers Barack et Michelle Obama. Pièces de maroquinerie, stylos, livres, grands crus, vêtements, le tout pour 41.000 dollars ! Certes, l’amitié franco-américaine n’a pas de prix, mais tout de même ! L’histoire ne dit pas si les relations entre les deux pays s’en sont trouvé améliorées, mais ces largesses de la part de l’ancien chef d’Etat cachaient peut-être un énorme « besoin d’amour »… Quant à François Hollande, lors de son récent déplacement au Mali, il s’est vu offrir un chameau, ou, plus exactement, deux, le premier ayant fini en « tajine », puis une paire de chevaux, au cours de son voyage en Algérie. Inutile de préciser que ces cadeaux, quelque peu encombrants, auraient eu beaucoup de mal à trouver leur place au Musée du Président Chirac, à Sarran, en Corrèze, qui abrite la collection des objets offerts à l’ancien président de la République, car il fut un moment question d’attribuer une salle destinée aux cadeaux de l’actuel chef de l’Etat, présents et futurs. Décidément, pour Jacques Chirac et François Hollande, la Corrèze est et demeure une « terre d’élection » ! « Un chameau, c’est un cheval dessiné par une commission d’experts », disait Francis Blanche. « Normal », aurait pu lui rétorquer le locataire de l’Elysée, toujours d’une grande sobriété !

 

La rue peut-elle défaire la loi ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 27 avril 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

La rue peut-elle défaire la loi ?

Le débat autour du mariage pour tous est en train de devenir institutionnel. Les organisateurs des « manifs pour tous » affirment continuer le combat même après le vote définitif de la loi. Et d’invoquer les précédents historiques de projets de loi (1984, fusion des enseignements public et privé en un service public unifié ; 1986, loi Devaquet sur l’orientation universitaire), voire de lois déjà promulguées (1994, le contrat d’insertion professionnelle de Balladur ; 2006, le contrat première embauche de Villepin) retirés ou abrogés. En 2003, sur un tout autre sujet, une énième réforme des retraites, le quotidien Lutte Ouvrière publiait un article au titre révélateur : « le droit de la rue de faire la loi ». Argumentation très simple : la démocratie représentative n’est pas véritablement démocratique « elle (la rue) doit et peut faire la loi, sans avoir à subir la loi d’une minorité de politiciens, élus il y un an et pour quatre ans encore ».

Ainsi donc une loi proposée par un gouvernement légitime à un parlement légitime ne serait malgré tout pas légitime parce que la rue la rejette. La notion même de représentation deviendrait donc attentatoire à la souveraineté populaire, la rue étant elle-même la figure métonymique du peuple : pars pro toto. Sophisme évidemment fallacieux, si ce n’est factieux. Les étudiants – minoritaires – qui bloquaient par la force les universités, en 1994 et 2006 – sous prétexte que des « AG », auxquelles participaient seulement les plus motivés, en avaient décidé ainsi – parlaient indûment au nom d’une majorité qu’ils empêchaient de travailler. Les antis mariage pour tous expriment, à coup sûr, un sentiment partagé par beaucoup ; mais ils ne possèdent en eux-mêmes aucune légitimité. La partie ne peut décider pour le tout qu’en vertu d’un mandat. La rue est – par principe – illégitime.

TAUBIRA-LA REPUBLIQUE

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 avril 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

TAUBIRA-LA REPUBLIQUE

Petite ; 3 pommes à la fois acides et sucrées grimpées l’une sur l’autre ; définitivement ferme et solide, ne vacillant, ni ne pliant sous aucun orage, comme on rêve que soit la République. Capable d’incroyables colères, mâtinées du plus savant – et maîtrisé – outil de séduction qui soit… voilà Taubira, la République incarnée. Celle qui porte nos exigences de citoyens. Celle dont on est fiers ! Qu’on aime, il faut bien le dire…

Heureux de l’avoir dans notre bateau, dès Mai 2012 ; ça oui ! La députée de Guyane, remuante sur tous les fronts, portant haut sa tête de femme libre, assumant son passé – années 70 – d’indépendantiste, ralliée au faisable (elle sait mieux que personne regarder le réel sans quitter le sac à dos de l’idéal). Du boulot, elle en a fait là-bas, à Cayenne, où à chaque élection, on lui renouvelle son bail, à Christiane-la rouspéteuse, celle qui, jamais, n’a eu froid aux yeux… On aime à l’imaginer ainsi, gamine, dans sa classe, brillante, évidemment, dans la cour, batailleuse et rieuse à la fois, même avec les garçons, surtout les grands, regardés depuis sa petite taille, avec un petit quelque chose de l’œil de Danny face à son CRS…

La république est déjà passée par ses compétences et ses convictions – les deux C de Taubira – lors de « sa » loi, en 2001 : « seront considérés comme crimes contre l’humanité, la Traite Négrière et son train d’Esclavages », et – souvenons-nous alors – des batailles drues à l’Assemblée, et déjà, de la haute teneur intellectuelle de son sac argumentaire, de son sérieux émaillé d’une gouaille de belle tenue. Déjà, « du Taubira », se levant, empoignant le micro – cette force qui en impose –, femme debout s’il en est, face à l’Hémicycle, les yeux dans les yeux, en remontrant à l’Opposition : « messieurs les députés… » tellement mieux que l’autre… comme une revanche.

Déclaration de Patrimoine

Ecrit par Sabine Aussenac le 27 avril 2013. dans La une, Ecrits, Actualité

Déclaration de Patrimoine

– Un grand bureau en chêne blond, racheté à la SNCF par first husband number one pour cent francs, quand ils ont mis du formica partout.

– Une grande table de ferme aux pieds coupés, payée 70 euros aux Puces et ramenée par mon amie Hélène dans sa Simca.

– Un grand lit à baldaquin Camif, acheté quand j’ai décidé d’arrêter les hommes – je sais, c’est paradoxal. Mais c’est MON lit !

– Un buffet en bois blanc datant d’avant Princesse Un, je vous parle d’un temps que les jeunes de 20 ans ne peuvent pas connaître.

– Deux tables achetées à l’assoc de récup de ma cité gasconne, genre on ne sait pas trop comment elles tiennent ni pour combien de temps.

– Le secrétaire de ma grand-mère teutonne adorée – il a connu Adolf, sans doute, and so what ? Moi, je n’étais pas née.

– Les étagères laissées par mes différents compagnons et/ou leurs proches : un machin fait par la sör de Pasteur Fou, très pratique, où je pends mes sublimes mugs anglais de quand je pouvais bêtement aller à Midica et en acheter un, juste comme ça, pour 19 euros ; les très vilains vestiges blancs en agglo de mon dernier compagnon – coucou, tu aurais pu prendre des nouvelles après l’appendoc de Fiston…

– Un frigo qui congèle les yaourts et réchauffe la viande.

– Une gazinière que même une portugaise fort habile n’arriverait pas à « ravoir ».

Les Français, la politique et l’argent…

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 20 avril 2013. dans La une, Actualité, Histoire

Les Français, la politique et l’argent…

L’affaire Cahuzac, en dehors de ce qu’elle représente, c’est-à-dire un Ministre du budget de la France, considéré comme une sorte de Grand Inquisiteur de la lutte contre les fraudeurs, et parallèlement fraudeur lui-même, dans une sorte de comportement quasi schizophrénique, me semble un révélateur fondamental du rapport que nos concitoyens ont avec la politique et l’argent. En effet, nous savons tous que, depuis fort longtemps, puisque cela remonte au moins à la IIIe République – le scandale de Panama, en 1892 –, les Français considèrent que les « politiciens » sont « tous pourris » ! Ne parlait-on pas des « chèquards » au moment de Panama ? Ceci alors que tous les spécialistes qui se sont penchés sur cette question savent que ce thème, souvent récupéré par l’extrême-droite durant notre histoire, constitue une généralisation ô combien abusive !

Mais alors, d’où peut bien provenir cette généralisation, sinon du rapport que les habitants de notre pays entretiennent avec l’argent, et ceci d’un point de vue global. Remontons le temps pour aller au tréfonds du Moyen-âge… La France, « fille aînée » de l’Église Catholique Romaine, donc de la Papauté, entretint dès cette époque des rapports compliqués avec l’argent, qui – selon le Vatican – « ne devait pas faire de petits » : c’était la dénonciation de l’usure, dont les papes successifs laissèrent le soin aux juifs et accessoirement aux marchands lombards. Gagner de l’argent, même honnêtement, était donc, dès cette époque, considéré chez nous comme quelque chose de forcément douteux ! Par comparaison, à partir du XVIe siècle, la mentalité de la Réforme – comme l’avait bien montré le grand sociologue allemand Max Weber dans ses travaux sur les rapports entre capitalisme et protestantisme – encourageait l’idée de la réussite financière et de l’exposition des richesses ; tout cela étant considéré comme un don de Dieu. Ce point apparut nettement, par exemple, au sein de la République de marchands des Provinces-Unies, au XVIIe siècle, et surtout des États-Unis d’Amérique – pays neuf par excellence – à partir du XIXe surtout. Encore de nos jours, il est plus que fréquent d’entendre les Américains se demander : « How much do you make ? » (« Combien vous vous faites ? »). Imaginez cela en France… !

Reflets de la semaine (152)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 20 avril 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (152)

A force de souffler le chaud et le froid, ArcelorMittal a finalement obtenu gain de cause, à savoir l’arrêt définitif des hauts fourneaux de Florange. De plus, le projet Ulcos – processus sidérurgiques à très basses émissions de CO2 – a été définitivement abandonné, transformant la Vallée de la Fensch en une sorte de « Vallée de la Mort » bis. Touchée en plein cœur, la Lorraine, au fil des ans, a perdu ce qui faisait sa fierté, le charbon et l’acier. Déjà, par le passé, des hommes s’étaient âprement battus pour défendre leurs droits et leurs emplois. Ceux de Florange ont fait pareil que leurs aînés, avec le résultat que l’on sait. Mais, grâce à leur détermination et leur courage, ils auront montré que le mot « solidarité » avait encore un sens et pouvait, dans une certaine mesure, déplacer des montagnes. Pendant six ans, donc, les deux hauts fourneaux seront « mis sous cocon »… Rappelons que Vulcain, le dieu romain du feu, de la forge et des métaux, a donné son nom à un papillon « tout feu tout flamme », qui, comme on s’en doute, fut chenille en amont… A son tour, le site florangeois connaîtra-t-il pareille métamorphose, que cette citation de Violette Lebon, écrivaine d’origine québécoise, pourrait illustrer à merveille : « Ce que la chenille appelle la mort, le papillon l’appelle renaissance » ?

 

L’hiver est peut-être la saison la plus propice aux promesses… Jugez plutôt. En 2008, à Gandrange, le Président de la République avait promis de sauver le site, où fut érigée une stèle sur laquelle on peut lire : « Ici reposent les promesses de Nicolas Sarkozy faites le 4 février 2008… ». A son tour, le 24 février 2012, François Hollande, alors en campagne, était allé à la rencontre des salariés d’ArcelorMittal de Florange et leur avait déclaré en substance : « Je ne veux pas me retrouver dans la situation d’être élu un jour sur une promesse et ensuite de ne pas revenir parce qu’elle n’aurait pas été tenue… ». Au final, faut-il croire le proverbe qui dit que « Février, le plus court des mois / Est de tous le pire à la fois » ? En toute bonne foi, je ne le pense pas, étant né moi-même un 24 février !

 

On croule sous la vertu

Ecrit par Daniel Sibony le 13 avril 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

On croule sous la vertu

Des médias font un gros travail de conservation : transférer la grande colère en indignation vertueuse.

Je suis impressionné par la vertu rigoureuse qui règne dans ce pays, ou que des médias font régner, ou dont ils font croire qu’elle doit régner. Un ministre a menti, et « les yeux dans les yeux » !… Quand on pense que jusqu’ici aucun gouvernant n’a menti, on est horrifié, en effet. Mais une fois qu’on reprend ses esprits, et qu’on se rappelle tous les mensonges des dirigeants depuis que la politique existe (Mitterrand avait usé de la même formule, « les yeux dans les yeux », pour mentir tranquillement), on se dit que le plus terrifiant, ce serait des dirigeants qui ne mentent pas ; qui seraient des automates de la vérité. Or même les automates « mentent », lorsqu’ils dysfonctionnent ; et tout être qui fonctionne, notamment, tout grand fonctionnaire peut un jour dysfonctionner.

En revanche, chacun voit que le vrai mensonge est ailleurs, plus massif et plus délabrant : tous ces dirigeants promettent, assurent, garantissent qu’ils font « tout » pour relancer l’économie, pour qu’on sorte de l’ornière, pour que les inactifs qui se morfondent et se rendent malades trouvent à « faire quelque chose » – pour eux-mêmes et pour la société. Et c’est tout le contraire. (Une retraitée me disait qu’elle a trouvé un petit job pour améliorer son sort, qui vient d’ailleurs d’en prendre en coup, comme pour tous les retraités ; et le petit « plus » qu’elle a gagné lui a été répercuté sur son loyer et d’autres taxes, de sorte qu’elle se retrouve, comme beaucoup, à se dire qu’on ne gagne rien à en faire plus. Le pire message : restez où vous êtes). Le mensonge, c’est qu’ils démotivent les gens, s’agissant de se projeter, de s’activer, de créer ou d’entreprendre. Comme analyste et psychothérapeute, je n’entends que ça, ou presque, dès qu’il est question du social.

Courants d’air

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 13 avril 2013. dans La une, Actualité

Courants d’air

Si l’on en croit les informations qui circulent dans la presse, la détermination du pape François à mériter le nom qu’il a choisi irrite certains catholiques. Prôner l’humilité, renoncer à certaines démonstrations ostentatoires est certes cohérent avec le message du Christ, dont le successeur de Saint-Pierre est garant, mais la tradition et les traditionnalistes sont attachés à une certaine « distanciation » qui s’accorde mal avec l’usage intempestif d’un compte Twitter ou une initiative telle que d’aller laver les pieds de repris de justice dans leur prison. Or, à l’opposé, des catholiques plus progressistes, plus « à gauche » – j’en compte parmi mes amis proches et c’est pour en avoir discuté avec l’un d’eux que je m’autorise cette incursion dans un domaine qui n’est pas le mien – fonderaient des espérances sur ces signes : le choix du nom de Saint-François, la simplicité de ton, les gestes médiatiques…

Médiatique, le mot est lâché. Toute révérence gardée, François d’Assise était aussi un grand manipulateur de média. N’a-t-il pas commencé sa carrière de saint par un strip-tease public ? Dieu merci, notre nouveau pape n’est pas allé jusque-là ; il n’en a plus l’âge. Mais tout de même, il y aurait bien dans sa façon de bousculer les traditions quelque chose d’assez prometteur. Aurait-il compris qu’il ne suffit plus de prononcer de beaux discours qui condamnent la guerre sans disposer du moindre moyen d’y mettre fin, ni de dénoncer les méfaits de l’argent-roi entouré des ors et des pompes vaticanes, ni d’aller dire des messes aux quatre coins du monde dans sa voiture-vitrine blindée ? Le saint qui parlait aux oiseaux lui aurait-il soufflé qu’il faut trouver des arguments plus médiatiques pour mériter de porter la parole divine ? A-t-il compris qu’on ne le tiendrait pas quitte de n’avoir pris que le nom de ce fils à papa qui a tout laissé derrière lui pour vivre en accord avec sa foi, avec la création et avec les plus déshérités ?

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