Actualité

Reflets de la semaine (160)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 21 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (160)

A bord de son maxi-trimaran, Francis Joyon vient de réaliser un exploit de taille, en traversant seul l’Atlantique Nord, de New York au cap Lizard, en 5 jours 2 heures et 56 minutes. En 2008, après avoir bouclé un tour du monde à la voile en solitaire, en 57 jours 13 heures et des poussières d’embruns, il est entré dans le club très fermé des « grands navigateurs » pour qui les océans constituent une « seconde patrie » ! Détenteur de plusieurs autres records, le skipper a plutôt le triomphe modeste, ce qui le rend encore plus « invincible » et plus proche de nous… Une belle histoire de mer, comme on les aime, dont le héros a su mélanger, de manière subtile, ce qui relève de l’humain, avec ses doutes et ses éclairs de génie, et l’aide non négligeable de la haute technologie… Bravo, l’artiste !

 

Autre forme d’évasion, l’évasion fiscale… Le G8, presque unanimement, a décidé de lutter contre ce fléau qui gangrène l’économie mondiale. Dont acte. Mais, on le sait bien, la tâche ne sera pas aisée, parce que la seule bonne volonté des dirigeants ne suffira pas à enrayer le mal. Pour ce qui est de la Syrie, M. Poutine a purement et simplement campé sur ses positions, en décidant, entre autres, de livrer des missiles anti-aériens au régime en place… Le pays se meurt, « à grand feu » et à sang, dans une indifférence quasi générale. En définitive, il est à craindre que la communauté internationale ne l’abandonne à son destin tragique !

In memoriam Pierre Mauroy

Ecrit par Jean-François Vincent le 14 juin 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

In memoriam Pierre Mauroy

Le gros Quinquin nous a quittés… Ancien de la SFIO dont il apporta les restes sur les fonts baptismaux du PS, au congrès d’Epinay, pour former le courant B – mais à l’opposé du mollétisme – il garda toujours un sens non marxiste des réalités qui lui fit combattre, avec Jacques Delors, lors de l’année cruciale que fut 1983, les fameux « visiteurs du soir » (dont faisait partie Bérégovoy, le futur parangon de la rigueur des années 90), lesquels conseillaient à Mitterrand l’autarcie et la sortie du SME (serpent monétaire européen, ancêtre de l’euro). C’est ce même réalisme qui le fit s’allier à Michel Rocard contre Mitterrand et le CERES marxisant de Chevènement lors du trop célèbre congrès de Metz, en 1979.

Reflets de la semaine (159)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 14 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (159)

Depuis la sortie, entre autres, de Philadelphia, il y a tout juste 20 ans, l’homosexualité s’est projetée à plusieurs reprises sur grand écran, dans des films comme Le secret de Brokeback Mountain (2006), Harvey Milk (2009), A single man (2010), ou Week-end (2012). Cette année, à Cannes, elle a littéralement capturé la lumière, avec La vie d’Adèle, palme d’or, et deux autres longs métrages, Ma vie avec Liberace et L’inconnu du lac… Peu à peu, elle est sortie du bois, à cause d’une présence plus « combative » des intéressé(e)s et d’une prise de conscience collective orchestrée par les médias. Mais une minorité, quelle qu’elle soit, peut-elle dicter sa loi et diviser autant, comme en France, à propos du mariage pour tous ? A coup sûr, d’autres minorités se réveilleront à leur tour pour défendre leurs droits, envers et contre tous. Mais je crains fort que ces levées de boucliers ne divisent plus qu’elles ne fédèrent. Et ce n’est pas parce que les luttes, présentes et à venir, figurent en bonne place dans les programmes électoraux, tous bords confondus, qu’elles régleront tous les problèmes, au nom de la démocratie, dont Albert Camus disait que « ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité ». Le « vivre ensemble », en effet, repose avant tout sur la tolérance, de part et d’autre, car, sans ce « combustible » essentiel, la société court le risque de se déliter !

De quoi le « Printemps » Français est-il le nom ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 08 juin 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

De quoi le « Printemps » Français est-il le nom ?

Dans son « manifeste », le site du Printemps Français proclame : « le Printemps Français est né ce soir du 24 mars sur les Champs-Elysées au milieu des chants et des lacrymogènes ». Derrière ce sigle, on trouve des anciens du GUD (Groupe Union Défense qui terrorisait la fac d’Assas dans les années 70) ou des membres du Bloc Identitaire, organisation d’extrême-droite protectrice des Français « de souche », mais aussi et surtout une femme, Béatrice Bourges, proche des catholiques traditionnalistes et qui s’est séparée de la très médiatique Frigide Barjot et de son mouvement, la « Manif pour tous », jugé trop mou.

Béatrice Bourges, l’égérie du Printemps Français, avait déjà commis un livre, en 2008, L’homoparentalité en question, à une époque où Sarkozy envisageait la création d’un « contrat d’union civile », ersatz de mariage pour les homosexuels. Dans ce livre, rien d’outrancier, rien d’extrémiste : juste un questionnement sur le besoin de connaître ses origines, besoin légitime, au nom duquel cependant Bourges condamne non seulement l’adoption par des couples homosexuels, mais aussi l’adoption par des femmes célibataires, et encore la PMA avec donneur anonyme de sperme… Surtout elle invoque – sottovoce – LE principal argument des anti-mariage : la nature, « l’enfant a besoin de savoir qu’il est issu d’un homme, son père, qui a aimé une femme, sa mère, et s’est uni à elle ».

Le progrès est-il dans l’oubli d’un « détail » ?

Ecrit par Jean Gabard le 08 juin 2013. dans La une, Actualité, Société

Le progrès est-il dans l’oubli d’un « détail » ?

Les partisans du mariage et de l’adoption pour tous se rangeraient dans le camp de la démocratie et du progrès et feraient des opposants, des traditionnalistes et des réactionnaires. Il y a pourtant parmi les opposants des personnes qui ne sont ni catholiques, ni même chrétiennes, ni même croyantes, ni conservatrices, ni de droite et encore moins d’extrême-droite… Alors, où est le progrès ?

Prôner le mariage et l’adoption pour tous suppose que l’on croit l’homme et la femme, le père et la mère, identiques et donc que l’un peut remplacer l’autre. Croire à cette égalité c’est être persuadé que la « théorie du genre » est une vérité scientifique qui ne souffre aucune contestation.

La « théorie du genre » a constitué une avancée lorsqu’elle est apparue pour contester les théories naturalistes qui justifiaient les hiérarchies et les discriminations sexistes. Cette contestation reste toujours valable mais ce qui l’est moins est le fait de confondre l’égalité en droits, légitime en démocratie, avec le droit à l’égalité, utopique et peu souhaitable. Parce que la différence des sexes a permis aux hommes de la société patriarcale d’inférioriser la femme pour imposer leur type de société, il faudrait non seulement changer le type de société (ce qui est en partie fait dans le monde occidental), mais supprimer la différence des sexes. Le progrès consisterait à prendre l’inverse de ce que l’on condamne et à opposer aux inégalités injustes, une égalité totale. Il pouvait être en effet utile, pour être plus efficace, d’avoir un discours radical pour balayer ce qui est devenu inacceptable. Cette réaction adolescente est tout à fait compréhensible et elle était peut-être même nécessaire. Mais doit-elle durer pour autant ? N’est-ce pas devenir conservateur que de se complaire dans cette révolte et refuser, après la crise d’adolescence, de devenir adulte ?

Reflets de la semaine (158)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 08 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (158)

Gays, gays, marions-les ! En ce mercredi 29 mai, Montpellier devenait une ville pionnière. « Surexposée », cette première union entre personnes du même sexe donnait le coup d’envoi à l’application de la loi Taubira, qui, sans doute, verra la multiplication des mariages, sous le regard mi-humide, mi-dubitatif de Marianne… Car s’agit-il vraiment d’une avancée ? L’institution y gagnera-t-elle en légitimité ? Et quelle place l’enfant occupera-t-il, flanqué de ses « nouveaux parents » ? Autant de questions que l’on est en droit de se poser. A l’évidence, c’est la « raison raisonnante » qui l’a emporté, et l’union légale ne semble pas être la panacée. Une fois passée la « période de rodage », on s’apercevra que certaines réticences perdureront, et ce qui, au départ, était considéré comme une révolution sociétale, sera finalement réduit à un épiphénomène… C’est José Artur, célèbre animateur de radio, qui disait, avec sa gouaille habituelle : « Le comble de l’optimisme, c’est un couple d’homosexuels qui achète un landau » !

 

Vendredi 31 mai, on découvrait les restes d’une vingtaine de poilus, à Fleury-devant-Douaumont, dans la Meuse. 1916, la tristement célèbre bataille de Verdun, qui fit plus de 700.000 morts… Douaumont et son ossuaire, abritant 130.000 corps anonymes des deux camps, et son cimetière, où sont alignées 16.000 tombes surmontées d’une croix blanche… Quelques-unes des victimes exhumées ont pu être identifiées, dont un certain Charles-Louis Desplanques, le « bien nommé », si je puis me permettre !

Reflets de la semaine (157)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 01 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (157)

Moustaki, le métèque, vient de tirer sa révérence. Celui qui composa pour Piaf, Reggiani, Montand, Barbara et « La Gréco », laquelle a rendu un vibrant hommage à l’homme « exquis » qu’il fut tout au long de sa vie, croisera sans doute « Milord » au paradis. Dans Dire qu’il faudra mourir un jour, il chantait : « Dir’ qu’il faudra rester tout seul / Dans la tristesse d’un linceul / Sans une fille pour la nuit / Sans une goutte de whisky »… A l’en croire « Nous avons toute la vie / Pour nous amuser / Nous avons toute la mort / Pour nous reposer »… In fine, la boucle est bouclée !

 

Gays, gays, marions-les ! Et vite, puisque telle est leur volonté ! En votant cette loi, d’une importance capitale – cela ne vous aura pas échappé –, notre pays a fait un grand pas en avant. La société avance, certes, mais veillons à ce qu’elle ne marche pas trop souvent sur une seule jambe… Cela dit, je profite de l’occasion pour présenter tous mes vœux de bonheur et de prospérité aux nouveaux couples !

Séminaire de Daniel Sibony

Ecrit par Daniel Sibony le 01 juin 2013. dans La une, Actualité

Séminaire de Daniel Sibony

Année 2012-2013

Psychanalyse éthique

Le Séminaire de Daniel Sibony a pour titre Dictionnaire vivant

 

Chaque séance, une séquence de dix notions sera travaillée en fonction de l’expérience clinique et des apports de la théorie

 

8ème séance du cycle : Technique, politique, poétique

 

Dette, fiction, nihilisme, politique, parole, poésie, présence, sacrifice, technique, texture

 

Adjoindre aux bibliographies standard :

 

De l’identité à l’existence (Odile Jacob)

Entre dire et faire, penser la technique (Grasset)

Don de soi ou partage de soi, Le drame Lévinas (Odile Jacob)

Le jeu et la passe, identité et théâtre (Seuil)

L'Autre incastrable, psychanalyse-écritures (Seuil)

Perversions, dialogues sur des « folies » actuelles (Seuil)

Dominique Venner ou les ambiguïtés du néo-paganisme

Ecrit par Jean-François Vincent le 25 mai 2013. dans La une, France, Politique, Actualité

Dominique Venner ou les ambiguïtés du néo-paganisme

Ambigu, ce Dominique Venner, défenseur acharné de l’Algérie française, admirateur des corps francs allemands des années 20 (cf. son ouvrage sur le sujet, Baltikum) et de leurs apologètes, Ernst Jünger ou Ernst Von Salomon – qu’il lisait dans le texte – directeur de la Nouvelle Revue d’Histoire, revue partiale, voire extrémiste, mais bien documentée et publiant des articles parfois fort intéressants… Mort pour le mariage strictement hétérosexuel ? S’inscrirait-t-il dans la lignée des suicidés pour une cause ? A côté d’un Jan Palach s’immolant par le feu, en 1969, pour protester contre l’invasion de son pays par l’armée soviétique, l’année précédente ; ou d’un Mishima, faisant seppuku en 1970, après l’échec de son coup d’état visant à restaurer les pouvoirs de l’empereur ?

Venner était certes homophobe ; mais les haines qui l’habitaient étaient diverses et variées : dans son dernier message, publié sur son blog le jour même de son suicide, il cite un prétendu blogueur musulman, clamant que « dans quinze ans, les islamistes seront au pouvoir, et ils supprimeront cette loi (la loi Taubira) ». Vieux fantasme de l’invasion des immigrés, telle que colportée par son ami, Jean Raspail, notamment dans son roman – très apprécié par Venner – Le camp des saints… Il est cependant une aversion de Dominique Venner dont on parle peu et qui – peut-être – explique largement son geste : Venner était anti-chrétien.

Dans son blog, le 3 avril 2012, il évoque cette « curieuse religion instaurée non sans mal ni conflits cruels par les disciples et successeurs du divin Christos ». Pour lui, le triomphe du Christianisme relève d’une magouille politique fomentée par les empereurs romains. Dans un édito de la NRH en date du 30 octobre 2012, il écrit : « c’est parce que “Rome n’était plus dans Rome” depuis longtemps, que les empereurs, à la suite de Constantin et Théodose (et malgré l’opposition de Julien (1)) décidèrent, pour des raisons hautement politiques, d’adopter cette religion (…) En trois gros siècles, la petite secte juive des origines était devenue une institution sacerdotale frottée de philosophie grecque, que saint Paul avait ouverte aux non circoncis ».

Reflets de la semaine (156)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 25 mai 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (156)

Marine s’est blessée en tombant dans sa piscine… vide, se fracturant deux vertèbres au passage ! C’est l’ancien « capitaine » du paquebot, qu’on surnommait naguère « l’homme au bandeau », qui a annoncé la nouvelle. Alors que, dans « l’Océan Politique », les tempêtes se succèdent, mettant à mal de nombreuses embarcations, à bâbord comme à tribord, le Front tente, par tous les moyens, de « garder la tête hors de l’eau ». Précisons que le 19 mai dernier, jour de la Pentecôte, où les chrétiens commémorent le don du Saint-Esprit aux apôtres, Arte diffusait le film de Jacques Deray, La Piscine, et que l’invitée de « C Politique », sur France 5, n’était autre que Marine Le Pen… Cette dernière, profitant de chaque occasion pour « raviver la flamme », est plus que jamais décidée à mettre le cap sur le pouvoir, en espérant que les élections à venir – municipales et européennes – lui donneront raison. Mais la traversée sera forcément longue et semée d’embûches, à gauche comme à droite, dont André Santini, connu pour ses bons mots, disait : « La droite a touché le fond de la piscine : maintenant, elle creuse ! »

 

Depardieu, la suite. Au cinéma, il incarnera DSK. Devenu un entrepreneur entreprenant, il a l’intention d’ouvrir un café à Saransk, capitale de la Mordovie. Déjà, dans Uranus, de Claude Berri, il était Léopold Lajeunesse, patron d’un bistrot transformé en salle de classe quand la guerre se termine… Qu’il me soit permis ici de lui soumettre quelques noms d’enseignes, si, par malheur, il se trouvait en panne d’imagination : « Un pot, sinon rien ! », ou « Put in » (faire escale), ou bien encore, « Entre gueuse et vodka »… Sincèrement, « Chez Gégé » m’a paru trop banal pour ce personnage « gargantuesque », à l’appétit féroce, et féru de culture !

<<  4 5 6 7 8 [910 11 12 13  >>