Société

La querelle des livres, Olivier Larizza

le 02 juin 2012. dans La une, Société, Littérature

La querelle des livres, Olivier Larizza

 

Pour mon soixante-cinquième anniversaire, on m’a offert (sur ma suggestion) une liseuse. Pas une petite cape douillette en laine des Pyrénées mais bien ce petit bijou de technologie moderne qui me permettra, quand je serai tout à fait vieux et si elle fonctionne encore, de lire en grossissant les caractères autant qu’il le faudra. J’en suis ravi. Je la regarde souvent, c’est un bel objet dense et rassurant dans son portefeuille de faux cuir d’une élégante sobriété. Je ne m’en sers pas mais je suis content de l’avoir. Un peu comme je serais satisfait de posséder  un étui à cigarettes en argent bien que je ne fume pas.

Ce n’est pas que je ne lise pas, bien au contraire, mais j’ai de telles piles de livres en attente… Je recharge sa batterie de temps à autre. Elle me le demande poliment. J’ai commencé, comme tout un chacun, par charger des livres gratuits. Les misérables, un grand absent de ma bibliothèque, je l’avoue. Je ne peux pas dire combien de pages j’en ai lu parce que ça dépend des caractères que j’ai choisis. Et puis j’ai téléchargé un livre de Pierre Loti, mais il n’avait ni accents ni ponctuation. J’ai renoncé. Et encore un livre d’un auteur chinois dont j’ai oublié le nom. Il était annoncé comme livre en caractères français mais il y avait une erreur. Ce n’étaient pas des idéogrammes chinois mais de ces signes étranges, plus ou moins cunéiformes, comme seule l’informatique peut en offrir. J’ai hésité à télécharger un livre payant parce que s’il est illisible, je ne pourrai pas le rapporter au libraire.

La désillusion

Ecrit par Thierry Ledru le 02 juin 2012. dans La une, Education, Société

La désillusion

 

Avec le temps, les années à travailler avec les enfants, j’ai fini par comprendre que je n’avais aucun espoir à avoir au regard de l’énergie que je dépense avec eux. C’est totalement inutile. Ça ne m’appartient pas. Il y a beaucoup trop de paramètres qui entrent en compte et qui m’échappent totalement, et même si je maîtrisais 99 % de la situation, il y aurait une pression ingérable qui s’installerait si je désirais obtenir des résultats conséquents. Ce qui importe et qui m’appartient totalement, c’est que je m’applique à faire ce qui me semble juste. L’intention ne doit pas faire partie de ce travail au risque de tomber dans la désillusion. Mais ce n’est pas la réalité qui crée cette désillusion. C’est moi parce que la réalité ne correspondra pas à ce que j’espérais atteindre. Dès lors, je vais renforcer ma pression sur les élèves étant donné que cette désillusion me renvoie une image négative de moi-même. Le piège est redoutable. Cette pression, je vais la transmettre et les enfants la recevront et la transformeront inconsciemment en peur. Leurs résultats en seront impactés parce qu’ils seront figés par mes attentes.

Dans ce métier, il ne faut avoir aucune attente, aucun espoir, aucune intention. Il faut juste se contenter de faire ce qui semble juste, utile, efficace, judicieux.

La migration algérienne féminine : facteur régulateur du célibat

Ecrit par Nadia Agsous le 02 juin 2012. dans Monde, La une, Politique, Société

La migration algérienne féminine : facteur régulateur du célibat

L’arrivée au pays du « prince charmant » tant sublimé : Une sensation de liberté et de bien-être…

 

La prise de contact avec la société française semble être vécue par ces femmes migrantes (1) à la fois positivement et négativement.

Ainsi l’un des aspects qu’elles semblent mettre en avant concerne la sensation de sécurité et de liberté qu’elles ont éprouvée lors de leurs déplacements dans la sphère publique :

« Dans la rue, dans le métro, personne ne me regardait, raconte Dalila. Aucun homme ne cherchait à me draguer. Cela me plaisait beaucoup car dans ma ville, tous les regards des hommes étaient braqués sur moi. Là, je marchais librement sans être gênée et sans avoir peur du jugement d’autrui ».

Le second aspect que ces femmes semblent avoir apprécié concerne l’absence de « clôture familiale » et sociale et ainsi la liberté de choix et d’action. Dans leur discours, elles font ressortir l’idée de l’anonymat et de la non stigmatisation de leur corps. En effet, « le regard aveugle » que les passants et notamment les hommes posent sur elles est une attitude qui semble revêtir un aspect essentiellement positif puisque de leur point de vue, ce comportement induit une liberté de mouvement, un sentiment de sécurité et une sensation de bien-être.

L'anti-didactique à l'oeuvre ?

Ecrit par Pierre Windecker le 19 mai 2012. dans La une, Education, Actualité, Société

L'anti-didactique à l'oeuvre ?

Que ceci soit dit d’abord : j’adore le Jardin des Plantes du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. L’enfance – la mienne, celle des mes enfants et celle de mes petits-enfants – m’y ramène sans cesse, guidant les jambes et réveillant les émotions. J’aime cette longue esplanade qui s’ouvre comme les fleurs dont elle est constellée, ces allées d’arbres rêveuses et à demi cachées, ces serres où la végétation explose, ces bâtiments recelant un passé parfois en coma dépassé, si bien ramené à la vie par l’imagination de Tardi. J’ai aimé toutes les affiches créées par le Muséum. Je n’aborde jamais une exposition abritée dans ses locaux – qu’il s’agisse de la vie dans les abysses ou des fresques de la route de la soie - sans éprouver d’avance la douceur d’une jouissance assurée. L’humeur étant celle-là, les préjugés sont, forcément, toujours favorables.

C’est au point qu’il m’a fallu visiter avec mes petits-enfants deux expositions destinées principalement aux enfants pour comprendre. Après l’exposition A l’Ombre des dinosaures, peut-être avais-je éprouvé une petite déception, mais sans chercher à m’interroger davantage sur ses motifs. Mais en sortant d’Au Fil des araignées, c’est tombé comme une évidence, simple, carrée, indiscutable, excessive aussi sans doute, mais seulement dans sa formulation littérale : si on faisait comme ça à l’école, il n’y a pas photo, les enfants n’apprendraient rien. Ce serait presque comme si l’on fermait boutique.

L'école

Ecrit par Thierry Ledru le 19 mai 2012. dans La une, Education, Société

L'école

Je récupère mon garçon, lycéen et j’écoute sa semaine pendant la route.

Et je m’entends parler à mes parents, il y a trente ans.

Comment est-ce possible ? Comment expliquer que ces rapports conflictuels, que cette incommunicabilité, que cette distance effroyable entre de jeunes individus et des personnes matures puissent encore exister ? Comment justifier que les programmes soient toujours entachés de connaissances inutiles, totalement abstraites pour des esprits qui sont à des années lumières de ce qui leur est imposé, comme si en trente ans les adolescents n’avaient pas changé, que ce monde technologique n’existait pas, que cette effervescence de communication n’était pas entrée dans les têtes des technocrates qui maintiennent sclérosés un monde scolaire terriblement isolé.

Des notes, des contrôles, des sanctions, des rapports de force, des humiliations, des menaces, des insultes parfois… Des examens, des concours, une course au métier, une compétition acharnée, exacerbée par ces professeurs qui usent de leur bulletin scolaire comme d’une guillotine. « Marche ou crève ». « Il faut maintenir les statistiques pour le BAC et puis je vais bientôt être inspecté ».

Quelles sont leurs motivations, quelles sont leurs raisons d’être là ?

Sulfureuses Lumières : du féminisme islamophobe au nouveau complot mondial

Ecrit par Jean-François Vincent le 19 mai 2012. dans La une, Actualité, Société

Sulfureuses Lumières : du féminisme islamophobe au nouveau complot mondial

L’extrême droite a changé : elle a abandonné la haine à visage découvert, l’antihumanisme avoué, la négation des droits de la personne ; elle a embrassé – du moins feint-elle de se présenter ainsi – les valeurs de progrès et de liberté pour lesquelles s’étaient battus les philosophes des Lumières…

Oui, mais dans quel but ? Les exemples hollandais, belges et français le montrent : il s’agit de mieux distiller la xénophobie.

Au Pays-Bas, le politicien Geert Wilders est à l’avant-garde du féminisme islamophobe. Son discours a les apparences de la pondération, puis, au cours d’une phrase, dérape dans l’excès. Ainsi déclarait-il sur le site Infonu.nl :

Islam-apologeten spiegelen niet-moslims vaak het beeld voor dat de vrouw in de islam heel veel rechten heeft en op gelijke voet staat met de man. Als we echter een blik werpen in de koran en de Hadith, dan rijst een heel ander beeld op. De vrouw in de islam is allesbehalve gelijkwaardig aan de man, alle propagandistische verhalen van islamverdedigers ten spijt. « Les thuriféraires de l’Islam renvoient souvent aux non-musulmans l’image d’une femme qui aurait des quantités de droits et serait sur un pied d’égalité avec l’homme.

Migrations algériennes, les nouveaux visages (1988...)

Ecrit par Nadia Agsous le 12 mai 2012. dans Monde, La une, France, Politique, Société

Migrations algériennes, les nouveaux visages (1988...)

En Algérie, à partir de 1988, l’idée de migrer vers les pays dits développés a tendance à devenir la préoccupation de tout un chacun. C’est un rêve qui prend l’allure d’un fantasme collectif. Ce « Rêve » migratoire est certes un projet individuel. Il semble cependant revêtir une dimension collective faisant du « désir » migratoire un phénomène social impliquant toutes classes sociales.

 

Partiràtoutprixoulahantisedu « Rêve »migratoire !

 

La concrétisation de ce rêve dépend cependant de l’obtention du visa d’entrée sur les territoires migratoires visés. Dans la plupart des discours des candidat(e)s à l’émigration et des migrant(e)s, ce document tant convoité revêt une dimension essentiellement magique et libératrice. Il est ainsi assimilé à une « clé » qui permet l’accès à cet « Eldorado » économique, social et culturel qui, dans les représentations collectives prend l’allure d’un espace de loisirs et de consommation Ô combien fantasmé ! Le visa devient ainsi la métaphore d’une « amulette » voire d’un « sésame » qui permet une « délocalisation positive » et ainsi le passage vers l’autre rive, l’espace de tous les rêves et de tous les possibles.

Daniel Sibony : Le séminaire 2011-2012

Ecrit par Daniel Sibony le 12 mai 2012. dans Philosophie, La une, Psychologie, Société

Daniel Sibony : Le séminaire 2011-2012

 

Année 2011-2012

Séminaire

Psychanalyse éthique de

 

Daniel Sibony

sur

L'EXISTENTIEL

 

le mercredi 23 mai 2012 à 19h :

 

avec une contribution de Catherine Clément

 

L'EXISTENTIEL ET LES PHILOSOPHES

 

Le phénomène migratoire algérien (2)

Ecrit par Nadia Agsous le 05 mai 2012. dans Monde, La une, France, Société

Le phénomène migratoire algérien (2)

Lamigrationfamilialealgérienne :Quelstatutpourlesépousesmigrantes ?

 

Les années soixante-dix marquent un tournant dans l’histoire du mouvement migratoire algérien. Car en septembre 1973, le gouvernement algérien officialise la suspension de l’émigration de travail. Cette décision est une réaction à la série d’attentats racistes qui ont visé des Algériens vivant en France. De son côté, André Postel-Vinay, secrétaire d’État à l’Immigration sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, suspend l’entrée de la main-d’œuvre étrangère en France. Cette décision est assortie de la promulgation du décret du 29 avril 1976 relatif aux conditions d’entrée et de séjour en France des membres des familles des ressortissants étrangers, qui autorisait les hommes installés en France de faire venir leurs épouses et enfants. Selon G. P. Tapinos « le regroupement familial traduit à l’origine une double préoccupation : Du point de vue des migrants, l’affirmation du droit pour tout travailleur expatrié d’être rejoint par sa famille. Du point de vue des pays récepteurs – la France – le souci de favoriser l’établissement définitif du migrant en vue de son intégration à la société d’accueil ». La suspension de l’entrée de la main-d’œuvre étrangère en France est un facteur qui va permettre à l’émigration-immigration des familles algériennes à apparaître au grand jour.

Quelle signification peut-on donner aux votes ?

le 05 mai 2012. dans La une, France, Politique, Société

Quelle signification peut-on donner aux votes ?

Voter est non seulement un devoir de citoyenneté mais aussi une responsabilité individuelle au sein d’une collectivité reconnue. Celle des français et de la France.

L’abstention c’est ne pas participer à la vie citoyenne. C’est refuser cette collectivité et sa propre responsabilité vis-à-vis de la communauté. Après quoi, il n’est plus permis de mettre en valeur une opinion sur des actes pour lesquels on n’a pas su engager sa propre participation. Ce, que ces actes soient d’ordre politique, économique ou encore engageant la collectivité sur un plan national, régional ou communal. Et même international quand on sait l’importance que cela a.

Par contre le vote blanc lui, a un sens. Un sens précis qui semble jusqu’à présent être refusé par nos instances dirigeantes. Et pour cause. Car le vote blanc est l’expression d’un refus. Celui de ne pas reconnaître un choix qui est IMPOSE. Celui de ne pas trouver dans les candidatures proposées celle qui peut ramener tout l’espoir, toute la cohérence de l’avenir d’un pays et d’un peuple.

Le vote blanc devrait faire partie de la constitution. Mieux. Plus de trente pour cent de votes blancs devrait être à même de provoquer de nouvelles élections, car ce serait un constat. Un constat dont il convient de tenir compte. Le constat qu’aucun des partis en présence n’est capable de présenter une personnalité digne du poste dont la responsabilité lourde et conséquente, engage l’avenir du pays et des français.

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