Littérature

Dominique Aguessy, une vie consacrée à l'écriture

Ecrit par Cikuru Batumike le 28 juillet 2012. dans La une, Littérature

Dominique Aguessy, une vie consacrée à l'écriture

 

Femme d’écriture, la française, Dominique Aguessy est née à Cotonou, au Bénin, le 31 mars 1937. Elle a longtemps séjourné au Sénégal avant de s’installer à Bruxelles où elle réside. Sociologue, poète, licenciée en lettres et littérature française, titulaire d’une maîtrise en gestion des entreprises, elle consacre la majeure partie de son temps à l’écriture. Elle a voulu en partager les motivations dans les lignes qui suivent.

 

Propos recueillis par Cikuru Batumike

 

Cikuru Batumike : Contes, nouvelles et essais, la presse écrite ou en ligne est toujours au rendez-vous, à chacune de vos publications. Dans quelle mesure la critique littéraire a-t-elle été indispensable à votre travail d’écrivaine ?

Une vie de Ch'ti de Lille à Tataouine, Paul Dechaume

Ecrit par Christelle Mafille le 23 juin 2012. dans La une, Littérature

Une vie de Ch'ti de Lille à Tataouine, Paul Dechaume

Quand on referme Une vie de Ch’ti de Lille à Tataouine, on a comme un goût de sable dans la bouche, le sable Tunisien de Médénine.

On est un peu étourdi aussi par les événements. Pas de pause, tout s’enchaîne dans une course effrénée.

P’tit Paul, son enfance, au creux de l’amour de ses « Vieux » comme il aime à les appeler. Ses Vieux, ce sont ses grands-parents, papa et maman de cœur, remplis d’amour et de bienveillance. ça sent bon le café chaud et la chicorée, que l’on aime tant partager dans Ch’Nord. Je ne peux m’empêcher, en lisant ces pages, de penser à Daniel Guichard.

P’tit Paul et son enfance sous l’occupation, petit résistant qui n’hésite pas à faire « les camions » pour aider sa famille et les autres.

P’tit Paul, adolescent, les premières conneries. Le jeu, les filles…

Et puis plus tard, Paul, adulte, qui se retrouve, en représailles, à Médénine, en Tunisie, à La Section Disciplinaire des Bataillons d’Afrique. Paul qui, malgré les brimades, les tortures physiques et morales, refuse encore et toujours de se soumettre. C’est qu’il a la tête dure le Ch’ti. D’ailleurs, il est réputé pour ça.

Histoire d'un allemand, Sebastian Haffner

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 09 juin 2012. dans La une, Histoire, Littérature

Histoire d'un allemand, Sebastian Haffner

Histoire d’un allemand Souvenirs (1914-1933), Sebastian Haffner, traduit de l’allemand par Brigitte Hébert, Acte Sud collection Babel, 435 pages, 9,5 €

 

Rares sont les livres que l’on aborde avec plus de réticences que d’enthousiasme – encore quatre cents pages sur le nazisme ! – et que l’on referme en regrettant qu’ils n’en fassent pas mille de plus. Histoire d’un Allemand de Sebastian Haffner a deux immenses mérites : le premier est d’être inachevé, ou plutôt, de s’achever quand tout commence, en 1933 ; le second est d’être écrit en 1942. L’auteur raconte à grands traits sa vie de jeune Allemand moyen depuis 1914 – il est alors âgé de sept ans – jusqu’à la prise du pouvoir par Hitler. Le jeune magistrat stagiaire âgé de vingt-six ans fait aussitôt le bilan de tous les moyens de ne pas se laisser pervertir par le nouveau régime qui lui fait viscéralement horreur. C’est pour constater que, comme des millions d’Allemands, il est prisonnier d’un système monstrueusement puissant et dont la perversité insidieuse s’est infiltrée dans les fibres les plus intimes de « l’âme allemande ». La perspicacité avec laquelle il analyse les origines du mal, en remontant à la guerre puis aux tentatives républicaines avortées, l’amène à la conclusion que la seule alternative est l’adhésion au nazisme ou l’exil. Il connaîtra les deux à son corps défendant. La suite serait passionnante à lire sous la plume d’un narrateur aussi brillant et aussi lucide mais l’originalité de son récit est d’établir qu’en 1933, tout est déjà bouclé.

Brésil, terre d'amitié, Georges Bernanos

Ecrit par Christian Massé le 09 juin 2012. dans La une, Littérature

Brésil, terre d'amitié, Georges Bernanos

Je ne me sens plus ici un exilé (1).Bernanos est arrivé au Brésil avec femme et enfants en août 1938 et y reste jusqu’en juin 1945. L’auteur du Chemin de la Croix-des-Âmes n’a pas quitté la France pour fuir le désastre inévitable, mais pour rester libre et pouvoir continuer à dire et écrire la vérité. Une parole libre est celle qui s’efforce de donner aux mots leur vrai sens, qui ne leur permet pas de mentir. La liberté veut être sauvée, exige son salut ! Bernanos n’est pas venu dans l’Etat de Rio ni de Barbacena  pour cuver sa honte, mais pour retrouver sa fierté. Ce ne sont pas les intellectuels qui lui ont fait comprendre les paysans brésiliens : ce sont vos paysans qui m’ont fait comprendre vos intellectuels ! Il s’en prend aux imposteurs qui croient que les paysans brésiliens passent leur temps, entre les carnavals, à se dorloter au soleil. Ils ne les ont jamais vus, sous les rafales d’eau tantôt brûlante tantôt glacée, travailler jusqu’au soir… marchant à la conquête de leur terre.

Lorsque je reviens seul, le soir, à cheval, la forêt m’est comme un refuge. Ce n’est pas une forêt de fantômes d’arbres. Elle donne des chimères au faux exilé. L’homme qui s’appelait Hitler n’est plus. D’ailleurs, a-t-il jamais porté ce nom-là ? C’était sans doute un clochard, marcheur infatigable, agile et rusé. Un soir, croquant sur un banc son quignon de pain, il méditait d’écrire un livre, « Mon combat », c’est-à-dire « Ma faim ». On lui demande : « Ça va toujours, vous ? Ça marche, ça marche ! ». Une nuit, toute la ville s’est mise à marcher. Lui, il a glissé de son banc jusqu’au trottoir et a fini la nuit à la morgue.

La querelle des livres, Olivier Larizza

le 02 juin 2012. dans La une, Société, Littérature

La querelle des livres, Olivier Larizza

 

Pour mon soixante-cinquième anniversaire, on m’a offert (sur ma suggestion) une liseuse. Pas une petite cape douillette en laine des Pyrénées mais bien ce petit bijou de technologie moderne qui me permettra, quand je serai tout à fait vieux et si elle fonctionne encore, de lire en grossissant les caractères autant qu’il le faudra. J’en suis ravi. Je la regarde souvent, c’est un bel objet dense et rassurant dans son portefeuille de faux cuir d’une élégante sobriété. Je ne m’en sers pas mais je suis content de l’avoir. Un peu comme je serais satisfait de posséder  un étui à cigarettes en argent bien que je ne fume pas.

Ce n’est pas que je ne lise pas, bien au contraire, mais j’ai de telles piles de livres en attente… Je recharge sa batterie de temps à autre. Elle me le demande poliment. J’ai commencé, comme tout un chacun, par charger des livres gratuits. Les misérables, un grand absent de ma bibliothèque, je l’avoue. Je ne peux pas dire combien de pages j’en ai lu parce que ça dépend des caractères que j’ai choisis. Et puis j’ai téléchargé un livre de Pierre Loti, mais il n’avait ni accents ni ponctuation. J’ai renoncé. Et encore un livre d’un auteur chinois dont j’ai oublié le nom. Il était annoncé comme livre en caractères français mais il y avait une erreur. Ce n’étaient pas des idéogrammes chinois mais de ces signes étranges, plus ou moins cunéiformes, comme seule l’informatique peut en offrir. J’ai hésité à télécharger un livre payant parce que s’il est illisible, je ne pourrai pas le rapporter au libraire.

Des miettes et des étoiles, Thomas Duranteau

Ecrit par Martine L. Petauton le 19 mai 2012. dans La une, Littérature

Des miettes et des étoiles, Thomas Duranteau

Le voyage dans la Pologne des grands camps de la mort

 

Que le professeur d’Histoire, faisant, avec l’Union des déportés d’Auschwitz, le voyage des grands camps de Pologne, revienne avec l’envie – la nécessité – d’écrire ; quoi de plus naturel ! On nous transmet le témoin, la flamme du souvenir ; on revient, la mission chevillée ; transmettre toujours plus loin, veiller, ne plus dormir… voyage initiatique ; domaine du pédagogique. Que le citoyen, le républicain digne de ce nom, revienne le souffle court, transi jusqu’aux tréfonds, entendant depuis lors, et malgré le matelas de ses savoirs, sonner de bien curieux bruits au dedans de lui-même ; qu’il en vienne à crier ; quoi de plus évident ; voyage initiatique ; domaine de l’humanité toute entière…

Thomas Duranteau, quant à lui, fait mieux que ça ; professeur d’Histoire, républicain de belles valeurs, mais aussi plasticien, et quelque peu poète, il  nous offre un petit – superbe – livre sur « son » incursion à l’Est, qui est bien davantage : un outil, un objet-référence, une sorte de manuel (la connotation pédagogique est noble). Comme une anthologie d’émotions, de savoirs. Un voyage, ce livre sur « le » voyage à Auschwitz ; au cœur de l’Histoire – celle de la Shoah. Au fond de nous-mêmes, aussi, puisque aussi bien, écrivait Georges Bataille en 1947 : « comme les pyramides ou l’acropole, Auschwitz est le fait, est le signe de l’homme. L’image de l’homme est inséparable, désormais, d’une chambre à gaz ».

Entretien avec Cyrille Audebert, romancier

Ecrit par Jean-François Joubert le 13 avril 2012. dans La une, Littérature

Entretien avec Cyrille Audebert, romancier


Jean-François Joubert : Bonjour monsieur Audebert, si vous deviez choisir un mot pour définir l’écriture, quel serait-il : une jouissance, un besoin quotidien, une nécessité, un moyen de s’exprimer ?


Cyrille Audebert : Un plaisir. Quand j’écris, je m’amuse. Je ne devrais pas le dire mais, quitte à passer pour un dingue, je me marre souvent tout seul devant mon écran lorsque j’écris. J’aime me surprendre aussi, ce qui explique que je travaille sans plan véritablement défini. Pour moi, l’écriture, c’est comme la vie : elle est faite de hasards. Je ne sais pas ce qu’elle me réserve. Par contre, je suis incapable de me forcer à écrire (oui, je sais, ça n’est pas bien…), et donc les lecteurs râlent parce que mes livres ne sortent pas assez vite.


J.F.J. : Vous êtes l’auteur de plusieurs romans. Des policiers, L’évangile selon Jacques Lucas et sa suite Un temps de chien. Du Rigolo Gore, 5è étage. D’un O.V.N.I d’humour et de fantaisie Fantôme d’amour. Et dernièrement de L’ébauche d’une réponse, un recueil succulent de nouvelles. Parlez-moi de vos influences littéraires.

A contre-jour, Charline Quarré

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 avril 2012. dans La une, Littérature

A contre-jour, Charline Quarré

 

A contre-jour, Charline Quarré, Editions Baudelaire, 2ème trimestre 2011, 126 pages, 14 €

 

 

La photo de la couverture la montre, la fille, à contre-jour. Tons noirs, marrons glacés gaufrés. A peine visible derrière les cheveux longs qui la masquent – pratique – à longueur de pages ; elle boude – peut-être – elle est triiiste… comme il se doit : c’est une adolescente.

« Errance sans fin qui marche à côté d’une longue tristesse sans larmes », « Margot, dix-sept ans, nostalgique alors qu’elle n’a rien vécu… ». Pan ! Une ligne et demie qui balance, pile comme l’âge, qui pleure – avec ce rien d’emphase théâtrale – exactement comme une ado – elle, bien sûr, mais aussi, quelque part, plus au fond, vous, moi, et sans doute quelques autres…

Sans avoir l’air d’y toucher, voilà un livre aux ambitions colossales : faire sentir ce moment de vie compliqué et mouvant ; ces instants de « complexe du homard » quand la carapace ne protège plus, mais, blesse, comme disait Dolto… et, en prime, il s’agit d’une fille ! Espèce – chacun sait – des plus délicates à élever…

Passe vite, Danny Lebrun

Ecrit par Christian Massé le 23 mars 2012. dans La une, Littérature

Passe vite, Danny Lebrun


Roman, Présence Graphique, 2 rue de la Pinsonnière 37260 Monts, 309 pages


Passe Vite est le nom d’une forêt de la Gâtine tourangelle. Ou plutôt d’un espace où les arbres sont faits pour s’entendre avec l’humanité tout entière. Ils sont vivants. Dans la forêt empreinte de recueillement et de silence, de sifflements et de craquements, il y a les fées, les lutins, les sorciers, les magiciens et les elfes. Quelquefois, raconte Alyssia, j’ai l’impression que les arbres me voient… Les arbres, ils voudraient bien parler avec nous… Mais ils ont peur… Et si c’était des bûcherons avec leurs haches et leurs tronçonneuses ? Et puis, de leur parler mal, ça leur écorcherait l’oreille, aux arbres. La forêt porte toujours un nom, comme une personne. Comme Alyssia, Isabelle, Martha, Martin et la Grande.

Alyssia. L’enfant joue à se perdre, sait que sa mère est juste derrière elle et qu’elle ne l’abandonnera jamais. Alyssia se confie à sa poupée Assylia comme à son miroir : elle veut devenir danseuse pour les étoiles

Contes et fables, Thomas Favier

Ecrit par Martine L. Petauton le 23 mars 2012. dans La une, Littérature

Contes et fables, Thomas Favier

 

Editions La Société des écrivains, décembre 2011, 57 pages, 12 €


D’abord, on feuillette, un peu distraits, le tout petit opuscule blanc et rouge tranchés. On se dit : c’est pour la nouvelle rubrique-jeunesse de « La Cause Littéraire » ! Des contes… sandwich de la récré alternant fables et petits poèmes, à lire, à raconter, aux petits enfants en vacances d’hiver, entre jeu vidéo et crêpes bien sucrées… régal des mamies en panne, ce Thomas Favier là :


« Deux gros chats mâles

De belle taille

Léchaient soigneux

Leurs pelages soyeux »…

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