Théâtre

Reflets des arts : « KROONER ON THE ROCKS »

Ecrit par Sabine Vaillant le 16 avril 2016. dans La une, Musique, Théâtre

L'UNION DES CONTRAIRES, UNE PERFORMANCE VOCALE À SAVOURER

Reflets des arts : « KROONER ON THE  ROCKS »

Deux styles de vie, deux tempéraments, probabilité d'une rencontre amoureuse nulle d'autant plus qu'ils sont voisins de palier et supportent les mille et un tracas du bruit de la vie de l'autre.

Elle  naturelle, cash, passionnée, rêve d'un Jim Morrison après avoir renvoyé son viking à sa moto. Lui c'est Audrey Hepburn, le charme et le raffinement, qui seule pourrait propulser sa mère au rayon des oubliettes.

 

         Un clic sur un site de rencontre avec rendez-vous au bout et la machine à rêver se met en marche. Au fil des préparatifs, les confidences, les appréhensions, espoirs et divagations des deux voisins, qui ne sont pas des perdreaux de l'année, se disent en chansons, accompagnés superbement au piano.

 

         Humour, dialogues et musiques tombent à pic, dans un tempo qui rythme parfaitement le jeu sur scène. Chacun dans son registre livre son être profond, elle Rock'n Roll et Rythme'n-Blues avec fougue et passion, lui so chic dans la lignée des Sinatra, Bennett ou Dean Martin.

 

         Le rendez-vous se matérialise sous les feux de la rampe. Le choc prévisible des cultures surviendra-t-il, Walk on the wild side de Lou Reed fera-t-il des miracles ou pas ?

 

         A vous d'écouter, de vivre l'énergie de ces deux galaxies musicales dont les étincelles illuminent le spectacle et de rire en toute liberté.

 

Sabine Vaillant

 

 

KROONER ON THE  ROCKS

Avec Fabrice Banderra et Lucy Harrison

Conçu et mis en scène par Lucy Harrison

 

 Théâtre du Gymnase,

38, Boulevard de Bonne Nouvelle

75010 Paris

Reflets des arts : « Steps, Festival de danse »du 7 avril au 1er mai 2016

Ecrit par Valérie Debieux le 09 avril 2016. dans La une, Théâtre

Reflets des arts : « Steps, Festival de danse »du 7 avril au 1er mai 2016

« La danse est le premier-né des arts. La musique et la poésie s’écoulent dans le temps ; les arts plastiques et l’architecture modèlent l’espace. Mais la danse vit à la fois dans l’espace et le temps. Avant de confier ses émotions à la pierre, au verbe, au son, l’homme se sert de son propre corps pour organiser l’espace et pour rythmer le temps »

Curt Sachs

 

Le coup d’envoi de la 15e Edition de la biennale de danse « Steps » sera donné au Théâtre Equilibre à Fribourg, le 7 avril prochain avec la troupe anglaise « Candoco Dance Company » qui figure parmi les plus grands noms de la danse contemporaine en Europe. Première suisse et ouverture du Festival, « Set and Reset/Reset » de Trisha Brown, la Candoco revisite un chef-d’œuvre de la danse postmoderne américaine.

« Trisha Brown, danseuse et chorégraphe américaine, compte parmi les principales personnalités de l’avant-garde américaine. Bien que fortement influencée par Merce Cunningham, son œuvre s’entend surtout comme une réaction au cadre très formel et structuré du ballet classique. Trisha Brown improvise souvent avec les petits mouvements du quotidien qu’elle met ensuite bout à bout dans des séquences variées ».

Depuis 1988, le « Pour-cent culturel Migros » soutient ce festival consacré à la danse contemporaine en invitant, tous les deux ans, une douzaine de compagnies du monde entier à se produire sur scène dans toute la Suisse. Cette année, 11 compagnies participeront au « Steps, Festival de danse » et quelque 82 représentations seront données, dont 8 représentations scolaires, sur 40 scènes partenaires dans 36 localités (18 en Suisse alémanique, 16 en Suisse romande, 4 au Tessin, 1 en France et 1 en Allemagne). Près de 160 danseurs venus du monde entier seront présents pour cette nouvelle édition et certains d’entre eux participeront à des activités en marge du Festival.

Steps, Festival de danse propose au public, en collaboration avec diverses institutions culturelles et la Collection suisse de la danse, des introductions ou des discussions avec les artistes, des ateliers pour élèves, des ateliers pour professionnels ainsi qu’un colloque.

Compagnies présentes : Aakash Odedra (Grande-Bretagne), le Ballet Junior de Genève (Suisse), la Candoco Dance Company (Grande-Bretagne), la Cie Gilles Jobin (Suisse), la Company Wayne McGregor (Grande-Bretagne), Eastman/Sidi Larbi Cherkaoui (Belgique), Eun-Me Ahn (Corée du Sud), Huang Yi (Taïwan), Ramirez, Molina & Wang (France, Espagne, Allemange), la Sao Paulo Dance Company (Brésil) et la Sydney Dance Company (Australie).

 

Le programme complet est disponible sur www.steps.ch

Réservations pour tous les spectacles : www.starticket.ch

Reflets des arts : « Le Roi Lear », avec Michel Aumont, en tournée

Ecrit par Valérie Debieux le 02 avril 2016. dans La une, Théâtre

Reflets des arts : « Le Roi Lear », avec Michel Aumont, en tournée

Fin des années 20, les prémices du krach boursier créent des tensions électriques dans le ciel de la finance américaine et internationale. Octobre 29 approche, le monde économique n’est pas prêt, personne ne l’est ; le cataclysme boursier, lui, a tout prévu, les rôles sont déjà distribués, mais le monde l’ignore encore.

Patriarche imbu de sa réussite, vieillard cacochyme à l’humeur désagréable et fantasque, Lear a décidé de partager son empire cinématographique, mais le cœur n’y est pas. Abandonner le pouvoir à son âge, c’est prendre la mort par la main. Partager son royaume financier en trois, à parts égales. Opération mathématique simple : Gonéril, Régane et Cordélia. Mais au pays de Lear, rien n’est simple : si Cordélia, la cadette, est restée fidèle au respect des valeurs qui participent à la beauté et à la grandeur de l’humanité, ses deux sœurs aînées, Gonéril et Régane, n’en n’ont cure. Elles sont guidées par d’autres valeurs, d’autres règles. Elles ont fait leur, ce monde où l’amour de l’argent et l’amour du pouvoir sont devenus plus que jamais, en ces temps d’incertitude, de vraies valeurs refuges.

Le vieillard, obnubilé par l’amour de sa personne, se laisse alors duper par la fourberie de ses deux filles aînées et celui-ci, par folie, maladie, erreur ou aveuglement, déshérite Cordélia, celle dont les mots empreints d’amour et de sincérité n’ont pas trouvé droit de cité chez ce père affaibli. Le ton est donné, la tragédie peut commencer…

La scène de théâtre prend – grâce à Jean-Luc Revol – les allures d’un plateau de cinéma muet des années 20. Les décors magnifiques et éloquents glissent sur scène. Pas de temps mort, pas de longueur. Au centre de l’action, Lear, interprété par le merveilleux Michel Aumont autour duquel évolue une distribution éblouissante, sur fond musical particulièrement réussi, et ce, sans oublier ni les costumes, ni les jeux de lumière, ni les effets spéciaux qui contribuent largement à l’atmosphère originale de la pièce. Au final, une pièce d’une exceptionnelle densité, où le spectateur tombe sous le charme dès le lever du rideau… Chapeau bas !

Subtil, moderne, percutant, ce « Roi Lear » a reçu un accueil triomphal de la part du public, ce lundi 14 mars 2016 au Théâtre Équilibre à Fribourg (Suisse).

Actuellement en tournée dans toute la France, et ce jusqu’au mois de mai 2016, « Le Roi Lear » passera aussi par Genève, le 5 avril prochain, au Bâtiment des Forces Motrices.

« La Belle et la Bête », Malandain Ballet Biarritz

Ecrit par Valérie Debieux le 05 mars 2016. dans La une, Théâtre

« La Belle et la Bête », Malandain Ballet Biarritz

« Il y avait une fois un riche marchand, père de deux garçons et trois filles. La cadette pleine de grâce se faisant tant admirer qu’on l’appelait Belle : ce qui donnait beaucoup de jalousie à ses sœurs. Orgueilleuses, les deux aînées, parce qu’elles étaient riches faisaient les dames et allaient tous les soirs au bal. Tout d’un coup, le marchand perdit son bien, et il ne lui resta qu’une petite maison de campagne, loin de la ville ».

Avant la première française qui aura lieu à l’Amphithéâtre Cité internationale de Lyon les 16, 17 et 18 septembre 2016, et ce, dans le cadre de la 17e Biennale de la Danse, le Malandain Ballet Biarritz – avec sa nouvelle création La Belle et La Bête – est venu séduire le public suisse, à Fribourg, au « Théâtre de l’Equilibre ».

Triomphe dans la capitale fribourgeoise devant ce spectacle magistral, où la quête de l’esthétisme a atteint les sommets de l’élégance, tant par l’humanité et la sensualité des danseurs que par la chorégraphie, à la fois sobre, intemporelle et envoûtante.

La musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski orchestre à merveille, et le spectateur s’envole de plaisir pendant près de soixante-dix-sept minutes. Les corps dansent, s’amusent et glissent sur scène avec volupté. Les couleurs, tantôt sombres, tantôt solaires, nous aspirent pleinement dans cette histoire, que Jeanne-Marie Leprince de Beaumont emprunta à Gabrielle-Suzanne de Villeneuve en 1757. Le charme opère et le spectateur, « avide d’idéal », se nourrit de beauté et d’amour durant toute la représentation. Si Thierry Malandain a voulu éblouir, on peut dire qu’il a gracieusement réussi…

La Belle et la Bête, un conte initiatique sur la dualité de l’être dont on ne se lasse pas et encore moins sous forme de ballet…

Soyez au rendez-vous au mois de septembre prochain à Lyon

 

Création / Première française Lyon – 17ème Biennale de la Danse de Lyon – Amphithéâtre Cité Internationale – Septembre 2016 (16, 17 & 18 septembre)

Des indésirables dans la ville

Ecrit par Nadia Agsous le 13 avril 2012. dans La une, Culture, Théâtre

Des indésirables dans la ville

 

Brahim, Adam et Ismaïl : trois migrants sub-sahariens qui vivent à Alger depuis de nombreuses années.

L’un est liftier dans un grand immeuble situé au centre ville.

Le second est cordonnier.

Et le troisième travaille dans le secteur du bâtiment.

Pendant plusieurs jours, la caméra de Hassen Ferhani et de Nabil Djedouani a suivi pas à pas ces trois personnages. A travers ce documentaire de cinquante minutes, ces deux réalisateurs nous invitent à découvrir les mondes singuliers et inconnus de ces trois protagonistes. Afric Hotel montre, dit et suggère. Il parle à notre sensibilité. Il attire notre attention. Et nous incite à appréhender, l’Autre, l’étranger, comme notre semblable. C’est-à-dire un être humain à part entière.

 

 

Afric Hotel met en scène trois migrants originaires d’Afrique sub-saharienne vivant dans la ville d’Alger. Comment est née l’idée de ce film documentaire ?

Hamlet mis en pièces détachées par Vincent Macaigne

Ecrit par Elisabeth Itti le 13 janvier 2012. dans La une, Théâtre

Hamlet mis en pièces détachées par Vincent Macaigne

J’avais gagné 2 places grâce au Journal Le Monde, une aubaine.

Consultant la durée, environ 4 heures, mon conjoint refuse de m’accompagner. Je propose la place autour de moi, aux personnes susceptibles d’être réceptives au théâtre contemporain.

Le soir de la représentation, j’ai toujours mon 2ème billet à donner. Je guette à la caisse du théâtre, dans la file, j’accoste la dernière personne et lui propose mon invitation, c’est un homme, il la prend et je file sans attendre. Il se retrouve à mes côtés, coincé, pas un mot, il a dû imaginer un plan drague, alors que je voulais juste faire plaisir.

Je me suis un peu documentée pour voir de quoi il en retournait dans ce Xe Hamlet.

Je lis sous la plume d’Étienne Sorin dans la lettre de l’Even* : RENCONTRE VINCENT MACAIGNE « Hamlet, faut que ça saigne ».

… Le cadavre de Hamlet dépecé par Vincent Macaigne vaut mieux que toutes les créatures vivantes de la scène actuelle. Un théâtre de la cruauté trash, drôle et sublime qui a mis le feu au dernier festival d’Avignon.

La Grande Région au théâtre

Ecrit par Jean Le Mosellan le 09 décembre 2011. dans La une, Culture, Théâtre

La Grande Région au théâtre

 

J’étais depuis un moment surpris que France 3 Nancy traite dans son journal de la Sarre, comme si la Lorraine préparait en catimini les esprits à son annexion. L’intention de France 3 paraît plus désintéressée, quoique ambitieuse, après la représentation théâtrale donnée mardi dernier à Metz par les Théâtres Universitaires de la Grande Région dans l’Espace Bernard Marie Koltès. Nom prestigieux s’il en est du théâtre contemporain, en outre enfant de Metz. En vérité la Grande Région n’est pas une idée très nouvelle, puisque son territoire c’est un peu celui de la Lotharingie ou de l’Austrasie, dont Metz était la capitale. La pièce avait comme titre A table ! Titre évocateur qui suggérait que la représentation serait festive.

En fait elle l’était, dans un heureux crescendo, grâce à la réalisation d’une œuvre en 4 actes, chacun par une troupe différente. Œuvre dont le thème imposé, à la manière de la figure imposée en patinage artistique, était une grande table au milieu de la scène. A part la consigne de se mettre à table ou autour d’une table, les modules ont été conçus librement pour un spectacle de 80 minutes au total.

Sweeney Todd au Châtelet

Ecrit par Isabelle Champion le 06 mai 2011. dans La une, Musique, Théâtre

Sweeney Todd au Châtelet

Et voilà Sondheim revenu ! L’année dernière – sous les auspices de Jean-Luc Choplin qui est décidemment le directeur maison idéal - une éblouissante reprise éclair de A Little Night Music avait dignement fêté les 80 ans du maître et le premier tome de son autobiographie, « Finishing the hat » ; c’était la moindre des choses mais bien peu pour Paris qui, il est vrai, l’ignore et ne connaît des musicals que les succès des vingt dernières années… Heureusement, New York (au Lincoln Center) et Londres (à l’Albert Hall) avaient généreusement rendu hommage à leur légende vivante. Nous voilà donc enfin dans les docks londoniens crasseux et puants (bravo aux ingénieux décors de Tanya McCallin) que nous avions redécouverts grâce à Tim Burton, Johnny Depp et Helena Bonham-Carter en 2007. Avant, pour nous conter l’histoire du « barbier démoniaque de Fleet Street », il y eut notamment trois films anglais en 1926, 1928 et 1936 ; un enregistrement en 1982 du spectacle de Sondheim avec Angela Lansbury et un film TV de John Schlesinger avec Ben Kingsley en 1997. Dans le « Télérama » de cette semaine (N°3197), Sondheim revient sur la genèse de son œuvre :

2011, année (new) burlesque ...

Ecrit par Isabelle Champion le 10 janvier 2011. dans La une, Musique, Théâtre

2011, année (new) burlesque ...


Nous voilà donc entrés de plain-pied dans le Nouvel An du Lapin grâce à Isabelle Adjani qui, sous l’œil de la photographe Ellen von Unwerth, trône en guêpière et chapeau claque en couverture de « Paris Match ». Les magazines féminins ont naturellement flairé le filon et y vont généreusement de leur Spécial Burlesque. Avec le film homonyme signé Sony Pictures, on va encore plus loin dans le formatage « cabaret »  réglé au millimètre. Liza doit se faire des cheveux blancs et se retourner sur sa chaise et, d’outre-tombe, Bob Fosse est définitivement tombé en léthargie. Nous voilà donc devant Cher, poupée gonflable clonée de la mère-sorcière de RAIPONCE. Il faudrait un jour écrire sur les dégâts de la chirurgie esthétique sur le jeu des actrices - chère Cher de MOONSTRUCK et de SILKWOOD, qu’es-tu devenue ? – réfléchir à leur incapacité à bouger leurs traits, à faire frémir leur visage, à mouvoir leurs corps frankensteinisé… Christina Aguilera – à défaut d’être une actrice – a une vraie personnalité de chanteuse et de danseuse et ne ménage pas ses efforts pour nous burlesquizzer dans ce méga clip aseptisé dont elle est co-productrice.