Qu’y a-t-il de commun entre un ours, un canard, un dauphin, une mouche et une poule ?
À première vue pas grand-chose. Et pourtant, ces noms d’animaux ont la particularité d’être utilisés pour qualifier des choses, et même des personnes, qui leur sont bien étrangères ! Quel lien existe-t-il, en effet, entre un mammifère marin et l’héritier du trône de France ?
Parfois, le rapprochement entre le sens propre du nom et son emploi figuré saute aux yeux. Dans d’autres cas, il est nécessaire de remonter le temps, car la réponse se trouve peut-être dans l’étymologie. Malgré tout, il arrive que la question ne soit pas complètement tranchée et donne lieu à diverses interprétations. Ce qui n’enlève rien au charme de ces mystérieux glissements de sens…
Tenez, ouvrez un journal ou un magazine, n’importe lequel, à la première page. Allez-y doucement quand même, il y a un ours dedans ! Vous ne me croyez pas ?
L’ours, dans le jargon de la presse, c’est l’encadré où sont mentionnés les noms de toutes les personnes ayant participé à une publication, ainsi que d’autres informations juridiques comme le dépôt légal.
Mais pourquoi « ours » ? Aux XVIIIe et XIXe siècle, c’était le surnom donné, en argot, à l’imprimeur, car son mouvement pour encrer les caractères rappelait le balancement lourd de l’animal (1). Par extension, l’ours a désigné les mentions obligatoires que l’imprimeur était tenu d’inscrire sur chaque publication, à commencer par son nom et son adresse.
Si cette explication est tout à fait plausible (2), des voix se sont tout de même élevées, outre-Manche, pour revendiquer la paternité du terme. En anglais « ours » (prononcez [aouers]) signifie « les nôtres » et peut tout à fait désigner l’équipe d’un journal. Mais cette piste ne serait que pure invention…