Un dictionnaire – disons un vieux Larousse, sorti d’on ne sait quel grenier, avec sa couverture orange brouillée, et ses pages cornées. Voilà peut-être l’instrument indépassable qu’il faudrait, dans les turbulences actuelles où tangue notre navire gouvernemental…
Ça ne prend pas beaucoup de temps ; quelques feuillets à ouvrir, à : M, comme morale, P, comme probité, le C, de communication, et, bien sûr : le E, d’éthique. L’économie – bon, on sait ! Les nécessités sociétales, de patience, on s’armera ; mais, le « bien élevé » des valeurs qu’on est censé porter dans le sac à dos, ça ! ni tolérance, ni attente, ni, surtout, indulgence ! C’est tout de suite et tout le temps. Inégociable.
« L’affaire » Jérôme Cahuzac revient faire son tour, en ce printemps entrant, après tellement d’hiver, qu’on aurait tous mérité qu’elle passe son chemin… mais, elle toque à la porte ; insiste, posée au bas des escaliers, par le char, ni discret, ni toujours pertinent, de ces « langues » de Mediapart.
Notons qu’on en est, certes, aux faits supposés, aux accusations non prouvées. La présomption d’innocence fait l’honneur du Droit français, mais cela va déjà, bien au-delà de la rumeur, et cela fait, déjà, très mal !
Ainsi, ce compte en Suisse, qui serait parti en villégiature à Singapour, aurait – forts soupçons – dans un coin de page, le nom du ministre, de ses entreprises, de ses proches ? C’était il y a longtemps – mais la chronologie là, n’a aucune importance ; une époque où l’homme, retiré du champ politique, s’était reconverti, avec l’énergie qu’on lui connaît, dans un commerce médical, sur fond d’intérêts croisés, entre laboratoires et bonne bourgeoisie.