Ecrits

18 ans, suite…

Ecrit par Christelle Mafille le 18 mai 2013. dans Ecrits, La une, Société

18 ans, suite…

Vous avez été nombreux à m’envoyer des messages suite à mon article. Des messages pleins de gentillesse et aussi de compassion. Je vous en remercie, ils m’ont touchée.

Certains aussi ont été mal à l’aise.

Pourquoi nous faire lire une lettre écrite pour sa fille ? C’est intime, tellement intime…

J’ai donc décidé de revenir sur certains points ; le premier étant que cette lettre n’était évidemment pas destinée à ma fille mais bel et bien à vous, lecteurs de Reflets du Temps.

Alors pourquoi, me direz-vous ?

Une lectrice me demande si mon objectif est de me « plaindre » ; certes non. Ce n’est pas dans mes habitudes. De culpabiliser les parents d’enfants « normaux » ? bien sûr que non.

On me demande également si je cherche à susciter votre admiration : pour quoi faire ?

Non, non, non, ni admiration, ni pitié, ni même de la compassion. D’ailleurs, je ne suis pas à plaindre. Ce que je veux, c’est vous faire découvrir un monde, que vous ne connaissez pas. Pourquoi, me direz-vous ? Mais parce que nous sommes tous concernés. Et que même si c’est certainement pire ailleurs, cela peut encore s’améliorer ici.

Avant donc de vous quitter, je me permets de vous « offrir » ces quelques extraits du très beau livre Où on va, Papa, de Jean-Louis Fournier (éditions Stock).

Chansons de notre enfance : ce qu’on ne nous a jamais dit !

Ecrit par Sandrine Campese le 18 mai 2013. dans Ecrits, La une, Humour, Linguistique

Chansons de notre enfance : ce qu’on ne nous a jamais dit !

Elles nous ont fait rire et danser, elles ont inspiré nos plus beaux dessins, elles nous ont aidés à trouver le sommeil : ce sont… les chansons de notre enfance ! À l’époque, nous apprenions sagement les paroles sans toujours bien les comprendre. Et pour cause : la plupart d’entre elles, à l’origine des marches militaires, datent du XVIIIe siècle et contiennent des mots d’ancien français qui ont depuis disparu ou dont le sens a évolué. Parce qu’il n’est jamais trop tard, voici la liste non exhaustive des principaux mots qui nous ont échappé !

Blonde : « Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon, fait bon, fait bon, Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon dormir ».

En 1704, date à laquelle a été composée la chanson, blonde signifiait « petite amie » ou « compagne », sens resté usuel au Québec. Ex : « Il va se marier avec sa blonde ».

 

Cadet : « Cadet Rousselle a trois maisons (bis) Qui n’ont ni poutres, ni chevrons (bis) ».

Héros (malgré lui) de cette chanson, Guillaume Rousselle est surnommé « cadet » car son frère aîné, Claude-Antoine, est né deux ans avant lui. La chanson ayant été reprise en 1792 par l’armée du Nord, le terme aurait aussi pu désigner le gentilhomme qui servait comme soldat. Mais Cadet Roussel était huissier à Auxerre et avait une maison biscornue.

Musique du soir

Ecrit par Mélisande le 18 mai 2013. dans La une, Ecrits

Musique du soir

C’est une note qui court sur le clavier.

Elle brise le calme apparent d’une vie qui serait là, plantée comme un miséreux sur l’avenue d’une cité blessée par cette coupure entre les êtres. Elle arrive en vaillance sur le piano du monde et l’on respire un bon coup, à cœur fendre. C’est la musique de Chopin, elle nous mène en bateau sur les vagues du monde, tuant parfois la vie l’espoir, elle sait aussi prendre par surprise le moribond revenu de tous les royaumes, flaque de soleil au seuil d’un matin, cavalier fourbu, en lice vers le nord. O mon âme puisses-tu comprendre, puisses-tu sentir l’absence aiguë qui a négligé mes tourments, cette folie qu’elle a fait naître en moi, blessure profonde ensanglantée silencieuse peine éperdue qui se noie dans le verbe. Meurtre impardonnable du bien en tous, gris sur la lumière, voix de fausset, blâme mouillé sur le printemps heureux. C’est l’enfant qui s’affaisse comme une fleur fanée, ô grand néant des êtres.

Amitié franco-allemande according to the world in the moon

Ecrit par Luce Caggini le 18 mai 2013. dans La une, Ecrits

Amitié franco-allemande according to the world in the moon

Un oiseau géant a été trouvé sur le mont Athos empreint de honte et de contaminations du virus de l’amaniteuse amitié franco-allemande.

Dans la fameuse émission de Frédéric Taddéï, Ce soir ou jamais, on a pu voir combien le mot amitié devait être pris avec des pincettes, en outre un amour de mariage ou un mariage d’amour peut être dissous en trois vantardises de chef de gouvernement sans l’ombre d’une hésitation.

Donc, avec mon amie Frida, je viens d’avoir une conversation très passionnante dont je vais vous donner une partie.

 

Frida :

Ma chère lune en état de convulsions, enfin tu réalises que la magie du mot mariage est un trompe-l’amour garni de ronces et d’agnelles amies mariées avec le Dieu Amok empreint lui-même des fumerolles de ses orgies encore fumantes. Dis-toi, petite mariée du Royaume rarement nommé Monnaie du Pape, que nous deux nous sommes les deux amies les plus chéries de mon glamourous pays l’Allemagne.

 

Mutine :

Ma Chérie adorée, comme je te l’ai déjà dit, même mon grand-père artiste de renom en Italie a dû peindre un aigle à trois ailes pour justifier son mariage avec ma grand-mère Sarah qui avait eu momentanément le mauvais goût de se prendre pour une star du Bosphore. Mais comme tu le notes souvent, bientôt plus personne ne pourra dire des amants terribles qu’étaient ces deux moineaux du jour le moins beau de leur vie, gagnant en vol plané le pays d’Alice au Pays des Merveilles, qu’ils avaient la tête des parents de la Prusse Orientale de tes parents, mes amis chéris.

Ma Chérie.

Ecrit par Christelle Mafille le 11 mai 2013. dans Ecrits, La une, Société

Ma Chérie.

Aujourd’hui, tu as 18 ans. Je me retrouve plongée dans un abîme d’incertitude.

18 ans… l’âge des premières vacances entre potes, du BAC pour certains, du permis de conduire, pour d’autres… Boîte de nuit ? Droit de vote ?

Oui, mais pas toi.

J’écoute d’une oreille distraite les parents autour de moi, leurs envies, leurs craintes, leurs ambitions pour leur chère progéniture. Certains se plaignent, « il a encore raté son bac », « il a rayé ma voiture en rentrant de boîte de nuit », « elle ne m’a pas écrit alors qu’elle est partie depuis deux mois »… Et je reste là, et je voudrais leur dire…

Et toi ?

Que te dire, ma chérie, sans trop te blesser ? Comment t’expliquer que, même si un jour tu réussis à lire suffisamment bien, tu n’auras pas le droit de conduire ? Que je ne peux pas te laisser sortir seule avec ton copain Arnaud ou ton amie Lou ? Et que cela n’a rien à voir avec la confiance, ou l’absence de confiance que j’ai en toi.

Qu’a priori, l’on ne passe pas de l’IME à la FAC ?

Toi qui veux voter, comment t’accompagner dans cette démarche ô combien citoyenne, puisque je ne pourrai pas t’accompagner dans l’isoloir ?

À 18 ans, tu resteras encore une petite fille, MA petite fille… Ma petite GRANDE fille, mon bébé.

Jeune femme, la vie va te saisir, t’emporter. Je voudrais tellement qu’elle te soit douce, avec Moi à tes côtés… aussi longtemps que je le pourrai.

Et c’est là que tu prends conscience de ton handicap, toi qui vas apprendre bientôt, l’année prochaine, à prendre le bus toute seule.

Et c’est là que je réalise peut-être encore un peu plus…

L’injustice atroce

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 11 mai 2013. dans La une, Ecrits

L’injustice atroce

Quand j’étais petit, j’ai toujours été puni pour rien. J’avais 9 ans, mais ce qui est sûr c’est que je n’ai jamais menti ou volé. Je me souviens que j’ai enregistré dans ma petite mémoire toute la scène. Mais ce qui est passé est passé, je vis le présent mais je veux bien écrire le passé, pour que le temps puisse l’effacer.

L’injustice atroce. Tout a commencé avec une histoire déprimante, le ciel est devenu gris et a pleuré avec cet enfant abattu, désorienté, un pauvre cœur malheureux. La phrase mortelle dite d’une voie hideuse « C’est toi qui as volé l’argent sale garçon ! ». Je n’avais pas de réponse, pas de mot, j’étais muet et triste. L’injuste m’a pris par l’oreille, et il m’a balancé dans ma chambre en disant « Reste ici criminel, sale fripon, et qui vole un œuf volera un bœuf. Demain tu deviendras un malfaiteur ! C’est sûr ».

Je n’avais pas le courage de répondre, je n’avais rien du tout, je n’avais que des yeux pour pleurer simplement, j’étais entièrement faible devant mon robuste père. Je suis peut-être un personnage principal dans l’histoire (Les misérables). La tristesse m’a envahi, et les murs m’ont répondu à la seule question que j’ai posée « Pourquoi moi ? ». J’ai enfermé dans mon petit cœur le sentiment de vengeance, de haine et cette odeur dégoûtante. L’intention de vomir à chaque fois.

Un ruisseau (V)

Ecrit par Patrick Chavardès le 11 mai 2013. dans La une, Ecrits

Un ruisseau (V)

A quoi bon tout vouloir

quand tout nous divise

à la fin c’est si peu

paie content et pars sans demander ton reste

 

les obsédés du Tout

ont un phrasé précieux

des dents en or massif

et parlent sans nous connaître

en notre nom

 

Ils ont trouvé des formules

pas le lieu

ils n’ont pas défendu l’homme jusqu’au bout

ils ont rongé ses os

 

Et la femme demeure en arrière

avec le masque du silence

Du STO au Club Med : qui part en vacances en Allemagne ???

Ecrit par Sabine Aussenac le 11 mai 2013. dans Ecrits, La une, Voyages

Du STO au Club Med : qui part en vacances en Allemagne ???

Bien sûr, ce n’est pas la Seine,

Ce n’est pas le bois de Vincennes,

Mais c’est bien joli tout de même,

À Göttingen, à Göttingen.

En feuilletant un magazine féminin allemand, je trouvai hier soir tout un « publi-reportage » sur nos belles régions françaises, ode à nos paysages et à nos vins, bourdonnant d’adresses et de convivialité… L’Allemand ne se dit-il pas, d’ailleurs, « glücklich wie Gott in Frankreich », entendez « heureux comme Dieu en France », dès lors qu’il veut évoquer nos terroirs ?

Qu’en est-il de notre propre regard touristique sur l’outre-Rhin ?

Il est, hélas, et depuis des années, réduit à la portion congrue… Car, avouons-le, qui, oui, qui s’en va passer des vacances en Allemagne de son propre gré, sans y avoir été invité par quelque congrès, séminaire ou grand groupe économique « partenaire » ?

Il faut bien oser appeler un chat un chat, et le clamer haut et fort : les séjours du Français lambda au pays de Lili Marleen évoquent encore plus souvent le STO que le Club Med. D’ailleurs, c’est bien simple : ne se rendent réellement en « touristes » en Teutonie que les germanophiles, universitaires par exemple, ou enseignants du second degré, et/ou quelques rares rescapés, souvent retraités de nos jours, des fameux « échanges » en peer to peer de villes ou de régions mis en place dans les bienheureuses « années De Gaule-Adenauer »…

Dans ce no man’s land touristique, Berlin est devenue l’exception qui confirme la règle. Oui, Berlin, the place to be, la petite capitale qui monte qui monte, lieu de prédilection des écrivains, des bobos même, tant le prix du mètre carré fait sourire, de Kreuzberg aux superbes lacs entourant la capitale de l’ex-RDA… Berlin la virevoltante, plus branchée que Bruxelles, bien plus verte que Paris, plus cosmopolite que Londres… On s’y presse, on s’y retrouve, on y est heureux.

Chéri, vous permettez que je vous appelle Monsieur le Rabbin ?

Ecrit par Luce Caggini le 11 mai 2013. dans La une, Ecrits

Chéri, vous permettez que je vous appelle Monsieur le Rabbin ?

Chapitre VI

 

Les marins d’eau douce sont les rois du rivage dans l’océan d’amour du couple que je forme avec lui. Il n’est pas encore au courant.

Il y a des femmes qui enjambent les frontières ; quand elles revêtent une cote de maille elles s’appellent Jeanne, quand elles perdent la tête sur un petit bout de phrase pas plus lourd qu’une roupie de sansonnet elles font Tchernobyl à elles toutes seules ; dans mon jeans moulant, bouche en cœur, démarche alourdie de mendiante clandestine à zigza­guer dans les marais magiques du démoniaque jeu des modes amoureux du toi et moi mariés pour la vie, je peux générer avec plaisir une géométrie euclidienne à trois dimensions.

– Schlalm, tu viens la semaine prochaine ? Je mettrai mon costume traditionnel pas très différend de celui des femmes juives séfarades. Ma mouna du samedi a le même arôme que ta galette sans levain, nous les vendons dans les mêmes boutiques. Nuance ! Tu es un juif ashkénaze !

– Taghrid, il y a trois jours que je n’osais pas te dire je t’aime.

– Je revis, dis-moi que tu as entendu la brise qui s’est faite dans les ruelles de nos pensées secrètes, juste pour garder un air de pudeur amoureuse. Aujourd’hui est une jour­née hors du temps. Schlalm, toute la puissance de tes mots m’ont rendue folle. J’ai passé la première nuit avec tes chants yiddish, je les entends partout, dans les ascenseurs, dans la campagne à minuit, quand les rossignols se font la voix, dans mes prières silencieuses pour voir ce qui est ca­ché en toi. Je les connais par cœur. Enfin le jour se lève et moi, je suis heureuse.

– J’aimerais que mes mots te fassent plaisir comme tes mots, tes couleurs et tes sons aussi. J’aimerais que mes mots te touchent comme tes mots me touchent et encore plus.

Il fera jour

Ecrit par Mélisande le 04 mai 2013. dans La une, Ecrits

Il fera jour

Fuite éperdue dans la nuit froide, le sang aux tempes,

Epousant cette course affligeante, le vent

Embaume mon corps du parfum vert des pins.

O géométrie pure des étoiles, azur délicieux vers lequel

Se jettent les hommes qui souffrent !

Martyr des liens sur la peau, et dans l’âtre cette flamme fière et folle,

Car toujours aux portes qui s’ouvrent, s’épand la lumière, fierté du jour.

Ciel de ma vie, bleuté profonde des nuits

Dans la rencontre tu frôles l’extase d’un vol d’oiseaux,

Au loin de la terre.

Et c’est le silence qui suit dans tes bras, la vague douce des baisers.

Course folle loin de ce qui sera. Abrités du mal, nous devenons musique.

Ailes légères, délestées du mal et du chagrin, dans le chant qui s’élève.

Ondes propageant les battements du cœur,

Il y a en nous cette infinie respiration

Forçats du noir humide de l’ennui,

Echappés des caves enfin livrés

Au fleuve tendre du désir et de la vie

Dans la blancheur des intentions, c’est l’évasion mystique

Le grand retour à l’autre

[12 3 4 5  >>