Ecrits

Nietzsche : « Sur de vastes mers je veux voyager, jusqu’à ce que je trouve les Îles Fortunées où demeurent mes amis »

Ecrit par Luce Caggini le 27 juin 2015. dans La une, Ecrits

Nietzsche : « Sur de vastes mers je veux voyager, jusqu’à ce que je trouve les Îles Fortunées où demeurent mes amis »

Un galet naïf et vertueux sorti du ventre de la Méditerra­née surgit à l’aube d’un jour du mois des glaces du fond des rires de tous les petits grains de sable, ses amis de­puis toujours.

Après plusieurs ricochets sur du bleu, il arrive tout neuf sur les rives du Nord de la côte africaine, « un des lieux les plus délicieux à habiter ».

Épanoui, marié à la terre, enivré par la fréquentation de ruines romaines de Cirta jusqu’au Tombeau de la Chré­tienne, il fait serment de n’en jamais partir.

Mais un vent de mots prirent un jour les habits de la sou­veraineté, un de ces vents chargés de contradictions, qui partent dans un sens et prennent brusquement le sens contraire. De quoi faire perdre la tête à un jeune galet in­achevé.

Soulevé d’étonnements, entraîné dans un amalgame, noyé entre le cœur et la raison, il confondit Bienvenue et Sor­tie de secours menant à l’exil.

C’est en classe touriste, sur le pont des artistes inattendus, indésirables sur les pelouses des Jardins de Versailles qu’il posa les pieds, bouche bée devant le piège artistique tendu aux visiteurs par Anish Kapoor.

Perdu et retrouvé dans le « Grand dérangement » comme un roc berné par une mémoire rédemptrice, il débarqua sur une île, justement celle qui était au-dessus de sa tête avant sa naissance.

Il venait d’un continent où en tournant seulement la tête il embrassait huit mille km sans se mouiller les pieds, d’une part, d’autre part l’insularité n’existe pas au fond des mers.

Il fut démoralisé, coincé rocher sur rocher ; cela fit cha­virer son âme. Il tomba en dépression car il appartenait à une race de galet voyageur.

« Si je reste un jour de plus ici, je meurs »

Mers et continents agitèrent sa vie et ses aspirations.

De galet il devint marbre puis pierre précieuse.

J’avais mené les amertumes et les mentalités les plus différentes depuis des siècles ; je m’étais argilé dans un contente­ment des plus réglo, ils furent même mes frères de compassion pour les arts. Entre eux et la mer ils m’avaient empoté en trois complets veston.

Un matin, réalisant que je m’étais immolé par la laideur du marécage dans lequel je m’étais complètement inséré, grâce à ma mère généreuse vertueuse je pus enfin mémo­riser les romances des marbres de Carrare, les moments di­vins du Marais Poitevin, les musiciens de la Messe de mort de Mozart, de la joie de la Reine Hortense punie d’avoir été reine de la monarchie d’un minable époux de roi, du Monte Renozzo, de la Place du Diamant à Ajaccio pour enfin unir ma destinée à mon ultime unique destin, la Mer méditerranée.

Eclats d’humeur Les couleurs de la vie

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 27 juin 2015. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur  Les couleurs de la vie

La vie est light ?

Gravons nos larmes et nos émois

Sourions avec des grimaces

Pédalons doux dans le pain noir

Contons fleurette à nos cauchemars

 

La vie est black ?

Rions sonores et tristes

en cirant nos belles bouches

Donnons du grain au mulet

et du mulet au grain

Castrons les Rintintin qui font offense au peuple

Sortons le nez mutin à la conquête du vent

 

La vie est white ?

Jouons un peu des noires pour exercer nos âmes

Partons tribord et toutes

sur la vague aux dents lisses

Parrainons nos chimères

et crachons nos calices

 

La vie heavy ?

Quadrillons nos visages

avec des fleurs de Lys

Anoblissons le tour de la main ouvrière

Ouvrons large nos rêves pour faire des courants d’air

 

La vie est folle ?

Regardons les vieux sages

qui sourcillent de plaisir

Marinons dans la sauce

à la noix littéraire

 

La vie est sage ?

Dansons le pas de trois

et perdons l’équilibre

Sautons moutons et chèvres

pour tomber dans l’enfance

 

La vie est light ?

Gravons nos crimes et nos impairs

Sourions avec nos mémoires

Pédalons dans la triste chair

qui fait jouer les tragédies.

Eclats d’humeur Parole de soleil

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 20 juin 2015. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur  Parole de soleil

Le soleil qui frappe à ma porte

Des Italiens des Bordelais

Et soudain je songe au mur des Lamentations

à tous ces petits papiers de pensées froissées

éparses prières tels des ballons gazés

qui s’accrochent aux failles

font le pendu aux pierres

 

Echo des cœurs que mon cœur entend

Echo des âmes que mon âme n’a pas

 

Le soleil comme la fraternité

un don qui chancelle

sous les vibrations des moteurs

un cahier raturé par le réveil des brumes

 

Le soleil

Le mur

Le la-mentations des esprits en sursis

 

Combien faudra-t-il d’hommes

pour n’en faire qu’un seul ?

Combien coûte la parole

qui veut monter au ciel ?

Le temps qui passe…

Ecrit par Lilou le 20 juin 2015. dans Ecrits, La une, Voyages

Le temps qui passe…

Depuis quelque temps déjà, j’avais fait de mes souvenirs une résidence secondaire. Mes élèves ne faisaient que chuchoter des leçons n’inspirant que le bachotage, mes enfants ne parlaient plus qu’à leurs moitiés et ma femme ne me parlait plus du tout. C’est donc dans un très grand silence que je repris la direction du grand large en posant mon sac à dos dans le gigantesque hall F de Roissy. Il est vrai que sans cette lettre pleine de mystères et qui en tout point me ramenait à la pièce centrale du vieux puzzle familial, je n’aurais fait que continuer de vieillir chaque jour un peu plus, mais chaque jour un peu plus loin.

C’est un mardi matin que ça a commencé. Mes deux premières copies par heure avalées sous l’air enjoué de Tout va très bien madame la marquise, 3 enveloppes dans la boite aux lettres accueillirent ma mine renfrognée du temps qu’il fait. Une facture, les impôts et une lettre manuscrite ! Belote, rebelote et… dix de der me traversa l’esprit, mais bon, j’avais du courrier écrit, à la plume ou au stylo, peu importe, j’avais une lettre de quelqu’un qui en avait pris la peine et le temps. Et ce n’était pas si fréquent pour ne pas dire presque unique.

Cette lettre écrite à la main vint briser mon rythme de prof errant. Je me mis à hauteur d’homme pour l’évaluer en commençant par m’habiller de fête pour l’ouvrir et en ponctuant cet enthousiasme par me servir du café qui n’attendait que moi, le chat n’en n’ayant jamais voulu. Je pris mon temps en soupesant l’enveloppe et en m’interrogeant sur le timbre qui n’y était plus. Ce nom était bien le mien, et il fallait que j’accepte l’évidence que quelqu’un quelque part s’arrime à ma dérive. Lentement avec un couteau sorti de sa naphtaline et surtout du lave-vaisselle, je pris du plaisir à déchirer le papier contre le métal et en déplia la courte lettre qui m’arracha comme un regret que l’on ne me pense pas davantage dans la longueur. C’est là que tout a recommencé finalement.

Bonjour

Je m’appelle Sutimin et je vis dans les îles de la Sonde, en Indonésie. J’ai réussi avec Internet à vous retrouver. Ce serait trop long de vous dire comment, ni ce que tout ça veut dire. Ma grand-mère vient de mourir. Elle a laissé un paquet rempli de photos et de cahiers en me demandant de vous retrouver et de vous le donner. Elle m’a dit que ces papiers appartenaient à son père. Elle m’a dit aussi que ce Jean Marie avait vécu ici de 1911 à 1916 et que de vous le dire devrait suffire à vous faire venir.

Je vous attends.

Je crois qu’on est cousins avec plein d’océans entre nous.

Sutimin, Kanawa, Indonésie

Sutimin, Kanawa, Indonésie, Jean Marie fantôme ressurgi des ombres familiales. Je mis du temps à récupérer de ces secondes suspendues au cœur qui bat d’ailleurs. Plein d’océans entre nous. Oui et même que des heures et des heures d’avion ça doit en faire des traversées d’océans. Et puis aussi des années et des années de frustrations que d’avoir vécu par procuration les rires et les chagrins qui font de la famille le sillon chaud de la mémoire. Combien ça en fait tout ça des kilogrammes de regrets et de fossés pleins de larmes ? Le soir même je prenais mon billet d’avion sans en savoir plus. Je n’en avais pas besoin. Ce prénom de Jean Marie m’ouvrait toutes les portes, et c’est dans l’immense bouillonnement de tous mes globules que je pris le train pour Roissy sans même me retourner sur les paysages de mon enfance.

Napoléon, on a été mené en bateau par l’État !

Ecrit par Luce Caggini le 20 juin 2015. dans Ecrits, La une, Histoire

Napoléon, on a été mené en bateau par l’État !

Souveraine Ghiuventù Indipendentista

Un moment paradoxal ce samedi 13 juin 2015. Dans une conférence à l’Espace Diamant à Ajaccio, deux cents ans après Waterloo…

Au jour et à l’heure où la Ghjuventù indipendentis­ta a rassemblé tous les mouvements des nationalistes et des élus de la majorité territoriale. Tous ont défilé. Trois mille personnes pour le « res­pect de l’État » sur le Cours Napoléon derrière une grande ban­derole « soluzione politica ». Maria Giudicelli, que j’avais soutenue récemment dans son action civique, en tête de la manifestation.

Dans mon fauteuil du troisième rang, l’assistance est très clairsemée, je comprends que je suis en état de manquement poli­tique mais je veux savoir « L’histoire des Corses face aux chutes de Napoléon ».L’historien Raphael Lahloul’évoque prodigieuse­ment mêlant un talent de conteur à un art du fait historique avec humour et bonne humeur.

En fin de séance une experte savante sur Les îles prison de Napo­léon « de l’île d’Elbe à l’île de Sainte-Hélène » nous balade dans des statistiques et des zones concentrationnaires sans jamais pro­noncer le mot insularité. Experte sur Tristan da Cunha au Nord des Quarantièmes rugissants elle noie notre intérêt dans une chute fadasse. Ennuyeuse avec un savoir particulièrement dé­faillant quand il s’agit de parler des Corses : Vous vouliez dire que la Corse n’est pas une île véritable « pour n’avoir pas de volcan » Ma­dame la Docteur d’État ? Mais l’île de beauté est peuplée de volcans, petits moyens et grands, tous en état d’activité !

Corsicotante engagée, je demande en aparté au souverain maître des lieux son avis sur la question : « Mon empire fut mené impé­tueusement mais en musardant de temps en temps dans ma chère ville d’Ajaccio. Ma crucifixion fut l’amateurisme de la poli­tique des corses de mon époque exception faite du génie de Pascal Paoli. Laetitia, ma mère, eut un rôle particulièrement éminent. Ce fut une meneuse de combat empreinte de vision, avec une juste unicité de vue depuis le début de ma vie jusqu’à la fin de mon règne. A mamma qui fait naître avec la vertu et le bon sens d’une mère corse la marche ardente d’une République en gestation, mère vulnérable et menaçante à la fois, mais mon soutien éternel.

« Le fermier fut étonné par l’exactitude du calcul et, revenu en ville avec Napoléon, il me dit que si Dieu accordait longue vie au petit monsieur, il ne manquerait pas de devenir le premier homme du monde » écrivait Laetitia dans ses mémoires.

Et à bien y penser, il a fallu un sacré coup de pouce divin pour unir trois îles, un trône, quatre frères de la même famille à parcou­rir les pays de l’Europe dans les plus grandes parures de la royauté.

Dans cette île captivante, beauté et réalité des jeux du monde poli­tique sont pareils à une prison et un exil mais virtuel car rien n’est plus rare que la liberté dans les montagnes du Kyrie Eleison.

Enhardie par le souffle napoléonien, je risque un petite question : « Nicolas Sarkozy est-il plus dans la filiation politique de Bona­parte, premier consul » ? Réaction rapide comme un boulet : Sarkozy un petit amateur de pouvoir.

Dans les marais de l’être

Ecrit par Mélisande le 20 juin 2015. dans Ecrits, La une, Musique

Dans les marais de l’être

Il n’y a aucune alternative : il faut se taire et écouter, car la musique est en deçà du sens et découvre en nous des terres lumineuses, mais aussi des espaces obscurs : Ils se lèvent et drainent le sable d’or de fin de juillet, les mousses verdâtres de novembre, mais aussi la mort dans la lumière de décembre, avant de soulever comme le corps de l’amour les espérances blêmes de mars.

Et quand finalement la terre s’agite et tue promptement, avant de redevenir mère qui donne naissance, tout est dit pour qui sait voir, dans le silence absolu d’un langage lumineux de vérité. Quel être a accès au langage silencieux des tempêtes et aux tremblements du piano sous les doigts de celui qui lit la partition tragique du compositeur ? Il s’est tu finalement, mais les notes crient, hurlent, et blêmissent dans l’ardeur de son silence, quand dans le ciel les oiseaux y reconnaissent familier quelque départ de feu, et qu’ils répondent en chœur au fil suggéré de l’amour, mais aussi quand les esprits de la forêt se mettent à la portée de cette étrange voix qui leur rappelle que la vie était belle et pure, avant d’être déposée dans le creux historique des mains calleuses de l’homme.

Si bête dans son uniforme étriqué, si beau dans sa tragédie d’amour quand l’amour s’est absenté de son être et quand il cherche hagard ce qui pourrait lui ramener la pluie, l’arc en ciel gratitude extrême des nuages enfin accordés…

Là où l’humain, gnome poussif, est minoritaire, absent à lui-même, absent des esseités des saisons et déserteur du Beau-en-Tout

Mais qui sait lever l’ancre, n’importe quelle encre au sommet aigu de sa demande éperdue ? Sauvez-moi, qui que vous soyez, sauvez-moi, menez-moi à l’essentiel de ma voix de mon être, permettez-moi, Ô Dieu des vents contraires et de la musique, permettez-moi d’aimer, comme « Le bouquet qui se dénoue », dans le poème d’Aragon… Avant que la mort ne vienne, comme la délivrance, le passage dans l’autre pays, l’ultime frontière.

Voleront alors en éclat les frontières blafardes des humains qui pensent arrêter un désir avec un mur, un désir de vie, de liberté, un désir au risque de la mort, et ce pays où tout le monde est enfin convié, invité, pressé, ce terme frontalier qu’on appelle la mort, comme une égalité universelle enfin retrouvée, cette obligation cosmique, qui ramène chacun à reconsidérer et le temps et l’espace et l’Autre, mon frère, ma douleur, mon autre moi-même, ce pays qui me contraint comme un rayon de lumière, à enfin sortir des gonds de cet horrible égocentrisme, cette sécheresse de la mort en plein bocage de la vie, ennemi, hostile, flèche meurtrière dans le cœur de l’amoureux : un marécage noir où se décomposent et la beauté et l’être et l’amour…

Ce pays du silence où tout ne sera enfin que musique et amour, nous nous y pressons, frileux et déterminés.

L’aube

Ecrit par Jean-François Joubert le 20 juin 2015. dans La une, Ecrits

L’aube

L’aube, sans tristesse, lève sa robe

Ciel terrible, colère de Dieu

Lune pleine, un célèbre globe

Aspire, tranquille, la fureur du lieu

 

Silence !

Les poissons dansent, sans poison

Décadence !

L’humanité affine sa prison,

Une moisson de bêtise en suspension

Trois petits points, en vacances…

L’eau fait grève et jamais ne se retire

Lui, l’oiseau-lune ne saurait mentir…

Un peu poète, tête de mât en substance

Ceci, sans souci,

Un zeste de tyrannosaure, il dévore

L’avis de tempête, omnivore

Son nid attire notre regard de lumière

Plus pour les diables, un flot de prière.

Foire, moule, roche, paradis.

Éteint !

« C comme c »

Ecrit par Jean-François Joubert le 13 juin 2015. dans Ecrits, La une, Arts graphiques

« C comme c »

Je ne suis plus très jeune, milieu de vie, voire fin, enfin encore faim parfois, voire accès souvent, ce tableau s’intitule C comme C coincé dans ma bulle, mon ozone, ma zone sensible, que vois-je dans ce tableau de Jacques-Pierre Lefort monsieur Lefort artiste peintre ! Regardez, observez, divaguez, ayez un point de vue, choisissez une montagne, un détail, et moi dans ce tableau, mon regard voit un oiseau, une chouette hulotte qui comme la pie nous épie sans pour autant nous voler notre âme, la vielle dame.

Petite digression, attention, ne perdez pas le fil, et conservez votre fils près de votre sein, il est votre sang, trêve de bêtises, ma hantise depuis ma naissance est « d’être incompris », et puis si on inverse le mot, il s’agit d’être « pris pour un con » ! assez souvent je le suis, mais suivons la vague de ce tableau, du bleu, de l’ocre, un mot « comme » et une harmonie. Oui, je l’ai choisi sur le site de Big-Bang-Art, car sans connaître l’angle du texte que j’allais créer, sans rien comprendre à la symbolique picturale, il me permet de m’exprimer, de vous dire mince, ne cherchez pas la complexité, laissez-vous porter sur le fil du rasoir, sans s’asseoir et devenir rasoir, coincé dans un non-sens, coincé dans le couloir de ma folie ordinaire, mon cri se fait silence, ironie de mon triste sort, mon sport quotidien est de m’exprimer par cette voix, l’expression de note noire sur papier blanc, en règle générale, ici le problème auquel je m’expose, U.V indice fortiche, personnellement, je ne cherche pas de signifiant, j’y voyage, je vais porter par un vent atone, et j’en fait des tonnes car mon chagrin porte cette initiale, son prénom à ma dame de cœur, mon malheur porte un ventre rond, des robes et paréos et joue sur l’eau, pendant que chaque nuit je me transpose mes maux en images débiles, et me lève sans goût, or aujourd’hui, je compose pour vous un souvenir vague, regarde le tableau, il possède un avantage sur une peinture concrète d’un village, d’un cours d’eau, d’un nuage, mon choix de toile n’évoque rien, je le prends dans son coffre-fort ce monsieur Lefort, l’artiste-peintre est le seul à connaître le sens de sa toile, pour moi, il est une évasion, une piste aux étoiles, une toile abstraite que je traite au mieux car je voyage en compagnie de son esprit de rébellion, son arrogance à imaginer un univers singulier, être et ne pas avoir, devenir avenir et conserver son passé, quand mon regard s’abandonne sur cette toile, recouverte de plume, son pinceau me donne de la joie, de la veille au grain, un voyage désabusé dans une suite sans logique, pour n’ayez pas peur sans panique, je m’exporte sur la nappe-monde, construis un nid, m’écarte de l’ennui, m’évade de ma vie, être triste que je suis je jongle et deviens saltimbanque, pas pour créditer ma banque, cela je n’en ai cure mais pour plaire à une absente qui visionne mon sens de la vie, un non-sens absolu, un chagrin solitaire inviolable, une pensée qui s’intitule, et je ne l’ai guère fait exprès, « C » la première lettre de mon démon, bon je vous quitte sur ce dernier mot avant d’éteindre dans un torrent de larmes, la toile vous parle, elle cause de la pluie, du beau temps, de rien du tout, ou du grand tout, elle est à elle seule un univers, celui d’un vermisseau (vers mis sot) que je suis et sans grand mot me plaît, alors monsieur Lefort, oui, merci et continuez je vous en prie à faire vivre votre science du pinceau ! Un pince-oreille me guette, je me projette ailleurs, dans un monde futile d’être Humain désincarné, bout de viande qui peine à attendre la loi de la chaîne élémentaire, devenir à son tour un terrain de jeu pour une tribu de vers, adieux messieurs dames, évidemment tout droit de reproduction serait contraire à la loi, foi de célibataire en pâture, qui a paumé son goût de l’aventure et s’efface face au soleil, sans désagrément, sans voile sur mes yeux, alors aimez ou pas ce tableau, il anime le pantin que je resterai sans fin !

Des Hallalis… ya dallali

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 13 juin 2015. dans Monde, Ecrits, La une, Politique

Des Hallalis… ya dallali

Vous allez inexorablement poser la question suivante : quelle est la relation entre ces deux expressions (Hallali – ya dallali). La première, comme son nom l’indique, signifie un cri, incitant le chien à parcourir le gibier, la seconde en dialecte arabe signifie à peu près le même sens, mais avec quelques petites différences ; Dallali, précédé par « ya », donne plus d’ardeur au cri « Ya » dans sa sonorisation phonétique qui signifie : l’étonnement de l’individu, en annonçant quelque chose d’une façon ridicule, comme elle peut avoir une autre signification. Par exemple un cri de joie, de détresse, de vanité, de jouissance donne aussi l’impression d’un désir charnel, sensationnel, d’un émerveillement impressionnant, d’une admiration ! etc. En somme, chez nous elle signifie « hélas », aussi elle est polyvalente, diversifiée, elle s’emploie partout, même dans des moments de tristesse, de chagrin. Elle est sans principes ni loyauté. Elle se contredit quand elle signale un acte de jouissance, quelle joie ! par exemple ; mais elle garde toujours son humeur, sa magnitude.

Dans les pays occidentaux, cette expression (hallali), voire ses origines sont issus du vieux latin « vénerie » qui signifie chasser, « la chasse à courre » plus précisément ; ce terme est aussi dérivé du verbe « héler » qui veut dire appeler de loin ; la vénerie, chasse ancestrale, traditionnelle qui indique aussi « chasse à courre, à cor et à cri » ou « chasse à bruit » selon les coutumes. Elle est interdite dans certains pays comme : Grande Bretagne, Belgique, Allemagne, France, Etats Unis, Canada, Australie, Nouvelle Zélande, Irlande, Italie et Portugal, à titre d’exemple.

Cette tradition de chasse est impliquée uniquement pour chasser le cerf, le chevreuil, le sanglier, le renard, le lièvre et les lapins. Ces animaux qui dévastent nos champs, sauf le lièvre, le lapin, qui sont des nôtres parce que tout simplement ils ont un esprit pacifique, clément.

Le problème, voire la polémique n’est pas là, d’autant plus que tout acte de ce genre ne répond qu’a l’intérêt de chacun de ces pays sur le plan économique, écologique, et environnement. Si on analyse profondément cette mesure on arrive indubitablement à une conviction, à une conclusion qui est la suivante : l’odorat des chiens dans cette mesure humaine n’exclut jamais la distinction quant aux êtres et gens opprimés, ou non, sauf si cet odorat est instinctivement lié à l’instinct ou à l’intuition de cet animal obéissant (à son maître).

Parlons, humainement : certains de ces chiens se diffèrent, quasiment, hélas ! à la haine de l’être humain et à sa nature de rancune, par mégarde souvent ! Quand nous agissons à perpétuer l’autrui par différentes mesures de chasse licite, ou par une voie supplice (infanticide à titre de comparaison), par une marraine, ou parrain peu importe, et en plus en 2015, par le tuteur (décideurs, pouvoir ou autres), pour moi c’est un acte catastrophique, fâcheusement.

Je suis ta petite Françoise Sagan

Ecrit par Sabine Aussenac le 13 juin 2015. dans La une, Ecrits

Je suis ta petite Françoise Sagan

Je suis ta petite Françoise Sagan

Je roule en Porsche et par grand vent

Offrant trop vite mon âme en sang

Je me consume obstinément

 

Je suis ta muse et ton « Castor »

Ton no man’s land ton ancre au port

Comme l’inaliénable Aliénor

Quoi que tu fasses je t’aime encore

 

Je suis ta rose Louise Labé

Ta poétesse aux mots fêlés

L’amour me guide comme en un gué

Il me dirige à volonté

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