Ecrits

Écrire libre

Ecrit par Bénédicte Fichten le 19 avril 2014. dans Ecrits, La une, Littérature

Écrire libre

Comme je suis déçue, au final, ou surprise, ou dans l’incompréhension totale ! Hier était d’abord une très belle journée : j’avais appris l’annonce du nouveau gouvernement, et je dois dire que, malgré tout sceptique ces dernières années et dans l’attente, j’étais encore dans l’expectative d’une belle annonce. Bruno Masure m’écrivait en 2012 : ce sera un bon président… Aurait-il raison ? Que François Hollande ait remanié les choses, choisi Manuel Valls, accepté Ségolène Royal, donné Bercy à Arnaud Montebourg, et conservé la très attaquée Christiane Taubira est pour moi un véritable coup de maître et une preuve de haute intelligence. C’est, en tout cas, bien qu’ayant au départ assez mal géré les priorités des Français, un homme qui a tenu l’une des principales promesses permettant de s’aligner – enfin ! – à la majeure partie des pays européens, le mariage pour tous. Seule Martine Aubry me semble pour le moment encore perdante (Peut-être sera-t-elle Premier Ministre, comme elle le souhaitait, dans trois ans ?). Mais ne parlons pas politique, c’est un sujet tabou dans notre pays… Oui, hier était d’abord une très belle journée.

Dans ma boîte aux lettres, je venais de recevoir non pas un courrier (genre de chose quasi disparue aujourd’hui), mais deux grandes enveloppes contenant le dernier roman écrit par un ami, et Naturisme Magazine n°29 (erratum, d’ailleurs, à ce sujet, à la page me concernant, « L’Orange bleue » n’étant ni le club de fitness ni le restaurant lillois du même nom, mais bien le titre de mon ultime fiction, dont les couleurs ne s’accordent pas…). La similitude des couv me fait sourire : jolies et lointaines silhouettes de filles à moitié nues au bord de l’eau, dans des tons que j’aime. Je pose tout cela sur la table basse de mon salon et voilà que j’apprends une autre nouvelle : Régine Deforges est morte. Tout avait si bien commencé ! Au moment même où l’on fête le centenaire de la naissance de Marguerite Duras, s’éteint cette si belle rousse. Je suis triste : j’ai encore son beau sourire dans la tête. Je parlais d’elle avec mon ami (photographe) Louis Monier la semaine dernière. Son dernier livre en forme de mémoires parisiennes à ses amours m’avait donné envie. J’avais assez récemment lu « Lola », ayant moi-même encore ma bicyclette bleue et rêvé dans les bras de Laëtitia Casta. Bref, allez, la vie est ainsi faite !

« Pour le titre on verra plus tard », je trouvais ça merveilleux comme accroche, comme approche. Une façon de ne pas nommer les choses, de les débaptiser : Wilfried Salomé, qui m’envoyait son roman, suscitait le désir de l’ouvrir (le livre). De même la gentille dédicace. J’ai aimé la première citation (la seconde m’évoquait déjà mon premier roman « Lettre sans mots », mais ce n’était rien…). Idem : ce voyage du sud au nord prenait le même chemin que celui de ma « Lettre », à quelques kilomètres près. Et puis, très vite, j’ai reconnu le style : ce pessimisme critique, souvent exacerbé, que je n’aime pas du tout ; qui m’ennuie. Je n’ai pas de doutes là-dessus : Wilfried Salomé me lit, y compris en articles. Je reconnais – aussi – dans ce livre quelques passages de choses écrites par moi. Allez, ce n’est pas grave ; juste un sentiment. Et puis, je commence à me dire : y-a-il une force télépathique, quelque part, qui permet à l’un et à l’autre d’écrire sur les mêmes thèmes, en disant parfois les mêmes choses ? Je suis assez sidérée de voir à quel point le fond – non point la forme – de « Pour le titre on verra plus tard » se confond avec celui de « L’Orange-Bleu »… Étonnant. Et normal, sans doute, car je suppose que tous les artistes s’échangent idées et s’influencent, jusqu’à se copier, même, parfois. Cette impression m’a déjà été donnée. L’homme torturé de son livre est aussi le mien. En tout cas, muse ou inspiratrice, on s’intéresse à mes écrits !

L’Elu (Nouvelle, 1ère partie)

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 19 avril 2014. dans La une, Ecrits

L’Elu (Nouvelle, 1ère partie)

La chambre était petite, claire, avec des étoiles au plafond. Assise en tailleur, au beau milieu de ses jouets, Natacha scrutait les yeux de son nounours d’un air dubitatif.

Comme celui-ci gardait le regard vide et s’obstinait dans son mystère, elle commença à le secouer dans tous les sens, dans l’espoir de le faire réagir, en vain. L’ours en peluche ne répondait pas, ne donnait pas le moindre signe d’entendement. A quoi bon ? Il n’avait rien à dire, ou plutôt si, il avait trop à dire, mais qui l’écouterait, qui le comprendrait ?

Cela faisait déjà deux ans qu’il vivait aux côtés de cette petite fille et qu’il partageait l’intimité de son lit moelleux et chaud où le sommeil se laissait prendre au piège. Malgré ce silence pesant qui ouvrait un fossé entre deux mondes, le monde des hommes et le monde des peluches, ces années de vie commune avaient créé des attaches.

Il y avait le rituel du matin, qui soudait entre eux un lien de complicité. A huit heures sonnantes, juste avant le sauter du lit, Natacha secouait doucement son ours, lui adressait quelques petites tapes affectueuses pour le réveiller, l’asseyait en prenant soin de l’adosser contre l’oreiller puis posait sur son museau un long baiser mouillé exhalant encore la fraîcheur de l’âge et les rêves, à peine éteints, de la nuit.

L’enfant, bien sûr, ne se doutait pas que Nounours n’avait pas cette chance de pouvoir dormir et qu’il ignorait donc tout du monde merveilleux du rêve et du cauchemar, cet univers de la démesure où les sens et les sentiments s’entremêlent dans un désordre savant et s’exacerbent pour faire entendre une voix qui sourd des profondeurs du moi, la véritable voix humaine.

Ah ! Combien de fois celui-ci aurait donné sa « vie » pour goûter, ne serait-ce que quelques secondes, à ces sensations inconnues. Mais le sort en avait décidé autrement et il enviait sa jeune maîtresse qui, quand elle ne se retournait pas dans son sommeil en gémissant parfois, ou en poussant des petits pouffements de rire, lui découvrait un visage apaisé, étrangement éclairé malgré l’ombre nocturne, et qui en disait long sur les paysages qu’elle devait être en train de traverser. Sans doute y avait-il, derrière ces paupières, des couleurs extraordinaires, jamais vues, avec des chemins de fleurs, des sourires dans les arbres, des collines aux courbes tendres, des lacs scintillants, des duvets d’herbe grasse, des oiseaux comme des arcs-en-ciel, des champs paisibles à perte de vue et partout, des formes arrondies et veloutées, des promesses de volupté et de bonheur. A tomber dans ce monde étrange, l’esprit devait sûrement faire le grand écart et se sentir bercé par de tendres vertiges !

Et lui, pauvre Nounours, durant ces nuits qui n’en finissaient pas, il devait se contenter d’attendre, attendre et attendre encore… jusqu’à ce que le réveil daignât bien sonner. Le temps ne s’arrêtait jamais, les nuits n’étaient rien d’autre que des jours, des jours peints en noir, et la vie continuait, persistait obstinément, allant toujours droit devant ou par des routes détournées vers on ne sait quel but, on ne sait quel mirage ! il n’y avait pas d’interruption, pas de vrai silence, juste le poids d’une existence qui n’en était pas une et qui ne s’essoufflait jamais. Nounours, alors, se réconfortait à l’idée que, plus qu’un jouet, il représentait pour Natacha un véritable compagnon et surtout un confident.

En l'honneur d'Arnaud...

Ecrit par Stéphanie Michineau le 12 avril 2014. dans Ecrits, La une, Littérature

En l'honneur d'Arnaud...

Alors que, comme le rappelle Berta Corvi, auteure d’une thèse inédite sur Jean Giono, la simple vue d’une photo suffisait à mettre en branle l’imaginaire de l’écrivain contemporain à Colette (auteure dont je suis spécialisée dans les œuvres), c’est toute une série de photos alliées à la beauté du geste consolateur qui ont su raviver en moi le feu salvateur alors que je désespérais de ma muse silencieuse.

Cette photo, c’est celle d’Arnaud à Agadir. Tandis que ceux qui (me) suivent sur Facebook (mur FB : Fanny Cosi, Page publique : Stéphanie Michineau) savent, pour ce que j’en ai écrit, à quel point le Maroc a opéré en moi un profond bouleversement ; et plus précisément Marrakech, avec cette entrée de ville dans une chaleur qui pourrait ressembler, si l’on pouvait se permettre une comparaison de cet ordre, à la pénétration à vif dans le cœur rouge de l’amant, l’amante (dans l’acception littéraire du /des termes). Peut-on aimer une ville d’emblée sans la connaître ? Oui, je pense que le coup de foudre existe pour une ville à l’instar d’une femme (ou d’un homme)… et cela s’appelle le désir.

Mais revenons à Arno Genon dont je ne déflorerai pas de suite le véritable nom afin d’en conserver l’embaumement de la poétique de l’image jusqu’à la fin de cet éloge.

Car, oui, alors que j’en ai glorifié les élogescomme genre, à renouveler et de toujours, au Maroc pour le journal marocain bien connu Albayane (« Chronique 1001 feuilles » & N. M.) ma plume SUJET, et c’était attendu, ne pouvait être que portée par la vague d’amitié-aimance envers un homme. Un ami puisque « la lecture est une amitié » (Marcel Proust). Mais il me fallait un homme un peu spécial dans le sens sortant du lot. Uno, un homme-créateur qui me ressemble comme une sorte d’ALTER ego mais aussi duo, qui s’approche de mes valeurs d’humanisme (qui ne soit ni raciste, ni homophobe et pour ceux qui suivent les travaux d’Arnaud Genon, c’est tout le contraire qu’il prône puisqu’il se fait ardent défenseur de la cause homosexuelle… et c’est superbe ! En cela, je l’ai rejoint dans Colette : par-delà le bien et le mal ?, MPE, filiale Petit Futé (connue et reconnue pour ses guides verts de voyage nationaux-internationaux) : Paris).

Un homme-créateur. Donc. Qui sait poindre sa plume en toute délicatesse, sans intrusion abusive et forcément (force aimant), tout en conservant une profondeur de vue touchant au sublime, c’est tout un art et ce n’est pas le commun des mortels qui peut le faire. Ainsi, c’est cet abandon qu’il m’a offert en PEnsant mes plaies afin de panser mes Pensées les plus noires dont la première section est délivrée dans mes Pensées en désuétude (Maison d’éditions pour Tous, Edilivre, Paris, 2010). Publication en ligne dans la Cause littéraire qui avait d’ailleurs recommandé l’ouvrage un an après sa sortie, en 2011. Et depuis, bénéficiant d’une 2ème publication papier : *dans le recueil collectif de référence en sémiologie CALS, éditions Presses Universitaires Toulouse Le Mirail : Les Ambiguïtés dans le discours et dans les Arts. A savoir que Pensées les plaies d’Arnaud Genon, devant la reconnaissance unanime saluée du comité scientifique CALS, est devenue une annexe qui colle désormais à la peau de mon propre article titré : « L’Ambiguïté dans Pensées en désuétude de Fanny Cosi par Stéphanie Michineau ». Son annexe à « lui » est illustrée d’une photographie de cœur puisque prise (belle prise) par sa femme, Madame Diane Genon ; la mienne par ma sœur, artiste-photographe professionnelle à La Rochelle : Flo Soltar. Une affaire de famille, à l’évidence.

L’Orfano

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 12 avril 2014. dans La une, Ecrits

L’Orfano

Le noir,

Les ténèbres

Et

Le soir

Il marchait seul

La direction ?

Nulle part !

Sa vie ?

Il en a marre,

Sa nationalité ?

Passager !

Vagabond !

Clochard !

Miséreux,

Silencieux,

Il est à bout,

Fatigué,

Brisé,

Il

Pleure,

Crie

Prie

« Seigneur, lumières,

Ciel, ange,

Foi, tendresse sans mélange,

Je dépose ma haine

À tes pieds

O Majesté ! »

Eclats d’humeur (4) O vous

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 12 avril 2014. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur (4) O vous

O vous

mes beaux seigneurs

ayez pitié de nous

Nous les hommes affamés au ventre bien rempli

nous les hommes endiablés qui courons sur des lunes !

Ecoutez le chant maigre de ces livres en série

qui remplissent les rayons comme on viderait des verres !

Ecoutez ces belles plumes

qui grincent au diapason

sur un désert de pierres et de papiers mâchés

 

Que dire sans vous

qui sculptez la raison et peignez la folie

et toutes ces émotions ?

 

Que devenir sans vous

qui devenez ce nous

la parole de la vie

la parole que je suis ?

Mozart déferle

Ecrit par Mélisande le 05 avril 2014. dans La une, Ecrits

Mozart déferle

Un jour, j’ai entendu le Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart, et sa musique, et je suis restée longtemps en suspens, hésitante entre deux mondes. Je n’ai pu entrevoir le jour qu’au terme d’un certain nombre d’années passées dans ces méandres qui m’anéantissaient et me faisaient survoler dans la délectation celui qui, despote grandiose et redouté, incarne l’esprit flamboyant de la mort qui vient. Wolfgang, le Joyeux le Trivial le Grand Tragique devant l’Eternel… Celui qui a l’envergure de ce qu’il voit, celui qui pleure et qui rit de la grande escroquerie humaine, celui qui en meurt aussi. Percevoir ces mensonges alignés comme des soldats devant l’azur est pis qu’une pointe de curare, et pour y faire face il avait une réponse sublime : la Musique… Mais dans sa musique : la beauté déchirante, l’humain dans sa tragédie, la perfection absolue celle qui laisse sans voix. La musique de Mozart, celle qu’il a composée librement, pas celle qu’on lui a commandée pour qu’il puisse manger, c’est la Grande Ourse, le nord des intentions, le bleu immense froid et délavé du ciel mais aussi le mistral qui détruit ceux qui viennent au printemps, les assignés à l’éternité de la résidence : ceux qui dans l’opulence n’ont jamais ressenti le froid de la vraie solitude, lorsque Dieu, pour un temps, s’est absenté dans l’escalier. Il advient alors que l’être implore et meurt dans le silence. Dans le déchirement d’une existence matérielle dure comme le pavé qui emporta sa dépouille dans la fosse commune. Il est celui qui s’adresse au ciel dans le langage du ciel. Et nous sommes saisis par le souffle tendre de ce jeune homme debout, silhouette intense tremblant de fièvre, accroché à la proue flamboyante de son navire.

Ma cathédrale inouïe qui soulève en chacun la violence tragique et joyeuse de la vie, mon azur tranchant comme l’amour, toi qui avais un cœur immortel d’enfant, au mitan duquel jaillissent encore les sources qui me sauvent la vie.

Ta voix

Ecrit par Gérard Leyzieux le 05 avril 2014. dans La une, Ecrits

Ta voix

Ta voix sur le soir

Dans le noir d’un couloir éteint

T’y voir dans la soierie des mains

Ta voix qui m’appelle

Au fil des à-valoir

T’avoir au dessin enfantin

De jeux humains

Au savoir de plusieurs chemins

Ta voix ou l’envoi du regard

Sur la soirée irradiée par ton son

Qui s’honore de ce si noble ton

Aux sonores harmoniques du boire

A tes lèvres le sari des mots

Ta voix m’asseoir au charroi des sens

Sur la nuit des espérances

Sur la vie des oreilles encensées

Du bercement violent de langueurs meurtrières

En ta voix au loin sur le fil du rasoir

Des au-secours inaudibles

Des cris secrets incapables d’émouvoir

Au chaloir des chancellements d’espoir

Ma loutre

Ecrit par Jean-François Vincent, Ricker Winsor le 29 mars 2014. dans La une, Ecrits

(Texte de Ricker Winsor « My Otter »), traduit de l’anglais par Jean-François Vincent

Ma loutre

« Chérie, je vais pêcher ». Pas de réponse.

« Bien, à plus tard ». Pas de réponse. Et ce sera bien plus tard, car elle travaille tard : aucune raison de rentrer tôt à la maison ; en plus c’est bon de pêcher au crépuscule.

Au nord du pays, les étés sont chauds et moites. Un grondement tout au loin, peut-être, plus tard, un orage. L’été, les orages se déclenchent toujours juste à quelques collines d’ici. Ils surviennent brutalement et de manière spectaculaire, mais ils ne durent pas. Une fois, j’ai vu la foudre frapper un cerisier à cinquante mètres de la maison, et le couper en deux.

Il aimait pêcher, tranquille, au bord d’une eau dormante, à regarder ce qu’il y avait à regarder. Il goûtait la paix et le confort que celle-ci procure. Sa femme s’occupait à autre chose. Ils ne faisaient presque plus rien ensemble. C’était l’amour-habitude sans la chaleur de l’amour.

Debout, dans la petite véranda au seuil de cette vielle maison, il sentait l’air, examinait le ciel. Pas de vent, calme, il attendait. Baisse de la pression barométrique, c’est bon pour la pêche. Il attacha le canoë, comme il l’avait fait tant de fois auparavant, mit son équipement dans la benne du camion, ferma le portail et se glissa à l’intérieur, derrière la roue.

Bientôt les nuits deviendraient fraiches, les oies s’envoleraient, les gelées tueraient ce qui reste du potager, et le long hiver s’installerait en maître.

En une demi-heure, il atteignit l’étang et tira le canoë hors du camion jusqu’à la rive. S’aidant de ses grandes jambes, il poussa le canoë vers l’avant. Celui-ci alla tout droit, en douceur, comme s’il savait ce qu’on attendait de lui.

Tout cabotant droit devant, il prit la pagaie et dirigea le canoë vers la crique, qui déversait, à partir d’un fourré d’aulnes, un courant fort et profond alimentant le lac. Il mit le canoë dans un endroit bien placé, à l’écart du courant, là où il est le plus fort et jeta la petite ancre en forme de cloche. Comme il s’apprêtait à accrocher l’appât à l’hameçon, sur deux cannes à pêche, en attendant qu’une perche émerge de l’eau (elles circulent en ban, souvent le soir), il remarqua un tourbillon distant d’une quinzaine de mètres. Puis une tête apparut, c’était une loutre.

Eclats d’humeur (3) Prière aux mots

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 29 mars 2014. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur (3) Prière aux mots

O mots

vous qui savez

Enlevez-nous les murs de l’esprit

qui ombrent nos doutes

le filet du ciel où nos rêves s’agitent

le cœur animal tapi entre deux terres

les arbres qui cachent les trésors du soleil !

Détruisez

détruisez jusqu’à raser les têtes !

Ces ballons solides et à l’œil qui s’entête

montés sur des corps aux jambes immobiles

 

Là-bas

dans le bleu

il y a ce courant qui vous ramène à moi

jusqu’aux bords de mon âme

Un bleu inconnu fait d’air libre et de vent

un bleu invisible comme le souffle de vie

un bleu là et ailleurs dont le nom est unique !

Un grain de Fou

Ecrit par Luce Caggini le 29 mars 2014. dans La une, Ecrits

Un grain de Fou

Un grain de Fou

Un siècle d’amour

Un amant de papier

Un rêve de vrai

Le rêve d’une femme enserrée entre des parois rocheuses géantes.

Une femme heureuse bercée par les vagues d’une mer douce, enveloppante.

Un amant de papier ?

Le puzzle des « Uns et des Autres » dans un moment de joie entre la Porte de Versailles, la mairie d’Ajaccio et les quatre chevaliers de ma fantastique et inimaginable mue qui a pris naissance avec Mort Schuman quand « Il neigeait sur le lac Majeur » près de Varese, le jour où un Caggini animé d’un immense et ardent sentiment de tailleur de pierres amena toute sa famille sur d’autres rives.

La ruse du monde des hommes de la monstrueuse Planète des Singes a aiguillonné mon désir non conformiste de citoyenne municipale entièrement vouée à Ajaccio en écoutant le beau concerto pour trompette de Henry Tomasi mêlant avec ses accents nostalgiques du continent américain les fougères sereines dans les brumes de Vizzavone.

Dans le même temps, j’élisais un corse meneur de la municipalité du Sud de l’île. Je veux parler d’un monarque manufacturier de « Ajacciu Inseme ». C’est un Corse, un ami des Sagesses observées entre la Grande Muraille et le rallye agité de Victor Ségalen, ami de François Cheng, le maître des amoureux du bleu de Chine, compromis entre la réalité amour et amour de la réalité, couleur unie des monades et des nomades en marche dont un dominateur animé de fureur a vaguement unifié andouilles et andouillettes dans une galère vogaillant vers un puits de « nuits de cristal ».

Ma clé de sol et mon parti de ne pas partir vaincue me firent doucement aller vers un mur du son, rare moment, dont aucun vide n’est concevable, une voie où non seulement l’amant est couleur du ciel mais aussi l’acteur d’un destin en boucle, ce qui me fait penser à l’âme de ces vieilles porcelaines dont l’éclat ne ternit jamais parce qu’elles sont toujours éclairées de l’intérieur par la connaissance de la monade qui est en elles.

Hors les murs de la page errante de la vie des gens de lettres, il y a les animations de la vie des plateaux de la TV dont les petites musiques agitent les muses déçues de la dompteuse de « On n’est pas couché » ont dû mettre un timbre poste à Christine Angot qui n’a pas su tenir sa place, agitant sa crête sans autre imagination ni maîtrise qu’un gallinacée de moyenne maturité, sans charisme, marginalisée par un vocabulaire d’élève du cours élémentaire d’un collège de troisième zone.

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