Ecrits

Le ciel était vert

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 27 septembre 2014. dans La une, Ecrits

Le ciel était vert

Hier

Le ciel a été vert,

Il est jaune, aujourd’hui,

Hier, la pluie n’a pas voulu tomber,

Même si les nuages l’ont priée,

Même si la terre vendue, l’a suppliée

Et Le soleil bleu, le roi ne parle plus

Depuis longtemps déjà,

Les étoiles qui apparaissaient pendant le jour,

Savaient pourquoi,

Ils savaient.

Hier

La lune rouge, vêtue d’une longue robe blanche,

Déambula dans la ville sombre et silencieuse,

Chercha tout ce qui peut lui permettre de continuer d’être lumineuse,

Tout ce qui peut lui permettre d’être merveilleuse.

Hier soir,

L’oublié ivre avec un sourire charmeur,

A regardé la lune et le peu de magie et sa douceur,

Il a pu lui dire qu’elle brille encore,

Il a eu le courage de lui dire qu’elle pouvait briller plus fort,

Il a mis sa main sur son cœur, sans perdre l’équilibre,

Et il est parti.

Que reste-t-il de son combat : « Sir Peter Blake »

Ecrit par Jean-François Joubert le 27 septembre 2014. dans La une, Ecrits

Que reste-t-il de son combat : « Sir Peter Blake »

Large de Ouessant, le dernier cap sur la rade de Brest, une balise, un son de corne et les hommes de sir Peter Blake sont si fatigués. Un tour du monde, un Jules Verne, la tempête pète la mer et malmène la nature de ses marins d’expériences ; un véritable casse coque de noix, navire secoué version grenouille dans une marmite, pas de marmotte, une seule marotte, lâcher les chaînes, oublier la vitesse, se préserver pire qu’au passage du sud et de son rocher Horn, reste quelques miles, peu de mouettes, et les drisses qui chantent, les poissons dansent sous l’eau, à sec de toile, l’homme aux chaussettes rouges a peur paraît-il !

Pourtant, une ou deux heures plus tard devant une foule Vendée globe, le calme de cet homme d’exception, il passe, doucement, sans tituber, sans trop de traces sur ce colosse qui a tout gagné en course mythique, mieux que Tristan et Yseult, plus fort qu’Ulysse. Dans sa Nouvelle-Zélande natale, il est un dieu vivant, et pourtant, ce géant des Océans à l’esprit pacifique va perdre la vie, pour un rien, pour une cause, pour un NON ! Pas un nom !

Tara et son expédition, le vert amazone, le fleuve aux Maroni, le fleuve qui coule dans le poumon de la Terre côté hémisphère Sud, une équipe l’entoure, des scientifiques et des marins, ce navire est océanographique, à l’intérieur du cockpit de quoi étudier l’écosystème, car en parcourant le monde, l’univers turquoise, à la blanche banquise, les marquises, en allant là où le vent vous pousse à sa guise, sir Blake a vu que notre planète est menacée, mais est-ce vraiment une découverte ? Christophe Colomb trouve un continent, mais les habitants, les indiens, animistes sont présents, or cela c’est et reste du passé de colon, d’excrément de civilisation qui ne sait compter que croissance, et dérègle l’orbite de son gros caillou volant en vidant son sol de l’or noir, en polluant pour son industrie, ses emplois, entendu une ineptie d’un scientifique ministre de son état, enfin dans il était une fois… Cet homme dans une émission télévisée de région, tard le soir après les informations raconte ceci du haut du sommet de son arrogance : « Diminuer le chômage à plus d’importance pour moi que la planète ! »

Oups, la boulette qui passe comme une glace norvégienne, une lettre à la poste, personne sur le plateau ne riposte, ni ne « riz » ; déjà une personne sur sept qui meurt de faim, et ces humains décisionnaires, visionnaires qui ne pensent qu’a leur panse, leur vice, et tournent au délice leur « ego » miroir, le soir sous la douche de popularité qu’ils observent comme un marin annonce la risée naissante, eux, ces politiciens, ces beaux parleurs donnent de la voix pour nos voix et récoltent tous les fruits de l’arbre médiatique, heureux de dire que notre planète ne risque rien d’autre que la « CRISE » qui nous écrase, du soir au matin. Une Terre, un univers, une orbite, à force de déstabiliser ce rocher de l’espace, sa masse va se modifier, à force de creuser le ciel, les rayons vont nous brûler, à force de dire que l’humain est supérieur, ce parasite espèce de l’ordre supérieur sorte d’évêché de la paroisse Terre, petit bout de chou dans une galaxie de milliards et milliards d’années, oui mais lumière, nous allons voler en poussière voire brûler en enfer.

Ajaccio… même les palmiers sont heureux

Ecrit par Luce Caggini le 27 septembre 2014. dans La une, Ecrits

Ajaccio… même les palmiers sont heureux

Ajacciu ne donne pas comme Gènes ou Florence une leçon d’art dans ses ruelles : son enseignement de la Beauté est ailleurs. Une certaine douceur ourlée de palmiers, de lauriers roses, un glissement de l’âme sans heurts sur un sol embrasé de la grande Histoire, mais surtout Ajacciu parle la langue du cœur-passion de l’île. J’attrape un mot à la volée, il suffit pour me sentir reliée à mon grand-père comme un San Sebastian atteint des mille flèches de l’appartenance. Injustice pour les pinzutti amoureux de la Corse qui n’ont pu charrier leurs cathédrales, alors que la montagne m’ouvre son entrée, son honneur, sa loi quand aucune pierre de France n’a pu m’accorder cet émoi de vie qui s’accroche sous mes pas et me guide. Ni générosité ni munificence ni marginalité plus justifiées que mon nom de famille qui me donne miraculeusement droit d’asile, moi, l’unique gagnante dans un jeu de hasard amenant mes mules de satin sur le sentier des amants de la Beauté où l’énigme de la mort se révèle comme un interdit de l’angoisse enserrée dans un parfum d’émerveillement.

Et soudain incapable de brider sa passion de latine, une question emporte La Mère.

La Mère :

– Antoni l’âme qu’est-ce que c’est ?

Antoni :

– L’âme réanime la mort en vie éternelle uniquement avec un petit anagramme du mot oma. Même ce petit mot narguerait une montagne de doutes : Beauté dort sous chaque pierre de Corse. Beauté est un engagement musical car les ondes sont des accordailles artistiques, une addition de montagnes de générosités et de douceurs mûries à la gloire de Dieu.

La Mère :

– Pas de bol pour les innocents qui n’ont pas reçu le la divin ; moi j’en connais une palanquée corsetée dans leurs raisonnements, magnétisés par le rude article des nombres premiers dont aucun juge n’a jamais été capable de dire si zéro et zéro étaient pareils à deux zéros. Dans l’affaire des premiers chrétiens montée par une bande de meneurs animés de haine et de racisme même les immolés emmurés dans leur foi, agneaux de Dieu ou nourriture des lions, irradiés de peur ou robotisés par la mort, martyrisés : ils misèrent sur deux chiffres, 1 et 2 jusqu’au bout de leur vie. Nul n’a eu la certitude de savoir commenter le nombre 1 du chiffre 1, car dans les composantes omega et alfa, mon instinct me dit : rien de magnanime comme un homme sans armes et sans tuerie au bout des doigts, armé de religion, ce nom faiseur de miracle dont Dieu se fout comme de l’an quarante.

Antoni :

Le collier du Prince héritier

Ecrit par Gontrand-Hubert Mogador le 27 septembre 2014. dans La une, Ecrits

Le collier du Prince héritier

3) Le motard roux

La grande artiste avait entrepris la compilation des documents de ses archives personnelles, en vue de la rédaction de ses mémoires, avec l’aide d’un jeune universitaire roux et ambitieux, Aurèle Bornibus, qui venait à moto de Montpellier deux ou trois journées par semaine, accompagné de son chien Parsifal, un setter irlandais qui prenait place dans le side-car et portait des lunettes pour pouvoir jouir du paysage sans risque de conjonctivite. Au mas, à part Gilda qui le trouvait charmant – en fait, elle trouvait tous les jeunes hommes charmants, quel que fût leur âge mais d’autant plus si la somme du leur et du sien ne dépassait pas trop le siècle – ce garçon faisait l’unanimité contre lui. Ange n’aimait ni les rouquins, ni les motards, ni les chiens et a fortiori les motocyclistes roux portant des chiens dans leur side-car. Monsieur Foung-Tseu tenait Bornibus en piètre estime depuis qu’il avait demandé de la sauce ketchup pour assaisonner des pâtés impériaux cuisinés avec amour et auxquels on pouvait tout au plus reprocher la substitution de cèpes en conserve (mais d’excellentes conserves artisanales cévenoles) aux traditionnels champignons noirs chinois. Marie-Félicité le méprisait parce qu’il lui faisait la cour comme elle l’eût également méprisé s’il eût été indifférent à ses charmes. Mais sa pire ennemie était Dolorès qui lui reprochait les libertés qu’il prenait avec l’histoire et le peu de cas qu’il faisait de ses avis pourtant autorisés. Il est vrai que lorsque Gilda, emportée par son tempérament romanesque, se lançait dans l’évocation d’un épisode de sa longue vie, elle en enjolivait volontiers le récit de façon à faire coïncider une de ses innombrables aventures amoureuses avec un de ses non moins nombreux succès discographiques ou cinématographiques. Et comme elle s’y perdait un peu, point tant par l’effet de l’âge qu’en raison de l’abondance de la matière, elle faisait appel à la mémoire infaillible de sa camériste. Ainsi, quand on aborda la question de son rôle en faveur de la réhabilitation de l’Allemagne dans la dimension glamour de l’inconscient collectif :

– Dolorès, le Comte Spatzenberg, c’était bien Amour Tropical ?

– Mais non, Madame ! Le Comte Spatzenberg, c’était Sissi en Bavière. Amour Tropical, c’était Julio, le joueur de base-ball costaricain, répondit Dolorès en se forçant ostensiblement à la déférence pour mieux marquer son exaspération.

– Tu as raison, reprit Gilda rêveuse, j’oubliais que j’avais joué cette histoire de Sissi et de son cousin Louis II de Bavière… Un scénario ravissant dans des paysages magnifiques avec de vrais châteaux de contes de fées, de la bière, de la choucroute… oui vraiment très romantisch, comme on dit là-bas.

Lettre à l’inconnue (rêve)

Ecrit par Johann Lefebvre le 20 septembre 2014. dans La une, Ecrits

Lettre à l’inconnue (rêve)

Madame,

Si je suis hors de votre vue dès à présent, c’est que je suis fou. De vous.
Il m’a semblé indispensable de disparaître afin que je devienne un souvenir à ranger dans votre si belle tête, un souvenir que vous pourrez consulter quand bon vous semblera, quand vous tomberez dans la peine de la solitude. Je ne puis plus vous approcher, vous voir, vous effleurer, car ma passion m’amènerait à vous prendre, sans hésitation aucune, tel l’animal de vos secrètes mises en scène, vous prendre jusqu’à l’épuisement total, jusqu’à l’extinction du monde. Une seule fois je vous ai rencontrée. Quand votre image a frappé ma rétine, un incendie s’est amorcé qui a embrasé tout mon corps ; vous étiez de dos, j’ai immédiatement acquis la certitude de votre cul. Et vous vous êtes retournée, lançant ce regard aussi noir que le ciel de ce soir, vos yeux ont vu les miens, vous avez soutenu votre découverte & pincé vos lèvres magiques comme si vous reteniez un accès de gourmandise. Aussitôt que votre sourire plein de sombre lumière m’a converti au désir, j’ai fait irréversiblement les dix pas qui me séparaient de vous. Par quelle force incontrôlable nous en sommes venus à mélanger nos langues sans discours d’introduction, je n’en sais rien.
Toujours est-il que nous avons fini par nous détacher. J’ai reculé. Vos bras ont tenté de me rappeler. Puis j’ai couru jusqu’à un taxi. Tandis que ce dernier repartait, passant devant vous, je vous ai regardée une dernière fois ; vous avez pris la direction d’une berline dans laquelle, au volant, un barbon fatigué faisait la grimace. Vous êtes montée dans la voiture avec une élégance rare.
J’ai tenté de garder aussi longtemps que possible le goût exotique de votre langue & la chaleur obscène de votre haleine. Je suis rentré chez moi & c’est en prenant mon paquet de cigares dans la poche de ma veste que j’ai découvert votre carte de visite. Vous en vouliez donc encore.
Je me suis allongé sur mon lit, j’ai dormi comme un salaud. J’ai quitté le monde, je me suis noyé dans votre image comme on se noie dans la gnole, pendant quatorze mois. Je faisais venir les nécessités alimentaires & domestiques par un livreur. J’ai coupé le téléphone, j’ai débranché tous les récepteurs, & durant ces soixante semaines j’ai lu cent onze livres. Aujourd’hui je sors enfin de chez moi pour poster la lettre que vous avez sous les yeux.
Je regrette de n’avoir même pas pu saisir le son de votre voix.
Il est inutile de répondre à la présente ou de venir ici pour essuyer votre cyprine sur mon appendice : je quitte les lieux, je débarrasse le plancher, je déménage.
Eventuellement, si vous savez pleurer, vous pourrez venir habiller mon silence de temps à autre, grâce aux indications que j’ai inscrites au dos de l’enveloppe. Ce sont mes coordonnées définitives. Celles de ma concession funéraire.

 

Cette lettre est extraite de « Fredaines épistolaires » dont le texte intégral est disponible ICI.

Eclats d’humeur (14) Les mots

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 20 septembre 2014. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur (14) Les mots

Les mots

ça complique tout

ça tire les cheveux

ça met des crasses sur nos ardoises

 

Les mots

comme un pingouin dans une épicerie

qui se mord la queue

et fait tout tomber

 

Les mots

Pas besoin d’en parler

Ils parlent d’eux mêmes

hurlent leur humeur

leur rancœur

leur malin plaisir

de faire et de défaire

 

Les mots

qui craquent comme des os

sous les langues chaudes

des buveurs d’alcool aux mille vérités

 

Les mots

jongleurs de sons

quand sous les mains pèse l’inanité

Eclats d’humeur (13) Faisons un rêve…

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 13 septembre 2014. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur (13) Faisons un rêve…

Nous marcherions dans l’haleine froide des rues

sans vêtements ni chapeaux

pour sentir mieux la vie !

la gueule remplie de verres et de vin dans les yeux

l’amour aux doigts des bras pour toucher

l’indigent

lui donner de ce monde qui fait tourner nos cœurs

l’habiller de paroles s’il tremble de silence.

 

Nous marcherions, oui, toujours plus loin !

jusqu’au bout des semaines

au bord des caniveaux

bravant l’indifférence

de ceux qui restent au chaud

à pas crissant et durs pour rythmer la colère

de nos rêves endormis ou trop vite mis à terre.

Billet fou Amendement numéro mille e tre : mettre Mozart en mémoire de moi, Christ

Ecrit par Luce Caggini le 13 septembre 2014. dans La une, Ecrits

Billet fou Amendement numéro mille e tre : mettre Mozart en mémoire de moi, Christ

Les uns vers les autres.

Le temps est un élément traître et en même temps accordons-lui de remettre chaque chose à sa place pour autant que nous gardions la tête froide sous le bonnet, mais que nous jetions la toque du juge par-dessus les moulins.

Aller jusqu’aux frontières invisibles où tout ce qui tient encore debout est noyé où tout ce qui se voit devient transparent où la vitesse se met brusquement au ralenti où l’observateur pour traverser la planète croyant lire son destin dans les écailles d’une tortue est saisi de l’ignorance et de la cécité en attendant la fin de sa quête.

Il n’entend que les gamins rieurs, les marchands de beignets, les souffleurs de feu.

Les uns, les autres, ceux d’hier et ceux qui ne savent même pas que ceux d’hier mangeaient des beignets de fleurs de courgettes sur le marché d’Ajaccio.

Ce qui revient à dire ?

Traverser l’hémisphère-nord jusqu’à l’hémisphère-sud en petite culotte et sans sous-tif avec innocence et furie qui ignorent l’impatience, l’effroi, la peur de Han Fu-Kiu devant les Japonais.

Explorer ce que les grands savants mettent des lunes à décrypter, l’œil collé sur leurs savants outils et que l’artiste, parce qu’il a d’autres yeux pour voir ailleurs, se contente de raconter.

À 14.644 kms de Paris, Singapour m’avait poinçonnée. Désormais j’étais empreinte d’enchantement : charme des jolies femmes appartenant à ce pays de fleurs que la blonde la plus sexy des Europe réunies ne pouvait que refléter une fleur de plastique fabriquée dans un atelier clandestin du 13ème et qui aurait eu l’incongruité de vouloir être…

Combien les fièvres sont bonnes à vivre, pourvu que les déchaînements soient les nourriciers des âmes des artistes et leur fassent perdre la raison pour aller marcher sur leurs mirages, dans des routes qui n’en finissent jamais…

« Le mot chinois est un signe complet en lui-même, réalisant une manière d’être, différent de ce qu’il dit et déjà très supérieur à ce qu’il daigne signifier ».

Immensité du vide pris la main dans le sac.

J’ai besoin d’écouter le Requiem de Mozart, pour la première fois j’en ai besoin.

Feuilleton : Le collier du Prince héritier

Ecrit par Gontrand-Hubert Mogador le 13 septembre 2014. dans La une, Ecrits

Feuilleton : Le collier du Prince héritier

Gontrand-Hubert Mogador, né en 1937 à Saint-Gargamel-en-Margeride (Haute-Lozère),   docteur es lettres anonymes, agrégé de philosophie dans le boudoir, doyen de la faculté de Saint-Flour, professeur émérite à l’Ecole des hautes études en sciences occultes est incontestablement le plus fin chroniqueur de son temps des mœurs provinciales du Haut Languedoc cévenol septentrional. Son œuvre protéiforme qu’il est inutile de présenter ici est une de ces sommes littéraires qui s’inscrivent au Panthéon de la pensée humaine à l’égal de La Comédie humaine, La Recherche du temps perdu, Les Rougon-Macquart  et Les aventures de la famille Fenouillard.

Une langue admirable d’une exemplaire concision, une pensée hiératique parfois absconse mais toujours inspirée, caractérisent ce corpus philosophico-littéraire qui a fait écrire à Sartre « Si G.H.Mogador n’existait pas, il faudrait l’inventer ! »

Nous sommes particulièrement honorés que la maître ait choisi Reflets du Temps pour livrer au public un de ses romans encore pratiquement inédits et dont nous publierons chaque semaine les quatorze chapitres qui sont autant de perles rares de cet énigmatique collier...

Racism IS

Ecrit par Ricker Winsor le 06 septembre 2014. dans Racisme, xénophobie, La une, Ecrits

Racism IS

About a lifetime ago, in our loft in Brooklyn, my wife and I watched the light streaming in through the big old factory-building windows and saw, floating in the warm slanting beams, a million dust particles bouncing and floating.

« Am I wrong, or didn’t we just finish cleaning the whole loft ? » I said.

« Dust IS », she said, which I though was kind of brilliant.

« Yeah, dust IS », like an element, a part of creation you can’t edit out no matter what you do. It is just there. Racism is just like that.

Why bother saying anything more about it, and, especially, why should a white man say anything ? No matter what a white man says is bound to be wrong. That also « IS ». And yet, this topic keeps coming up and keeps needing to be addressed one way or the other, with essays and editorials and/or with looting, rubber bullets, and tear gas.

« Why can’t a woman be more like a man ? » declared Henry Higgins in My Fair Lady. And the white man says, « Why can’t a black man be more like a white man ? » Things would go a lot easier for everyone if that were the case. That’s what we think anyway, most of us, if I can stick my neck out a bit.

Affirmative action, scholarships, a helping hand ; they all were well intentioned ways of giving black people a way into the white world where we would all be more happy. But they, generally speaking, were not having any of that ; not much anyway. It reminds me of that naïve idea we had that if we would just give those Iraqis the ability to vote and maybe a few credit cards they would, lickety split, be transformed into happy, prosperous, law-abiding Republicans and Democrats.

I went to boarding school for the high school years. I went back to the 25th reunion, already a long time ago. When we were in school in the early sixties there were maybe three African American students. Twenty five years later I was standing next to a long-time professor watching the classes of years past parade across the athletic field and saw no color anywhere except for the American flag. And I asked him about that.

« How is that possible », I asked, « after all that has happened ? » And he said, « We can’t get them. They don’t want to come and when they do they don’t stay long. They drop out ». And now we are getting into the nitty gritty because many of them say, in one way or another, « Fuck you whitey ». Simple as that. Racism IS.

I have lived all over the world and everywhere it is the same ; the whiter you are the better it is for you. Nobody wants to be darker. Everybody wants to be lighter in skin color. That is a mysterious fact. And the African group is at the bottom of the barrel, maybe because they are the blackest. A well-traveled white person can appreciate that black is beautiful. I haven’t noticed that black people accept that easily.

[12 3 4 5  >>