Ecrits

Little girl from Manchester

Ecrit par Sabine Aussenac le 27 mai 2017. dans Ecrits, La une, Actualité

Little girl from Manchester

Little girl from Manchester,

Come with me and take my hand :

You have to listen to the rainbow,

Just become light, forget the shadow !

Our song so glad like a funny big band…

 

Come with me, the sun is waiting,

Don’t be afraid, the night is shining.

 

Little girl from Manchester,

All your dreams a blossom in the night…

Your sweet laugh like butterfly’s dancing,

Stay like a princess in roses, so charming,

Whisper of gold calming your soul, so bright.

 

Come with me, the sun is waiting,

Don’t be afraid, the night is shining.

 

Little girl from Manchester,

The entire world is singing with you

And you can be sure we’ll never forget :

In the raindrop, in the smiles forever and yet,

In every second: eternity will come true.

 

Come with me, the sun is waiting,

Don’t be afraid, the night is shining.

Histoire racontée à Emmanuel

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 mai 2017. dans La une, Ecrits, France, Politique, Littérature

Histoire racontée à Emmanuel

Ne disait-on pas de vous, jeune lycéen, que « vous saviez tout sur tout », formule, soit dit en passant, qu’à présent devenu chef de l’État vous feriez bien de retirer de la circulation… Alors peut-être connaissez-vous, Emmanuel, Monsieur notre jeune Président, cette lointaine tribu des fins fonds de la Nouvelle Guinée – les Baruya. Il se trouve que moi – dans une autre vie – pourtant professeur de géographie, j’ignorais tout et même au-delà, de ces Baruya de l’autre bout du monde, sauf qu’à présent, après une lecture plus que passionnante d’un livre édité par Thierry Marchaisse, que je m’apprête à recenser dans La Cause Littéraire, je sais « un peu » de choses multiples sur ces gens-là, qui m’ont – on comprendra pourquoi – donné envie de vous écrire trois mots, sachant que vous avez sans doute encore l’âge d’écouter des histoires, pour peu qu’elles soient vraies ou autour…

Maurice Godelier, l’éminent ethnologue, a suivi, ainsi que plusieurs collègues (on dit « faire du terrain »), cette tribu installée en altitude entre deux hautes vallées, au milieu de chaînes de montagnes des origines, pendant quasi un demi siècle. Dans ce livre à la portée de chacun, sans jamais déroger pour autant au contenu exigeant de ses observations, comparaisons, recherches, on en apprend des vertes, des mûres, sur cette tribu, sur l’outil incomparable qu’est l’ethnologie, dans l’appréhension du monde et sur nous, comme en miroir. Magnifique livre, donc ; ma future recension le dira, mais ce n’est pas le sujet ici.

Ce qui m’a intéressée (lecture très contextualisée faite ces derniers jours à l’abri de votre présidentielle) et vous intéressera, Emmanuel, c’est que ce livre éclaire, décrit, ma foi, des pans entiers de votre programme, et carrément votre philosophie…

Posons la scène de l’étude : « Cette petite société tribale, jusqu’en 1960, se gouvernait elle-même, ne connaissait ni l’état, ni l’économie de marché, encore moins la “vraie” religion, celle du Christ… quelques décennies pour tout changer, sous l’impact de la colonisation australienne – 1951 – de l’accès à l’indépendance de la Papouasie-Nouvelle Guinée – 1975 , de l’économie marchande autour du café et de la Christianisation protestante… ».

La tribu – celle des Baruya, comme d’autres – obéit à un ordre social composé de groupes de parentés, revendiquant un même territoire, pratiquant l’échange des femmes (ne froncez pas d’entrée vos sourcils !) ; ordre fondé sur la domination des femmes par les hommes (ne partez pas !), scandé par des rituels et des initiations. Une société, un ordre, des usages ancestraux, un vieux système, des changements, des ouvertures, et peut-être des choix, le vieux, la crise, le neuf… (c’est bien, vous restez…). Je me contenterai d’utiliser deux points, deux moments de l’étude, mais votre écoute attentive en subodorera bien d’autres.

« Tous les trois ans, les Baruya construisent une vaste maison cérémonielle, la Tsimia ». En fait, corps symbolique de la Tribu (vous dressez l’oreille, forcément). Le poteau central est appelé « grand-père » ; un opossum vivant est précipité du haut, puis ce gibier est offert à l’homme le plus âgé de la vallée, rappelant que la mort arrive, et que les jeunes entrent dans la carrière (vous lorgnez derechef sur les logos des LR et du PS, soit ! vous éviterez évidemment la mort de l’opossum). Les hommes mariés et pères plantent « en même temps » (vous avez bien entendu) les poteaux des murs de la Tsimia, montrant « qu’à ce moment-là, symboliquement, toutes les différences, toutes les contradictions qui pourraient diviser les Baruya sont effacées. Seule l’unité face aux dangers, intérieurs comme extérieurs, persiste » (je vous sens frétillant – certes, le Louvre est passé, mais les occasions reviendront).

Avis de recherche

Ecrit par Jean-François Joubert le 13 mai 2017. dans La une, Ecrits

Avis de recherche

Non, non, je n’ai pas fait exprès, si mes mots illusionnent et s’abandonnent vagues sirènes sans alarme, ils sont fous et traversent la foule, « je suis tombé du ciel ». Je me foule une cheville quand une cochenille longe l’autoroute de la désillusion, la boule de billard vient de quitter son nid, sans le savoir elle cherche déjà de l’évasion. Est-ce de ma faute si les mots klaxonnent et sonnent le glas, l’heure du tocsin ? Non, non, je n’ai pas fait exprès d’entrer dans le jeu, gai, de l’envie de vivre puis, ton sein et ta valise ont foutu le camp, alors végétal carnivore je dévore et divorce en perdant l’écorce de mes racines, le tronc de la vie, le zeste de citron, l’écume du miroir celui de s’asseoir, boire une goutte d’eau rosée et de rêver Espoir ! Champagne. Je sais, tu as mis la grand voile, celle qui croise les étoiles Orion la croix du Sud, je reste berger étrange et étranglé sur une plage, je sais que tu écoutes le son de l’étrave d’une goélette et mes lettres se décomposent au passé supposé, alors quand l’aube pointe son nez de noir goéland, que le soleil déplie ses ailes, j’évite les cauchemars et je m’invite où moi qui ne danse pas ? J’écoute la Ballade pour Roger.

Tu te souviens de nos propos sur un banc dans le bois, on était loin de Versailles, une écharpe au cou, on s’échappa vers un ailleurs, remplis de désirs d’aller traverser les océans, fini l’Europe, et vive l’Amérique pas celle du nord, celle du sud. Seul, dans le vasistas du réel, je construis une aventure dans la devanture de mes névroses, j’ose t’offrir une palette de couleurs, des pastels, et un livre blanc. Dessines-tu toujours ?

Depuis l’œil de Londres, sans tes bras, je compte les rats d’eau, et puis je m’ennuie alors je passe la nuit sous les aurores boréales à t’attendre, je joue de la cornemuse au Highlands, c’est faux mais c’est juste que je ne sais pas jouer, aucun instrument de musique n’est en accord en ma compagnie, mais avant d’aller jouer au gondolier à Venise, je change de chemise et dévale une piste bleue en avalant mon arrogance de n’être que moi un lego, un jouet sans enfant, une personne si fragile.

A mon avis, j’irais chercher ta jupe, en Asie, si tu es à Nagano en train de prendre un bain dans une source chaude, ou si ton corps embrase le sourire des hommes qui t’entourent à la fête des lanternes de Hong-Kong, je jouerais à « qui cong ? » J’aime l’accent grave et je visiterais ni indien enfin peut-être un peu, et certainement pas cow-boy ni sur un destrier n’aimant guère la guerre et le cheval, pas plus le trot que le galop, je serais cet âne à pied qui te sourit en Patagonie. Au carnaval de Douarnenez ou à Rio, tu entendras battre mon cœur, et cela sur n’importe quel continent, tic, tac…

Mon cœur bat encore par vos mots de « poète », chansonnier fou et si Humain !

Un grain de sable dans l’univers, futur ver de terre… Mon fils du vent tient mon Histoire mineur, et pleure…

Voter blanc, c’est noyer un migrant

Ecrit par Sabine Aussenac le 06 mai 2017. dans La une, Ecrits

Voter blanc, c’est noyer un migrant

Voter blanc, c’est noyer un migrant.

Voter blanc, c’est regarder des noirs de Louisiane, lynchés par des blancs.

Voter blanc, c’est aimer la balle qui a tué Lennon, JFK ou Martin Luther King.

Voter blanc, c’est comme une quenelle.

Voter blanc, c’est tenir le lance-flamme qui tue Romy dans Le Vieux Fusil.

Voter blanc, c’est dénoncer Anne Franck.

 

Voter blanc, c’est noyer un migrant.

Voter blanc, c’est violer Jeanne d’Arc.

Voter blanc, c’est interdire Woodstock.

Voter blanc, c’est faire asseoir Rosa Parks et couper les cheveux d’Angela Davis.

Voter blanc, c’est porter des galons de Waffen SS.

Voter blanc, c’est passer le 93 au karcher.

 

Voter blanc, c’est noyer un migrant.

Voter blanc, c’est brûler l’église d’Oradour.

Voter blanc, c’est conduire les enfants du Vel d’Hiv jusqu’au train.

Voter blanc, c’est dessiner un cochon sur une mosquée.

Voter blanc, c’est apprendre à son chien à mordre les Arabes.

Voter blanc, c’est rêver de gégène et d’Algérie Française.

Ils vont voter… dit Boubou

Ecrit par Martine L. Petauton le 06 mai 2017. dans La une, Ecrits

Ils vont voter… dit Boubou

A peine remis des angoisses quand même existentielles du grand déménagement ; pénates Montpelliéraines tout juste appropriées, voilà qu’« ils » me refont un psychodrame, bien typique d’eux, les gens à deux pattes : ils vont voter disent-ils, et c’est en boucle, des matines de France Inter, où, au grand jamais, il n’est question de chats, aux discussions ininterrompues, entre eux – des fois, ça hausse le ton, alors que dans la gamelle repose, semble-t-il, le même nom de futur président ; mais – voyez s’ils sont drôles ! il y a le vote « à défaut » et le vote « d’adhésion »… selon mes moustaches, au bout, c’est pour autant d’un seul tenant ; croquettes au poulet, point barre…

Coups de fil aux copains au creux de l’après-midi, pour Elle – ce Jean-François qui trouve hilarant d’aller « Macroner » dimanche, tandis qu’elle s’esclaffe – après on ira  maronner » ; mais quel âge ont-ils ? Lui, c’est page FB les unes après les autres, à répondre aux « amis » – que je n’ai jamais vus – comme si son déjeuner en dépendait, pas moins, au point qu’il en oublie parfois de vider ma caisse ! Non, mais ! ça prétendrait, après, avoir son avis sur gouverner le pays !!! j’hallucine (oui, nous les chats  juniors on parle « jeune »)…

A la TV – celle qu’ils regardent, absolument jamais « 30 millions d’amis » – on ne parle plus que de ce vote ; des chiffres, comme pluie d'hiver ! Ça couine beaucoup sur ces batailles, après, dans les discussions entre fraises et fromage ( - 60/40… tu crois, et les cachés ?? t’en fais quoi ?). Cachés ? Dans mes tendres souvenirs de mon herbe corrézienne - hélas, une autre vie - n’étaient cachés que les mulots apeurés que je débusquais en un grand bouquet d’heures ; faut moult patience pour les cachés ; ont pas l’air de savoir... Slogans, banderoles, aux JT, et jusque sur La Comédie d'ici : « ni-ni » ! dit celle-ci ; faut-il avoir passé autant de temps sur les bancs d’école pour être aussi gamins, je ne veux pas dire « bête », ce serait par trop stigmatisant pour les miens… du coup, ça rigole dans la maison : « ni-ni-non-non ! », comme une imitation de ronronnement qui ne trouverait pas son rythme...

 Hier – j’ai dormi la plupart du temps malgré le raffut que ça faisait – ils m’ont imposé le « débat » ; l’homme de la gamelle, tout en statistiques de plus en plus précises, qui avait l’air de tout savoir – n’avait rien d’écrit devant lui, tout dans la tête, mazette !! – et une femme blonde, agitée à n'y pas croire ( nous les chats, nous détestons les agités), au regard parfois inquiétant, qui de temps à autre aboyait en secouant sa crinière… elle avait quelque chose de mon pire ennemi là-haut en Limousin, le chat roux du voisin qui m’en a fait des pires que pires ; il louchait (j’en cauchemarde encore), elle, j'ai pas bien vu…

 Voilà donc ce qui les agite depuis toutes ces semaines ! Ce qui occupe leur esprit, leurs espérances, va savoir, leurs peurs ? la crinière, sans doute… Comment voulez-vous que je puisse les faire profiter de ma haute sagesse animale, orientale, qui plus est ; pas un mot sur les chats dans les deux heures d’hier... pfft ! j’ai pourtant tendu l’oreille, et je l’ai fine.

Par contre, dans les images qui accompagnaient le bla-bla de la blonde, est passé un chat, gris cendré – magnifique, et sauvage, de luxe assurément ( bizarre pour celle qui veut représenter le peuple, non ? Que voulez-vous, mes critères sont mes critères !)  Pas forcément sympa, genre fauve qui va tout boulotter dans la basse cour. L’autre, celui des chiffres, pas un seul chat en vue, ni même du reste un chien, aucun des labradors des deux François ! Drôle d'époque...

Faudrait vraiment lui dire – s’il sort du chapeau-gamelle ce dimanche, le beau gosse aux yeux bleus – qu’un président sans animal, « cela » (il dit souvent ce mot) ne saurait le faire ; parole de Boubou !

Damier damné (2)

Ecrit par Jean-François Joubert le 06 mai 2017. dans La une, Ecrits

Damier damné (2)

Je t’observe et tu regardes une fleur, un camélia orange sanguine, une fourmi et trois musaraignes, reines de ta gourmandise. Tu aimes voir, ton réveil est sourire, une balade, la main de ta mère l’enserre, elle te traîne, te porte, et tu avances vers une musique, une ballade de baladin, un va nu pied t’invite à digresser vers une dune au terrain vague, et des murs voguent vers un futur où se lève le phaéton à l’ouest, le grand, et se couche au bord d’un précipice. Comme moi, tu penses que les gens de Chine ont des ancres pour tenir debout, comme moi tu découvres l’amer des confitures des grandes personnes et dis beurk !

Chaque enfant sur une planète est deux, une planète en soi, en soie, si fragile, un cocon qui concocte du baryton, et du bar en papillote, petite grève de la fin, et une colombe avide de liberté que l’on arrête par la voix. Voyage, petit, sur le murmure de ton imagination, sois un serin, pas une meringue, un mur dingue, sois fou mais doux comme un coquillage mauve guimauve, et phosphore, ne sois pas fort, ne sois pas faible, ne laisse pas la mode t’envahir, regarde, un nid, une cabane, une indienne zone et arme son arc-en-ciel, jaune, bleu, vert, les couleurs complémentaires en sus.

Sois daltonien, et n’aie pas peur de tes pleurs, pauvre petit sans l’abri du sein, tu es perdu, alors tes yeux s’ouvrent, ton regard perle Agathe ou rubis. La mer est grise souvent incomprise, calme miroir narcisse en flamme, elle ressent de la douleur que le sable ne s’émeut pas devant sa couleur vache de lait, noire et blanche, et va piano, piano, muette, elle gronde quand le roi se lève, toi l’enfant fils du vent et du lièvre parle océan, laisse-nous reprendre le sens du courant, oublions l’alternatif, mais soyons droit, écoutons le bruit de ce petit, sa logorrhée en rythme, petit homme parle-nous, nous sommes toute ouïe !

Lui lève les bras, attrape une pomme, et large sourire parle du chat, de ses nuits blanches, et des mystères de la naissance de la Terre, son voile se lève sur des yeux embués, il voudrait que le mot égalité soit marqué sur sa peau, il voudrait que le mot liberté soit noté sur ses mains, il voudrait que la couleur du rouge fraternité ne soit pas une chanson, et puis sa voix dérive vers des cocotiers rigolos, aux noix de casse-patte, feuille ouverte au vent celui tendresse qui caresse sans cesse, le bon comme le mauvais, sans distinction de son. L’enfant devient grand quand il s’exprime sur la nature, nébuleuse empreinte du silence, il devient indien animiste, et pense que les Stratus, Cyrus, et les cirques, les criques, le bois devient vert et brûle de désir de s’emplir de couleurs, vert, bleu, orange.

Toi qui masques tes maux sous un sourire de flemme, pense et parle en ton nom, tu es élu, ou député, tu gouvernes ton monde soi-disant comme un bateau sans voile, au nom de la non charia, de l’injustice sociale car tu penses à ta panse, à ta famille et jamais aux êtres comme moi sans enfant mais une rivière, un aber sur mon dos, aussi doux souvenir que le plaisir d’un être cupide face à un diamant, ou un dollar, il a le dos large l’art, alors prends-nous en route dans ton monde et explore notre veine d’être né un jour sous la pluie, la bruine, ou un large soleil Bleu.

Je suis né bête, simple, et content, alors enfant de l’univers parle au nom du cosmos, parle de tes désirs de vie, parle de ton plaisir de sourire, parle de toi, tu es le bienvenu sur cette plage de temps, une note d’immortalité, un piano accordé sur la touche majeur celle de la planète découverte. Enfant du XXI° siècle, tu es assis sur la mappemonde, invite-nous dans tes pensées, au citron, mandarine de corse, et fraise des bois sans soif !

Damier damné (1)

Ecrit par Jean-François Joubert le 29 avril 2017. dans La une, Ecrits

Damier damné (1)

Sur ma clef USB, un souvenir. Brest. Ma circulation sanguine me parle de Gâvres, cette presqu’île en face de Groix, un aéroport à mouettes où ma vie faite de viennoiseries a pris des embruns, un festival d’écume que j’aimerais dessiner sur tablette numérique.

Almeria, Espagne, premier de l’an, ivre, je viens de tomber du quai du port en rentrant vers cet Aloha, que je garde sagement au port, contre vent et marées. Nuit. Je me souviens de ton départ, ce regard, ouvert et joyeux qui perd de sa couleur et me trouble, dernière fois que nos ébats sont loi, ton sac, je ne le vois pas. Notre relation se finit là, plus de nouvelles, si j’oubliais… une lettre majuscule d’Istanbul, elle vient comme un coup de vent, ce glaive, estoquer mon esprit qui prend une claque ligne quarante huit, la rupture !

Alors je glisse au vent portant vers les portes de mon destin, l’enfer. Concarneau, trois années de ma vie pour devenir capitaine de pacotille, je manque d’expérience, timide de nature, je cherche, joueur d’échecs, sur ce damier damné qu’est la planète dans cette missive que je jetterai à la mer méditerranée par raconter mon envers, mon enfer…

J’ose penser que je ne referai rien, conserverai le même refrain, un sourire. Pourquoi ne pas jeter l’éponge, laver ton ombre qui rapace plane sur le lapin qui file de travers droit vers un mystère tenter de garder dans mon sang, une image de tes soupirs, de joie, un métro de métronome pour un homme, ne pas haïr, juste aimer. Or le temps est une putain d’affaire, j’ai tenté, tu sais, de nager à contre-courant, de le remonter, tel un saumon dans une rivière, résultat au lieu d’être fou de toi, j’ai perdu une particule, devenu ridicule, et une foultitude de rizières a absorbé ma vie, nourri ma tombe, je suis tombé dans trou de vers, ou noir ? Impossible de te voler ton destin et de retenir ta main, maintenant… que je sais qu’elle tient celle d’un enfant, et crois-moi que je suis content que comme sur une carte marine, tu as planifié une route vraie et donné vie à un fils, comme dans ce bois sans Elfe, on projetait notre avenir et nous avions une famille, la courtoisie de croire que notre amour fut sincère et dans le jardin des fruits, des gamins en pagaille, et une cour d’optimistes, sur ce banc, pas très loin de Versailles, notre projet d’eau de vie, pas d’absinthe ni d’absence, il a du cœur, il avait de la sève, fort heureusement peut-être pour nous, je suis impuissant à délivrer la reine de cœur que tu restes dans mon faible habitat, né bête ! Un idiot, de l’avis de tous, il me manque une case, curieusement cela me fait sourire, sardine j’ai conservé l’autodérision ma marque de fabrique, et toi les étoiles, constellations, et Orion que je ne déchiffre toujours pas dans cet amas de cailloux qui volent, nous survolent, ses étincelles se ressemblent tous, se confondent, j’ai une confession à te faire, si par la loi du hasard, aujourd’hui je croise une femme, et un enfant, toi et ton fiston, je ne te reconnaîtrais pas car je suis morceau pas né en symphonie du souci du détail, de ta taille, de tes reins, de tes seins, de la longueur de tes jambes, de ton port de tête, impossible d’être physionomiste, je suis la carte du pendule devenue incapable de poser une image sur ton sourire que j’aime tant, le temps a fait son chemin, sous trinquette, je trinquais aux divers alcools adolescents, cherchant aux quatre saisons de l’évasion celle de la musique de l’ivresse, je filais contraint par une rage d’ouragan, toile réduite en fuite et pas prince, charmant, patate ou artichaut de Bretagne, têtu dans ce pays qui porte un prénom, Léon !

Mais je dérape tel du parmesan qu’on râpe, ma peau, j’y tiens pas de trop, en salle de réveil sortant d’un coma, le premier de la liste, j’eus de la joie, celle de renaître du chapeau magicien de la vie et puis les arbres chantent par chez-moi des ritournelles alors, je respire mais qui suis-je ?

Au début fut la fin

Ecrit par Gérard Leyzieux le 21 avril 2017. dans La une, Ecrits

Au début fut la fin

Au début fut la fin

Dans cet entremêlement des oublis

La fin fut forme de son début

Roue du vent, courbure de l’horizon

Aller et retour tout au long du jour

Retour sans aller au fil de la nuit

Rondeur du ciel matin où bleu se teint de rouge

J’y suis mais j’y étais avant aussi

Place partagée des contributions du temps

Participer à ces figures d’une époque

Où une partie de toi s’inscrit dans le savoir du monde

Et dans le silence des années apparaît sa fin

Fin de la fin, en finir avec elle

Pour un nouveau début d’infinis objets

Creuser le vide de ces absences

Renouveler l’image de présences momentanées

Et sous l’afflux d’odeurs extérieures

Illustrer le quotidien de frémissements inconnus

Fugue éperdue des sonorités dépassées

Où ta mémoire regarde son avenir

Emplir les béances anciennement absorbées

Tremble le mystère des souvenirs engloutis

Bruit l’emprise de l’espace évanoui

Minuscule accord des corps enfuis

Une voix te traverse vers la reformulation

Dans laquelle le changement affiche sa couleur

Pour colorer la peur de ta fin

Mots sur image

Ecrit par Jean-François Joubert le 21 avril 2017. dans La une, Ecrits

Mots sur image

L’Hirondelle a quitté le toit d’étoiles, reste l’Automne qui procure la chute des cheveux des hêtres, des chênes, et déchaîne les avis et forces contraires, froid, écharpe, une note de plaisir s’échappe de ma gorge, rouge, je chante une mélodie de catacombe et tombe dans une mare sans canard… Depuis longtemps, je ne lis plus le journal, mais la vie est un livre ouvert, par chez-moi on y trouve de la poésie, la rue du bois d’amour, la rampe du merle-blanc, oiseau de pacotille, ma couette est ma brindille, alors le temps passe, bientôt le lourd manteau de neige, bientôt un rêve qui m’échappe, celui de montrer à l’enfance la chance d’être né, pas de classe, or du désordre élémentaire qui fait qu’une pâquerette empaquette une messe non dite en s’effeuillant sans surveillante, face au noroît ou aux suroîts les rois des vents, oh comme j’aimerais me rendre en Polynésie en famille au sextant, toi ma dame de nage et ton enfant sur une coquille de noix, Fou de Bassan ma particule élémentaire comment la taire, alors je me terre sous ton absence de sens, j’aime la Terre, et mon désir est de la voir y plonger mon âme, et y nager en compagnie d’animaux marins, et ouvrir une bouteille de champagne, pour te jeter un mot d’âme, mes amours…

The Persistence of Ignorance

Ecrit par Ricker Winsor le 15 avril 2017. dans La une, Ecrits

The Persistence of Ignorance

A young student asked me recently, « Mr. Winsor, do you think history is important ? » I said, « When I was growing up we heard that history is important to know so that we learn from the past and don’t repeat our mistakes. But now that I have lived seventy-two years I have to wonder about that. It seems to me we haven’t learned anything ; we keep repeating the same mistakes, so maybe history isn’t important. It is always subjective anyway, always written by the winners ».

The human community has been in trouble since the beginning and holds fast to that trouble despite a choking amount of information to help it out of that trouble and despite having the greatest tool to do that, the human brain itself. It has only been four generations since television was invented and spread around to almost every house. There was an expectation that this amazing invention would educate people and bring them out of ignorance. It hasn’t worked. Most people are lazy, it seems, and only want television to help them escape or have it tell them what they already believe and want to hear about issues. There seems to be no need to be challenged by new information, new ideas.

One of my friends is a doctor, an atheist, and an expert on evolution. He says, « The human brain is wired to be curious, to be seeking understanding, making discoveries. If that is not happening, there is something wrong with the wiring ». Based on what I said in the previous paragraph, it would seem there is a great deal wrong with « the wiring ». Either that, or evolution has screeched to a halt.

 Another friend is an enemy of « left leaning liberals ». He is on what I would call « the rabid right », the alt right being the proper term ; not thinking, dangerous. But he is a loyal friend from childhood. I sent him a link to « The National Review » because it is a thoughtful, conservative « rag ». My friend is a CPA accountant, not a dummy. He wrote back, « I don’t read left-wing rags ». I said « The National Review is a conservative voice started by William F. Buckley ». He answered, « I know that. Never cared much for Buckley », by which I understood that he didn’t know that and didn’t bother to make two clicks on his I pad to find out about it, something that would have taken less than thirty seconds.

In researching this topic, I came across a thesis stating that our ideas are so deeply held as to be actually physical. Seeing new or opposing evidence just makes a person struggle harder to defend what he already believes. In other words, a considered good argument will have very little effect on changing a person’s thinking.

As we grow up and develop our personalities, a number of core ideas get bundled together and become an unassailable fortress against new information coming from the world. I suppose this makes things simpler. I came up with a phrase to help me explain this phenomenon : « Ignorant people want simple solutions to complex problems ». It provides them relief from what is otherwise a permanent condition of stress to make sense of a world that mostly does not make sense.

What will it take to change our thinking if we are totally invested in a set of ideas ? It won’t happen by argument ; that is clear. My own experience is that if I give myself a little distance from that bundle of ideas I carry with me, there is a chance I can accept another way of thinking about things. It is almost a spiritual technique of non-attachment or at least of loosening one’s grip on that attachment. Life is short ; we live in a mind-bogglingly immense universe that only seems to get bigger as our knowledge increases. How important can one’s political ideas actually be ? The humility that comes with this kind of thinking is liberating, actually pleasurable.

My atheist friend, the evolution expert, gets great peace from his acceptance of annihilation. « When you really understand evolution and DNA you don’t need religion ». About life after death he says, « They will never know how wrong they were (the believers). We become stardust, nothing more ».

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