Ecrits

Tous, accroupis ils attendent dans un bagne, la mort

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 14 juin 2013. dans La une, Ecrits

Tous, accroupis ils attendent dans un bagne, la mort

A quoi je pense ?

À cette innocence

Qui portait un jour le bracelet de sa grand-mère ; la joie

Elle est morte, près de sa mère ; la foi

Cette innocence

Son sourire, ses yeux

Sa faiblesse et ses prières pour Dieu

Les quatre murs de sa chambre et leur unique histoire

Ce lit et l’homme loup, au-dessus, au fond du noir

Sa robe grise, ce miroir et cette silencieuse horloge

Cette innocence, elle chantait

Sa voix faisait souffrir les anges

Meet the artist

Ecrit par Luce Caggini le 14 juin 2013. dans La une, Ecrits

Meet the artist

Quel est le cheminement de l’Artiste ?

Comment se profile une vie d’Artiste ?

Footing dans les salles de musée ?

Fascination pour les couleurs ?

L’apprentissage du dessin ?

Une éducation savante ?

À ce jour, je suis encline à dire non, j’ai sûrement tort car je prends le problème par le bout. Le mien.

Mais je ne prétends pas à la rationalité, donc je dirai qu’un échange muet avec une toile serait une marque d’amour, un lien pour la vie, un contrat à vie, sans rupture d’affrontement.

Il m’est arrivé de regarder un tableau et ne jamais l’oublier, mais retourner le consulter pour le questionner, repartir enrichie autant par lui que par mes interrogations.

Il m’est aussi très souvent arrivé de me sentir repoussée par une toile et m’y accrocher pour creuser son repoussant mystère.

Est-ce à dire qu’un artiste est en déficit d’un sens pragmatique de la vie ?

Toulouse

Ecrit par Sabine Aussenac le 08 juin 2013. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Toulouse

Longtemps, je t’ai rêvée.

Perdue au fond des terres arides du Cantal, enlisée dans la lave stratifiée des volcans, je te cherchais, palais de briques roses, sur le fil ténu de ma mémoire.

Je fixais tes vertiges, placardant de grandes affiches de la basilique St-Sernin sur les murs gris de mon appartement clermontois, m’enivrant de tes lumières, orpheline de tes mondes colorés, de tes petits marchés, de tes pincées de tuiles… La ligne bleutée des Pyrénées, se dessinant les soirs d’été tout au loin, m’était appel et mirage. J’avais soif de toi.

Me manquaient la douceur de tes ocres toscans, le parfum des tilleuls et des lilas des soirs de mai ; me manquaient ta croix occitane et tes ruelles chargées d’histoire, tes bleus pasteliers et tes joutes hérétiques, tes éblouissements multicolores, de tes violettes timides au sang de tes briques. Toi la fière, la rebelle, capitale debout d’une Occitanie qui se rêvait libre…

Sans toi, je n’étais rien. J’avais faim de tes petits matins gourmands et tendres, lorsque tu t’éveillais, mi-Reine des Pyrénées, mi-village gascon, faim des claquements des persiennes et du café brûlant dans les tasses vert et or du Florida. J’avais faim de ta faconde, des effluves de cassoulet aux marchés aux gras. Mes lieux de vie me semblaient orthorexiques et glacés. J’avais froid sans tes ardeurs méditerranéennes, lorsque ton soleil d’enfer dardait la brique et que seules tes églises offraient des oasis de fraîcheur.

L’orphelin

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 08 juin 2013. dans La une, Ecrits

L’orphelin

Fermez la porte, cria-t-il.

Silence s’il vous plaît, fermez les fenêtres, baissez les rideaux. Partez, je ne veux plus voir personne.

Non, je ne veux pas sortir, ajouta-t-il en colère.

Je ne veux pas partir plus loin pour oublier. Tout simplement je veux rester ici à côté de ces murs fidèles. Savez-vous qui je suis ? Je suis celui dont l’âme, dès la naissance, était aussi pure que l’or, celui dont le cœur débordait d’amour. Je suis ce clown, ce comique qui passait son temps à écrire des blagues pour faire rire les gens. Je suis celui qui aimait la vie pour laquelle son cœur battait aussi fort. Je suis un orphelin.

Fermez la porte. Partez. Je veux juste dormir, rester seul dans ce noir. Je suis une erreur. Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi je vis ? Qui sont mes parents ? Où sont-ils ? Pourquoi suis-je né ? Pourquoi ?

Voyez-vous ce mal, ce vampire ? Regardez-le, il étouffe le bien. Pourquoi vous ne faites rien ? Vous souriez. Pourquoi ? Car la vie est belle ?

Allez-vous en ! Je suis juste un élément, une vie qui regarde dans le même, je suis un vivant. Je suis une photo, un tableau dessiné par un artiste mort, un artiste qui voulait sortir juste sa colère. Je suis une illusion, un faux visage, un sourire masqué, un faux pas. Tout est faux et rien n’est vrai. Je suis un innocent.

Combien me reste-t-il de temps pour vivre ? Pas beaucoup.

Sur la terre comme au ciel « Mariage pour tous » est à l’étude

Ecrit par Luce Caggini le 08 juin 2013. dans La une, Ecrits

Sur la terre comme au ciel « Mariage pour tous » est à l’étude

Échanges entre Antoni, l’homme de ma vie, et Friedrich Nietzsche, l’homme dont je ne peux me passer :

 

Antoni :

– Maintenant que je me prépare à magnifier ma vie avec un homme de même goût que le mien pour les jeunes hommes de mon âge, même mon ami Friedrich Nietzsche argumente, entre dans l’arène du magic circus pour mener un marginal combat contre le mariage pour tous.

 

Friedrich :

– On a dansé pas à pas sur un mode à nommer un chat un agneau et un ami amant de papier en damier noir sur noir sans conjuguer mari et femme, mari et mère de famille, art de garder et art de donner un sens à l’amitié entre dominant et dominé. Donc amener deux hommes à être un couple, animer l’art de nouer une armada de liens sans l’art d’être deux, comme deux complémentaires, c’est faire deux faramineux artistes sans art. Oui, mon cher Antoni, donner deux arbres à un ami qui n’aime que les mémoires des arbres c’est comme dire à ces deux gentils garçons, un agneau sans sa laine et un gentil ami muni d’une arme de pointe sont deux amants qui se tueraient dans leur nuit de noces.

 

Antoni :

– Mon cher Friedrich, non seulement tu es ardu à comprendre mais encore tu admets de mettre un coq et une poule dans le même pressoir à vins pour en tirer un œuf de cane comme si les canetons pouvaient nager dans le jus de la vigne. Alors cher Friedrich, mon art d’être poule et coq à la fois agit comme deux œufs complémentaires de volatile avec poils mais sans les ailes des aigles du Mont Athos.

Destinée éphémère

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 08 juin 2013. dans La une, Ecrits

Destinée éphémère

Même si nous salissons les murs, les sapins des voisins

Mon âme côtoie l’argile de son tombeau.

Même si nous falsifions l’appel du muezzin

Mon parcours éteint son flambeau

Même si nous agitons l’amertume du « divin »

Le fossoyeur atteint son dessein.

Même si les pieux réagissent autrement

Même si on peint le seuil des ténèbres

Le trépas guette la peur des mourants.

A quoi bon glorifier les idoles et les « célèbres » !!?

L’agonie ne reflète que ses bourgeons :

ne sème que nos mœurs et nos destins.

A quoi bon s’accrocher à une destinée éphémère.

A quoi bon fructifier cette ultime vérité

A quoi bon sublimer nos péchés ancrés dans notre  terre.

Cloués par un jalon, qui tenaille notre leurre

Puisque que la tombe reste notre demeure,

Puisque le sable ronge comme un rat notre honneur

Au fond des ténèbres…

Même au ciel bonheur et sexe sont amour de la vie et les amants mènent la sarabande

Ecrit par Luce Caggini le 08 juin 2013. dans La une, Ecrits

Même au ciel bonheur et sexe sont amour de la vie et les amants mènent la sarabande

Je n’ai connu la joie que dominé par un amour dont jamais sur terre j’aurais même osé penser.

Ma mère comme la vierge Marie imitait son art d’être joyeuse en rêvant du prince charmant oranais amoureux d’une nomade musicienne et romanesque compagne d’un monarque de la montagne de Berbérie.

Inondé de son rêve, je me nourrissais avantageusement des sonnets musicaux et poétiques, inoubliables admirables dans ma vie intra utérine.

Marqué par ma joie de danser aventureusement un temps de mode cadencé mené par le roi du tango, muet d’admiration du dénouement de son aventure avec la muse du rêve d’un soir, puis surpris de l’innocence flambée de son amour pour sa belle fiancée prenant un pauvre jeune homme pour le roi des Belges, finalement angoissé par le souci inqualifiable du développement divertissant de l’artiste camouflée sous la détestable aptitude de nomade, il annonça à sa belle qu’elle était pauvre et vieille.

Unis et désunis par un rêve, deux amoureux de la même version avec la même compétence de ne voir que amour là où il n’y avait que sexe furent ainsi noués et dénoués jusqu’à être deux étrangers au point de n’avoir pas su magnifier le joli mot de Amour.

Mon choix d’être à la fois heureux et immensément courageux ne fut que de montrer au grand jour et au monde que même en étant marginal et inondé de vie rêvée par la conduite bénie de ma courageuse mère, on ne peut jamais faire le bonheur de son père et de sa mère.

Je nommais la conduite de nomade le plus beau titre que Dieu pouvait décerner à une amoureuse de la terre.

Tweet… Tweet… Tweet en dentelles de Chine

Ecrit par Luce Caggini le 01 juin 2013. dans La une, Ecrits

Tweet… Tweet… Tweet en dentelles de Chine

Comment une artiste, nommée Luce Caggini, entubée par un voyou prépare son système de défense pour récupérer ses sous et son tableau.

 

Dans le monde actuel, même les oiseaux peuvent magnifier la vie des hommes qui ont joué avec le feu. Le mobile de ma petite phrase est tonalisé par le magnifique pont d’or que m’a donné le Sieur Peter.. deux points.. dont le mobile a été la voracité du mariage de deux extrémités, la morgue et la musique de Rachmaninov. Par la suite les engueulades amaniteuses, ammoniaquées et enduites de chienlit prirent le relais dans la caravane des agnelles dont je fus, à ma connaissance, la dernière née.

Mais dans le troupeau qui suivait la marchandise il y avait un marchand d’oiseaux qui avait tellement de moineaux que même sans qu’il en donnât mémoire à ses volatiles ils eurent l’art de répandre le nom de l’aigrefin Peter deux points aux quatre coins du monde et même dans la Cité de Singapour.

Dans ma valise de soie il y a…

Ecrit par Sabine Aussenac le 01 juin 2013. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Dans ma valise de soie il y a…

Imbattable. Je suis imbattable en déménagements, depuis ce jour où l’Éducation Nationale m’a, pour mon premier poste, envoyée civiliser l’Auvergnat… Au gré des mutations au hasard de notre douce France, puis, plus tard, de mes deux mariages et de mes deux divorces, sans oublier mes premiers déménagements dans l’intra-muros de ma chère Ville Rose, j’ai développé de véritables stratégies de combat, élaborant au fil de ces 23 exodes toute une méthode consistant par exemple à envelopper le « fragile » dans du linge, à caler le haut des cartons avec un album ou une BD, recouvrant l’ensemble d’une peluche, déballant ensuite d’étranges miscellanées où une théière voisine avec le Musée d’Orsay et un marsupilami.

Je vous passe la savante numérotation au marqueur de tous les cartons, à chaque pièce du futur lieu de vie étant attribué un numéro dédié, ainsi que le marquage patient des gros sacs poubelles emplis de vêtements finement roulés tels du kloug sous les aisselles avec des étiquettes elles-mêmes couvertes de gros scotch transparent. C’est bien simple : je me suis demandé si je ne devrais pas louer mes services pour aider de pauvres fonctionnaires mutés à économiser une partie du déménagement en « catégorie C », la moins luxueuse, qui revient quand même, dans le meilleur des cas, à plus de 2000 euros hors taxes…

Bon, et en fait, là, je fais la maline alors que je ne sais même pas encore COMMENT je vais, cette fois, passer du point A au point B, n’ayant ni envie de perdre quatre jours dans un fourgon ADA, ni les moyens de dépenser un mois de salaire en entreprise de déménagement lambda…

Mais ce n’est pas de cela dont j’avais véritablement envie de vous parler, entre la grisaille épouvantable de ce mois de mai qui se prend pour octobre et mon appartement qui, en ces temps de grand chambardement, ressemble de plus en plus furieusement à une coloc d’étudiants en médecine débordés par leurs soirées, et de moins en moins à celui de cette prof vieillissante que je suis censée être, réellement.

Au fil d’aurore

Ecrit par Gérard Leyzieux le 01 juin 2013. dans La une, Ecrits

Au fil d’aurore

Au fil d’aurore se trace le miroir du jour

Doigts fluides qui coulent sur l’avenir

Dans la chaleur des accords majeurs, ferveur

Du haut du phare un goéland s’élance

Et la parole lâche ses mots étonnés

Délicat ressac du verbe, solitude partagée

Goutte à goutte d’éternité, elle

Senteurs marines sur l’hiver échevelé

Te le souffle au pied des éléments déchaînés

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