Ecrits

Marie était jeune, juive et croyante

Ecrit par Luce Caggini le 21 mars 2015. dans La une, Ecrits

Marie était jeune, juive et croyante

Un sms ailé brodé d’or, un battement d’ailes, trois géographes re­traités un peu désorien­tés en branle avec deux doigts sur leur pen­dentif en rubis engendrèrent chez l’exaltée une montagne de rêves ensevelis depuis trois mille ans dans les ordres des moniales de Jordanie. Mais il lui faudra encore attendre qu’un arabe en plein désert se singularise pour amorcer un réel dialogue avant de lever le voile sur la partie paradoxale de son rêve.

Quel qu’en fut le prix, Ana, comme une autiste obscène s’expo­sait jambes écartées à un être lointain dans une langue étrangère, sur un lit à colonnes sublime ouvert à une cour d’admirateurs de femmes avides, d’acteurs médiocres, d’auteurs encore plus mé­diocres, mais femme elle détenait cette force créatrice qui faisait d’une pas­sante de la nuit une amante apaisée.

Avec un vent léger chaud caressant, une petite felouque de quatre sous peut être en­couragée à déployer ses voiles pour que la vie ne soit pas seulement un mirage mais un point d’attache en terre ferme.

– Souvenez-vous, mon rabbin d’occa­sion, comment nous avons buté l’un sur l’autre. J’avais profité d’un journal partant je ne sais où et je jetais une bouteille d’eau pré­cieuse dans un océan avec la folle certi­tude que je me liais à tous ceux qui auraient la patience et la gentillesse de me lire. Je n’avais pas attaqué dur. Vous m’avez saisie et comme ces petites lumières qui brillent une fois, pour une personne, vous m’avez fait exister.

– Ma chère Ana, nommer un chant d’amour c’est aussi nommer D.ieu, donc je me maudis de ne pas être le juste partenaire de tes nuits car rien de plus néfaste que la petite étincelle qui magnifie la fameuse pa­racha qui me dit de me garder d’un violent poison des mots, du corps mordu par la vie des sens. Donc ne va pas imagi­ner, ma chère, que désir et amour sont dans le même lit.

Il faudrait un Himalaya d’ablu­tions et de génu­flexions pour pardonner ces accents, ces ambi­guïtés bien ordonnées, tout ce bastringue de philosophe à la noix pour se laisser bai­ser sans penser : il se la joue avec un compas dans l’œil droit.

Plus qu’un pincement serré, c’était une lapidation, une charge d’as­pics, un désenchantement dévastateur qui la ra­mena au sec dans un plumard dévasté parce qu’il fallait bien appeler honte de s’être laissée aller à un tel degré d’intimité avec par-des­sus le marché l’optique d’avoir été agitée comme un hochet.

Monsieur noir,

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 21 mars 2015. dans La une, Ecrits

Monsieur noir,

Monsieur noir,

Ouvre la porte, monte l’escalier, passe dans un couloir,

C’est un homme,

C’est un loup,

Les contours de son visage se découpent de l’ombre,

Et enfin il entre dans la chambre,

D’un absent,

Innocent !

Un sens assis et qui colore son sang,

Un sens conscient de sa maladie,

Conscient de ce qu’il écrit,

Un message pour lui-même,

Un message pour ses poèmes,

Un message pour sa mort et l’homme qui enterre,

Un autre petit message pour les vers de terre,

Et au questionneur sans prénom ni odeur.

Au questionneur habillé en blanc et qui porte une fleur,

Sans couleur,

Sans parfum,

Sans le mot de la fin,

Sans sens.

Eclats d’humeur alcool, cigarettes

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 21 mars 2015. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur alcool, cigarettes

Alcool, cigarettes

 

Des vanités

Des faux-fuyants

 

Des ronds dans l’eau

Des drôles d’oiseaux

 

Des peurs cachées

Des vies désirées

Des alcôves fardées

Des petits bouts de rien attachés à un rêve…

 

Des paysages

Des aventures

Des fantaisies sans partition

Des ouvertures

Des fermetures

Des chutes de l’âme ou des vertiges

 

Des faux caprices

Des fausses manières

d’être et de vivre

en ayant l’air

Eclats d’humeur - Genre humain

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 14 mars 2015. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur - Genre humain

Genre humain

Espèce d’homo sapiens

Classe de mammifère

Famille de primate

Branche d’eucaryote

Ostique, vertébré, crâniate, bilatérien, métazoaire…

 

Je suis tous ces mots-là

rangés dans un tiroir

 

Un champignon rêveur, un salsifis pensif

un fruit au noyau dur et aux poils veloutés

qu’on épluche au couteau

de la science sacrée.

Le grouillement des apprenants !!

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 14 mars 2015. dans Ecrits, La une, Education

Le grouillement des apprenants !!

Peut-on dire et approuver, voire adopter que nos universités produisent des universitaires au sens propre du mot. Je ne pense pas. Imaginez-vous un Licencié qui ne sait même pas rédiger une demande ou écrire une lettre ou diriger une conversation orale sans commettre un « tas » de fautes et d’erreurs. Le plus grave, et le plus catastrophique – à mon sens – l’état dramatique du « maigre » Savoir de certains nouveaux jeunes médecins diplômés entre guillemets, qui trouvent constamment des difficultés énormes à converser avec leurs patients pour ne pas dire « conférer ». S’entretenir avec maîtrise, avec altitude d’un Savoir compétitif ou d’une aptitude influente est un art d’éloquence, c’est un élément nécessaire, indispensable, voire une astuce d’ingéniosité invariable, irrésistible, ce n’est pas une plaisanterie, une galerie, ou une galanterie aux dépens de la science et du savoir.

Vous voyez l’état que nous vivons actuellement. C’est triste et écœurant quand même de constater cette médiocrité au sein de notre société et notre sphère universitaire y compris son cycle supérieur ; chose qui n’était pas inusitée auparavant. Pour débattre ce sujet, il me faut, comme il vous faut, toute une étude linguistique analytique, et ce n’est pas le moment. En outre, je ne nie jamais les potentialités, les capacités éblouissantes excitantes. Ainsi que les lumières attrayantes qui ne cessent d’illuminer, hermétiquement si j’ose dire, notre univers universitaire (je parle toujours des jeunes universitaires), par leurs recherches et capacités intellectuelles remarquables.

Avant de clore ce petit papier, je tiens à souligner que certains facteurs demeurent, à mon avis, responsables vis-à-vis de ce conflit de médiation relationnelle actif, interactif, instrumental, inter-générations, qui s’intègre dans un enseignement instructif tout à fait différent à celui qu’on enseigne actuellement à nos élèves et étudiants dans tous ses aspects pédagogiques, didactiques et autres. L’enseignement scolastique issu des anciennes méthodes pédagogiques, adapté au processus de formation continue, et aux éléments de transmission de connaissance, peut gérer une évolution didactique et lui donner sa vivacité éducative, et pourquoi pas esthétique, promotionnelle au sein de notre société et notre locution quotidienne si on assume convenablement tuteurs, tutelle, notre tâche. Quoique la formation inhérente de notre ancienne génération qui reste toujours l’élément le plus nutritif, et plus efficace, actuellement et jadis, une renaissance surgit à l’univers.

Clefs des champs

Ecrit par Sabine Aussenac le 14 mars 2015. dans La une, Ecrits

Clefs des champs

Je suis un champ de tournesols

Grisés de vent et de soleil

De ma cocagne belle obole

Et butinés par mille abeilles.

 

Je suis un grand champ de lavande

Odorantes bruissantes pastelières

De bleue Provence toute offrande

Et des parfums vraies dentellières.

 

Je suis un champ de coquelicots

Les peintres m’ont dévoré du regard

Dévale printemps en pourpres accrocs

Vermeil en feu je pique un fard.

Cousin, cousine…

Ecrit par Sabine Aussenac le 07 mars 2015. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Cousin, cousine…

J’ai revu G.

Cela faisait une bonne quarantaine d’années que nous ne nous étions plus rencontrées.

Non, ce n’était pas un repas d’anciens élèves. G. est ma cousine. Une cousine « issue de germain », comme le dit merveilleusement notre belle langue. Et elle l’est à tous les sens du terme, puisque c’est la fille d’un des nombreux frères de ma grand-mère… allemande !

Je l’ai vue arriver, toute jolie, derrière la vitre de l’hôtel où j’étais descendue outre-Rhin, pour mon pèlerinage mémoriel, et j’ai reconnu en elle, en une fraction de seconde, cette sororité mâtinée d’altérité, ce « petit quelque chose » qui fait de nous des « parentes », des alliées, des proches.

Nous nous étions déjà parlé au téléphone depuis quelques semaines, nous avions échangé des mails. Ce soir-là, nous avons parlé une bonne partie de la nuit, intarissables, comme si nous nous étions quittées la veille, alors que des pans entiers de nos existences nous étaient encore inconnus quelques jours auparavant.

Un peu comme dans la chanson de Bécaud, nous avons tout mélangé ; pas de Lénine ni de Champs-Élysées pour nous deux, mais nos parcours respectifs, et surtout tous ces récits familiaux croisés : mes filles et celles de son mari, son petit frère mort si jeune, la fratrie de son père et de ma grand-mère, la guerre, l’après-guerre, toutes nos « histoires de famille » se confondant avec l’autre, la Grande Histoire…

« Je ris merveilleusement avec toi. Voilà la chance unique », disait René Char. Nous avons ri, aussi, comme des collégiennes, toutes excitées par ces retrouvailles, sans même toucher au bon vin italien du petit restaurant où la patronne est venue plusieurs fois écouter nos délires, toute contente pour nous.

Et puis nous nous sommes quittées en nous promettant, cette fois, de ne plus perdre le contact, parce que soudain il nous apparaissait capital de ne pas s’oublier à nouveau, de nous souvenir de cet héritage mémoriel qui revenait à nous comme une surprise inespérée.

Parce qu’un cousin, c’est cette improbable magie qui à la fois nous ancre dans l’enfance et peut, comme un cordage de navire, voguer avec nous contre vents et marées, tout en nous laissant libre comme le vent. Nous ne nous devons rien, dénués de toute contrainte, de toute vassalité parentale ou filiale, mais nous savons aussi que nous pouvons à tout moment faire acte de parentèle, retrouver l’union sacrée de ce terreau familial qui nous fonde et nous porte.

Essay for Reflets du temps

Ecrit par Ricker Winsor le 07 mars 2015. dans La une, Ecrits

Essay for Reflets du temps

Asia Air Flight 8501

In a high rise hotel in Surabaya, a quiet week waiting like so much of life, my wife makes miniatures of snacks in clay for jewelry ideas and I download Nordic Noir. A trip to the gym to stay the decline, then I dream more vividly than I live and solve problems there I couldn’t understand awake, and feel stupid against it all. Can a thunder clap blow you out of the sky, fair-weather friend ? On our daughter’s phone I see the portrait of four handsome young men in the virility of youth whose bloated bodies, one by one, are now delivered up, home for the holidays.

Ricker Winsor, Surabaya, Indonesia  Jan. 2015

 

The Seventieth Year

That I am just now, this month, seventy years old is a surprise to me. Sometimes I recount the many ways I might have died, the recklessness that tempted death. The youth of my generation didn’t think life after thirty was worth living and we hoped to be dead by forty, and some of us were. I survived the snares and traps somehow and I squeezed a hundred lifetimes in this seventy years. Remembering it all makes me tired. Noting the decline of my body makes me tired. And yet, despite the fact that skin hangs on my body in places where it once had a firm grip on muscle and flesh, despite my chagrin when viewing current pictures of myself ; despite all that, this condition of time right now is in many ways the nectar of my life.

There is more subtlety, more nuance to my life now. Before, there was action, libido, and the excitement of taking risks. There was also failure and regret. Most of that has vaporized into the ether but not regret. It does not go away although it is softened by time. Time mixes it into a rich broth by adding nostalgia, melancholy, happiness, and the memory of clear days and the freshness of youth. Out of all that, time creates a unique cuisine, a bazaar of tastes and recollections experienced in the mind.

The mind has always been the locus of greatest entertainment for me. This might be an introvert trait ; introverts generally tend to be happiest in their own company. Joy of mind comes from what imagination adds to what I experience as external reality, a reality I often find disappointing in one way or another. I have come to accept this as part of the human condition. Occasionally I relax my judgmental sensitivity and experience a moment’s fleeting peace.

Le vieillissement

Ecrit par Jean-François Vincent le 07 mars 2015. dans La une, Ecrits

Texte de Ricker Winsor, traduit de l’anglais par Jean-François Vincent

Le vieillissement

Vol Asia Air 8501

Dans un hôtel tout en hauteur, à Surabaya, une semaine tranquille passée à attendre, comme c’est le cas d’une bonne partie de la vie, ma femme fabrique des casse-croûtes miniatures en argile, prototypes de bijoux, et moi je télécharge des romans noirs scandinaves. Un petit tour à la gym pour stopper le déclin ; puis je rêve de manière plus vive que je ne vis, résolvant des problèmes, qu’éveillé j’étais incapable de comprendre, et je me sens tout bête. Est-ce qu’un coup de tonnerre peut vous balayer hors du ciel, cet ami par beau temps ? Sur le portable de notre fille, je vois le portrait de quatre jeunes hommes, séduisants dans leur juvénile virilité, dont les corps hypertrophiés nous sont livrés, un par un, à la maison, pour les vacances.

Ricker Winsor, Surabaya, Indonésie, janvier 2015

 

La soixante-dixième année

Cela me surprend que j’ai, là, maintenant, ce mois-ci, soixante-dix ans. Parfois, je me rappelle des nombreuses manières par lesquelles j’aurais pu mourir, de cette intrépidité qui a tenté la mort. Les jeunes de ma génération pensaient qu’après trente ans, la vie ne valait pas la peine d’être vécue et nous espérions être morts avant quarante ans. Certains d’entre nous le furent. J’ai survécu aux pièges et aux chausse-trappes. D’une certaine manière, j’ai concentré une centaine de vies dans ces soixante-dix ans. Me souvenir de toutes me fatigue. Noter le déclin de mon corps me fatigue. Et pourtant, en dépit du fait que la peau de mon corps pendouille là où elle s’accrochait fermement aux muscles et à la chair, en dépit du chagrin que j’éprouve en regardant mes photos récentes ; en dépit de tout cela, ce temps que je vis maintenant est, à bien des égards, le nectar de ma vie.

Ma vie actuelle offre davantage de subtilité, davantage de nuances. Avant, il y avait l’action, la libido, le frisson du risque. Il y avait aussi l’échec et le regret. L’échec s’est évaporé dans l’éther, mais pas le regret. Il ne disparaît pas, bien qu’il s’adoucisse avec le temps. Le temps le mélange en un riche bouillon, en y ajoutant de la nostalgie, de la mélancolie, du bonheur et le souvenir de ces jours clairs, de la fraîcheur de la jeunesse. A partir de tout cela, le temps crée une cuisine unique, un bazar de goûts et de remémorations de toutes les expériences de l’esprit.

L’esprit a toujours été le lieu de mes plus grands divertissements. Ce peut être la marque de l’introversion. En général, les introvertis tendent à ressentir le plus de bonheur en leur propre compagnie. La joie de l’esprit vient de ce que l’imagination ajoute à l’expérience en tant que réalité externe, une réalité que souvent, d’une manière ou d’une autre, je trouve décevante. J’en suis venu à accepter cela comme faisant partie intégrante de la condition humaine. Quelquefois, je mets au repos ma tendance à tout juger et je goûte un moment de paix fugitive.

La Tourterelle. Celle-là...

Ecrit par Martine L. Petauton le 07 mars 2015. dans La une, Ecrits

La Tourterelle. Celle-là...

Dans le jardin du Midi, il y a des tourterelles… « dans le jardin de mon père, les lilas sont fleuris… la caille, la tourterelle… »( si je me souviens !)

Là où nous habitions avant – en face, quasiment – il n’y en avait pas, mais, par contre, suivant le fleuve Lez, pontifiaient sur les toits, des mouettes – peut-être « rieuses » – dont le cri sonore gorgé de goût de mer faisait mon bonheur…

Plus j’avance en âge, plus j’aime les jardins et leurs petites bêtes. Oiseaux... Mon père, homme de grand air, de bêtes conséquentes, de celles qu’il chassait, à ses chiens les chassant, à la fin de sa vie, s’y intéressait d’autant plus – et notamment à la présence rassurante de leurs chants – que ses fenêtres étaient devenues pour lui, santé oblige, son seul  extérieur, donc, jardin. Quand il est mort, ma première pensée fut, je crois : « - la nuit, à présent... et plus aucun chant d’oiseau… »

Qui sont-elles, mes tourterelles voletant de ces hauts peupliers bruissant au moindre souffle (la nuit on dirait souvent, du coup, qu’il pleut finement), à ces immenses cyprès-cierges typiques de Montpellier : – ah ! me dit « avé » l’accent, et un rien de fatalisme dans la voix, un de mes artisans au moment où j’emménageais – vous en avez de beaux cyprès, juste devant vous ! mais ce sont ceux qui donnent les allergies… On aurait vite fait, la petite bête, de la classer colombe, ou pigeon – même gabarit, tout ça et mêmes roucoulades. Tableau à la Colette de chaque matin de soleil, sur la terrasse, que ces vols et ces chants, que seules les cigales, à la saison, parviennent à surpasser, de leurs stridences inimitables. Dès notre arrivée, notre petit  matou, du reste, n’en est pas revenu – elles volent parfois au raz des rambardes – et, depuis, il continue, par d’interminables guets, d’espérer qu’un jour viendra où son tableau de chasse s’honorera enfin d’une aile attrapée en plein vol, et d’une cuisse fine et goûteuse dégustée ensuite à l’ombre fraîche… On en deviendrait poète :  « et dans les yeux du chat passe l’aile blonde de la tourterelle… »  Mais il en est des tourterelles, comme des gens ; bref, comme de toutes espèces : elles sont plusieurs, et tellement différentes. Les « Blanches » – juste la coquetterie d’un fin collier noir sur la nuque, chantant parfois plus de 10 fois d’affilée un « ouu-ouuu-ouuuuu » long comme un message (d’amour ? sachant qu’elles vivent en couple vraiment fidèle, se bécotent de fil électrique en branche ployant sous Tramontane, mais ! las ! n’en dites rien à vos petits-enfants, certains mâles pourraient avoir des aventures extraconjugales – murmure-t-on !). Les « Rieuses », qui, surprises positivement, ou en joie (reste à savoir de quoi), lancent à la cantonade des « ah… ahhhhhhhhhh ». Tout ça, à l’analyse, ce ne sont pas les miennes… qui s’avèrent être des « Turques ». Oui, madame ! des émigrées en ces temps de montée du vote Front National, même là, en ce Montpellier si lettré et surtout, tellement synonyme, depuis son lointain Moyen âge, de cet heureux mélange des cultures, usages et langues. Au bout du bout, cette Turque, arrivée de bonds en bonds depuis l’Inde au siècle dernier, sonne bien avec ce que j’aime tant en Montpellier ! Je rêve à  ses ancêtres piqués au vent du Bosphore, plus froid qu'on ne le croît, en haut d’un des minarets de la Mosquée Bleue, ma préférée d’Istanbul la sublime.

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