Ecrits

Oublier

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 30 août 2014. dans La une, Ecrits

Oublier

Il a oublié

Que ses yeux étaient bleus,

Le ciel aussi,

La mer,

Il a oublié le sourire de sa grand-mère,

Et ses histoires qui le faisaient dormir.

Il a oublié,

Que la pluie le faisait réfléchir,

Que la pluie avait toujours un effet étrange sur lui.

Aujourd’hui,

Il fêtait ses 79 ans,

Il a oublié ce vieil amour qui dormait à ses côtés, depuis longtemps,

Cette chambre, ce lit,

Cette maison,

La joie, le bonheur,

Son petit jardin,

La balançoire fixée à une grosse branche et les fleurs,

Il a oublié ses réussites, ses combats, ses pertes, ses espoirs,

Et ses blessures.

Billet fou : Entre moi et moi ! Vertiges d’entre les pierres… Tatsumi Hijikata… Dis-moi

Ecrit par Luce Caggini le 30 août 2014. dans La une, Ecrits

« Nous sommes les pierres vivantes de tous les murs que nous construisons en nous-mêmes, au plus inconnu de notre mémoire »

Billet fou : Entre moi et moi ! Vertiges d’entre les pierres… Tatsumi Hijikata… Dis-moi

L’un

Mur de la Mort ?

Mur de la Vie ?

Mur du pari de mettre en valeur le nom de Marie sur la voie de la célébrité, quand elle donna naissance au fils de l’homme ?

L’Autre

La providence du mur du savoir du peintre est le mot mémoire,

Le magique mot de la vie de la mémoire est vie de l’âme.

L’Un

Est-ce l’artiste ou l’écrivain que tu attends au coin de la rue ?

Souviens-toi de Kandinsky : « notre époque est celle d’une collision tragique entre matière et esprit ».

L’Autre

L’art pictural a cessé depuis longtemps d’être uniquement décoratif !

Et quel serait ce mot, si le Temps n’avait pas un père ?

Mais, Le Temps a un père, c’est le magnanime orageux don de la vérité. Celui que tu ne cesses de rechercher, au risque de te blesser…

Dis-moi, je t’en prie, la condition initiale pour frôler cet élan créateur.

Le maître mot de la vie des écrits est une fatuité suffisante des peuples dotés de joie de la vie sur terre, sans le savoir.

Et je ne peux m’empêcher de te le dire et redire en jetant cette bouteille à la mer.

Eclats d’humeur (12) Dimanche comme un village

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 30 août 2014. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur (12) Dimanche comme un village

Dimanche comme un village

le plus joli du coin

sans décors ni flonflons

pour déguiser les rues

 

Dimanche arque bouté

sur l’eau de son passé

pensif entre les phrases

d’un livre toujours ouvert

 

Dimanche  qui rêve encore

à un vide plein d’atomes

avec dans ses poches

les bosses de la semaine

 

Dimanche renégat

putain ou ivre à souhait

de souvenirs cassés

par l’enfant trop gâté

 

Dimanche qui se respire

se murmure dans la niche

d’une église au tronc d’or

couronné de poussières

Chou, hibou, caillou, GENOU…

Ecrit par Sabine Aussenac le 23 août 2014. dans La une, Ecrits

Chou, hibou, caillou, GENOU…

Bon, je sais, je n’écris pas dans The Lancet ; je ne suis même pas bloggeuse sur Doctissimo. Ni même interne à l’hôpital d’Auch, hôpital sur lequel je n’ai pas le même regard attendri que ce jeune bloggeur devenu écrivain, lui…

Baptiste :http://www.ladepeche.fr/article/2013/11/01/1743385-auch-alors-le-voila-ce-celebre-baptiste-blogueur-ecrivain.html...

Sabine : http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2014/04/18/la-chute/

 

Pourtant, aujourd’hui, ni poème, ni coup de tête contre les masculinismes, ni rêves culturels : je voudrais vous parler de mon genou.

Le droit, plus précisément. Et puis à tant qu’à faire, de tout le « membre inférieur droit ». Oh, rassurez-vous, je n’ai pas les chevilles qui enflent, je ne me prendrai pas pour une spécialiste en blouse blanche. Juste un petit récit, qui voudrait dénoncer certaines dérives des « hommes en blanc », justement, et des incompétences…

C’était, je crois, en février. Un samedi matin, me voilà à changer, dès potron-minet, le bac de mon ex-chat. En me baissant, soudain, je sentis comme un frémissement dans le genou. Comme si ma jambe avait, une fraction de seconde, lâché. Je n’y prêtai pas attention, plutôt préoccupée par mon dos de quinqua, toujours à rouspéter dès que je porte du poids…

La semaine qui suivit cet incident mineur fut marquée par une mémorable grève de Tisséo, le service de transport toulousain. Plus aucun bus, ou presque ! Hélas, je m’étais, comme chaque année, inscrite à l’agrégation. Et comme tout prof qui se respecte, même sans avoir lu la moindre œuvre au programme, je voulais y aller, pour me colleter aux traductions – l’espoir fait vivre… Me voilà à arpenter ma ville rose en tous sens, marchant plusieurs heures par jour pour attraper le métro, depuis mon quartier qui, sans bus, ressemble à quelque banlieue esseulée. C’est en fin de semaine que je ressentis les premières douleurs.

Une gêne, d’abord, à la marche. Dommage, car je venais de reprendre, presque un an après mon accident sus cité, le jogging, le yoga, le step… Une douleur, très vite, aussi, sourde, au départ, vaguement située autour du genou, et puis, de plus en plus lancinante, gagnant la cuisse, la hanche, le mollet, même, mon beau mollet d’ex-cycliste ayant fait l’Europe en vélo avec ex-mari number one, et, pire, le pied ! Me voilà à me tordre de douleur toutes les nuits, ne trouvant plus le sommeil. Me voilà à ne plus pouvoir me lever après être restée assise sans une grimace de souffrance. Me voilà à boiter, comme dans :

https://www.youtube.com/watch?v=GG6cN5Gnf7k

Eclats d’humeur (11) Parole d’homme

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 23 août 2014. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur (11) Parole d’homme

En goutte à goutte

les instants perlent

creusent sous l’écorce

la peau du secret

 

Le tien

le mien

le « Je » univers

qu’on prenait pour un jeu !

 

Farces et attrapes

la vie nous étale

et l’on attend, on attend…

 

La main qui viendra

le sourire de l’esprit

au visage sans pardon

puisqu’il a déjà dit

Billet fou : Là-bas… les autres…

Ecrit par Luce Caggini le 23 août 2014. dans La une, Ecrits

Billet fou : Là-bas… les autres…

Les bruits de la ville se sont évanouis, des gens nouveaux se substituent aux gens d’avant, les pas sont comptés, les murs ont changé de visage, les grilles ne sont plus en fer forgé, les ors ont fondu.

Une sauvagerie presque cannibale s’est emparée des lieux. Les « si » tournoient dans une virtualité infernale.

Les murs ont bouché toutes les rues du possible.

Ils avaient tué, blessé et même pire, les braqueurs, les assassins, les terroristes. Devant nous, derrière nous.

Des hommes, toi, moi.

L’humanité en éclats.

Dans leurs quatre murs, ils ont pissé le sang de la cruauté et de la détresse.

Un univers caillassé dans la tête.

Un jour, un rai de lumière, venu on ne sait d’où a filtré depuis les ténèbres.

Compteur à zéro pour autant ?

Non pour les victimes…

Non pour eux-mêmes…

Enlisés dans leur planète à 400 millions de kilomètres de notre vie légère, ils glissent dans le silence des mots gargantuesques qui s’engouffrent dans leur tête et projettent les murs en éclats comme les rues de Gaza minées par des missiles.

Entre les parois de la honte, les agneaux du monde carcéral mondialisent la pensée, murissent doucement une chaîne de questions dans lesquelles une seule est, à mon avis, essentielle : par quel chemin de croix doit passer la réalité d’une rare  étroitesse dans le couloir englué de millions de paires d’yeux voraces uniquement désireux de crucifier une chair damnée, argileuse, immolée dans du béton sans croix ou autre signe du ciel ?

Mon motif de compréhension purement ingérable par Camus dont la justice a été muselée dans une cage unanimement dédiée à sa mère m’autorise modestement à être unie magistralement à mon agent de maîtrise de la purification des mots par lesquels une chose est sûre : aucune mort au monde ne se ramifie au restant d’une vie ad vitam aeternam sans que le sens de la partie la plus généreuse de cette vie ne soit enfin mise sous les feux de la rampe médiatique.

Billet fou : Le ciel est tombé sur la tête des enfants de Gaza

Ecrit par Luce Caggini le 16 août 2014. dans Monde, Ecrits, La une, Politique

Billet fou : Le ciel est tombé sur la tête des enfants de Gaza

Je vois passer les bateaux

Les peuples en prennent plein la gueule

Les gosses sont étripés

La douceur de l’été a disparu…

Comment me la couler douce dans mon abri insulaire, dans un monde où tout se déglingue, sauf les profiteurs de la République, les faussaires de la Pensée, les trafiquants d’ordures, pendant que les avions sont par terre, les enfants de Gaza avec leurs visages ravagés par les bombes, courent nu-pieds sur les pierres de la haine ?

Entre le monde de la voix du sonnet de Pétrarque et la musique des enfers il y a un été à Ajaccio et un pur oratorio de monades en folies prêtes à être managées par le malin.

Comme dans un rêve je parle à Antoni.

– Maman, même un rêve est une réalité, mais contrairement à la magie d’un rêve, c’est un mariage doré dans le rêve et maudit dans la réalité. Nous étions en vadrouille tous les deux mais tu étais médusée par un centre de combattants monstrueux qui menaient un grand assaut en plein milieu de la Mer Méditerranée amenant des méduses dans le ventre des femmes voilées pareilles aux magiciennes dans le royaume des Rois de la Perse du temps de Persépolis quand les conditions de vie dépendaient de Darius. Mais dans le conflit qui opposait Darius aux Dieux de l’Olympe, il n’y avait pas de missiles dans le ciel des Palestiniens et des Israéliens. Dans le ciel des Persans rien ne pouvait éclater si ce n’est les orages du Roi Darius.

– Dans mon rêve j’ai entendu le mot d’un enfant dire à sa mère : maman, j’ai peur ; mais nul ne l’entendait, car un agneau qui meurt ne fait pas de bruit alors que la cage des lions du cirque de Magic Circus magnifie le combat des tigres et des jongleurs de la mare magnétique du mal dans un géant monstrueux jeu de roués de la Mer Méditerranée, un conglomérat de nomades et de nomadiques murs d’incompréhension durement manipulés par de nombreux et dangereux musiciens regardant les engagements de toutes les forces diaboliques venues du centre religieux des uns et des autres mener les barres de mesure par milliers dans l’ordre du vent de la haine.

C’est beau dans la tombe

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 16 août 2014. dans La une, Ecrits

C’est beau dans la tombe

C’est beau dans la tombe,

Le calme absolu, le repos,

Ailleurs, je l’entends chanter, c’est beau,

Un chant doux, envoûtant,

Cette voix, durera plus longtemps,

C’est blanc, ici,

Ce n’est plus noir ou gris,

« Continuez d’attendre » me dit une voix grave à côté

En dehors de cette absence, je l’entends encore chanter,

Je l’entends pleurer,

Sur moi.

C’est blanc ici,

Que dois-je faire ? Faut-il parler ?

Je dois peut-être écrire.

Sur soi,

Sur les autres, la vie, les choses,

Sur les mots peut-être employés sans songer à leur importance

C’est sans doute ici, où tout recommence,

Ou encore, c’est ici, où il faudrait savoir qui je suis ?

« Fermez vos yeux et continuez d’attendre » me dit une voix grave à côté

Entre le bruit sourd de ce vide et mes dernières prières, où sont mes rêves ?

Eclats d’humeur (10) Ma simiesque voisine…

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 16 août 2014. dans La une, Ecrits

Eclats d’humeur (10) Ma simiesque voisine…

Ma simiesque voisine

tes murs torchés au chagrin

ont la pesanteur de l’absurde

qui se noie à l’eau vive

 

Esprit en filigrane

brise-glace dans les villes

tu voudrais faire le clown

pour trouver les regards

 

Mais rien ne bouge vraiment

dans ces yeux comme des trous

qui courent à travers tout

sur des rails bien huilés

 

Ma simiesque voisine

as-tu déjà manqué

au rendez-vous des hommes ?

Toi qui as peint les jours

à coups de crans d’arrêt

et fait rêver l’ennui

sur un bout de trottoir

«  poèmes d'été » : L’été

Ecrit par Patrick Chavardès le 12 juillet 2014. dans La une, Ecrits

«  poèmes d'été » : L’été

Je vois dans ta voix les lignes de ta main.

Je vois un monde
à travers les mailles d’un filet de pêcheur.
Tu me parles avec un coquillage au bout d’une ficelle.
Je brandis contre la nuit un lucide couteau.

Le ciel est clair mais vide vide vide

Lumière Lumière tu as tué la lumière.
L’encre des mots l’a retenue. Ta voix dit tout.
Lumière tu m’as trompé.
Le rouge était caché sous la grisaille.
Toutes les couleurs m’ont abusé.

Je ne veux que ta voix de sable mon chevet.

Lumière Lumière laisse la nuit épaisse
à sa noirceur première.
Ne fais pas honte à ma colère.
Laisse le feu léger aux brindilles.

Lumière Lumière tu me suivais partout.
De l’hiver à l’automne
tu inondais les chemins fourbes
où l’amour aveugle criait son malheur.

Je marche les yeux clos
sur une grève où vient mourir ma guerre.
Sans toi je ne suis jamais que moi-même.

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