Et, d’un seul clic – mazette – l’équilibre politique semble avoir basculé, cul par-dessus tête. Comme on s’écrase dans le soleil, du haut du grand plongeoir ; l’eau est en bas, loin ; en attendant, ça crie, ça éclabousse ! Ça va vite, on a peur, peut-être. Faut dire qu’elle est belle, celle qui tombe, visage sérieux et énigmatique d’une Ingrid Bergman, mâtinée – mais en vraiment plus sage – d’une Lauren Bacall, au temps de sa splendeur…
Le tweet – pauvre petite chose roulante, riche de ses quelques caractères obligés ; terrible efficacité du net – n’est pas bien gros, mais fait, dans ce soleil entrant d’un été qui n’en finit pas de venir, un bruit d’orage ; que dis-je, pour certains, de champignon nucléaire – phase épanouie, s’entend.
Tragédie à l’antique, digne du grand Sophocle ; peu de personnages, dressés, sobres et terribles, dans l’austérité du paysage-tweeter : Royal, la première, Trierweiler, la seconde, le président, en fond. Mots durs, pesés, tuant autant que mille javelots ; pas de doute, les Atrides sont en vue, en pays « normal ». « Peuvent pas se voir ces deux femmes ! Si vous saviez, madame !… »
Quelque chose d’un bon Wagner dans l’amplification sonore dont se sont saisis aussitôt média, réseaux sociaux, opposition : la Droite, ces derniers jours est au « sapin de noël » de la politique ; guirlandes et chocolats… cadeaux enrubannés (pas les résultats de dimanche, quand même !), cris de joie de Copé… retenus, juste ce qu’il faut, pour laisser entrevoir une infinie jouissance.