Politique

JCall Europe, le 20 juin 2012

Ecrit par La Rédaction le 23 juin 2012. dans Monde, La une, Politique

JCall Europe, le 20 juin 2012

Oulpana : des dérives qui entravent la solution à deux Etats et menacent la démocratie israélienne

 

Le 6 juin 2012, le Parlement israélien a rejeté par les voix de 69 députés contre 22 le texte d’une proposition de loi qui avait été soumise par le « lobby des implantations ». Les partisans des implantations entendaient réagir par là à une décision de la Cour suprême d’Israël datée du 7 mai, confirmant un précédent arrêt, qui oblige l’État à démolir avant le 1er juillet cinq maisons du quartier d’Oulpana, près de l’implantation de Beit El en Cisjordanie. Ces cinq maisons, où logent aujourd’hui 230 Israéliens, ont été construites sur des terres privées palestiniennes.

En substance, cette proposition de loi prévoyait qu’en cas de construction sur des terres privées palestiniennes en Cisjordanie, le promoteur israélien se verrait reconnaître un droit de propriété sur ces terres dès lors qu’il affirmait « de bonne foi » pouvoir y prétendre. Devant le tollé international provoqué par cette législation destinée à « contourner la loi », le Premier ministre Benjamin Netanyahou a dû appeler les députés à voter contre elle, et a menacé ses ministres de les démettre de leurs fonctions s’ils soutenaient cette proposition lors du vote à la Knesset.

VIP et NIP ... au risque de la cour ...

Ecrit par Martine L. Petauton le 23 juin 2012. dans La une, Politique, Société

VIP et NIP ... au risque de la cour ...

 

Les voyez-vous, tous, pressés derrière les barrières, l’œil aux aguets, faisant circuler rumeurs et vraies infos en un joyeux charivari. Ils attendent ; poignée de main ou – sait-on jamais, un autographe. Serait-on à Cannes, au bord du tapis rouge ? Que non pas ! Juste sur le passage du président de la république ; vrai depuis des lunes ! Vieux fond de monarchisme culottant la casserole de la République.

Vrai, aussi, ici, à Tulle, sur les quais, quand F. Hollande votait, l’autre dimanche – j’en suis un peu gênée – même si « notre » François, qui veut faire au plus simple, et sait, opérer la manœuvre, a rompu d’entrée de jeu avec le protocole – train, au côté des voyageurs, visite en simultané avec les visiteurs, l’autre jour à Caen, au mémorial… A bien l’air, celui-là, de tenter d’amarrer le bateau du côté du Nord Scandinave, où l’on se garde bien de confondre personnel politique et premier chanteur de rock venu !

Quoique ! La menace rôde encore un brin, puisque – et même à Tulle, je vous dis – comme une longue traînée de gnous, arpentant la savane, en quête de nouveaux pâturages, se pavanent, louvoyant, reniflant le doux fumet du pouvoir, le troupeau des VIP emplumés, suivis par des kyrielles de NIP (vous aurez traduit illico : « no important persons »).

Déraison d'état, Fabrice Tassel

Ecrit par Patryck Froissart le 23 juin 2012. dans La une, Politique

Déraison d'état, Fabrice Tassel

 

Eminences grises, conseillers spéciaux, rédacteurs anonymes et sans visage des discours des ministres et du président… qui sont ces personnages occultes, grassement rémunérés sur des fonds hors de contrôle, qui se terrent dans d’obscurs recoins des grands cabinets ?

Seuls les initiés, ceux qui constituent les « réseaux » complexes de la toile d’araignée de la gouvernance connaissent leur existence, parfois leur nom, plus rarement leur visage.

« J’en suis ! », dévoile pourtant Paul, le narrateur, qui gravit lestement les échelons de l’Intérieur à l’Elysée en passant par Matignon.

S’il s’agit là d’une confession, elle se fait sans contrition.

Paul est atypique.

Foncièrement, le personnage est un humaniste, un homme de gauche qui en est venu à rédiger articles, programmes et discours au service de l’idéologie d’une droite dérivant peu à peu vers l’extrême-droite.

L'honneur perdu de Valérie T ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 16 juin 2012. dans La une, France, Politique

L'honneur perdu de Valérie T ?

Et, d’un seul clic – mazette – l’équilibre politique semble avoir basculé, cul par-dessus tête. Comme on s’écrase dans le soleil, du haut du grand plongeoir ; l’eau est en bas, loin ; en attendant, ça crie, ça éclabousse ! Ça va vite, on a peur, peut-être. Faut dire qu’elle est belle, celle qui tombe, visage sérieux et énigmatique d’une Ingrid Bergman, mâtinée – mais en vraiment plus sage – d’une Lauren Bacall, au temps de sa splendeur…

Le tweet – pauvre petite chose roulante, riche de ses quelques caractères obligés ; terrible efficacité du net – n’est pas bien gros, mais fait, dans ce soleil entrant d’un été qui n’en finit pas de venir, un bruit d’orage ; que dis-je, pour certains, de champignon nucléaire – phase épanouie, s’entend.

Tragédie à l’antique, digne du grand Sophocle ; peu de personnages, dressés, sobres et terribles, dans l’austérité du paysage-tweeter : Royal, la première, Trierweiler, la seconde, le président, en fond. Mots durs, pesés, tuant autant que mille javelots ; pas de doute, les Atrides sont en vue, en pays « normal ». « Peuvent pas se voir ces deux femmes ! Si vous saviez, madame !… »

Quelque chose d’un bon Wagner dans l’amplification sonore dont se sont saisis aussitôt média, réseaux sociaux, opposition : la Droite, ces derniers jours est au « sapin de noël » de la politique ; guirlandes et chocolats… cadeaux enrubannés (pas les résultats de dimanche, quand même !), cris de joie de Copé… retenus, juste ce qu’il faut, pour laisser entrevoir une infinie jouissance.

La catastrophe du 6 mai 2012, Jean-François Kahn

Ecrit par Jean-François Vincent le 16 juin 2012. dans La une, France, Politique

La catastrophe du 6 mai 2012, Jean-François Kahn

Le 6 mai 2012, une catastrophe ?

 

Jean-François Kahn est un mélange déroutant de mauvaise foi assumée et d’une étonnante acuité de regard… Parfois ! Son dernier petit ouvrage en forme de pamphlet l’illustre d’une manière paradigmatique.

Certes, les raccourcis simplificateurs y abondent. Exemple parmi beaucoup d’autres, p.61 : « l’Elysée étant devenu le Moscou du Parti, il fallut, tels les partis staliniens des années 30, accepter sans broncher tous les tournants et tête-à-queue qui épousaient les humeurs et changements du guide suprême »… Et les erreurs – surprenantes de la part d’un homme pourtant très cultivé – aussi : p.52 « comme le suggérait Freud, “moi est un autre” ». Objection votre honneur ! Ce n’est pas Freud mais Rimbaud, et ce n’est pas « moi » mais « je »…

Pour autant, au milieu de ce qu’il faut bien appeler de la logorrhée, fulgurent certains éclairs de lucidité. L’intuition majeure étant que le ver est dans le fruit, et l’extrême droite dans la droite qu’elle a investie. Kahn prophétise « l’arrivée au pouvoir dans cinq ans d’une droite décomplexée, comme ils disent, c’est-à-dire “libérée” des tabous que le gaullisme, la démocratie chrétienne et le libéralisme de progrès avaient érigés (…) une droite “contre-révolutionnaire” comme on la baptisait au XIXème siècle, “réactionnaire” au sens philosophique du terme, dont le Front National et ses ministres constitueront le fer de lance ».

Mme Le Pen - le mal blanc de la France

Ecrit par Luce Caggini le 16 juin 2012. dans La une, France, Politique

Mme Le Pen - le mal blanc de la France

 

Même les cieux sont pétrifiés par les homélies de la toxique présidente du Front National car si Madame Le Pen est un être humain, nous les Arabes de la montagne n’agirions pas de cette façon, c’est-à-dire comme une sauvage n’ayant pigé que dalle à la mahousse crise du pays sans se soucier un seul instant des dégâts de son action vipérine.

Même en cheminant dans les méandres de l’Histoire, jamais entre deux pages de la période 39-40, le vent de l’histoire n’avait été envahi d’hystérie aussi blonde que celle de Madame le Pen.

 

Ma stupéfaction a une double excuse :

1 Je suis un produit métissé

2 Je ne sais pas lire le gothique germanique

L'Algérie, une province chinoise ?

Ecrit par Kamel Daoud le 09 juin 2012. dans Monde, La une, Politique

L'Algérie, une province chinoise ?

 

Un raz de marée. « Les saisies de produits contrefaits ont enregistré une hausse de 84,5% en Algérie l'an dernier, passant de 379.774 produits saisis en 2010 à 700.000 en 2011 », assurent les services des douanes algériennes.

Le bilan fait même état d’une sorte de catalogue des préférences des consommateurs locaux, des chinois fournisseurs et des importateurs distributeurs. En haut du palmarès des contrefaçons, les produits cosmétiques qui représentent plus de 57% des saisies. Il s’agit de la trousse de toilette de l’Algérien moyen, « notamment les dentifrices, shampooings et les rasoirs ».

C’est qu’en Algérie, on trouve toutes les marques qui se vendent en Europe pour la beauté du visage, le soin du corps ou le brillant de l’ongle et du sourire. L’Europe qui fait face inonde le pays de ses spots de pub, ses campagnes et ses imageries de marques et de fantasme.

Au fournisseur chinois, il suffisait de surfer sur la vague et de greffer des produits chinois sur le fantasme européen. Qui pleut par chaine satellitaires piratée. En Algérie, la rente pétrolière et les générosités du régime post-printemps arabe ont dopé la consommation d’une nouvelle classe moyenne de la rente. Une population de salariés grassement payés qui veut acheter, consommer mais aussi séduire, se parfumer, briller et bien s’habiller.

Une crise de la démocratie ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 09 juin 2012. dans Monde, La une, Politique, Société

Une crise de la démocratie ?

 

On nous parle, depuis longtemps déjà, d’une crise de la démocratie, en Europe ; crise qui ne concerne pas, en effet – globalement – l’Amérique latine, l’Asie, voire même une bonne partie de l’Afrique, comme l’ont montré, au premier chef, les processus de démocratisation engagés dans les pays musulmans du sud de la Méditerranée depuis janvier-février 2011. En effet, sur le « vieux continent », le système des démocraties représentatives semble ne plus vraiment bien fonctionner. Les critiques fusent contre les « politiciens » censés s’en mettre « plein les poches »… ! Une question cruciale se pose donc : qu’attendent les Français (et les Européens) de leurs « politiques » ? Comment les voient-ils et pourquoi ?

En fait, la situation de la citoyenneté est devenue (plus qu’avant) paradoxale. Avec d’abord le rejet des élites politiques, par le biais du « tous pourris » ; d’où le succès du populisme du FN en France (et de partis voisins, en Europe). Et, avec ensuite – en même temps… ! – une demande accrue du « notable-assistance », devant accorder des avantages, dans les régions, les départements et les communes ; sans oublier le député, « poubelle de la démocratie », puisqu’on le(la) considère de plus en plus souvent comme un moyen de piston personnel pour des interventions, et non avant tout comme un représentant de la nation, siégeant à l’Assemblée Nationale.

L'impôt, un droit de l'homme ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 02 juin 2012. dans La une, France, Politique, Société

L'impôt, un droit de l'homme ?

 

Des impôts ? Ciel, mais « c koi ça » ? ça les interloquait, mes tout petits collégiens, quand, dès les pages sur la Grèce antique, on venait à en parler. Pour le professeur, comme pour vous, cela allait pourtant de soi ; le théorème valait son pesant de Thalès : un état, son fonctionnement, l’impôt de tous pour faire face aux besoins de chacun… pour eux, les petites bouilles encore rondes et bien éveillées des 6ème, ça nageait visiblement en eaux moins limpides !

A la question « c’est quoi l’impôt ? », ils disaient « de l’argent » et, très vite, « qu’on donne ». Il y en avait souvent, un – petit drôle – qui corrigeait : « qu’on nous prend ». Mais à celle-ci : « pour quoi faire ? », le silence se faisait ; les regards tournaient ; le schmilblick, on trouvait pas… jusqu’à ce qu’on sonne la venue du jeu de rôle : « allez ! si on donne, on en fait bien quelque chose ! Si vous étiez l’état, vous en feriez quoi ? ». Et souvent, la moisson se faisait, naturelle, parce qu’ils étaient l’état… et s’installait dans les petites têtes, l’idée simple que dans ce soleil entrant de l’acropole toute blanche et neuve, la fiscalité prenait place dans la famille de la démocratie… « normal », dirait aujourd’hui, un certain.

Les armées "arabes" sont-elles solubles dans la démocratie ?

Ecrit par Kamel Daoud le 02 juin 2012. dans Monde, La une, Politique

Les armées

 

Que fera l'armée si elle perd la présidentielle en Egypte ? La question se pose en Egypte et ailleurs. La formule de transition décidera de la suite du printemps « arabe ». Les armées « arabes », gardiennes autoproclamées des frontières et de ce qu'il y a à l'intérieur, tuteurs des peuples tout juste décolonisés, sourcils froncés, arme dans le dos, uniforme sur l'épaule pour se distinguer des autochtones, mission de sauvegarde et culte du secret initiatique.

Etrange profession en fin de compte que celle des armées « arabes » : après la libération, la liberté surveillée et l'inquiétude. La conviction du tutorat s'est même consolidée avec le développement des fortunes, des intérêts et des corruptions stratégiques. Aujourd'hui, il en est devenu plus facile d'arracher un dictateur que de faire rentrer les militaires dans les casernes et les faire sortir des ministères et des entreprises et des hautes administrations : ceux-ci ont des intérêts, des industries, une histoire propre à l'intérieur de l'histoire nationale, des enfants, des comptes et des convictions. Difficile de passer ainsi à la démocratie.

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