Billet fou ! Dormeur du val ou bagnard du sexe ?

Ecrit par Luce Caggini le 31 mars 2012. dans La une, Actualité

Billet fou ! Dormeur du val ou bagnard du sexe ?


Il était une fois un géant et un lilliputien qui étaient amis. Mais vus de la terre dans le miroir de la lune, ils venaient de découvrir que le géant était un gorille-man joueur de magie mortifère, managé et imbibé dans un doucereux abrutissement de ventilation de chiffres et de lettres sans suite logique donc un impuissant ramené à sa fonction première qui était de se mouvoir en long et large et en travers dans les variations des trois dimensions sans faculté de concept ni de décision. Avec obstination, cet orang-outan jouait dans son petit coin à amadouer un amas de fourmis venues se montrer, par pur instinct de perdition, dans leur simple appareil.

Dans la minute qui suivit, l’orang-outan dut mener le plus rude combat de sa vie de singe des bois de la planète martienne.

En effet, les fourmis agenouillées et priant se mirent à invoquer la terre de leurs ancêtres et partirent en courant à l’assaut du géant velu, munies de leurs mille petites dents de fourmis et en deux petites heures, le pauvre gamin fut désossé et mis en pièces.

Bientôt le genre humain fut mis au courant et dut se rendre à l’évidence ; aucun des singes de la planète Mars ne fut épargné. Il furent tous pris pour des mendiants infatués de toutes les outrecuidances et aucun insecte ne sortit de son carré de mie de pain si ce n’est pour voler en escadrille de concert avec sa compagne venue de la même fleur que lui, dans un périmètre de choix, sauf s’il pouvait englober la terre, la lune et Mars.

Dans ce cas seulement, un avion et un papillon pouvaient convoler dans le même ciel.

Ingénument, à ma connaissance, un géant de la taille d’un orang-outan marié à une fourmi n’aurait pas pu additionner plus d’agilité nuptiale et d’engagement qu’un garde-mobile armé jusques aux dents, agile en manipulations dans un combat de mouches dans un tunnel.

Et comme aurait écrit Nietzsche, un orang-outan et un dormeur du val sont deux aspects de la même espèce sans la variante du mortifère aspect des nomades sexuels dans les marais de la nature, vus du ciel ou de la lune.

Dans mes rêves les plus fous, jamais aucune fourmi n’aurait jamais pu imaginer une plus belle douceur de vie qu’un jeu de mille-pattes sous les moufles d’un mi-homme mi-singe doué de mille ruses, mille danses imprévues, mille chants d’oiseaux, mille ondes de charme, de choc de couleurs dans une seule main avant de devoir vivre d’un coup de pattes avec port d’armes la fin miraculeuse d’un compagnon de rue des jours heureux.

Luce Caggini


A propos de l'auteur

Luce Caggini

Luce Caggini

Peintre. Ecrivain

Histoire  de  Luce  Caggini

Ma  biographie  c’est  l ‘histoire d’ un  pays, l’Algérie  coloniale qui m’a vue naître où j’ai grandi, l’Algérie indépendante qui m’a déconstruite.

Au fil du  temps s’est  édifiée en moi cette force  grandissante, réparatrice , bienfaisante qui me  nourrit d’ un  nouveau  sens de mon histoire.

Toutes ces années passées entre deux  rives, sans jamais accoster.

Dieu  merci, on avait des photos.

Le  moindre détail revenait réveiller la mémoire dont on ne savait plus si on voulait la garder ou l’expulser.

Je vis aujourd’hui dans une maison confortable, entre des murs épais, « Ma terre dans la tête  »  dans un lieu sans nom, peuplé d’ombres.

Un souffle d’air chaud me transporte mieux  que  ne le ferait un « Mystère-Falcon 20 »

Commentaires (4)

  • Simon Dominati

    Simon Dominati

    03 avril 2012 à 14:46 |
    Dommage qu’il faille regarder de si loin, car vu d’ici, déjà, lorsque les mots et les phrases sont opaques, noyés dans un brouillard à couper au couteau, les idées deviennent troubles puis évanescentes. On les regarde passer au-dessus de nos têtes comme des nuages capricieux qui s’effilochent par-delà notre envie de comprendre.
    Suis-je myope, faut-il chausser des lunettes aux verres magiques qui percent les mystères ?
    J’aime pourtant votre écriture, votre allure majestueuse, mais devant un texte Picasso, je me dis : c’est beau, il y a certainement derrière ce feu d’artifice quelque chose à comprendre et qui me dépasse.
    Je crois que j’ai compris mais je n’en dirais rien.
    A moins que je ne sois en train de m'égarer dans le lointain...
    • Luce Caggini

      Luce Caggini

      05 avril 2012 à 22:36 |
      Surtout ne rien dire ,mais j 'ai adoré le " texte Picasso "
  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    01 avril 2012 à 06:37 |
    DSK un orang-outan? Plutôt un bonobo,non?
    • Luce Caggini

      Luce Caggini

      01 avril 2012 à 22:25 |
      Cher Jean- François,
      vu de la terre ou de la lune, comme il est facile d' inverser les proportions , se tromper de facette, susurrer les justes mots qui entraineront les mille et une fourmis sur la voie , avec les vrais faux programmes , les greffons empoisonnés,,les bras en croix , creusant jusqu ' au tréfonds des trémolos ,
      n 'hésitant pas même à emprunter une tiare de papier pour convertir les miroirs aux alouettes en rampes de lancement vers le poste suprême.
      Mais rien ne vous empêche de marier un jeu e cartes avec un jeu de marins pêcheurs dans la foire aux vanités.

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