Reflets de la semaine (140)

Vladimir Poutine, 4ème président de la Fédération de Russie, vient d’accorder la citoyenneté russe au camarade Gérard Depardieu. Promesse tenue, donc. Dans un téléfilm franco-russe, réalisé par Josée Dayan, et diffusé pour la première fois le 25 décembre 2011, « Gégé » interprétait le rôle de Raspoutine, ce moine errant qui jouissait d’une grande influence à la cour de Nicolas II. Celui qui se faisait appeler staretz, terme désignant le « père supérieur » d’un monastère orthodoxe, était plus un aventurier qu’un « saint homme » ! Ceci pouvant expliquer cela, l’anagramme de staretz, à un « t » près, est « ersatz », qui désigne un produit de substitution, un succédané… Au final, j’ignore si ce remake des Compères aura le même succès que le film de Francis Veber, sorti sur les écrans en 1983, mais il est amusant de rappeler que, l’année suivante, Gérard Depardieu réalisait et interprétait Le Tartuffe, ce faux dévot, cet imposteur, immortalisé par Molière !
La « grande démocratie » qu’est la Russie, dixit Depardieu, accueillera-t-elle bientôt Brigitte Bardot, dont le combat pour la défense des animaux est connu de tous ? En effet, la star est bien décidée à demander la nationalité russe, à la suite de la décision prise par le préfet de Lyon d’euthanasier deux éléphantes atteintes de tuberculose. S’agit-il d’un remake de L’Ours et la Poupée, le film de Michel Deville, sorti en 1970, avec, d’un côté, un ours plutôt mal léché, de l’autre, une future « poupée russe » ? « Je lègue mon statut d’icône à la Russie », a-t-elle déclaré, en parfaite osmose avec l’Eglise orthodoxe russe… Bel alexandrin, en tout cas, qui pourrait figurer dans une pièce intitulée « Délire et des larmes » ! Car ces « affaires », mettant en scène deux artistes mondialement connus, ont pris de telles proportions qu’on frise le ridicule à chaque instant, comme dans la plupart des comédies de Molière… Pour terminer, une citation de Tolstoï, destinée plus particulièrement à BB : « Si sur la cage d’un éléphant tu vois écrit “buffle”, n’en crois pas tes yeux ! »
Gérard D. s’est finalement rendu en Mordovie pour se faire remettre un passeport flambant neuf… Imaginez la même scène se déroulant en Syldavie, pays imaginaire, théâtre des aventures de Tintin (Le Sceptre d’Ottokar, Objectif Lune…). Dans sa BD, Georges Remi, alias Hergé, aurait sans doute hébergé son héros dans une belle demeure, aux frais de la princesse, et l’aurait peut-être nommé Ministre de la Culture ! Car, au « Royaume du pélican noir », rien n’est impossible ! Mais revenons un court instant à Vladimir P., dont l’un des nombreux surnoms est « Le Passe-muraille ». Comme la nouvelle de Marcel Aymé, qui a également signé des pièces et des romans, dont le célèbre Uranus, porté à l’écran en 1990. Dans ce film, Gérard Depardieu interprète le rôle de Léopold, un cafetier alcoolique, qui, un jour, découvre la littérature et ses bienfaits… Parmi les nombreuses citations de l’auteur des Bottes de sept lieues, en voici deux qu’on pourrait mettre en parallèle avec le feuilleton rocambolesque qu’on nous sert quasi quotidiennement : « Nos bonnes actions sont souvent plus troubles que nos péchés », et « Il y a des brutes qu’on n’apprivoise pas. On les dompte ! »
Claude Gisselbrecht
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Commentaires (2)
Claude Gisselbrecht
Bien à vous,
C.G.
Sabine Vaillant
Sabine