Je vous parle de la mort ! Pour vous dire, d’abord, que tout cimetière est à l’image de la société des vivants. La ville des morts, dans son organisation, son aménagement, sa propreté, son silence, n’est en fin de compte que le reflet de celle des vivants. J’ai visité des cimetières musulmans dans plusieurs pays arabo-musulmans et j’ai constaté que le coefficient commun qui existe entre tous ces espaces réservés aux morts : c’est le désordre. Signe d’une société chaotique, celle des vivants ou des survivants.
Et j’ai visité des cimetières chrétiens, dont j’ai remarqué l’ordre dans l’aménagement de l’espace. Signe d’une société qui respecte le mort. Et cultive le respect aux valeurs de la culture de la mort.
Chez nous, on a perdu totalement ou presque toutes les valeurs de la culture du deuil. La sagesse et la méditation aux moments de l’épreuve ou de l’affliction nous les avons oubliées, égarées.
Dans la vie de l’être humain, l’allégresse n’a pas de sens philosophique si cette dernière n’est pas traversée par le sens de la peine ! L’une couvre et découvre l’autre, tout en lui soufflant de son âme et un peu de son feu ! De nos jours, la mort, dans sa dimension spirituelle, n’a plus de magie ni de secret. Plus de frisson !