Articles taggés avec: Jean-François Joubert

La diligence

Ecrit par Jean-François Joubert le 30 mars 2013. dans Souvenirs, La une, Ecrits

La diligence

La diligence de l’époque, regardez la fierté de ses hommes qui posent pour notre regard, pour la postérité… Ici, la grande rue de Lanildut, ses deux enseignes, celle du restaurant Le Gall, et les vins Joubert.

Particulièrement ému, je sais que sur cette image il y a un carrier, mais lequel est-il mon arrière-grand-papa ? Aujourd’hui, on trouve encore les anneaux pour les chevaux, mais cette 4 chevaux immatriculée est le signe du développement de l’être humain, bien loin de penser que de nos jours les écrans tactiles envahiraient notre espace de communication.

Couleur sépia, la porte grande ouverte aux vents adonnant, je sais que la critique est facile mais nous sommes à quelques jours d’une brisure dans le temps, la grande guerre meurtrière, et ma tante Raymonde qui aura le malheur d’avoir 17 ans, et on n’est pas sérieuse à cet âge-là. A la fin de cette période, elle va être traumatisée à vie, elle et notre famille car amoureuse d’un officier allemand, dans sa jeunesse folle l’opprobre se posera sur la descendance de monsieur Auguste, mon grand-père qui ne voulait que nous protéger et savoir ce que l’on deviendrait ! Moi, adulte handicapé, je rêve de voyage vers la montre en arrière, je voudrais lui parler à ce défunt et lui dire le bien que je pense de lui, de son éducation, de cette vie qu’il m’a donnée, accompagnée de sa fierté sans l’arrogance.

Le peintre des mots

Ecrit par Jean-François Joubert le 23 mars 2013. dans Ecrits, La une, Arts graphiques

Le peintre des mots

sang froid dans cette toile que l’on dirait biblique, et onirique. Ce peintre sculpte ses toiles tel le vent les rochers, ici un dédale de colonnes bien mystérieux, et ses inscriptions, sont-elles de Champollion ? Quand je navigue, que mes yeux s’invitent, se posent sur ce tableau, j’y croise une déchirure, ce motif qui s’insère au centre du tableau m’interpelle, m’interloque, et je ne peux lui donner un sens : serais-ce une fée descendue de l’au-delà qui balade sa nostalgie à l’intérieur de la piscine de mon imaginaire ?

Trêve de questionnements qui n’appartiennent qu’à mon neurone tornade. Que vois-je encore ? Au centre, on dirait une crypte, un lieu culte ou de culte, il manque le sermon mais je peux affirmer que je voyage dans chaque œuvre de ce Monsieur, j’ignore si la toile est de bois mais elle ouvre ma langue que je ne passerais pas au chat…

Une femme et ses enfants regardent la mer

Ecrit par Jean-François Joubert le 02 mars 2013. dans La une, Ecrits

Une femme et ses enfants regardent la mer

Rien n’a changé à l'horizon, sauf une femme qui montre une mouette ou un bateau à des enfants, la tête du « Sphinx » est toujours là, et cela malgré l'évolution du monde. Tournons la tête vers le passé, pour comprendre ce monde présent et construire un avenir !

Allo, ici l’Iroise, un parc Océan, pour nous les enfants de la côte des années quatre-vingt. Un terrain de jeu, véliplanchiste, un peu fous, nous arpentions cette mer ouverte sur la houle des résidus de tempête tropicale ou locale. Le vent dominant est le suroît, bâbord amure pour rejoindre Ouessant, l’île, la grande, celle aux mille feux, celle aux rails tant elle est dangereuse et connue des navigateurs des mille mers.

Ici un début de jolis noms de bateaux triés au hasard tant la liste est longue côté naufrage, Joséphine, Marie Buisson, Olympic Bravery, Vesper, Miranda… une liste non exhaustive, évidement…

Des années de Vercingétorix goélette qui en 1898 coule sur cette flopée de roches, si nombreuses et heureuses, tout pareil à ces étoiles qui allument le royaume des cieux pour les regards curieux des êtres vivant sur la face pile de la planète (où je suis né un 5 du mois d’Août 1969), quand la suite de nuages du ciel de traîne au gros cumulus ne couvre pas de coton le bleu puissant du ciel et permet alors de les voir, ces tas de roches, qu’un Dieu a jetées comme une offrande à Éole.

Le Pontic, Terre de souvenir

Ecrit par Jean-François Joubert le 19 février 2013. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Le Pontic, Terre de souvenir

Quand je regarde cette image, je vois que la pose était de rigueur, que l’on soit modèle au centre ou témoins sur les côtés, chacun fixe l’objectif avec un peu d’enfance, et de curiosité, ce qui, à l’ère numérique, est une gageure, euh plus habitué aux galures. Au niveau des maisons, il est incroyable de voir le peu de changement, le granite tient la route des dépressions, ces petits gavroches portent presque tous coiffes, bérets ou chapeaux, tête nue, doit montrer d’évidence que l’apparence et l’appartenance à sa condition sociale marquent un clivage, mais aussi de la déférence due à chacun. Sur le plan gauche, qui est cet enfant qui rêve de cap Horn, de gabarre, d’oiseaux migrateurs, de tramontane et de mousson ?

Un banc vide regarde la mer

Ecrit par Jean-François Joubert le 26 janvier 2013. dans La une, Ecrits

Un banc vide regarde la mer

Un banc vide regarde la mer, espère-t-il la venue d’une espagnole vivant en Belgique qui rêve d’esprit celtique, de crique, et d’oiseaux fous de Bassan, perroquets, mouettes, sternes, et goélands, des tribus d’oiseaux communs tel le dauphin qui croise son nez radar dans les parages, des sept îles de la mer d’Iroise, ou est-ce l’art celte aussi étrange qui anime, passionne, cette personnalité. La perche verte devient plongeur au fort coefficient, la rouge délimite une zone de baignade, et l’entrée du port de Lanildut, célèbre pour ses chasseurs de goémon qui vont cueillir, ramasser tout l’été des tonnes de laminaires pour nous les Terriens, pour notre bien, pour ses vertus…

L'aventure de Nathalie, Thomas Galley

Ecrit par Jean-François Joubert le 01 septembre 2012. dans La une, Littérature

L'aventure de Nathalie, Thomas Galley

L’homme devenu adulte a des airs d’enfant quand il rencontre l’amour, il entre dans un état de surprise permanente ! Ainsi pensais-je en fermant le roman de Thomas Galley, auteur de L’aventure de Nathalie paru aux éditions kirographaires.

Ce que je trouve singulier sur ce thème récurrent, ce sentiment, si fort, si bouleversant, qu’il provoque des changements à l’intérieur dans le cercle, l’anneau de l’émotion, c’est que justement, lecteur d’une histoire qui n’est nullement la sienne, on, je m’y retrouve, et donc j’assiste, derrière les mots de ce livre, en lisant cette histoire, j’assiste à une forme d’universalité, ce qui est surprenant car l’écho se fait ! Alors un conseil, si vous voulez entrer dans le monde de Nathalie, son univers, ne soyez pas trop sensible au mal nostalgique. Pourquoi ? Parce que parfois j’ai refermé le livre, eu mal, car la description d’éléments internes, insérés par l’auteur, qui doit être proche, je l’imagine, du caractère, qualité et défauts de ses personnages masculins, me faisait rentrer, recommencer le fil d’un drame amoureux personnel, si douloureux que je m’effaçais derrière mes maux, ma pensée s’évadait, allait à la rencontre de ma propre histoire, tant le trouble s’insérait en ma personne en suivant les mots, les lignes, chapitre par chapitre et la description de l’émotion qui coule, roule, et arrive tout au long du roman, tel un peintre qui finit sa toile et qui par la succession de petites touches fabrique tout en finesse son univers, sa toile et qui demeura pour moi, dans ce roman, le tableau des troubles intimes… de deux amants…

Entretien avec Cyrille Audebert, romancier

Ecrit par Jean-François Joubert le 13 avril 2012. dans La une, Littérature

Entretien avec Cyrille Audebert, romancier


Jean-François Joubert : Bonjour monsieur Audebert, si vous deviez choisir un mot pour définir l’écriture, quel serait-il : une jouissance, un besoin quotidien, une nécessité, un moyen de s’exprimer ?


Cyrille Audebert : Un plaisir. Quand j’écris, je m’amuse. Je ne devrais pas le dire mais, quitte à passer pour un dingue, je me marre souvent tout seul devant mon écran lorsque j’écris. J’aime me surprendre aussi, ce qui explique que je travaille sans plan véritablement défini. Pour moi, l’écriture, c’est comme la vie : elle est faite de hasards. Je ne sais pas ce qu’elle me réserve. Par contre, je suis incapable de me forcer à écrire (oui, je sais, ça n’est pas bien…), et donc les lecteurs râlent parce que mes livres ne sortent pas assez vite.


J.F.J. : Vous êtes l’auteur de plusieurs romans. Des policiers, L’évangile selon Jacques Lucas et sa suite Un temps de chien. Du Rigolo Gore, 5è étage. D’un O.V.N.I d’humour et de fantaisie Fantôme d’amour. Et dernièrement de L’ébauche d’une réponse, un recueil succulent de nouvelles. Parlez-moi de vos influences littéraires.

Entretien avec Christelle Mafille

Ecrit par Jean-François Joubert le 25 novembre 2011. dans La une, Littérature

Entretien avec Christelle Mafille

Bonjour Christelle Mafiile. Aujourd’hui vous présentez « Itinerrances », votre premier livre « en solo », œuvre atypique, mélangeant poésies et nouvelles brèves, réalité et fiction… Ce recueil que vous publiez en autoédition trouve rapidement son public. Ce n’est pas anodin, il est dédié à un fils, Juluan, décédé il y a 18 ans… l’idée est simple : en lisant son prénom, en le prononçant, le lecteur lui redonnera un soupçon de réalité, de… vie. Dès le début, nous plongeons au cœur de votre solitude de mère orpheline de son fils, et pourtant lors de notre conversation téléphonique, il m’est apparu que vous attachiez beaucoup d’importance à la pudeur. Se raconter mais rester pudique… Me trompé-je ? Pouvez-vous nous expliquer cela ?

De la pudeur… Vous savez, Itinerrances n’est pas à proprement parler un recueil autobiographique, seuls deux textes le sont, et encore… L’enjeu n’était donc pas de me raconter. Qui cela intéresserait-il ? Non, ces textes sont des métaphores. Alors, bien sûr, Juluan est mon fils, bien sûr, il n’est plus là, bien évidemment l’absence est toujours douloureuse, lancinante. Mais l’idée n’est pas de raconter ma souffrance, elle ne concerne que moi ; non, au contraire, le texte éponyme est un texte sur le deuil, la nuit dans toute sa douleur, mais racontable, parce que le soleil du matin est proche. Alors oui, rester pudique, parce que je n’aime pas l’impudeur.

Campagne

Ecrit par Jean-François Joubert le 14 octobre 2011. dans La une, Ecrits

Campagne


Campagne, un moulin sans vent, dans une verdure obscure teintée d’ocre marron, un jour où l’aube sans lune s’éveille à Ouessant, je crois, lors d’une exquise balade je l’ai aperçu ce relique malade, monsieur Georges Briot, peintre du bout du monde, aime l’aube, longtemps, pinceaux palette de couleurs, les primaires plus le blanc et le noir, un chapeau de paille, une deux-chevaux, et son œil sur les paysages en partie du Finistère. Mais aussi d’autres pays, ou passages dans les régions où il se baladait toujours accompagné de sa trousse de couleur, et de madame, couple d’inséparables. De sa jeunesse, où sac à dos il armait sa plume d’encre de chine, ses crayons et sa patte divine. J’ai entrevu des pastelles d’Amsterdam. Né en une date tenue secrète, je plaisante, ce peintre est né le 26 Décembre à Paris dans le 14° arrondissement, loin de sa villégiature dans le rue des marchands corsaires. Ce peintre de Lanildut vit dans la rumorvan, ruelle de maisons classées au patrimoine historique tant ses murs, enceintes closes protègent des curieux, il a bâti sa force de caractère et ses mains agiles ont travaillé, carrelage, murs et distinctions sur ses murs prix de Rome, et j’en passe, où on peut voir l’essentiel de son œuvre, fusain, aquarelle, pastels, il est un impressionniste vivant, et sa main ne tremble pas. Une toile posée à plat, le pare-soleil, et le voilà qui mélange, le jaune, le rouge, le vert pour obtenir un mystère celui de la naissance d’une œuvre Majuscule.

Itinéraire d'un raconteur d'histoires iodées

Ecrit par Jean-François Joubert le 30 septembre 2011. dans La une, Littérature

Itinéraire d'un raconteur d'histoires iodées


Jean-François Joubert : Parlez-nous de votre parcours d’écriture.


Nicolas Grondin : Comme beaucoup, j’ai commencé assez tôt à écrire. En fait, dès que je me suis mis à lire de véritables romans « sans images », vers onze ou douze ans. Mes parents vivaient à ce moment-là en Afrique de l’Ouest et j’étais pensionnaire dans une institution dakaroise, plutôt solitaire. La lecture est alors devenue une vraie passion, d’autant que personne ne regardait par-dessus mon épaule pour « contrôler » ce que je lisais. Comme j’ai fait toute ma scolarité en pension, j’ai lu pas mal, un peu tout et n’importe quoi… J’écrivais de pleins cahiers d’historiettes, mais jamais de journal ou de poésie. J’ai voulu me rapprocher de cet univers et, à 26 ans, avec ma compagne, nous avons racheté une librairie à Pont-l’Abbé, dans le Finistère, que nous avons dirigée pendant près de dix ans. Puis, nous l’avons revendue et je suis devenu libraire à Paris, dans le XXe arrondissement. Le quartier regorgeait d’écrivains qui devinrent mes clients.