L’avait-il prévu, ce retournement, ce regard inside et lointain, cet abîme revisité, cette beauté aussi spectrale que proche à l’oreille, païenne, tendue entre clair-obscur, entre pères et fils ou tous les enfants du monde… La question brûle : s’est-il surpris de cela ?
"Fifteen Hours in the Lobby".
On peut se demander ce que l’homme tentaculaire doit à sa dame araignée… Où en est l’étrange filiation ? Qui finalement a dévoré l’autre ? Et s’ils allaient de pair, alliés dans le berceau de la toile tissée, s’ils venaient à nous, simplement avec la paix dans l’âme, la paix dans l’homme ? Qu’en est-il des affres excommunicatoires hurlées à la face du monde, blessures jetées, projetées, ne lui déplaise, du double tranchant de cordes saturées, à l’extérieur, sillet tumultiforme et riffs incendiaires, à l’intérieur, glotte tendue de barbelés, âpres sanguines bouleversées bouleversantes; béances, impérieuses et vertigineuses ? Aujourd’hui Cheikh Yussufa Sylla met comme toutes les sylla…bes à son nom et dans le spectre de sa voix !
"Fifteen Hours in the Lobby"
Cet opus intime, Cheak le sort, en entrant, en lui, comme un voyage au tréfonds qu’il nous livre avec délicaresse, comme un bouquet d'pleurs du désert, un road movie pas si peinard, de Jim Jarmusch à Martin Luther King.