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Autofiction et Nations :

Ecrit par Stéphanie Michineau le 30 mars 2013. dans La une, Littérature

Autofiction et Nations :

Entretien entre l’écrivaine-chercheuse, Stéphanie Michineau, & Etienne Dupuis, in « Journal du Campus » des étudiants de Montréal

 

Le journaliste Etienne Dupuis du « Journal du Campus » de Montréal a demandé ces entretiens à Stéphanie Michineau au titre de spécialiste confirmée de l’autofiction francophone à portée internationale ; à savoir que ces entretiens ont déjà bénéficié d’une publication au préalable, à leur sortie en mars 2012, dans la revue littéraire en ligne : Exigence.net. Il s’agissait cependant d’une version écourtée (pour des raisons éditoriales), en voici désormais la version originale reconstituée :

 

1/ Qu’est-ce que l’autofiction (de manière assez brève) ?

2/ Quel est le but poursuivi par les auteurs d’autofiction ? Provocation ?

3/ Pourquoi faire de l’autofiction ?

4/ Différence avec autobiographie ?

5/ Comment est-ce apparu ?

6/ Comment trace-t-on la frontière entre le réel et la fiction dans ce genre littéraire ?

7/ Est-ce que les auteurs d’autofiction le font exprès pour jouer sur l’ambiguïté et le réel ?

8/ D’où ce genre puise-t-il sa force ? Qu’est-ce qui attire le(s) lecteur(s) ?

9/ Est-ce que c’est un genre prisé des lecteurs ?

 

Première question : ED / Qu’est-ce que l’autofiction (de manière assez brève) ?

Colette écrivaine : Par-delà la mort d’une mère

Ecrit par Stéphanie Michineau le 09 mars 2013. dans La une, Littérature

Colette écrivaine : Par-delà la mort d’une mère

Conférence de Stéphanie Michineau, donnée à Auxerre le 10 octobre 2009, comme spécialiste de Colette, contributrice aux « Cahiers Colette » et membre de la« Société des Amis de Colette ». De la conférence a été tiré un article publié dans le recueil collectif « Femmes de Bourgogne », sorti à la date symbolique du 8 mars 2010.

Article référencé sur le site : Autofiction.org

 

Parmi les écrivaines qui ont marqué de leur sceau et de leur talent la région de Bourgogne, il en est une sur laquelle nous aimerions revenir, qui naquit un 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye et qui se nomme (vous l’aurez reconnue) Sidonie Gabrielle Colette appelée tel un bien indivis à la fin de sa vie par le tendre possessif : notre Colette (1).

Notre conférence reviendra sur une thématique qui nous est chère puisqu’elle a fait l’objet de notre part d’un livre Construction de l’image maternelle chez Colette de 1922 à 1936 (2) (dont la page de couverture apparaît ci-dessus). Nous nous contenterons de revenir brièvement sur certains aspects du livre tels que la culpabilité filiale puisqu’il n’est que de se reporter au livre pour y trouver de plus amples développements si cet aspect intéresse le public ; et par contre, prolongerons un thème (même s’il a fait l’objet de notre part de pistes de réflexions), celui de Colette dans son rapport à la mort de sa mère et ce dans une volonté de nuance, de saisir la vérité d’une écrivaine qui, il faut bien l’avouer, est parfois (volontairement d’ailleurs) difficile à saisir. Enfin, « l’identité retrouvée grâce à la mère » (3) fera l’objet d’un questionnement entre autres autour de l’illustration qui orne la page de couverture de CIMC pour s’acheminer tout naturellement vers la notion de doubles, figure essentielle à la compréhension de l’œuvre de Colette.

Colette : autobiographie ou autofiction ?

Ecrit par Stéphanie Michineau le 23 février 2013. dans La une, Littérature

Colette : autobiographie ou autofiction ?

Chronique publiée dans « La Faute à Rousseau », revue de l’association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique dirigée par Philippe Lejeune, n° 53, février 2010, p. 54-55 (en ligne sur le site de référence : autofiction.org)

 

Une vision panoramique de l’œuvre de Colette peut laisser supposer, au premier abord, que son œuvre progresse par étapes vers l’autobiographie. Les romans autobiographiques du début (le cycle des Claudine est certainement le plus connu du grand public) chemineraient vers une émergence de l’autobiographie, avec l’apparition de l’auteure, pour la première fois, en 1922, dans La Maison de Claudine, qui s’insérerait dans une sorte de trilogie composée de La Naissance du Jour (1928) et Sido (1930) que d’aucuns considèrent comme « le pic autobiographique ».

C’est contre une lecture de cet ordre que je m’inscris ici. En vérité, Colette ne se contente pas d’aménager un arrière-plan autobiographique dans ses romans considérés comme tels, elle fait accéder les personnages féminins de premier plan au rang d’alter ego : c’est le cas de Claudine bien sûr, mais aussi de bien d’autres figures féminines, comme nous allons le voir. Et, a contrario, les pseudo-autobiographies dans lesquelles Colette apparaît, sont plus romancées qu’elles ne semblent. Je pense à La Naissance du Jour, mais aussi à des recueils moins connus (qui gagnent à l’être !) tels que Bella-Vista (1937) et Chambre d’hôtel (1940) où elle s’appuie sur des anecdotes fictives bien qu’elle y affirme le contraire.

Colette : de l'aiguille à la plume ... de la plume à l'aiguille

Ecrit par Stéphanie Michineau le 30 septembre 2011. dans La une, Littérature

Colette : de l'aiguille à la plume ... de la plume à l'aiguille

« Sur une route sonore s’accorde puis se désaccorde pour s’accorder encore le trot de deux chevaux attelés en paire. Guidées par la même main, plume et aiguille, habitude de travail et sage envie d’y mettre fin, lient d’amitié, se séparent, se réconcilient… Mes lents coursiers, tâchez à aller de compagnie, je vois d’ici le bout de la route ».

Ces mots touchants au pouvoir évocateur, tirés de l’un des derniers ouvrages de Colette, L’Etoile Vesper (1946), me font immédiatement songer à l’image finale sur laquelle Yannick Bellon termine son documentaire (Colette, 1950) comme pour la laisser en suspens dans l’esprit du spectateur :

Centre d’études Colette

Colette en train de broder, regarde son célèbre voisin et ami du Palais Royal s’en aller avec un air plein de sous-entendus.