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  • « Reflets ; en avant pour une année de plus ! »

    « Reflets ; en avant pour une année de plus ! »

    Ecrit par La Rédaction, le 30 août 2014, dans La une

    Cette fois, la rentrée est bien là, et pas que dans la couleur du ciel. Reflets entame avec vous, lecteurs, et rédacteurs une autre année qu'on lui souhaite riche, belle, et... ardente.

    Le magazine continue dans ce qui vous est familier : sortie ; 13 h, le samedi de 10 textes le plus souvent.

     L'actu et ses reflets du temps aura comme il est d'usage la part belle. Mais, l'info, le scoop, le «  tout chaud » décliné dans son factuel, n'est – vous le savez – pas pour Reflets, qui – hebdo oblige, se doit d'être dans l'observation réfléchie et maturée de ce que fait le monde.

     Les écritures, poèmes, nouvelles poursuivront cette année leur moisson chez nous, tandis que l'art ( Reflets des arts) sous toutes ses formes éclairera le mag. Notre amie Luce Caggini assurera la poésie de ses «  billets fous ». Le Ki-c-ki demeurera difficile – mais si ! et alternera avec Reflets a lu pour vous. (De temps à autre, un Reflets a écouté pour vous diffusera ses notes).Miam ! Le Tout bon ouvrira, comme l'an passé, recettes, vin de Léon Marc, et restos.

    Nouveautés, de temps à autre : «  racines de l'actu » ; 2 ou 3 points d'Histoire pour mieux asseoir votre regard, parfois un peu perdu sur une actualité notamment en géopolitique, ainsi que le «  si vous le dîtes.. » ouvrant la porte aux secrets de l'étymologie. Enfin, quelques dates anniversaires de cet événement, de ce personnage historique, pourront ça et là être une surprise façon cerise sur le gâteau... d'anniversaire.

     

    Vos textes et propositions seront envoyés conjointement à ces 2 adresses :

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    Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ( la rédaction)

    Prévoyez un envoi avant le mercredi soir de la semaine, pour qu'ils soient examinés le jeudi  par la rédaction.

     

    Avant d'envoyer vos propositions, nous vous invitons à consulter notre Charte . Ainsi, soulignons l'interdiction pour tout rédacteur de faire de la publicité marchande à un de ses produits.

     

    Belle rentrée à vous tous et toutes !

    Vous retrouver sur Reflets du temps, demeure le plus beau des honneurs pour nous.

  • La solitude du capitaine Smith

    La solitude du capitaine Smith

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 30 août 2014, dans France - La une - Politique - Actualité

    Qui peut savoir à quoi pensait le capitaine Smith, sur la passerelle du Titanic, au soir du 14 avril 1912, face à l’iceberg, signalé par la vigie ? Incapable de changer son cap pour éviter la collision fatale ?… Il devait sans nul doute se sentir bien seul…

    François Hollande doit, en ce moment, éprouver un sentiment un peu du même genre : seul ! La gauche de gauche l’a lâché dès le début, pas de surprise. La majorité – réduite au PS et aux verts – vient de s’effriter, une première fois, avec le livre incendiaire de Cécile Duflot, De l’intérieur, dans lequel celle-ci accuse – ni plus, ni moins – le Président d’avoir fait « disparaître » la gauche. Et maintenant ce sont les « frondeurs » du gouvernement, Montebourg et Hamon, qui s’en vont, soutenus par une grosse centaine de députés. Alors, entêté Hollande ? Pris d’une fascination morbide pour sa défaite annoncée de 2017 ? Un peu comme le lieutenant-colonel Custer, avant le désastre de Little Bighorn (1876), répondant aux réserves de ses officiers sur le bien-fondé de sa stratégie : « I don’t question a Custer’s decision ! »

    Les choses sont moins simples. Et si Hollande avait raison ? Et si la cure d’austérité amenait un mieux économique ? Et si la croissance était, en fin de compte, au rendez-vous ? La convalescence de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, qui, par contrecoup, sont parvenus, grâce au tourisme, à tirer du fond de l’abysse où il était tombé un pays comme l’Espagne, semblerait l’indiquer…

    Mais, encore une fois, il s’agit d’un pari sur la macroéconomie. Si l’on estime que la crise est derrière nous, que la reprise se fait jour et que l’inflation menace, alors Hollande n’est pas entêté, mais courageux. Si, au contraire, l’on pense que la purge (à peine six ans) n’a pas été suffisante, que les économies locomotives de la croissance mondiale (les Etats-Unis et la Chine) montrent des signes d’essoufflement, bref, que la déflation, et non l’inflation, constitue le véritable péril ; alors, oui, Hollande est notre capitaine Smith ou notre Lieutenant-Colonel Custer.

  • La colère incarnée…

    La colère incarnée…

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 30 août 2014, dans France - La une - Politique - Actualité

    Le ton est cassant et ne laisse aucune chance, ni à lui, ni à moi : « nul, il est nul, ton Hollande ! ». 26 Août au soir, et l’ami de toujours – de gauche, bien sûr – raccroche. Silence de fin d’un monde. La crise politique – une encore, une plus bruyante – vient de tourner le bout du chemin dans le fracas des tôles. On s’y attendait – parfois le scénario habitait notre café du matin devant l’infernale moulinette à broyer de la Gauche d’un France Info – mais quand même ! Quel film catastrophe ! Certes, le copain n’est pas tout seul ; ça beugle comme dans une étable encerclée par les flammes ; mon pauvre PS (je n’adhère plus depuis des lunes, mais quand passe la guillotine, je le sens encore de ma famille) en reste coi… en dehors des 41 frondeurs, qu’ont rejoint 2 ou 3 ministres à présent classés « frondeurs catégorie 1 » dans ce match, et… plus grave encore, des Mouvements de Jeunesse Socialistes déchaînés, et des sympathisants déboussolés.

    On se croirait dans un camping, après un gros orage. On compte les tentes à terre et on relève dans un bruit sinistre les caravanes renversées ; le « bon peuple » renifle : – on n’aurait pas cru ! On va rentrer, c’est fini, les vacances ! « Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons/ La pâle mort mêlait les sombres bataillons/ »… mais un Victor Hugo n’est plus là, pour narrer Waterloo. Seulement Pujadas…

    Autour des sinistres tables d’experts clôturant chaque catastrophe nationale politique, sur le plateau TV, mi-cirque, mi-théâtre antique ; extases visibles et gênantes ; sourires retenus, ou larmes non moins ; regards sombres mais dignes… Les noms fusent : raclée ? hallali ? pâtée classique – une encore… gifle et fusillade occupent les imaginaires ; on entend le bruit des balles. Expliquer ? à gauche, on tente : impatience, toujours ?? sortie des atermoiements, alignement, enfin, sur une cohérence. Colère ! gronde la Droite. Avec raison. Forcément ; les faits, la résonance des faits. L’impatience est sortie de son lit, a dû lâcher quelque part le Jean-Luc, lui-même fort encoléré.

    Et c’est – chacun l’a remarqué – une nuit des longs couteaux – pas même ; de chasse, plutôt, à l’ancienne ; bonne partie à la Picarde, ou à la Gascogne. Bouc-émissaires recherchés, car la colère doit s’incarner, et il lui faut trouver la cible au bout de son fusil.

    Et c’est, lui, d’abord ; le président. Normal – aurait-il-dit. Les institutions de la Vème, présidentielles, l’alignent en mire éclairée, dès que ça tourne mal. Trop, pas assez. Selon l’heure, ce fut, ce sera : trop « derrière tout » ; sa position, ses préférences. Sa personnalité !! Pas assez (là, n’en jetez plus, la cour…) autoritaire – ce sourire, cette bouille engageante, n’est craint de personne, d’ailleurs voyez Merkel… pas assez tranchant, et le tutti. Refrain… pas toujours juste, carrément anti-historique parfois, subjectif ! à l’évidence – délit de « sale gueule » à sa manière… comme un disque rayé, comme un refrain, presqu’un mantra pour une nouvelle religion : tous contre Hollande.

  • Oublier

    Oublier

    Ecrit par Khalid EL Morabethi, le 30 août 2014, dans La une - Ecrits

    Il a oublié

    Que ses yeux étaient bleus,

    Le ciel aussi,

    La mer,

    Il a oublié le sourire de sa grand-mère,

    Et ses histoires qui le faisaient dormir.

    Il a oublié,

    Que la pluie le faisait réfléchir,

    Que la pluie avait toujours un effet étrange sur lui.

    Aujourd’hui,

    Il fêtait ses 79 ans,

    Il a oublié ce vieil amour qui dormait à ses côtés, depuis longtemps,

    Cette chambre, ce lit,

    Cette maison,

    La joie, le bonheur,

    Son petit jardin,

    La balançoire fixée à une grosse branche et les fleurs,

    Il a oublié ses réussites, ses combats, ses pertes, ses espoirs,

    Et ses blessures.

  • Reflets des Arts Beaux Arts : Edgar Degas

    Reflets des Arts Beaux Arts : Edgar Degas

    Ecrit par Johann Lefebvre, le 30 août 2014, dans La une - Arts graphiques

    Vous pourrez lire, dans certaines synthèses de l’histoire de l’art, ou dans des papiers signés par d’ignorants journalistes, et même chez certains critiques abusés, que Degas est un impressionniste. S’il participe bien, très activement, aux expositions des impressionnistes (Salon des Refusés par exemple), en organisant même certaines, c’est avant tout pour une posture si évidente d’avant-garde et pour ce qu’il partage avec eux vis-à-vis des institutions, une méfiance à l’égard des salons et sélections officiels, académiques. Mais plus important : techniquement parlant, il ne peut sérieusement pas y être rattaché, pour de nombreuses raisons de méthode mais surtout parce que son œuvre, au grand dam des tentatives catégorielles des historiens de l’art, est soutenue à la fois par l’étude intensive, le Dessin, et par une extraction du réel pour jeter celui-ci – « manière de voir la forme » et j’ajoute manière d’être, sans objets – dans des traits accentués vers l’infini du possible. Infini : pas fini, telle la vigueur de la Vie. Un mouvement continu, permanent, perpétuel…

    Sur ce point, Degas avait une terrible réaction : souvent, quand il voyait ses propres œuvres chez des amis ou en exposition, il voulait les reprendre pour les continuer, les modifier, les retoucher… Ernest Rouart dit : « Quand il retrouvait une œuvre de lui, plus ou moins ancienne, il avait toujours envie de la remettre sur le chevalet et de la remanier. C’est ainsi que, revoyant constamment chez mon père un délicieux pastel que celui-ci avait acquis et qu’il aimait beaucoup, Degas fut pris de son habituel et impérieux besoin de retoucher le tableau. Il y revenait sans cesse et, de guerre lasse, mon père finit par lui laisser emporter l’objet. On ne le revit jamais » (1). Petite digression, en écho : Degas est un grand collectionneur, autre effusion et recherche du temps perdu, comme son père, son grand-père ; achats et dons, œuvres de Pissaro, Gauguin, Manet, Caillebote, des maîtres, Ingres, Gavarni, Sisley, Géricault, Delacroix (une bonne douzaine de tableaux, plus de cent vingt dessins…), Daumier, Corot, des estampes japonaises, des gravures diverses et très variées. Bref, il habite un musée.

    C’est au sortir du baccalauréat, après avoir rapidement abandonné des études de droit, qu’il entame, à 20 ans, d’inlassables exercices de dessin en copiant les œuvres des maîtres, au Cabinet des Estampes ou au Louvre. Pour améliorer son geste et son regard, il fait appel aux enseignements de Barrias, puis se rend de nombreuses fois en Italie, où une partie de sa famille réside, pour y découvrir, au plus près, les trésors picturaux que les merveilleuses Ecoles italiennes ont produits.

  • KI-C-KI

    KI-C-KI

    Ecrit par Gilberte Benayoun, le 30 août 2014, dans La une - KI-C-KI - Littérature

    En cette fin d’été parisien, souvent pluvieux et si peu lumineux, mon choix pour le ki-c-ki de cette fin août s’est porté sur un lumineux et éminent auteur, européen, de langue allemande, vingtième siècle, à deviner, ou à découvrir… à travers ces éblouissants passages que j’ai eu grand plaisir à extraire et retranscrire, studieusement penchée sur ce célèbre pavé de lecture, grandiose chef-d’œuvre de si belle esthétique littéraire, à lire et à goûter en fin gourmet de belle et éclatante littérature, au menu de cette semaine.

     

    Extraits :

     

    On reconnaît les villes à leur démarche, comme les humains. Ce même voyageur, en rouvrant les yeux, eût été confirmé dans son impression par la nature du mouvement des rues, bien avant d’en être assuré par quelque détail caractéristique. Et s’imaginerait-il seulement qu’il le pût, quelle importance ? C’est depuis le temps des nomades, où il fallait garder en mémoire les lieux de pâture, que l’on surestime ainsi la question de l’endroit où l’on est. Il serait important de démêler pourquoi, quand on parle d’un nez rouge, on se contente de l’affirmation fort imprécise qu’il est rouge, alors qu’il serait possible de le préciser au millième de millimètre près par le moyen des longueurs d’ondes ; et pourquoi, au contraire, à propos de cette entité autrement complexe qu’est la ville où l’on séjourne, on veut toujours savoir exactement de quelle ville particulière il s’agit. Ainsi est-on distrait de questions plus importantes.

    Il ne faut donc donner au nom de la ville aucune signification spéciale. Comme toutes les grandes villes, elle était faite d’irrégularité et de changement, de choses et d’affaires glissant l’une devant l’autre, refusant de marcher au pas, s’entrechoquant ; intervalles de silence, voies de passages et ample pulsation rythmique, éternelle dissonance, éternel déséquilibre des rythmes ; en gros, une sorte de liquide en ébullition dans quelque récipient fait de la substance durable des maisons, des lois, des prescriptions et des traditions historiques.

    C’est alors que, mettant de l’ordre dans sa maison, comme dit la Bible, il fit une expérience dont l’attente avait été, somme toute, sa véritable occupation. Il s’était mis dans l’agréable obligation de réinstaller entièrement à neuf, et à sa guise, la petite propriété laissée à l’abandon. De la restauration fidèle à l’irrespect total, il avait le choix entre toutes les méthodes, et tous les styles, des Assyriens au cubisme, se présentaient à son esprit. Quel choix fallait-il faire ? L’homme moderne naît en clinique et meurt en clinique : il faut que sa demeure ressemble à une clinique ! Cet impératif venait d’être formulé par un architecte d’avant-garde, tandis qu’un autre, réformateur de l’aménagement, exigeait des parois amovibles sous prétexte que l’homme doit apprendre à vivre en confiance avec son semblable et cesser de s’en isoler par goût du séparatisme. Des temps nouveaux venaient de commencer (il en commence à chaque minute) : à temps nouveaux, style nouveau !

  • Billet fou : Entre moi et moi ! Vertiges d’entre les pierres… Tatsumi Hijikata… Dis-moi

    Billet fou : Entre moi et moi ! Vertiges d’entre les pierres… Tatsumi Hijikata… Dis-moi

    Ecrit par Luce Caggini, le 30 août 2014, dans La une - Ecrits

    L’un

    Mur de la Mort ?

    Mur de la Vie ?

    Mur du pari de mettre en valeur le nom de Marie sur la voie de la célébrité, quand elle donna naissance au fils de l’homme ?

    L’Autre

    La providence du mur du savoir du peintre est le mot mémoire,

    Le magique mot de la vie de la mémoire est vie de l’âme.

    L’Un

    Est-ce l’artiste ou l’écrivain que tu attends au coin de la rue ?

    Souviens-toi de Kandinsky : « notre époque est celle d’une collision tragique entre matière et esprit ».

    L’Autre

    L’art pictural a cessé depuis longtemps d’être uniquement décoratif !

    Et quel serait ce mot, si le Temps n’avait pas un père ?

    Mais, Le Temps a un père, c’est le magnanime orageux don de la vérité. Celui que tu ne cesses de rechercher, au risque de te blesser…

    Dis-moi, je t’en prie, la condition initiale pour frôler cet élan créateur.

    Le maître mot de la vie des écrits est une fatuité suffisante des peuples dotés de joie de la vie sur terre, sans le savoir.

    Et je ne peux m’empêcher de te le dire et redire en jetant cette bouteille à la mer.

  • Eclats d’humeur (12) Dimanche comme un village

    Eclats d’humeur (12) Dimanche comme un village

    Ecrit par Emmanuelle Ménard, le 30 août 2014, dans La une - Ecrits

    Dimanche comme un village

    le plus joli du coin

    sans décors ni flonflons

    pour déguiser les rues

     

    Dimanche arque bouté

    sur l’eau de son passé

    pensif entre les phrases

    d’un livre toujours ouvert

     

    Dimanche  qui rêve encore

    à un vide plein d’atomes

    avec dans ses poches

    les bosses de la semaine

     

    Dimanche renégat

    putain ou ivre à souhait

    de souvenirs cassés

    par l’enfant trop gâté

     

    Dimanche qui se respire

    se murmure dans la niche

    d’une église au tronc d’or

    couronné de poussières

  • Le Tout Bon des Reflets Charlotte de la fin août

    Le Tout Bon des Reflets Charlotte de la fin août

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 30 août 2014, dans La une - Gastronomie

    On le sait ; la fin Août, chez nous, en Limousin, a une douceur mélancolique à nulle autre pareille. Bouquet de l’été qui prend le large… transparence presque brumeuse de l’air, senteurs déjà sous-bois des fossés ; bruyères, mauves, roses, blanches et vertes ; toutes avec ce parfum unique, minéral, pas forcément sucré, qu’on peut ne pas aimer. Insectes partout dans les haies des jardins ; fruits… que de figues, cette année, même ici ! pêches de vigne et poires, prunes dégoulinantes ; mais où sont-ils tous allés chercher leur sucre, ces fruits d’un mémorable été pourri ? Mystère ! Et, partout en balade, les mûres… celles des chemins, celles de nos enfances. Énormes, juteuses, dont les grains craquent sous la dent (désagréablement ? on trouve notamment de grosses mûres d’élevage en surgelés, moins granuleuses, plus sucrées, moins goûteuses). Les ramasser prend du temps, nécessite le petit seau de la plage des tout petits, et pique à l’infini les doigts… mais, que ne ferait-on pas pour la charlotte de fin d’été ; celle aux mûres !

     

    Il vous faut : un bon demi-litre de crème pâtissière (½ litre de lait, 2 œufs entiers ; 2 jaunes ; 50 gr sucre, 1 pincée de sel, 30 gr farine). Le lait chaud sera versé sur l’appareil sucre/œufs/farine, qu’on fera épaissir 5 minutes. Votre récolte de mûres lavées, séchées. On prévoira un coulis de fruits rouges (du commerce) mais c’est facultatif.

    Garnir un moule à charlotte de biscuits à la cuillère trempés dans un thé léger. Une couche de crème, une de mûres. Bien tasser à la fin. Séjour d’une nuit au frigo. Démouler, napper du coulis.

     

    Autre possibilité (plus sucrée) : pas de crème pâtissière ; à la place, une confiture de mûres et un peu de chantilly.

     

    Quel que soit le choix, bon appétit, messieurs et mesdames aussi.

  • Deux « moments » géopolitiques de l’été : Ukraine, Kurdistan(s)

    Deux « moments » géopolitiques de l’été : Ukraine, Kurdistan(s)

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 23 août 2014, dans Monde - La une - Politique - Actualité

    En géopolitique, il est des temps où, tel état, telle zone, revient en boucle dans nos infos, plus « fortissimo », plus dangereux, ou, au contraire, plus « allègro » : ils sont les « moments géopolitiques ». Ni allègres – hélas – particulièrement sonores, voire tonitruants, sont les moments de cet été finissant, partageant la vedette avec le Moyen-Orient : Ukraine – encore –, Kurdistan(s), à nouveau. Voilà les deux dossiers majeurs de la revue PE/IFRI, de l’été 2014. Comme d’usage, riches, nourris, à la pointe, mais, en plus, percutants sur ces sujets, abordés par des faces originales et bienvenues n’enlevant rien à la qualité du savoir proposé.

    Bien que rédigé avant les graves évènements qui agitent la scène Irakienne ces dernières semaines, le copieux dossier sur les Kurdistans propose un éclairage des plus précieux sur ce qui se joue actuellement. Ces entités « s’approchant de structures étatiques », sans parvenir à « un espace politique unique », tout en se manifestant comme langue, culture, usages et armée (autant dire, civilisation), se partagent des « morceaux » que l’Histoire croisée avec les faits les plus contemporains a posés en Irak, en Syrie et en Turquie – l’Iran étant un peu laissé en dehors de cette étude. 4 articles solides se divisent le thème, articulé souvent autour des frontières et des dynamiques (ainsi, évidemment, que des obstacles) de ces « pseudo-Etats ». « Éternels oubliés de l’Histoire, les Kurdes s’imposent partout sur les cartes régionales, mais pas comme on l’attendait ». Leur quête d’autonomie au sein des États « hébergeurs » se fait de plus en plus entendre, facilitée par la géopolitique tourmentée des régions concernées, et validée par un rôle visible et très actif – via, par exemple, la reprise de service des armées Peshmergas, au point que les revendications visant à un État propre apparaissent comme une hypothèse de travail recevable.

    Trois modèles de Kurdistans sont repérés : celui d’Irak, son statut fédéral, ses 100.000 soldats, sa gestion propre du domaine énergétique… marche vers un statut étatique, freiné ou avantagé par la guerre actuelle ? Mais, avec aussi, des frontières « introuvables » et incertaines, nous dit la revue PE. Le « Rojava » Syrien largement autonome, immergé peu ou prou dans la terrible guerre civile syrienne – affrontant les intégristes Al-Qaïda, sous la conduite du parti Kurde PYD, prolongement du PKK Turc. Ici, comme en Irak, les Kurdes sont acteurs sur le terrain de la suite de leur propre histoire. Enfin, en Turquie (entre 15 et 20% de Kurdes) où les municipalités Kurdes constituent de « réels contre-pouvoirs ». Ayant fait du chemin depuis la décennie particulièrement violente, pour eux, des années 80, le mouvement Kurde Turc en est à l’heure du « processus de paix », et peut légitimement jouer dans les évènements irakiens actuels un rôle extérieur important, gardant un œil sur les intérêts kurdes en gestation. Au cœur de l’évolution : l’AKP Turc souhaitant unir Kurdes et Turcs, en une même nation, un parti qui devra choisir électoralement entre la frange nationaliste de son électorat et la poursuite du rapprochement avec les « Kurdes d’ailleurs ». Problème de taille : où arrêter l’« enveloppe kurde » de son programme ??

  • Naissance et affirmation de la géopolitique

    Naissance et affirmation de la géopolitique

    Ecrit par Jean-Luc Lamouché, le 23 août 2014, dans La une - Histoire

    Il y a longtemps que le terme de « géopolitique » court les grands journaux, les hebdomadaires et surtout les ouvrages spécialisés (notamment à connotation historique). Mais, tout d’abord, sait-on vraiment à quand remontent les origines de ce concept ? Ensuite, serait-il devenu aujourd’hui un outil indispensable pour tenter de comprendre un peu mieux notre monde de plus en plus complexe ? C’est à ces questions que nous allons essayer de répondre en commençant par dire quelques mots à propos des conditions ou du contexte de la naissance de ce concept, puis en donnant des exemples historiques permettant de l’illustrer pleinement – et ceci jusqu’à des événements récents, comme, par exemple, la question ukrainienne.

    Même si le terme de « géopolitique », à partir de mots provenant du grec ancien alliant « terre » et « politique », apparut vers la fin du XVIIe siècle (dans un manuscrit), son usage ne se répandit réellement que dans les dernières années du XIXe. Le premier à avoir associé véritablement la politique et la géographie fut un professeur de science politique suédois à l’université de Göteborg : Rudolf Kjellen.D’autres affinèrent ce concept. Ainsi, le géographe allemand Friedrich Ratzel, l’américain Alfred Mahan (qui développa la théorie du « Sea power » ou de « L’Empire maritime »), et le géographe et géopoliticien britannique Halford John Mackinder (mort en 1947), avec sa double théorie de « l’Océan mondial » et des « Îles périphériques » (son idée étant que, qui détient le « Heartland » ou « Île monde » ou bien encore « Centre du monde » domine la planète).

    Prenons à présent des exemples à travers l’Histoire depuis le développement des grandes civilisations. La géopolitique montra donc très tôt qu’il y avait des puissances terrestres et maritimes. Ainsi, dans l’Antiquité grecque, pensons à Sparte la terrienne (fermée sur elle-même) et à Athènes la maritime (ouverte notamment sur la Mer Égée avec la Ligue de Délos). Comment ne pas citer l’Empire romain qui fit de la Méditerranée sa « Mare Nostrum » ?! A partir de la fin du Moyen Âge, l’Espagne et le Portugal se lancèrent dans les « Grandes Découvertes », au moment où, progressivement, ce qu’avait été l’expansion (terrestre et maritime) des pays d’islam (au Moyen Âge) autour de la Méditerranée (essentiellement) connut un repli (y compris pour l’Empire Ottoman). Quant à l’Extrême-Orient, en dehors du Japon (ouvert sur les mers), on sait que la Chine resta géopolitiquement dans la tradition de « L’Empire du Milieu », refusant (au XIXe siècle) l’ouverture maritime et subissant bientôt la présence quasiment coloniale des puissances européennes – avec les comptoirs anglais et français.

  • Existe-t-il un « sacré » laïc ?

    Existe-t-il un « sacré » laïc ?

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 23 août 2014, dans Philosophie - La une

    Le « sacré » étymologiquement renvoie à la sphère religieuse. Est « sacer » ce qui a été con-sacré aux dieux, afin de préserver cette entente, cette cohabitation, ce pacte (pactum dérive de pax) qui assure la paix entre la communauté humaine et celle des cieux, ce que les romains nomment la pax deorum.

    Cette consécration a un caractère sacrificiel (sacrifice = sacer facere, rendre « sacer »). Les « sacra » sont les animaux immolés pour plaire aux divinités, immolation liée au printemps : on offre ainsi de manière propitiatoire les premiers nés de l’année (à l’origine sans doute des enfants), ce que l’on appelle le ver sacrum (rien à voir avec le Sécession viennoise !). A l’époque archaïque, avant l’apparition des pontifes, le roi présidait aux sacrifices en tant que « rex sacrorum » ou « rex sacrificulus ».

    Mais c’est le droit et non la religion qui nous livre l’essence du sacré. Le « sacramentum », dans un procès, désigne la somme déposée par chaque partie, et qui demeure indisponible jusqu’à ce que le juge ait tranché. Indisponible, voilà le maître mot. En 494 avant notre ère, la plèbe réunie sur le Mons Sacer a « sacré » les tribuns de la plèbe, institution nouvellement créée, pour les garantir contre toute atteinte, toute agression physique. A son éventuel adversaire, le tribun prononce la formule « sacramentelle » : « sacer esto ! », littéralement « sois sacer ! », autrement dit voué – en théorie ! – à l’immolation pour apaiser le courroux divin. La personne du tribun, en effet, est inviolable, « sacrosainte » ; personne ne saurait lever la main sur lui.

    Aujourd’hui encore, le Code Civil affirme l’inviolabilité des personnes et des biens. Art 16, 16-1 : « la loi assure la primauté, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect du corps humain dès le commencement de la vie (…) chacun a droit au respect de son corps. Le corps humain est inviolable ». Mieux, ce qui se rapproche le plus du « sacer » romain est le « principe d’ordre public d’indisponibilité du corps humain », défini par la Cour de Cassation en assemblée plénière, le 31 mai 1991 : de même que la part des dieux à Rome, l’individu est indisponible ; nul ne peut en disposer, si ce n’est lui-même. En ce sens, l’individu est très officiellement « sacré ».

    La propriété aussi, et plus anciennement encore. Art 544 : « le droit de propriété est inviolable et sacré ». Le mot figure noir sur blanc. Sainte propriété qu’il fallait à tout prix protéger de la spoliation. Toutefois les travaux préparatoires à l’élaboration du Code Napoléon précisent : par de là les biens, c’est la personne de leur propriétaire que l’on « consacre » de la sorte : « la propriété, c’est l’inviolabilité de celui qui la possède ». Tout au long des XIXème et XXème siècles, on assistera d’ailleurs à une « désacralisation » du droit de propriété : d’absolu, celui-ci devient progressivement relatif ; ses limites – parmi beaucoup d’autres – sont les droits des particuliers (par exemple les servitudes de passage) ou ceux de l’état (expropriation en cas de nationalisation).

  • Reflets du temps a lu pour vous

    Reflets du temps a lu pour vous

    Ecrit par Gilberte Benayoun, le 23 août 2014, dans La une - Littérature

    « Si tu voyais ça, papa… » : quel joli titre ! prometteur !

    Promesse tenue par son auteur, Sabine Vaillant : de l’humour, du rire, des larmes… de très touchants personnages, livre très agréable à lire, une écriture au style fluide comme l’eau fraîche d’une rivière, une héroïne adolescente, très attachante, joliment prénommée Ombeline, et donc 160 pages pleines de vie, d’humour et de délices… (oui oui… malgré tout, malgré la mort de « papounet », malgré tout le reste…) pour tous les âges : ados, adultes, ou centenaires…

    Pour donner envie, et mettre en appétit, voici quelques savoureux paragraphes du chapitre 1, pour dire voilà comment ça s’est passé au début, suivis de quelques lignes du chapitre 21 de ce charmant roman de 27 chapitres joliment ciselés et chouettement haletants !

     

    Extraits :

    Aujourd’hui lundi 11 avril, 18 heures, cela fait un an que mon père est mort.

    Personne ! je suis seule dans l’appartement, pas un bruit. Même le chat dort sur le velours de ses pattes.

    Tout a été très vite pour papounet. Il ne se sentait pas bien. Il s’est couché. Ma mère a appelé son médecin, qui lui a fait une visite de « courtoisie », comme a dit grand-mère.

    – Rien de grave, fatigue et petite gastro, du repos et dans trois jours vous n’y penserez plus, a-t-il diagnostiqué dans un sourire, griffonnant une ordonnance sur le bureau de mon père.

    Ça, c’est sûr, électroencéphalogramme plat, il ne risque pas de penser !

    Crétin de toubib, pour ne pas dire plus…

  • Chou, hibou, caillou, GENOU…

    Chou, hibou, caillou, GENOU…

    Ecrit par Sabine Aussenac, le 23 août 2014, dans La une - Ecrits

    Bon, je sais, je n’écris pas dans The Lancet ; je ne suis même pas bloggeuse sur Doctissimo. Ni même interne à l’hôpital d’Auch, hôpital sur lequel je n’ai pas le même regard attendri que ce jeune bloggeur devenu écrivain, lui…

    Baptiste :http://www.ladepeche.fr/article/2013/11/01/1743385-auch-alors-le-voila-ce-celebre-baptiste-blogueur-ecrivain.html...

    Sabine : http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2014/04/18/la-chute/

     

    Pourtant, aujourd’hui, ni poème, ni coup de tête contre les masculinismes, ni rêves culturels : je voudrais vous parler de mon genou.

    Le droit, plus précisément. Et puis à tant qu’à faire, de tout le « membre inférieur droit ». Oh, rassurez-vous, je n’ai pas les chevilles qui enflent, je ne me prendrai pas pour une spécialiste en blouse blanche. Juste un petit récit, qui voudrait dénoncer certaines dérives des « hommes en blanc », justement, et des incompétences…

    C’était, je crois, en février. Un samedi matin, me voilà à changer, dès potron-minet, le bac de mon ex-chat. En me baissant, soudain, je sentis comme un frémissement dans le genou. Comme si ma jambe avait, une fraction de seconde, lâché. Je n’y prêtai pas attention, plutôt préoccupée par mon dos de quinqua, toujours à rouspéter dès que je porte du poids…

    La semaine qui suivit cet incident mineur fut marquée par une mémorable grève de Tisséo, le service de transport toulousain. Plus aucun bus, ou presque ! Hélas, je m’étais, comme chaque année, inscrite à l’agrégation. Et comme tout prof qui se respecte, même sans avoir lu la moindre œuvre au programme, je voulais y aller, pour me colleter aux traductions – l’espoir fait vivre… Me voilà à arpenter ma ville rose en tous sens, marchant plusieurs heures par jour pour attraper le métro, depuis mon quartier qui, sans bus, ressemble à quelque banlieue esseulée. C’est en fin de semaine que je ressentis les premières douleurs.

    Une gêne, d’abord, à la marche. Dommage, car je venais de reprendre, presque un an après mon accident sus cité, le jogging, le yoga, le step… Une douleur, très vite, aussi, sourde, au départ, vaguement située autour du genou, et puis, de plus en plus lancinante, gagnant la cuisse, la hanche, le mollet, même, mon beau mollet d’ex-cycliste ayant fait l’Europe en vélo avec ex-mari number one, et, pire, le pied ! Me voilà à me tordre de douleur toutes les nuits, ne trouvant plus le sommeil. Me voilà à ne plus pouvoir me lever après être restée assise sans une grimace de souffrance. Me voilà à boiter, comme dans :

    https://www.youtube.com/watch?v=GG6cN5Gnf7k