Une

  • Que faire ?

    Que faire ?

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 13 septembre 2014, dans France - La une - Politique

    Oui, que faire ? s’interrogeait Lénine, dans la Russie tsariste de 1902. La poussée du Front National semble irrésistible : après son score record de 25% aux européennes, voilà Marine le Pen donnée en tête au premier tour de la présidentielle, dans tous les cas de figure (que Nicolas Sarkozy soit en lice ou pas), et carrément gagnante au second si elle était opposée à François Hollande… rien ne sert de morigéner sur les sondages ; si leurs approximations ont souvent – et parfois à juste titre – été critiquées, ils donnent, malgré tout, une indication sur les tendances lourdes de l’opinion, d’autant plus lourdes qu’elles ne font que confirmer les résultats des derniers scrutins.

    Alors, l’extrême droite au bord du pouvoir, comme le dit Valls ? Sans doute pas en 2017 (MLP serait battue au second tour par tous les candidats autres que Hollande) ; mais peut-être – voire probablement – en 2022, lorsque la majorité issue des urnes en 2017 – qu’elle soit de droite ou de gauche – sera exsangue et usée après cinq ans de gouvernement.

    Donc que faire ? L’heure des objurgations, des implorations et des exhortations est révolue : une majorité de Français est ou est en train de devenir xénophobe ; ils le savent, ils l’admettent et peu leur chaut les rappels à la morale. D’ailleurs, cela fait plus de trente ans qu’une telle stratégie a amplement témoigné de sa faillite : le cordon sanitaire que l’on tenta d’installer dans les années 80, à l’époque des défilés des potes, n’empêcha en rien le Pen père de parvenir au second tour en 2002, et son parti de s’envoler, dès que le repoussoir que constituait sa personne a disparu.

    La réponse à la question posée est donc : rien ! Rien, en effet, ne peut empêcher un désir de s’assouvir. Les anti-lepénistes ressemblent parfois à ces maris cocus – ou promis à l’être – qui cherchent désespérément à dissuader leur femme de coucher avec un autre. Non, la meilleure arme contre le FN, c’est… lui-même ! Lui-même au pouvoir. C’est ce qui dégonfla le FPÖ de Georg Haider en Autriche. Le FN au commandes, ce serait une sortie immédiate de l’euro, donc un rétablissement du contrôle des changes (comme en 1983 : s’en souvient-on ? impossibilité de convertir plus de 5000 francs en devises ou d’utiliser ses cartes de crédit à l’étranger), donc une fuite des capitaux, un effondrement boursier et un renchérissement de tous les produits importés du fait de l’ampleur de la dévaluation ; bref un appauvrissement généralisé.

  • La montée de la haine de l’autre

    La montée de la haine de l’autre

    Ecrit par Jean-Luc Lamouché, le 13 septembre 2014, dans France - La une - Politique

    Depuis l’accélération relativement récente de la crise multiforme – économique, sociale, politique, morale et culturelle – que nous traversons, en France et en Europe, le phénomène traditionnellement humain du rejet de l’autre s’est progressivement transformé en une forme de haine. Et celle-ci, dans le contexte d’un brouillage des repères politiques et culturels, est exploitée par les populistes et les partis d’extrême-droite. La haine provient la plupart du temps d’abord de l’ignorance et très souvent – en liaison avec celle-ci – des peurs, générées, voire « vendues », par la caisse de résonance de l’appareil médiatique, notamment télévisuel, etc.

    Hiérarchisons ces différentes formes de haine, qui perçoivent de plus en plus « l’autre » non plus comme un adversaire mais un ennemi (pour l’emploi à avoir, le droit social, etc.). Il est bien évident – et cela remonte certes à loin – que le haut de la pyramide de la haine touche les immigrés, le plus souvent perçus comme des « profiteurs » de droits sociaux d’une manière abusive au détriment des « nationaux ». C’est d’ailleurs dans ce contexte-là que Marine Le Pen a fait faire un virage de 180° au « programme » du Front National par rapport à ce qu’avançait son parti à l’époque de son père. En effet, elle a repris (il n’y a pas si longtemps) le thème – traditionnellement de gauche – de « l’État protecteur », mais uniquement réservé aux « nationaux » (les fameux FDS ou Français De Souche – expression ne correspondant à rien de réel pour ceux qui connaissent l’Histoire de notre pays). C’est ce qui donne une coloration objectivement « fasciste » à son projet à la fois national et soi-disant social – avec accès humain restreint.

    Après les immigrés, l’ennemi potentiel, c’est celui ou celle qui est au chômage et que l’on soupçonne de ne pas vouloir travailler (sachant qu’il peut y avoir des abus, que cela a toujours existé et existera toujours). En rapport avec ce que je vais appeler la « fracture culturelle » – de plus en plus inquiétante ! –, quel est le % de nos compatriotes qui savent que la fameuse « fraude sociale » (ceux qui abusent du système de protection dans notre pays – le plus élaboré au monde !) représente un chiffre ridicule par rapport à celui de la « fraude fiscale » ? Prenons l’exemple de l’année 2013 : la « fraude sociale » fut certes évaluée à environ 5 milliards d’euros (ce qui semble bien sûr considérable par rapport aux revenus d’un individu ordinaire) ; mais, pour la « fraude fiscale », le chiffre s’est situé quelque part entre 80 et 100 milliards d’euros ! Pourquoi un nombre de plus en plus important de nos compatriotes concentrent-ils leur attention uniquement sur ces 5 milliards de la « fraude sociale » ? Attention ! Je ne suis pas en train de dire que celle-ci soit un phénomène banal contre lequel il ne faille pas lutter (il y a des moyens pour le faire : recruter davantage d’inspecteurs du travail et de travailleurs sociaux ou de pôle emploi – donc, ô scandale potentiel, des fonctionnaires… !).

  • Si vous le dites...

    Si vous le dites...

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 13 septembre 2014, dans La une

    Est-ce parce que, si souvent, Jean François Vincent, nous a habitués de chronique en commentaire à nous informer – savamment, mais aussi avec l'humour qu'il faut,  sur l'origine des mots en toutes langues ( son domaine ) que l'idée d'un petit rendez-vous étymologique à germé à la rédaction de Reflets... un  billet, de temps à autre, qui ne peut qu'enrichir en faisant quelquefois sourire. Un cours ? Non, évidemment ! Un partage – un de plus, dans nos Reflets. 

     

    Vous dites : « un brave petit bougre » ?

     

    L’expression est traîtresse par son euphémisme. « Bougre » vient de « bulgarus », bulgare. Ces « bulgares » ont donné l’anglais « bugger », sodomite (to bugger en argot = enculer). Certes, les encyclopédies expliquent que tout cela vient de la secte bogomile (XIème siècle), à tendance manichéenne, qui niait les sacrements, en particulier le mariage.

    En réalité, le sens de débauche et de débauche homosexuelle en particulier, vient de l’esclavage des populations slaves (slave – litt. « lumineux », slava – est également à l’origine du mot esclave, cf. la riva degli schiavoni à Venise, où ils arrivaient pour être vendus). Ces esclaves domestiques servaient aussi aux fantaisies sexuelles de leurs maîtres.

    Une anecdote d’Outre-Manche : un jour un étudiant facétieux de la prestigieuse université de Cambridge planta sur un parterre une phrase composée de fleurs. Bientôt, le sens apparut à mesure que les bulbes avaient éclos : « bugger the dean ! », Enculez le doyen ! A méditer chaque fois que l’on évoque miséricordieusement un « pauvre bougre », ou affectueusement « un brave petit bougre »…

  • Eclats d’humeur (13) Faisons un rêve…

    Eclats d’humeur (13) Faisons un rêve…

    Ecrit par Emmanuelle Ménard, le 13 septembre 2014, dans La une - Ecrits

    Nous marcherions dans l’haleine froide des rues

    sans vêtements ni chapeaux

    pour sentir mieux la vie !

    la gueule remplie de verres et de vin dans les yeux

    l’amour aux doigts des bras pour toucher

    l’indigent

    lui donner de ce monde qui fait tourner nos cœurs

    l’habiller de paroles s’il tremble de silence.

     

    Nous marcherions, oui, toujours plus loin !

    jusqu’au bout des semaines

    au bord des caniveaux

    bravant l’indifférence

    de ceux qui restent au chaud

    à pas crissant et durs pour rythmer la colère

    de nos rêves endormis ou trop vite mis à terre.

  • Les Falachas, Nègres errants du peuple juif, Tidiane N’Diaye

    Les Falachas, Nègres errants du peuple juif, Tidiane N’Diaye

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 13 septembre 2014, dans Monde - La une - Politique - Histoire - Littérature

    Tidiane N’Diaye nous a habitués à « un style », une approche d’enquête historique qui lui est propre. Impeccablement nourrie de sources référencées, habillée de précisions et d’explications sans lacunes, évitant toutes formes d’approximations ; l’Histoire – savante – est bien au rendez-vous de ses livres. Mais, c’est un N’Diaye qui nous la propose ! Peut-on dire, sans mépris aucun, qu’il nous la raconte, comme là-bas en Afrique, au bord des arbres à palabres… précisions, ici, pour mieux se faire entendre, là, synthèse – remarquable – sur ce point d’Histoire ; et surtout, argumentations de prise de position (de thèse, peut-être) parfois osée, cognante. De toutes façons, semble-t-il dire, l’Histoire est une matière vivante, dont il faut débattre et, là, dans ce livre « je pose ce que je sais et ce que je crois »… et de s’impliquer fortement dans l’affaire ; de chercher à démontrer, posture souvent étrangère au monde des historiens européens, laissant au lecteur le soin de déduire.

    Ainsi, dans ses différents et toujours passionnants ouvrages, la présence des Chinois en Afrique, ou le « génocide » noir par les Arabes, puis les Européens… L’Afrique noire est son objet d’étude, sa passion, à la moulinette d’un regard acéré et particulier.

    Ici, les Falachas – Juifs éthiopiens, dont la culture, l’image altière et digne, nous sont restés dans l’œil depuis le film – magnifique – Va, Vis et Deviens de Radu Mikaileanu, en 2005. Ici, Israël, la Terre Promise des Juifs, dans le rôle de ceux qui vont accueillir, mais, intéressés, calculateurs, pas vraiment nets ou fraternels… Le « film » de N’Diaye désigne avec fracas les « bons et les méchants », diront peut-être ses contradicteurs !

    « Après les avoir ignorés pendant des décennies, Israël décidait d’arracher à la famine et à la guerre civile qui ravageaient l’Ethiopie, plusieurs milliers de Falachas, pour les rapatrier au nom de la loi du retour ».

  • Billet fou Amendement numéro mille e tre : mettre Mozart en mémoire de moi, Christ

    Billet fou Amendement numéro mille e tre : mettre Mozart en mémoire de moi, Christ

    Ecrit par Luce Caggini, le 13 septembre 2014, dans La une - Ecrits

    Les uns vers les autres.

    Le temps est un élément traître et en même temps accordons-lui de remettre chaque chose à sa place pour autant que nous gardions la tête froide sous le bonnet, mais que nous jetions la toque du juge par-dessus les moulins.

    Aller jusqu’aux frontières invisibles où tout ce qui tient encore debout est noyé où tout ce qui se voit devient transparent où la vitesse se met brusquement au ralenti où l’observateur pour traverser la planète croyant lire son destin dans les écailles d’une tortue est saisi de l’ignorance et de la cécité en attendant la fin de sa quête.

    Il n’entend que les gamins rieurs, les marchands de beignets, les souffleurs de feu.

    Les uns, les autres, ceux d’hier et ceux qui ne savent même pas que ceux d’hier mangeaient des beignets de fleurs de courgettes sur le marché d’Ajaccio.

    Ce qui revient à dire ?

    Traverser l’hémisphère-nord jusqu’à l’hémisphère-sud en petite culotte et sans sous-tif avec innocence et furie qui ignorent l’impatience, l’effroi, la peur de Han Fu-Kiu devant les Japonais.

    Explorer ce que les grands savants mettent des lunes à décrypter, l’œil collé sur leurs savants outils et que l’artiste, parce qu’il a d’autres yeux pour voir ailleurs, se contente de raconter.

    À 14.644 kms de Paris, Singapour m’avait poinçonnée. Désormais j’étais empreinte d’enchantement : charme des jolies femmes appartenant à ce pays de fleurs que la blonde la plus sexy des Europe réunies ne pouvait que refléter une fleur de plastique fabriquée dans un atelier clandestin du 13ème et qui aurait eu l’incongruité de vouloir être…

    Combien les fièvres sont bonnes à vivre, pourvu que les déchaînements soient les nourriciers des âmes des artistes et leur fassent perdre la raison pour aller marcher sur leurs mirages, dans des routes qui n’en finissent jamais…

    « Le mot chinois est un signe complet en lui-même, réalisant une manière d’être, différent de ce qu’il dit et déjà très supérieur à ce qu’il daigne signifier ».

    Immensité du vide pris la main dans le sac.

    J’ai besoin d’écouter le Requiem de Mozart, pour la première fois j’en ai besoin.

  • Reflets des arts : Viallat ? Non merci !

    Reflets des arts : Viallat ? Non merci !

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 13 septembre 2014, dans La une - Arts graphiques

    Expo – la grande, l’estivale – à Montpellier. Au Musée Fabre, celui que j’aime « tout le temps » et même un peu davantage… ce Fabre cornaqué avec maestria et brio par un Michel Hilaire, que pas une seule de mes nombreuses chroniques-expos sur Reflets n’a  critiqué, mais au contraire, tellement admiré. Il y a des lieux de culture et les gens qui vont avec, qui en font ce qu’ils sont : Fabre est au plus haut ; Hilaire y est pour – presque – tout.

    Alors, d’où est venue, en 2014, cette idée de « remplir » l’été avec Claude Viallat… (une expo de mi-année, moins ambitieuse, n’aurait-elle suffi ?). L’art hyper contemporain, pour drainer tout ce peuple mélangé des grandes expos de Fabre ? Un pari ? Une envie ? Un défi ; sans doute. Qui n’a pas, cependant – à ce qu’on entend, ou lit – rempli son office. Viallat et sa rétrospective, cela ne correspondait pas – probablement – au consensuel qu’il faut pour ce genre d’évènement.

    J’en viens, il y a quelques heures dans le doré de cet été de septembre de Montpellier. Peu de foule ; ce silence si particulier au musée… j’y allais en confiance – une découverte, à Fabre, est toujours gagnante… sauf, que là !!!

    Est-ce ma compagne de visite ? qui dès le début se désespérait : « 9 euros !! quand même ! » ; ou, quelque chose de sec et quasi sans âme au long des salles blanches, sans l’habituelle mise en scène qui accompagne souvent toutes les grandes expos… vous l’aurez compris : Viallat, moi ? Non !

    Je me suis sentie un peu « abandonnée », guettant un ressenti qui décidément ne passait pas facilement au vert. On vous met presque sèchement – ou, librement ? – devant les « œuvres » ; à elles de vous parler, de vous faire un signe, de vous happer. Baste ! Pour moi, rien ! L’orgasme est remis à plus tard, ou, j’en ai peur, à autre chose… Vous hésitez ? Vous pataugez ? Vous n’y comprenez goutte ? Un livret, fourni en littérature plus qu’en images, vous est pourtant remis (c’est à mon avis trop austère, et moins efficace que les autres moyens muséographiques) ; buchez ! C’est pourtant nécessaire – des cours particuliers pour préparer ? car Viallat, ça ne va pas de soi !

    Certes, les immenses toiles qui habillent les cours intérieures et les plus hautes salles du musée – c’est impressionnant, et ça parle d’entrée pour ce créateur du mouvement « supports surfaces »… mais après… divaguer de salle en salle pour saluer le « motif Viallat » (allons !! Ce haricot, cette crotte colorée, me disait une amie peintre) tantôt sur un parapluie, sur des bouts de bois épars, sur ces fameuses bâches militaires – pas cher, le matériel ! Ah ! Reconnaissons, tout de même, un pincement au cœur, une Madeleine semi-proustienne, quand on tombe sur « la toile de tente », la même, je vous dis, avec ses emplacements-piquets, et les bajoues des fenêtres, que  celle des vacances à l’Ile de Rê de mon enfance… bon ! On ne peut, à côté,  qu'être interrogé par cette toile - « sans titre 1966 » - ( tonalités bleu / orange sur fond de toile de jute ? de sac à patates ?)  Regardez mieux, en bas, une tâche marronnasse n'en finit pas avec les hypothèses : de thé ? de café noir ? Et de voir l'artiste et sa tasse débordant d'un coup de colère ? de déprime ? un soir de panne... de haricot, peut-être... Viallat nous dirait que le motif – qui n'en est pas un, n'est là que pour le reste ! Mais où est donc ce reste ? Question existentielle.  Tout ça, décliné en couleurs diverses – le mauve et le vert, luttant contre de francs rouges, mais que je n’ai jamais ressenties comme éclaboussantes ou chauffantes… la couleur en peinture, et ses effets magiques, c’est par où ? bavantes, à souhait – ça, oui - et dégoulinantes de ci de là, puisque ce motif qu’on retrouve, « trop partout » auraient dit mes anciens élèves, vient d’une expérience d’éponge laissée dans de l’eau de javel – par mégarde – une nuit entière, dont on imagine facilement le résultat… jusqu'à nous transporter ? Pour moi, c'est non !

  • KI-C-KI

    KI-C-KI

    Ecrit par Gilberte Benayoun, le 13 septembre 2014, dans La une - KI-C-KI - Littérature

    L’auteur sur lequel j’ai jeté mon dévolu cette semaine, pour Reflets du temps, choix ô combien subjectif, est encore un auteur du vingtième siècle, européen, de langue française, de ce siècle riche en génies, talents, littérature, poésie, théâtre, et autres délices culturels.

    Donc, un auteur de mes grands préférés, dont l’œuvre entière, lue, dévorée, relue, revisitée et encore parcourue souvent, n’a jamais manqué de me nourrir, m’enchanter et me ravir, de son vivant, et encore bien après, hier, aujourd’hui, demain, comme, je l’espère, ces passages d’un de ses célèbres chefs-d’œuvre enchanteront et réjouiront.

     

    Extraits :

    Et on se mettait à manger poliment, à regarder artificiellement la mer, si dépendants l’un de l’autre. C’était le plus beau moment de la semaine, la chimère de ma mère, sa passion : dîner avec son fils au bord de la mer. (…) elle me disait de bien respirer l’air de la mer, de faire une provision d’air pur pour toute la semaine. J’obéissais, tout aussi nigaud qu’elle. Les consommateurs regardaient ce petit imbécile qui ouvrait consciencieusement la bouche tout grande pour bien avaler l’air de la Méditerranée. Nigauds, oui, mais on s’aimait. Et on parlait, on parlait, on faisait des commentaires sur les autres consommateurs, on parlait à voix basse, très sages et bien élevés, on parlait, heureux, quoique moins que lors des préparatifs à la maison, heureux, mais avec quelque tristesse secrète, qui venait peut-être du sentiment confus que chacun était l’unique société de l’autre. Pourquoi ainsi isolés ? Parce qu’on était pauvres, fiers et étrangers et surtout parce qu’on était des naïfs qui ne comprenaient rien aux trucs du social et n’avaient pas ce minimum de ruse nécessaire pour se faire des relations. Je crois même que notre maladroite tendresse trop vite offerte, notre faiblesse trop visible et notre timidité avaient éloigné de possibles amitiés.

    … Elle ne savait pas rire avec ces dames de commerce, s’intéresser à ce qui les intéressait, parler comme elles. Ne fréquentant personne, elle fréquentait son appartement. L’après-midi, après avoir terminé ses tâches ménagères, elle se rendait visite à elle-même. Bien habillée, elle se promenait dans son cher appartement, inspectait chaque chambre, tapotait une couverture, arrangeait un coussin, aimait la tapisserie neuve, savourait sa salle à manger, regardait si tout était bien en ordre, chérissait cet ordre et l’odeur d’encaustique et le nouveau canapé en affreux velours frappé. Elle s’asseyait sur le canapé, se recevait chez elle. Cette boule à café qu’elle venait d’acheter était une relation nouvelle. Elle lui souriait, l’éloignait un peu pour mieux la voir. Ou encore elle considérait le beau sac à main que je lui avais offert, qu’elle conservait enveloppé dans du papier de soie et dont elle ne se servait jamais car il aurait été dommage de l’abîmer.

  • Feuilleton : Le collier du Prince héritier

    Feuilleton : Le collier du Prince héritier

    Ecrit par Gontrand-Hubert Mogador, le 13 septembre 2014, dans La une - Ecrits

    Gontrand-Hubert Mogador, né en 1937 à Saint-Gargamel-en-Margeride (Haute-Lozère),   docteur es lettres anonymes, agrégé de philosophie dans le boudoir, doyen de la faculté de Saint-Flour, professeur émérite à l’Ecole des hautes études en sciences occultes est incontestablement le plus fin chroniqueur de son temps des mœurs provinciales du Haut Languedoc cévenol septentrional. Son œuvre protéiforme qu’il est inutile de présenter ici est une de ces sommes littéraires qui s’inscrivent au Panthéon de la pensée humaine à l’égal de La Comédie humaine, La Recherche du temps perdu, Les Rougon-Macquart  et Les aventures de la famille Fenouillard.

    Une langue admirable d’une exemplaire concision, une pensée hiératique parfois absconse mais toujours inspirée, caractérisent ce corpus philosophico-littéraire qui a fait écrire à Sartre « Si G.H.Mogador n’existait pas, il faudrait l’inventer ! »

    Nous sommes particulièrement honorés que la maître ait choisi Reflets du Temps pour livrer au public un de ses romans encore pratiquement inédits et dont nous publierons chaque semaine les quatorze chapitres qui sont autant de perles rares de cet énigmatique collier...

  • Écrire sur Reflets du Temps...

    Écrire sur Reflets du Temps...

    Ecrit par La Rédaction, le 13 septembre 2014, dans La une

    n nous lisant, l'an passé, vous avez été « très » nombreux à vous murmurer, avant de dormir «  et pourquoi, moi, je n'écrirais pas dans RDT ? »

    Le faire, c'est simple comme 2 clics : écrire un texte sur : actualité, international, société, économique, histoire, philosophie, religion, mais aussi création : mini nouvelle, critique de livre ou de film ; musique, retour d'expo, ou de voyage ; recette exceptionnelle, choix unique de grands vins … J'en oublie, bien sûr, puisque dans RDT, on peut s'exprimer sur tout ! - et, ça, c'est du rare ! ( les écritures – régulières, sur le sport manquent dans les rubriques de Reflets !  La TV n'y est pas ou peu abordée ! Qui s'y verrait serait le – la – très bienvenu !)

    L'envoyer au comité de lecture – sous Word, c'est mieux ; police Verdana 13 justifié – à ces 3 adresses conjointes : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.    Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. , auxquelles s'ajoute cette rentrée la messagerie de la rédaction :  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

     Facile ? On vous attend !

    RDT est un magazine interactif (voire même, à certaines heures, hyperactif) : non seulement on lit, mais on commente, et le débat s'enrichit par bonds, de lecteur en lecteur. Mais, notre charte a posé des bornes ; on est dans du collectif, avec des règles. 4 commentaires, au plus pour chaque commentateur ; illimité pour l'auteur du texte. Le respect de l'espace d'écriture, pas moins, pas plus ! De plus, un commentaire n'étant pas une mini chronique, pensez à faire court, mais toujours percutant. Notre magazine étant modéré, la validation de votre commentaire se fait une fois par jour, le soir. Si, cependant, il n'était pas validé, vous recevriez un mail explicatif.

    Écrire son commentaire dans l'espace de saisie – 3 minutes, le temps d'un bon œuf à la coque, quand même ! – est (dit-on, ça et là) générateur de stress ! Pourquoi ne pas écrire tranquillement son petit « moi, je pense que ... », sur son logiciel de traitement de texte, puis, par copié/collé, le parachuter sur l'espace de saisie du mag ... Ça évite souvent de le perdre en cours d'enregistrement !

     

    Bonne continuation sur RDT

  • Le rêve de Najat…

    Le rêve de Najat…

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 06 septembre 2014, dans France - La une - Politique - Actualité

    Cette rentrée, la haine rôde… Hollande au bout de tous les fusils ; le petit surdoué ministre des finances qui touche, en même temps que son portefeuille, un sacré paquet ; la – toujours un peu bécasse – Valérie, qui confond, à l’ancienne, en harengère, ses états d’âme parfaitement légitimes de femme bafouée, avec la République et un Président en exercice…

    Et maintenant Najat !

    Belkacem-Vallaud ; 36 ans ; pas bien grande, mais si droite ; 3 fois ministre sans compter les porte-parolat ; des yeux qui n’ont jamais froid et une voix policée, pas agressive pour deux sous, mais ne lâchant pas, disant – ne l’avez-vous pas encore compris – sa fierté à cette jeunesse-là, de servir – loyale comme peu – et la république et un socialisme aux couleurs de toutes les embellies. Najat, quand on la regarde, on en chanterait presque : une « Jeune garde » à elle toute seule…

    On a été fiers d’elle, quand il y a deux pas, François Hollande l’a honorée du titre de ministre de l’Éducation Nationale ; première femme dans ce poste ; on entend le grand Jules en sourire ! Contents, on était – comme elle, et son sourire franc et frais – lors du premier Conseil des ministres de ce « Valls deux » qui avait fait couler de l’encre et pas mal de larmes à Gauche ; je crois me souvenir. On ne se méfie jamais assez – à Gauche, notamment – la mémoire marque le pas devant les hourra ! Baste ! À quoi sert donc l’Histoire ?

    Car, embusqués, ils demeurent, les ultra-conservateurs à bandeaux dans le carré des femmes du XVIème, à familles nombreuses épuisées de catéchisme à l’ancienne… A-t-on oublié leurs cris et rage pour huer le mariage gay et le tuttim… Sortis du sinistre bois, engraissés par leurs chiffres des Européennes, les adeptes de la fille en bleu-marine, jamais lassés d’une bonne manif. Accroupi, tout ça, sur un « Minute » qui existe visiblement encore, et qui ressort ce qui peut salir, semer le doute, laisser des traces ; en un mot : puer…

    C’est que – alerte il y a – je peux difficilement écrire « rouge » ! dans le pays de Saint-Louis : nos têtes blondes (les brunes, on s’en fiche) sont dans les mains – madame ! – d’une « musulmane », issue droit du Rif marocain, et – non, mais, écoutez-moi ça ! – venue en France dans le sac de chantier d’un père ouvrier du bâtiment. Du « pur immigré », donc, à en avoir froid dans la collerette en fourrure… Et toutes nos bourgeoises un brin asthmatiques depuis que la Gauche… de s’offrir une lampée de Ventoline.

  • Racism IS

    Racism IS

    Ecrit par Ricker Winsor, le 06 septembre 2014, dans Racisme, xénophobie - La une - Ecrits

    About a lifetime ago, in our loft in Brooklyn, my wife and I watched the light streaming in through the big old factory-building windows and saw, floating in the warm slanting beams, a million dust particles bouncing and floating.

    « Am I wrong, or didn’t we just finish cleaning the whole loft ? » I said.

    « Dust IS », she said, which I though was kind of brilliant.

    « Yeah, dust IS », like an element, a part of creation you can’t edit out no matter what you do. It is just there. Racism is just like that.

    Why bother saying anything more about it, and, especially, why should a white man say anything ? No matter what a white man says is bound to be wrong. That also « IS ». And yet, this topic keeps coming up and keeps needing to be addressed one way or the other, with essays and editorials and/or with looting, rubber bullets, and tear gas.

    « Why can’t a woman be more like a man ? » declared Henry Higgins in My Fair Lady. And the white man says, « Why can’t a black man be more like a white man ? » Things would go a lot easier for everyone if that were the case. That’s what we think anyway, most of us, if I can stick my neck out a bit.

    Affirmative action, scholarships, a helping hand ; they all were well intentioned ways of giving black people a way into the white world where we would all be more happy. But they, generally speaking, were not having any of that ; not much anyway. It reminds me of that naïve idea we had that if we would just give those Iraqis the ability to vote and maybe a few credit cards they would, lickety split, be transformed into happy, prosperous, law-abiding Republicans and Democrats.

    I went to boarding school for the high school years. I went back to the 25th reunion, already a long time ago. When we were in school in the early sixties there were maybe three African American students. Twenty five years later I was standing next to a long-time professor watching the classes of years past parade across the athletic field and saw no color anywhere except for the American flag. And I asked him about that.

    « How is that possible », I asked, « after all that has happened ? » And he said, « We can’t get them. They don’t want to come and when they do they don’t stay long. They drop out ». And now we are getting into the nitty gritty because many of them say, in one way or another, « Fuck you whitey ». Simple as that. Racism IS.

    I have lived all over the world and everywhere it is the same ; the whiter you are the better it is for you. Nobody wants to be darker. Everybody wants to be lighter in skin color. That is a mysterious fact. And the African group is at the bottom of the barrel, maybe because they are the blackest. A well-traveled white person can appreciate that black is beautiful. I haven’t noticed that black people accept that easily.

  • Texte de Ricker Winsor, « Le racisme EST »

    Texte de Ricker Winsor, « Le racisme EST »

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 06 septembre 2014, dans Racisme, xénophobie - La une - Ecrits

    Il y a des lustres, dans notre loft, à Brooklyn, nous regardions, ma femme et moi, le flot de lumière qui se déversait à travers les fenêtres de ce grand bâtiment, autrefois une usine. En suspension dans la chaleur des rayons obliques, nous voyions un million de particules de poussière rebondissant en apesanteur.

    Je dis : « Est-ce que je me trompe, ou est-ce que nous ne venons pas de faire le ménage du loft tout entier ? »

    « La poussière EST » répondit-elle, ce qui me paraissait formulé avec brio. « Eh oui ! La poussière EST », comme un élément faisant partie intégrante de la création. Impossible de l’effacer, quoi qu’on fasse. Même chose pour le racisme.

    A quoi bon revenir là-dessus, et, en particulier, de la part d’un blanc ? Peu importe ce qu’il dit, un blanc a forcément tort. Cela également EST. Et pourtant le sujet ne cesse de s’inviter dans l’actualité ; il faut donc le traiter d’une manière ou d’une autre : par des essais, des éditoriaux et/ou des pillages, des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes.

    « Pourquoi une femme ne peut-elle ressembler davantage à un homme ? » déclarait Henry Higgins, dans My fair lady. Ce à quoi fait écho le blanc : « pourquoi un noir ne peut-il ressembler davantage à un blanc ? », les choses seraient tellement plus simples pour tout le monde, si tel était le cas. C’est, à coup sûr, ce que pensent la plupart d’entre nous, si je puis me permettre.

    La discrimination positive, les bourses, une main tendue ; tout cela partait d’une très bonne intention : donner aux noirs les moyens d’entrer dans le monde des blancs. Là on serait tous plus heureux. Mais, d’une manière générale, ils n’ont rien obtenu du tout, ou, de toute manière, pas grand-chose. Cela me rappelle cette idée naïve que nous avions, selon laquelle, en donnant  aux Irakiens la possibilité de voter – et, peut-être, quelques cartes de crédit – ils seraient, en deux temps trois mouvements, transformés en Républicains et Démocrates, heureux, prospères et respectueux des lois.

    J’ai passé ma scolarité secondaire dans un pensionnat. Je suis retourné à la 25ème réunion des anciens, il y a déjà longtemps de ça. Quand nous étions à l’école, dans les années 60, il y avait peut-être trois élèves afro-américains. Vingt cinq ans plus tard, j’étais assis à côté d’un vieux professeur qui observait le défilé des classes des années passées à travers le terrain d’athlétisme. Les seules couleurs visibles étaient celles du drapeau américain.

  • Racines d’actu Palestine

    Racines d’actu Palestine

    Ecrit par Jean-Luc Lamouché, le 06 septembre 2014, dans Monde - La une - Politique - Histoire

    Quelques mots sur cette nouvelle rubrique, Racines d’actu, qui devrait apparaître de temps en temps sur le site :

    Rédiger, en fonction d’événements importants de l’actualité, dont la lecture est très complexe, des petits billets, qui auront pour but, en cette période de déculturation (notamment historique) et de mélange des repères, de tenter de donner davantage d’éclairages lorsque l’Histoire pourra permettre de mieux saisir les racines profondes d’un fait (ou d’une série de faits) signalés – quelquefois trop rapidement voire artificiellement – par les médias.

    On ne sera pas étonné que la première de ces rubriques touche à la guerre israélo-palestinienne de cet été finissant ; lesquels évènements du reste, courant encore…

     

    Le premier peuple vraiment connu historiquement à avoir occupé la Palestine (en lui donnant son nom, d’une certaine façon), et cité dans la Bible ainsi que notamment au sein des documents pharaoniques égyptiens en notre possession, fut celui des Philistins (situé entre Gaza et Ascalon, essentiellement) ; il ne s’agissait pas de sémites (puisqu’ils ils faisaient partie des « Peuples de la mer », un peu comme les Crétois de l’Âge du Bronze).

    Le second peuple fut celui des Hébreux (des juifs), jusqu’aux différentes diasporas (dispersions imposées à ceux-ci tout autour du Bassin méditerranéen – dans un premier temps – puis bien au-delà).

    Les Arabes musulmans arrivèrent sur cette terre des siècles plus tard (à partir des « révélations » du « Prophète » Mohammed, ou Mahomet), sans oublier l’importance qu’eut l’Empire des Turcs ottomans jusqu’à sa chute au lendemain de la Première Guerre mondiale.

    Après 1919, la Palestine (largement arabisée et islamisée, mais où restaient de très nombreux juifs et chrétiens) fut soumise à une forme de colonisation britannique (sous mandat de la SDN, ou Société des Nations), contre laquelle les juifs (sionistes socialistes à l’origine) luttèrent pendant des années (surtout après 1944-1945). L’ONU (Organisation des Nations-Unies, créée en 1945) accepta – à la quasi unanimité (URSS de Staline comprise), et en raison (surtout) du traumatisme collectif provoqué par la Shoah perpétrée par les nazis –, l’idée de la recréation de l’État juif en Palestine ; chose faite en mai 1948, après avoir prévu un plan de partage entre juifs et arabes en 1947 (celui-ci ayant été refusé par les pays arabes alentour, ce qui entraîna la première guerre israélo-arabe en 1948-1949).

  • JCALL Le réseau juif européen pour Israël et pour la paix

    JCALL Le réseau juif européen pour Israël et pour la paix

    Ecrit par JCall, le 06 septembre 2014, dans Monde - La une - Politique - Actualité

    1) Confiscation de 400 ha en Cisjordanie : un obstacle supplémentaire à la paix

    JCall, le réseau juif européen pour Israël et pour la paix, condamne fermement la récente initiative israélienne visant à confisquer 400 hectares de terres situées en Cisjordanie dans le secteur de Bethléem, en réaction au meurtre des trois jeunes Israéliens, en juin dernier. Aussi horrible qu’ait été cet assassinat, il ne saurait justifier qu’un État de droit se livre à une forme de « représailles collectives » qui ne peuvent, en outre, qu’affaiblir l’Autorité palestinienne et son président Mahmoud Abbas, partenaires incontournables pour parvenir à un accord politique.

    À l’issue de l’opération « Bordure protectrice » à Gaza, le message envoyé est en effet limpide : avec le Hamas, on négocie, avec l’Autorité palestinienne on étend la colonisation !

    JCall considère que seule une reprise des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne, avec la volonté d’aboutir, en vue de réaliser une solution basée sur le principe « deux peuples/deux États », est de nature à mettre un terme à l’engrenage de la violence.

    JCall soutient tous ceux qui, en Israël, s’opposent à cette décision provocatrice qui ne manquera pas d’entacher l’image d’Israël, lequel encourt le risque de se voir confronté, comme l’a récemment souligné Tsipi Livni, à une « intifada diplomatique » d’une rare intensité.

     

    Lire ce texte sur le site de JCall :

    http://fr.jcall.eu/communiques/confiscation-de-400-ha-en-cisjordanie-un-obstacle-supplementaire-a-la-paix

     

    2) Rencontre :

    Après un été particulièrement chaud et fertile en événements qui nous ont interpellés, émus, ébranlés parfois… il nous a semblé nécessaire de reprendre nos activités au plus vite. C’est pourquoi nous vous invitons à une rencontre, que nous organisons conjointement avec nos amis de La Paix Maintenant, mardi 16 septembre à 20h30 au Cercle Bernard Lazare à Paris, 10, rue Saint Claude (M° St Sébastien-Froissart). Antoine Sfeir* nous présentera son analyse de « l’après Gaza ».

     

    Entrée gratuite pour nos adhérents à jour de leur cotisation, PAF de 5 € pour les autres.