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  • Deleuze, les mouvements aberrants, David Lapoujade

    Deleuze, les mouvements aberrants, David Lapoujade

    Ecrit par Didier Bazy, le 18 octobre 2014, dans Philosophie - La une - Littérature

    Logiques de Deleuze

    Exprimer les logiques irrationnelles des mouvements aberrants dans une sorte d’encyclopédie est, selon David Lapoujade, l’entreprise philosophique de Gilles Deleuze. Excellente idée. Rare et difficile.

    Rare. On réduit trop souvent Deleuze à des types de philosophie : de l’événement, de la vie, de l’immanence, des machines abstraites, des rhizomes, des déterritorialisations, des multiplicités, etc. – pour les plus savantes. On fait pencher, sur un autre plan, Deleuze du côté du philosophique non-philosophique et inversement. C’est possible mais c’est insuffisant. « Evitons le savant comme le familier ».

    Difficile. Difficile encyclopédie car les multiplicités précisément prolifèrent. Difficile de donner une définition : un mouvement aberrant échappant à la raison et même, à l’ordre des raisons.

    L’important, du coup, est de coller au cœur et au corps d’un mouvement aberrant et d’en saisir les modalités internes de fonctionnement – en évitant délicatement et le jugement et l’explication extérieure (qui ne sont que des placages). Eviter le placage, privilégier le collage. Trouver la logique propre, la genèse de tel agencement plutôt que la logique dite interne (avatar encore trop dialectique de la raison).

    Tous les livres de Deleuze pourraient commencer par « Logique de… » du sens, du schizo, des multiplicités, de la sensation, de l’image-cinéma, de la conception, de l’affection, de la perception, du contrôle généralisé…

    Un mouvement aberrant est un mouvement « forcé » (rien à voir avec le mouvement violent d’Aristote). Un jet de pierre n’est pas forcément aberrant.

    Question spino-deleuzienne : quelles sont les caractéristiques du mouvement aberrant ? Il y en a deux, toujours liées. Inexplicable et nécessaire. Et Deleuze n’a de cesse de déplier, de plier et d’exprimer les logiques des agencements nécessaires/irrationnels et pourtant têtus et factuels.

    Quelques exemples de mouvements aberrants peuvent ici être évoqués.

    – Bartleby, I prefer not to. Inexplicable et indispensable.

    – Kafka, la logique ne résiste pas à un homme qui veut vivre.

    – Bacon, les portraits d’autant plus éloquents qu’ils (se) déforment.

  • Djibril.Bamako-Montpellier

    Djibril.Bamako-Montpellier

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 18 octobre 2014, dans Monde - La une - Société

    Ce Mali de lumière et d’extrême pauvreté – souvenez-vous ! ces images en boucle, dans l’hiver 2012, ouvertes sur l’infinie beauté des villages Dogons, du Niger majestueux, du Nord et des Ifoghas désertiques. On y voyait brûler l’âme de la civilisation la plus fine, dans les manuscrits de Tombouctou. Passaient sur nos écrans ces hommes noirs enturbannés aux allures féroces de Barbe Bleue, fondant – sinistres vautours – depuis la caravane meurtrière de leurs pick-up, glissant sur la latérite immuablement rouge des pistes. On avait peur ; on avait tous peur, pour ces enfants affolés, et leurs yeux devenus trop vite sérieux, pour ces femmes dont on se doutait du sort… pour nous, au bout de ces terribles ricochets, se sentant d’un coup, Maliens, parce que là, il y allait de l’homme simplement. On avait peur ; on avait raison, et notre drapeau flottant sur les tanks de l’armée française intervenant, cette année-là – justice bien plus que panache inutile – nous avait d’un coup rendus si fiers.

    Depuis, la TV a suivi d’autres théâtres d’opération, du Centre Afrique à l’Irak actuel. Les mêmes acteurs, ou peu s’en faut. La même fierté, au bout – guerre juste, dirait-on. Mais, notre regard, notre préoccupation se sont déplacés, et le Mali est rentré dans l’ombre poisseuse et grise d’une saison des pluies qui prendrait ses quartiers. C’est peu de le dire : Le Mali – un des pays les plus pauvres des Sud – vivait d’agriculture, élevage, et d’un tourisme débutant plutôt bien ; solidaire, écolo, bon esprit, sans tapage. Depuis, la guerre, pffft… plus beaucoup de sacs à dos sur les chemins, de manne internationale, plus vraiment. Destructions, routes et ponts en triste état, villages abandonnés, villes retournées dans un silence d’antan. Peurs encore rampantes : ne dit-on pas que le Nord voit revenir des hordes islamistes en nombre inquiétant ?

    J’avais dans une chronique antérieure (« Mali !! ») présenté le Centre d’accueil et de placement familial de Bamako, et l’association française LEO, dédiée au sort des orphelins Maliens, handicapés. Terriblement difficile, la vie de ces enfants, fratries parfois, disséminées souvent, attendant au bord du fleuve, qu’arrive l’étranger – l’européen, le Français, souvent – qui les sortirait de la misère. Encore plus délicat, le sort de celui d’entre ces minots, que « dame nature » – aurait dit un conte pour gamin nanti – avait raté en le gratifiant d’un handicap. C’était dur avant 2012 ; depuis… moins d’argent, moins d’accueillants, moins de départs. On le sait néanmoins, qu’en serait-il de cet orphelinat, sans le halte-là de l’hiver 2012…

  • Billet fou Le Tao du voyage ou comment ne pas arriver au ciel en touriste

    Billet fou Le Tao du voyage ou comment ne pas arriver au ciel en touriste

    Ecrit par Luce Caggini, le 18 octobre 2014, dans La une - Ecrits

    Le Tao ? Même en peinture c’est un impromptu.

    Accompagner ses bagages c’est un mode de transport à la portée de tous, tous ceux qui m’agacent parce que je suis comme eux aussi.

    Faire ses adieux à la routine me lancer à la tête des gens, je préfère, sans conditions, sans longue-vue, sans joint, sans certif de nationalité.

    Le top ? Se laver au savon et à l’eau de mer.

    J’ai aussi parcouru un max de km un 4 juillet, pour aller prendre un bain en partant de NYC et fini par atterrir à Virginia Beach sur un terrain militaire après Norfolk : il y avait trop de monde ailleurs et je ne supporte pas la promiscuité !

    Sans parler d’un back and forth Nice-Santa Margherita Ligure pour une coupe de cheveux à l’italienne.

    Je l’ai fait et j’en suis revenue riche et misérablement riche, mariage de mondanité et mariage de modestie.

    Les amours d’une vie, les amants d’un jour ou d’une nuit m’ont conditionnée amoureusement, vivante, réanimée de notions réalisant parties et contreparties d’être tour à tour vorace et habitée de nausée d’un complet ras-le-bol pour devenir en partie et en solo une personne bien sous tous rapports.

    Durant cette balade réconciliant mes retraits et mes avancées, ma solitude et ma convivialité mon attachement à la vie et mon cœur à la mort, amie de limitation des uns et des autres, rien ne me fait plus plaisir que le mot de maman dans ce mois d’Octobre, Tichri un mois où les Juifs et les arabes unis dans le rhodanien fleuve de la Méditerranée se jettent tous à plat ventre, imams et rabbins célébrant ce mémorable Octobre au moment même où mon père et ma mère à quarante ans d’intervalle se rejoignaient le même jour dans une ardente combinaison de chiffres et de données secrètes.

    Je flânais à la librairie à la BN, ou plutôt je croyais flâner, alors que je cherchais. J’aurais voulu acheter tous les livres, les avoir tous, comme le plus grand nombre d’entre nous.

    Je me cherchais, je finis par me trouver.

    Mon choix se fixa sur Le Double de Dostoïevski, Le Zéro et l’infini de Koestler, et La Faim de Knut Hamsun. A bien y revenir, je croyais faire un choix alors que c’est eux qui m’avaient choisie. Moi j’y vis le doigt du moi me criant : ma rouée si tu croyais être la meilleure de la classe tu ne manques pas d’air.

  • Une p… par jour éloigne le médecin ? Chronique de Bekkevoort

    Une p… par jour éloigne le médecin ? Chronique de Bekkevoort

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 18 octobre 2014, dans La une - Ecrits

    Les « … » sont pure coquetterie. On raconte que, dans les années cinquante, un brave employé de théâtre, ne sachant quel mot dissimuler dans le titre de la pièce de Sartre, La putain respectueuse, avait finalement – après moult hésitations – affiché « la putain r… ».

    Oui, ici, à Bekkevoort, il y a deux industries principales : les pommes et les putes. Les champs de pommiers s’étendent à perte de vue, en fleurs au printemps, en fruits en été – (d’où l’intitulé de mon article : une pomme par jour éloigne le médecin, an apple a day keeps the doctor away !). Les bordels, quant à eux, s’étalent le long de la « staatsbaan », la route nationale qui relie Bruxelles à l’est de la Belgique. Là, à la belle époque, avant la construction de l’autoroute, les routiers arrêtaient leurs poids lourds pour aller se délester de leurs semences dans ces petites maisons accueillantes ; car, à Bekkevoort, point de district rouge, comme à Amsterdam ou à Bruxelles, avec ces vitrines aux femmes à moitié dénudées : on fait à l’ancienne, à la Proust. Les villas portent des noms aguicheurs : « can can », « Cupidon », « Boys’ club » (il en faut pour tous les goûts et toutes les orientations) ; la palme revenant sans doute à « Pussy cot » ; « een cot » en néerlandais signifie une piaule, une chambre d’étudiant. On pourrait donc traduire par « une piaule à chattes » (dans les deux sens du terme !).

    Ô bien sûr, homme marié, qui consacre ses loisirs à des lectures austères, je n’y ai jamais mis les pieds (ni le reste !). Mais les chauffeurs de taxis qui me conduisent régulièrement à la gare du Midi (l’équivalent bruxellois de la gare de Lyon, à Paris) m’ont raconté. Wim, d’abord, solide garçon, en pleine poussée hormonale, impatient d’alléger ses lourdeurs testiculaires. Il y rentra un jour. Le rituel est le même qu’au XIXème siècle. On choisit la pute, puis on lui offre à boire. Wim proposa un coca, que nenni ! Coupe de champagne à 60 euros ! Sombre augure préfigurant le coût des prestations à venir…

    Et puis il y a Freddy, chauffeur très « burgonde », comme on dit en Flamand, amateur de bière d’abbaye et de bonne chère (pour la chair, il se contente de sa femme, de grand talent culinaire et pas seulement). Freddy amène ses clients en goguette à son bordel préféré. Une tournée des grands ducs en quelque sorte (par référence aux débauches des grands ducs de la Russie impériale qui écumaient les lieux de plaisir de Paris). On ne croit pas d’ailleurs si bien dire : récemment il a transporté un Russe – ancien de la nomenclature soviétique reconverti dans le business (autrement dit la mafia) – vers le « can can ». Pendant que son client se faisait bichonner par quatre de ces dames dans un jacuzzi, lui, sirotait un café avec la mère maquerelle tout en regardant la télévision… Le Russe laissa 4000 euros, et Freddy toucha son pourcentage, 20%, soit 800 euros !

    « Belli gerant allii, tu felix Austria nube ! » Les autres font la guerre, toi, heureuse Autriche, marie-toi ! disait-on du mariage de Maximilien de Habsbourg avec Marie de Bourgogne (ce qui lui rapporta la Bourgogne et les Pays-Bas). Sur un mode pareillement lotharingien, on pourrait reformuler le dicton ainsi : « tu felix Belgica, concubes ! » Toi, heureuse Belgique, tu couches !

  • Reflets des Arts Titanic, l’exposition : de vrais objets, de vraies histoires

    Reflets des Arts Titanic, l’exposition : de vrais objets, de vraies histoires

    Ecrit par Valérie Debieux, le 18 octobre 2014, dans La une - Arts graphiques

    « C’est lors d’un dîner, un soir de juillet 1907, que J. Bruce Ismay, directeur général de la White Star Line et Lord James Pirrie, président de la vénérable société de construction navale de Belfast, Harland & Wolff, ont lancé l’idée de construire trois paquebots somptueux pour percer sur le marché lucratif des traversées transatlantiques. Ces trois paquebots, le Titanic, l’Olympic et plus tard le Britannic, seraient les plus grands objets mobiles jamais construits par l’homme ».

     

    Palexpo Genève, Halle 7, 10 octobre 2014

    Les visiteurs y sont attendus pour participer au voyage inaugural du « RMS Titanic » de Southampton à New York, comme en avril 1912. Grâce à la magie des décors, ils revivent les différentes étapes de cette légendaire traversée depuis la construction du paquebot jusqu’à la découverte de son épave au fond de l’océan.

    L’exposition commence par la présentation des vingt-sept Suisses qui, à l’instar de la majorité des autres passagers, avaient décidé de réaliser ce voyage pour accomplir leur rêve : vivre la grande aventure en Amérique !

    Cette exposition évoque le destin particulier de plusieurs personnes ayant embarqué, la peur au ventre : d’aucuns estimaient en effet que donner un nom comme le Titanic à un bateau était un défi lancé à Dieu ; d’autres encore regrettaient d’avoir dû monter à bord du Titanic, sous la contrainte d’événements extérieurs.

    Paroxysme de cette angoisse, l’exposition cite le cas de cette passagère qui dormait le jour et passait la nuit sur le pont, pour s’assurer qu’aucun événement fâcheux ne vienne entraver le voyage du paquebot ; son mari, accompagné de leur fillette, constatera avec horreur le bien-fondé de son appréhension.

    Contrepoids de ces frayeurs, les données techniques du bateau : sa conception dite « insubmersible » avec sa coque constituée d’immenses plaques fixées les unes aux autres par plus de trois millions de rivets en fer forgé, ses cales étanches, ses machines répondant aux derniers progrès réalisés dans le domaine de l’ingénierie maritime, ses moteurs alternatifs avec ses trois hélices et, last but not least, une technologie haut de gamme, enrobée d’une opulence et d’une richesse sans égal.

    Les visiteurs seront séduits par le souci d’authenticité de l’atmosphère à bord, par la qualité de la reproduction des chambres, des couloirs et du célèbre « Grand Escalier ». Il sera frappé également par ce détail original, portant sur la différence de température entre les salles, notamment dans celle consacrée à la collision du Titanic avec l’iceberg : une immense plaque de glace en forme d’iceberg a été installée pour que le visiteur puisse se rendre compte, au toucher, de la sensation vécue par les victimes au moment du drame.

  • Eclats d’humeur (16) Dans le train (2)

    Eclats d’humeur (16) Dans le train (2)

    Ecrit par Emmanuelle Ménard, le 18 octobre 2014, dans La une - Ecrits

    Pliée entre deux fauteuils

    telle une valise imparfaite

    j’explore les autres bouches

    qui me parlent du monde

     

    Le rythme est saccadé

    et les mots bousculés

    des mots qui se mélangent

    comme des peaux mal aimées

     

    Je n’ai ni froid ni faim

    Je ne sens que les autres

    mon livre entre les doigts

    pour me donner un poids

     

    Je n’ai ni chaud ni soif

    juste un peu saoule

    est l’âme

    comme une corde lâche

    au saut gracile de l’ange.

  • Reflets du temps a lu pour vous

    Reflets du temps a lu pour vous

    Ecrit par Gilberte Benayoun, le 18 octobre 2014, dans La une - Littérature

    Dans ce petit livre poétique, « Le naufrage de Rose, Au-delà des mers, on trouve un océan de questions », de Jean-François Joubert, où l’on navigue entre le rêve et le réel, où l’on côtoie espoirs et désespoirs, couleurs et noir et blanc, joie pure et tristesse intérieure, le tout sur fond de mélancolie amoureuse, amour de la mer ou amour d’une femme… on lit, on cherche, on s’interroge, et on se dit : mais qui est Rose ?…

    Et comme le dit la quatrième de couverture : « [Vie réelle ou fantasmagorique, le je narrateur se transporte sur la Terre, qui est pour lui une mer à la recherche du bonheur passé, de l’Amour défunt : Le ciel sans toi ne m’éclaire plus, je nage dans une drôle d’atmosphère, fidèle à mes convictions : celles de croire que nos chemins se croiseront à nouveau. Espoir… Tout au long de ce récit, le lecteur navigue entre deux eaux : le réel, l’Histoire, le conte onirique de la petite histoire ordinaire d’un coup de foudre, instant passion, qui dégringole et rend suicidaire de l’Amour l’être abandonné (…)] », on navigue entre deux eaux…

     

    Extraits :

    Les étoiles partaient se coucher et l’aube pointait son nez. Un matin ordinaire où l’Ogre gommait les lampadaires de l’architecte divin, un vent léger, deux, trois Beaufort. Quelques nœuds pas coulants qui me permettaient de respirer dans cette traversée hauturière, animée de coups de sang, et de lumière surgissant du fond de l’univers. De larges couleurs envahissaient le ciel : des effets mandarine, du gris bleuté, et ce vert turquoise que j’aimais tant. Une nuit de plus, sans toi, Rose et ce souvenir de nos danses sur les flots, enfournant dans un surf de folie à sec de toile, un bout de foc puissant sous ses cinquante nœuds rougissants.

    Nos rires, fatigués, ricochaient sur l’eau génétiquement croisée entre un vert de chrome et un bleu céruléen.

    Une circulation de nuages passait sur mes illusions. La route était noire et le soleil absent, et les nuits si longues depuis que je n’arrivais plus à dormir. L’insomnie guidait toute ma vie, alors je marchais sans cesse afin de vaincre l’expression de cet abandon. Difficile d’être un pion dans un monde solitaire, un monde de devises et de consommation. L’almanach du marin breton ne m’aidait plus, mes rêves de navigation avaient pris l’eau. Mes pas heurtaient le sol, pas une musique dans ma tête, le silence presque vrai meublait ton absence. Je voyageais par petits mètres, un pas plus un pas traçaient ma voie, empreinte de folie, de souffrance. Blessé sans combat, je cherchais à comprendre les causes de cette chute violente, ce fossé de décadence. L’âme nue, j’avançais vers un chemin inconnu, la mort de l’amour… Des ampoules aux pieds, ivre sous la menace d’un ciel ocre jaune, mes chaussures en sang, j’allais sans sens apparent vers une fuite incertaine. J’avais peur de ne pas tenir la hauteur, d’être muet face à l’invincible et, sans vin, je tremblais.

  • L’égalité ce n’est pas la similitude

    L’égalité ce n’est pas la similitude

    Ecrit par Luc Sénécal, le 18 octobre 2014, dans La une - Société

    En ce qui concerne la tendance moderne qu’une certaine gauche promeut, ici, en France, on peut constater qu’il y a un amalgame fâcheux qui pourrait être risible. Car, attention, « Égalité » n’est pas similitude. Cet amalgame très actuel est une erreur fondamentale dont nous percevons actuellement les effets.

    Peut-on constater que la société change, sans pour autant en tirer des conclusions trop hâtives mais en prenant un peu plus de recul, pour mettre à mal cet amalgame ?

    D’abord, sur le plan historique, la femme il n’y a pas si longtemps, ne devait pas fumer, n’avait pas le droit de porter des pantalons (la loi a été abrogée très récemment), ne participait pas aux conversations des homme sur des sujets de fond, n’avait pas droit de vote et devait s’occuper de la maisonnée pour le bénéfice de son mari.

    C’était un système, faut-il le préciser, apprécié par bon nombre de femmes qui y trouvaient quand même leur compte. D’abord le mari représentait la maison à l’extérieur mais n’avait pas son mot à dire à l’intérieur. Ce, tant qu’elle restait la maîtresse de maison en faisant preuve de ces capacités.

    Pourtant un mouvement féministe s’est fait jour très marginal tout d’abord, puis conduit par des femmes de caractère, a réussi à renverser complètement ce système.

    Mais est-ce un bien ou est-ce un mal, c’est très discutable. A savoir que désormais la femme travaille et ne s’occupe plus des enfants comme auparavant. Il faut trouver une garderie ou quelqu’un pour les garder, les chercher à l’école, les occuper, les surveiller. Où est l’éducation que doivent donner les parents dans tout ça ? Pourquoi veut-on que ce soient les enseignants qui aient en charge l’éducation lorsque les parents sont incapables de la fournir à leurs rejetons ?

    Car la femme, malgré tout, a en charge ses activités professionnelles mais également à la maison, faire les courses, faire la popote, torcher les « gosses » et faire la lessive, le ménage et j’en passe. Peut-on parler d’égalité dans ce cas ?

    Il y a maintenant dans les jeunes générations, des hommes qui participent aux activités de la maison et c’est bien. Malheureusement, il y a encore des mâles qui n’ont aucune intention de participer aux tâches ménagères qu’ils considèrent comme ne relevant pas de leur sexe.

    Il y a aussi des femmes qui « singent » l’homme donnant ainsi sans le vouloir à celui-ci une importance qu’il n’a peut-être pas, du moins pas autant.

  • Le tout bon des Reflets – le vin de Léon-Marc – Las Cases 86

    Le tout bon des Reflets – le vin de Léon-Marc – Las Cases 86

    Ecrit par Léon-Marc Levy, le 18 octobre 2014, dans La une - Gastronomie

    Dernière dégustation : mars 2013

    Note : 18,5/20. Garde : 2026

    Assurément le plus grand des grands St Julien 86.

    La robe est rubis sombre, à peine troublée par la manipulation de la bouteille. Le nez est explosif, dans la syntaxe particulière de Las Cases, tout en fruits noirs et arômes graves de sous-bois que dans la tonalité haute des St Julien. On y décèle goudron chaud, graphite et champignons. Tellement proche des plus grands Pauillac et de Mouton en particulier !

    La bouche est une invasion de sensations savoureuses : cassis mûr, chocolat, épices douces, s'étirant en longueur jusqu'à une finale exceptionnelle. La structure tannique est encore présente, très ferme, mais dans un équilibre parfait avec le fruit concentré et la fraîcheur constante. Les effets rétro-olfactifs reviennent sur les goûts de champignons et de goudron.

    C'est un Las Cases de gala, un de ces vins qui entrent au Panthéon œnologique !

  • Le collier du Prince héritier ( feuilleton)

    Le collier du Prince héritier ( feuilleton)

    Ecrit par Gontrand-Hubert Mogador, le 18 octobre 2014, dans La une - Ecrits

    L’auteur nous prie de faire savoir que Gontrand-Hubert Mogador n’est pas un pseudonyme sous lequel se cacherait Patrick Modiano, comme l’ont supputé des lecteurs ayant abusivement tenté un rapprochement entre les deux patronymes : Mogador et Modiano. Il est vrai que le nom de Mogador est régulièrement cité dans la liste des nobélisables mais le jury norvégien a préféré couronner un excellent romancier français peu connu du grand public international, ce qui est tout à son honneur, plutôt que l’illustre chroniqueur cévenol.

     

    ***

     

    6) La Madone des bijoux

     

    Gilda Flor n’avait pas beaucoup de religion mais elle entretenait des relations affectueuses avec la Mère du Seigneur. Il ne s’agissait pas d’une dévotion comme on l’entend d’ordinaire mais plutôt d’une sorte d’arrangement amiable. En quelque sorte et si l’on peut dire, les deux dames se rendaient de menus services. L’artiste ne manquait jamais de donner généreusement de son argent et de son talent quand on la sollicitait pour une œuvre d’inspiration mariale. Combien d’églises consacrées à la Vierge furent-elles restaurées, dotées de cloches neuves ou même bâties en partie grâce aux charmes et à l’art de mademoiselle Flor ? En échange, la Madone était censée lui assurer sa sauvegarde lorsqu’elle voyageait en avion ou en bateau, deux modes de transport que Gilda Flor craignait autant qu’elle les pratiquait, et d’une manière plus personnelle, veillait sur ses bijoux. Cette protection divine se manifestait de façon prosaïque : Gilda rangeait depuis des années les plus précieux de ses joyaux dans une statue creuse en plâtre peint représentant la Vierge à l’Enfant, objet de piété traditionnelle d’une facture naïvement sulpicienne qui l’avait suivie de loge en loge et de palace en palace durant une grande partie de sa longue carrière. La statue était désormais posée dans sa chambre sur une sellette portant également un vase de cristal de Bohème dont les fleurs étaient renouvelées tous les jours impairs. Ce dispositif devait permettre au plus impie des cambrioleurs de passer à côté d’un butin qu’il n’aurait jamais soupçonné être si simplement à sa portée, étant admis que la valeur marchande de la statue elle-même était d’autant plus faible qu’il manquait un pied à l’Enfant Dieu suite à des manipulations fréquentes et à des déménagements successifs. Au pire, on volerait le vase.

  • L’obscur objet du désir antisémite

    L’obscur objet du désir antisémite

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 11 octobre 2014, dans Monde - La une - Société - Littérature

    Le livre n’est pas récent, mais le sujet demeure d’actualité : pendant les sept premiers mois de 2014, les actes antisémites ont augmenté de 91% par rapport à la même période, l’année dernière, passant de 276 à 527. Et il ne s’agit là que de ceux pour lesquels une plainte a été déposée ; la réalité dépasse certainement – et de loin – les chiffres officiels. Une énigme ?

    Pour Sibony, tout d’abord, les Juifs eux-mêmes sont une énigme. « Une sorte d’entre-deux : ni vraiment « soi-même », ni vraiment « autre ». Entre-deux ! En voilà une juste définition ! Et ce n’est pas seulement entre deux cultures, la juive et la goy ; mais entre Dieu et les hommes. « L’être entre implique le rapport à l’être, le rapport entre qui nous sommes et l’être qui porte et traverse tout ce-qui-est ».

    Interface entre Hashem et l’humanité, le peuple juif a une fonction de médiation : « vu le Dieu qu’ils ont apporté, les Juifs resteront des médiateurs entre le monde et Lui pour longtemps ». Ce sont des messagers, des transmetteurs, des passeurs, « c’est toujours en tant que passeurs qu’ils sont visés (et ce mot veut dire hébreu) » ajoute Sibony.

    Ici se situe la première origine de l’antisémitisme : « pourquoi pas nous ? » s’écrient en chœur les goyim ! La fameuse « élection » suscite la jalousie. Erreur profonde. L’élection est certes une mise à part, mais nullement une mise à part gratuite et arbitraire : une mise à part en vue de… transmettre ! Dans leur incompréhension jalouse, les antisémites transforment ainsi l’Etre en simple avoir et Dieu en objet à posséder. « Et cet Objet, déplore Sibony, de toute évidence, est accueilli par les autres sur le plan l’avoir : “nous aussi, on veut avoir ça”. Le problème est que ça ne peut pas s’avoir ; c’est du rapport à l’être ».

    Toutefois l’objet du désir des antisémites demeure obscur ; car à la fois ils le veulent et ils le rejettent : être « entre », entre l’Etre et les êtres n’est pas, en effet, si facile. Il y a dans cet « entre » une faille, une fracture schizoïde de l’identité, « un pied dans le vide », comme dit Sibony. La judéophobie s’identifie ainsi à la peur de la faille. « Ces trois sentiments, peur, haine, jalousie, sont tout sauf rationnels. Si l’on peut envier quelqu’un pour son malheur, le jalouser alors qu’il est dans la misère, en avoir peur parce qu’il est faible, c’est que cela vise autre chose. Cet “autre chose”, nous l’appelons la faille de l’être, la coupure-lien du rapport entre l’homme et l’être, coupure-lien qui s’est transmise sur un temps si long ».

  • Juifs de Montpellier au Moyen Age : les passeurs de lumières

    Juifs de Montpellier au Moyen Age : les passeurs de lumières

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 11 octobre 2014, dans La une - Histoire

    Montpellier. Journées du Patrimoine, le week-end passé ; lumière diaprée d’une fin d’été aux couleurs de Fra Angelico. Foule devant l’Institut euro-méditerranéen Maïmonide dans l’Ecusson. Un des plus beaux Mikveh (bain rituel) de France, une synagogue, une maison de l’aumône, qu’accompagnait sans doute un four pour la cuisson du Pain Azyme. Très bel ensemble en cours de restauration… Mais ce qu’on cherche ici, c’est bien plus que des pierres – belles, certes. C’est le souffle de cette communauté qui, au Moyen Age, forte d’hommes et de talents multiples, contribua – et avec quel brio – au rayonnement d’une ville et de son plat pays qui put rivaliser avec les phares de l’époque – Cordoue, Coimbra, Salerne ou les villes marchandes du nord de l’Italie. Montpellier, ce fut Sienne, un peu Fès, et un soupçon, Gérone – et la couleur ocre des soirs d’été nous le rappelle, au détour de chaque ruelle de la Medina…

    Combien étaient-ils ces Juifs réfugiés d’Espagne, ayant transité pour certains par l’Afrika du nord : « après être parti de mon pays natal, la maison de mon père… ayant quitté mes proches mes amis et des savants célèbres… ». Une communauté structurée autour du commerce et du change, avec hôpitaux, cimetière, écoles talmudiques et boucheries d’abattage, là, dans le haut de la ville, « la ville du mont ». Installés, influents, riches… pour un temps, jusqu’au prochain orage, où il faudrait partir par les chemins des Pays d’Oc, ou bien de Provence. Juifs errants de toujours… éternels et redoutés roulants !

    Le directeur actuel de l’Institut Maïmonide de Montpellier, Michaël Iancu, vient de publier un petit livre : « Juifs de Montpellier et des terres d'oc »  aux abords austères, un peu – catalogue – c’est un recensement de personnalités remarquables juives, du Moyen Age à nos jours. Mais, il faut dépasser cette perception pour entrer « chez ces gens », les voir vivre, souffrir et rebondir… et, puis, les admirer, s’en sentir proches – c’en est émouvant à l’autre bout de l’Histoire, et si fiers, si honorés de ces Montpelliérains, modernes avant la lettre ; superbe proue de la pensée !

    Quand ils posèrent enfin leurs trois bagages, ici (trois journées de marche depuis Gérone jusqu’à Narbonne), Montpellier avait déjà arrimé une solide réputation de « modernité scientifique ? » en termes de médecine. En 1220, le légat du pape promulgua les statuts fondateurs d’une École qui prendrait bientôt le nom d’Université… mais médecine rimait encore fortement avec pratiques relevant de « l’astrologie », la fausse science du Moyen Age, au dire de nos médecins juifs : « sur le rein malade, on posera un talisman ayant la forme d’un lion en métal particulier… c’est ainsi que le grand médecin chrétien de Montpellier, Arnaud De Villeneuve, prétendit soigner le pape Boniface VIII ».

  • Enseigner à vivre, Manifeste pour changer l'éducation (Essai), Edgar Morin.

    Enseigner à vivre, Manifeste pour changer l'éducation (Essai), Edgar Morin.

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 11 octobre 2014, dans La une - Education

    Quand Actes Sud ouvre une nouvelle collection, « Domaine du possible », ainsi définie : « crise profonde de nos sociétés… partout dans le monde, on s’organise autour d’initiatives originales et innovantes en vue d’apporter des perspectives nouvelles pour l’avenir », n’est-ce pas déjà la signature d’Edgar Morin qu’on subodore au coin de la page ? Son regard « à part », ses formules qui passent si usuellement dans la langue des intellectuels et des politiques, son culot et sa formidable capacité à interroger, par « le monde expliqué en une page » ; sans ridicule aucun… Morin et le structuralisme à sa sauce.

    Encore ? diront plus d’un, dubitatif. Ne va-t-on pas de redondance en rappel, si ce n’est en révision – ou en radotage oseront les plus aigres – nous resservir ces plats des années post 68-80 en gloire, à tout le moins : la pensée complexe en plat du jour ; la connaissance de la connaissance, en dessert, ou pour une politique de civilisation, pour ceux qui ont encore faim ?

    Et bien, Morin a 93 ans, et – on le pense – quand on referme son livre dense, un intellect encore frais où moulinent vivement ses neurones définitivement « à part ». La pensée Morinienne bouge encore, bien vivante ; elle risque d’enthousiasmer ceux qui de temps à autre lui ont dressé une statue de gourou, d’agacer à l’identique les dents de ceux pour qui c’est : Morin ! non merci. Cet homme – cette pensée – s’est attaqué à des concepts tels ! l’humanité, la mort, l’espérance… que, l’éducation, pourquoi pas.

    Allons donc en pays Morinien, visiter quelques écoles… rien ne risque à son âge, de freiner ou mollir sa plume !

    On s’en doute, ce qui existe ne lui plaît pas – il sait pourquoi, et – tout Morin est là – il désigne aussi, et presque dans le même geste, les chemins possibles, avec cette conviction qui secoue les montagnes de défaitistes.

    Tellement dense et riche, la copie, qu’on a du mal en quelques lignes à choisir. Parce que, pas grand chose ne manque sous le microscope affuté du penseur. Vivre ? C’est savoir vivre et affronter les incertitudes. « Le scepticisme est l’énergie de l’esprit ». La crise de l’école est la crise de la société, en micro comme en macro. Avant d’apprendre, il faut comprendre, et cela s’articule en une réelle lutte des classes enseignés/enseignants qu’il faut gérer. Il y a une condition humaine et son grand récit, exigeant une éthique. « Nous sommes Français », les pages sur l’enseignement de l’Histoire/vision E. Morin, sont un moment goûteux du livre, où il rôde fort à propos sur les terres de l’émigration et de l’intégration en écoles des banlieues. Ce que l’on pourrait particulièrement éclairer – il porte le sens du propos/problématique de ce « Enseigner à vivre » – est le chapitre « connaître » ; un pur bonheur pour les enseignants et les enseignés – mais surtout les premiers ; un ensemble de feuillets qu’on voudrait que chaque conseiller pédagogique, en ce moment de rentrée, puisse remettre à ses jeunes, en guise de réflexion/introduction. Cela tient – comme souvent, chez Morin – d’un « bon sang, mais c’est bien sûr ! », paraissant simple, mais pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ! Ce qui agace les anti, le plus souvent. Une pensée somme toute lumineuse, qui réchauffe et convainc ; un chemin, enfin, une éthique, une – il le dit – « métamorphose », exigeant de penser l’acte d’enseigner et d’être enseigné, avant ou en parallèle de ces fameux contenus dont chacun parle. Simple comme Morin, et si complexe au bout ; la vie, quoi !

  • Sous la Place Pinel, la plage…

    Sous la Place Pinel, la plage…

    Ecrit par Sabine Aussenac, le 11 octobre 2014, dans La une - Ecrits

    C’est la nuit dernière que je l’ai entendue pour la première fois : la chouette de la Place Pinel.

    Son cri déchirait tendrement la nuit. Une fois, deux fois, trois fois. Le doute ne m’était plus permis ; il y avait bien une chouette au cœur de notre Place Pinel. Effraie ou hulotte, je l’imaginai, perchée sur la canopée de nos platanes, ou peut-être sur une branche de tilleul, douce Pythie pinélienne, annonçant la lune à notre kiosque tout ému.

    Me revinrent en mémoire mes chouettes, celle de ma bonne ville d’Auch, qui me parlait chaque soir, lorsque je fermais les volets donnant sur les collines, ou celles de ma campagne tarnaise, hululant au-dessus du ruisseau tout illuminé de lucioles.

    Et là, une idée me vint : il conviendrait, au plus vite, d’ensauvager notre Place Pinel. Réintroduire le blaireau et l’hermine, le renard et l’écureuil. Et pourquoi pas le lynx, l’ours et le loup ? Il s’en donnerait à cœur joie, le loup, avec tous ces Chaperons perchés sur le toboggan… Il faudrait aller quérir Mère-Grand et son pot de miel sur un banc, et éloigner le chasseur-bouliste.

    L’écureuil, ce serait simple. Pas la peine de courir à Hyde Park d’un coup de Channel, il suffirait de se servir au Jardin des Plantes… J’adore, déjà, ce mot d’écureuil. Il est magnifique dans toutes les langues, s’enroule en serpentin en anglais ou en occitan, « squirrel » ou « esquirol », se complique délicieusement en allemand, avec ce fameux « Eichhörnchen » qu’aucun élève n’arrive à prononcer, et l’un de mes ex-maris m’avait appris que l’on disait « viverukas » en lituanien, ce qui, vous en conviendrez, a un charme fou.

    Je les imagine, nos écureuils, pinélisant les platanes de leurs queues rousses et touffues, sautillant tels feux-follets d’un bout à l’autre de la place, grimpant le long des piliers du kiosque au rythme des rayons du soleil…

    Une hermine et son pelage de neige ferait de notre square un petit Trianon. Quant au blaireau, ne doutons pas qu’il ferait fuir tous ces contempteurs de calme que sont les chiens aux truffes folles et aux excréments délétères…

  • Violences et mouvements de foule raciste Et xénophobie

    Violences et mouvements de foule raciste Et xénophobie

    Ecrit par Luc Sénécal, le 11 octobre 2014, dans Racisme, xénophobie - La une - Société

    Le racisme n’est pas l’apanage d’une couleur de peau. Cela existe partout et touche toutes les couches d’humanité pour la plus grande honte de son ensemble. C’est la boue, la lie de ce que l’humain peut contenir en lui. Lorsqu’il se retrouve en nombre, il s’y complaît, s’y repaît, y trouve une jouissance lamentable aux dépends d’un ou plusieurs semblables qui sont devenus en tant qu’« étrangers » non seulement ceux qui restent « étranges » mais surtout ceux que l’on veut détruire, supprimer, sur qui on veut déverser sa haine, sans chercher à les approcher ou les comprendre.

    Toutefois, il convient de ne pas faire d’amalgame et dissocier racisme et xénophobie. Dans mon commentaire on comprendra que cela se mélange pour la plus grande confusion mentale de ceux qui s’y retrouvent.

    D’autre part, il y a dans le comportement du « visiteur » chez soi, qui veut s’y installer, parfois tant de provocation et de manque de respect de ce que l’on est soi-même, que cela conduit à des réflexes de xénophobie et de racisme primaires. Il est très difficile dans ces conditions de dissocier les deux et encore plus difficile de demander un tant soit peu d’intelligence et de bon sens à des gens excédés.

    Pourtant on devrait comprendre que ce n’est pas par la violence et la haine qu’il convient de répondre à ces provocations et ces comportements bien au contraire puisque c’est leur objectif. Mais c’est bel et bien par de la patience, de la tolérance, tout en gardant bien en vue ce qui fait la force de sa propre culture, qu’on peut le faire. Ce qui est important voire essentiel.

    Le respect de ce que l’on est n’est pas acquis par principe en prétendant avoir et savoir une vérité, alors qu’une autre vient à s’y confronter. Il doit le devenir car il convient alors chez soi, puisqu’on est chez soi, qu’il y a tout un historique, tout un tissu humain d’évolution, d’y imposer ses propres us et coutumes. Mais pas par la force et la violence. Par la conviction de ce que nous, nous sommes. Ce, en démontrant par la capacité d’en aborder d’autres, de les apprécier en tant que telles et de les comprendre, qu’elles sont toutes aussi susceptibles d’être respectées en tant que telles, tant qu’elles-mêmes le font quand elles viennent nous rendre visite ou ont l’intention de s’installer.

    Alors on peut considérer que le fait que les échanges et les partages sont devenues monnaie courante, que par les voyages et les déplacements, par l’émigration et l’immigration, par la rencontre et l’union de gens d’origines diversifiées et parfois antagonistes, par le nombre sans cesse en augmentation d’enfants mélangés issus de ces unions, avec des cultures différentes (qui ont eux-mêmes souvent des difficultés à s’y retrouver), il y a là un foyer d’incompréhension, de litige, de remise en question. Il convient d’avoir beaucoup d’intelligence pour y mettre du sens et cela ne peut se faire en se référant au passé mais bel et bien en perspective d’avenir.