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  • Et un été de plus pour nos Reflets…

    Et un été de plus pour nos Reflets…

    Ecrit par La Rédaction, le 12 juillet 2014, dans La une

    Et pour chacun de nos – formidables – rédacteurs, et chacun de nos fidèles lecteurs, le plus bel été qui soit…
    Le magazine entre en « respiration estivale » du samedi 12 Juillet inclus au samedi 16 Août, date de la reprise.
    Nos immenses et riches archives sont bien évidemment ouvertes ; venez y butiner, nombreux !

    Nous continuons de recevoir vos propositions de textes aux 2 adresses :
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    Écrivez plein de textes ! C’est l’été !
    Ecrivez-nous aussi, pour discuter, proposer, imaginer avec nous autour du magazine – suggestions bienvenues ! Nous en débattrons avant la rentrée, en rédaction.
    En ligne, cette année, pendant cet intermède, comme il est d’usage dans nos « pauses » – celle des fêtes d’hiver, comme celle de l’été – un thème qui a inspiré beaucoup de textes inédits et variés à certains de nos rédacteurs : « L’été »…
    Pas de hiérarchie dans cette « Une » de vacances ; des boîtes par grands thèmes, où, en ouvrant, selon votre appétit, vous trouverez « les arts de l’été », son « goût », vous pourrez « lire en été », et entendre parler de « sports d'été », ou vous nourrir d’« Histoire », de « souvenirs », et, bien sûr, de « poèmes », car l’été est par-dessus tout leur saison… ne manqueront même pas les «  voeux d'été » !
    C’est du reste quelques vers, que notre Rédaction vous offre en bouquet : gais et frétillants, que non pas ! La période n’est plus à des soleils constants ; Reflets du Temps ne perd pas son regard sur le monde et le réel, difficiles pour tant d’entre nous… mais, l’espoir demeure en été – plus qu’en d’autres saisons – un tel outil pour avancer !

    « L’eau frissonne et s’écaille aux vagues du bassin
    Sens-tu monter vers toi, l’odeur de l’herbe lasse
    Le vent mouillé du soir attriste le jardin… »

    KI-C-KI ? La grande Anna De Noailles « Soir d’été »

    Bel été ! Reprenez des forces, ressourcez-vous, lisez Reflets du Temps…
    Nous vous attendons pour la reprise des Reflets, le 16 Août à 13 h tapantes.

    La rédaction de Reflets du Temps

  • «  arts de l'été » : Tatiana, par un beau un soir d’été…

    «  arts de l'été » : Tatiana, par un beau un soir d’été…

    Ecrit par Bernard Pechon-Pignero, le 12 juillet 2014, dans La une - Musique

    Un soir d’été, à la campagne, quelque part dans un monde qui existera peut-être à nouveau quand les hommes auront appris à vivre et que la musique fera enfin taire le fracas des armes. Quand le chant d’une jeune fille qui rêve à son bel amoureux et lui écrit sa passion et sa tendresse apaisera toutes les rumeurs et dira le bonheur de vivre, d’être jeune, d’être belle et amoureuse et quand ce chant exaltera ce que les mots ne peuvent dire, l’insidieuse persistance du couchant dans le bleu profond de la nuit, la partition cosmique des vibrations de l’air sur lesquelles modulent les stridences des insectes, et encore les odeurs mêlées de la terre échauffée, des foins fraîchement coupés, et le parfum des roses épanouies et puis aussi le désir diffus des courtes nuits d’été…
    Galina Vichnevskaïa a chanté le rôle de Tatiana d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski pendant une trentaine d’années. Combien de fois depuis ses débuts en 1953, quand elle n’était pas encore Madame Rostropovitch, jusqu’à la dernière en 1982 à Paris sous la baguette de son mari, s’est-elle relevée de son lit de jeune fille, s’est-elle approchée de la fenêtre ouverte, en chemise de nuit de dentelle blanche, pour chanter sa grande scène de la lettre ?
    Pour moi, c’est l’enregistrement de Moscou de 1956 sous la direction de Boris Jaikin. Elle avait trente ans. Mais une voix comme la sienne n’a pas d’âge. Si le CD est désormais introuvable, d’autres artistes et non des moindres ont incarné Tatiana et se sont illustrées dans ce sublime Air de la Lettre où Tchaïkovski a mis en musique toute la passion contrariée que Pouchkine avait traduite en mots et dans lequel la belle soprano russe a connu ses plus grands triomphes.
    Celle qui fut une des plus grandes cantatrices du siècle, la rivale des Callas et Tebaldi, celle pour qui Britten et Chostakovitch ont écrit des œuvres majeures, celle qui fut nommée Artiste du peuple de l’URSS et décorée de l’Ordre de Lénine puis fut exilée et déchue de sa nationalité pour avoir hébergé Soljenitsyne, celle qui fut Commandeur de la Légion d’Honneur en France et honorée dans le monde entier pour son art et pour ses convictions, celle qui régna sur le Bolchoï et conquit la Scala et le Met était une petite femme qui n’a jamais dû se contenter d’être jolie. Il faut avouer qu’elle était dotée, en plus d’une voix d’or pur, d’une présence charismatique qui n’avait d’égal que sa force de caractère et une rigueur artistique totale.
    Après une carrière éblouissante qui lui permit de chanter tous les rôles de soprano du grand répertoire, veuve du violoncelliste du siècle, ayant abandonné le chant, puis l’enseignement, à l’âge de 81 ans en 2007, elle fut l’héroïne du merveilleux film Alexandra, de Sokourov, dans lequel elle incarne ce personnage bouleversant de détermination et de liberté qui lui ressemble tant : une babouchka qui veut revoir son petit-fils, soldat en Tchétchénie, et qui s’affranchit allègrement des règles militaires et des frontières politiques.

  • « arts de l'été » : Une photographie solaire

    « arts de l'été » : Une photographie solaire

    Ecrit par Yasmina Mahdi, le 12 juillet 2014, dans La une - Arts graphiques

    « … le sol était non pas brûlé, flétri, convulsé, comme d’ordinaire en Grèce, mais blanchi et tordu, tels jadis, sans doute, les membres déchiquetés, figés dans la mort, des victimes du massacre, laissés là à pourrir et à nourrir de leur sang, sous le soleil impitoyable, les racines des oliviers sauvages qui, de leurs serres de vautour, s’accrochent au flanc abrupt de la montagne » (Le Colosse de Maroussi, Henri Miller)

    Des noms de lieux ensoleillés
    Pour ce sommaire spécial consacré à l’été, des images multiples viennent à nous, de cette saison tant chantée, poétisée, représentée à la lyre de tous les arts ; le point culminant se situant au solstice – le jour le plus long de l’année et la nuit la plus courte. Là où brûlent les feux de joie de la Saint-Jean, où comme dans un grand carnaval de flammes les couples défilent, se séparent, les enfants exultent de bonheur à l’idée de cette période de vacances.
    Il y a bien sûr le chef-d’œuvre de Nicolas Poussin, intitulé L’été (1600-1604), où l’allégorie biblique de Ruth et de Booz le dispute au rite des fenaisons, ainsi que toute une variété de grands et petits maîtres autour de cette saison des moissons et des amours, des magies païennes des dieux de la terre et des plantes, de fleurs des champs et de jeunes gens rieurs au sommet des bottes de foin.
    Mais c’est autour d’une œuvre spécifique de la photographie contemporaine que notre attention va se porter, et que nous qualifierons librement de photographie solaire. Un pan de l’histoire du monde nous est ainsi offert à travers des moments, des scènes éclairées le plus souvent par une lumière estivale, crue. Nous pensons à ce sujet aux travaux d’un grand photographe américain, Lee Friedlander, né le 14 juillet 1934 à Aberdeen, aux États-Unis, qui a reçu en 2005 le prix international de la Fondation Hasselblad. L’artiste capte essentiellement un kaléidoscope de fragments de la vie qui l’entoure, ce qui donne naissance à une myriade d’instants et de signes intimes du quotidien américain, au cœur d’un périple inspiré qui l’a conduit également sur le continent européen. La plupart des clichés de Lee Friedlander portent uniquement des noms de lieux, sans autre explication, et une date. C’est à la fois vague, abstrait – ce moment suspendu de l’instant déclic – et précis – un abrégé de la vision parfois grand angle, au sens rigoureux du terme : un vade-mecum de voyage.

  • «  arts de l'été » : L’été, la résistance s’écrit sur tous les fronts purs

    «  arts de l'été » : L’été, la résistance s’écrit sur tous les fronts purs

    Ecrit par Mélisande, le 12 juillet 2014, dans La une - Musique

    Voilà un jeune homme qui vient de fêter ses 70 printemps, il en a sauvé plus d’un, il en a créé plus d’une au front pur de la gratuité du don et de l’être. Il est discret, personne ne sait… On imagine, on évoque, on semble dire que c’est un homme que tout un chacun, l’ayant approché, semble comme irradié d’un amour puissant. Allez savoir, dans ces forêts de la profonde Ardèche, là où l’on se perd dans la lumière et le silence, allez savoir ce qui se fait, ce qui s’élabore, ce qui se dit, ce qui se construit, à l’abri des mensonges et de l’apparence… Il chante et il cherche des mécènes. Une fois n’est pas coutume, il faut se dépêcher de vivre, de rencontrer, d’aider la Parole pour que ces musiciens (une cinquantaine) et lui, Michel, puissent enregistrer. Il faut l’écouter et participer au souffle puissant de ses textes qui disent quelque chose d’essentiel, dans un monde où la chanson française est devenue hoquets vides, péniblement murmurés par des nourrissons en mal de mère… Ecce Homo. Allez faire un tour sur son site : Michel Petit Octo Band, et donnez des nouvelles…

  • « le goût de l'été » : au risque des Rosés... »

    « le goût de l'été » : au risque des Rosés... »

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 12 juillet 2014, dans La une

    «  Il » voulait – il devait - nous dire, ici, dans cette «  une » été,  lui, l'amateur presque professionnel des grands Rouges, pas toujours Bordelais, pourquoi – quoi qu'on en dise, et qu'on lise en page vacances des canards des coiffeurs – l'été «  ce-n'est-pas-ce-sempiternel-rosé » ! L'été peut être rouge ; message non politique ! Quoique !
    Je ne me risquerai évidemment pas à parler à sa place, à deviner dans ce qu'il dit de saison en saison ce qu'il aurait écrit là, en ce début Juillet sur ce mariage Rouge / été... le respect des vraies compétences ! Mais, j'ai une idée par contre du tir – élégant ! c'est lui quand même ! dont auraient bénéficié, les rosés de «  mes » étés.  Tous, depuis cette lointaine enfance où nous descendions, en 404, en 2 Chevaux, parfois, jusqu'à la grande bleue, le long d'une Nationale 7, que ne tracassait pas encore l'autoroute. Mon père était pêcheur tout au long de l'année -  Cher et  barrages  - les vacances n'allaient, du coup,  pas sans canne à pêche, et la Camargue, ses étangs, ses roubines, fut longtemps notre point de chute. Aucun repas de poissons, sans – devinez ! Le rosé des sables ; presqu'un gris, tendre, infiniment fruité, mais – en arrière goût, dirait mon mentor, un rien de râpeux – à peine, comme justement un grain de sable ou une écaille de soleil...
     Est-ce cette prétendue légèreté qu'on soupèse juste en le voyant danser, dans des bouteilles qui ont quelque chose des silhouettes de filles, ou de leurs robes, qui signe ce contrat été/Rosé ?  Peut-être ! Avez-vous remarqué que les flacons de rosés sont travaillés différemment des autres, féminins, un rien aguicheurs, vacanciers en diable.  On entend là,    aussi – étrange message subliminal, que rien ne serait nocif dans un tel produit ; rien de vraiment alcoolisé... un sirop de gamin ! Mais, gaffe !  les réveils après un peu trop de rosés – un peu comme certains blancs - s'annoncent difficiles, hélas, migraineux !  
    Beaucoup plus tard, à Fréjus, dans la pinède au pied de l'Estérel, nous avons –  barbecues et amis de toujours ! côtoyé d'année en année, un «  petit rosé » ( toujours ce côté pas méchant ) du nom ( romain ; l'Histoire de Fréjus oblige) d' « Agricola » qu'on nous vendait en petites Marie- Jeannes joufflues qui faisaient le délice des retours de plage.
     C'est vrai que – à priori,  le rosé «  va » avec tout, ou presque, éternel surdoué de surface ; il faut cependant, reconnaître qu'analyser « ce » rosé et cet autre, de façon savante ou simplement en connaisseur, n'est pas chose aisée : certes, il est toujours agréable au palais, plus ou moins onctueux, ou acidulé ( oui, si je garde un mot, c'est celui-là) ; on vous  dira qu'il glisse bien ; voilà bien le rosé... mais ! nous dira-t- « il », glisser, est-ce un mot pour un vin ?
    Languedocienne à mi-année, devenue ; bien obligée de faire chapeau bas devant une viticulture entièrement rénovée, fort inventive, et de belle qualité. Les Rouges du Languedoc tiennent le goulot haut et les grands Blancs ont leur mot à dire. Quant aux Rosés, – et, il y en a ! ils sont devenus – naturellement, les habitués de ma table et de mes restos. Un clin d'œil ému, par exemple pour les Faugères, et notamment le «  Cécilia », Syrah et Grenache gris, venu de ses fûts de chêne dans les contreforts des Cévennes. Pas « rosé banal » pour deux sous,  charpenté, en restant léger et élégant  , celui-là, on peut lui trouver les arômes de fruits - d'été, bien entendu - et un «  vrai » goût de vin !
     À ta santé Léon Marc, à tes vacances !

  • Ce que fut l’été 14…

    Ce que fut l’été 14…

    Ecrit par Jean-Luc Lamouché, le 12 juillet 2014, dans La une - Histoire

    C’est en fait le 28 juin dernier qu’il fallait commémorer les origines du mécanisme qui mena au déclenchement de la Première Guerre mondiale, véritable « guerre civile européenne » (puisqu’à l’origine, seul notre continent était concerné). En effet, à la suite de l’assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand (héritier de l’Empire d’Autriche-Hongrie) à Sarajevo (en Bosnie-Herzégovine), un terrible engrenage se mit en route, inexorable, malgré les tentatives du socialiste Jean Jaurès et de quelques autres pour s’y opposer (au sein de la IIème Internationale). L’hystérie nationaliste gagna les gouvernants et les peuples et la machine guerrière broya ceux qui essayèrent de l’éviter (assassinat de Jaurès le 31 juillet). Cette guerre, que tous voyaient glorieuse et courte fut – bien au contraire – longue et causa des millions de morts parmi les troupes des belligérants, sans oublier qu’elle devint mondiale, notamment lorsque le Japon et les États-Unis entrèrent dans le conflit.
    Mais, tout d’abord, que fut exactement cette affaire de Sarajevo ? Un nationaliste serbe de Bosnie (la Serbie était hostile à l’Empire austro-hongrois), du nom de Gavrilo Princip, assassina – dans le cadre d’un attentat au pistolet – François-Ferdinand et son épouse (la Duchesse de Hohenberg). Immédiatement, étant donné les contentieux antérieurs, les autorités autrichiennes soupçonnèrent la Serbie d’avoir armé le bras de cet étudiant serbe. C’est à partir de là qu’un mécanisme terrible se mit en place, poussant les gouvernants européens à lancer leurs peuples les uns contre les autres. Avant d’analyser ce mécanisme, il convient de signaler que, au moins depuis la fin de la guerre franco-prussienne de 1870, un sentiment nationaliste de plus en plus fort s’était emparé des populations européennes. Comment ne pas citer, par exemple, dans ce contexte, le fameux « Tour de France par deux enfants », ce livre qui appelait (en France), dans les écoles, à la reconquête des « Provinces perdues » : l’Alsace et la Lorraine ?! C’est notamment là (et dans les écoles !) que les jeunes français apprirent la haine du « boche »… L’hostilité des Allemands à l’égard des Français n’était certes pas moindre, notamment en rapport avec le militarisme prussien ! Ce fut alors un déferlement nationaliste qui s’empara du continent européen, nourri par la course antérieure aux armements.
    Pour ce qui concerne le mécanisme lui-même, il est assez simple à décrire. En effet, par un jeu de qui soutient qui, les étapes du déclenchement de la « Grande Guerre » se déroulèrent de la façon suivante :

  • «  Histoire en été » : Les feux de la Saint Jean ou la symbolique du Christ solaire

    «  Histoire en été » : Les feux de la Saint Jean ou la symbolique du Christ solaire

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 12 juillet 2014, dans La une - Religions - Histoire

    Il existe une analogie entre le Christ, le soleil et le feu. Le solstice d’hiver, le moment où, au cœur de la nuit, la durée du jour recommence à croître, a été choisi comme date de la nativité, non seulement en raison de la récupération de la fête païenne du Sol invictus, le soleil invaincu/invincible (une des appellations liturgiques de Jésus est Sol salutis, soleil du salut ou Sol iustitiae, soleil de justice), mais encore en raison d’une dialectique savante entre la lumière et les ténèbres : de même que dans l’empire romain, l’astre diurne est le pacator mundi, le pacificateur du monde, chassant les barbares qui menacent la pax romana ; de même, dans le christianisme, le Sauveur, par sa venue, éloigne les démons, assimilés à la nuit hivernale. Dans l’Eglise d’orient, une des antiennes pascales chante : « que Dieu se lève (sic !), et ses ennemis seront dispersés ! ». Les démons aiment l’obscurité dans laquelle ils se cachent, la clarté les fait fuir ; d’ailleurs Hélios était appelé « panopsis », celui qui voit tout, en particulier toutes les fautes.
    Le solstice d’été – qui marque, lui, le début de la décroissance des jours – est censé coïncider avec la naissance de Jean Baptiste, sorte de double du messie, dont il est le précurseur. « Il faut qu’il croisse et que je diminue » dit le Baptiste (Jn 3,30). Jean, soleil estival, annonce Le véritable soleil messianique, qui assurera la victoire définitive contre le mal et la mort. Il doit donc s’effacer devant lui. L’incarnation, prémisse de la rédemption, a une vertu purificatrice : celle du feu. Dans l’au-delà, l’ignis purgatorium – c’est-à-dire Dieu lui-même – détruit les péchés en les brulant ; mais dès ici-bas, le précurseur, préfiguration du soleil divin, purifie des maux en les consumant. D’où la coutume de sauter par-dessus les feux de la Saint Jean. En Autriche, en Styrie, le « Sunnawenhansl-Frohfeuer » (litt. le solstice d’été de Jeannot (Hansl) – feu de joie) est un brasero. Le 24 juin, on est invité à l’enjamber d’un bond, en se laissant lécher par les flammes. Ainsi le malheur (Unheil) est conjuré et les maladies guéries !
    Dans toute l’antiquité classique – et après – existe un rapport étroit en le divin et la lumière céleste. Zeus/Jupiter est « Dies piter », père du jour. Celui-ci tout à la fois éclaire et protège. La religion a ainsi d’abord une utilité apotropaïque : elle conjure le Malin, les maux et les malheurs. Tout naturellement, le cycle annuel du soleil corrobore celui d’une mort suivie d’une renaissance, ou encore celui d’une descente dans les tréfonds ténébreux de la terre, prémisse d’une remontée lumineuse : tels étaient les rites d’initiation aux mystères d’Eleusis, comme à ceux d’Isis. « Lux aeterna luceat eis, Domine », que la lumière éternelle resplendisse sur eux, Seigneur, dit le texte latin de la messe de requiem.

  • « lire en été » : Douce promenade au pays de la grande Colette

    « lire en été » : Douce promenade au pays de la grande Colette

    Ecrit par Stéphanie Michineau, le 12 juillet 2014, dans La une - Littérature

    S’il y en a une qui a su parler de l’été, c’est bien elle !!

    « Il n’y a de réel que la danse,
    la lumière, la liberté, la musique…
    Il n’y a de réel que rythmer sa pensée,
    La traduire en beaux gestes »

    COlette&Epigraphe COsi, « Pensées en désuétude » (Edilivre, maison d’éditions pour tous&Paris)
    C’est bon, c’est tout. C’est tout bon mais pas du tout cuit.

    Une piqûre de rappel qui opérera dans les cœurs comme tartines de miel butinées, çà et là, par les lectrices, les lecteurs de Reflets du Temps.
    Pendant l’été, ON a bien le temps !
    Juste… avant, quelques mots de présentation de mon cru sur ses maux tus :
    A SAVOIR que cet extrait est tiré de La Pléiade et que les relents Proustiens de la mémoire involontaire du « temps re.couvré » par le souvenir et les saveurs, ne lui font pas défaut.
    La grande COlette a rendu l’âme à Paris tandis qu’elle est percluse par l’arthrite et résorbe sa douleur afin de ne pas « ennuyer » les autres et être un fardeau à leurs yeux.
    Le cadre du Palais-Royal sera sa dernière demeure.
    Elle se souvient des temps trépassés et heureux avec sa mère…

    « En remontant plus loin – beaucoup plus loin – je me souviens que ma mère préparait l’été et tenait en réserve, pour le cas où ses enfants auraient eu ces engelures ouvertes qu’on appelle chez nous “crevasses”, une bouteille de vinaigre de roses, pétales de roses rouges infusés un mois dans du vinaigre fort, le tout clarifié au papier-filtre. L’odeur mordante et fine d’un tel remède, je ne l’ai pas encore oubliée, quoique je n’aie jamais souffert d’engelures. Mais je savais mentir, tendre un index, offrir un orteil nu, mendier la compresse embaumée, et la sucer en cachette, pour son double goût de vinaigre et de rose…

  • «  poèmes d'été » : L’été

    «  poèmes d'été » : L’été

    Ecrit par Patrick Chavardès, le 12 juillet 2014, dans La une - Ecrits

    Je vois dans ta voix les lignes de ta main.

    Je vois un monde
    à travers les mailles d’un filet de pêcheur.
    Tu me parles avec un coquillage au bout d’une ficelle.
    Je brandis contre la nuit un lucide couteau.

    Le ciel est clair mais vide vide vide

    Lumière Lumière tu as tué la lumière.
    L’encre des mots l’a retenue. Ta voix dit tout.
    Lumière tu m’as trompé.
    Le rouge était caché sous la grisaille.
    Toutes les couleurs m’ont abusé.

    Je ne veux que ta voix de sable mon chevet.

    Lumière Lumière laisse la nuit épaisse
    à sa noirceur première.
    Ne fais pas honte à ma colère.
    Laisse le feu léger aux brindilles.

    Lumière Lumière tu me suivais partout.
    De l’hiver à l’automne
    tu inondais les chemins fourbes
    où l’amour aveugle criait son malheur.

    Je marche les yeux clos
    sur une grève où vient mourir ma guerre.
    Sans toi je ne suis jamais que moi-même.

  • «  poèmes d'été » : Reflets (rimbaldiens) d’été

    «  poèmes d'été » : Reflets (rimbaldiens) d’été

    Ecrit par Gilberte Benayoun, le 12 juillet 2014, dans La une - Littérature

    Pour nos Reflets d’Eté, je me suis replongée – avec bonheur – dans mon livre grand format « Les Manuscrits d’Arthur Rimbaud, L’Intégrale » (Claude Jeancolas, Editions Textuel, 2012), de presque 600 pages, pour dénicher dans cette « bible » rimbaldienne quelque lumineuse poésie pouvant illustrer notre « Une » de reflets d’été consacrée au thème de l’été.
    Et de ce délectable plongeon, je suis remontée à la surface avec, dans la main, ce court et follement beau poème de « l’homme aux semelles de vent », que je propose à nos lecteurs, en guise d’apothéose poético-littéraire… en souhaitant, avant tout, de bonnes vacances, un bel été, un beau soleil et de belles lectures à nos lecteurs de Reflets du Temps !

    Par les beaux soirs d’été
    « Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
    Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
    Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
    Je laisserai le vent baigner ma tête nue…

    Je ne parlerai pas, je ne penserai rien…
    Mais un amour immense entrera dans mon âme :
    Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
    Par la Nature, – heureux comme avec une femme ! »

    Arthur Rimbaud (le 20 avril 1870)

  • «  souvenirs d'été » : Un été sans frein

    «  souvenirs d'été » : Un été sans frein

    Ecrit par Luce Caggini, le 12 juillet 2014, dans Souvenirs - La une - Ecrits

    « Eté roche d’air pur »…
    Vendredi 20 Juin Paris :
    Je suis encore à la maison, chez ma mère. Six heures du soir.
    Devant moi, recevoir ses murs vibrants en pleine gueule.
    Hier à cette même heure je n’avais pas encore réservé mes chambres d’hôtel à Ajaccio. J’étais dans une autre saison où les informations qui me parvenaient se mettaient en quatre pour me dire mes destins les plus fous et les plus secrets.
    C’était Aout 1914
    C’était l’été 42
    C’était le 21 Juin 2014 le jour où l’été de ma vie s’est pris pour un jeune homme avec une tête de printemps.
    La première ville où je me suis présentée était dominée par ce que tous ses habitants prenaient pour une grande montagne, l’Adour, que nous appelions le Murdjadjo ou la Montagne des Lions. Chaque été elle avait son heure de gloire avec ses processions de chrétiens, de juifs, de musulmans, croyants, demi-croyants, incroyants, avec leurs paniers de mounas, de figues, de tomates, de pastèques.
    Je ne me souviens pas que l’on ait mentionné de bouddhistes, je ne sais même pas si ce mot avait une réalité dans le vocabulaire des oranais. Pieds-nus, en espadrilles, en bottines ou en babouches, c’était les mêmes senteurs, les mêmes pierrailles et par-dessus tout le même ciel.
    Comme le petit papillon qui se serait partagé en deux ailes, comme le rabbin dont les prières iraient déraciner deux petites herbes entre deux pierres du mur des lamentations, nouerait pour ne pas les perdre les deux pans de sa chemise de rabbin, la Montagne des Lions pourvoyait chacun de ses grimpeurs d’une mondanité de bénédictions magnétiques d’égale chaleur humaine.
    Comme certaine saison qui n’arrive pas à s’en sortir, je n’arrive pas à y entrer dans cet été dont ses trois lettres, é-t-é, sont comme une nouvelle marque de fabrique pour ma vie.

  • «  souvenirs d'été » : Bruits de saison…

    «  souvenirs d'été » : Bruits de saison…

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 12 juillet 2014, dans Souvenirs - La une - Ecrits

    Banal : les bogues de châtaignes qui tombent… ploc, l’automne ! Le bruit infini de la neige silencieuse qui a tout étouffé pendant la nuit – même volets fermés, on la « sait », la neige ; la pluie fine du printemps ; chaque goutte posée sur les premières feuilles… Mars, et ce n’est plus – du tout – le son des averses hivernales. Et puis, surtout, tous les bruits de l’été-roi… Chance qu’on a sous nos climats tempérés de marcher, comme ça, avec les  saisons. Un collègue, parti enseigner – la musique, qui plus est – sous les Alysées des Iles Marquises, m’avait confié la petite mort que c’était, ce climat uni, cette lumière toujours allumée, ce manque de sons des différences d’ici…
    Les saisons, chez moi, sont passées – toujours – par les sons et aussi, bien sûr, les odeurs – tout ce qui vient, facile, rien qu’en fermant les yeux. L’été, c’est là que c’est plus fort, et qu’on redevient, mine de rien, cet animal aux aguets des bruits alentour, qu’on a sans doute été dans une autre vie…
    Flashs dans un désordre non moins goûteux de clafoutis…
    Petite enfance campagnarde… vrombissements d’abeilles sous le grand tilleul de la cour, le bruit fatigué des roues des charrettes de foin, sur la terre battue des chemins du bocage Bourbonnais – à égalité avec l’odeur – mi-herbe séchée, mi-bouse de vache fraîche… De mon adolescence boudeuse et déjà si littéraire – le bouquin dès le petit matin, partout et tout le temps, sur le porte-bagage de la bicyclette, le drap rayé de la chaise-longue ; jeu de piste facile pour me trouver… les insectes du jardin des grands-parents – une comptine, presque ; le bruit des pages tournées du livre – un drôle de son, pas le même qu’en intérieur, le piétinement lourd des animaux et quelques beuglements feutrés. On les rentrait alors chaque soir… une cloche, loin, qu’on entendait que par beau temps ; le sifflement à huit heures tapantes de la Micheline qui gagnait Montluçon – la ligne, n’existe plus depuis belle lurette…
    Étés d’ailleurs… l’impression, en Inde, dans ces « petites » villes qu’on nommerait métropoles, que le silence, jamais ne vient ; à se demander s’il existe même. Petit matin – 4, 5 heures –, vrombissement de voitures, klaxons intempestifs, brouhahas de la foule, pour autant peu causante, affairée simplement ; un océan de visages ; le son pour ainsi dire coupé… Là-bas, dans l’Afrique des grands plateaux, quand – pile sous l’Équateur – le soleil reprend son service, à 6 heures ; safaris-photos du petit matin, les meilleurs ! on murmure en guettant – une chasse, comme l’autre – la fuite du Léopard ; toute la beauté du monde… bruits infinis, palette de tous les cris des animaux qui, jamais ne dérangent ni la montagne, ni la savane… harmonie, ou quelque chose comme ça, qui nous faisait nous taire… enfin !

  • «  sports d'été » : Ronds l’été, rectangles l’hiver

    «  sports d'été » : Ronds l’été, rectangles l’hiver

    Ecrit par Lilou, le 12 juillet 2014, dans La une - Souvenirs - Sports

    A moi, mes terrains de jeu sont rectangles l’hiver, et ronds l’été… Rugby, foot et corridas en d’autres termes. Pantouflard, populeux, nationaliste, barbare, blaireau, oui, on peut être toutes ces choses à la fois à conjuguer avec abnégation les défauts « visibles » d’aimer le foot, le rugby et les toros. Et tout ce qui va avec dont ceux qui n’y connaissent rien se délectent par quelques abus de langage au mieux, enfoncements de portes ouvertes au pire.
    Dans quelques jours aura lieu à Nogaro, village planté là depuis 1000 ans en plein milieu de la route de Toulouse à Bayonne, la 55ème corne d’or… Une semaine pile avant que la vie s’y arrête, il est annoncé partout, et par vol spécial de palombes que tous les chemins du bonheur mènent dans la Rome gersoise, et que Ibaneza, vache brave parmi les braves, coiffera Fédérale dans le panthéon de la course landaise. Il paraît même que des alevins de truites sauvages s’entraînent à sauter très haut dans le ciel, depuis leur Adour natale, à 18 kilomètres de là, afin de pouvoir lundi 14 juillet voir ces vaches concourir pour le titre très envié de championne de France.
    Ainsi est posé le décor d’un été aux terrains de jeu ronds comme les ruedos de sable jaune ou ocre qui l’hiver venu deviennent aussi beaux que le regret d’un souvenir qui ne s’éteint jamais.
    Avant ce 14 juillet que tout un peuple attend, il faudra partir fêter Firmin du côté de Pampelune… 24 heures de cette vie-là, arrimée à la Navarre depuis la nuit des temps entre le 7 et le 14 juillet de chaque année, suffisent à traverser le monde pour le simple bonheur d’en être. Pampelune est une ville extraordinaire loin des logiques géographiques ou géométriques, il y a là-bas plusieurs centres, plusieurs cœurs, et de très nombreuses hypoténuses, ça dépend juste de là où l’on se trouve et surtout à quelle heure du jour ou de la nuit. C’est comme une expression concrète et sans cesse renouvelée du principe de la relativité.
    Les journées de la San Firmin commencent quelques minutes avant 8h du matin. Un long couloir de 845 mètres de long joint deux des centres de la vieille ville. Et c’est par ce cordon ombilical de l’aube que les premières lueurs de la vie retrouvée sortiront. Des Barcial, des Sepulveda, des Miuras, des Balthazar Iban, des Victorinos… Des toros de 600 kilos par paquets de 6 et qui traînent avec eux des cohortes de drames et de légendes, des pages entières d’Hemingway, des courses longues tout à côté d’eux, des souvenirs immortels et des nuits sans sommeil… Ahhhh, je vous assure que savoir que l’on sera dans le couloir à 8h du matin procure une peur qui fait sauter le train de la nuit aussi sûrement qu’un rendez-vous matinal chez un croque-mort.

  • Le ballon rond de Reflets (4)

    Le ballon rond de Reflets (4)

    Ecrit par Claude Gisselbrecht, le 12 juillet 2014, dans La une - Actualité - Sports

    8 juillet 1982, à Séville… La demi-finale opposant la France à la RFA tourne au pugilat… L’agresseur s’appelle Schumacher, la victime, Ba(tti)ston… Le score est de 3 partout à l’issue du temps réglementaire et des prolongations. Après la séance de tirs au but, l’Allemagne de l’Ouest finit par l’emporter, 5 à 4 !

    4 juillet 2014, à Rio… Le « mur allemand » a été fatal aux Bleus. Immense déception, bien sûr, mais les joueurs français ont su se créer de belles occasions. La « Mannschaft », qui n’en a fait qu’à sa tête (1-0), a une nouvelle fois misé sur son professionnalisme, sans trop forcer, toutefois… Merci à Didier Deschamps, dont le charisme a souvent crevé l’écran, et un grand bravo à l’équipe de France, qui, tout au long de la compétition, a su renaître de ses cendres et « jouer le jeu » !

    Le même jour, le Brésil battait la Colombie, sur un air de samba endiablée… Avec la sortie – sur une civière – de Neymar, l’équipe a semblé orpheline.

    Le lendemain, l’Argentine et les Pays-Bas se qualifiaient à leur tour pour les demi-finales, dont l’affiche – Brésil-Allemagne et Argentine-Pays-Bas – a une nouvelle fois donné lieu à un face-à-face « Nouveau Monde-Ancien Monde », alliant football et géopolitique !

    Mardi soir, 8 juillet, la sélection allemande a littéralement « avalé » l’équipe brésilienne (7-1), « hors jeu » pendant 90 minutes, ou quand la « montagne Pelé » accouche de petites souris « auriverdes », quasi inoffensives… Le pays organisateur, dont le Mondial fut globalement une réussite, aura sans doute beaucoup de mal à s’en remettre… Mercredi soir, 9 juillet, l’Argentine se qualifiait sans brio face aux Pays-Bas !

    Le 13 juillet prochain, la finale se déroulera à Rio, Estadio do Maracana, sous le regard bienveillant du Christ Rédempteur… Boa sorte aos finalistas !

    Le foot ? Bien plus que du foot, assurément… Entre défense et attaque, ferveur et communion, c’est bel et bien le vocabulaire militaro-religieux – mélange ô combien détonant – qui l’emporte, et de loin !

  • «  vœux d'été » : Tu m’as demandé de parler de l’été

    «  vœux d'été » : Tu m’as demandé de parler de l’été

    Ecrit par Sabine Aussenac, le 12 juillet 2014, dans La une - Ecrits

    Tu m’as demandé de parler de l’été.
    J’eusse aimé te parler de l’enfance, de ces cent cigales emportées par l’Autan, des cieux immenses de la mémoire.
    Mais mon été a froid.
    Il frissonne devant un monde où des maîtresses reçoivent des coups de poignard dans leur peau douce en guise de ronde de fin d’année.
    Il titube en sachant que des enfants tendres sont enlevés et torturés par leurs frères ennemis, de part et d’autre d’un Mur qui depuis longtemps vacille.
    Il s’effondre quand je lis que des hommes se cousent des bombes sous la chair pour faire exploser des avions plein de femmes enceintes et de cris d’enfants joyeux.
    Il hurle en silence en voyant l’inertie des puissants devant les ventres affamés des foules de plus en plus indigentes, sans parler de la Terre que nous dépouillons de concert.
    Tu m’as demandé de te parler de l’été.
    Le mien sera de glace.
    J’ai acheté une glacière au bazar à deux euros et voulais aller vendre des bouteilles le long de Garonne, comme le font tous ces gens à Paris. Mais j’ai lu que c’était interdit.
    J’ai imprimé mes poèmes et voulais aller les déclamer sous des kiosques en tendant un chapeau et mes sourires. Mais j’ai lu que c’était interdit.
    J’ai cherché mes livres d’histoires et voulais les conter aux enfants dans les squares pour récolter trois sous et des rires. Mais j’ai lu que c’était interdit.
    J’ai demandé au docteur de prescrire une cure à mon enfant qui tousse et à moi qui ne peux plus marcher. Mais la sécu ne rembourse les trajets et donne une aide au logement qu’aux très pauvres et je ne le suis que peu, juste assez pour que mon découvert se creuse comme une rivière asséchée. Et je vois que la cure nous sera interdite, car avec deux loyers de retard on ne prend pas de location, ni en montagne, ni au camping, ni à la mer. Alors mon enfant toussera à la rentrée et je boiterai encore.
    Tu m’as demandé de te parler de l’été.
    Le mien sera de plomb, attaché à la ville dont je ne sortirai pas, et il faudra déployer tous les trésors de l’imaginaire pour en faire une fête. Oh, je sais déjà qu’en l’absence de fiston, qui, grâce à dieu et à son père qui, s’il ne paye pas de pension depuis quatre ans, le prend au moins en vacances, je mangerai froid, irai dans les bibliothèques, écrirai un peu, et ferai contre mauvaise fortune bon cœur.