Une

  • Une nouvelle conférence du Wannsee ?

    Une nouvelle conférence du Wannsee ?

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 25 avril 2015, dans La une - Religions - Actualité

    Après les Juifs, les Chrétiens ! Rien de bien nouveau toutefois. Les SS (cf. mon article sur les « racines occultes du nazisme ») préparaient une extermination des Chrétiens, une fois achevé le génocide des Juifs. Islamo-fascisme, comme dit Valls ? Non, c’est encore un euphémisme : plutôt un islamo-nazisme. Nazie, en effet, l’extermination planifiée : 2000 Chrétiens assassinés au Nigéria par la secte Boko Haram, 28 Ethiopiens chrétiens fusillés en Lybie par l’état islamique, 21 Coptes égyptiens égorgés par ledit « état »… on dit que les massacres projetés dans les églises de Villejuif auraient été commandités depuis la Syrie…

    Y aurait-il, quelque part, sur le territoire de « Daesch » une conférence, semblable à celle qui s’est tenue, en janvier 1942, sur les bords du Wannsee, sous l’égide du Gruppenführer SS Reinhard Heydrich. Les nazis avaient d’abord imaginé d’expulser les Juifs sur le territoire de l’ex-empire ottoman sous mandat britannique. Et puis, non, cela revenait décidément trop cher, la « Vernichtung », l’annihilation, était plus simple, plus expéditive, plus économique…

    Jusqu’à présent, les islamo-nazis (à ne pas confondre avec les musulmans en général) avaient préféré la déportation (vieille tactique également nazie). D’abord les Juifs : expulsion minutieuse de toutes les communautés juives du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Il n’en reste plus aucune sauf – à l’état résiduel – au Maroc et en Tunisie. La « dhimmitude », l’infamie par l’impôt, ne suffisait donc plus : il fallait une terre d’Islam « judenrein ». Résultat atteint.

    Au tour des Chrétiens maintenant. Même procédure : on commence par chasser. Au Liban et en Irak, c’est chose faite ; en Égypte, l’exode a débuté. Mais ça ne suffit pas, c’est trop lent ; alors on tue. On aura bientôt une terre d’Islam « christenrein ».

    Un pas supplémentaire – et inquiétant – semble avoir été franchi : il ne s’agit plus simplement de purifier les pays musulmans des miasmes infidèles, mais bien d’éliminer ces derniers partout où ils se trouvent. Les Juifs – toujours en première ligne ! – à Paris, Copenhague et ailleurs, puis désormais, les Chrétiens aussi.

    Dans les religions du salut, les trois religions monothéistes, il est dit qu’à la fin des fins, les autres, païens ou infidèles, se rallieront à la vraie foi. Avec Daesch, plus de conversions : l’eschatologie se veut exterminatrice. Dans le siècle futur, il n’y aura que des musulmans… car les « autres » n’existeront plus.

  • Voter ? Votez !

    Voter ? Votez !

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 25 avril 2015, dans France - La une - Politique - Actualité

    Alors que vogue un des printemps abstentionnistes les plus hauts – je ne dirais pas chauds – que la Vème République ait connu, voilà que l’expertise du Droit de vote en France est posée devant les microscopes des Politiques, Médias et tous autres, agités du comptoir…

    D’abord, la proposition d’un de ces députés écologistes, dont on va soupirer : il faut bien exister ! Puis, le rapport (« engagement citoyen et appartenance républicaine »), mandé par l’Exécutif à Claude Bartolone, président de l’Assemblée Nationale, et à ce titre, voix qui compte. Dans les deux cas, citoyens de base, gare à vos fesses ! Voter, en France, deviendrait obligatoire ; chaud argumentaire en bandoulière…

    Dans un premier temps, quelque chose en nous pointe un nez souriant : why not ? Le Droit a tellement recouvert le Devoir, dont on ne voit même plus la couleur – bleu-blanc-rouge délavé – au fond du panier à linge ! D’élections – certes locales – en élections, la reine du bal, n’est-elle pas l’abstention, tout en haut du tableau noir, nous faisant comme monter aux joues une sorte de honte (lors des départementales, et pour de sombres et administratives raisons, mon fils, jeune électeur intéressé par la politique, ne put voter au Premier tour. L’annonce du taux d’abstention clamé par la gens Pujadas le soir, lui fit dire un « dont moi ! » qui pesait tout son poids moral, vaguement teinté d’un « qu’as-tu fait là ? », où ne manquaient plus que les roulements de tonnerre de la fin de « Don Giovanni »…).

    Par ailleurs, c’est une pratique depuis parfois longtemps usuelle dans maints autres pays : Aborigènes d’Australie, certes, mais, benoîtement Belges – depuis 1893 ! – Turcs, Européens de Grèce, ou d’Autriche. Donc, la civilisation, la démocratie actée, connaît la chose… en pense quoi ? moins d’infos cependant là. Partout on vote – jours ouvrables, bien entendu – et les sanctions du manquement varient en sévérité et forme : pénalité financière ici, de 50 à 100 euros (encore des taxes et amendes, mugit le contribuable qui fait vite un paquet avec le voile noir de l’impôt tueur d’énergies citoyennes !), privation des Droits civiques, et… du coup, ni nomination, ni promotion émanant d’un quelconque service public (dit le Droit Belge). Les sous, la carrière, et pourquoi pas imaginer ceinture pour les crèches, piscines ; malus fiscal, que sais-je !

    Les tenants du virage autoritaire nous mitonnent par ailleurs d’astucieuses sucettes : on sait combien nos concitoyens sont gourmands de voter Présidentielles / Législatives ; ne pas voter aux Départementales, ou Régionales, vous sucrerait donc votre passion pour le « grand » vote. Why not, one more time. Et surtout – automatiquement, et dans la pochette surprise, le droit – enfin !! – de compter, si on vote blanc (rien dans l’enveloppe), ou nul (sur le bulletin, au stylo rouge : tous nuls et merde à celui qui dépouille). La considération du vote Blanc ou Nul est l’argument phare de la réforme préconisée, et, nous assure-t-on, le taux d’abstention serait raboté d’autant, puisque le permis de pêche, lui, ne figure pas dans le film. Mais, alors, réplique en nous le pas convaincu, tous dans le Blanc, à la place de tous dans l’abstention ! Ce à quoi, on nous assure – psychologues à l’appui – que se déplacer pour voter blanc, est une autre démarche (qui louche vers une vague citoyenneté active) que poser ses fesses en vue du bouchon guettant la tendre perche. Sans doute… mais…

  • JCALL  Yom Haatsmaout : joyeux anniversaire Israël !

    JCALL Yom Haatsmaout : joyeux anniversaire Israël !

    Ecrit par JCall, le 25 avril 2015, dans Monde - La une - Politique

    Comme chaque année Yom Haatsmaout (le jour de l’indépendance d’Israël), que nous fêtons cette année le 23 avril, a été précédé par les deux journées du souvenir : souvenir de la Shoah, d’abord, que nous avons commémoré le 16 avril et souvenir des soldats morts depuis la création de l’Etat et ainsi que des victimes du terrorisme. Cette année encore, cette liste s’est malheureusement allongée suite au conflit de l’été dernier à Gaza et aux différents attentats qui se sont succédé. Encore une fois seront associés à quelques heures d’intervalle, comme souvent dans notre tradition, la peine suite à la perte de proches et la joie de fêter une indépendance tant espérée et rêvée pendant des siècles – et si chèrement payée.

    Il y a un an, à cette date, les négociations menées sous l’égide personnelle du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, s’achevaient sur un échec. Depuis lors, aucune initiative en vue d’une quelconque perspective de reprises des pourparlers n’a tenté de relancer un processus auquel peu de gens encore accordent encore quelque crédit. La question de la recherche d’un accord avec les Palestiniens n’a même pas été évoquée pendant la campagne électorale, et le Premier ministre israélien a gagné ces élections en affirmant que sous son nouveau mandat « jamais un Etat palestinien ne verrait le jour ». Même s’il a tenté d’atténuer ces propos par la suite, la composition du gouvernement vers lequel il semble s’orienter, avec ses alliés de droite et du centre droit, ne laisse pas beaucoup d’espoir de voir un infléchissement de cette politique.

    Face à ce blocage, peut-on espérer voir la communauté internationale prendre de nouvelles initiatives diplomatiques ? Le projet de voir la France déposer une motion au Conseil de sécurité, avec le soutien d’autres pays européens, a-t-il une chance d’aboutir sans que les Etats-Unis y opposent un véto ? Une telle initiative aurait au moins le mérite de définir un cadre pour une solution du conflit, qui obligerait chacune des parties à se positionner.

    Israël ne peut pas continuer à s’enferrer dans une politique basée sur la poursuite d’un statu quo qui est suicidaire pour le projet sioniste et qui l’isole de plus en plus sur la scène internationale. Israël aurait tout à gagner en se lançant aujourd’hui dans un nouveau processus politique en collaboration avec les pays arabes modérés qui sont ses véritables alliés contre les menaces extrémistes dans la région.

    Face à la menace iranienne, il faut saluer l’accord cadre conclu à Lausanne entre l’Iran et les 5+1. Nous sommes en effet persuadés que seules les négociations qui doivent se poursuivre jusqu’à la fin du mois de juin peuvent permettre d’écarter le risque de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire. Néanmoins, nous sommes aussi conscients de la nécessité de rester très vigilant par rapport à ses modalités d’application.

  • « Le  juif errant  est arrivé - Albert Londres »

    « Le juif errant est arrivé - Albert Londres »

    Ecrit par Léon-Marc Levy, le 25 avril 2015, dans La une - Histoire - Littérature

    L’entreprise d’Albert Londres n’a pas d’équivalent connu. En 1929, en pleine « prospérité » de l’antisémitisme partout en Europe, il entreprend – en tant que journaliste – une vaste enquête-reportage sur les communautés juives d’Europe centrale et de Palestine. Ces choix sont parfaitement ciblés : Londres veut mesurer le chemin qui mène des ghettos misérables de Pologne par exemple à la genèse de la réalisation de l’idéal sioniste. « Ses » Juifs sont juifs. Pas « Israélites », terme qui désignait alors – pour les détacher du vilain Juif tout noir – les Juifs occidentaux, de France, d’Angleterre ou d’Italie entre autres, intégrés, prospères et propres sur eux.

    Dans sa quête, Albert Londres va plonger au fond du gouffre sombre qu’est alors la vie juive des Shtetls (villages juifs) et des Ghettos de Varsovie ou de Prague. Son témoignage est hallucinant. A la représentation antisémite du Juif riche, puissant et influent, Londres va opposer, visite après visite, presque maison après maison, la réalité terrible d’une misère juive proche de la condition animale. Londres a tout pourtant pour dormir sur ses lauriers – son livre, Au Bagne, vient d’être joué sur la scène, tous ses livres sont des best-sellers – mais non, il va « s’embarquer » dans une aventure-reportage longue et difficile. Albert Londres ne connaît rien au sujet. Pour lui, c’est une raison de plus. Pour nous, un étonnement de plus.

    Ce livre est le résultat de cette enquête. On devrait dire de cette quête car l’auteur est bien à la recherche de sens. Quel sens donner à la haine inextinguible que le monde voue aux Juifs ? Y a-t-il un sens seulement à cette haine ? Du quartier juif de Londres (London GB) à Prague, de Varsovie en Transylvanie, en Palestine enfin, il va déplier la carte du malheur juif jusqu’à la lueur hésitante de l’espoir sioniste. En 27 articles, tous publiés dans « Le Petit Parisien » sous le titre Le drame de la race juive : des ghettos d’Europe à la Terre Promise, Albert Londres va livrer le matériau de son travail d’enquête, qui sera la matière (retravaillée) de ce livre, qui rencontrera un grand succès.

    La première étape est Whitechapel, le quartier juif londonien. Là, les Juifs sont intégrés, sont anglais. Et pourtant : « Demain vendredi, à la première étoile, alors que tout Londres travaillera encore, vous entendrez les rideaux de fer dégringoler dans Whitechapel ». Ils travaillent, vivent, étudient à l’école anglaise mais aussi au Talmud-thora, petites têtes couvertes de Kippoth et serrées les unes contre les autres.

    « Ils étaient plus de cent par classe, serrés, aplatis, tels des dattes dans une boîte. Les Juifs n’ont jamais eu beaucoup de place. Les Nations leur mesurent le terrain. Ces enfants de Whitechapel étaient les uns sur les autres comme les morts de leurs cimetières de là-bas dont les pierres tombales se bousculent si effroyablement ».

  • Je me souviens souvent du granit du Sidobre

    Je me souviens souvent du granit du Sidobre

    Ecrit par Sabine Aussenac, le 25 avril 2015, dans La une - Ecrits

    Je me souviens souvent du granit du Sidobre,

    Des sentes oubliées comme un soleil d’octobre.

    Comme au matin du monde les rochers s’élevaient,

    Beaux géants tutélaires, immobiles guerriers.

     

    Nous ouvrons les fougères comme on peigne une femme,

    En marchant sur des mousses aux murmures secrets.

    La source, serpentine, un grelot à nos âmes,

    Toute ourlée de cresson, en attente de fées.

     

    Tous ces noms aux symboles, Roc de l’Oie qui étonne,

    Trois Fromages empilés par les siècles amusés,

    Et puis le Lac du Merle aux fraîcheurs empesées :

     

    Nous foulons en silence le Chaos qui résonne…

    Je reviendrai bientôt, Autanette rêveuse,

    Vers la Quille du Roy qui me rendait heureuse.

  • « L’œil de Claude » : collèges, Hubble, Anthony : cultures.

    « L’œil de Claude » : collèges, Hubble, Anthony : cultures.

    Ecrit par Claude Gisselbrecht, le 25 avril 2015, dans La une - Actualité

    Collèges...De nos jours, la culture est la chose la moins bien partagée, surtout chez les jeunes. Ce phénomène touche également une grande partie de la population, qui a fait du matérialisme à tous les étages sa principale (pré)occupation !

    Que faut-il retenir, par exemple, de la réforme du collège qui sera mise en place dès la rentrée 2016 ? La fin des classes « bi-langues », avec le déclin annoncé de l’allemand, et celle de l’option latin, entre autres. Selon la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, il faut privilégier l’interdisciplinarité pour désennuyer les élèves. Et le Conseil supérieur des programmes de proposer une version allégée des programmes scolaires, du CP à la 3e. A cela s’ajoutent d’autres mesures, qui, d’ores et déjà, sont loin de faire l’unanimité au sein des mondes politique et enseignant !

    De son côté, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, a déclaré récemment dans un entretien paru dans La Nouvelle République : « La culture est ce qui nous permet de partager et affirmer nos valeurs communes, les valeurs humanistes et universelles de la liberté de création et d’expression, de la transmission des savoirs et des richesses de notre patrimoine ! » Un discours consensuel, fait pour rassurer avant tout. Et de conclure « La culture est essentielle, tout simplement ! » On ne peut que souscrire !

    Dans sa dernière chronique intitulée Sans couronnes et surtout sans Fleur, parue dans Marianne, Guy Konopnicki cite quelques propos de la ministre au sujet des jeunes face au défi culturel, déplorant au passage « une certaine forme d’enfermement dans la culture classique », et pourfendant « le mépris de classe qui ne reconnaît que la culture cultivée, avec, en ligne de mire, le souci de promouvoir une culture inclusive ». En clair, va-t-on vers une énième « querelle des anciens et des modernes », ou, plus prosaïquement, des « modernes et des modernes » ?

    Finalement, doit-on opter pour une culture plus ou moins « light » ? Cela dépendra du sens qu’on voudra bien donner à ce mot : « léger », le moins possible, mais « lumière », en lettres majuscules !

     

    Bon anniversaire, Hubble !

    Cela fait près de 25 ans que le télescope spatial Hubble signe des « tableaux cosmiques » d’une beauté époustouflante. Grâce à ces « œuvres d’art », l’Univers, en constante évolution, s’est en partie dévoilé, laissant apparaître, çà et là, de fantastiques nébuleuses, comme celles de la Tarentule, de l’Araignée rouge, de l’Œil de chat et de la Tête de singe. Chapeau, l’artiste !

     

    Adieu, l’artiste !

    Richard Anthony vient de tirer sa révérence. Celui qui chantait Il faut croire aux étoiles, les a rejointes définitivement. A présent, seule La voix du silence se fait entendre, et Il pleut des larmes… Adieu, et merci !

  • « Mots sur image : l'éléphant »

    « Mots sur image : l'éléphant »

    Ecrit par Jean-François Joubert, le 25 avril 2015, dans La une - Ecrits

    Mais qu’est-ce que c’est que ce cirque ? Triste à en sourire, un brin de lumière dans l’iris, une patte sur de l’herbe, ils se consument pour nos yeux, alors que dans la savane de côte d’Ivoire, lui et ses congénères promènent, proprement, leurs délicates carcasses autour des fleurs, et leurs défenses en chassant les mouches et le chikungunya. Hier comme demain devient un leurre à touriste, assurance tout risque, lumière tamisée le regard vers l’occident, optique deux mille cinquante, omettant l’accident de tuer la faune, la flore, et pas qu’intestinale… Silence obturation, saturation de l’image, perte de l’imagination, l’Humanité, sans humilité, se croit maline, insubmersible or ils ne connaissent que l’argent, ça brille, comme cet éléphant qui ne trouvera pas le cimetière de ses ancêtres, il a la peau rude, l’air d’éteint, son feu de joie est ailleurs, il rêve !

  • Autour de «  géographie intérieure – Pierre Jourde »

    Autour de « géographie intérieure – Pierre Jourde »

    Ecrit par Didier Bazy, le 25 avril 2015, dans La une - Littérature

    Une attachée de presse de Grasset m’envoie un courriel me demandant mon adresse : Pierre Jourde souhaiterait m’adresser son dernier livre. Je me demande pourquoi. Et puis, à quoi bon se demander pourquoi. Merci à vous, vous qui ne me connaissez pas. J’aime bien les livres de Pierre Jourde. Comme beaucoup de gens. Je sais bien qu’il y a des polémiques. Avec Bidule, avec Machine. Surtout depuis l’excellente Littérature sans estomac qui a permis aux liseurs de ma génération d’être rassurés sur l’idée qu’ils se faisaient des livres, des faiseurs de bouquins et des écrivains honnêtes. Jourde est clivant. Il le sait. On le sait. On croyait que c’était une marque de fabrique. On croyait. Comme on croit au ciel.

    Bing. Géographie intérieure propose des clivages et les dedans s’exposent, articulés par l’arbitraire de la commande d’une jolie collection. Voir le billet de François Bon ici : http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4128

    Se mettre au dehors n’est pas se mettre à poil. Mais un petit peu quand même. François Bon parle ici de hors œuvre, avec des italiques pour rétrécir l’espace. Le format de l’abécédaire avait contraint Deleuze à pousser le trait au terme « d’archive audio-visuelle de Pierre-André Boutang », et le philosophe des non-philosophes et des philosophes avait insisté et conditionné sa participation à l’opération « testament » (on évitera le jeu de mot en y pensant très fort). Il n’y a pas de compétition dans la pudeur, ni degré ni nature. Parler de soi, de ce qu’on a fait, de ce qu’on vit, etc., est un exercice d’effroi plus que d’admiration. Il faut s’en sortir sans s’éloigner du sujet. Hors œuvre. En cuisine, les hors d’œuvres ne font pas partie du repas et pourtant ils y participent, rituel et cérémonie. L’intérêt se glisse dans cette petite tension, ce milieu impossible et mobile entre contrainte et liberté où chacun se débat. Cliché, oui. Embarras aussi. Honte, non. Petite gêne, oui. Un léger trouble sans étourdissement. Et l’on touche là une belle fonction d’un vrai livre : le trouble et les changements qu’il induit. Je n’y ai pas échappé. Surtout au milieu.

    Pierre Jourde aime la littérature au point de se livrer de son vivant sans se perdre. C’est un exploit. Il montre que la Boxe est un jeu, un sport littéraire dit-il. Aurait-il réussi là où Leiris, fébrile, demeurait (trop ?) prudent ? Introduire dans la littérature ne serait-ce que l’ombre d’une corne de taureau. Paradoxes de l’engagement. Jourde aime la logique. Il aurait pu créer un chapitre Logiques, il a opté pour Liberté. Liberté d’écrire en se voyant. Faire sa carte. Provision provisoire. Jusqu’à la prochaine carte. Jourde aime la politique et l’éclaire d’angles aigus d’attaques incisives. Il n’a pas peur des mots, il les sait et les sent. Ainsi Race, ainsi Peuple. Jourde aime la musique. Lui aussi. La musique. Jourde aime l’histoire. Ainsi Zoé Porphyrogénète, du comique savoureux à faire pâlir les plus grandes fictions.

  • On l’appelle Christ… « Carré blanc sur fond blanc »

    On l’appelle Christ… « Carré blanc sur fond blanc »

    Ecrit par Luce Caggini, le 25 avril 2015, dans La une - Ecrits

    Il y eut, il y a, il y aura jusqu’à la fin des temps le montreur d’images mondialement connu ; il mène le petit monde de la peinture en musique et en croix. C’est un agitateur sans chair et sans os, son corps n’est jamais essoufflé, il est munificent, manipulateur, empreint de la grâce des Adonis du genre humain, vascularisé, oxygénéisé, engendrant la foi et la mort, musicien et peintre initiateur de générosité et d’amour.

    C’est Christ traversant la mort et la vie du réel au virtuel.

    Il régit le monde artistique dans un afflux de jeux vitaux où le temps s’est barré. Il éclot de partout à coups d’hommes, à coups d’archet, à petits coups de reins dans un bruissement plein de luisances encore et encore… Par secousses légères, timonier à la manœuvre, galérien et magicien, danseur et musicien cloué à son destin de chair pulvérisée.

    Amené vif, pris dans les filets d’un ensemble de signes, né quelque part dans la dureté entre gels et suffocations, Kasimir Malevitch naît le regard en dedans de lui, déminant les objets de manière à pulvériser les matières en nombres parfaits retombant dans un ordre divin. Kasimir Malevitch est un montreur d’ondes christiques dont les peintres ne se sont jamais remis.

    Tenir un tableau de Malevitch en main, coller son nez sur la toile c’est faire une plongée dans l’univers d’un soi qui se mettrait à grimper le long du fil alors que le cerf-volant agité de vents violents est perdu dans les nuages.

    L’art ne se repose pas : un pas de coté, un déplacement plus rapide et c’est une anarchie armée de marques araméennes qui donnent à la toile du Russe un départ vers un monde en partance pour arpenter les marches du crucifié démystifié, inaudible, invisible ondoyant entre Kief et l’amitié du chaman, dans la partie musicale des empreintes numériques de « l’étranger » des objets en dépôt marqués des magiques mots : Ici terre magnétique menant au paradis de la couleur.

  • « Racines d’actu » Les « fous » de l’année 0

    « Racines d’actu » Les « fous » de l’année 0

    Ecrit par Jean-Luc Lamouché, le 18 avril 2015, dans Monde - La une - Politique - Histoire

    Les destructions récentes, d’abord au bulldozer, puis avec des explosifs (tout cela étant capté par des vidéos), perpétrées au nord de l’Irak par Daesh, précisément à Mossoul et Nimrod, sites de l’antique Mésopotamie (période assyrienne), fondamentaux pour l’Histoire des origines de la civilisation, posent la question de savoir pourquoi les djihadistes agissent ainsi. Je rappelle au passage qu’il y avait déjà eu notamment la destruction des statues monumentales des Bouddhas debout (en haut-relief) dans la vallée de Bâmiyân par les talibans d’Afghanistan en 2001. Dans ce contexte, nous allons remonter le cours de l’Histoire à propos de ceux qui ont voulu, dans le cadre de systèmes totalitaires – au XXe siècle – faire table rase et correspondre à ce concept « d’année 0 » annoncé dans le titre de cet article.

    On pense bien sûr à l’Italie mussolinienne, qui, à partir de l’établissement de la dictature en 1925 et jusqu’en 1944, inventa le fascisme en tant que mot (« fasci » partant du singulier « fascio » voulant dire « faisceaux », d’où « fascisme ») et la notion « d’État total » (pour la première fois dans l’Histoire). Il y eut aussi l’Allemagne hitlérienne des années 1933 à 1945, avec la célèbre formule du « Reich pour 1000 ans », l’année 0, en l’occurrence, commençant avec l’arrivée du Führer au pouvoir en janvier 1933, qui détruisit la fragile République de Weimar (1919-1933). Parallèlement, on assista à la mise en place de systèmes se référant au marxisme-léninisme en URSS et dans les « pays satellites », surtout à l’époque de Staline, avec la « dictature du prolétariat » et l’annonce (censée être progressive) de « lendemains qui chantent », durant la période allant d’octobre 1917 à 1953 (mort de Staline). Il faut ajouter ici la version maoïste de ce même marxisme-léninisme, avec la folle et terrifiante période de la « révolution culturelle prolétarienne », entre 1966 et 1968. C’est dans le but de reprendre en main totalement le Parti Communiste Chinois que Mao avait lancé cette opération, en manipulant la jeunesse par le biais du Petit Livre rouge ; d’où des atteintes considérables envers les droits humains les plus élémentaires et la destruction de milliers de sculptures et de temples (essentiellement bouddhistes) – en tant que symboles des valeurs traditionnelles, dites « vieilleries »…

    Citons également la « rupture avec le capitalisme » du système communiste intégral des Khmers rouges au Cambodge, avec Pol Pot, entre 1975 et 1979 ; un régime maoïste radical se voulant « sans classes », qui transféra de force les habitants des villes vers les campagnes et organisa méthodiquement des crimes de masse, pour soi-disant « faire du neuf » (en « purgeant » le pays de l’influence capitaliste occidentale et de la religion !). Terminons ce court bilan des fanatiques de « l’année 0 » avec la théocratie – fondée sur une conception très dure de la « charia » (la loi islamique) – du régime chiite des ayatollahs et des mollahs iraniens, à partir de la prise du pouvoir par Khomeini en 1979 (lors de la chute du shah) ; un Khomeini qui fut le Guide de la « révolution islamique » jusqu’à sa mort, en 1989. Au total, deux visions différentes, sur la forme, entre les systèmes marxistes-léninistes de type stalinien et fasciste ou nazi d’un côté et islamistes de l’autre. En effet, dans les trois premiers cas, une projection vers un soi-disant avenir (à inventer), et dans le dernier, une projection inversée vers un passé rêvé (à retrouver). C’est bien, pour ce qui concerne celui-ci, ce qui fait aujourd’hui la spécificité du régime iranien (malgré un relatif assouplissement récent ?) et des tentatives de mise en place d’un système islamiste radical par les djihadistes de Daesh, adeptes jusqu’au-boutistes – par leurs comportements spectaculaires – du concept de « l’année 0 », n’hésitant pas à mettre en scène la destruction de symboles civilisationnels classés au patrimoine mondial de l’humanité…

  • Le silence de l'amer

    Le silence de l'amer

    Ecrit par Sabine Aussenac, le 18 avril 2015, dans Monde - La une - Politique

    #Aujourd’hui c’est l’anniversaire du naufrage du Titanic. En 2014, 3400 migrants sont morts en Méditerranée. L’équivalent de 2 Titanic#.

    Ce tweet d’Amnesty France est presque l’un des seuls à relayer l’information… Oui, c’est vrai, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic heurtait un iceberg… Et le naufrage du paquebot provoqua la mort d’environ 1500 personnes. Mais surtout, cette semaine, 400 migrants seraient morts dans le naufrage de leur embarcation de fortune, 400, oui, en une seule fois… Plus que lors du naufrage de Lampedusa. Ces morts-là n’ont pas eu droit aux gros titres, ni dans la presse, ni dans les JT. Ce soir, sur France 2, au 20h, le flash info à leur sujet a duré moins de 5 minutes… La Twittosphère leur accorde, deux jours après le drame, moins d’une cinquantaine de commentaires, le #migrants# faisant bien moins recette que les #JesuisCharlie# et autres revendications empathiques…

    Si les Kenyans, à juste titre, se sont offusqués du silence du monde autour de la barbarie anti-chrétienne de Garissa, les migrants, eux, n’ont apparemment personne pour pleurer leur disparition, malgré le chiffre abyssal des morts de ce dernier naufrage… La presse et les médias, d’ailleurs, s’intéressaient ce soir davantage aux remous politiques provoqués en Italie par l’afflux massif des réfugiés qu’à ce drame quasi banalisé.

    Et pourtant #400isnotjustanumber#, 400 personnes, ajoutées aux 3400 disparus de 2014, 400 vies humaines, n’est-ce pas suffisant pour s’indigner, pour créer un « mot-dièse », et surtout pour réfléchir aux causes et aux solutions de ce qui n’est pas un « problème », mais une honte, une barbarie, un scandale, une abomination ?

    Bien sûr, nous sommes loin des 200.000 à 250.000 victimes des années soixante-dix, lorsque les boat people quittaient le Vietnam pour s’entasser dans des camps de fortune, périssant eux-aussi de façon dramatique et systématique…

    Pourtant, s’il faut s’indigner en termes mathématiques, 400 personnes, c’est plus que les victimes du pilote kamikaze… C’est autant que les jeunes filles nigérianes enlevées par Boko Haram… C’est plus que les victimes de la barbarie de Garissa… Mais ces morts-là ont sombré dans le silence de la mer. Je pourrais écrire une belle métaphore, car en notant cette phrase m’est venue l’image sublime du film « The piano », quand la jeune femme sombre, elle aussi, attachée à son piano, avant de réussir à remonter vers la lumière et vers la vie…

  • « Reflets d'ailleurs : impressions maltaises »

    « Reflets d'ailleurs : impressions maltaises »

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 18 avril 2015, dans La une - Voyages

    Reflets d'ailleurs...

     Une nouvelle rubrique arrive dans Reflets, en même temps que les cigognes. Impressions – en chronique RDT s'il vous plaît ! De voyages au bout du monde, ou, au détour du chemin. Du moment que l'Ailleurs vaille les mots qu'on lui offre. Bon voyage à tous !

     

     

    Je reviens d’une semaine de vacances à Malte. Pays à la fois proche et lointain.

    D’emblée trois surprises. D’abord la langue. Inconnue, impénétrable, elle vous saisit dès l’aéroport : « hrug », sortie ! Unique langue sémitique (dérivée de l’antique phénicien) à utiliser l’alphabet latin, elle comporte heureusement de nombreux emprunts à l’italien (« grezzja ») et même au français (« bonjour » : « bongù » !).

    Sans parler évidemment de l’influence anglaise. L’idiome de Shakespeare est langue officielle à égalité avec le maltais. Colonie britannique jusqu’en 1964, ici on roule à gauche ; les téléphones publics sont identiques à ceux de Londres, et à midi pile, se déroule une relève de la garde devant le palais du gouvernement (les soldats ont l’uniforme de parade des Royal Marines avec casque colonial à pointe). Ladite influence s’étendant – hélas ! – au domaine culinaire, impossible d’échapper à la sauce à la menthe accompagnant le gigot ou à ces ignobles « jellies » multicolores et tremblotantes…

    Deuxième surprise, le « type » maltais. Mélange incroyable de peuples, beaucoup – pas tous bien sûr – ont des traits communs, ceux-là mêmes des personnages d’Hugo Pratt (« Corto Maltese ») : cheveux légèrement frisés, yeux noirs volontiers globuleux. On se retrouve plongé dans la bande dessinée…

    Et puis, il y a les paysages. Là encore, mélange : on se croirait dans la lande irlandaise ou écossaise avec ces murets tout en pierre qui délimitent les champs ; mais la végétation, elle, est bien méditerranéenne : hibiscus, lauriers roses, tamaris… le tout s’interrompant de manière abrupte, sur le bord de mer, par des falaises blanches, à l’image de celles, au choix, de Douvres ou de Bonifacio.

    La roche calcaire. Elle compose le sous-sol de l’île et sert de matériau de construction. Malte est le seul endroit de méditerranée où les maisons sont bâties en pierre de taille. Les maisons ou les lieux de cultes, pas moins de 307 églises, 3 cathédrales et 9 basiliques ! A Malte, le catholicisme règne en maître et interdit toujours l’avortement.

    Toutefois, comme partout autour de la grande bleue, religion rime avec superstition. L’emblème de malte n’est autre que le luzzu, cet œil qui orne tant la proue des navires (fig1) que les échauguettes des remparts de la ville de La Valette (fig2). Protégeant contre le mauvais sort (en particulier le naufrage), il reproduit l’œil d’Osiris (la Phénicie voisinait l’Égypte) : Osiris, dans les temps préhistoriques, était une bête fauve avalant périodiquement le soleil pour le faire renaitre chaque matin, d’où le glyphe suivant :

  • Et l’enfer s’appela bipolarité…

    Et l’enfer s’appela bipolarité…

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 18 avril 2015, dans La une - Santé - Littérature

    « Je grandis en entendant dire que ma mère avait un problème de nerfs. Plus tard, on m’expliqua qu’il s’agissait d’une dépression nerveuse… on nous dit qu’elle était schizophrène… finalement, tout le monde s’accorda à dire qu’elle était maniaco-dépressive. Tout au long, elle n’utilisa pour elle-même qu’un seul mot : folle ».

    Alors, adulte, il en fit un livre : sa mère, sa sœur, lui et son père, plus quelques autres, parents, amis, psychiatres, face à ce qu’on nomme maladie chronique bipolaire, et qu’on devrait plutôt nommer : monstre ou fauve, qui épuise, et terrorise, revient en boucle, et s’accroche. Un de ses proches mentalement atteint ; un drôle de voyage. Parce qu’il y a sa mère malade, et puis, eux tous, et encore le reste du monde qui regarde et juge. Une douleur fragmentée. Infinie, mâtinée pour autant ça et là de l’émotionnel « normal » et banal de toute vie. Et au bout, ce livre, magnifique, écrit de main de fils, avec la pudeur, l’humanité, le juste, que pas un documentaire ne parvient à rendre (tout en en étant pourtant un, et des meilleurs).

    Autopsie d’une maladie – ici, en Inde, à Bombay, années 60, milieu catholique à la sauce-Goa, en résonance exacte avec ce qu’est cette maladie partout dans le monde, et à n’importe quelle époque. Un manuel sur tout ce que vous voulez savoir sur ces gens (10%, dit-on, de la population mondiale, qui – infimes erreurs de dosages de leurs neuro-transmetteurs – se trimbalent avec ces « humeurs » prenant le grand-huit chaque jour de leur pauvre vie).

    Les formes. D’abord : l’exaltation : « elle rugit, secouée d’un rire gai et maniaque » ; la phase basse, qu’on appelle descente, comme pour un drogué : « c’est comme de l’huile, de la mélasse. J’ai cru que j’allais me noyer. Alors je mes suis levée, habillée, je suis sortie dans la rue, et j’ai essayé de me jeter sous un bus… », les TS, entendez tentatives de suicide, sanglantes à souhait, que les enfants ou le père « encadrent », vaille que vaille. Qui, mieux que ce fils et cette – formidable – Susan, de sœur, montreraient à quel point être l’enfant de ces malades fait grandir, et raye d’un trait de lithium toute tentative de vivre une jeunesse insouciante. Les délires paranoïaques : « tout a commencé quand tu étais bébé ; quand tu as montré du doigt le ventilateur, j’ai su qu’ils étaient là, qu’ils nous écoutaient ». Nos deux enfants/adultes ont comme des antennes pour repérer le  balancement – terrible manège – des périodes ; la maniaque, la dépressive ; les nuits sans sommeil, la logorrhée intarissable qu’ils ne pouvaient juguler qu’en prétendant « réviser ». Les séjours hospitaliers, le risque effroyable pour la mémoire des électro-chocs.

    Les rapports entre les époux – monsieur Hmm, le père, ainsi nommé pour sa placidité, son infinie patience : « mon roc, mon refuge il savait quand nous laisser faire et quand reprendre les rênes » ; les rapports enfants/mère, quand ses débordements verbaux fortement teintés de sexualité renversent les rôles : – enfin ! Em !

  • Eclats d’humeur  Les mal logis

    Eclats d’humeur Les mal logis

    Ecrit par Emmanuelle Ménard, le 18 avril 2015, dans La une - Ecrits

    Les mal logis…

     

    Avec eux se vautrer dans ses noirceurs

    comme dans un vieux canapé noir

    rongé par le bonheur passé et le doute à venir

     

    Oui

    j’aime les losers

    les désespérés de l’existence

    les princes et les princesses ténébreux

    qui jettent cet éclat sombre de passion

     

    Oui

    j’aime les bons à rien faire

    et qui rêvent de tout faire

    comme ils rêvent à un monde

    déclinant toutes ses forces

    dans la flamme des prières