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  • Racines d’actu : le Premier Mai ?

    Racines d’actu : le Premier Mai ?

    Ecrit par Jean-Luc Lamouché, le 30 avril 2016, dans La une - Actualité - Histoire

    Lorsqu’on pense « 1er mai » aujourd’hui, cela évoque bien sûr pour nous au moins deux choses. D’abord, les débuts potentiels de l’affirmation (plus ou moins nette) du printemps, avec ses marchands de muguet souvent à la sauvette. Ajoutons à ce niveau que le 1er mai était célébré par les coutumes de l’arbre de mai (un rite de fécondité lié au retour de la frondaison et jadis répandu dans toute l’Europe occidentale). Ensuite, la « Fête du Travail », débouchant à la fois vers un jour de congé (et même souvent à la possibilité de « faire le pont » grâce à l’arrivée d’un week-end ou à la prise d’un ou plusieurs jours de RTT) et le maintien d’une « tradition », avec les défilés des syndicats. Et puis, il y a aussi ce Front National, qui célèbre, lui aussi, et ceci depuis les années 1980, son « 1er mai », en l’honneur de « Jeanne d’Arc », comme « protectrice » de la « patrie », et – en fait – en tant qu’affirmation (récupérée) du patriotisme, voire du nationalisme. Par rapport à tout ce que je viens d’écrire, quel serait le % de jeunes (notamment) qui connaîtrait vraiment les origines du 1er mai en rapport avec l’histoire du mouvement ouvrier  français et surtout sur le plan international ?

    C’est aux États-Unis qu’apparut pour la première fois l’idée d’une journée de lutte des ouvriers, et ceci n’avait rien d’une fête chômée. Il s’agissait prioritairement d’une exigence de la réduction du temps de travail par jour. C’est à la fin du XIXe siècle que les syndicats américains, dans le cadre de leur congrès de l’année 1884, se donnèrent pour objectif d’imposer au patronat une journée de travail à huit heures. Et ils choisirent justement de lancer leur lutte pour cette revendication un 1er mai… En effet, la première grande action de ce type eut lieu le 1er mai 1886, sous l’influence des courants syndicalistes anarchistes ; et elle fut d’ailleurs assez largement suivie. Des morts étant tombés le 3 mai parmi les travailleurs, à Chicago, une marche de protestation se produisit à Haymarket Square, suivie de graves troubles entre manifestants et forces de l’ordre, aboutissant à un massacre. Puis, cinq syndicalistes anarchistes furent condamnés à mort et trois à l’emprisonnement à perpétuité.

    En France, trois hommes furent à l’origine du 1er mai conçu comme journée de lutte, en hommage aux terribles événements de Haymarket Square. Il y eut d’abord le rôle de Jean Dormoy, socialiste et syndicaliste (qui devint maire de la ville de Montluçon dans l’Allier, l’une des premières municipalités socialistes de l’Histoire). Jean Dormoy, ami de Paul Lafargue (gendre de Karl Marx) et de Jules Guesde, fut d’ailleurs surnommé « Le forgeron du premier mai ». C’est en effet durant l’année 1888 qu’il lança – au niveau syndical – le projet d’organiser une grande manifestation populaire des travailleurs sur le plan international. Il y eut aussi l’action de Raymond Lavigne, un autre militant socialiste et syndicaliste, d’origine bordelaise, également ami de Jules Guesde, qui proposa à la IIème Internationale socialiste, en 1889 (dans le contexte du centenaire de la Révolution française et de l’exposition universelle), de faire désormais de chaque 1er mai une grande journée de manifestation destinée à obtenir les 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé. Il y eut enfin le rôle d’impulsion que joua le leader du POF (Parti Ouvrier Français), Jules Guesde, marxiste orthodoxe, qui poussa la IIème Internationale à entériner cette proposition, le 20 juillet 1889 ; c’est par ailleurs Jules Guesde qui, le premier, inventa le terme de « fêtes du travail », en 1890. Le 1er mai 1890 fut ainsi célébré pour la première fois internationalement, mais avec des niveaux de participation très divers. Comment ne pas signaler au passage les terribles événements qui se déroulèrent le 1er mai 1891 lorsqu’à Fourmies (commune du département du Nord) la manifestation aboutit à un drame, avec une fusillade, la troupe ayant tiré sur la foule, ce qui occasionna la mort de dix personnes.

  • La matière de nos pensées

    La matière de nos pensées

    Ecrit par Bernard Pechon-Pignero, le 30 avril 2016, dans La une - Média/Web - Sciences

    Il faut désormais admettre que la pensée est une production chimique, ou peut-être faut-il dire physico-chimique, de notre cerveau. Encore que ce qui est physique doit pouvoir se ramener à de la chimie, c’est-à-dire, de toute façon à de la matière. Que nous soyons faits de matière, de poussière d’étoiles, selon la formule à la fois poétique et scientifiquement exacte, ne pose pas de problème. Les scientifiques sont d’accord avec les religieux au moins sur ce point : nous sommes poussière et nous redeviendrons poussière. Nos corps en tout cas. Donc, nous admettons sans difficulté que l’univers est constitué d’éléments matériels. On ne voit même pas de quoi d’autre il pourrait être fait. Cette matière est en mouvement, certes : les planètes se déplacent, les particules élémentaires sont également en mouvement. Tout bouge mais ce tout est de la matière.

    Mais que notre pensée soit faite de matière est en contradiction totale avec notre culture. Depuis toujours, nous avons été formés à l’idée que la pensée procède d’autre chose, d’un mystère qui peut être éclairé par la foi en un dieu créateur ou qui peut garder son opacité à la façon dont nous observons que nos ordinateurs fonctionnent sans que la plupart d’entre nous soient capables d’expliquer pourquoi et comment. Nous savons qu’ils ont été programmés pour ça. Les concepteurs de nos ordinateurs sont les dieux qui leur donnent leur âme. Mais, en fin de compte, en bout de chaîne, on peut toujours atteindre le point d’opacité où il faut soit un dieu, soit une longue évolution qui conduit à ce que l’homme soit un être pensant à la différence des autres assemblages de matière plus ou moins performants qui nous entourent.

    L’apport de la théorie de l’évolution est primordial mais ne suffit pas à lever le voile. D’ailleurs rien n’interdit de voir la main de Dieu sous l’évolution des espèces. Leur différenciation et leur évolution progressives à partir des premières manifestations du vivant peuvent être le projet d’un dieu créateur qui serait en même temps le grand horloger, celui qui réglerait le cours des planètes et l’attraction ou la répulsion des atomes entre eux. Dieu, s’il existe, explique bien des choses. Et s’il n’existe pas, il faut s’accommoder du mystère. Cela fait penser à cette théorie selon laquelle Shakespeare n’est pas l’auteur de toutes les pièces qui lui sont attribuées, lesquelles sont en réalité dues à un autre dramaturge qui s’appelait également Shakespeare

  • La Vérité sur Donald Trump ( de Dick Joekers)

    La Vérité sur Donald Trump ( de Dick Joekers)

    Ecrit par Valérie Debieux, le 30 avril 2016, dans Monde - La une - Politique - Littérature

    Printemps 2016, Etats-Unis d’Amérique, la course à la Maison Blanche fait rage. Insultes, invectives, grossièretés, propos misogynes, sexistes ou racistes, tout est permis. Être prêt à tout dire et à tout entendre. L’essentiel, c’est de gagner, quel qu’en soit le prix. Il n’y a pas de règle, « the winner takes it all ». Mais, d’abord remporter les Primaires, puis obtenir l’investiture du Parti et, enfin, être le « winner » le jour de l’Election Day. Du côté démocrate, deux candidats : Hillary Clinton, ancienne secrétaire d’Etat, et Bernie Sanders, sénateur du Vermont. Du côté républicain, trois candidats : John Kasich, gouverneur de l’Ohio ; Ted Cruz, sénateur du Texas, et Donald Trump, magnat de l’immobilier. Or, celui dont les pontes du Parti républicain ne veulent pas est en train, semble-t-il, de gagner son pari, gagner l’investiture républicaine… Printemps 2016, Vevey (Suisse), un manuscrit est découvert dans la boîte aux lettres d’un éditeur. La note qu’il fait figurer à ce propos est exempte de toute ambiguïté : « Nous avons trouvé ce manuscrit dans notre boîte aux lettres au début du mois de mars 2016. Tel quel. Nous ne connaissons pas Dick Joekers. Nous n’avons jamais entendu parler de lui. Nous avons cherché dans les pages blanches, sur Google… rien. Dick Joekers a laissé un mot avec le manuscrit. Il nous autorisait à le publier. Vite. Il a écrit ces lignes : “Le temps presse et Donald Trump est toujours en vie”. Nous avons lu, nous avons aimé, nous avons publié ». L’ouvrage a pour titre La Vérité sur Donald Trump, et selon l’avertissement de l’auteur, il s’agit d’une fiction. Toutefois, la fiction semble s’être invitée à la table de la réalité. Le récit respire le reportage et fait découvrir un Trump de l’intérieur, celui que côtoient quotidiennement ses intimes et sa garde rapprochée. Un Trump au langage imagé, cru, voire outrancier. Un Trump dévoilant, pêle-mêle, ses ambitions, ses idées sur le monde et sa vision de la politique américaine, sans artifices ni retenue : « Moi, Donald Trump, l’un des hommes les plus riches de la terre, sur le point maintenant de devenir le gars le plus puissant… Obama n’a jamais eu le fric. […] Moi j’aurai les deux ! […] Mais l’Amérique, c’est pas mon but. Mon but, c’est le monde. Pourquoi s’arrêter aux frontières de l’Amérique ? Bien sûr que je dis que je vais construire un mur sur le long de cette putain de frontière mexicaine. Mais tout ça c’est des conneries. Pas abruti à ce point, moi. Je suis chrétien, bordel de Dieu, non ? Le pape avait foutrement raison quand il a dit que construire des murs, c’est pas chrétien… Au fond, il est exactement comme moi, il essaie juste d’engranger des votes. Je veux dire, ce gars-là a quand même bien un mur tout autour de son Vatican !… Sauf erreur. Bon, de toute façon, le pape et moi on est copains… Ben oui, c’est un type bien, je veux dire… Sa baraque est même plus grande que la mienne… […] Mais d’abord il me faut ces votes… Des paquets de votes. Qui dit votes dit pouvoir. Je veux dire, n’importe qui qui a lu Machiavel à la garderie sait très bien que le nom du jeu c’est le Pouvoir. […] Encore quelques Etats et c’est moi qu’ils vont nominer. Après on va se faire la peau de Barnyard Bernie ou de Halloween Hillary… On va les laminer en papier chiotte. Parfait pour m’essuyer le cul après avoir chié sur eux… Bon, à vrai dire, je les aime plutôt bien, ces deux-là. Je veux dire, prenons Hillary… Après tout ce qu’elle a morflé, celle-là… Car elle en a vu, du pays, comment ne pas l’aimer ? Bill qui enfilait n’importe quelle gonzesse… Le fiasco libyen… les e-mails. Et elle se tient toujours droite sur ses pattes ». La vérité sur Donald Trump, c’est aussi une présentation sans fard ni retenue de la vie politique américaine avec ses artifices, ses trahisons et sa cruauté. Un ouvrage au style peu conformiste, un récit où le politiquement correct a été botté en touche, un texte vivant, décapant, rythmé et empli d’humour, de cynisme et de causticité sur la vie d’un fils d’entrepreneur de New York qui n’avait et n’a qu’un seul rêve, devenir Président des Etats-Unis d’Amérique. Un regard drôle et inédit sur Donald Trump et les élections présidentielles américaines. Panem et circenses. Un vrai moment de bonheur, à découvrir absolument.

  • La transparence théologique d’une réalité implexe

    La transparence théologique d’une réalité implexe

    Ecrit par Didier Ayres, le 30 avril 2016, dans La une - Religions - Littérature

    1. Le sage aura soin de rechercher la sagesse de tous les anciens, et il fera son étude des prophètes.

    2. Il conservera dans son cœur les instructions des hommes célèbres, et il entrera en même temps dans les mystères des paraboles.

    3. Il tâchera de pénétrer dans le secret des proverbes et des sentences obscures, et se nourrira de ce qu’il y a de plus caché dans les paraboles.

    Ecclésiastique de Jésus, fils de Sirach, XXXIX

     

    Gagner l’intelligibilité d’une partie de l’œuvre de Raymond Lulle, est rendu possible par ce nouveau livre des éditions Arfuyen, dans une traduction de Jean-Claude Morera et Francesc Tous Prieto, en présentation bilingue catalan/français. Et pour moi qui connais mieux Eckhart ou les principes taoïstes, ce voyage latéral au milieu de l’œuvre de l’auteur que Francesc Tous Prieto présente comme un « converti enflammé par l’amour de Dieu », a été mouvementé, capiteux et presque violent. Car on y rencontre à la fois la dimension spirituelle d’un croyant et la présence presque systématique auprès de ce corps spirituel, du corps charnel. Donc, nous sommes sollicités, avec l’auteur catalan, à regarder avec force – oui, peut-être même avec une certaine violence apostolique – la coupure, ou plutôt la pliure, ce qui fait jonction de ces deux termes. Et cela dans la langue claire de celui qui fut troubadour avant de se livrer entier à la croyance en Jésus-Christ.

    Pour preuve de l’intérêt de cette possibilité qu’offre la langue de Lulle, et en faisant confiance dans les traducteurs de l’ouvrage, il faut pénétrer cette réalité implexe qui feuillette corps et âme, et voir avec quelle radicalité et force soudainement tout devient lumineux. Par exemple au sujet si complexe de la Trinité, un simple passage de Lulle en vient à bout en cinq lignes.

    Aimable fils, Dieu le Père engendre Dieu le Fils, et de Dieu le Père et de Dieu le fils procède Dieu le Saint Esprit, et tous trois sont un seul Dieu, qui est immobile, sans lieu ni quantité ni temps, car dans l’essence éternelle et infinie et dans l’œuvre qui est par toute son essence éternellement infinie, ne peuvent être ni temps ni quantité ni lieu ni mouvement.

    Ou encore, cette maxime morale qui pourrait être tirée du Livre de la Sagesse :

    Sois ferme en ton courage afin de n’avoir pas à te repentir ; sois mesuré dans tes mains pour ne pas être pauvre ; réfrène ta langue pour ne pas être repris ; écoute pour comprendre ; questionne pour savoir ; donne pour recevoir ; rends ce qui t’est confié afin d’être loyal.

    Et aussi – un peu dans le désordre – la qualité de la prière, véhicule parfois mystique de la foi en Dieu :

    Si tu es en colère, mon fils, n’en conçois nulle tristesse en ton cœur, ni non plus si tu as quelque souffrance, si tu veux être joyeux, rassuré, reposer ton âme, incontinent donne-toi à la prière, car la prière a une si grande vertu que tout homme souffrant, en colère, abandonné, honteux, elle l’honore, le console, le repose, le réjouit. Et sais-tu pourquoi ? Parce que la prière est l’intermédiaire entre l’homme et Dieu.

    Je parlais en supra de la coupure du corps spirituel, et son miroir intelligible dans l’âme, d’avec le corps charnel, qui reste notre seule habitation humaine ; eh bien cette coupure permet de voir s’exercer dans un langage très simple, parfois chantant ou parfois très mental, une terrible logique, implacable, qui suit l’enivrement de cette matière combustible qu’est l’amour de Dieu au milieu de questions primordiales de la religion catholique. Car cette œuvre mystique est écrite dans l’Espagne des reconquêtes chrétiennes et Lulle arme l’intelligence pour débusquer le vrai Dieu.

    Il ne faudrait pas non plus oublier au milieu de ces simples lignes que je rédige au fil de ma lecture, la belle invention du rapports de deux termes : l’Aimé et l’ami. J’y ai reconnu la dialectique du Je et du Tu chez Martin Buber, philosophe de la question de l’identité ontologique, en résumant brutalement.

    Dialectique de Job, peut-être une œuvre qui s’écrit au commencement de l’implantation du franciscanisme en Europe, ou encore textes qui accompagnent la lecture historique de Paul ou de Jean, ou qui pourrait être une littérature proche de l’Antoine de Padoue qui christianise l’Afrique ? Nous sommes dans cette réalité historique complexe. Mais cette connaissance théologique à laquelle il faut se référer, permet et autorise l’alliance du corps incarné et désincarné. Peut-être, cette œuvre peut-elle servir une mystique moderne, dans une modernité débarrassée de ses préjugés matérialistes, et propre à faire sienne la force éthérée de la foi ? Si tel est le but poursuivi par Lulle, les sept siècles qui nous séparent de lui n’ont rien ôté de la clarté de ses paroles.

  • Si vous le dites : la roue de la fortune

    Si vous le dites : la roue de la fortune

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 30 avril 2016, dans La une - Linguistique

    Non, il ne s’agit pas de l’émission qu’anima Christophe Dechavanne de 1987 à 1997. La dea fortuna était une puissante divinité romaine. Son étymologie le révèle : fors, celle qui vient, celle qui porte (de ferre, porter). La Bona fortuna globalement est favorable, on la représente classiquement avec une corne d’abondance, apportant prospérité et richesses. Mais, vers la fin de la république, elle se fond avec Tyché, la redoutable déesse grecque du destin. Tyché, « celle qui, de loin, fait mouche », celle qui frappe à coup sûr. Tyché se confond également avec les parques, notamment avec Lachesis, qui tient sur ses genoux le sort de chacun.

    Fortune est versatile. « Nihil enim est tam contrarium rationi et constantia quam fortuna », dit Cicéron (De divinatione, II, 7), « Rien n’est plus contraire à la raison et à la constance que la fortune ». Plus tard, les auteurs chrétiens pourfendent évidemment Fortuna, lui substituant la providence divine ; mais la piété populaire lui reste fidèle. Il va donc falloir la discréditer sans l’éliminer complètement. Boèce, dans sa Consolation de la philosophie (VIème siècle) compare, le premier, la fortune à une roue, la faisant parler ainsi : « tel est notre pouvoir, ce jeu ininterrompu que nous jouons. Nous tournons la roue cycliquement, en nous réjouissant : tantôt vers le haut, tantôt vers le bas » (De consolatione philosophiae, livre II, 2.22).

    Le thème fera florès tout au long du moyen-âge et de la renaissance, voire après. L’image que j’ai choisie provient du Liber de sapiente de Charles de Bovelle, paru en 1509. Fortune est assise sur une sphère (sedes fortunae rotunda), elle-même posée sur un plan oblique, symbole de la perpétuelle alternance de l’ascension et de la chute de l’homme dans le monde où nous vivons. A l’opposé, se trouve, juchée sur un cube inébranlable (sedes virtutis quadrata) Sapiente, la science, qui se regarde dans un miroir : elle se connaît/reconnaît. Sur les côtés, dans deux médaillons, deux personnages commentent :

    – à gauche, Insipiens, l’ignorant : « c’est nous, ô Fortune, qui faisons de toi une déesse et t’élevons vers le ciel ».

    – à droite, Sapiens, le savant : « fais confiance à la vertu, la fortune est fugace comme les vagues de la mer ».

    Parfois, Fortuna tourne la roue dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Chrétien de Troyes fait dire à son héros, le chevalier de la Charrette, s’adressant à la fortune : « tu m’as bistorné ».

  • Soleil pluie, intempéries ou estivalies

    Soleil pluie, intempéries ou estivalies

    Ecrit par Gérard Leyzieux, le 30 avril 2016, dans La une - Ecrits

    Ton regard ne va pas au-delà de ce qu’il voit

    En toutes directions des images te noient

    Dans le spectacle quotidien de ta vision

    Tu traverses des espaces acclimatés à ton œil

    Chaleur du jour où tu fus nu sous ta solitude

    Et pluie tu t’abritas du vent océanique

    Avant de partager ce sentiment de ta réalité

    Plaine bordée de haies de peupliers

    La scène est encadrée de ses limites

    Qui te projettera dans la main du jardinier ?

    Quand ne borneras-tu plus ta conjugaison au présent ?

    Où donneras-tu tout son volume à tes univers ?

    Éteins la lumière du monde

    Et écarte cette géographie de cantiques

    Chantés à la croisée des voies

    Pour voyager dans ta conscience quantique

    Soleil, pluie, intempéries ou estivalies

    Tu n’es plus seul en toi

    Tu ne te noies plus en toi

    Tu vois désormais les vides que tu emplis de tes vies

  • … S’il neige à La Chapelle…

    … S’il neige à La Chapelle…

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 30 avril 2016, dans Ecrits - La une - Littérature

    « j’ai le sentiment qu’à l’avenir, où que je puisse être au monde, je me demanderai toujours s’il pleut à Ngong… » Lettre de Karen Blixen à sa mère, 26 Février 1919.

     

    Elle vivait dans cette « ferme en Afrique, au pied des collines du Ngong » depuis quelques années ; elle n’y restera, bon an, et souvent mal an, que peu de temps – 14 ans en tout – dans sa longue existence. Mais c’était un temps d’Afrique, autant dire, bien autre chose…

    On sait qu’elle n’y fit aucune fortune, mais franche faillite, qu’elle fut contrainte de quitter ce ciel et ce sol, ainsi que les « natives » qui vécurent avec elle, et que les images, et leur musique – parfaite adéquation avec les pages écrites ; c’est si rare – de la pelouse jonchée de sa curieuse brocante à vendre à l’encan, filmées par Sydney Pollack, le génie de Out of Africa, ne quitteront jamais nos mémoires…

    C’est au Danemark, gris-blanc, humide et brumeux à souhait – un anti Kenya – qu’elle écrira La ferme africaine, et récoltera de fait la seule vraie moisson de sa vie : son œuvre littéraire.

    Rien ne me touche plus que la Blixen d'Afrique, car rien ne me parle autant que cette nostalgie des choses passées, qui ne veulent pas mourir en nous. Elle a – et sait l’écrire – cet épiderme qui vibre si longtemps après, comme corde de violoncelle, ressent par chaque pore l’exactitude de l’instant qui n’existe plus. Une curieuse mémoire, qui engrange et restitue cette image, ce son, cette odeur ; les voix et chaque bruit infime du bush. Un don, qui coulerait en souffrance, la blessure qui n’en finirait pas de suinter. Et, pourtant, dans le même élan, ce bonheur unique de palper nos vies – au-delà des départs, des tournants de l'existence, comme on dit – de les garder avec soi ; intactes. Du moins, aime-t-on à le penser, car les neurosciences que Blixen n’a pas connues, nous diraient, à elle comme à nous, que le souvenir et la mémoire, ce sont pour toujours deux mondes différents…

    Nostalgie, frôlant parfois la mélancolie, d’un temps qu’on a perdu, mais d’abord des lieux. Blixen, c’est le lieu, cette Afrique de l’Est, ses hauts plateaux, qui, pour la plupart des Européens, ne correspondent que peu à l’image banalisée d’une Afrique Noire constamment brûlée : « en milieu de journée, on avait la sensation d’être tout près du soleil, cependant, les après-midi et les soirées étaient claires et fraîches, et les nuits froides ». Partir là-bas, sans étole de laine, est juste impensable. Après, viennent, pour elle, les bêtes, dont ces grands fauves-seigneurs et les gens, mélangés ; les colons, dont Denys Finch Hatton bien sûr, et surtout les indigènes, « ses » Kikuyus, et l’ombre portée sur la plaine, des sauts, tremblant dans la fournaise de midi, des Masaï.

  • Eclats d’humeur  La folie danse

    Eclats d’humeur La folie danse

    Ecrit par Emmanuelle Ménard, le 30 avril 2016, dans La une - Ecrits

    Sur le perron

    la folie danse

    comme un soleil tourneur

    avec des pas d’enfance

     

    Tu regardes les ombres

    clouées autour de toi

    le vague chemin de croix

    que tu voudrais finir

     

    Mais le rêve a tout pris

    vidé tes longs vaisseaux

    où la vie passagère

    flottait comme un radeau

     

    Tu fixes de ton doigt

    quelques bouts du passé

    où le miroir brisé

    a fait saigner les yeux

  • Est-ce un « nous » ? Ou est-ce un « eux » ?

    Est-ce un « nous » ? Ou est-ce un « eux » ?

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 23 avril 2016, dans France - La une - Politique - Actualité

    Lors de la soirée « live » de Mediapart, du 14 avril dernier, consacrée à Nuit Debout, Edwy Plenel, tout à fait à la fin, citant Aimé Césaire, s’exclamait avec son habituel lyrisme : « l’heure du nous-même a sonné ! » ; puis, reprenant le titre de son dernier livre « Dire nous », il ajoutait parlant au nom de son journal : « nous épouserons le rythme du nous ». Le « nous », cet astre nocturne se levant sur le grand soir – tant désiré mais jamais advenu – du capitalisme, que le directeur de Mediapart appelle de ses vœux…

    C’est vrai, il y a du « nous » Place de la république. Les gens discutent, des inconnus se tutoient sans se connaître ; on discute, on mange, on drague… un authentique espace de libre expression, qui me fait penser à ce que fut l’émission Droit de réponse, dans les années 80. Nuit Debout, en effet, lui ressemble jusque dans ses excès. Ainsi un « adversaire », comme Alain Finkielkraut, ne put prendre la parole et fut chassé sous les huées et les insultes. Bref, une agora, un « laboratoire populaire » ou une « séance de catharsis », comme le dit fort justement Libération.

    Les idées fusent, se bousculent, inattendues, souvent saugrenues : tirage au sort des représentants locaux ou nationaux (la représentation, si représentation il doit y avoir, ne peut résulter que du hasard) ; salaire « inconditionnel, inaliénable et universel » de la naissance à la mort – il faut avoir le droit « de travailler ou de ne pas travailler » ; prix libres dans l’alimentation, chacun donnant « ce qu’il veut, en fonction de ses moyens et de la valeur qu’il donne à la nourriture qui lui est proposée ». On croirait presque entendre du Ferdinand-Lop, ce journaliste/humoriste qui préconisait l’extinction de la pauvreté à partir de dix heures du soir…

    Alors serait-ce donc vrai ? Du vrai nous ? Du nous spontané, inorganisé, fantasque, certes, mais du nous véritable, exprimant directement ce que veut le peuple ?

    Pas tout à fait. Un incident, qui s’est produit au cours de la soirée de Mediapart, en dit long sur ce point. Une jeune et sympathique ex-« indegnada » de la Puerta del sol, Luna Gàmez, avait été invitée, pour faire le lien entre les évènements actuels et ce qui s’était passé à Madrid, en 2011. A la question, précisément, de savoir « quelle est la différence entre les deux mouvements ? », elle répondit ingénument : « ici, ç’a été préparé ; en Espagne, ç’a été improvisé ». Un ange passa, une grimace se dessina sur le visage de Plenel : de tout évidence, Luna avait gaffé, elle avait lâché le morceau et dit ce qu’il ne fallait pas dire…

    Non ! Cette Nuit Debout n’est en rien improvisée. Des « parrains », elle en a, des parrains à la sicilienne, des parrains quasi « corléonesques ». Ce sont les « eux ».

  • Un nuit-debout, quoi-qu’est-ce ?? Dit le petit, si je le savais… dit la mère...

    Un nuit-debout, quoi-qu’est-ce ?? Dit le petit, si je le savais… dit la mère...

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 23 avril 2016, dans France - La une - Politique - Actualité

    Bien sûr, la mère pourrait tout de go répondre : c’en est un qui ne dort pas ; un noctambule errant, plutôt dans les cœurs de villes. Et le petit d’imaginer un type un peu bourré sortant d’un bar-techno, la canette à la main.

     Et déjà, pas ça ; pas que.

    Alors, quoi-qu’est-ce ? continue le gosse. Un gamin, ça veut savoir ; ça débusque les approximations, et – pauvre bonne mère ! – la nuit pourrait être longue…

    Des jeunes en partance pour le rituel printanier (le plus souvent) cher à leur classe d’âge, un peu rite initiatique d’entrée chez les adultes ? La révolte type-16-22, démarrant juste à l’entrée de la Seconde des lycées, et finissant en Fac, juste avant les examens ou concours sérieux. Le grand boucan qu’on fait, comme d’autres artistes « font le Zénith »… – et après, vous entamez une tournée en province ? Oui, et on pense (peut-être) à une saison à l’étranger. Moue approbative du journaliste du 20h… Un peu, mais vraiment, pas que ça, convient la mère – tout sauf le genre vieille réac anti-jeune.

    Des gens à pancartes politiques exclusivement façon basique ? férocement anti-Hollande et les siens, mixte savoureux de vieux (déjà, oui) fond de Podemos-période Indignés, chauffant la Place d’Espagne, de cris des Syriza grecs d’avant le fameux été de la veste habilement tournée du beau Tsipras, plus quelques ingrédients chopés ici ou là en vieille ou plus jeune Europe – leur nom de petite guerre échappant à la mère, tout autant qu’à moi même.

    De sympathiques campements, donc – jeans effrangés, catogans noués, casquettes et – mais si – vieilles dentelles dépassant des vestes plutôt martiales – qu’on a croisés, qu’on croise et croisera, tant dans les champs de Notre-Dame des Landes, qu’au bord de lacs menacés du Sud-Ouest, et sans doute en vue d’une centrale nucléaire dont le sort, menacé en 2012, se ragaillardit au fur et à mesure de l’avancée du quinquennat. – Des manifestants, dit le petit ? – A coup sûr, dit la mère. Dubitativement, quand même, car le fait de manifester n’a jamais fabriqué un cortège cohérent de manifestants. C’est comme ça, que des tenants du « Hollande, dégage » d’un Printemps Français, qui n’a toujours pas eu lieu (forte revendication, du coup), se sont invités à la bonne franquette et à la fraîche, à la fête de la République. Auréolés de leurs diverses croyances gueulées : Vive le Front National ! À quand notre Marine ? Et au gnouf, Hollande (c’est pas celui qu’avait violé des p’tits gars ? Ah ! On croyait)…

    – Quoi qu’on lit sur leurs pancartes ? insiste le futur citoyen, en s’agrippant à un vieux doudou qui n’en est pas à sa première manif. – Eh biennn… soupire la mère, c’est vaste et différent : ils parlent du boulot qu’ils ont peur de ne pas avoir – mais ils font les études ! Oui, mais plus tard. De la Loi Travail qu’ils ne veulent pas – Pourquoi ? – c’est compliqué ; ça dépend des pancartes. Du logement trop cher, et trop rare ; des Droits particuliers, aux étudiants, aux jeunes qu’ils voudraient obtenir. La larme à l’œil, le minot s’émeut : – on ne discute pas avec eux !! C’est pas ça qu’on appelle une dictature ? – Pas quand même ! Ceux qui dirigent et font les lois, ont mis en place pas mal de droits (on dit qu’il y en a rarement eu autant, dans les décennies précédentes), mais les jeunes sont pressés – ils regarderont tout ça à la fin des Nuits debout.

  • Eclats d’humeur - La lanterne magique

    Eclats d’humeur - La lanterne magique

    Ecrit par Emmanuelle Ménard, le 23 avril 2016, dans La une - Ecrits

    Des chansons dans les bières

    des bulles, des ronds, des ballons de lumière

     

    des ciels hérissés par des vagues

    aux larmes grosses comme Jupiter

     

    des bancs de sable qui s’attardent

    en attendant sel et semence

     

    le vent un peu fou de l’enfance

    ouvrant les fenêtres de l’âme

     

    une rosée d’étoiles à minuit

    pour cirer l’œil du macadam

     

    la pulpe chaude d’un soleil

    qu’on voudrait presser plus souvent

     

    l’amour lâché haut dans le ciel

    qu’on regarde avec des jumelles

  • KI-C-KI

    KI-C-KI

    Ecrit par Gilberte Benayoun, le 23 avril 2016, dans La une - KI-C-KI

    Encore un peu de poésie avec ces extraits choisis, d’une œuvre à la fois poétique, érotique, épistolaire… d’un auteur français du 20ème siècle qui fut tellement et en même temps le poète, l’écrivain, et l’artiste… que tout le monde connaît…

     

    Extraits :

    « Cette nuit encore, mon cher trésor, sachant que j’allais vous revoir aujourd’hui, je n’ai pu fermer l’œil. Je n’ai pas profité de la permission que vous m’aviez donnée l’autre jour parce que toute ma chair me paraissait insipide après avoir eu l’avant-goût de la vôtre et aussi pour les raisons que je vous dirai.

    En pensant à vous, sinon sans espoir du moins avec un espoir si précaire et tout de circonstances, je me sens si malheureux… […] Dans le cas où vous auriez oublié la promesse que vous m’avez faite d’une mèche de vos cheveux, je vous la rappelle ici.

    Je n’ai cessé de baiser ces précieuses démêlures que j’ai gardées avec moi même la nuit.

    C’était là quelque chose de vous et quelque chose d’infiniment sacré et plus digne encore, si haut je la place, que la chevelure de Bérénice d’être mise au rang des constellations.

    Je baise vos mains chéries, ma chérie, et suis pour toujours votre serviteur ».

    (…)

    « […] Chérie, aujourd’hui, grande sensualité – te désire beaucoup, beaucoup, très, très excité – Ai regardé longtemps la petite photo où t’es dans l’herbe, visage tourné à gauche de profil, un beau bras nu jusqu’au coude et un air de jouir, de jouir – Tu es ravissante dans ce petit tableau exquis et je voudrais bien t’avoir, nue, ton joli derrière bien en l’air, bien obéissante… Je t’adore mon petit chéri. – Il y a maintenant dans notre forêt beaucoup de douleurs et aussi des maux d’yeux. – Les hommes pensent beaucoup à leurs femmes et j’entends beaucoup parler de faire menotte…

  • Saisons…

    Saisons…

    Ecrit par Robert Martin, le 23 avril 2016, dans La une - Ecrits

    « Hiver

    Je regarde ces flocons de neige

    Qui relient le ciel à la terre

    La nature se recroqueville

    Comme l’escargot dans sa coquille

    Ta présence se découpe

    Sur fond de décembre

     

    Aujourd’hui le temps pèse des tonnes

    C’est l’hiver »

     

    « Eté

    L’été a largué les amarres

    Les fenêtres sont grandes ouvertes

    Pour libérer le temps

     

    Les heures chaudes partent en voyage

    Quittent leurs habitudes

    Et mettent à distance leurs routines

  • Écrire dans Reflets du Temps

    Écrire dans Reflets du Temps

    Ecrit par La Rédaction, le 23 avril 2016, dans La une

    En nous lisant, vous êtes probablement nombreux à vous murmurer, avant de dormir : « et pourquoi, moi, je n’écrirais pas dans RDT ? »

    Le faire, c’est simple comme 2 clics : écrire un texte sur : actualité, international, société, économique, histoire, philosophie, religion ; mais aussi création : mini nouvelle, critique de livre ou de film, musique, retour d’expo, ou de voyage ; recette exceptionnelle, choix unique de grands vins… J’en oublie, bien sûr, puisque dans RDT, on peut s’exprimer sur tout, sauf manquements à la charte ! – et, ça, c’est du rare !

    Votre texte sera au format de ceux que publie RDT : des chroniques ; des écritures courtes ; nous ne sommes pas dans le feuilleton (allez voir directement sur le site). Format Word, s’il vous plaît, en Verdana 12, si possible. Vous l’aurez signé.

     

    L’envoyer au comité de lecture à ces 3 adresses :

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    Facile ? On vous attend !

    RDT est un magazine interactif : non seulement on lit, mais on commente, et le débat s’enrichit par bonds, de lecteur en lecteur. Mais, notre charte a posé des bornes ; on est dans du collectif, avec des règles. 4 commentaires au plus pour chaque commentateur ; illimité pour l’auteur du texte. Le respect de l’espace d’écriture, pas moins, pas plus !

    Écrire son commentaire dans l’espace de saisie – 3 minutes, le temps d’un bon œuf à la coque, quand même ! – est (dit-on, ça et là) générateur de stress ! Pourquoi ne pas écrire tranquillement son petit « moi, je pense que… » sur son logiciel de traitement de texte, puis, par copié/collé, le parachuter sur l’espace de saisie du mag… Ça évite souvent de le perdre en cours d’enregistrement !

    Les commentaires à RDT bénéficient du regard acéré d’une modération ; les injures, mises en cause, et autres calomnies ne sont pas au menu ; charte du magazine oblige. Quand vous aurez saisi votre texte-commentaire qui sera de longueur raisonnable, vous verrez apparaître le délicat message en anglais qui le place en attente de la modération. Les commentaires sont validés, ou non, une fois par jour, le soir.

     

    Bienvenue donc, sur Reflets du temps ; bienvenue chez nous, bienvenue chez vous.

     

    Pour la rédaction de RDT, Martine L Petauton, rédactrice en chef.

  • LE TOUT BON DES REFLETS - L'entrée dans les temps chauds par la pissaladière

    LE TOUT BON DES REFLETS - L'entrée dans les temps chauds par la pissaladière

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 23 avril 2016, dans La une - Gastronomie

    Son nom, chantant, peut-être ; son allure colorée, sans doute, assurément, son odeur ; fermez les yeux, vous êtes à Nice, au pays de la Pissaladière...

     Les gens du « petit »,  dont beaucoup d'émigrés italiens, ont, dans un temps déjà lointain, accommodé la simplicité goûteuse de cette pâte à pain, étendue à la main, garnie des oignons d'ici, et parsemée de ces olives violettes des hauteurs, petit gabarit si fort en senteurs.

    La Pissaladière, est la facilité même pour celui qui la cuisine :

     

    Il vous faut : une pâte à pain, donc à pizza-la-voisine, étalée grossièrement. Un petit pot de confit d'artichauts ( parfaitement facultatif, mais...) dont on tartinera le fond.  1 bon demi kilo d'oignons – moi, je mélange, quelques blancs qui fondent vite et sont presque sucrés, 2 ou 3 violets de l'Aveyron, 1 ou 2 bruns plus ordinaires. Les émincer, et... pleurer, c'est le côté amer de la farce ( faîtes le tout sous le filet d’eau froide du robinet).

      On les fera suer un 1/4 d'heure dans une cuillerée d'huile d'olives ; saler modérément. Ils seront – obligatoirement – saupoudrés de sucre en poudre. Cet appareil sera étalé sur la pâte. En croisillons, des anchois, entre ceux-ci, les olives noiraudes. Des peluches de thym, ou d'autres herbes de la garrigue, selon saison, couronneront votre œuvre. 40 mn au four.

     

    Dégustation : tiède ou froide. Un vin – rosé du Var, s'impose

     

    Bon appétit, messieurs et mesdames aussi !