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  • VACANCES... et le foudroiement du 14 Juillet de Nice...

    VACANCES... et le foudroiement du 14 Juillet de Nice...

    Ecrit par La Rédaction, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    On y était donc ! Après cette fin de printemps plus que pourri un peu partout ; après cette année 15/16 de terreur et d'angoisse,  un «  vive les vacances » de fin de classes de gamins, cette année s'imposait vraiment. Quand, ce 14 Juillet, sur le front de mer  de Nice, le camion fou trancha 84 vies et mit entre parenthèse, 18 autres. Quand Daesh et les siens décidèrent  qu'en Europe et notamment en France, le mot vacances, v comme vie, serait rappelé à leur ordre... Le temps n'est évidemment pas venu d'oublier que nous vivons en état d'urgence. Notre quotidien – chacun à sa place - doit avancer en vigilance, et  le mot « vacances » n'a plus, n'aura plus jamais le même sens...

    … Vacances, c'était partir, en partance, loin ou au bout de la rue, en villégiature ou dans sa tête. C'était, rester, pour se reposer – le chez soi des vacances, c'est encore autre chose, pour repenser sa vie, seul ou en ouvrant sa porte à des copains qui passent, des familiers perdus de vue, des inconnus eux aussi en stand bye. Vaquer, enfin ( c'est ce que vous expliquera Maître Vincent), c'est bien autant un état d'esprit que le prix d'un billet de transport...

    Reflets a cette année, choisi ce beau mot de vacances, pour sa « une » d'été. Comme toujours, le décliné a privilégié l'ordre alphabétique des titres : 13 textes différents, inspirés, aux parfums de l'imaginaire, des souvenirs, de la réflexion, des voyages. 13, pour vous porter bonheur, et vous faire patienter jusqu'au mitan d'Août ( le 20 ) où la joie de vous retrouver sera de retour.

     

    Bonne parenthèse des vacances pour chacun d'entre vous. Quand même. une façon de rester debout par ces heures d'horreur !

  • Allégories

    Allégories

    Ecrit par Yasmina Mahdi, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    à propos de Sally Mann (née en 1951 à Lexington en Virginie), qui a étudié la photographie à la Praestegaard Film School, et a reçu de nombreux prix et distinctions dont le Photographe de l’année en 1995, l’Honorary Fellowschip of the Royal photographic Society en 2012. Œuvres au MOMA, au Musée d’Art Moderne de San Francisco, au Musée de l’Université de Harvard à Cambridge, au Tokyo Metropolitan Art Museum, etc. [Sources in Katalog, déc. 1995, Danemark ; Sally Mann, Luc Sante]

     

    « L’endroit était d’un charme féerique. Dans l’ombre mystérieuse des pins se dressait une tente de toile rayée de bandes vertes, haute et large, on y circulait à l’aise autour d’une table nappée de blanc. (…) La gaieté monta, la vie se fit plus belle ; (…) Le ciel se couvrait. Ourlées de blanc, des vagues roulaient, mauvaises, et les plages étaient désertées des enfants. (…) Dans les mornes, les bouquets de palmiers verdoyants cachaient toujours des cases solitaires. De grands rapaces tournaient dans le ciel vide ».

    Les étoiles du Sud, Julien Green

     

    L’allégorie est bien autre chose que cette figure paraît dire. La photographie, comme art de fixer l’image grâce à la lumière, à l’œil et à un dispositif mécanique, en serait d’emblée le parangon. De ce fait, me semble-t-il, l’allégorie traverse en grande partie l’œuvre photographique de Sally Mann, discours métaphorique présenté au sens propre sous la forme de tableaux illustrant des paraboles de la famille, au sens biblique du terme, incluant une certaine mystique accompagnée d’une trajectoire de vie – ici, la fable de la famille Mann et de ceux qui gravitent autour de ce foyer. Ce qui se passe là, devant elle, l’artiste le cadre dans l’instant qui suit. Et je vois en particulier derrière son objectif le récit emblématique de la saison estivale, les fragments d’instants de vacances en famille, petites cérémonies du quotidien échelonnées entre 1985 et 1994. Emmet, Jessie et Virginia deviennent les sujets/modèles de ses prises de vues. En effet, ses propres enfants, tantôt complices, tantôt surpris, forment le corps idéal d’un spectacle conçu et saisi par leur mère. Voici ce que quelques-uns de ces clichés m’ont inspirée :

    De la moiteur torride de la Virginie émanent des scènes de repos quand les adultes s’assoupissent sous l’auvent de la véranda de bois, s’abritant de la lumière aveuglante pour se réfugier à l’ombre. Le noir profond et le blanc éclatant accentuent cette sensation de chaleur excessive, comme si un soleil noir était descendu sur terre. L’astre voilé d’une éclipse. Les luisances se distinguent par le velouté brillant des gris, les gouttelettes de sueur sur la peau. Un châle à franges, des dentelles, une moustiquaire, un drap et des maillots de bain se balancent dans la lumière en contre-jour. Les enfants se drapent, se dévoilent, entourés d’étoffes légères ou se déshabillent, au seuil de cet enchantement mystérieux de l’adolescence. L’été autorise tout : la nudité, les parures florales, l’alanguissement durant de longues heures. Oui, ce sont les vacances, l’espace vide et serein du repos, de la jouissance. Et jouissance il y a, à travers ces jeunes personnes sveltes posant de manière un peu suggestive, provocante. Derrière un rideau de feuillage, Jessie, à 12 ans, arbore, telle Vénus, une magnifique chevelure blonde – grise argentée sur l’image –, et tout de suite après s’en dépouille, apparaissant brune, androgyne, les cheveux coupés court. Plus jeune, elle apparaît tantôt comme un lutin aux oreilles légèrement décollées, ensuite maquillée comme Madonna ; érotisée par le noir aux yeux, aux lèvres, le faux grain de beauté et de fines bretelles aux épaules. Les jeunes filles dansent, tournent, acrobates, rêvent aussi, souvent près de coupes de fruits – rappel des natures mortes du Caravage, des memento mori.

    Les reflets multiples contrastent avec les ombres portées violentes, fondant les personnages d’arrière-plan dans le flou des ténèbres. Tout est signe de vacances : les tables disposées dehors, le mobilier de jardin, les nombreux lits et sofas à l’intérieur et à l’extérieur, tonnelle et pergola, balancelle, rideaux de mousseline et draps aériens de cette vaste ferme. Le cliché le plus emblématique, à mon sens, de ce temps vide, vacant, se lit dans Picnic, daté de 1992. Trois fillettes installées sur l’herbe, l’une en premier plan, de dos, un verre de dînette en main, berçant sa poupée, les pieds dans des socquettes blanches et des sandales ouvertes, assistent, surprises et captives, à l’éclosion d’un feu ; l’une d’elles en a un mouvement de recul. Je pense aux embrasements soudains chez Tarkovski, quand les éléments – incendie ou foudre – menacent l’homme, puis l’apaisent avec l’arrivée de la pluie. Une ambiance identique de mélange de peur et de grande tranquillité émane de cette scène champêtre, ce déjeuner sur l’herbe. Tout n’est donc que fugacité ; la puissance d’un instant, d’un événement peut tout faire basculer dans l’horreur, l’irrémédiable, l’accident, la mort. Ainsi, quelques chutes de feuilles sur le parquet de la véranda présagent de l’orage et de l’éphémère de toute condition. Les vacances, propices à l’évasion avec les premiers émois, la première cigarette, le maquillage et les déguisements, la découverte de la sexualité, bref, la grande permissivité, cachent aussi des dangers ; les risques de noyade, de chutes. Ce trouble agite l’univers de Sally Mann, comme l’ambiguïté de l’amour maternel à l’affût des émotions de ses enfants, devant la beauté de leur perfection corporelle, devant le (chaste) baiser et la caresse paternelle à la jeune fille aux seins naissants.

  • Apesanteur

    Apesanteur

    Ecrit par Didier Ayres, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    J’ai dormi avec l’après-midi au milieu de nos poitrines

    et j’ai regardé les cavaliers qui se jettent sur juillet

    parmi des églantiers de cristal et les torrents noirs

    pour oublier la durée et son épée argentique

    – une personne couronnée de rameaux de vitre –

    là encore vers des ponts de craie le ciel cobalt

    dans la nuit vivace et calme et morbide

    il ne reste que la rose des heures

    brûlant comme une fête nuitamment

    les douze épîtres de la nuit

    – ruisseaux ensanglantés et turbides –

    les pommiers sauvages

    juillet maison de feu chambre miroir

    cherchant la ténèbre et le théâtre des feuilles

    centaures du temps buvant à la mort

    – je marche dans les fougères hautes et électriques –

    où dorment des noctuelles livides

    – le chemin vitreux des halliers –

  • Batik pour toujours

    Batik pour toujours

    Ecrit par Lilou, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    « Semarang, le 10 juillet 1937, mon très cher père,

    Ne restez pas dans l’inquiétude de vous demander pourquoi mon écriture hésite à ce point-là. Blessée dans un avion tombé du ciel, je ne puis pour le moment me servir de mes mains. Aussi, sœur Florence, une des Ursulines du couvent de Batavia et présente dans la région depuis 3 ans avec de l’école et des soins, me prête les siennes pour que je vous écrive de mon Semarang de si douce souffrance. Figurez-vous que Rimbaud y traîna aussi ses guêtres d’aventurier et de déserteur caché dans ses larges avenues ponctuées de Girofliers en fleurs avant de reprendre la mer dans les derniers jours de juillet 1876. J’aime ce Rimbaud de Java même si ses traces voyagent davantage en mon esprit que sur la mémoire de cette ville portuaire, coupée en deux par tout ce qu’elle aurait pu vivre si la mer n’y avait pas élu domicile.

    Vous l’avez compris, je vis en ce moment la moitié de moi dans ce qui est et l’autre moitié dans ce qui n’est pas. Il y a encore quelques semaines, nous devisions joyeusement dans une géographie triangulaire et picaresque et étions heureux de tous ces horizons colorés bruissant de vie. L’avion, un Breguet XIV de 1928, biplan robuste comme un chêne vert et acheté de récent à un Anglais de Singapour, nous promenait gaiement pour ces semaines de relâche durement acquises. À m’en ouvrir à vous, je ris encore à songer de nouveau au vent chaud plaquant vers l’arrière ma chevelure bienheureuse et me faisant ressembler à ces fruits serpent que l’on ne trouve qu’en ces terres fertiles des Indes Orientales. Nous réalisions le périple sacré et triangulaire le long de cette géométrie des plaisirs tracée par les segments reliant Semarang, Pekalongan et Borobudur. Ce sont là des lieux merveilleux pour des promenades uniques. Semarang, la ville qui touche de son port la mer de Java où paraît-il l’homme y marche depuis homo erectus et ses 300.000 ans. Pekalongan et ses tissus qui parlent comme seul le Batik peut le faire. Et enfin Borobudur et son sanctuaire bouddhiste millénaire oublié 9 siècles, et respirant de nouveau la dynastie Sailendra depuis qu’en 1814, le gouverneur général de l’île mit le feu à la forêt pour en retrouver le fil de l’histoire encore accroché à ses moignons de murailles. Ne croyez-vous pas mon très cher père que Semarang, Pekalongan et Borobudur glissent sur l’esprit comme le vent sur les ailes du paradis ?

    Dans le détour d’un nuage clair et au-dessus de rizières gorgées de paysans apeurés, quelque chose s’est emballé dans la machine. Je ne puis vous dire quoi, mais je puis vous affirmer ici que cette chose m’a entamée jusqu’au cœur. L’avion de toile s’est écrasé, presque doucement, dans un champ de roseaux sauvages. Mon si bel ami est mort peu après dans mes bras me murmurant calmement que voyant des gens agiter les bras sur la colline, il avait préféré tenter le diable au creux de l’autre flanc. Et le diable l’a cueilli comme un fruit trop mûr. Ces braves gens m’ont ensuite amenée à dos de buffle au premier dispensaire de la région. C’est ainsi que je suis arrivée à la mission jusque dans les bras accueillants d’une aussi tendre qu’improbable Ursuline belge venue jusqu’ici porter la parole de Sainte Angèle.

  • Balade au fil de l'eau

    Balade au fil de l'eau

    Ecrit par Christelle Angano, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Mais qui sont tous ces gens qui marchent dans l’eau

    Visages rayonnants, éprouvant la nature,

    Se laissant envelopper par ses vagues caressantes

    Se laissant caresser par une onde enveloppante

    Grandeur des paysages, mousse de l’écume

    Le sel sur leur peau, ils désertent le bitume

    Embrasser l’infini  fait de gris azuré

    Regarder, avancer, s’éblouir, respirer.

    Retrouver dans la mer qui l’on était, enfant

    Jouer dans l’azur, plonger, s’étourdir

    Sauter, s’ébrouer, retrouver ce sourire

    Qui réside en chacun, petit Peter Pan.

    Amoureux des embruns, d’une étoile et du vent

    L’appel de l’océan et l’âme de fond

    Ils sont la nature

    En pleine communion

    Caresse d’arc en ciel,

  • Départ vers la mer du nord

    Départ vers la mer du nord

    Ecrit par Pierrette Epsztein, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Un peignoir vert d’eau dégouline sur un séchoir

    Comme une vieille peau vidée de son propriétaire

    Une femme coquillage jaune accrochée sur un mur

    Cligne de l’œil dans le noir

    Un ciel incendie

    Un panorama

    Un Sacré-Cœur

    Une gare de l’Est

    La chaleur d’un repas

    Un paquet cadeau vert.

    Un matin de juin

    Une femme aux genoux d’un homme

    Qui lui caresse ses cheveux bouclés

    Un bol rempli de thé qui fume

    Du sucre édulcoré

    Une théière chat en faïence blanc cassé

    Des assiettes larges et plates

    Un air de guitare électrique

    Des verres à pied gris torsadés

    Rangés très haut dans un placard blanc

    Dans une cuisine

    Des lettres soigneusement classées dans un dossier

    Deux dates, une photo couleur

    Un vase blanc posé au sol

    Il a quitté le centre de la table d’un salon

    Il est caché près d’une cravate verte

    Une plante imposante étale ses feuilles à la place

    Des bols fleuris venus d’ailleurs

    Une cassette de chants orthodoxes

  • Et ce fut la fin des vacances…

    Et ce fut la fin des vacances…

    Ecrit par Martine L. Petauton, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Que seraient les vacances, sans leur prometteuse arrivée à l’orée de l’été, et – pour moi, davantage – sans leur fin, annoncée avec des frissons d’opéra dramatique... une chronique en soi, la preuve.

    On pourrait dire aussi la fin de la journée, du travail, et de l’année scolaire, de même la fin de l’amour à 15 ans et que dire du bonheur, donc de la vie, et – oui – de nous, pauvres créatures destinées à finir. Tout a une fin dans les bonnes choses, dit-on. Et les goûter tient forcément de cette ligne qui, un jour barre l’horizon. Fugacité du bonheur tremblé dans la fin des vacances ; cœur de la philosophie ; sujet : la finitude ?

    En France, pendant longtemps, souvenez-vous, le temps des grandes vacances se posait – impeccable comme un hélicoptère – sur l’été, début juillet (14, je crois) mi-septembre. Les travaux des champs et leur noria de main d’œuvre obligatoire, scandaient, depuis le grand Jules, ce retour bourdonnant chez eux, des petits, des Foins aux Vendanges. J’ai connu ce glissement des tilleuls agacés d’abeilles de la fin des classes, aux grands ormeaux ployant sous les orages d’août, jusqu’aux mûres des haies bourbonnaises qui, mieux qu’un agenda, marquaient comme vague consolation la fin de la récré. En ces temps lointains des années 50, les vacances – les miennes – étalaient leur bonheur éclatant, insolent même, dans le village de mes grands-parents, à deux pas de Montluçon. On ne partait pas, on restait, et personne n’oserait nous dire que bouger est inhérent au mot vacances ; au menu, vaches, batteuse, fruits encore verts à picorer, vélo – on disait bicloun – avec les copines, plein de livres à manger au fond du jardin dans une délicieuse solitude… et, ce pincement – petit, au début, montant en puissance – dès après le 15 août, quand le temps vire, que les feuilles s’amollissent, comme si elles avaient sommeil. Comme un mal de dents qui couverait, annonciateur de douleurs plus sérieuses, ce « vers la fin » ; du psychosomatique de belle qualité ; on disait alors : elle est un peu chougne, ce qui valait tristesse. Tout en moi, était sans doute aux aguets, du haut des jours fastes – et probablement en même temps – cherchant dans un minuscule tomber de la lumière le soir, dans ce gilet à enfiler s’il y avait un peu de vent, dans l’aura du soleil couchant autour du grand chêne, l’annonce inéluctable comme la mort, du retour en ville, en classe, et le toutim. On palpait intuitivement, cet avant-du bonheur, à l' après-du chagrin, qui signe nos existences. J’avais alors en-dessous de dix ans, et n’étais pas convaincue ni par la ville et ses lumières, ni par l’école et ses mystères ; tout ça viendrait plus tard. Je n’aimais que la campagne, qui plus est, bourbonnaise frisant le Berry, et voulais être fermière. Je lisais déjà Georges Sand ? Vous avez tout compris.

    A l’autre bout de moi, j’eus ce bonheur, que je souhaite à tout le monde, d’enseigner, et en Histoire-géographie – une discipline reine. Il y eut à nouveau des vacances (ce que mon brave père considérait comme l’avantage définitif pour entrer dans la profession), des débuts marqués par les examens et les conseils de classe-marathon, des voyages comme s’il en pleuvait à l’autre bout du monde, et le retour toujours en deuxième moitié d’août sur des terres corréziennes qui avaient remplacé le Bourbonnais dans mon enthousiasme intact pour les vaches, fruits, campagne ; vélo, moins. La fin des vacances eut alors un goût différent, à l’ombre cette fois de grands châtaigniers centenaires. Je ne « chougnais » plus du tout ; la rentrée des classes était un vrai bonheur, un autre, attendu, comme un rendez-vous galant, avec de nouveaux gamins, et – ce que j’ai aimé ça – ceux de juin, devenus pendant l’été d’autres élèves. Je regardais comme ils avaient changé, et, eux, aimaient bien que je me souvienne de leurs prénoms… Pour autant, il y avait bien un air de fin de vacances, dans une vacuité des journées où l’on traîne encore, des files de nuages blancs, qui, dès midi, bavardaient sur un ciel diapré ; quand on mangeait dehors, les guêpes attaquaient les poires et les raisins. Il fallait des lampes pour veiller un peu avec les copains invités à dîner ; on rentrait comme en quittant un tableau de Renoir… les bruits de la campagne résonnaient plus forts en fermant les volets… enfin, vous savez bien.

    Et puis, maintenant, les fins de vacances à la retraite ? donc – direz-vous – de simples fins d’été, avec un août tombant raide sur la rentrée. Eh bien, c’est le cartable neuf qu’achètent au Géant Casino des gosses préoccupés des marques. C’est ici, en Languedoc, la persistance de la lumière, qui s’arrête, comme en courant sur la nuit qui tombe une miette plus tôt quand même, les stridences des cigales, qui ne plieront bagage que vers la fin septembre.

    Il n’y a plus de vacances, seule la vie qui s’égrène… et, vite, figurez-vous.

  • Vaquez bien tous !

    Vaquez bien tous !

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Oui, les vacances, c’est ça : on vaque ! Au sens de vacare : être vide, être dans un vide (vacuum) ; ainsi telle institution « vaque », au sens où sa direction est à pourvoir, on parle alors de « vacance » du pouvoir.

    Vaquer donc donne une disponibilité qui permet de vaquer à autre chose. Le vide constitue, de fait, un espace protéiforme où tout devient possible :

    La méditation d’abord. Zazen, cette « voie du vide », consiste, dans le bouddhisme japonais, à laisser passer toute pensée comme des oiseaux dans le ciel ; on expérimente, de la sorte, l’impermanence du moi, l’évanescence de l’ego.

    L’empathie ensuite. Se faire réceptacle, réceptivité pour accueillir l’autre et s’en laisser remplir. Notion fondamentale dans l’art dramatique. Selon la formule célèbre de Diderot, le comédien « doit n’être rien pour être tout ».

    Se faire vide, se faire rien… une humiliation ? Une blessure narcissique ? Dans le Christianisme, au contraire, cela symbolise le sacrifice que représente pour Dieu l’incarnation. Il s’agit d’une kénose (de κενόω, se vider, se dépouiller). Épitre aux Philippiens 2, 6 : « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais ils’anéantit (εκένωσεν) lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! ». A la limite du blasphème, l’on pourrait presque parler d’une « vacance » de la divinité…

    La vacuité, certes, recèle aussi des dangers. Robert Musil évoque la « Nichtigkeit » de l’homme sans qualité, à l’identité « vacante », dans le monde finissant de la monarchie austro-hongroise, à l’intérieur d’un « vide de valeurs », « Wert vacuum ».

    La vacuité peut s’identifier indifféremment à un manque ou à une plénitude. Les vacances permettent tout aussi bien de s’ennuyer que de s’occuper : c’est précisément parce que l’on « vaque » qu’il convient de vaquer à ce à quoi l’on peut pas vaquer en temps normal.

     

    Alors, à toutes et à tous, bonnes vacances !

  • Laila tov

    Laila tov

    Ecrit par Sabine Aussenac, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Toulouse. Ma ville rose.

    Onze heures au clocher illuminé de Saint-Sernin, nous déambulons au fil des briques roses, l’air embaume le jasmin.

    Nous avons soupé, en ce deux août 1995, de foie gras et de Sauternes, et notre histoire, incongrue, extraordinaire, se poursuit en cette promenade magique autour de la basilique.

    Voilà tout juste une semaine, le destin nous frappait comme la foudre au cœur de la « Reine des Pyrénées », devant l’échiquier géant où tu jouais, curiste esseulé, près des thermes luchonnais. Une amie m’avait prédit un parapentiste bronzé ou un phtisique aux camélias, et c’est toi qui m’as demandé si « j’emportais le gagnant », comme je passais par là, accompagnée de mes deux princesses.

    « Absolument », ai-je rétorqué, tremblante, avant de te donner illico l’adresse de mon meublé sur un coup de folie, pour le bonheur de tes yeux verts ou pour ton sourire charmeur, sans savoir pourtant que tu étais major de l’agrégation de musique : un demi-dieu donc à mes yeux de certifiée prétendant en vain à ce trône… Et sans savoir encore que tu étais aussi cousin presque germain de mon chanteur préféré-les profs en mal d’agreg ont un cœur de midinette, et juif de surcroît-métisse germano-française, semi coupable et fascinée, je flirte depuis toujours avec cette foi et rêve de faire des recherches en poésie hébraïque…

    Deux soirées d’« action ou vérité » plus tard, sous l’emprise certaine d’une blanquette de Limoux et de caresses impromptues, tu acceptas mon invitation à découvrir ma cité gasconne ; mes filles étant fortuitement en vacances, nous voilà à égrener des pincées de tuiles et à jongler avec des milliers de mots. Tu récites la Lorelei, je balbutie la Thora, nous sommes heureux.

    Jamais encore je n’avais éprouvé un tel coup de foudre, une telle certitude immédiate et viscérale qu’il n’y a pas de hasard. Déjà des heures que nous échangeons des regards, des sourires, des tendresses, et mon corps brûle comme le soleil d’été sur Garonne… Mais j’ai si peur… Après des années-lumière de solitude, de QHS affectif, après ces longs mois de désespérance passés en stand-by, en attente de vraie vie…

  • La petite fille des rues en vacances

    La petite fille des rues en vacances

    Ecrit par Gilberte Benayoun, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Il faisait très beau le 20 juin 1962.

    C’était le début de l’été, ma saison préférée, l’année de mes dix-sept ans, je ne les avais pas encore…

    Déracinée, arrachée, sans comprendre pourquoi, à ma terre natale, laissant loin derrière moi le soleil, les ciels bleus, les étés et les nuits étoilées algériennes, c’est au fil du temps et dans les plis de ma mémoire que se sont enracinées des particules de vie, des bribes de souvenirs en désordre et en vrac, infiniment d’un lieu à l’autre : de l’Algérie et Tlemcen, ma belle ville romaine où j’ai grandi et je suis née ; de Paris où j’habite et la France où je vis depuis l’âge de seize ans ; de Marseille et son Vieux-Port, où j’ai vécu quelques années. Puis aussi de Grenade l’andalouse, ses jardins de l’Alhambra et mes mémorables vacances espagnoles sous la canicule de l’été 76, objet d’un autre et lointain récit…

    (…)

    Sous l’immensité d’un ciel bleu intense, trottinant d’un pas régulier par des rues frappées de soleil, presque désertes ce jour du 20 juin 1962, on a traversé la ville de mon enfance, à pied, main dans la main. Et dans ma tête et à la bouche, je n’avais que ces mots, têtus et gravés : « je veux pas partir ». Non ma fille, tu ne pars pas, tu vas en vacances… disait, comme une évidence et à voix basse, mon père qui nous accompagnait à la gare, ma sœur et moi, ce jour-là…

    Je ne suis jamais revenue sur les lieux de mon enfance… Je suis en vacances…

    Sur ce chemin brûlant de soleil, de la maison à la gare, étrangement long et silencieux dans ma mémoire, j’étais agrippée au bras de mon père qui portait nos deux valises. Chemin faisant, le soleil dans les yeux, je martelais « je veux pas partir »… Ce jour-là et ce « faux départ en vacances » se sont inscrits dans ma tête de petite fille des rues pour revenir en écho, en résurgences et fragments de vie telles des chutes de diamants incrustées sur une bague, une rivière de perles précieuses autour de ma vie, un collier de souvenirs.

    Arrivés très en avance à la gare, on a vu de loin, sur un quai noir de monde, nos grands cousins qui nous attendaient pour le grand départ… Avant l’entrée en gare du train, mon père nous confia aux cousins qui partaient ce jour-là, chargés de veiller sur nous de Tlemcen à Marseille, via Oran, tandis que je murmurais comme une litanie « je veux pas partir »… tenant bien fort la main de mon père. Mes parents, ma petite sœur de onze ans, les meubles et les souvenirs restaient à Tlemcen, et nous rejoignaient deux mois plus tard…

  • Le mix des civilisations, impressions de vacances

    Le mix des civilisations, impressions de vacances

    Ecrit par Jean-François Vincent, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Les lacs italiens, cette année, sont envahis par deux sortes de touristes : les Japonais et les riches ressortissants d’Arabie saoudite et des émirats du Golfe, venus chercher la fraîcheur.

    Très déroutant : un choc des civilisations, mais en interne. Côté tradition, toute la gamme des voiles islamiques, depuis le simple foulard, jusqu’au niqab noir à la Belphégor, dissimulant toute la femme, de la tête aux pieds.

    Côté modernité, certaines de ces dames se baladent en jeans moulant, très sexy, à faire s’étrangler un imam ; quant aux hommes (maris, fils, frères), ils caricaturent l’Américain moyen « on holidays » : shorts, baskets, T-shirt genre « I love NY » laissant apparaitre une bedaine ventripotente, casquette de base-ball assortie…

    On reste confondu et rassuré à la fois. Il est clair que l’islamisme est soluble dans la société de consommation et l’argent facile. Tout est une question de temps et de pétrodollars. Le monde arabo-musulman pauvre, quant à lui, devra, pour une durée encore indéterminée, assouvir ses désirs frustrés dans l’opium du peuple que lui offre l’Islam radical. Mais cela ne durera pas.

    Il manque simplement quelque Guizot nord-africain… dont l’arme secrète contre la radicalisation serait l’éternel slogan « enrichissez-vous ! »

  • Pique-nique

    Pique-nique

    Ecrit par Bernard Pechon-Pignero, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Appuyé contre le mur du fond de la buanderie, sous le vasistas de verre dépoli, le vélo d’Armand se couvre de poussière malgré l’intention de son propriétaire de « reprendre l’entraînement un de ces jours ». On ne peut pas tout faire. C’est déjà beau qu’il parvienne encore à entretenir la voiture tout seul : vidange, graissage, réglage du carburateur… et s’il fallait changer le joint de culasse, Armand saurait sans doute déposer le moteur, et il en aurait probablement la force, aidé de son petit palan à chaîne pendu à la poutre du garage. Le problème, c’est de trouver les pièces, quoiqu’un joint de culasse, ça se fabrique… Un bon achat, ce petit palan à chaîne ! C’est fabriqué en Chine, mais ça ne veut pas dire : les produits chinois, c’est pas tout mauvais. Il ne faut pas être négatif. Pour le vélo, de toute façon, avec cette sciatique qui lui a duré tout l’hiver, il n’en est pas question pour l’instant. Armand en sera quitte pour raviver les chromes avec du pétrole lampant. Il regarde les papillons des moyeux. On dirait plutôt des libellules que des papillons. En tout cas c’est rudement costaud, c’est de l’acier comme on n’en fait plus. Armand se reproche aussitôt cette pensée injuste et nostalgique. Il a lu justement dans La vie du rail qu’on fait des aciers de plus en plus épatants. Pour le TGV par exemple, on a mis au point des aciers tellement élaborés qu’avant que les Chinois ou les Russes en trouvent la recette… À propos de recette, ça sent sacrément bon…

    – Qu’est-ce que tu nous fais de bon Maman ? crie-t-il de sa voix la plus amoureuse à Georgette qui a ouvert la fenêtre de la cuisine pour la buée, et pour profiter du beau soleil de cette matinée estivale.

    – C’est la surprise.

    – C’est pour le pique-nique, au moins ?

    – Tu verras bien. Lave donc la voiture et ne pense pas qu’à manger.

    Georgette a aligné sur la planche à découper deux petites omelettes, une aux oignons, une au lard, qu’elle a fait dorer juste ce qu’il faut et qu’elle a roulées en trois plis comme des crêpes. Elle va les laisser refroidir avant de les envelopper dans le papier d’aluminium. C’est vrai que ça sent bon, mais ce qu’Armand n’a pas pu sentir, à cause de l’odeur des oignons grillés puis des lardons frits, c’est le parfum idéal d’une salade de pommes de terre comme on n’en réussit pas à chaque fois. Georgette avait tout de suite vu au marché (on a beau dire, le marché du samedi, c’est quand même autre chose que l’hyper) que ces petites Roseval, c’était de la qualité extra : fermes et tendres à la fois, avec une chair qui ne se défait pas, qui cuit autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, une peau qui se laisse enlever comme un bas de soie et un vrai goût de pomme de terre qu’exalte et renforce un grand verre de Muscadet pour les refroidir avant la vinaigrette à l’échalote. Maintenant elles baignent dans leur huile, deux cuillerées à peine et elles n’ont pas tout pompé aussitôt (c’est le secret du vin blanc), parsemées de persil, plus pour la couleur que pour le goût. Quand elles seront tout à fait froides, Georgette pourra fermer le Tupperware. Une salade pareille mériterait des harengs fumés, mais pour le pique-nique ce serait trop fort, il faudrait emporter deux litres de rosé au moins dans la glacière, et quand on fait de la route…

  • Un été de ballon rond

    Un été de ballon rond

    Ecrit par Claude Gisselbrecht, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    des vacances, un été, avec un Euro et des Olympiades ; du sport en gloire, donc, c'est une saveur différente de ce qu'on ressent en année ordinaire, et, ce, même pour ceux que – comme ils disent – ça n'intéresse pas. Vous l'avez sans doute remarqué...

     

     

    L’Euro 2016 se termine le 10 juillet prochain… Pendant la compétition, des équipes qu’on n’attendait pas – ou plus – ont émergé soudain et (dé)montré qu’on devait et pouvait compter avec elles, alors que d’autres, et non des moindres, ont été éliminées prématurément !

    Ainsi va l’Euro, avec ses pesanteurs et ses fulgurances… Au cours des premiers matches, la plupart des joueurs semblaient avoir troqué leurs crampons contre des « semelles de plomb »… En effet, maladresses et fautes se succédèrent à un rythme effréné, et un grand nombre d’équipes avaient souvent préféré l’inertie au beau jeu !

    Il aura fallu attendre les huitièmes de finale, autrement dit le début des « choses sérieuses » pour que le foot retrouve ses « semelles de vent »… Le « couple franco-allemand » était opposé à deux adversaires coriaces, l’Irlande et la Slovaquie, 2-1 pour la France avec un doublé de Griezmann « de la tête au pied », et un joli 3-0 pour la Mannschaft !

    Puis ce fut au tour des Italiens de « faire le spectacle » face à l’Espagne qui, finalement, « botta » en touche sur le score de 2-0. Exit également l’Angleterre, 2-1, qui rencontrait l’Islande, une autre île, soufflant en permanence le chaud et le froid !

    Les quarts de finale, ensuite, avec de belles affiches. Pologne-Portugal, pour commencer. C’est finalement l’équipe portugaise emmenée par Ronaldo qui l’a emporté, sans avoir brillé pour autant. Quant aux « petits-enfants de Kopa », ils n’ont pas eu à rougir de leur défaite !

    Un peu plus tard, le Pays de Galles rencontrait la Belgique. Le « dragon rouge » a littéralement foudroyé les « diables rouges », 3-1. Le match, riche en rebondissements, a sacré une équipe galloise ô combien talentueuse, surprenante à bien des égards. Lorsqu’on sait que Wales a deux amours, le rugby et le foot, on se dit que ce petit pays du Royaume-Uni n’a pas fini de nous surprendre !

    Puis ce fut l’Italie, qui tomba au « champ d’honneur », ou presque, face à la Mannschaft, pas au mieux de sa forme. Tirs au but fatals pour les Italiens, dont la « botte », toujours aussi puissante, aura fait son effet !

    Enfin, les Bleus étaient opposés aux Islandais, ces joueurs venus du froid… Ce qui les a surtout douchés, c’est le 4-0 à la mi-temps. Superbe match de la part de l’équipe de France, qui s’est terminé sur le « score fleuve » de 5-2 !

    S’agissant des demi-finales, le Portugal sera opposé au Pays de Galles (6 juillet), et l’Allemagne à la France (7 juillet). Avant la finale, qui aura lieu le 10 juillet !

  • Souvenirs d’enfance

    Souvenirs d’enfance

    Ecrit par Valérie Debieux, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Fin juin, le parfum des vacances flottait dans l’air. Tous mes camarades et moi, nous nous réjouissions d’entendre, pour la dernière fois, la cloche de l’école, annonciatrice de notre libération. Tout était prêt : chaises posées sur les pupitres, livres rangés, tableau noir lavé, poubelle vidée, fenêtres fermées et stores baissés. Le carillon retentit et chacun se précipita vers la porte grande ouverte tout en saluant une dernière fois l’institutrice.

    Le temps de troquer mes pantoufles contre des chaussures de sport, je traversai le préau et j’aperçus ma maman. Comme à la fin de chaque année scolaire, elle m’attendait près du grand portail d’entrée. Elle m’avait déjà repéré, un grand sourire aux lèvres. Je m’élançai à sa rencontre. Elle me prit tendrement dans ses bras, m’embrassa sur les joues et me félicita pour mon année accomplie.

    Nous avons longuement discuté sur le chemin du retour. Ça fleurait bon l’été. L’exhalaison des fleurs, sublimée par la douce moiteur d’une fin de journée, me transportait dans un sentiment de joyeuse légèreté. Le parfum des lauriers roses et du jasmin me chatouillait les narines. Maman avait le ventre rond, elle attendait ma petite sœur. J’étais impatient qu’elle vienne au monde car je me réjouissais de partager avec elle les merveilles que la nature m’offrait sur le chemin de l’école.

    La classe terminée, j’aimais toujours prendre le temps de flâner, là pour écouter le chant des oiseaux, ici pour admirer le vol des papillons ou là encore, pour respirer le parfum des fleurs. J’étais un enfant certes rêveur et, parfois même dissipé, mais j’aimais bien apprendre. C’était mon côté studieux… Par chance, la place près de la fenêtre était la mienne, personne d’autre ne la voulait et pourtant, c’était un lieu d’évasion extraordinaire pour qui aime rêver.

    Maman était fatiguée, elle ne dormait plus beaucoup et la chaleur l’incommodait quelque peu. Alors que nous marchions tranquillement en direction de la maison, elle m’annonça que j’allais passer tout l’été en Normandie chez mes grands-parents et qu’elle me rejoindrait, avant la fin des vacances estivales, avec papa et ma nouvelle petite sœur.

    Je me souviendrai toute ma vie de ces vacances en Normandie !

    Peu après mon arrivée dans la demeure de mes grands-parents, à Clécy, surnommée la capitale de la Suisse Normande, je fus invité, après le départ de mes parents, à passer à table. Tous deux avaient mitonné un excellent repas, ils y avaient mis tout leur amour et tout leur savoir-faire. Ce soir-là, j’eus le bonheur de déguster des moules au cidre, de la salade de penne aux courgettes grillées, des tomates farcies et un clafoutis aux cerises. Je goûtai chaque plat, j’étais content, mes grands-parents l’étaient également, je parlais, ils m’écoutaient et s’échangeaient de temps à autre un regard complice. Puis arriva l’heure de regagner ma chambre. J’embrassai mes grands-parents et les remerciai pour leur gentillesse. Mamie m’accompagna jusqu’à ma chambre et ce soir-là, je m’endormis rapidement, emporté vers le pays des rêves.

    Les jours qui suivirent, je les vécus comme des moments de doux bonheur. Ils nous permirent de nous découvrir les uns les autres et de nous aimer davantage encore.

  • Vacances, espace-temps des rêves

    Vacances, espace-temps des rêves

    Ecrit par Sabine Vaillant, le 16 juillet 2016, dans La une - Ecrits

    Telle Alice, j’ai traversé le miroir et choisi de séjourner en son pays. C’est de là que je songe, scrute, écris…

    Vacances… ses racines s’ancrent dans l’enfance et surtout depuis l’école, mot magique pour les plus chanceux. Ouvre-boite de l’imaginaire, déclic de l’âme… voilà qui posent les vacances sur les rails du rêve avec au moins ce départ assuré.

    Si les enfants planchent sur le mot, se le murmurent au creux de l’âme, le tournent et le retournent, le conjuguent à tous les temps sur tous les modes, aucun souci à avoir, pas de devoirs de vacances à agiter, le processus est en marche.

    Cet été je file droit vers le ciel piqueté d’étoiles, l’espace. Les nouvelles sont excitantes.

    Le MOOC* Gravité ! Du Big Gang aux trous noirs, avait agréablement réactivé mes neurones, redessiné la géométrie variable de mon cerveau.

    Penser que « la matière par sa masse, courbe l’espace-temps et qu’en plus quand elle se déplace on a de la courbure qui se déplace, ce sont les ondes gravitationnelles », comme l’explique si bien Pierre Binétruy, Université Paris VII. Ce sont des nuits entières de poésie quantique à se balancer sur la courbure de l’espace-temps.

    Et même après les cours, Pierre Binétruy a donné les nouvelles de l’espace : « les collaborations VIGO et Virgo ont annoncé la découverte d’ondes gravitationnelles provenant d’une autre fusion de deux trous noirs, celle-ci entre un trou noir de 14 masses solaires et un de 8 masses solaires. L’astronomie des ondes gravitationnelles est née ».

    Je pars in petto ou presque interroger la mécanique céleste, fascinée par la mécanique quantique et ses effets.

     

    *Massive open online course ou cours en ligne ouvert et massif pour les non initiés