Trinidad (traduction par Jean-François Vincent)

Ecrit par Ricker Winsor le 23 mars 2012. dans La une, Ecrits

Trinidad (traduction par Jean-François Vincent)

 

Toute la nuit, les sirènes hurlèrent et les klaxons retentirent alors que les voitures de police et les ambulances se frayaient un chemin à travers les « fêtes » du carnaval à Chaguramas en direction des hôpitaux et des prisons du centre-ville de Port d’Espagne. « Y’a qu’une route pour y aller et en r’venir, Rick, et juste avec une voie » dit Ray, le vigile de garde surveillant le quartier des résidences chics. « Ça a dû canarder, Ray » dis-je « ça explique ce ramdam toute la nuit ». « Non Rick, les gens, y tombent dans les pommes. C’est tout, y’a rien de mal. C’est la nouba toutes les nuits maint’nant. C’est carnaval, Rick ». « C’est bon, Ray » dis-je en le regardant avec affection ; je savais qu’il n’était pas allé travailler la veille parce qu’il s’était saoulé en faisant la nouba ; et un autre de mes potes, Keith, avait dû travailler non seulement toute la nuit, mais par-dessus le marché toute la journée également. Ray a un de ces visages qu’on n’oublie pas, un cocktail afro-indien, noir comme un geai avec des traits accusés et une peau brillante. Quand il enlève sa casquette, on voit le filet qu’il porte sur la majeure partie de la tête pour faire tenir ses cheveux, avec une longue queue de cheval, genre rasta, qui sort sur le côté. Ray a soixante et un ans, et Keith en a soixante-cinq ; avec ça, il y a deux jeunes, Boxil et Lynch, plus un autre, Charles, le patron, qui a l’air d’avoir la cinquantaine.

C’est l’équipe chargée de nous protéger, nous et les quelques cinquante autres familles qui vivent dans ce groupe de résidences bâties voici trente ans, peintes en jaune, conçues comme un fort avec, à l’intérieur, un espace vert planté de palmiers, une multitude de plantes et une charmante vieille piscine aux formes pas très géométriques (1). Quand je vais faire ma promenade matinale, à cinq heures, il faut que je les réveille pour qu’ils ouvrent le portail et me laissent passer. Notre voisinage a six entreprises de sécurité qui patrouillent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ; et du fait de ces gens qui viennent de l’extérieur pour faire leur promenade et leur jogging, il y a ici un merveilleux sens communautaire empreint d’épicurisme. Même à cinq heures, quand je vais me promener, il y a des dizaines de gens dehors qui font la même chose et bien plus encore une heure plus tard. Le soir, la scène se répète à plus grande échelle, et le parc est plein d’enfants qui jouent, de retraités qui font du tennis, de joggeurs qui profitent du temps extraordinaire, en regardant le jour diminuer, à mesure que les rayons du soleil s’allongent, éclairant les nuages à l’ouest. A nouveau, cela m’évoque mon enfance, quand régnait la décontraction à l’extérieur, sans insécurité, quand les gens allaient à leur travail de bonne humeur.

Ce matin, Sita vint pour la première fois. Je la vis héler Jovita dehors près de la véranda, alors que moi-même je lisais le journal et regardais vers la piscine à travers la porte-fenêtre. Jovita était là-bas, en train de remplir la mangeoire des colibris et de déposer çà et là de la nourriture pour les oiseaux. Les oiseaux sont pour nous une grande source de plaisir. La mangeoire des colibris ne désemplit pas toute la journée de colibris et de sucriers à ventre jaune ; et la nuit, s’il reste du jus quelque part, il est sifflé par les longues langues des grandes chauves-souris. Sita vit de l’autre côté de l’enclos. Je l’ai remarquée quand j’allais nager, tôt le matin ; c’était même bien avant que j’aie la dengue. Je la voyais mettre ses ordures à la poubelle dehors. Elle a attiré mon attention, car elle avait à peu près mon âge et ressemblait à un personnage d’un film de Fellini. Elle n’est pas mal, mais ne fait rien pour s’embellir, et, d’une certaine manière, elle n’en est que plus intéressante. En plus, elle porte la même robe de chambre délavée tous les jours. Tous les jours ! Elle a, en haut du crâne, quatre bigoudis bleus, censés la faire un peu friser, sans doute ; mais comme je ne l’ai jamais vue sans ces bigoudis, il se pourrait bien qu’ils ne la quittent pas. Elle a aux pieds une paire de tongs. Il y a quelque temps, j’ai échangé quelques mots avec elle, ce qui a dû lui donner le courage de venir parler à Jovita. C’est pas qu’il faille à quiconque du courage pour parler à ma femme, Jovita, qui n’émet aucune mauvaise onde : au contraire, elle réveillerait l’instinct maternel d’une araignée, même d’une veuve noire !

Jovita a invité Sita à bavarder avec elle à la table de la cuisine, pendant que je sirotais mon café en jetant un coup d’œil sur le journal, histoire de me tenir au courant des évènements du carnaval, de l’actualité politique et des statistiques en matière de meurtres : pour qu’on atteigne le niveau national de 500 meurtres par an, il faut qu’on se maintienne à plus d’une tuerie par jour. Si on fait plus que ça, on passe devant la Jamaïque et on décroche le titre du pays le plus dangereux du monde par tête d’habitant. A titre de comparaison, le Vermont, dont la population est la moitié de celle de Trinidad, n’a eu que 8 meurtres l’année dernière. En guise de parade, on répond la plupart du temps : « oui, il y a du crime, mais, en général, c’est le fait des gangs de Laventile, et c’est tout, basta ! ». Faux. Les attaques à domicile, celles avec mort d’hommes, sont fréquentes ; rien que les règlements de compte avec armes à feu sont courants. Ils règlent aussi leurs comptes au « coutelas », une sorte de machette. Certains vols se déroulent ainsi : « descends-le et fouille ses poches ». Ils ne laissent aucune chance. Le parent d’un de nos étudiants s’est fait détroussé sous la menace d’un couteau au centre commercial la semaine dernière. Il a abandonné son argent. Le type alors lui a dit : « tout’façon y va t’buter ». Il a eu la chance de pouvoir se tirer, le voleur aussi. C’est carnaval, et, à la radio, il y a des annonces publiques du genre : « bon, c’est vous qui décidez de la quantité de ce que vous allez boire. Ne laissez pas vos amis le faire à votre place, et, si vous avez bu, ne conduisez pas. Pensez aux conséquences et aux ennuis que vous allez avoir. Si on vous vole, souvenez-vous que les biens matériels ne sont pas aussi importants qu’une vie humaine. Pliez-vous à ce qu’ils disent, donnez-leur ce qu’ils veulent, au moins jusqu’à ce que vous puissiez vous échapper ».

Sita était assise, et je voyais très bien ses bigoudis bleus et ses traits indiens, taillés à la serpe : on aurait dit un faucon. C’est elle qui faisait la conversation, passant en revue le carnaval, les problèmes routiers, ainsi que les sirènes, la nuit ; mais elle le faisait comme une vraie trinidadienne : avec stoïcisme et fierté, et en même temps, avec l’inquiétude que tout le monde ressent à l’égard des problèmes du pays. Parce que, à côté des problèmes, ce pays a une culture bien à lui, et belle, quelque chose d’unique. Les serviteurs indiens sous contrat ont prospéré à force de travail, et les esclaves africains aussi. Si on y ajoute les blancs qui ne sont pas partis, installés ici depuis plusieurs générations, vestiges du colonialisme anglais, on a là une riche diversité. Dans l’ensemble, on voit toutes les couleurs, à l’exception du blanc : les blancs, semble-t-il, ne constituent qu’un très faible pourcentage de la population. Peut-être qu’ils se cachent.

Au bout d’un certain, Sita s’en alla. J’étais content que Jovita ait pu comprendre la majeure partie de ce qu’elle disait. Déchiffrer l’accent d’ici relève parfois du défi ; mais il est beau à sa manière. Je joue au tennis avec quelques trinidadiens retraités, et tout un groupe de trinidadiens plus jeunes, la cinquantaine environ. Ils sont absolument charmants, merveilleux dirais-je. Se lier avec eux prend du temps. Il faut vivre la vie du pays : ça prend des mois, des années ; c’est tout aussi vrai aux États-Unis, lorsqu’on s’intègre dans n’importe quelle communauté. J’ai vécu dans le New Hampshire, puis dans le Vermont ; et là, au bout de cinq ans, je fus enfin accepté, une sorte de « produit répertorié ». Mais ça a pris du temps.

En décembre, l’année dernière, j’ai eu la dengue, que m’a inoculée un moustique aèdes. La dengue est le fléau des tropiques. Elle est endémique, ici et dans bien des endroits, ce qui signifie qu’elle est là tout le temps et ne disparaît jamais. Tout autour de cette grande ceinture chaude, au milieu de la planète, il y a la dengue, qu’on appelle aussi la fièvre qui casse les os (2). Cinquante millions de personnes la contractent chaque année. Il faut d’abord que ce moustique pique quelqu’un qui l’a déjà, puis qu’il vous pique dans les sept jours qui suivent. Les probabilités pour que cela se produise semblent faibles, mais, dans certaines zones, on peut observer à vue d’œil comment une épidémie explose. D’ailleurs, mes voisins, des américains, des collègues enseignants, l’ont eu tous les deux ; ils vivent à côté. Steve allait très mal. Je le voyais depuis la véranda ; il était immobile, fixant le plafond et parlant à peine. Il n’avait plus rien à vomir ; mais il avait tellement de hauts le cœur que son larynx en était abimé, et il a fallu le perfuser pour réhydrater son corps desséché. La dengue vous abat à un point tel que vous n’avez plus la force de faire les choses les plus simples, même de dormir ! Elle s’accompagne de démangeaisons qui ne vous lâchent pas. On croit que ça va mieux, et ça remet ça. Il faut se forcer à manger. Si vous avez la forme hémorragique, vous saignez des gencives, du nez, et de partout où les veines éclatent. Quand ça se produit, on doit être transporté aux urgences. On passe quinze jours à l’hôpital. Les jeunes enfants meurent. Ils meurent ici, ils meurent au Bangladesh, entre autres. Le réchauffement climatique a amené, pour la première fois, la dengue en Floride ; et elle remonte vers le nord. L’autre mauvaise nouvelle, c’est qu’il existe quatre souches de dengue ; ce qui fait que, même si on fabrique des anticorps pour l’une d’entre elles (c’est ainsi qu’ils savent si on l’a), ça ne prémunit pas contre les trois autres. Troisième mauvaise nouvelle : chaque fois qu’on la dengue, c’est pire que la fois précédente. Gardez la maison close, allumez l’air conditionné, vaporisez dans les chambres un insecticide. Si on contracte la dengue, on a pour toujours la peur des moustiques.

Durant la deuxième semaine de ma convalescence, j’éprouvais le besoin de bouger un peu. J’étais tellement limité dans mes mouvements et confiné que j’en devenais dingue. Mon voisin, Steven, et moi, nous sommes une sorte de « famille Fenouillard » (3) ; avec Jovita, c’est pareil. Ils ne travaillent pas à l’école. Donc Steve reste à la maison toute la journée, bouquinant ou faisant les corvées ménagères. Je sortais par la porte de notre véranda, je marchais vers la leur, qui se trouve à deux pas, et je m’asseyais ; je ne faisais que m’assoir. Je n’avais pas grand-chose à dire, mais le seul fait qu’il savait ce que j’endurais, et sa capacité à « être là », tout ça comptait beaucoup pour moi. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais. Finalement j’ai eu le sentiment qu’il fallait que j’essaye de faire une petite promenade.

Tout d’abord, je faisais, à pied, le tour de la piscine, puis je retournais sur ma chaise longue, y « stagnant » pendant je ne sais combien d’heures, en pensant avec effroi à la nuit blanche qui allait suivre, pleine de frissons, de sueurs, dans les griffes des démangeaisons, sans aucun répit. C’est la caractéristique de la dengue : pas de répit, la souffrance comme un mauvais rêve (4). Dès que j’ai pu tourner autour de la piscine, sans chanceler, je me suis promené dans notre cour intérieure, pleine de fleurs, de gazons, de bananiers, de palmiers, avec quelques feuillus et des arbustes en fleur. Le groupe de résidences forme un U, les deux extrémités aboutissant à une haie, au-delà de laquelle se trouve un immeuble de rapport. Juste avant la haie, il y a un sentier qui longe l’autre côté des résidences. C’est là que j’ai commencé à marcher, passant en revue les autres résidents, leurs fleurs, et les vigiles, qui ont leurs guérites de part et d’autre du U. Chaque jour, je marchais jusqu’à un certain appartement qui fait l’angle, et où une femme avait planté de magnifiques buissons d’hibiscus. Chaque jour, j’avais l’impression d’être salué par une nouvelle floraison. Les fleurs de telle plante jonchaient le sol, et telle autre fleurissait. L’hibiscus est la fleur au monde la plus sensuelle, la plus surprenante et la plus excitante : grande, avec des couleurs étranges et un grand pistil pointant vers l’extérieur ; un mélange de féminité et de virilité, à la fois spectaculaire et éphémère. Ajoutez à cette vision une myriade de variétés de bougainvilliers. Ils poussent partout, s’échappent de leurs parterres, escaladent les haies et s’imposent en déployant à l’infini leurs rouges, leurs roses et leurs fuchsias. C’est comme ça que j’ai appris à connaître mes voisins immédiats et les braves gens qui veillent sur nous. On se saluait et on compatissait dans l’épreuve. Avant la dengue, j’étais trop occupé pour ça : je courais du golf à la gym, je sortais peindre. Désormais, tout d’un coup, mon rythme de vie – très différent – me permettait de voir les choses tranquilles, les choses subtiles de ma vie, les choses de mon environnement immédiat. Même en mauvaise santé, c’est une expérience qui m’a procuré une profonde joie, qui ne m’a jamais quitté depuis.

Trinidad est un endroit à la beauté spectaculaire, avec des collines escarpées dominant des vallées verdoyantes couvertes de forêt tropicale totalement vierge, remplie d’une multitude d’oiseaux et de plantes à fleurs. Il y a, dans notre voisinage, des centaines d’espèces de palmiers et de merveilleuses maisons, à l’architecture très variée. Le soir, on va au parc jouer au tennis, ou juste s’assoir, quelques fois pour peindre, tout en regardant les enfants jouer au cricket ou au football. Dans les rues, bien des gens font leur promenade du soir ou du jogging. On pêche en haut d’un mur un peu plus loin. Ici, là où nous sommes, à Westmoorings, sur la côte ouest, nous avons le meilleur de Trinidad. A l’extérieur de notre bulle, cependant, les choses se compliquent. La conduite, par exemple, est très fatigante nerveusement, et ce pour deux raisons : d’abord, les routes ne sont pas assez larges, pas assez bien entretenues, et n’ont pas de bas-côtés. En plus, 30% des gens sont dingues. Le fait que personne ne fait respecter le code de la route aboutit à une situation qu’on a peine à imaginer, et je dis ça comme quelqu’un qui a roulé en moto pendant un an en Indonésie, et qui a conduit deux ans au Bengladesh ! Ensuite, il y a le crime. « Ça craint (5) ici, Rick » dit Keith, mon pote de mon âge, un des vigiles, « va pas bourlinguer hors du voisinage, t’entends ! ». Le sujet domine les conversations et les éditoriaux des journaux. Personne ne sait ce qu’on peut y faire, et ce n’est pas seulement Trinidad qui a ainsi changé : c’est la plupart des îles des Caraïbes.

Je voudrais dire un mot de l’enseignement. Ça n’a jamais été un métier facile ; mais, au fil des années, la difficulté s’est accrue : il est plus difficile de motiver les élèves pour qu’ils s’impliquent réellement et fournissent un effort suffisant. Comme j’enseigne l’art, au lieu de l’anglais ou d’une des « matières importantes », les élèves à qui j’ai affaire sont démotivés, ne veulent pas sérieusement aller à l’école, et ont des « problèmes ». Je fais de mon mieux pour les aider à grandir. Une large partie de mes activités consiste à jouer au psychologue ou au parent de substitution ; et comme, hors de la salle de classe, je n’ai aucune expérience dans ces deux domaines, je me contente de faire de mon mieux. Parfois il me faut être très dur. Parfois je me mets en colère. Parfois je fais peur à mes élèves ; mais j’essaye aussi de les encourager : je ne les laisse jamais tomber, je les soutiens ! En étant cohérent, je parviens à gagner les cœurs. Dès qu’ils pigent que je suis qui je suis, les choses changent ; mais bâtir la confiance est un combat qui ne cesse jamais. Et c’est encore plus vrai maintenant qu’auparavant. Quand j’ai commencé à enseigner, il y a dix-sept ans, j’étais bien conscient de ce que les écoles échouent plus qu’elles ne réussissent : on va à l’école de la même manière depuis plus de 150 ans. Les changements sont minimes alors que les choses, elles, ont changé du tout au tout. Ce que nous faisons désormais dans les écoles, ce n’est pas de l’éducation mais avant tout du babysitting évolué pour riches. On pourrait faire mieux, bâtir des projets, réaliser des choses impliquant davantage de monde, y compris à l’extérieur, dans la société civile. Mais pour ça, il faudrait que l’ensemble du système change, et, fondamentalement, les institutions ne veulent pas changer. Le statu quo règne en maître.

Les élèves vont chercher ce qui les intéresse dans des médias comme U Tube, Facebook, et, d’une manière générale, Internet. Nous, les éducateurs, ne savons pas comment répondre à cela ; et parce que nous avons été incapables de maîtriser ce cheval au galop qui nous échappe, c’est la culture populaire qui domine. Ce que les gamins regardent et écoutent dans les médias est gravement insuffisant et même destructeur. Je passe du temps à faire des recherches pour savoir ce qui les intéresse. Chaque nouvelle génération se doit de scandaliser ses aînés. Mais celle-ci est vraiment tombée très bas, et je m’en inquiète.

Nous pensons avec joie au voyage que nous ferons en « éclaireurs », cet été, pendant six semaines, à Bali et Surabaya, en Indonésie, avant de nous y installer définitivement l’année suivante. Trinidad sans doute nous manquera. C’est sûr, car le Vermont et le New-Hampshire nous ont manqué. New-York m’a manqué, le Bangladesh m’a manqué. C’est le drame des expatriés, ces pierres qui roulent ; mais c’est aussi leur grand plaisir.

 

 

Ricker Winsor (Trad. J-F. Vincent)

 

(1) « organic shaped » désigne les formes naturelles (cf. organic food = alimentation bio !) par opposition aux formes géométriques. Ndt

(2) en espagnol « La fiebre quiebra huesos » Ndt

(3) « Trailing spouse », littéralement « conjoint à la traîne », se réfère aux femmes qui « suivent » toujours leur mari, au propre comme au figuré. J’ai transposé l’idée de « suivisme » en utilisant la célèbre – quoique ancienne – bande dessinée de l’humoriste Christophe, « la famille Fenouillard », qui décrit une famille dont les membres ne se quittent jamais. Ndt

(4) « Limbo », les limbes, se réfère théologiquement au lieu – incertain – où se trouvent, après leur mort, les enfants non baptisés (atténuation miséricordieuse de la doctrine augustinienne : les non-baptisés vont en enfer !). Par extension « to be in limbo » signifie « être dans le flou ». Je rends donc ce flou par l’idée de rêve.

(5)   « Boo ! », entre autres sens (il y en a beaucoup !), est une expression onomatopéique, censée rendre le cri émis par un fantôme pour effrayer. Le sens n’est pas évident, même pour des anglophones ! D’où le besoin éprouvé par l’auteur d’« expliquer » le terme d’un mot entre parenthèses (scary), qui signifie « effrayant ». Ndt

 

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