Reflets de la semaine (159)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 14 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (159)

Depuis la sortie, entre autres, de Philadelphia, il y a tout juste 20 ans, l’homosexualité s’est projetée à plusieurs reprises sur grand écran, dans des films comme Le secret de Brokeback Mountain (2006), Harvey Milk (2009), A single man (2010), ou Week-end (2012). Cette année, à Cannes, elle a littéralement capturé la lumière, avec La vie d’Adèle, palme d’or, et deux autres longs métrages, Ma vie avec Liberace et L’inconnu du lac… Peu à peu, elle est sortie du bois, à cause d’une présence plus « combative » des intéressé(e)s et d’une prise de conscience collective orchestrée par les médias. Mais une minorité, quelle qu’elle soit, peut-elle dicter sa loi et diviser autant, comme en France, à propos du mariage pour tous ? A coup sûr, d’autres minorités se réveilleront à leur tour pour défendre leurs droits, envers et contre tous. Mais je crains fort que ces levées de boucliers ne divisent plus qu’elles ne fédèrent. Et ce n’est pas parce que les luttes, présentes et à venir, figurent en bonne place dans les programmes électoraux, tous bords confondus, qu’elles régleront tous les problèmes, au nom de la démocratie, dont Albert Camus disait que « ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité ». Le « vivre ensemble », en effet, repose avant tout sur la tolérance, de part et d’autre, car, sans ce « combustible » essentiel, la société court le risque de se déliter !

 

« La poésie est dans la rue », un des nombreux slogans de mai 68, est apparu sur la porte du Consulat général de France, qui borde la place Taksim, à Istanbul. Devenue le lieu de rassemblement quotidien de milliers de manifestants, dont l’hétérogénéité fait la force, son nom signifie « division ». En effet, le Premier ministre en exercice a opté pour un bras de fer avec les opposants, devenus, en quelque sorte, les « têtes de Turc » du régime. Pour mieux encore les accompagner dans leur lutte, pourquoi ne pas leur proposer d’autres slogans ayant déjà servi chez nous, comme « Tout pouvoir abuse, le pouvoir absolu abuse absolument ! » ? Mais leur imaginaire, parce qu’ils sont déterminés, semble parfaitement bien s’adapter à la situation. La « Marche turque » est en mouvement, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. A noter que de nombreux soulèvements ont eu comme « épicentre » une place célèbre – Sorbonne, Tian’anmen, Tahrir…, – et que leur issue n’a pas toujours été heureuse. Au nom de la plus élémentaire démocratie, cela vaut tout de même le coup d’essayer !

 

« La Marseillaise » pour « Rougeaud de Lille », comme on l’appelait affectueusement… Pierre Mauroy n’est plus, mais il laissera le souvenir d’un grand homme d’Etat, proche du peuple et réformateur dans l’âme… Dors, mon « Gros Quinquin » – un autre de ses surnoms –, et, surtout, repose en paix !

A propos de l'auteur

Claude Gisselbrecht

Claude Gisselbrecht

Rédacteur

Professeur de Lettres

A collaboré au quotidien régional " Le Républicain Lorrain " ( critique littéraire et responsable de rubrique ).

A signé de nombreux " papiers " dans la rubrique " Courrier des Lecteurs " de plusieurs journaux et magazines ( " Le Monde ", " Marianne ", " Le Nouvel Observateur ", ...), et des chroniques sur LeMonde.fr.

Commentaires (2)

  • Sabine Vaillant

    Sabine Vaillant

    17 juin 2013 à 13:04 |
    Voilà qui est dit!

    Pourvu que la poésie continue à régner ....à Istanbul ... et ailleurs!

    Sabine Vaillant

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  • Johann Lefebvre

    Johann Lefebvre

    15 juin 2013 à 16:50 |
    ---> "Mais une minorité, quelle qu’elle soit, peut-elle dicter sa loi et diviser autant, comme en France, à propos du mariage pour tous ?"

    C'est un raccourci rapide. Il n'a jamais s'agit de "dicter sa loi" : vous renversez, par sophisme, la situation. C'est simplement, de par la Loi, donner le même droit à tous concernant l'accès au mariage, ce dernier n'étant ni la propriété de la religion, ni de la république ; il existait bien avant l'apparition des religions monothéistes et des systèmes politiques organisés et n'a rien à voir, contrairement à ce qu'on peut lire ou entendre par ailleurs, avec un ordre "naturel" liant féminin et masculin. Le mariage pour tous élargit un droit et n'ôte rien à ceux qui en bénéficiaient déjà... Je ne vois pas en quoi il aurait été le diktat d'une minorité...

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